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Fonctions cosinus et sinus — Dossier de méthodes

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Fonctions cosinus et sinus

Terminale spécialité mathématiques — Dossier de méthodes

Sommaire — 14 familles et 56 méthodes
  1. 1. Préparer le terrain : angles, domaines et périodes
  2. Méthode 1 — Ramener un angle à une position connue
  3. Stratégie 2 — Fixer le domaine avant de transformer
  4. Méthode 3 — Utiliser parité, symétries et périodicité sans les supposer
  5. 2. Transformer une expression pour faire apparaître une structure
  6. Méthode 4 — Développer un angle, calculer une valeur exacte
  7. Méthode 5 — Passer d'une somme à un produit, ou l'inverse
  8. Méthode 6 — Réduire une combinaison à une seule sinusoïde
  9. Stratégie 7 — Démontrer une identité en conservant ses conditions
  10. 3. Résoudre des équations et conserver toutes les solutions
  11. Méthode 8 — Trouver les angles sur un tour, puis ajouter les autres tours
  12. Méthode 9 — Résoudre avec un angle affine et choisir les entiers utiles
  13. Méthode 10 — Comparer deux angles ou deux fonctions
  14. Méthode 11 — Remplacer une valeur trigonométrique par une inconnue algébrique
  15. Contrôle 12 — Élever au carré sans créer de fausses solutions
  16. Méthode 13 — Compter les solutions sans les confondre avec les périodes
  17. 4. Résoudre les inéquations élémentaires : du cercle aux intervalles
  18. Méthode 14 — Lire une inégalité de cosinus sur le cercle
  19. Variante 15 — Lire une inégalité de sinus et gérer un seuil négatif
  20. Méthode 16 — Utiliser les variations ou lire la courbe
  21. Outil 17 — Réunir, intersecter et vérifier les bornes
  22. 5. Inéquations avec un angle affine
  23. Méthode 18 — Résoudre une première fois, puis répéter les intervalles
  24. Outil 19 — Garder seulement les morceaux dans le domaine
  25. Méthode 20 — Transformer d'abord le domaine de l'angle
  26. Cas 21 — Traiter un coefficient négatif sans inverser deux fois
  27. Stratégie 22 — Résoudre sur une période puis répéter le résultat
  28. 6. Inéquations algébriques en sinus et cosinus
  29. Méthode 23 — Remplacer un sinus ou un cosinus par une variable bornée
  30. Méthode 24 — Construire un tableau de signes commun à plusieurs facteurs
  31. Méthode 25 — Étudier un quotient sans multiplier par un signe inconnu
  32. Stratégie 26 — Comparer deux angles en factorisant la différence
  33. Méthode 27 — Traiter valeurs absolues, carrés et racines sans perdre le signe
  34. 7. Combiner plusieurs conditions et changer d'angle
  35. Stratégie 28 — Résoudre plusieurs contraintes simultanées
  36. Méthode 29 — Défaire un logarithme, une exponentielle ou une racine
  37. Stratégie 30 — Discuter une inéquation avec un paramètre
  38. Méthode 31 — Résoudre quand l'angle n'est pas affine
  39. 8. Étudier une fonction, une tangente ou un optimum
  40. Méthode 32 — Dériver en identifiant la structure avant les formules
  41. Stratégie 33 — Réduire le domaine d'étude, factoriser la dérivée, reconstruire
  42. Méthode 34 — Déterminer une tangente ou imposer sa direction
  43. Stratégie 35 — Modéliser une aire ou une longueur avant d'optimiser
  44. Méthode 36 — Lire ou construire un modèle sinusoïdal
  45. 9. Justifier les outils, calculer des limites et résoudre sans formule exacte
  46. Méthode 37 — Démontrer une limite utile, puis les dérivées
  47. Stratégie 38 — Préparer une limite par factorisation, identité ou encadrement
  48. Méthode 39 — Démontrer une inégalité par une fonction auxiliaire
  49. Stratégie 40 — Prouver l'existence, puis encadrer une solution non remarquable
  50. 10. Approfondir : tangente et recherche d'un angle
  51. Méthode 41 — Résoudre avec la tangente sur un intervalle adapté
  52. Méthode 42 — Comparer deux tangentes par leur différence
  53. Méthode 43 — Diviser par un carré positif en conservant les cas exclus
  54. Méthode 44 — Définir un angle de référence sans nouvelle fonction
  55. Méthode 45 — Encadrer un angle et contrôler une valeur approchée
  56. 11. Approfondir : quotients, angles multiples et sommes
  57. Méthode 46 — Simplifier un quotient avant d'introduire une nouvelle inconnue
  58. Méthode 47 — Construire les formules d'angle triple avec les formules d'addition
  59. Méthode 48 — Écrire une puissance sous forme de somme
  60. Méthode 49 — Calculer les angles multiples de proche en proche
  61. Méthode 50 — Calculer une somme par symétrie ou par annulation des termes
  62. 12. Primitives, intégrales, approximations et modèles
  63. Stratégie 51 — Reconnaître une dérivée ou transformer l'expression
  64. Méthode 52 — Intégrer par parties et étudier une suite d'intégrales
  65. Méthode 53 — Reconnaître une primitive de quotient ou encadrer une intégrale
  66. Méthode 54 — Approcher sinus et cosinus avec une erreur démontrée
  67. Méthode 55 — Vérifier un modèle périodique et déterminer ses coefficients
  68. Méthode 56 — Calculer la moyenne d'une expression périodique
  69. 13. Choisir une démarche sans que le titre la donne
  70. 14. Repères de lecture et références

Comprendre, choisir, résoudre et vérifier. 2026–2027

Ce dossier rassemble les méthodes utiles pour les fonctions cosinus et sinus. Les rappels, les exemples résolus et les essais corrigés permettent de reprendre une difficulté précise. Les explications partent d’intervalles concrets ; les écritures générales sont introduites lorsque le problème les rend utiles.

Une lecture progressive. Les méthodes essentielles mobilisent le cercle, les angles remarquables, les équations, les inéquations et l’étude de fonctions. Les approfondissements guidés demandent davantage de recherche, mais toutes les identités complémentaires utilisées sont fournies ou démontrées avec des outils du lycée. Leur présence ne signifie pas qu’il faut mémoriser toutes les formules du dossier.

Quelques notations, avec leur sens

Les angles sont exprimés en radians : un tour complet vaut \(2\pi\).

  • \(\sin^2x\) signifie \((\sin x)^2\) ; \(\sin(2x)\) est le sinus de l’angle \(2x\).

  • \(x\in[a;b]\) signifie \(a\leq x\leq b\) ; \(x\in]a;b[\) signifie \(a<x<b\).

  • \(A\cup B\) : appartenir à \(A\) ou à \(B\) ; \(A\cap B\) : appartenir aux deux.

  • \(S=\{a;b\}\) donne deux solutions isolées ; \(S=\varnothing\) signifie qu’il n’y en a aucune.

  • \(\Longleftrightarrow\) se lit « équivaut à » : les deux conditions ont exactement les mêmes solutions, sous les hypothèses indiquées.

  • Dans \(x=a+2k\pi\), \(k\) est un entier relatif : il peut valoir \(0\), \(1\), \(-1\), \(2\), \(-2\), etc. Il compte les tours ajoutés ou retirés.

Avant de calculer. Repérer l’intervalle demandé, les éventuelles valeurs interdites, puis l’angle placé à l’intérieur du sinus ou du cosinus. À la fin, revenir à la variable initiale, contrôler les bornes et tester une valeur dans chaque type d’intervalle obtenu. Une vérification numérique aide à détecter une erreur ; elle ne remplace pas le raisonnement.

Pour travailler les inéquations en priorité. Commencer par les repères 14 à 17, puis poursuivre avec les angles de la forme \(ax+b\) à partir du repère 18. Les tableaux de signes, les quotients et les problèmes composés viennent ensuite. Les problèmes mélangés de la famille 13 permettent de choisir une méthode sans que le titre l’indique.

1. Préparer le terrain : angles, domaines et périodes

Méthode 1 — Ramener un angle à une position connue

Prérequis utiles — calcul exact et représentation.

Quand l’utiliser ? Un angle comporte plusieurs tours, une valeur négative ou un multiple de \(\pi\) peu familier. Le premier geste est de séparer un multiple de \(2\pi\) d’un angle situé dans un intervalle de référence.

Définition — point-image et fonctions trigonométriques

Dans un repère orthonormé direct, le cercle trigonométrique a pour centre \(O\) et pour rayon \(1\). Le point-image de l’angle réel \(x\) a pour coordonnées \((\cos x;\sin x)\). Deux angles ont le même point-image lorsqu’ils diffèrent d’un nombre entier de tours : leur différence vaut \(2k\pi\), où \(k\) est un entier relatif.

Par exemple, \(x\), \(x+2\pi\) et \(x-4\pi\) correspondent au même point. Les entiers relatifs sont les nombres \(\ldots,-2,-1,0,1,2,\ldots\) : un entier positif ajoute des tours et un entier négatif en retire. Une mesure principale sera ici choisie dans \(]-\pi;\pi]\) ; cela signifie qu’elle est strictement supérieure à \(-\pi\) et inférieure ou égale à \(\pi\).

Pourquoi les deux coordonnées restent-elles entre \(-1\) et \(1\) ? Elles sont les projections d’un point du cercle unité. L’équation du cercle donne en outre \(\cos^2x+\sin^2x=1\). Ces deux observations servent à éliminer des solutions impossibles avant de résoudre.

L’abscisse est le cosinus ; l’ordonnée est le sinus. Les projections permettent de lire deux informations différentes.

Exemple 1 — Un grand angle négatif.

Calculer \(\sin(-29\pi/6)\) et \(\cos(-29\pi/6)\). On ajoute \(6\pi=36\pi/6\), c’est-à-dire trois tours complets : \[-\frac{29\pi}{6}+\frac{36\pi}{6}=\frac{7\pi}{6}.\] Cet angle est dans le troisième quadrant, c’est-à-dire dans la partie du cercle située en bas à gauche. Il s’écrit \(\pi+\pi/6\) : son abscisse et son ordonnée sont les opposées de celles de \(\pi/6\). On obtient donc \[\cos\left(-\frac{29\pi}{6}\right)=-\frac{\sqrt3}{2},\qquad \sin\left(-\frac{29\pi}{6}\right)=-\frac12.\] Pour la mesure principale, on retire encore \(2\pi\) à \(7\pi/6\) : on trouve \(-5\pi/6\in]-\pi;\pi]\). Le signe du nombre qui mesure l’angle ne suffit pas à déterminer le signe de son sinus : il faut regarder la position finale.

Propriétés — valeurs exactes et symétries

\[\begin{array}{c|ccccc} x&0&\frac{\pi}{6}&\frac{\pi}{4}&\frac{\pi}{3}&\frac{\pi}{2}\\[2mm]\hline \cos x&1&\frac{\sqrt3}{2}&\frac{\sqrt2}{2}&\frac12&0\\[2mm] \sin x&0&\frac12&\frac{\sqrt2}{2}&\frac{\sqrt3}{2}&1 \end{array}\] \[\begin{aligned} \cos(-x)&=\cos x,&\sin(-x)&=-\sin x,\\ \cos(\pi-x)&=-\cos x,&\sin(\pi-x)&=\sin x,\\ \cos(\pi+x)&=-\cos x,&\sin(\pi+x)&=-\sin x,\\ \cos\left(\frac\pi2-x\right)&=\sin x,&\sin\left(\frac\pi2-x\right)&=\cos x. \end{aligned}\] Ajouter ou retirer un nombre entier de tours ne change ni le sinus ni le cosinus : pour tout entier relatif \(k\), \[\cos(x+2k\pi)=\cos x,\qquad \sin(x+2k\pi)=\sin x.\]

Démonstration.

La symétrie par rapport à l’axe horizontal transforme \((\cos x;\sin x)\) en \((\cos x;-\sin x)\) ; celle par rapport à l’axe vertical en \((-\cos x;\sin x)\). La symétrie centrale change les deux signes. Enfin, la réflexion par rapport à la droite \(y=x\) échange les coordonnées. Les valeurs à \(\pi/4\) viennent d’un triangle rectangle isocèle : \(2a^2=1\), donc \(a=\sqrt2/2\). À \(\pi/3\), couper un triangle équilatéral de côté \(1\) donne un côté adjacent \(1/2\) et un côté opposé \(\sqrt{1-1/4}=\sqrt3/2\) ; les valeurs à \(\pi/6\) s’en déduisent par complémentarité.

□

Choisir et comparer. Réduire l’angle et utiliser une symétrie est préférable à une approximation décimale lorsque la consigne exige une valeur exacte. La calculatrice en mode radians sert au contrôle, mais n’explique pas le signe ni l’exactitude.

À essayer 1 — Guidé, puis sans tableau.

Déterminer la mesure principale de \(47\pi/4\), puis calculer son sinus. Ensuite calculer \(\cos(17\pi/3)\) et justifier le signe.

Correction détaillée.

Comme \(47\pi/4-12\pi=-\pi/4\), la mesure principale est \(-\pi/4\), et le sinus vaut \(-\sqrt2/2\). Pour le second angle, \(17\pi/3-6\pi=-\pi/3\) ; le cosinus est pair, donc \(\cos(-\pi/3)=\cos(\pi/3)=1/2\). Le point se trouve à droite de l’axe vertical : le signe positif est cohérent.

Si tu bloques. Un tour vaut \(2\pi\), pas \(\pi\). Exemple simple : \(\cos(0)=1\) mais \(\cos(\pi)=-1\). Nouvel essai : \(\cos(5\pi)=\cos(\pi)=-1\), car \(5\pi-\pi=4\pi\). Revenir alors à la décomposition de l’angle demandé.

À reprendre plus tard. Refaire l’essai en annonçant d’abord le quadrant et le signe, puis la valeur. La réussite exige une différence multiple de \(2\pi\), une mesure dans l’intervalle choisi et un signe justifié.

Stratégie 2 — Fixer le domaine avant de transformer

Méthode à maîtriser au lycée — équations, inéquations et études de fonctions.

Indices. Un quotient, une racine carrée, un logarithme ou une fonction composée annonce des restrictions. Le premier geste n’est pas de simplifier : il est d’écrire les conditions de définition. Pour \(\sin\) et \(\cos\) seuls, tout réel est autorisé ; ce sont les opérations autour qui peuvent interdire des valeurs.

Propriété — conditions des opérations

\(A/B\) exige \(B\ne0\) ; \(\sqrt A\) exige \(A\ge0\) ; \(\ln A\) exige \(A>0\). Une simplification par un facteur \(C\) ne conserve l’expression que là où \(C\ne0\). Une équation obtenue après élévation au carré peut avoir davantage de solutions : les candidats doivent être vérifiés dans la relation initiale.

Exemple 2 — Une simplification qui laisse un trou.

Soit \(f(x)=\dfrac{\sin x}{1-\cos x}\). Commençons sur \([-\pi;\pi]\). Le dénominateur s’annule lorsque \(\cos x=1\), donc seulement en \(x=0\) sur cet intervalle. Le domaine de définition est ainsi \[D=[-\pi;0[\ \cup\ ]0;\pi].\] Le symbole \(\cup\) signifie ici que l’on prend les valeurs du premier intervalle ou celles du second : toutes les valeurs entre \(-\pi\) et \(\pi\) sont autorisées, sauf zéro.

Pour multiplier ensuite le numérateur et le dénominateur par \(1+\cos x\), il faut que ce nouveau facteur soit lui aussi non nul. Sur l’intervalle étudié, il s’annule en \(-\pi\) et en \(\pi\). Pour \(-\pi<x<0\) ou \(0<x<\pi\), on peut donc écrire \[\frac{\sin x}{1-\cos x} =\frac{\sin x(1+\cos x)}{1-\cos^2x} =\frac{1+\cos x}{\sin x}.\] À \(x=\pi\), le membre initial est défini et vaut \(0/2=0\), tandis que le dernier quotient n’est pas défini. Il en va de même en \(-\pi\). La transformation ne vaut donc pas sur tout \(D\) : ces deux valeurs doivent être traitées séparément. Cette distinction devient décisive dans une inéquation avec \(\leq\) ou \(\geq\), car une expression égale à zéro peut convenir.

Si l’on travaille dans tous les réels. Le quotient initial est défini pour tous les réels sauf les multiples de \(2\pi\), c’est-à-dire les nombres \(2k\pi\), où \(k\) est un entier relatif. La forme simplifiée exige en plus d’exclure les multiples impairs de \(\pi\). On peut énoncer ces conditions en toutes lettres sans introduire une nouvelle notation d’ensemble.

Exemple 3 — Un domaine qui est déjà une inéquation.

Pour \(g(x)=\sqrt{2\cos x-1}\), il faut \(2\cos x-1\ge0\), soit \(\cos x\ge1/2\). Sur \([-\pi;\pi]\), le cercle donne les angles entre \(-\pi/3\) et \(\pi/3\), car leurs points-images ont une abscisse au moins égale à \(1/2\). Ainsi, \[D_g=\left[-\frac\pi3;\frac\pi3\right] \quad\text{lorsque l'on se limite à }[-\pi;\pi].\] Les bornes sont incluses puisque la racine de zéro existe. Si l’on remplace \(\sqrt{2\cos x-1}\) par \(1/\sqrt{2\cos x-1}\), ces mêmes bornes deviennent exclues : la quantité sous la racine doit être strictement positive. Le domaine devient alors \(]-\pi/3;\pi/3[\) sur l’intervalle étudié.

Prolongement à tous les réels. La même situation se répète à chaque tour. On prend tous les intervalles \[\left[-\frac\pi3+2k\pi;\frac\pi3+2k\pi\right],\] où \(k\) est un entier relatif. Pour \(k=0\), on retrouve l’intervalle précédent ; pour \(k=1\), on obtient \([5\pi/3;7\pi/3]\) ; pour \(k=-1\), on obtient \([-7\pi/3;-5\pi/3]\). Le même entier déplace les deux bornes.

À essayer 2 — Justifier une exclusion.

Sur \([-\pi;\pi]\), déterminer les domaines de \(u(x)=\ln(1+\cos x)\) et \(v(x)=1/(2+\sin x)\). Est-il nécessaire de résoudre une équation pour le second ?

Correction détaillée.

Le logarithme impose \(1+\cos x>0\). Comme \(\cos x\ge-1\), seules les valeurs donnant \(\cos x=-1\) sont interdites, soit \(x=-\pi\) et \(x=\pi\) dans l’intervalle. Ainsi \(D_u=]-\pi;\pi[\). Pour \(v\), \(-1\le\sin x\le1\) entraîne \(1\le2+\sin x\le3\) : le dénominateur ne s’annule jamais. Son domaine est tout \([-\pi;\pi]\). Un encadrement dispense ici d’une résolution inutile.

Choisir et comparer. Commencer par l’encadrement de sinus et cosinus peut éliminer immédiatement une restriction impossible. Une simplification est une aide de calcul, pas une autorisation d’élargir le domaine.

Si tu bloques. Si tu as « supprimé » un facteur, réécris l’expression avant simplification et liste ses zéros. Sur \((x-1)/(x-1)\), le résultat \(1\) ne rétablit pas \(x=1\). Nouvel essai : \(\sin x/\sin x=1\) seulement lorsque \(\sin x\ne0\). Sur \([-\pi;\pi]\), cela exclut \(-\pi\), \(0\) et \(\pi\) ; dans tous les réels, cela exclut tous les multiples de \(\pi\). Le même réflexe répare l’exemple de \(f\).

Méthode 3 — Utiliser parité, symétries et périodicité sans les supposer

Parité et périodicité à maîtriser ; plus petite période en approfondissement guidé.

Définitions et critère de symétrie

Un domaine est symétrique par rapport à \(0\) lorsque \(x\) et \(-x\) y sont tous deux autorisés. Sur un tel domaine, \(f\) est paire si \(f(-x)=f(x)\) pour chaque \(x\) du domaine, et impaire si \(f(-x)=-f(x)\) pour chaque \(x\) du domaine.

Un nombre \(T>0\) est une période lorsque l’on retrouve la même valeur après un déplacement horizontal de \(T\) : \(f(x+T)=f(x)\). Il faut aussi que, pour chaque \(x\) du domaine, les nombres \(x+T\) et \(x-T\) restent dans ce domaine. La courbe se répète alors par déplacements de \(T\). La période fondamentale, lorsqu’elle existe, est la plus petite période strictement positive.

Autres symétries, en approfondissement. Lorsque les deux abscisses \(a-h\) et \(a+h\) sont toujours autorisées ensemble, la droite \(x=a\) est un axe de symétrie si \(f(a+h)=f(a-h)\). Le point \((a;b)\) est un centre de symétrie si \(f(a+h)+f(a-h)=2b\). Dans le premier cas, deux points à la même distance de l’axe ont la même hauteur ; dans le second, leur milieu est le point \((a;b)\).

Premier geste. Calculer \(f(-x)\), ou \(f(x+T)\) pour une période candidate. On ne conclut pas « ni paire ni impaire » simplement parce qu’une écriture paraît différente : un contre-exemple à chacune des deux égalités suffit.

Exemple 4 — Une réduction utile de l'intervalle d'étude.

Pour \(f(x)=\cos^2x-\cos x\), on a \[f(-x)=\cos^2(-x)-\cos(-x)=\cos^2x-\cos x=f(x),\] ainsi que \(f(x+2\pi)=f(x)\). On peut donc étudier \(f\) sur \([0;\pi]\), compléter par symétrie sur \([-\pi;0]\), puis par translations de \(2\pi\). Attention : \(\pi\) n’est pas une période de cette fonction, car \(f(0)=0\) mais \(f(\pi)=2\). Le fait que \(\cos^2x\) ait pour période \(\pi\) ne suffit pas pour une somme contenant \(\cos x\).

Approfondissement guidé — période d'une sinusoïde

On appelle ici sinusoïde une fonction de la forme \(f(x)=A\cos(ax+b)+c\), ou de même forme avec un sinus. Les lettres \(A\), \(a\), \(b\) et \(c\) désignent des constantes.

Si \(A\ne0\) et \(a\ne0\), sa plus petite période positive est \[T=\frac{2\pi}{|a|}.\] Par exemple, pour \(\cos(3x)\), un déplacement de \(2\pi/3\) de l’inconnue ajoute \(2\pi\) à l’angle. Si \(A=0\) ou \(a=0\), la fonction est constante : tout nombre positif est une période, et il n’existe pas de plus petite période positive.

Démonstration.

Ajouter \(T=2\pi/|a|\) à \(x\) ajoute \(2\pi\) à l’angle si \(a>0\), et retire \(2\pi\) si \(a<0\). La valeur du cosinus est donc conservée.

Pour montrer qu’aucune période positive plus petite ne convient, supposons que \(P>0\) soit une période. On choisit \(x=-b/a\) : l’angle \(ax+b\) vaut alors zéro et \(f(x)=A+c\). La valeur \(f(x+P)=A\cos(aP)+c\) doit être la même. Comme \(A\ne0\), cela impose \(\cos(aP)=1\). L’angle \(aP\) est donc un nombre entier de tours : \(aP=2k\pi\), avec \(k\) entier relatif. Puisque \(P>0\), la plus petite valeur possible est \(2\pi/|a|\).

Pour le sinus, on choisit cette fois \(x\) tel que \(ax+b=\pi/2\). L’égalité des valeurs impose \(\sin(\pi/2+aP)=1\), donc à nouveau \(aP=2k\pi\). On obtient la même période.

□

Exemple 5 — Période commune et période réelle.

Pour \(g(x)=\sin(2x)+\cos(3x)\), \(2\pi\) est une période commune, car les arguments augmentent de \(4\pi\) et \(6\pi\). Cette vérification ne prouve pas à elle seule sa minimalité. À l’inverse, \(\sin^2x+\cos^2x=1\) est constante : rechercher une plus petite période par un « plus petit multiple commun » des périodes des deux termes donnerait une conclusion fausse.

À essayer 3 — Variation de forme.

Déterminer une période de \(h(x)=\sin^2(3x)\) à l’aide de la formule fournie \[\sin^2u=\frac{1-\cos(2u)}2.\] Vérifier qu’il s’agit de la plus petite période positive. La formule sera démontrée dans la famille suivante. Déterminer ensuite si \(p(x)=\sin x+1\) est paire ou impaire.

Correction détaillée.

L’identité fournie donne \[h(x)=\frac{1-\cos(6x)}2.\] Le coefficient de \(x\) dans l’angle est \(6\) : la propriété précédente donne la plus petite période positive \(2\pi/6=\pi/3\). Pour \(p\), on a \(p(\pi/2)=2\) et \(p(-\pi/2)=0\), donc la fonction n’est pas paire. Une fonction impaire définie en zéro vérifie \(p(0)=-p(0)\), donc nécessairement \(p(0)=0\). Ici, \(p(0)=1\) : la fonction n’est pas impaire. Elle reste \(2\pi\)-périodique, car ajouter \(2\pi\) ne change pas le sinus.

Choisir et comparer. Une symétrie réduit un travail de variations ; elle ne dispense pas de rétablir toutes les solutions d’un problème posé sur un intervalle plus grand. Une période candidate se prouve par substitution ; sa minimalité est une question supplémentaire.

À reprendre plus tard. Reprendre les trois fonctions \(f,h,p\) sans leurs titres. Écrire la transformation à tester avant de calculer. La différence entre « une période » et « la plus petite période » doit apparaître dans la conclusion.

2. Transformer une expression pour faire apparaître une structure

Cette famille propose des approfondissements guidés. Les formules nécessaires sont fournies puis démontrées avec les outils du lycée. On apprend à choisir une transformation adaptée au problème ; l’ensemble des identités présentées ici ne constitue pas une liste supplémentaire à réciter sans contexte.

Méthode 4 — Développer un angle, calculer une valeur exacte

Approfondissement guidé — formules fournies et démontrées.

Reconnaître. Un angle est somme ou différence de deux angles connus ; un multiple d’angle apparaît ; on veut comparer deux expressions. Le premier geste est de choisir une décomposition utile, par exemple \(\pi/12=\pi/4-\pi/6\).

Formules fournies — addition et soustraction d'angles

Pour tous réels \(a,b\), \[\begin{aligned} \cos(a-b)&=\cos a\cos b+\sin a\sin b,\\ \cos(a+b)&=\cos a\cos b-\sin a\sin b,\\ \sin(a+b)&=\sin a\cos b+\cos a\sin b,\\ \sin(a-b)&=\sin a\cos b-\cos a\sin b. \end{aligned}\]

Démonstration.

On utilise le produit scalaire, étudié en Première spécialité. Les deux vecteurs de coordonnées \((\cos a;\sin a)\) et \((\cos b;\sin b)\) ont chacun pour longueur \(1\). La formule géométrique de leur produit scalaire donne donc \(\cos(a-b)\) ; la formule en coordonnées donne \(\cos a\cos b+\sin a\sin b\). En égalant ces deux calculs du même produit scalaire, on obtient la première identité.

Remplacer \(b\) par \(-b\) donne la deuxième, car \(\cos(-b)=\cos b\) et \(\sin(-b)=-\sin b\). Pour la troisième, on écrit \[\begin{aligned} \sin(a+b)&=\cos\left(\left(\frac\pi2-a\right)-b\right)\\ &=\cos\left(\frac\pi2-a\right)\cos b+\sin\left(\frac\pi2-a\right)\sin b\\ &=\sin a\cos b+\cos a\sin b. \end{aligned}\] Enfin remplacer \(b\) par \(-b\) donne la quatrième. On utilise ici la définition géométrique et la formule coordonnée du produit scalaire, résultats de Première rappelés par cette application.

□

Exemple 6 — Calculer sans arrondir.

\[\begin{aligned} \cos\left(\frac\pi{12}\right)&=\cos\left(\frac\pi4-\frac\pi6\right)\\ &=\frac{\sqrt2}{2}\times\frac{\sqrt3}{2}+\frac{\sqrt2}{2}\times\frac12 =\frac{\sqrt6+\sqrt2}{4},\\ \sin\left(\frac\pi{12}\right)&=\sin\left(\frac\pi4-\frac\pi6\right)\\ &=\frac{\sqrt2}{2}\times\frac{\sqrt3}{2}-\frac{\sqrt2}{2}\times\frac12 =\frac{\sqrt6-\sqrt2}{4}. \end{aligned}\] Les deux valeurs sont positives : l’angle est dans \(]0;\pi/2[\). Leur carré total vaut \([(8+4\sqrt3)+(8-4\sqrt3)]/16=1\).

Conséquences — doubler un angle ou connaître son double

\[\sin(2x)=2\sin x\cos x,\qquad \cos(2x)=2\cos^2x-1=1-2\sin^2x.\] Par conséquent, \[\cos^2x=\frac{1+\cos(2x)}{2},\qquad \sin^2x=\frac{1-\cos(2x)}{2}.\] Ces égalités découlent des formules d’addition avec \(a=b=x\), puis de \(\sin^2x+\cos^2x=1\). Les deux premières sont souvent appelées formules de duplication : elles relient l’angle \(x\) à son double \(2x\). Les deux dernières expriment des carrés à l’aide de ce double angle.

Exemple 7 — Le signe manque après une racine carrée.

De \(\cos(\pi/4)=\sqrt2/2\) et \(2\cos^2(\pi/8)-1=\cos(\pi/4)\), on déduit \[\cos^2\left(\frac\pi8\right)=\frac{2+\sqrt2}{4}.\] Comme \(0<\pi/8<\pi/2\), le cosinus est positif : \(\cos(\pi/8)=\sqrt{2+\sqrt2}/2\). Pour \(7\pi/8=\pi-\pi/8\), le cosinus est au contraire \(-\sqrt{2+\sqrt2}/2\). L’équation portant sur le carré n’avait pas fixé ce signe.

À essayer 4 — Calcul et justification.

Calculer \(\sin(5\pi/12)\), puis \(\sin(\pi/8)\).

Correction détaillée.

Écrire \(5\pi/12=\pi/4+\pi/6\) donne \(\sin(5\pi/12)=(\sqrt6+\sqrt2)/4\). Pour le second, \(\sin^2(\pi/8)=(1-\cos(\pi/4))/2=(2-\sqrt2)/4\). L’angle est dans le premier quadrant, donc \(\sin(\pi/8)=\sqrt{2-\sqrt2}/2\). Les racines choisies sont positives pour une raison géométrique, pas par convention arbitraire.

Choisir et comparer. Addition pour les sommes d’angles connus ; demi-angle lorsqu’un double est connu. La formule \(\sqrt{u^2}=|u|\) rappelle pourquoi une racine ne restitue pas automatiquement \(u\).

Méthode 5 — Passer d'une somme à un produit, ou l'inverse

Approfondissement guidé — formules fournies pour les équations, les signes et les primitives.

Idée. Pour savoir quand une somme est nulle ou quel est son signe, il peut être utile de la transformer en produit : on peut alors étudier chaque facteur. À l’inverse, pour chercher une primitive, une somme de sinus ou de cosinus d’angles multiples est souvent plus simple qu’un produit. Transformer un produit en une telle somme s’appelle ici linéariser. Le but décide du sens de transformation.

Formules fournies — sommes, différences et produits

\[\begin{aligned} \cos p+\cos q&=2\cos\left(\frac{p+q}{2}\right)\cos\left(\frac{p-q}{2}\right),\\ \cos p-\cos q&=-2\sin\left(\frac{p+q}{2}\right)\sin\left(\frac{p-q}{2}\right),\\ \sin p+\sin q&=2\sin\left(\frac{p+q}{2}\right)\cos\left(\frac{p-q}{2}\right),\\ \sin p-\sin q&=2\cos\left(\frac{p+q}{2}\right)\sin\left(\frac{p-q}{2}\right). \end{aligned}\] \[\begin{aligned} 2\cos a\cos b&=\cos(a+b)+\cos(a-b),\\ 2\sin a\sin b&=\cos(a-b)-\cos(a+b),\\ 2\sin a\cos b&=\sin(a+b)+\sin(a-b). \end{aligned}\]

Démonstration.

Additionner les formules de \(\cos(a+b)\) et de \(\cos(a-b)\) annule les produits de sinus et donne la première formule de produit. Les soustraire dans l’autre ordre donne la deuxième ; additionner les formules de sinus donne la troisième. Poser \(a=(p+q)/2\) et \(b=(p-q)/2\) restitue \(a+b=p\), \(a-b=q\) et donne les quatre formules de factorisation, la différence de sinus venant de la différence de ses deux formules d’addition.

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Exemple 8 — Faire apparaître des zéros sans développer.

Pour \(E(x)=\cos x+\cos(3x)\), la moyenne des deux angles est \((x+3x)/2=2x\) et la moitié de leur différence est \((x-3x)/2=-x\). Donc \[E(x)=2\cos(2x)\cos(-x)=2\cos(2x)\cos x.\] Pour résoudre \(E(x)=0\), chacun des deux facteurs peut s’annuler. Pour résoudre \(E(x)\ge0\), il faudra comparer leurs signes : un produit positif ne signifie pas que chaque facteur est positif.

Exemple 9 — Linéariser un produit pour une primitive.

\[\sin(3x)\cos x=\frac12\bigl(\sin(4x)+\sin(2x)\bigr).\] Une primitive sur \(\mathbb{R}\) est donc \[F(x)=-\frac{\cos(4x)}8-\frac{\cos(2x)}4.\] En effet, la dérivée de \(\cos(4x)\) est \(-4\sin(4x)\) et celle de \(\cos(2x)\) est \(-2\sin(2x)\). Ainsi, \[F'(x)=\frac12\sin(4x)+\frac12\sin(2x)=\sin(3x)\cos x.\] Toutes les primitives s’obtiennent en ajoutant une constante à \(F\). Les coefficients \(1/8\) et \(1/4\) compensent à la fois le facteur \(1/2\) et la dérivation des angles.

À essayer 5 — Transformer puis choisir l'usage.

Factoriser \(\sin(5x)-\sin x\). Exprimer ensuite \(\sin^2x\cos^2x\) à l’aide d’un seul cosinus d’angle multiple.

Correction détaillée.

La moyenne des angles \(5x\) et \(x\) est \(3x\), et la moitié de leur différence est \(2x\). Donc \(\sin(5x)-\sin x=2\cos(3x)\sin(2x)\). Pour le second, \[\sin^2x\cos^2x=(\sin x\cos x)^2=\frac14\sin^2(2x) =\frac18\bigl(1-\cos(4x)\bigr).\] La première forme factorisée sert aux zéros et aux signes ; la seconde sert à calculer une intégrale ou une moyenne.

Si tu bloques. L’erreur \(\cos p+\cos q=\cos(p+q)\) se réfute avec \(p=q=0\) : \(2\ne1\). Refaire \(\cos(3x)+\cos x\) en calculant séparément la moyenne \(2x\) et la moitié de la différence, \(x\). Revenir ensuite à l’expression de départ pour vérifier la transformation.

Méthode 6 — Réduire une combinaison à une seule sinusoïde

Approfondissement guidé — un angle de décalage fourni ou déterminé sur le cercle.

Reconnaître. Les termes \(A\cos u+B\sin u\) portent sur le même angle \(u\). Le premier geste est de calculer \(R=\sqrt{A^2+B^2}\) et d’examiner le cas \(R=0\).

Propriété démontrée — un seul cosinus après un décalage

Supposons que \(A\) et \(B\) ne soient pas tous les deux nuls. On pose \(R=\sqrt{A^2+B^2}\) ; ce nombre est strictement positif. Il existe alors un angle \(\alpha\) tel que \[\cos\alpha=\frac{A}{R},\qquad\sin\alpha=\frac{B}{R}.\] Alors, pour tout réel \(u\), \[A\cos u+B\sin u=R\cos(u-\alpha).\] Le minimum est \(-R\) et le maximum \(R\) lorsque \(u\) parcourt \(\mathbb{R}\). Le nombre \(R\) s’appelle l’amplitude et \(\alpha\) est un angle de décalage, aussi appelé phase. Il n’est pas nécessaire que cet angle ait une valeur remarquable : ses deux coordonnées peuvent suffire à le définir. Si \(A=B=0\), l’expression vaut toujours \(0\) et aucun calcul d’angle n’est nécessaire.

Démonstration.

Les nombres \(A/R\) et \(B/R\) vérifient \[\left(\frac{A}{R}\right)^2+\left(\frac{B}{R}\right)^2 =\frac{A^2+B^2}{R^2}=1.\] Ils sont donc les coordonnées d’un point du cercle unité ; on choisit un angle \(\alpha\) correspondant à ce point. La formule d’addition donne \[\begin{aligned} R\cos(u-\alpha) &=R\cos u\cos\alpha+R\sin u\sin\alpha\\ &=A\cos u+B\sin u. \end{aligned}\] Les bornes \(-R\) et \(R\) viennent de \(-1\leq\cos(u-\alpha)\leq1\). Elles sont atteintes respectivement pour \(u=\alpha+\pi\) et pour \(u=\alpha\).

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Exemple 10 — Une inéquation avec deux fonctions devient élémentaire.

Résoudre \(\sqrt3\cos x+\sin x\ge1\) sur \([0;2\pi[\). Ici \(R=\sqrt{3+1}=2\). On cherche un angle dont le cosinus vaut \(\sqrt3/2\) et le sinus \(1/2\) : on peut choisir \(\alpha=\pi/6\). L’inéquation devient \[2\cos\left(x-\frac\pi6\right)\ge1, \quad\text{soit}\quad \cos\left(x-\frac\pi6\right)\ge\frac12.\] Posons \(u=x-\pi/6\). Comme \(0\leq x<2\pi\), on a \(-\pi/6\leq u<11\pi/6\). Sur cet intervalle, les angles dont le cosinus est au moins égal à \(1/2\) appartiennent à \[\left[-\frac\pi6;\frac\pi3\right] \quad\text{ou à}\quad \left[\frac{5\pi}3;\frac{11\pi}6\right[.\] On ajoute \(\pi/6\) aux bornes pour revenir à \(x\). Ainsi, \[S=\left[0;\frac\pi2\right]\ \cup\ \left[\frac{11\pi}6;2\pi\right[.\] Autre lecture par les tours. Dans tous les réels, les intervalles possibles pour \(x\) sont \([-\pi/6+2k\pi;\pi/2+2k\pi]\), où \(k\) est un entier relatif. Le choix \(k=0\) donne le premier morceau, coupé à zéro ; le choix \(k=1\) donne le second, coupé à \(2\pi\). Une partie d’intervalle peut convenir même si une de ses bornes de départ est hors du domaine.

Exemple 11 — Obtenir une borne sans chercher l'angle de décalage.

L’identité \[(A\cos x+B\sin x)^2+(A\sin x-B\cos x)^2=A^2+B^2\] se démontre en développant : les termes croisés s’annulent et les carrés se regroupent avec \(\sin^2x+\cos^2x=1\). Le deuxième carré étant positif ou nul, on obtient \((A\cos x+B\sin x)^2\leq R^2\), donc \[-R\leq A\cos x+B\sin x\leq R.\] C’est une autre preuve de l’encadrement. Pour résoudre une inéquation ou trouver les angles où le maximum est atteint, le décalage est généralement plus utile.

À essayer 6 — Comparer deux usages.

Déterminer le maximum de \(3\cos x+4\sin x\). Puis résoudre \(\cos x-\sin x>0\) sur \(]-\pi;\pi]\).

Correction détaillée.

Pour la première expression, l’amplitude est \(\sqrt{9+16}=5\). Cette valeur est atteinte lorsque \(\cos x=3/5\) et \(\sin x=4/5\) ; ces coordonnées correspondent bien à un point du cercle, puisque \((3/5)^2+(4/5)^2=1\). Le maximum est donc \(5\).

Pour la deuxième expression, la formule d’addition donne \[\cos x-\sin x=\sqrt2\cos\left(x+\frac\pi4\right).\] Posons \(u=x+\pi/4\). Le domaine \(]-\pi;\pi]\) devient \(]-3\pi/4;5\pi/4]\). Sur ce domaine, le cosinus est strictement positif seulement pour \(-\pi/2<u<\pi/2\). En retranchant \(\pi/4\), on trouve \[S=\left]-\frac{3\pi}4;\frac\pi4\right[.\] On peut contrôler avec \(x=0\) : l’expression vaut \(1>0\), ce qui confirme le bon intervalle. Aux deux bornes retenues, elle vaut zéro : elles sont exclues.

Choisir et comparer. Pour une borne, la somme de deux carrés ou le produit scalaire suffit. Pour trouver les angles qui atteignent un seuil, préférer la forme avec un angle de décalage. La méthode ne s’applique pas directement à \(\cos x+\sin(2x)\) : les angles \(x\) et \(2x\) sont différents, il faut d’abord transformer ou factoriser.

Si tu bloques. Vérifie les deux coordonnées de l’angle choisi. Avec \(A=-1\) et \(B=1\), on a \(R=\sqrt2\) : il faut un cosinus négatif et un sinus positif, donc un point en haut à gauche du cercle. L’angle \(\alpha=3\pi/4\) convient ; \(-\pi/4\) ne convient pas, car ses deux coordonnées ont les signes opposés. Un seul signe oublié change le décalage.

Stratégie 7 — Démontrer une identité en conservant ses conditions

Stratégie de preuve — ne pas confondre identité et équation.

Premier geste. Identifier le domaine commun, puis choisir le membre le plus complexe et le transformer vers l’autre. On peut aussi montrer que leur différence vaut zéro. Tester un angle est un contrôle ou un contre-exemple, jamais une preuve d’identité.

Exemple 12 — Deux voies pour une même identité.

Montrer, lorsque \(x\) n’est pas un multiple de \(\pi\), que \[\frac{1-\cos x}{\sin x}=\frac{\sin x}{1+\cos x}.\] Comprendre la condition. Le premier quotient exige \(\sin x\ne0\) : il faut exclure tous les multiples de \(\pi\). Le second exige \(\cos x\ne-1\), ce qui exclut les multiples impairs de \(\pi\), déjà retirés. Sur \([-\pi;\pi]\), le domaine commun est donc \(]-\pi;0[\cup]0;\pi[\).

Voie 1, produit en croix autorisé. Les dénominateurs sont non nuls sur le domaine indiqué. L’égalité équivaut à \((1-\cos x)(1+\cos x)=\sin^2x\). Le membre gauche est \(1-\cos^2x=\sin^2x\), donc l’égalité est démontrée.

Voie 2, transformation d’un membre. Multiplier le premier quotient par \((1+\cos x)/(1+\cos x)\) donne \[\frac{(1-\cos x)(1+\cos x)}{\sin x(1+\cos x)} =\frac{\sin^2x}{\sin x(1+\cos x)} =\frac{\sin x}{1+\cos x}.\] La simplification utilise \(\sin x\ne0\), déjà compris dans le domaine. Les deux preuves sont exactes ; le produit en croix est ici plus court, tandis que la transformation montre comment on peut découvrir la seconde écriture.

À essayer 7 — Démontrer, puis diagnostiquer une fausse règle.

Démontrer \(\sin^4x+\cos^4x=1-2\sin^2x\cos^2x\). La règle \(\sin^4x+\cos^4x=1\) est-elle une identité ?

Correction détaillée.

Développer le carré de la somme donne \(1=(\sin^2x+\cos^2x)^2=\sin^4x+2\sin^2x\cos^2x+\cos^4x\). Soustraire le terme croisé établit la formule. À \(x=\pi/4\), chaque quatrième puissance vaut \((\sqrt2/2)^4=1/4\), donc leur somme vaut \(1/2\), pas \(1\). C’est un contre-exemple à la fausse règle.

À reprendre plus tard. Reprendre les quatre essais de la famille en expliquant le but de chaque transformation : valeur exacte, facteurs, amplitude ou preuve. Savoir appliquer des identités ne suffit pas si l’on ne sait pas choisir leur sens d’emploi.

3. Résoudre des équations et conserver toutes les solutions

Méthode 8 — Trouver les angles sur un tour, puis ajouter les autres tours

Méthode à maîtriser sur un intervalle ; extension périodique expliquée ensuite.

Diagnostic. L’inconnue apparaît dans un seul sinus ou cosinus. Isoler cette fonction et comparer le second membre à \([-1;1]\) avant d’utiliser le cercle.

Exemple 13 — Un sinus négatif.

Résoudre \(\sin x=-1/2\) sur \([-\pi;\pi]\). Le sinus est une ordonnée : on cherche les points du cercle situés sur la droite horizontale d’ordonnée \(-1/2\). Il y en a deux, tous deux dans la moitié inférieure du cercle.

Le point en bas à droite a pour angle \(-\pi/6\). Le point en bas à gauche a pour angle \(-5\pi/6\). Ces deux angles appartiennent au domaine demandé. Ainsi, \[S=\left\{-\frac{5\pi}6;-\frac\pi6\right\}.\] Les accolades servent ici à présenter une liste de solutions isolées. Le second angle n’est pas \(+\pi/6\) : ce dernier aurait un sinus positif.

Si la question était posée dans tous les réels. On pourrait ajouter ou retirer autant de tours que l’on veut à chacun de ces deux angles. Toutes les solutions s’écriraient donc \[x=-\frac\pi6+2k\pi \quad\text{ou}\quad x=-\frac{5\pi}6+2k\pi,\] où \(k\) est un entier relatif. Par exemple, dans la seconde famille, \(k=1\) donne \(7\pi/6\), qui a le même sinus mais n’appartient pas à \([-\pi;\pi]\).

Théorème — équations élémentaires

Lorsque l’on connaît un angle \(\alpha\), les solutions dans tous les réels se décrivent par les deux formes suivantes : \[\begin{aligned} \cos u=\cos\alpha &\iff u=\alpha+2k\pi\ \text{ou}\ u=-\alpha+2k\pi,\\ \sin u=\sin\alpha &\iff u=\alpha+2k\pi\ \text{ou}\ u=\pi-\alpha+2k\pi, \end{aligned}\] Dans chaque ligne, \(k\) est un entier relatif. Le symbole \(\iff\) se lit « équivaut à » : les transformations donnent toutes les solutions, et chaque valeur obtenue vérifie l’égalité de départ. Le mot « ou » signifie qu’il faut garder les deux possibilités, sans demander qu’elles se réalisent en même temps.

Si \(c>1\) ou \(c<-1\), les équations \(\sin u=c\) et \(\cos u=c\) n’ont aucune solution réelle.

Démonstration.

Sur le cercle, une droite verticale d’abscisse \(c\) avec \(-1<c<1\) coupe le cercle en deux points symétriques par rapport à l’axe horizontal. Leurs angles sont opposés à un nombre entier de tours près. Une droite horizontale donne deux points symétriques par rapport à l’axe vertical : si l’un a pour angle \(\alpha\), l’autre peut s’écrire \(\pi-\alpha\). Chaque tour supplémentaire ajoute \(2k\pi\).

Pour \(c=1\) ou \(c=-1\), les deux points se confondent : les deux formes peuvent alors décrire les mêmes angles. Enfin, l’abscisse et l’ordonnée d’un point du cercle restent entre \(-1\) et \(1\) ; aucun point ne correspond à un seuil situé en dehors de cet intervalle.

□

Cas particuliers à reconnaître. Les points situés sur les axes donnent des écritures plus simples, avec \(k\) entier relatif : \[\begin{aligned} \sin u=0&\iff u=k\pi, & \cos u=0&\iff u=\frac\pi2+k\pi,\\ \cos u=1&\iff u=2k\pi, & \cos u=-1&\iff u=\pi+2k\pi,\\ \sin u=1&\iff u=\frac\pi2+2k\pi, & \sin u=-1&\iff u=-\frac\pi2+2k\pi. \end{aligned}\] Pour \(\sin u=0\), par exemple, les deux positions sur le cercle sont \(0\) et \(\pi\). La liste \(u=k\pi\) contient déjà ces deux positions et tous leurs tours ; il est inutile de conserver deux listes séparées.

À essayer 8 — Choisir les points avant les familles.

Résoudre \(2\cos x+\sqrt2=0\) sur \([0;2\pi[\), puis \(3\sin x=4\) sur \(\mathbb{R}\).

Correction détaillée.

La première équation devient \(\cos x=-\sqrt2/2\), qui correspond aux angles \(3\pi/4\) et \(5\pi/4\) dans l’intervalle. La seconde impose \(\sin x=4/3>1\), impossible. Il n’y a pas lieu d’introduire un angle de référence dans ce second cas.

Si tu bloques. Si une seule solution a été trouvée, tracer la droite de projection correspondante. Pour \(\cos x=1/2\), elle rencontre le cercle au-dessus et au-dessous de l’axe horizontal. Refaire \(\cos x=-1/2\) : les deux points donnent \(2\pi/3\) et \(4\pi/3\) sur \([0;2\pi[\).

Méthode 9 — Résoudre avec un angle affine et choisir les entiers utiles

Approfondissement guidé — changer d’angle sans perdre la période.

Premier geste. Nommer \(u=ax+b\) et garder la relation entre \(u\) et \(x\). Si \(a=0\), l’équation est constante ; sinon on divise par \(a\) seulement après avoir écrit les familles d’angles. La période en \(x\) devient \(2\pi/|a|\), pas nécessairement \(2\pi\).

Exemple 14 — Un angle affine, avec le choix des entiers détaillé.

Résoudre \(\sin(2x+\pi/4)=\sqrt3/2\) dans \(]-\pi;\pi]\). Les angles dont le sinus vaut \(\sqrt3/2\) sont \(\pi/3+2k\pi\) et \(2\pi/3+2k\pi\). Ainsi \[\begin{aligned} 2x+\frac\pi4&=\frac\pi3+2k\pi &&\Longrightarrow x=\frac\pi{24}+k\pi,\\ 2x+\frac\pi4&=\frac{2\pi}3+2k\pi &&\Longrightarrow x=\frac{5\pi}{24}+k\pi. \end{aligned}\] Pour la première famille, on impose l’intervalle : \[-\pi<\frac\pi{24}+k\pi\le\pi \iff -\frac{25}{24}<k\le\frac{23}{24}.\] Les entiers possibles sont \(-1\) et \(0\). Pour la seconde, \[-\pi<\frac{5\pi}{24}+k\pi\le\pi \iff -\frac{29}{24}<k\le\frac{19}{24},\] ce qui donne encore les deux entiers \(k=-1\) et \(k=0\). Pour chacun, on remplace \(k\) dans les deux expressions de \(x\). Finalement, \[S=\left\{-\frac{23\pi}{24};-\frac{19\pi}{24};\frac\pi{24};\frac{5\pi}{24}\right\}.\] Tous les passages sont réversibles. Pour contrôler le premier angle, \(2(-23\pi/24)+\pi/4=-5\pi/3\), dont le sinus vaut bien \(\sqrt3/2\). Les quatre solutions couvrent deux tours de l’argument.

Exemple 15 — Le coefficient négatif change le sens du parcours.

Résoudre \(\cos(\pi/3-2x)=1/2\) sur \([0;\pi]\). Les angles dont le cosinus vaut \(1/2\) s’écrivent \(\pi/3+2k\pi\) ou \(-\pi/3+2k\pi\), où \(k\) est un entier relatif.

La première possibilité donne \(-2x=2k\pi\), donc \(x=-k\pi\). Pour \(0\leq x\leq\pi\), les seuls choix sont \(k=0\) et \(k=-1\) : ils donnent \(x=0\) et \(x=\pi\).

La seconde donne \(-2x=-2\pi/3+2k\pi\), donc \(x=\pi/3-k\pi\). La condition \(0\leq x\leq\pi\) s’écrit alors \(-2/3\leq k\leq1/3\) : seul l’entier \(k=0\) convient, d’où \(x=\pi/3\). Ainsi, \[S=\left\{0;\frac\pi3;\pi\right\}.\] La présence de \(0\) et \(\pi\), qui ont des points-images identiques pour l’argument, est normale : ce sont deux valeurs de l’inconnue distinctes et les deux bornes sont incluses.

À essayer 9 — Appliquer le filtrage plutôt que deviner.

Résoudre \(\cos(3x)=1/2\) sur \([0;2\pi[\).

Correction détaillée.

On obtient \(x=\pi/9+2k\pi/3\) ou \(x=-\pi/9+2k\pi/3\). Dans la première famille, \(0\le1/9+2k/3<2\) donne \(-1/6\le k<17/6\), donc \(k=0,1,2\). Dans la seconde, \(0\le-1/9+2k/3<2\) donne \(1/6\le k<19/6\), donc \(k=1,2,3\). En réunissant et ordonnant, \[S=\left\{\frac\pi9;\frac{5\pi}9;\frac{7\pi}9;\frac{11\pi}9;\frac{13\pi}9;\frac{17\pi}9\right\}.\]

Choisir et comparer. Écrire les familles sur \(\mathbb{R}\) puis filtrer est robuste. Une autre voie consiste à transformer d’abord l’intervalle de \(x\) en celui de \(u\) ; elle devient souvent plus visuelle pour les inéquations (famille 5).

Méthode 10 — Comparer deux angles ou deux fonctions

Approfondissement guidé — des angles différents dans les deux membres.

Indice. Les deux membres sont des sinus ou des cosinus. On n’a pas le droit de supprimer les fonctions : deux angles différents peuvent avoir le même sinus ou le même cosinus. Ramener à deux cosinus ou à deux sinus, puis examiner les deux possibilités du théorème précédent.

Exemple 16 — Une branche incluse dans une autre.

Résoudre \(\cos(3x)=\cos x\), d’abord sur \([-\pi;\pi]\), puis dans tous les réels. Les deux possibilités sont \[3x=x+2k\pi\quad\text{ou}\quad3x=-x+2k\pi,\] où \(k\) est un entier relatif. Elles donnent \(x=k\pi\) ou \(x=k\pi/2\). Chaque nombre de la première forme est aussi de la seconde forme : par exemple \(\pi=2\pi/2\) et \(-2\pi=-4\pi/2\). Il suffit donc de garder la seconde.

Sur \([-\pi;\pi]\), on impose \(-\pi\leq k\pi/2\leq\pi\), soit \(-2\leq k\leq2\). Cela donne \[S=\left\{-\pi;-\frac\pi2;0;\frac\pi2;\pi\right\}.\] Dans tous les réels, les solutions sont les nombres \(x=k\pi/2\), où \(k\) est un entier relatif.

Autre résolution, par factorisation. \[\cos(3x)-\cos x=-2\sin(2x)\sin x.\] Le produit est nul lorsque \(\sin(2x)=0\) ou \(\sin x=0\), soit \(x=k\pi/2\) ou \(x=k\pi\). On retrouve les mêmes solutions. La factorisation devient plus intéressante si la consigne devient une inéquation, car elle conserve une information de signe.

Exemple 17 — Passer du sinus au cosinus.

Résoudre \(\sin(2x)=\cos x\) sur \([0;2\pi[\). Comme \(\cos x=\sin(\pi/2-x)\), \[2x=\frac\pi2-x+2k\pi\quad\text{ou}\quad 2x=\pi-\left(\frac\pi2-x\right)+2k\pi.\] On trouve \(x=\pi/6+2k\pi/3\) ou \(x=\pi/2+2k\pi\). La première famille fournit \(\pi/6,5\pi/6,3\pi/2\) ; la seconde \(\pi/2\).

Autre voie complète. Avec la formule établie \(\sin(2x)=2\sin x\cos x\), l’équation devient \(\cos x(2\sin x-1)=0\). On obtient \(\cos x=0\) (angles \(\pi/2,3\pi/2\)) ou \(\sin x=1/2\) (angles \(\pi/6,5\pi/6\)). Ainsi, \[S=\left\{\frac\pi6;\frac\pi2;\frac{5\pi}6;\frac{3\pi}2\right\}.\] Diviser d’emblée par \(\cos x\) aurait supprimé deux solutions.

À essayer 10 — Une égalité entre fréquences.

Résoudre \(\sin(3x)=\sin x\) dans \([0;2\pi[\) en examinant les deux possibilités pour les angles, puis contrôler par factorisation.

Correction détaillée.

Les deux possibilités donnent \(3x=x+2k\pi\), donc \(x=k\pi\), ou \(3x=\pi-x+2k\pi\), donc \(x=\pi/4+k\pi/2\). Dans l’intervalle, les solutions sont \(0,\pi,\pi/4,3\pi/4,5\pi/4,7\pi/4\). La différence \(\sin(3x)-\sin x=2\cos(2x)\sin x\) s’annule exactement pour ces mêmes deux familles. Le résultat final ordonné est \(\{0;\pi/4;3\pi/4;\pi;5\pi/4;7\pi/4\}\).

Choisir et comparer. Deux fonctions identiques : les familles sont directes. Une différence que l’on saura ensuite signer : la factorisation prépare mieux le prolongement. Si les coefficients linéaires s’annulent dans une branche, examiner l’équation constante obtenue au lieu de diviser par zéro.

Méthode 11 — Remplacer une valeur trigonométrique par une inconnue algébrique

Approfondissement guidé — réutiliser les équations du second degré.

Reconnaître. La même fonction et le même angle reviennent avec des puissances. Poser \(X=\cos u\) ou \(X=\sin u\) ; écrire aussitôt \(X\in[-1;1]\). Les racines de l’équation algébrique ne sont encore que des valeurs possibles de sinus ou cosinus.

Exemple 18 — Deux étages de résolution.

Résoudre \(2\cos^2x-3\cos x+1=0\) sur \([0;2\pi[\). Avec \(X=\cos x\), on factorise \[2X^2-3X+1=(2X-1)(X-1).\] Les racines sont \(X=1/2\) et \(X=1\), toutes deux dans \([-1;1]\). Le retour à \(x\) donne \(x=\pi/3\) ou \(5\pi/3\) pour la première, \(x=0\) pour la seconde. Donc \(S=\{0;\pi/3;5\pi/3\}\).

Exemple 19 — Une racine algébrique impossible.

Pour \(\sin^2x-3\sin x+2=0\), le polynôme \((X-1)(X-2)\) a deux racines, mais \(X=2\) est impossible puisque \(-1\leq\sin x\leq1\). Il reste \(\sin x=1\). Sur \([0;2\pi[\), la seule solution est \(\pi/2\) ; dans tous les réels, on obtient \(x=\pi/2+2k\pi\), où \(k\) est un entier relatif. Le nombre \(2\) n’est pas une valeur de l’angle à tester : c’est une valeur impossible du sinus.

À essayer 11 — Ne pas s'arrêter à l'inconnue intermédiaire.

Résoudre \(2\sin^2x+\sin x-1=0\) sur \(]-\pi;\pi]\).

Correction détaillée.

On factorise \((2X-1)(X+1)=0\), donc \(X=1/2\) ou \(X=-1\). Les deux valeurs sont autorisées. \(\sin x=1/2\) donne \(\pi/6,5\pi/6\) ; \(\sin x=-1\) donne \(-\pi/2\). Ainsi \(S=\{-\pi/2;\pi/6;5\pi/6\}\). Les calculs \((2\times1/4)+1/2-1=0\) et \(2-1-1=0\) contrôlent les deux valeurs intermédiaires.

Si tu bloques. Trois colonnes évitent la confusion : « \(x\) cherché », « \(X\) valeur trigonométrique », « condition \(-1\le X\le1\) ». Refaire \(\cos^2x=4\) : les candidats \(X=\pm2\) sont rejetés, donc aucune solution réelle.

Contrôle 12 — Élever au carré sans créer de fausses solutions

Méthode de contrôle à maîtriser — racines et signes.

Proposition — carré et équivalence

\(A=B\) implique \(A^2=B^2\), mais la réciproque donne seulement \(A=B\) ou \(A=-B\). Par exemple, \((-2)^2=2^2\) alors que \(-2\ne2\). Si l’on sait déjà que \(A\) et \(B\) sont tous deux positifs ou nuls, l’élévation au carré est une équivalence.

Pour résoudre \(\sqrt{A}=B\), on doit donc conserver ensemble trois conditions :

  • \(A\geq0\), pour que la racine carrée soit définie ;

  • \(B\geq0\), car une racine carrée est positive ou nulle ;

  • \(A=B^2\), obtenue en élevant les deux membres au carré.

Ces trois conditions sont aussi suffisantes : elles redonnent bien \(\sqrt A=B\).

Exemple 20 — La condition de signe fait partie de la solution.

Résoudre \(\sqrt{1+\sin x}=\cos x\) sur \([-\pi;\pi]\). La racine existe partout car \(1+\sin x\ge0\), et le membre gauche est positif ou nul. Il faut donc \(\cos x\ge0\), soit \(x\in[-\pi/2;\pi/2]\). Sur cet intervalle, mettre au carré est réversible : \[1+\sin x=\cos^2x=1-\sin^2x \iff \sin x(1+\sin x)=0.\] Donc \(\sin x=0\) ou \(\sin x=-1\). Dans l’intervalle conservé, cela donne \(x=0\) ou \(x=-\pi/2\). Vérification initiale : à \(0\), \(\sqrt1=1\) ; à \(-\pi/2\), \(\sqrt0=0\). Ainsi \(S=\{-\pi/2;0\}\). Sans la condition \(\cos x\ge0\), les valeurs \(\pm\pi\) seraient des candidats issus du carré, mais ne vérifieraient pas \(1=-1\) dans l’équation initiale.

À essayer 12 — Signe avant carré.

Résoudre \(|\sin x|=\cos x\) sur \([-\pi;\pi]\).

Correction détaillée.

Il faut \(\cos x\ge0\), donc \(x\in[-\pi/2;\pi/2]\). Les deux membres sont alors positifs ou nuls ; l’équation équivaut à \(\sin^2x=\cos^2x\), soit \(\cos(2x)=0\). On obtient \(x=\pi/4+k\pi/2\), où \(k\) est un entier relatif. En gardant seulement les valeurs du domaine, on trouve \(x=-\pi/4\) ou \(x=\pi/4\). À ces deux angles, les deux membres valent \(\sqrt2/2\). Les autres solutions du carré sur l’intervalle initial avaient un cosinus négatif.

Choisir et comparer. Une séparation des cas \(\sin x\ge0\) et \(\sin x<0\) est une alternative correcte pour la valeur absolue. Le carré est plus court lorsque le signe de l’autre membre se décrit facilement ; sinon, les cas peuvent rendre les exclusions plus visibles.

Méthode 13 — Compter les solutions sans les confondre avec les périodes

Approfondissement guidé — compter les tours et surveiller les bornes.

Indice. La question demande combien de solutions existent sur un intervalle long. Une période ne donne pas nécessairement deux solutions : les seuils \(-1,0,1\) et les bornes doivent être examinés.

Proposition — une fréquence entière sur un tour

Soit \(n\) un entier supérieur ou égal à \(1\). Sur \([0;2\pi[\), l’équation \(\cos(nx)=c\) a :

  • \(2n\) solutions si \(-1<c<1\) ;

  • \(n\) solutions si \(c=1\) ou \(c=-1\) ;

  • aucune solution si \(c>1\) ou \(c<-1\).

On obtient le même nombre de solutions pour \(\sin(nx)=c\).

Démonstration.

L’angle \(u=nx\) parcourt \([0;2n\pi[\) : il effectue \(n\) tours. On découpe cet intervalle en \([0;2\pi[\), \([2\pi;4\pi[\), et ainsi de suite. Sur chaque tour, le cercle fournit deux points lorsque \(-1<c<1\), un seul lorsque le seuil est un minimum ou un maximum, et aucun lorsque \(c\) est en dehors de \([-1;1]\).

Chaque intervalle contient sa borne gauche et exclut sa borne droite : une valeur située entre deux tours est donc comptée une seule fois. Enfin, à chaque angle \(u\) correspond une seule valeur \(x=u/n\), et deux angles différents donnent deux valeurs différentes de \(x\). Le nombre de solutions ne change donc pas quand on revient à l’inconnue.

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Exemple 21 — Les bornes changent le compte.

\(\cos(5x)=1\) a cinq solutions sur \([0;2\pi[\) : \(0,2\pi/5,4\pi/5,6\pi/5,8\pi/5\). Sur \([0;2\pi]\), on ajoute \(2\pi\), qui est une sixième valeur de \(x\). Le même point sur le cercle n’est pas le même réel.

À essayer 13 — Intervalle et doublons.

Combien de solutions ont \(\sin(4x)=1/3\) et \(\sin(4x)=1\) sur \([0;2\pi[\) ?

Correction détaillée.

Le seuil \(1/3\) est strictement compris entre \(-1\) et \(1\) : deux solutions par période de l’argument, quatre périodes, donc huit. Le seuil \(1\) est un maximum : une seule solution par période, donc quatre. Aucune approximation de l’angle n’est nécessaire pour compter.

À reprendre plus tard. Reprendre un exemple de chaque méthode de cette famille. Contrôler successivement le seuil, les familles, le domaine, les entiers, les doublons et la conclusion. Une liste de valeurs vérifiées n’est exhaustive que si la démarche a couvert tous les cas.

4. Résoudre les inéquations élémentaires : du cercle aux intervalles

Méthode 14 — Lire une inégalité de cosinus sur le cercle

Méthode essentielle : commencer sur l’intervalle demandé.

Ce que l’on cherche. Résoudre \(\cos x\leq c\) signifie trouver tous les nombres \(x\) de l’intervalle donné dont le cosinus est inférieur ou égal au nombre \(c\). Le résultat est souvent un intervalle ou une réunion de quelques intervalles.

Le premier geste. Le cosinus est une abscisse. Sur le cercle, tracer la verticale d’abscisse \(c\) et retenir les points à gauche pour \(\leq\), à droite pour \(\geq\). Avant le dessin, comparer \(c\) à \(-1\) et \(1\) : un cosinus reste toujours entre ces deux nombres.

Exemple 22 — Résoudre sur l'intervalle usuel du lycée.

Résoudre \(\cos x\leq\dfrac12\) sur \([-\pi;\pi]\).

1. Placer les angles d’égalité. Les deux angles du domaine dont le cosinus vaut \(\dfrac12\) sont \(-\dfrac\pi3\) et \(\dfrac\pi3\).

2. Choisir le bon côté. Le point d’angle \(0\) a pour abscisse \(1\) : il ne convient pas. Les points d’angles \(-\pi\) et \(\pi\) ont pour abscisse \(-1\) : ils conviennent. Sur le cercle, on garde donc l’arc situé à gauche de la verticale d’abscisse \(\dfrac12\).

3. Revenir aux nombres de l’intervalle demandé. En parcourant \([-\pi;\pi]\), les nombres retenus vont de \(-\pi\) à \(-\dfrac\pi3\), puis de \(\dfrac\pi3\) à \(\pi\). L’égalité étant autorisée, on conserve les quatre bornes : \[\boxed{S=\left[-\pi;-\frac\pi3\right]\cup \left[\frac\pi3;\pi\right].}\] Le symbole \(\cup\) se lit ici « ou » : un nombre est solution s’il appartient au premier intervalle ou au second. Les nombres \(-\pi\) et \(\pi\) représentent le même point du cercle mais sont deux nombres distincts de l’intervalle demandé ; ils figurent tous deux dans la réponse.

Pour \(\cos x\leq\frac12\), les points retenus sont à gauche de la verticale. Les angles d’égalité sont inclus.

À retenir sur \([-\pi;\pi]\)

Pour un nombre \(c\) strictement compris entre \(-1\) et \(1\), on note \(\alpha\) l’unique angle de \(]0;\pi[\) dont le cosinus vaut \(c\). \[\begin{array}{c|l} \text{Inéquation}&\text{Solutions sur }[-\pi;\pi]\\[1mm]\hline \cos x\leq c&[-\pi;-\alpha]\cup[\alpha;\pi]\\[1mm] \cos x<c&[-\pi;-\alpha[\,\cup\,]\alpha;\pi]\\[1mm] \cos x\geq c&[-\alpha;\alpha]\\[1mm] \cos x>c&]-\alpha;\alpha[ \end{array}\] Les crochets en \(-\pi\) et \(\pi\) ne deviennent pas ouverts simplement parce que l’inégalité est stricte : leur cosinus vaut \(-1<c\). Ce sont les angles d’égalité \(-\alpha\) et \(\alpha\) que le signe strict exclut.

Démonstration.

Sur \([0;\pi]\), le cosinus est continu et strictement décroissant de \(1\) à \(-1\). Il prend donc une seule fois la valeur \(c\), en \(\alpha\). Avant \(\alpha\), il est supérieur à \(c\) ; après \(\alpha\), il est inférieur à \(c\). La symétrie \(\cos(-x)=\cos x\) donne la partie sur \([-\pi;0]\). L’inclusion ou l’exclusion des angles d’égalité fournit les quatre réponses.

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Exemple 23 — La même inéquation sur un autre intervalle.

Résoudre \(\cos x\leq\dfrac12\) sur \([0;2\pi[\). Les angles d’égalité sont cette fois \(\dfrac\pi3\) et \(\dfrac{5\pi}3\). L’arc retenu passe par \(\pi\) : \[S=\left[\frac\pi3;\frac{5\pi}3\right].\] Si l’on cherche toutes les solutions réelles, on répète cet intervalle en ajoutant ou en retirant des tours complets. On peut écrire : les solutions sont tous les nombres qui vérifient \[\frac\pi3+2k\pi\leq x\leq\frac{5\pi}3+2k\pi \quad\text{pour un entier relatif }k.\] Par exemple, \(k=-1\) donne \(\left[-\dfrac{5\pi}3;-\dfrac\pi3\right]\), \(k=0\) donne l’intervalle de départ et \(k=1\) donne \(\left[\dfrac{7\pi}3;\dfrac{11\pi}3\right]\). On ajoute la même quantité aux deux bornes. Cette écriture n’est utile que si l’énoncé demande plusieurs tours ou tous les réels.

Traiter d'abord les seuils particuliers

Sur \([-\pi;\pi]\) :

  • \(\cos x\leq1\) est vraie pour tous les nombres de l’intervalle ; \(\cos x>1\) n’a aucune solution.

  • \(\cos x\geq1\) n’a que la solution \(0\) ; \(\cos x<1\) donne \([-\pi;0[\cup]0;\pi]\).

  • \(\cos x\geq-1\) est toujours vraie ; \(\cos x<-1\) n’a aucune solution.

  • \(\cos x\leq-1\) donne les deux solutions \(-\pi\) et \(\pi\) ; \(\cos x>-1\) donne \(]-\pi;\pi[\).

Si le seuil est plus grand que \(1\) ou plus petit que \(-1\), l’encadrement \(-1\leq\cos x\leq1\) suffit pour conclure. Pour un autre domaine, on ajoute ou retire d’abord les tours nécessaires, puis on conserve seulement les nombres qui appartiennent au domaine demandé.

Sur plusieurs tours. Le cosinus vaut \(1\) exactement pour \(x=2k\pi\), et \(-1\) exactement pour \(x=\pi+2k\pi\), avec \(k\) entier relatif. Au maximum ou au minimum, une inéquation peut donc ne laisser que des points isolés.

À essayer 14 — Un seuil négatif et deux cas particuliers.

Résoudre sur \([-\pi;\pi]\) : a) \(\cos x>-\dfrac{\sqrt2}{2}\) ; b) \(\cos x\leq-1\) ; c) \(\cos x<\dfrac32\). Avant de calculer, dire quelle question demande réellement de chercher un arc.

Correction détaillée.

a) \(-\dfrac{\sqrt2}{2}=\cos\left(\dfrac{3\pi}4\right)\). On garde l’arc à droite de la verticale et on retire les angles d’égalité : \(S=\left]-\dfrac{3\pi}4;\dfrac{3\pi}4\right[\). b) Le minimum \(-1\) est atteint en \(-\pi\) et \(\pi\), donc \(S=\{-\pi;\pi\}\). c) Puisque \(\cos x\leq1<\dfrac32\), tout l’intervalle convient : \(S=[-\pi;\pi]\). Seule la question a) exige la recherche d’un arc.

Si tu bloques. Si tu hésites entre les deux arcs, teste \(x=0\) et \(x=\pi\). Pour \(\cos x\leq0\), il faut retenir \(\pi\) et exclure \(0\) : sur \([0;2\pi[\), on obtient \([\pi/2;3\pi/2]\). Déplace ensuite la verticale vers \(1/2\) en conservant le côté gauche.

À reprendre plus tard. Sans relire, résous \(\cos x>0\) sur \(]-\pi;\pi]\). La solution est \(]-\pi/2;\pi/2[\) : l’abscisse est positive à droite de l’axe vertical et nulle aux deux bornes exclues.

Variante 15 — Lire une inégalité de sinus et gérer un seuil négatif

Méthode accessible par le cercle et les angles associés.

Le premier geste. Le sinus est une ordonnée. On utilise une horizontale : \(\sin x\geq c\) sélectionne les points au-dessus ; \(\sin x\leq c\) sélectionne les points au-dessous. Pour un seuil négatif, l’horizontale est sous l’origine.

Exemple 24 — Un seuil négatif sur \([0;2\pi[\).

Résoudre \(\sin x\geq-\dfrac12\) sur \([0;2\pi[\).

1. Angles d’égalité. Le sinus vaut \(-\dfrac12\) en \(\dfrac{7\pi}6\) et \(\dfrac{11\pi}6\).

2. Arc à conserver. L’arc entre ces deux angles passe par \(\dfrac{3\pi}2\), où le sinus vaut \(-1\) : cette partie est sous le seuil et doit être retirée, sauf ses deux extrémités. Le reste du cercle convient.

3. Écriture dans le domaine demandé. \[\boxed{S=\left[0;\frac{7\pi}6\right]\cup \left[\frac{11\pi}6;2\pi\right[.}\] Zéro est inclus : il appartient au domaine et son sinus vaut \(0\geq-\dfrac12\). Le nombre \(2\pi\) est exclu uniquement parce que l’énoncé l’exclut du domaine, même si son sinus satisfait l’inégalité.

L’arc retenu est au-dessus de l’horizontale d’ordonnée \(-\frac12\). On le découpe ensuite selon l’intervalle des angles demandé.

Méthode pour un seuil entre \(-1\) et \(1\)

  1. Placer les angles d’égalité dans le domaine de l’énoncé.

  2. Garder le côté supérieur pour \(\geq\) ou \(>\), le côté inférieur pour \(\leq\) ou \(<\).

  3. Conserver les angles d’égalité pour \(\geq\) et \(\leq\) ; les retirer pour \(>\) et \(<\).

  4. Tester séparément les extrémités du domaine, puis écrire les intervalles dans l’ordre croissant.

Si le seuil n’est pas remarquable, on peut définir un angle \(\beta\) de \([-\pi/2;\pi/2]\) par \(\sin\beta=c\). Sur cet intervalle, le sinus est continu et strictement croissant de \(-1\) à \(1\) : cet angle existe et il est unique. La symétrie donne l’autre angle de même sinus, \(\pi-\beta\). On ajoute ou retire \(2\pi\) si nécessaire pour les placer dans le domaine étudié.

Pour travailler sur plusieurs tours. L’arc supérieur se parcourt de \(\beta\) à \(\pi-\beta\) ; l’arc inférieur de \(-\pi-\beta\) à \(\beta\). On répète l’arc choisi en ajoutant \(2k\pi\) à ses deux extrémités, avec \(k\) entier relatif. Ainsi, pour \(\sin x\geq c\), on peut écrire \[\beta+2k\pi\leq x\leq\pi-\beta+2k\pi.\] La symétrie du cercle explique les deux angles ; la périodicité explique les tours ajoutés. Il n’est pas nécessaire d’apprendre quatre formules générales pour reconstruire cette méthode.

Exemple 25 — Une inégalité stricte sur un intervalle centré.

Résoudre \(\sin x<-\dfrac{\sqrt3}{2}\) sur \(]-\pi;\pi]\). Les deux angles d’égalité du domaine sont \(-\dfrac{2\pi}3\) et \(-\dfrac\pi3\). Entre eux, l’arc passe par \(-\dfrac\pi2\), dont le sinus vaut \(-1\). Il est donc sous le seuil demandé. Les angles d’égalité sont exclus : \[S=\left]-\frac{2\pi}3;-\frac\pi3\right[.\] Les extrémités du domaine, \(-\pi\) et \(\pi\), ne conviennent pas : leur sinus vaut zéro.

Aux seuils \(1\) et \(-1\). Sur \([-\pi;\pi]\), le sinus atteint \(1\) seulement en \(\pi/2\) et \(-1\) seulement en \(-\pi/2\). Par exemple, \(\sin x\geq1\) donne le seul nombre \(\pi/2\), tandis que \(\sin x>1\) n’a aucune solution. Sur plusieurs tours, ces angles deviennent \(\pi/2+2k\pi\) et \(-\pi/2+2k\pi\). Hors de \([-1;1]\), comparer directement le seuil au minimum et au maximum.

À essayer 15 — Reconstruire plutôt que réciter.

Sur \([-\pi;\pi]\), résoudre a) \(\sin x\leq\dfrac{\sqrt2}{2}\) ; b) \(\sin x>1\) ; c) \(\sin x\geq-1\). Pour a), placer les deux angles d’égalité et préciser l’arc à retirer.

Correction détaillée.

a) Les angles d’égalité sont \(\pi/4\) et \(3\pi/4\). Sur \(]\pi/4;3\pi/4[\), le sinus dépasse le seuil : on retire cet intervalle ouvert. Il reste \[S=[-\pi;\pi/4]\cup[3\pi/4;\pi].\] Les deux angles d’égalité sont conservés. b) Aucun sinus ne dépasse \(1\) : \(S=\varnothing\), ce qui signifie « aucune solution ». c) Le sinus est toujours au moins égal à \(-1\) : \(S=[-\pi;\pi]\).

Choisir et comparer. Pour \(\sin x\leq c\), on peut garder l’arc inférieur ou retirer les points où \(\sin x>c\). Les deux descriptions se complètent. Le contraire de « strictement supérieur » est « inférieur ou égal » : cette précision décide des crochets.

Si tu bloques. La réponse \([\pi/4;3\pi/4]\) à l’essai a) garde le mauvais côté : à \(\pi/2\), le sinus vaut \(1\). Reprends \(\sin x\leq0\) sur \([-\pi;\pi]\) : on obtient \([-\pi;0]\cup\{\pi\}\). Le nombre \(\pi\) reste une solution isolée, car son sinus est nul.

Méthode 16 — Utiliser les variations ou lire la courbe

Autre approche exacte ; lecture numérique distincte.

Idée. Une fonction strictement monotone permet de transporter une comparaison, mais seulement sur un intervalle où elle possède ce sens de variation. La fonction cosinus n’est pas décroissante sur \(\mathbb{R}\) ; la fonction sinus n’est pas croissante sur \(\mathbb{R}\).

Proposition — Comparer sur un intervalle où la fonction garde le même sens de variation

Si \(f\) est strictement croissante sur un intervalle \(J\), alors pour \(u,v\in J\), \(f(u)\leq f(v)\Longleftrightarrow u\leq v\). Si \(f\) est strictement décroissante, le sens s’inverse : \(f(u)\leq f(v)\Longleftrightarrow u\geq v\). Les mêmes règles valent avec des signes stricts.

Démonstration.

La première implication de l’ordre vers les images est la définition de la monotonie. Pour le retour, si \(f\) est strictement croissante et \(u>v\), on aurait \(f(u)>f(v)\), contradiction. Le raisonnement pour une fonction décroissante donne l’inversion du sens.

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Exemple 26 — Retrouver \(\cos x\leq1/2\) sans lire un arc.

Sur \([-\pi;0]\), cosinus est strictement croissant et \(\cos(-\pi/3)=1/2\). Ainsi, sur cette branche, \(\cos x\leq\cos(-\pi/3)\Longleftrightarrow x\leq-\pi/3\) ; on obtient \([-\pi;-\pi/3]\). Sur \([0;\pi]\), cosinus est strictement décroissant et \(\cos(\pi/3)=1/2\). On obtient cette fois \(x\geq\pi/3\), donc \([\pi/3;\pi]\). La réunion est exactement celle du repère 14.

Ce découpage justifie aussi la lecture sur la courbe : les abscisses retenues sont celles pour lesquelles la courbe est sous la droite \(y=1/2\). Les intersections exactes viennent des valeurs remarquables, pas d’une mesure du graphique.

Même inéquation, autre représentation : les zones retenues sont les abscisses où \(y=\cos x\) se situe sous \(y=\frac12\).

Exemple 27 — Un seuil non remarquable.

Résoudre \(\sin x>0{,}3\) sur \([-\pi;\pi]\). On définit \(\beta\in[0;\pi/2]\) par \(\sin\beta=0{,}3\). Sur la partie négative, \(\sin x\leq0\), donc aucun point ne convient. Sur \([0;\pi/2]\), la croissance donne \(x>\beta\) ; sur \([\pi/2;\pi]\), la décroissance donne \(x<\pi-\beta\). Ainsi \[\boxed{S=]\beta;\pi-\beta[.}\] Cette réponse est exacte : \(\beta\) a été défini par son intervalle et son sinus. La calculatrice, réglée en radians, permet d’obtenir \(\beta\approx0{,}3047\) et \(\pi-\beta\approx2{,}8369\). Ces nombres aident à situer les bornes, mais ne remplacent pas les bornes exactes dans la réponse. Une autre manière d’obtenir ces approximations consiste à encadrer la solution par dichotomie, comme au repère 40.

À essayer 16 — Choisir les branches utiles.

Résoudre \(\sin x\geq1/2\) sur \([0;\pi]\) par monotonie, puis expliquer pourquoi l’implication « \(\sin x\geq\sin(\pi/6)\) donc \(x\geq\pi/6\) » ne suffit pas.

Correction détaillée.

Sur \([0;\pi/2]\), croissance : \(x\geq\pi/6\), d’où \([\pi/6;\pi/2]\). Sur \([\pi/2;\pi]\), décroissance et valeur d’égalité \(5\pi/6\) : \(x\leq5\pi/6\), d’où \([\pi/2;5\pi/6]\). On réunit : \([\pi/6;5\pi/6]\). L’implication proposée oublie le changement de monotonie : \(x=\pi\) satisfait \(x\geq\pi/6\) mais son sinus vaut \(0<1/2\).

Choisir et comparer. Le cercle rend la périodicité et les arcs très visibles. Les branches monotones rendent le sens des inégalités explicite et s’étendent à d’autres fonctions. La courbe aide à contrôler, mais un écran numérique ne garantit pas des bornes exactes ni l’absence de petites composantes cachées.

Outil 17 — Réunir, intersecter et vérifier les bornes

Outil transversal indispensable ; aucune trigonométrie nouvelle.

Définitions. \(A\cup B\) signifie « dans \(A\) ou dans \(B\) » ; \(A\cap B\) signifie « dans \(A\) et dans \(B\) ». Une restriction au domaine \(I\) s’écrit \(S\cap I\). Un point isolé \(a\), noté \(\{a\}\), doit être conservé si \(a\) convient et si aucun intervalle voisin ne convient.

Procédure sûre. Pour intersecter deux intervalles, prendre la plus grande borne gauche et la plus petite borne droite. Si la première dépasse la seconde, l’intersection est vide. Si elles sont égales, le point subsiste seulement s’il appartient aux deux intervalles. Si elles sont distinctes, tester séparément l’appartenance de chacune des deux bornes.

Exemple 28 — Les crochets viennent de deux contraintes.

\(J=]-\pi/6;7\pi/6]\) et \(I=[0;\pi[\). L’intersection va de \(0\) à \(\pi\). Le point \(0\) est dans \(J\) et \(I\), donc il est inclus ; \(\pi\) est dans \(J\) mais pas dans \(I\), donc il est exclu. Ainsi \(J\cap I=[0;\pi[\). En revanche, \(]0;\pi[\cap[\pi;2\pi]=\varnothing\), tandis que \(]0;\pi]\cap[\pi;2\pi]=\{\pi\}\).

Exemple 29 — Ne pas transformer une réunion en intersection.

\(\cos x=0\) ou \(\sin x=0\) sur \([0;2\pi[\) donne \(\{0;\pi/2;\pi;3\pi/2\}\). Exiger les deux égalités simultanément donnerait aucun point, car \(\cos^2x+\sin^2x=1\) interdit leur nullité simultanée. Une seule conjonction change tout le problème.

À essayer 17 — Écrire les ensembles sans ambiguïté.

Calculer a) \([-\pi;\pi/3]\cap]\pi/6;\pi]\) ; b) \([0;\pi]\cup]\pi;2\pi[\) ; c) retirer le seul nombre \(\pi\) de l’intervalle \([0;2\pi[\).

Correction détaillée.

a) La borne gauche utile est \(\pi/6\), exclue ; la droite est \(\pi/3\), incluse : \(]\pi/6;\pi/3]\). b) Le point \(\pi\) est inclus dans le premier intervalle, donc aucun trou ne subsiste : \([0;2\pi[\). c) On crée un trou en \(\pi\) sans retirer \(0\) : \([0;\pi[\cup]\pi;2\pi[\).

Si tu bloques. Si les crochets te font hésiter, remplace provisoirement chaque intervalle par une phrase d’inégalités et teste le point en question. Par exemple \(x<\pi\) et \(x\geq\pi\) sont incompatibles. Nouvel essai : \([1;3]\cap]3;5]=\varnothing\), mais \([1;3]\cap[3;5]=\{3\}\). Reviens ensuite aux bornes en multiples de \(\pi\) : le raisonnement est exactement le même.

5. Inéquations avec un angle affine

Méthode 18 — Résoudre une première fois, puis répéter les intervalles

Méthode pour un angle de la forme \(ax+b\), avec \(a\) et \(b\) fixés.

Reconnaître. L’angle à l’intérieur du sinus ou du cosinus est de la forme \(ax+b\). Il ne faut pas traiter \(\cos(ax+b)\) comme \(a\cos x+b\). Le coefficient \(a\) change la longueur des périodes ; la constante \(b\) les décale.

Premier geste. Isoler le sinus ou le cosinus, puis contrôler le seuil. Si \(a=0\), l’expression est constante : on compare directement \(\cos b\) ou \(\sin b\) au seuil, avec le signe demandé. Tous les nombres du domaine conviennent, ou aucun. Si \(a\ne0\), écrire les arcs en \(u=ax+b\), soustraire \(b\) dans les deux bornes et diviser par \(a\), en inversant leur ordre si \(a<0\).

Exemple 30 — L'inéquation de la page 87 de Sésamath, entièrement reconstruite.

Résoudre \[\cos\left(4x-\frac\pi3\right)<\frac12, \qquad x\in I=[0;2\pi[.\] 1. Résoudre pour l’angle sur un premier tour. Entre \(0\) et \(2\pi\), le cosinus est strictement inférieur à \(\dfrac12\) entre \(\dfrac\pi3\) et \(\dfrac{5\pi}3\). On commence donc par \[\frac\pi3<4x-\frac\pi3<\frac{5\pi}3.\] 2. Revenir à \(x\). On ajoute \(\dfrac\pi3\) aux trois membres, puis on les divise par le nombre positif \(4\) : \[\frac{2\pi}3<4x<2\pi \quad\Longleftrightarrow\quad \frac\pi6<x<\frac\pi2.\] On obtient un premier intervalle \(\left]\dfrac\pi6;\dfrac\pi2\right[\). Il reste à trouver ses répétitions dans le domaine.

3. Répéter avec la bonne période. Quand on ajoute \(\dfrac\pi2\) à \(x\), l’angle \(4x-\dfrac\pi3\) augmente de \(2\pi\). Son cosinus ne change donc pas. On ajoute successivement \(\dfrac\pi2\), \(\pi\) et \(\dfrac{3\pi}2\) aux deux bornes du premier intervalle.

Pour noter ces répétitions, on peut utiliser un entier relatif \(k\) : \[J_k=\left]\frac\pi6+\frac{k\pi}2;\frac\pi2+\frac{k\pi}2\right[.\] Ici \(J_k\) désigne simplement l’intervalle obtenu en ajoutant \(k\) fois \(\dfrac\pi2\) aux deux bornes. Pour \(k=-1\), on obtient \(]-\pi/3;0[\), entièrement hors du domaine. Pour \(k=4\), l’intervalle commence en \(13\pi/6>2\pi\) ; les suivants sont encore plus à droite. Seuls \(k=0\), \(1\), \(2\) et \(3\) peuvent convenir.

4. Écrire chaque intersection. \[\renewcommand{\arraystretch}{1.5} \begin{array}{c|c|c} k&\text{Intervalle obtenu}&\text{Partie dans }[0;2\pi[\\\hline 0&]\frac\pi6;\frac\pi2[&]\frac\pi6;\frac\pi2[\\ 1&]\frac{2\pi}3;\pi[&]\frac{2\pi}3;\pi[\\ 2&]\frac{7\pi}6;\frac{3\pi}2[&]\frac{7\pi}6;\frac{3\pi}2[\\ 3&]\frac{5\pi}3;2\pi[&]\frac{5\pi}3;2\pi[ \end{array}\] Conclusion. \[\boxed{S=\left]\frac\pi6;\frac\pi2\right[ \cup\left]\frac{2\pi}3;\pi\right[ \cup\left]\frac{7\pi}6;\frac{3\pi}2\right[ \cup\left]\frac{5\pi}3;2\pi\right[.}\] 5. Contrôler. Au milieu du premier intervalle, \(x=\pi/3\) donne l’angle \(\pi\) et un cosinus \(-1<1/2\). À \(x=\pi/6\) et \(x=\pi/2\), le cosinus vaut \(1/2\) : les bornes sont exclues. À \(x=0\), il vaut également \(1/2\) : zéro n’est pas solution. Chaque autre intervalle est obtenu par la période \(\pi/2\), qui conserve le résultat.

Les quatre portions de courbe situées sous le seuil correspondent exactement aux quatre intervalles calculés. Les intersections avec le seuil sont exclues.

Pourquoi ces quatre intervalles suffisent-ils ? La résolution sur un tour donne tous les angles possibles sur ce tour ; ajouter ou retirer des tours donne tous les autres. Nous avons ensuite examiné toutes les répétitions qui peuvent rencontrer le domaine. Une borne peut être hors du domaine alors qu’une partie de son intervalle convient : le repère suivant explique comment la conserver.

À essayer 18 — Changer le caractère strict, pas seulement les crochets visibles.

Résoudre la même inéquation avec \(\leq1/2\), toujours sur \([0;2\pi[\). Avant de lire, examine spécialement \(x=0\).

Correction détaillée.

Les intervalles deviennent \([\pi/6+k\pi/2;\pi/2+k\pi/2]\). Le rang \(k=-1\) donne \([-\pi/3;0]\), dont l’intersection avec le domaine est le seul point \(\{0\}\). Les rangs \(0,1,2\) donnent les trois intervalles fermés correspondants. Le rang \(3\) donne \([5\pi/3;2\pi]\), tronqué en \([5\pi/3;2\pi[\). Ainsi \[\begin{split} S={}&\{0\}\cup[\pi/6;\pi/2]\cup[2\pi/3;\pi]\\ &\cup[7\pi/6;3\pi/2]\cup[5\pi/3;2\pi[. \end{split}\] Le zéro apparaît parce qu’il vérifie l’égalité ; il n’était pas une borne des quatre intervalles précédemment retenus. Remplacer seulement les crochets de la réponse stricte aurait donc oublié une solution.

Si tu bloques. Si tu as gardé \(2k\pi\) après avoir divisé par \(4\), reprends \(4x=2k\pi\) : la division donne \(x=k\pi/2\). Nouvel essai : \(3x+\pi/6\in[\pi/2+2k\pi;\pi+2k\pi]\) donne \(x\in[\pi/9+2k\pi/3;5\pi/18+2k\pi/3]\). Le même diviseur agit sur le décalage et sur la période.

Outil 19 — Garder seulement les morceaux dans le domaine

Contrôle des intervalles et des points isolés.

La question utile. Un intervalle solution n’a pas besoin d’être entièrement contenu dans le domaine de l’énoncé. On conserve la partie commune aux deux intervalles : c’est leur intersection.

Comparer les extrémités, puis tester les crochets

On considère un intervalle dont les deux bornes sont distinctes, et un domaine \([a;b]\) avec \(a<b\). Pour que leur partie commune ait une longueur positive :

  • sa borne droite doit être strictement plus grande que \(a\) ;

  • sa borne gauche doit être strictement plus petite que \(b\).

Ces deux conditions doivent être vraies en même temps. Si une égalité remplace l’une des comparaisons, il ne peut rester qu’un point ; il faut vérifier que les deux intervalles contiennent ce point.

Démonstration.

Si la borne droite est à gauche de \(a\), tout l’intervalle est trop à gauche. Si la borne gauche est à droite de \(b\), tout l’intervalle est trop à droite. Lorsque les deux comparaisons strictes sont vérifiées, la plus grande des bornes gauches est plus petite que la plus petite des bornes droites : il reste un morceau entre elles. Si les deux bornes se rejoignent exactement, seuls les crochets permettent de décider si le point commun reste.

□

Exemple sans trigonométrie. L’intersection de \([-2;3]\) et \([0;5]\) est \([0;3]\) : la borne \(-2\) n’appartient pas au second intervalle, mais cela n’efface pas tout le premier. À l’inverse, \(]-2;0[\cap[0;5]\) est vide, tandis que \([-2;0]\cap[0;5]=\{0\}\).

Exemple 31 — Deux copies tronquées qu'un filtrage naïf supprimerait.

Résoudre \(\cos(x-\pi/6)\geq1/2\) sur \([0;2\pi[\). Les arcs droits donnent \[-\frac\pi3+2k\pi\leq x-\frac\pi6\leq\frac\pi3+2k\pi \Longleftrightarrow x\in\left[-\frac\pi6+2k\pi;\frac\pi2+2k\pi\right].\] Pour rencontrer l’intérieur du domaine, on impose \(\pi/2+2k\pi>0\) et \(-\pi/6+2k\pi<2\pi\), donc \(-1/4<k<13/12\). Ainsi \(k=0\) ou \(k=1\). Le premier intervalle commence avant zéro, mais donne \([0;\pi/2]\). Le second se termine après \(2\pi\), mais donne \([11\pi/6;2\pi[\). \[S=[0;\pi/2]\cup[11\pi/6;2\pi[.\] Exiger que les deux bornes soient dans \([0;2\pi[\) aurait supprimé les deux morceaux, donc donné à tort l’ensemble vide.

Les deux intervalles sont tronqués par le domaine. Un morceau reste solution même si une de ses bornes de départ est extérieure à ce domaine.

Lister les entiers possibles. Il suffit de les énumérer entre les deux bornes obtenues. Par exemple, \(-\dfrac14<k<\dfrac{13}{12}\) autorise \(0\) et \(1\) ; \(-1<k<\dfrac{11}3\) autorise \(0\), \(1\), \(2\) et \(3\). Si une borne est entière, regarder si le signe est strict ou large : \(k>-1\) exclut \(-1\), tandis que \(k\geq-1\) l’autorise. Aucune nouvelle notation n’est nécessaire.

À essayer 19 — La frontière ne se devine pas.

Intersecter avec \(I=[0;\pi]\) la famille \(J_k=]\pi/4+k\pi;5\pi/4+k\pi]\), \(k\in\mathbb{Z}\).

Correction détaillée.

La rencontre en longueur positive impose \(5\pi/4+k\pi>0\) et \(\pi/4+k\pi<\pi\), soit \(-5/4<k<3/4\). Les entiers sont \(-1\) et \(0\). Pour \(k=-1\), \(J_{-1}=]-3\pi/4;\pi/4]\), donc \(J_{-1}\cap I=[0;\pi/4]\). Pour \(k=0\), on obtient \(]\pi/4;\pi]\). Leur réunion est tout \([0;\pi]\), car le point \(\pi/4\) est inclus dans le premier morceau. Aucun rang supplémentaire ne rencontre \(I\), même en un point.

Contrôle et portée. Il faut parfois fusionner des intervalles voisins après le filtrage. Un point inclus par une composante suffit à combler le trou apparent laissé par une autre. Une borne de période n’est pas automatiquement une valeur interdite.

Méthode 20 — Transformer d'abord le domaine de l'angle

Autre approche complète : travailler dans \(u=ax+b\), puis revenir à \(x\).

Idée. Au lieu d’écrire immédiatement des familles en \(x\), on détermine les valeurs que parcourt l’angle \(u\). Pour \(a\ne0\), chaque valeur de \(u=ax+b\) correspond à un seul nombre \(x=\dfrac{u-b}{a}\). On détermine donc d’abord l’intervalle parcouru par \(u\), puis on revient à \(x\) après la résolution. C’est simplement une autre organisation des mêmes calculs.

Exemple 32 — Deuxième résolution complète de l'exemple Sésamath.

On reprend \(\cos(4x-\pi/3)<1/2\) sur \([0;2\pi[\). Posons \(u=4x-\pi/3\). Comme le coefficient \(4\) est positif, \[0\leq x<2\pi\Longleftrightarrow-\pi/3\leq u<23\pi/3.\] Le domaine de \(u\) a une longueur \(8\pi\), soit quatre tours. Les arcs où \(\cos u<1/2\) sont \[]\pi/3+2k\pi;5\pi/3+2k\pi[.\] Dans \([-\pi/3;23\pi/3[\), on retient les quatre arcs \[]\pi/3;5\pi/3[, \quad]7\pi/3;11\pi/3[, \quad]13\pi/3;17\pi/3[, \quad]19\pi/3;23\pi/3[.\] L’arc précédent finit en \(-\pi/3\), mais cette extrémité est exclue par l’inégalité stricte : il n’ajoute aucun point. Pour revenir à \(x\), on ajoute \(\pi/3\) puis on divise par \(4\) à chaque borne. Ainsi le premier arc donne \(](2\pi/3)/4;(6\pi/3)/4[=]\pi/6;\pi/2[\). Le deuxième donne \(](8\pi/3)/4;(12\pi/3)/4[=]2\pi/3;\pi[\) ; le troisième \(]7\pi/6;3\pi/2[\) ; le quatrième \(]5\pi/3;2\pi[\). On retrouve exactement la première résolution.

Choisir et comparer. Le domaine transformé rend visibles les tours réellement parcourus et convient bien à un tracé de la courbe en \(u\). Les familles directement en \(x\) évitent de tenir deux variables. Les deux voies demandent les mêmes contrôles de crochets. Remplacer le domaine de \(u\) par \([-\pi;\pi]\) sans justification serait oublier plusieurs tours.

À essayer 20 — Compter les tours réellement parcourus.

Résoudre \(\sin(2x+\pi/6)\geq1/2\) sur \([0;\pi]\) en travaillant d’abord avec l’angle \(u\).

Correction détaillée.

\(u=2x+\pi/6\) parcourt \([\pi/6;13\pi/6]\), de longueur \(2\pi\) : c’est un tour, même si le coefficient vaut \(2\). Les arcs sont \([\pi/6+2k\pi;5\pi/6+2k\pi]\). L’intersection conserve \([\pi/6;5\pi/6]\) et le point \(13\pi/6\) du rang \(k=1\). En revenant à \(x=(u-\pi/6)/2\), on obtient \([0;\pi/3]\cup\{\pi\}\). Le nombre de tours se calcule avec la longueur du domaine, pas avec le coefficient seul.

Si tu bloques. Pour ne pas garder le mauvais domaine, écris une double inégalité contenant \(x\), puis effectue les mêmes opérations que dans l’argument. Exemple simple : \(0\leq x\leq\pi/2\) implique \(\pi/3\leq2x+\pi/3\leq4\pi/3\). Le domaine obtenu n’est ni \([0;\pi/2]\) ni un tour complet.

Cas 21 — Traiter un coefficient négatif sans inverser deux fois

Cas structurant de la méthode affine.

Exemple 33 — Le sinus d'un angle décroissant.

Résoudre \[\sin\left(\frac\pi3-2x\right)\geq\frac12, \qquad x\in[-\pi;\pi].\] Le sinus est au moins \(1/2\) sur les arcs \([\pi/6+2k\pi;5\pi/6+2k\pi]\) : \[\frac\pi6+2k\pi\leq\frac\pi3-2x\leq\frac{5\pi}6+2k\pi.\] Soustrayons \(\pi/3\) : \[-\frac\pi6+2k\pi\leq-2x\leq\frac\pi2+2k\pi.\] Diviser par \(-2\) inverse les deux comparaisons : \[\frac\pi{12}-k\pi\geq x\geq-\frac\pi4-k\pi.\] On remet les bornes dans l’ordre croissant, sans changer de lettre : \[-\frac\pi4-k\pi\leq x\leq\frac\pi{12}-k\pi.\] L’entier \(k\) sert seulement à choisir une répétition. On examine \(k=-1\), \(0\) et \(1\) :

  • pour \(k=-1\), l’intervalle \([3\pi/4;13\pi/12]\) donne \([3\pi/4;\pi]\) ;

  • pour \(k=0\), on garde \([-\pi/4;\pi/12]\) ;

  • pour \(k=1\), l’intervalle \([-5\pi/4;-11\pi/12]\) donne \([-\pi;-11\pi/12]\).

Pour \(k\leq-2\), l’intervalle est entièrement à droite de \(\pi\) ; pour \(k\geq2\), il est entièrement à gauche de \(-\pi\). On écrit les morceaux retenus dans l’ordre croissant : \[\boxed{S=\left[-\pi;-\frac{11\pi}{12}\right] \cup\left[-\frac\pi4;\frac\pi{12}\right] \cup\left[\frac{3\pi}4;\pi\right].}\] À \(x=0\), le sinus vaut \(\sin(\pi/3)=\sqrt3/2\), donc zéro doit être retenu. À \(x=\pi/2\), l’angle vaut \(-2\pi/3\) et le sinus est négatif : cette valeur doit être exclue.

Autre voie. L’image du domaine est \([-5\pi/3;7\pi/3]\), car l’angle décroît quand \(x\) augmente. Résoudre dans cet intervalle puis appliquer \(x=(\pi/3-u)/2\) inverse de nouveau l’ordre des extrémités, une seule fois lors du retour. L’orientation d’un parcours n’est pas l’ordre croissant des bornes de l’ensemble.

À essayer 21 — Une comparaison renversée.

Résoudre \(\cos(-3x)\leq0\) sur \([0;\pi]\) par la méthode affine, puis vérifier par parité.

Correction détaillée.

L’angle \(u=-3x\) parcourt \([-3\pi;0]\). Sur cet intervalle, le cosinus est négatif ou nul sur \([-3\pi;-5\pi/2]\) et sur \([-3\pi/2;-\pi/2]\). Diviser les bornes par \(-3\) inverse leur ordre : on obtient respectivement \([5\pi/6;\pi]\) et \([\pi/6;\pi/2]\). Donc \(S=[\pi/6;\pi/2]\cup[5\pi/6;\pi]\). Par parité \(\cos(-3x)=\cos3x\) ; avec \(3x\in[0;3\pi]\), les arcs retenus sont \([\pi/2;3\pi/2]\) et \([5\pi/2;3\pi]\), ce qui donne les mêmes intervalles en divisant par \(3\).

Si tu bloques. La première ligne fausse est souvent la division par le coefficient négatif sans inversion. Reprends \(1\leq-2x\leq3\) : on obtient \(-3/2\leq x\leq-1/2\). Tester \(x=-1\) valide les trois membres ; tester \(x=1\) réfute une réponse de signe opposé. Reviens ensuite aux fractions de \(\pi\).

Stratégie 22 — Résoudre sur une période puis répéter le résultat

Autre stratégie, efficace lorsque le domaine contient plusieurs copies d’un motif.

Premier geste. Prouver une période de la fonction réellement comparée au seuil. Pour \(g(x)=\cos(4x-\pi/3)\), \(g(x+\pi/2)=\cos(4x-\pi/3+2\pi)=g(x)\). Une période suffit à répéter le résultat ; prouver qu’elle est minimale n’est pas nécessaire pour cette résolution.

Exemple 34 — Troisième résolution de l'exemple Sésamath.

Sur le premier intervalle \([0;\pi/2[\), l’angle \(4x-\pi/3\) parcourt \([-\pi/3;5\pi/3[\). L’arc de cosinus strictement inférieur à \(1/2\) y est \(]\pi/3;5\pi/3[\). Le retour à \(x\) donne \(]\pi/6;\pi/2[\).

On découpe \([0;2\pi[\) en quatre intervalles de longueur \(\dfrac\pi2\) : \[\left[0;\frac\pi2\right[, \quad\left[\frac\pi2;\pi\right[, \quad\left[\pi;\frac{3\pi}2\right[, \quad\left[\frac{3\pi}2;2\pi\right[.\] Dans chacun, on retrouve le même résultat en décalant les deux bornes de la quantité nécessaire. On écrit les quatre morceaux : \[\begin{aligned} S={}&\left]\frac\pi6;\frac\pi2\right[ \cup\left]\frac{2\pi}3;\pi\right[\\ &\cup\left]\frac{7\pi}6;\frac{3\pi}2\right[ \cup\left]\frac{5\pi}3;2\pi\right[. \end{aligned}\] Les points de raccord \(0,\pi/2,\pi,3\pi/2\) ont tous la même image \(1/2\) ; ils ne satisfont pas l’inégalité stricte. L’écriture développée est celle de l’exemple 30.

Choisir et comparer. La répétition sur plusieurs périodes réduit les calculs à un premier intervalle. Elle est particulièrement utile sur un domaine dont la longueur est un multiple d’une période. Si le domaine commence ou finit au milieu d’une période, on tronque le premier ou le dernier morceau en gardant seulement la partie autorisée. Avec une fonction non périodique telle que \(x+\sin x\), cette répétition n’est pas justifiée, même si un des termes est périodique.

À essayer 22 — Une fonction dont la période n'est pas \(2\pi\).

Résoudre \(\sin^2x\geq3/4\) sur \([-2\pi;2\pi[\).

Correction détaillée.

\(\sin(x+\pi)=-\sin x\), donc \(\sin^2(x+\pi)=\sin^2x\) : une période est \(\pi\). Sur \([0;\pi[\), le sinus est positif ou nul ; l’inégalité équivaut à \(\sin x\geq\sqrt3/2\), donc à \(x\in[\pi/3;2\pi/3]\). Le domaine contient quatre périodes : \([-2\pi;-\pi[\), \([-\pi;0[\), \([0;\pi[\) et \([\pi;2\pi[\). On soustrait \(2\pi\), puis \(\pi\), on garde l’intervalle de départ, et on ajoute \(\pi\) : \[S=[-5\pi/3;-4\pi/3]\cup[-2\pi/3;-\pi/3] \cup[\pi/3;2\pi/3]\cup[4\pi/3;5\pi/3].\] Les extrémités du domaine ne conviennent pas car leur sinus est nul ; elles ne demandent donc aucun ajout.

À reprendre plus tard. Reprendre l’exemple Sésamath sur \([\pi/4;5\pi/4]\) sans relire. La solution générale est inchangée ; les intersections donnent \([\pi/4;\pi/2[\cup]2\pi/3;\pi[\cup]7\pi/6;5\pi/4]\). Les nouvelles bornes \(\pi/4\) et \(5\pi/4\) sont incluses : leur cosinus composé vaut \(-1/2<1/2\), même si l’inégalité est stricte.

6. Inéquations algébriques en sinus et cosinus

Méthode 23 — Remplacer un sinus ou un cosinus par une variable bornée

Approfondissement accessible : polynômes du second ou du troisième degré.

Reconnaître. Tous les termes sont des puissances d’une même fonction au même angle. Poser \(X=\cos x\) ou \(X=\sin x\) transforme l’inéquation en une question algébrique. Le nouveau \(X\) n’est pas un réel quelconque : il appartient à \([-1;1]\), voire à un intervalle plus petit si le domaine de \(x\) l’impose.

Procédure. Factoriser ou étudier le signe du polynôme en \(X\) ; intersecter la solution algébrique avec les valeurs possibles de \(X\) ; résoudre ensuite les contraintes trigonométriques obtenues ; contrôler les points d’égalité et le domaine initial. On ne remplace pas \(X\) par \(x\) à la dernière ligne : on revient à \(\sin x\) ou \(\cos x\).

Exemple 35 — Une inéquation du second degré et une racine frontière.

Résoudre \(2\sin^2x-\sin x-1>0\) sur \([-\pi;\pi]\). Posons \(X=\sin x\in[-1;1]\). On factorise : \[2X^2-X-1=(2X+1)(X-1).\] Les zéros sont \(-1/2\) et \(1\). Le premier facteur est négatif avant \(-1/2\), positif après ; le second est négatif avant \(1\), positif après. Leur produit est donc strictement positif pour \(X<-1/2\) ou \(X>1\). L’intersection avec \([-1;1]\) élimine la deuxième branche : il reste \(\sin x<-1/2\).

Dans \([-\pi;\pi]\), les angles d’égalité sont \(-5\pi/6\) et \(-\pi/6\). Le point \(-\pi/2\), dont le sinus vaut \(-1\), est entre eux et satisfait l’inégalité. Donc \[\boxed{S=]-5\pi/6;-\pi/6[.}\] Les racines sont exclues parce que l’inégalité est stricte. \(\sin x=-1\) n’est pas exclu : \(2(-1)^2-(-1)-1=2>0\).

Exemple 36 — Une racine double ne fait pas changer le signe.

Résoudre \(2\cos^3x-3\cos^2x+1\geq0\) sur \([0;2\pi[\), situation étudiée dans Sésamath p. 89. Avec \(X=\cos x\), on vérifie \(P(1)=0\) puis on trouve \[P(X)=2X^3-3X^2+1=(X-1)(2X^2-X-1)=(X-1)^2(2X+1).\] On peut vérifier par développement : \((X^2-2X+1)(2X+1)=2X^3-3X^2+1\). Le carré est positif sauf en \(X=1\), où il est nul. Pour \(X\ne1\), le signe est celui de \(2X+1\). Pour \(X=1\), le produit vaut zéro et satisfait \(\geq0\). Ainsi \(P(X)\geq0\Longleftrightarrow X\geq-1/2\) ; le point \(1\) est déjà dans cet ensemble. On revient à \[\cos x\geq-1/2, \qquad S=[0;2\pi/3]\cup[4\pi/3;2\pi[.\] Variation structurante. Si le signe était \(>0\), il faudrait retirer les angles où \(X=1\), en plus des racines \(X=-1/2\). Sur le même domaine, on aurait \(]0;2\pi/3[\cup]4\pi/3;2\pi[\).

Exemple 37 — Une borne algébrique oubliée crée une fausse solution.

Résoudre \(2\cos^3x-\cos^2x-2\cos x+1<0\) sur \([-\pi;\pi]\). Posons \(X=\cos x\). Le regroupement donne une factorisation sans division polynomiale : \[\begin{aligned} 2X^3-X^2-2X+1 &=X^2(2X-1)-(2X-1)\\ &=(2X-1)(X^2-1)\\ &=(2X-1)(X-1)(X+1). \end{aligned}\] Le produit est négatif sur \(]-\infty;-1[\cup]1/2;1[\). Les trois facteurs changent chacun de signe à leur racine simple. Avec \(X\in[-1;1]\), seule la condition \(1/2<X<1\) reste.

La première inégalité impose \(x\in]-\pi/3;\pi/3[\) ; la seconde exclut \(\cos x=1\), donc \(x=0\) sur ce domaine. Finalement \[\boxed{S=]-\pi/3;0[\cup]0;\pi/3[.}\] Contrôler le point retiré. Dans l’expression initiale, \(x=0\) donne \(2-1-2+1=0\). Ce nombre ne satisfait pas l’inégalité stricte \(<0\) : le trou en zéro est indispensable. Une réponse réduite à \(]-\pi/3;\pi/3[\) ajouterait donc une fausse solution.

Choisir et comparer. Le regroupement est préférable quand un facteur commun apparaît immédiatement. Une racine connue suivie d’une division ou d’une identification convient sinon. Dans tous les cas, un tableau de signes en \(X\) doit précéder le retour aux angles ; un graphe du polynôme seul ne résout pas la question en \(x\).

À essayer 23 — Une inégalité large et sa version stricte.

Résoudre sur \([0;2\pi[\) : a) \(2\sin^2x+\sin x-1\leq0\) ; b) la même expression strictement négative. Justifier toute différence entre les deux ensembles.

Correction détaillée.

Avec \(X=\sin x\), \(2X^2+X-1=(2X-1)(X+1)\). Le signe est négatif entre les racines \(-1\) et \(1/2\), positif à l’extérieur. a) \(-1\leq\sin x\leq1/2\) ; la première contrainte est automatique. On obtient \([0;\pi/6]\cup[5\pi/6;2\pi[\). b) Il faut \(-1<\sin x<1/2\). Le seuil supérieur retire \(\pi/6\) et \(5\pi/6\) ; le seuil inférieur retire \(3\pi/2\). Ainsi \[S=[0;\pi/6[\cup]5\pi/6;3\pi/2[\cup]3\pi/2;2\pi[.\] Zéro reste inclus car le polynôme initial vaut \(-1\) en \(x=0\). L’inégalité stricte ne signifie pas que toutes les bornes du domaine doivent être ouvertes.

Si tu bloques. Si tu as trouvé des valeurs \(X=2\), rappelle-toi qu’une abscisse ou une ordonnée sur le cercle unité reste entre \(-1\) et \(1\). Nouvel essai : \(\cos^2x-4\geq0\) n’a aucune solution, car \(\cos^2x\leq1\). Reviens au tableau en \(X\) et élimine les morceaux hors de \([-1;1]\) avant de chercher des angles.

Méthode 24 — Construire un tableau de signes commun à plusieurs facteurs

Approfondissement accessible ; les zéros de tous les facteurs doivent être ordonnés.

Problème-type. Résoudre \(A(x)B(x)\geq0\) lorsque \(A\) et \(B\) sont trigonométriques. Un produit positif ne signifie pas que les deux facteurs sont positifs : ils peuvent être tous deux négatifs. Une somme, à l’inverse, ne se traite pas par un tableau de produit.

Exemple 38 — Deux seuils, quatre angles critiques.

Résoudre \((2\cos x-1)(2\sin x-1)\geq0\) sur \([0;2\pi[\). Le premier facteur s’annule en \(\pi/3\) et \(5\pi/3\) ; il est positif autour de \(0\) et négatif entre ces deux angles. Le second s’annule en \(\pi/6\) et \(5\pi/6\) ; il est positif entre eux et négatif ailleurs. On ordonne donc \[0<\pi/6<\pi/3<5\pi/6<5\pi/3<2\pi.\] On place toutes ces valeurs sur la même ligne, puis les signes et les zéros de chaque facteur :

Le nombre \(2\pi\) marque la fin du domaine mais n’y appartient pas. Les signes se lisent entre deux valeurs successives ; les zéros se lisent sous les angles correspondants. On retient les intervalles où le produit est positif puis les quatre zéros, tous autorisés. À zéro, le produit vaut \(1\times(-1)=-1\). Ainsi \[\boxed{S=[\pi/6;\pi/3]\cup[5\pi/6;5\pi/3].}\]

Autre approche, par cas. La condition « les deux facteurs sont positifs ou nuls » donne \(([0;\pi/3]\cup[5\pi/3;2\pi[)\cap[\pi/6;5\pi/6]=[\pi/6;\pi/3]\). La condition « les deux facteurs sont négatifs ou nuls » donne \([\pi/3;5\pi/3]\cap([0;\pi/6]\cup[5\pi/6;2\pi[)=[5\pi/6;5\pi/3]\). On réunit. Le tableau évite d’écrire plusieurs intersections ; les cas expliquent le sens des signes. Les deux voies couvrent les zéros, éventuellement plusieurs fois, ce qui ne change pas l’union.

À essayer 24 — Signe de deux fréquences.

Résoudre \(\sin x\cos(2x)<0\) sur \([0;2\pi[\). Commence par placer tous les zéros avant de multiplier des signes.

Correction détaillée.

\(\sin x\) est positif sur \(]0;\pi[\), négatif sur \(]\pi;2\pi[\). Le cosinus double est positif sur \([0;\pi/4[\), \(]3\pi/4;5\pi/4[\) et \(]7\pi/4;2\pi[\) ; il est négatif sur \(]\pi/4;3\pi/4[\) et \(]5\pi/4;7\pi/4[\). Pour un produit négatif, les signes doivent être opposés. Dans la première moitié, retenir \(]\pi/4;3\pi/4[\) ; dans la seconde, retenir \(]\pi;5\pi/4[\) et \(]7\pi/4;2\pi[\). Tous les zéros sont exclus. Donc \(S=]\pi/4;3\pi/4[\cup]\pi;5\pi/4[\cup]7\pi/4;2\pi[\).

Si tu bloques. Devant une hésitation sur « négatif fois négatif », calcule \((-2)(-3)=6\). Nouvel essai : \(\sin x\cos x\geq0\) sur \([0;2\pi[\) donne \([0;\pi/2]\cup[\pi;3\pi/2]\) ; les deux facteurs sont de même signe dans les quadrants I et III. Le produit est aussi \(\frac12\sin2x\), ce qui fournit un contrôle indépendant.

Méthode 25 — Étudier un quotient sans multiplier par un signe inconnu

Domaine, zéros et valeurs interdites.

Premier geste. Écrire le domaine avant toute transformation. Sur ce domaine, un quotient a le signe du produit de son numérateur et de son dénominateur ; mais une racine du dénominateur reste interdite, même si le numérateur s’y annule aussi.

Exemple 39 — Le dénominateur change de signe.

Résoudre \[\frac{2\cos x-1}{\sin x}\geq0\quad\text{sur }[0;2\pi[.\] Le domaine est \(D=]0;\pi[\cup]\pi;2\pi[\), car \(\sin x=0\) en \(0\) et \(\pi\) (et \(2\pi\) est déjà hors de l’intervalle). Les zéros du numérateur sont \(\pi/3\) et \(5\pi/3\).

Sur \(]0;\pi/3[\) : numérateur positif, dénominateur positif, quotient positif. Sur \(]\pi/3;\pi[\) : négatif sur positif, quotient négatif. Sur \(]\pi;5\pi/3[\) : négatif sur négatif, quotient positif. Sur \(]5\pi/3;2\pi[\) : positif sur négatif, quotient négatif. Les zéros du numérateur sont autorisés puisque leur sinus n’est pas nul. D’où \[\boxed{S=]0;\pi/3]\cup]\pi;5\pi/3].}\] À \(x=3\pi/2\), le quotient vaut \((-1)/(-1)=1\) ; ce contrôle confirme la composante de la seconde moitié. Multiplier partout par \(\sin x\) sans distinguer son signe l’aurait perdue.

Propriété — Une transformation sûre, mais pas toujours économique

Sur le domaine où \(B(x)\ne0\), \[\frac{A(x)}{B(x)}\geq0\Longleftrightarrow A(x)B(x)\geq0.\] En effet, multiplier par \(B(x)^2>0\) conserve le sens. Le domaine \(B(x)\ne0\) reste indispensable : l’inéquation-produit seule réintroduirait les zéros interdits.

Comparaison. Le tableau du quotient marque directement les exclusions. Le produit obtenu en multipliant par le carré donne les mêmes signes et peut permettre une factorisation supplémentaire. Multiplier par \(B\), sans son carré et sans cas de signe, n’est pas une troisième méthode correcte.

Exemple 40 — Simplifier n'efface pas les trous.

Résoudre \(\dfrac{\sin^2x}{1+\cos x}\leq1\) sur \([0;2\pi[\). Le domaine exclut \(x=\pi\). Pour les autres valeurs, \[\frac{\sin^2x}{1+\cos x} =\frac{(1-\cos x)(1+\cos x)}{1+\cos x}=1-\cos x.\] L’inégalité équivaut donc à \(\cos x\geq0\) sur ce domaine. On obtient \([0;\pi/2]\cup[3\pi/2;2\pi[\). Ici le point exclu \(\pi\) ne satisferait de toute façon pas la comparaison, mais il fallait le conserver pendant le raisonnement.

Si la question était \(\dfrac{\sin^2x}{1+\cos x}\leq2\), l’expression réduite donnerait tous les réels. Le domaine initial retirerait encore \(\pi\) ; la réponse serait \([0;\pi[\cup]\pi;2\pi[\), et non tout \([0;2\pi[\).

À essayer 25 — Un dénominateur toujours positif simplifie le choix.

Résoudre \(\dfrac{\cos x}{2+\sin x}<0\) sur \([-\pi;\pi]\), puis comparer avec \(\dfrac{\cos x}{\sin x}<0\) sur le même intervalle.

Correction détaillée.

Dans le premier quotient, \(2+\sin x\geq1>0\) ; son signe n’a pas besoin d’un tableau complet. L’inégalité équivaut à \(\cos x<0\), d’où \([-\pi;-\pi/2[\cup]\pi/2;\pi]\). Dans le second, on exclut \(-\pi,0,\pi\). Le sinus est négatif sur \(]-\pi;0[\) et positif sur \(]0;\pi[\). Le quotient est négatif quand les signes sont opposés, donc sur \(]-\pi/2;0[\cup]\pi/2;\pi[\). Les angles \(\pm\pi/2\) donnent zéro et sont exclus par le signe strict.

À reprendre plus tard. Reprendre la méthode avec \(\sin x/(1-\cos x)\leq0\) sur \([-\pi;\pi]\). Le dénominateur est positif sauf en \(0\), interdit. Il suffit de \(\sin x\leq0\) sur le domaine : \(S=[-\pi;0[\cup\{\pi\}\). Le point isolé \(\pi\) subsiste car son numérateur est nul et son dénominateur vaut \(2\).

Stratégie 26 — Comparer deux angles en factorisant la différence

Alternative à une étude de fonction ; comparer les arguments directement est rarement valable.

Reconnaître. L’inégalité comporte \(\cos u\) et \(\cos v\), ou \(\sin u\) et \(\sin v\). Ramener tout à gauche, puis utiliser une formule de factorisation démontrée au repère 5. Les angles moyens et demi-différences peuvent donner des facteurs de signe simple.

Exemple 41 — Un résultat qui comporte un point isolé.

Résoudre \(\cos(2x)\geq\cos x\) sur \([0;2\pi[\). Voie algébrique. Avec \(X=\cos x\), \[\cos2x-\cos x=2X^2-X-1=(2X+1)(X-1).\] Sur \([-1;1]\), le facteur \(X-1\) est négatif sauf en \(1\). Pour un produit positif ou nul, il faut \(X\leq-1/2\) ou \(X=1\). Donc \[S=[2\pi/3;4\pi/3]\cup\{0\}.\] Voie trigonométrique. La formule de différence donne \[\cos2x-\cos x=-2\sin(3x/2)\sin(x/2).\] Sur \(]0;2\pi[\), \(\sin(x/2)>0\). Le signe demandé équivaut alors à \(\sin(3x/2)\leq0\). L’angle \(3x/2\) parcourt \(]0;3\pi[\) ; le sinus y est négatif ou nul sur \([\pi;2\pi]\), donc \(x\in[2\pi/3;4\pi/3]\). Le point \(x=0\), retiré pour justifier la stricte positivité du facteur, est testé séparément : les deux cosinus valent \(1\), donc il est ajouté. Les deux voies concordent.

À essayer 26 — Une somme se transforme en produit.

Résoudre \(\cos x+\cos3x\geq0\) sur \([0;2\pi[\).

Correction détaillée.

La formule de factorisation donne \(\cos x+\cos3x=2\cos2x\cos x\). Les zéros de \(\cos2x\) sont \(\pi/4,3\pi/4,5\pi/4,7\pi/4\), ceux de \(\cos x\) sont \(\pi/2,3\pi/2\). Entre ces angles, les signes du produit sont successivement \(+,-,+,-,+,-,+\). Les zéros sont tous retenus. Ainsi \[\begin{split} S={}&[0;\pi/4]\cup[\pi/2;3\pi/4]\\ &\cup[5\pi/4;3\pi/2]\cup[7\pi/4;2\pi[. \end{split}\] Par exemple, à \(x=\pi\), les deux cosinus valent \(-1\) : le produit factorisé est négatif, ce qui contrôle la composante centrale exclue.

Si tu bloques. Comparer \(2x\) à \(x\) ne compare pas leurs cosinus sur plusieurs périodes. Le contre-exemple \(x=\pi\) donne \(\cos2\pi=1>\cos\pi=-1\), alors que \(2\pi>\pi\). Reviens à la différence et à son signe.

Méthode 27 — Traiter valeurs absolues, carrés et racines sans perdre le signe

Approfondissement accessible : transformer une contrainte en une ou deux bornes.

Propriétés — Trois transformations différentes

Pour \(a\geq0\) : \(|v|\leq a\Longleftrightarrow-a\leq v\leq a\) et \(|v|\geq a\Longleftrightarrow v\leq-a\) ou \(v\geq a\). Pour \(a<0\), \(|v|\leq a\) est impossible ; \(|v|\geq a\) est toujours vraie. Enfin \(v^2\leq a^2\Longleftrightarrow|v|\leq|a|\), mais \(v\leq a\) n’est pas équivalent à \(v^2\leq a^2\) sans conditions de signe.

Exemple 42 — Une bande horizontale et deux arcs.

Résoudre \(|\sin x|\leq1/2\) sur \([0;2\pi[\). La double contrainte est \(-1/2\leq\sin x\leq1/2\). L’arc central du haut, \(]\pi/6;5\pi/6[\), dépasse le seuil supérieur ; l’arc central du bas, \(]7\pi/6;11\pi/6[\), passe sous le seuil inférieur. Leur complément donne \[S=[0;\pi/6]\cup[5\pi/6;7\pi/6]\cup[11\pi/6;2\pi[.\] Autre voie. Élever au carré est ici équivalent car \(|\sin x|\) et \(1/2\) sont non négatifs : \(\sin^2x\leq1/4\). Avec \(\sin^2x=(1-\cos2x)/2\), cela donne \(\cos2x\geq1/2\). La méthode affine fournit les mêmes trois morceaux après restriction.

Exemple 43 — Une racine carrée cache une valeur absolue.

\(\sqrt{1-\cos^2x}=\sqrt{\sin^2x}=|\sin x|\), et non toujours \(\sin x\). Résoudre \(\sqrt{1-\cos^2x}\leq\cos x\) sur \([-\pi;\pi]\) impose d’abord \(\cos x\geq0\). On peut alors élever les deux membres au carré : \(\sin^2x\leq\cos^2x\Longleftrightarrow1-\cos^2x\leq\cos^2x\Longleftrightarrow\cos^2x\geq1/2\). Avec la condition \(\cos x\geq0\), il reste \(\cos x\geq\sqrt2/2\), donc \(S=[-\pi/4;\pi/4]\). Sans cette condition, on aurait ajouté à tort des angles autour de \(\pi\), où le membre droit est négatif.

À essayer 27 — Une borne double avec un extremum interdit.

Résoudre \(0<|\cos x|<1/2\) sur \([0;2\pi[\).

Correction détaillée.

La condition \(|\cos x|<1/2\) donne \(-1/2<\cos x<1/2\), soit \(]\pi/3;2\pi/3[\cup]4\pi/3;5\pi/3[\). La condition \(|\cos x|>0\) retire les zéros \(\pi/2\) et \(3\pi/2\). La solution est donc la réunion des quatre intervalles ouverts \(]\pi/3;\pi/2[\), \(]\pi/2;2\pi/3[\), \(]4\pi/3;3\pi/2[\) et \(]3\pi/2;5\pi/3[\). Le retrait des zéros ne change pas les autres bornes.

À reprendre plus tard. Retrouver \(\sin^2x\geq\cos^2x\) sur \([0;2\pi[\) par duplication : \(\cos2x\leq0\), donc \([\pi/4;3\pi/4]\cup[5\pi/4;7\pi/4]\). La réponse n’exige aucun signe préalable de \(\sin x\) ou de \(\cos x\), puisque l’on compare déjà deux carrés.

7. Combiner plusieurs conditions et changer d'angle

Stratégie 28 — Résoudre plusieurs contraintes simultanées

Méthode : chaque solution doit vérifier toutes les conditions.

Reconnaître. Une consigne « et », un domaine imposé par un logarithme, une racine ou un dénominateur produit plusieurs contraintes. Résoudre chaque condition sur le domaine demandé, puis garder les nombres communs aux réponses : c’est l’intersection. Si l’on travaille avec des répétitions sur plusieurs tours, les deux conditions doivent d’abord être résolues séparément ; le premier intervalle retenu pour l’une n’est pas nécessairement le premier pour l’autre.

Exemple 44 — Deux contraintes élémentaires, une seule zone commune.

Résoudre sur \([0;2\pi[\) le système \[\sin x\geq\frac12\quad\text{et}\quad\cos x\leq\frac12.\] La première condition donne \(A=[\pi/6;5\pi/6]\). La seconde donne \(B=[\pi/3;5\pi/3]\). L’intersection commence à la plus grande borne gauche, \(\pi/3\), et finit à la plus petite borne droite, \(5\pi/6\). Les deux égalités sont autorisées : \[S=A\cap B=[\pi/3;5\pi/6].\] Sur le cercle, on sélectionne les points à la fois au-dessus de \(y=1/2\) et à gauche de \(x=1/2\). La figure contrôle le sens de l’intersection ; les bornes proviennent des valeurs exactes.

Exemple 45 — Une contrainte périodique avec une condition non périodique.

Résoudre \(\sin x\geq1/2\) et \(x^2\leq\pi^2\) dans \(\mathbb{R}\). La seconde condition donne \(-\pi\leq x\leq\pi\). Dans ce domaine, la première donne \([\pi/6;5\pi/6]\). Le système entier n’a plus de solution périodique répétée sur tout \(\mathbb{R}\) : le domaine algébrique a tronqué les copies. Le fait qu’une contrainte soit périodique ne rend pas toute la question périodique.

À essayer 28 — Distinguer « et » et « ou ».

Résoudre sur \([0;2\pi[\) : a) \(\sin x>0\) et \(\cos x<0\) ; b) \(\sin x>0\) ou \(\cos x<0\).

Correction détaillée.

On a \(A=]0;\pi[\) et \(B=]\pi/2;3\pi/2[\). a) L’intersection est \(]\pi/2;\pi[\). b) La réunion est \(]0;3\pi/2[\) : \(\pi\) est inclus par \(B\), et \(\pi/2\) par \(A\), même si chaque angle est une borne exclue de l’autre intervalle. Aux deux extrémités \(0\) et \(3\pi/2\), aucune des deux propositions n’est vraie : elles restent exclues.

Si tu bloques. Réécris « et » par une double condition sur un même \(x\). Nouvel essai : \(x\geq0\) et \(x<1\) donne \([0;1[\) ; avec « ou », tous les réels conviennent. Reviens ensuite aux arcs : c’est la logique de la phrase, non la présence de sinus, qui décide entre intersection et réunion.

Méthode 29 — Défaire un logarithme, une exponentielle ou une racine

Combinaison des domaines et de la monotonie ; outils de Terminale rappelés localement.

Résultats de comparaison utilisés

La fonction exponentielle est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\) : \({\mathrm{e}}^u\leq{\mathrm{e}}^v\Longleftrightarrow u\leq v\). Le logarithme est défini et strictement croissant sur \(]0;+\infty[\) : pour \(u,v>0\), \(\ln u\leq\ln v\Longleftrightarrow u\leq v\). La racine carrée est définie et croissante sur \([0;+\infty[\) : pour \(u,v\geq0\), \(\sqrt u\leq\sqrt v\Longleftrightarrow u\leq v\). Ces propriétés usuelles sont rappelées ici ; leur construction théorique appartient aux chapitres correspondants. Elles ne dispensent jamais de contrôler les domaines.

Exemple 46 — Le logarithme impose un domaine plus fort que l'inégalité finale.

Résoudre \(\ln(2\cos x-1)\leq0\) sur \([0;2\pi[\). D’abord \(2\cos x-1>0\), donc \(\cos x>1/2\). Ensuite \(0=\ln1\) et la croissance du logarithme donnent \(2\cos x-1\leq1\), donc \(\cos x\leq1\). Cette dernière condition est automatique, mais pas la première. Ainsi \[S=[0;\pi/3[\cup]5\pi/3;2\pi[.\] À \(x=0\), le logarithme vaut \(\ln1=0\), autorisé. À \(x=\pi/3\), son argument vaut zéro : le logarithme est indéfini, malgré le signe large de l’inégalité.

Exemple 47 — Une racine face à une constante.

Résoudre \(\sqrt{1+2\sin x}>1\) sur \([-\pi;\pi]\). La racine exige \(\sin x\geq-1/2\). Le membre droit est positif ; élever au carré est équivalent : \(1+2\sin x>1\Longleftrightarrow\sin x>0\). Cette dernière condition implique le domaine, car alors \(1+2\sin x>1>0\). La solution est donc \(]0;\pi[\). On a bien examiné le domaine avant de constater qu’il devient automatiquement satisfait par la contrainte finale.

À essayer 29 — Faire travailler les conditions, pas seulement la formule.

Sur \([0;2\pi[\), résoudre a) \({\mathrm{e}}^{\sin x}\geq\sqrt{\mathrm{e}}\) ; b) \(\ln(\sin x)>0\) ; c) \(\ln(\sin x)\leq0\).

Correction détaillée.

a) \(\sqrt{\mathrm{e}}={\mathrm{e}}^{1/2}\), donc la croissance donne \(\sin x\geq1/2\), soit \([\pi/6;5\pi/6]\). b) Le domaine exige \(\sin x>0\), puis l’inégalité demanderait \(\sin x>1\), impossible. Donc \(S=\varnothing\). c) Le même domaine est \(]0;\pi[\). Dans ce domaine, \(0<\sin x\leq1\), donc \(\ln(\sin x)\leq\ln1=0\). Tous les points du domaine conviennent : \(S=]0;\pi[\), avec \(\pi/2\) inclus.

Choisir et comparer. Une composition extérieure monotone se retire avant d’étudier les périodes : elle simplifie le problème. Mais un carré n’est pas strictement croissant sur tout \(\mathbb{R}\) ; le retirer sans condition de signe n’est pas la même opération.

Stratégie 30 — Discuter une inéquation avec un paramètre

Approfondissement : distinguer existence, solution pour chaque \(x\) et validité pour tout \(x\).

Premier geste. Séparer les valeurs du paramètre qui annulent un coefficient ou changent son signe. Le paramètre est fixé pendant la résolution en \(x\) ; la discussion organise plusieurs problèmes, elle ne permet pas de diviser partout par un nombre qui pourrait être nul.

Exemple 48 — Résolution complète de \(m\cos x\geq1\).

On cherche, selon \(m\in\mathbb{R}\), les solutions dans \([0;2\pi[\).

Si \(|m|<1\). On a \(m\cos x\leq|m|<1\), donc aucune solution. Cela inclut \(m=0\), sans division.

Si \(m=1\). L’inégalité devient \(\cos x\geq1\), donc \(S=\{0\}\).

Si \(m=-1\). Elle devient \(\cos x\leq-1\), donc \(S=\{\pi\}\).

Si \(m>1\). Diviser par \(m>0\) conserve le sens : \(\cos x\geq1/m\). Il existe un unique \(\alpha\in]0;\pi/2[\) tel que \(\cos\alpha=1/m\). Les solutions sont \([0;\alpha]\cup[2\pi-\alpha;2\pi[\).

Si \(m<-1\). Diviser par \(m<0\) inverse le sens : \(\cos x\leq1/m\). Il existe un unique \(\alpha\in]\pi/2;\pi[\) tel que \(\cos\alpha=1/m\). Les solutions sont \([\alpha;2\pi-\alpha]\).

Les cinq cas couvrent tous les paramètres. Pour \(m=2\), on retrouve \(\alpha=\pi/3\) ; pour \(m=-2\), \(\alpha=2\pi/3\). Ce sont des contrôles, non des remplacements de la discussion.

Comparer le maximum et le minimum

Pour \(F(x)=a\cos x+b\sin x\), posons \(R=\sqrt{a^2+b^2}\). Sur \(\mathbb{R}\), \(F\) prend exactement les valeurs de \([-R;R]\). Ainsi : \[\begin{array}{ll} \text{il existe }x\text{ tel que }F(x)\geq c&\Longleftrightarrow c\leq R,\\ \text{pour tout }x,\ F(x)\geq c&\Longleftrightarrow c\leq-R. \end{array}\] Pour les inégalités strictes, les seuils deviennent respectivement \(c<R\) et \(c<-R\).

Démonstration.

Si \(R>0\), la réduction \(F(x)=R\cos(x-\varphi)\) montre que les deux extrêmes sont atteints et que toutes les valeurs intermédiaires le sont. L’existence se décide au maximum et la validité pour tout \(x\) au minimum. Si \(R=0\), la fonction est identiquement nulle ; les mêmes conditions deviennent \(c\leq0\) ou \(c<0\), exactement comme demandé.

□

Limite essentielle. Sur un intervalle imposé plus court, la fonction peut ne pas atteindre \(R\) ou \(-R\). Il faut alors calculer son image sur ce domaine. Par exemple \(\sin x\geq0\) pour tout \(x\in[0;\pi]\), alors que cela est faux sur \(\mathbb{R}\).

À essayer 30 — Deux questions proches mais différentes.

Pour quels réels \(m\) existe-t-il \(x\in\mathbb{R}\) tel que \(3\cos x+4\sin x\geq m\) ? Pour quels \(m\) cette inégalité est-elle vraie pour tout \(x\in\mathbb{R}\) ? Enfin, résoudre l’équation au seuil \(m=5\).

Correction détaillée.

L’amplitude est \(R=\sqrt{9+16}=5\). L’existence équivaut à \(m\leq5\) ; la validité pour tous les réels équivaut à \(m\leq-5\). Pour \(m=5\), choisir \(\varphi\) tel que \(\cos\varphi=3/5\), \(\sin\varphi=4/5\). L’égalité devient \(5\cos(x-\varphi)=5\), donc \(x=\varphi+2k\pi\). L’angle \(\varphi\) est dans le premier quadrant ; il est déterminé par ses deux coordonnées, sans valeur remarquable obligatoire.

Si tu bloques. L’énoncé « pour tout » demande de contrôler le pire cas, donc ici le minimum. Nouvel essai : \(2\cos x\leq m\) est vraie pour tout \(x\) exactement si \(m\geq2\) ; elle possède au moins une solution exactement si \(m\geq-2\). Relis les mots « au moins une solution » ou « pour tout réel » avant de diviser une inégalité.

Méthode 31 — Résoudre quand l'angle n'est pas affine

Approfondissement guidé : résoudre pour l’angle, puis revenir à \(x\).

Idée. Pour \(\cos(g(x))\geq c\), on commence par les intervalles autorisés pour \(u=g(x)\), puis on résout les contraintes sur \(g(x)\). Une même valeur de \(u\) peut correspondre à plusieurs nombres \(x\) : par exemple, \(x^2=1\) donne \(x=-1\) ou \(x=1\). Une fonction comme \(\cos(x^2)\) n’a pas la période \(2\pi\) par simple héritage du cosinus.

Exemple 49 — Un angle carré donne plusieurs intervalles symétriques.

Résoudre \(\cos(x^2)\geq1/2\) sur \(I=[-\sqrt{2\pi};\sqrt{2\pi}]\). L’angle \(u=x^2\) parcourt \([0;2\pi]\). Sur cet intervalle, \[\cos u\geq\frac12\Longleftrightarrow u\in[0;\pi/3]\cup[5\pi/3;2\pi].\] Pour le premier morceau, \(0\leq x^2\leq\pi/3\) équivaut à \(|x|\leq\sqrt{\pi/3}\), soit un intervalle centré. Pour le second, \(5\pi/3\leq x^2\leq2\pi\) équivaut à \(\sqrt{5\pi/3}\leq|x|\leq\sqrt{2\pi}\), ce qui donne deux morceaux. Ainsi \[\begin{split} S={}&[-\sqrt{2\pi};-\sqrt{5\pi/3}]\ \cup\ [-\sqrt{\pi/3};\sqrt{\pi/3}]\\ &\cup\ [\sqrt{5\pi/3};\sqrt{2\pi}]. \end{split}\] Les racines carrées sont positives ; les solutions négatives proviennent du second antécédent du carré, non d’une « racine carrée négative ».

Les deux bandes autorisées pour l’angle carré produisent trois intervalles de valeurs de \(x\). Le calcul précédent donne leurs six bornes exactes.

Exemple 50 — Un logarithme à l'intérieur du sinus.

Résoudre \(\sin(\ln x)\geq0\) sur \([1;{\mathrm{e}}^{4\pi}]\).

1. Déterminer les valeurs de l’angle. Le logarithme est défini sur le domaine, qui ne contient que des nombres positifs. Comme il est croissant, \(u=\ln x\) parcourt \([0;4\pi]\).

2. Résoudre pour \(u\). Sur \([0;4\pi]\), le sinus est positif ou nul pour \[u\in[0;\pi]\cup[2\pi;3\pi]\cup\{4\pi\}.\] Le nombre \(4\pi\) est à ajouter : il appartient au domaine et son sinus vaut zéro.

3. Revenir à \(x\). Puisque \(x={\mathrm{e}}^u\) et que l’exponentielle est strictement croissante, on applique l’exponentielle aux bornes sans changer l’ordre : \[\boxed{S=[1;{\mathrm{e}}^\pi]\cup[{\mathrm{e}}^{2\pi};{\mathrm{e}}^{3\pi}]\cup\{{\mathrm{e}}^{4\pi}\}.}\] L’égalité est autorisée, donc toutes les bornes écrites sont incluses.

Si le domaine était tous les nombres positifs, on prendrait tous les intervalles \([{\mathrm{e}}^{2k\pi};{\mathrm{e}}^{(2k+1)\pi}]\), avec \(k\) entier relatif. Ajouter \(2\pi\) à \(u\) multiplie \(x\) par \({\mathrm{e}}^{2\pi}\) : cela n’ajoute pas une période constante à \(x\). Il ne faut donc pas recopier une périodicité du sinus directement dans la variable initiale.

À essayer 31 — Distinguer les antécédents d'une racine et ceux d'un carré.

Résoudre \(\sin(\sqrt x)>0\) sur \([0;9\pi^2]\).

Correction détaillée.

\(u=\sqrt x\) parcourt \([0;3\pi]\). Le sinus est positif sur \(]0;\pi[\cup]2\pi;3\pi[\). Comme \(u\geq0\), chaque angle \(u\) donne un unique nombre \(x=u^2\), et le carré conserve ici l’ordre des bornes. On obtient \(S=]0;\pi^2[\cup]4\pi^2;9\pi^2[\). Aucune copie négative n’est ajoutée : \(\sqrt x\) n’est jamais négatif et le domaine de \(x\) est déjà positif.

Choisir et comparer. Une substitution d’angle convient quand on sait résoudre les contraintes sur \(g(x)\). Si l’on compare \(\sin x\) à \(x\) lui-même, le membre droit n’est pas un seuil constant : on étudie plutôt une différence et sa dérivée, comme dans la famille 9.

Synthèse de décision pour les inéquations

Une comparaison trigonométrique ne demande pas toujours une nouvelle formule. Identifier dans cet ordre : le domaine ; les valeurs possibles du membre trigonométrique ; la structure de l’argument ; une éventuelle factorisation ; puis l’opération sur les ensembles.

Indice visible Premier geste justifié
Un seul sinus/cosinus et un seuil Comparer le seuil à \([-1;1]\), puis lire l’arc.
Un angle \(ax+b\) Contrôler \(a=0\), puis transformer les bornes ou le domaine.
Des puissances d’un même sinus Poser \(X=\sin x\) et conserver \(X\in[-1;1]\).
Un produit ou un quotient Chercher tous les zéros et toutes les exclusions.
Une somme de deux angles Essayer addition, duplication ou somme-produit.
Un mélange \(a\cos x+b\sin x\) Utiliser une identité démontrée pour regrouper les deux termes, si cela simplifie la question.
Un logarithme ou une racine Écrire le domaine avant d’utiliser la monotonie.
Une contrainte « et » Intersecter, en conservant les bornes.
Un angle \(g(x)\) non affine Résoudre les contraintes sur \(g(x)\), sur chaque intervalle où le retour à \(x\) est possible.
Une comparaison avec \(x\) Étudier le signe d’une différence à l’aide de sa dérivée.

Critère de réussite. La solution finale est un ensemble de valeurs de \(x\), pas seulement d’angles auxiliaires. Toutes les bornes portent le bon crochet, toutes les valeurs interdites restent retirées et tous les entiers retenus ont une justification. Un test intérieur confirme le côté ; le raisonnement par équivalences et l’intersection justifient l’exhaustivité.

8. Étudier une fonction, une tangente ou un optimum

Méthode 32 — Dériver en identifiant la structure avant les formules

Méthode de Terminale ; justification des dérivées de base dans la famille 9.

Propriétés — Dériver sinus, cosinus et une composée

La fonction \(x\mapsto\sin x\) a pour dérivée \(x\mapsto\cos x\). La fonction \(x\mapsto\cos x\) a pour dérivée \(x\mapsto-\sin x\).

Lorsque l’angle est une fonction \(u\) dérivable sur l’intervalle étudié : \[\begin{array}{ll} f(x)=\sin\bigl(u(x)\bigr)&\Longrightarrow\quad f'(x)=u'(x)\cos\bigl(u(x)\bigr),\\[2mm] g(x)=\cos\bigl(u(x)\bigr)&\Longrightarrow\quad g'(x)=-u'(x)\sin\bigl(u(x)\bigr). \end{array}\] À retenir : on conserve l’angle \(u(x)\) dans le sinus ou le cosinus et on multiplie par sa dérivée \(u'(x)\).

Première décision. Identifier la dernière opération effectuée pour calculer la fonction : somme, produit, quotient, puissance ou application de sinus ou cosinus. On choisit la règle correspondante avant de calculer les dérivées nécessaires.

Pour deux fonctions dérivables \(u\) et \(v\), on rappelle \[(uv)'=u'v+uv',\qquad \left(\frac uv\right)'=\frac{u'v-uv'}{v^2}.\] La règle du quotient s’utilise seulement là où \(v\) ne s’annule pas. Pour un entier \(n\geq1\), la dérivée de \(x\mapsto\bigl(u(x)\bigr)^n\) est \(x\mapsto n\,u'(x)\bigl(u(x)\bigr)^{n-1}\).

Exemple 51 — Un signe extérieur, un signe intérieur.

Soit \(f(x)=-3\cos(2x-1)\). On pose \(u(x)=2x-1\), donc \(u'(x)=2\). La dérivée du cosinus composé vaut \(-2\sin(2x-1)\). Le coefficient extérieur \(-3\) multiplie cette dérivée : \[\boxed{f'(x)=6\sin(2x-1).}\] On n’a pas remplacé l’argument par sa dérivée : le sinus conserve \(2x-1\). Les deux signes négatifs se compensent.

Exemple 52 — Produit de deux composées.

Pour \(f(x)=\cos(2x-1)\sin(5x+3)\), notons \(u(x)=\cos(2x-1)\) et \(v(x)=\sin(5x+3)\). Alors \(u'(x)=-2\sin(2x-1)\) et \(v'(x)=5\cos(5x+3)\). La règle du produit donne \[\begin{split} f'(x)={}&-2\sin(2x-1)\sin(5x+3)\\ &+5\cos(2x-1)\cos(5x+3). \end{split}\] Dériver seulement les deux facteurs puis les multiplier donnerait \(u'v'\), qui n’est pas \((uv)'\).

Exemple 53 — Quotient : garder le numérateur entier avant de simplifier.

Soit \(f(x)=\dfrac{\sin x+\cos x}{1+\cos x}\). Le dénominateur s’annule lorsque \(x=\pi+2k\pi\), où \(k\) est un entier relatif : ces valeurs sont interdites. Posons \(u(x)=\sin x+\cos x\) et \(v(x)=1+\cos x\). Alors \(u'(x)=\cos x-\sin x\) et \(v'(x)=-\sin x\). La dérivée s’écrit \[f'(x)=\frac{N(x)}{(1+\cos x)^2},\] où l’on développe séparément le numérateur : \[\begin{aligned} N(x)={}&(\cos x-\sin x)(1+\cos x) +(\sin x+\cos x)\sin x\\ ={}&\cos x+\cos^2x-\sin x-\sin x\cos x\\ &+\sin^2x+\sin x\cos x\\ ={}&1+\cos x-\sin x. \end{aligned}\] Ainsi, \[\boxed{f'(x)=\frac{1+\cos x-\sin x}{(1+\cos x)^2}.}\] Les produits croisés s’annulent et \(\cos^2x+\sin^2x=1\). Le domaine n’a pas changé : un dénominateur carré n’autorise pas ses zéros.

À essayer 32 — Trois structures à distinguer.

Dériver a) \(g(x)=\sin^2(3x)\) ; b) \(h(x)={\mathrm{e}}^{\cos x}\) ; c) \(q(x)=\ln(2+\sin x)\). Préciser les domaines.

Correction détaillée.

a) La dernière opération est un carré. Sur \(\mathbb{R}\), \[g'(x)=2\sin(3x)\times3\cos(3x) =6\sin(3x)\cos(3x).\] Cette expression suffit. La formule \(\sin(2a)=2\sin a\cos a\), établie auparavant, permet aussi d’écrire \(g'(x)=3\sin(6x)\).

b) La fonction exponentielle est définie pour tout réel. La règle de dérivation de \({\mathrm{e}}^{u(x)}\), avec \(u(x)=\cos x\), donne \(h'(x)=-\sin x\,{\mathrm{e}}^{\cos x}\) sur \(\mathbb{R}\).

c) \(2+\sin x\geq1>0\), donc le logarithme est défini sur \(\mathbb{R}\). Avec \(u(x)=2+\sin x\) et la règle \((\ln u)'=u'/u\), on obtient \(q'(x)=\dfrac{\cos x}{2+\sin x}\). Les trois calculs utilisent une composée, mais la dernière opération n’est pas la même.

Si tu bloques. Pour distinguer \(\sin^2x\) et \(\sin2x\), écris la première comme \((\sin x)(\sin x)\) : sa dérivée est \(2\sin x\cos x\). La seconde donne \(2\cos2x\). Nouvel essai : \((\cos^2x)'=-2\sin x\cos x\), alors que \((\cos2x)'=-2\sin2x\). Reviens à la structure extérieure avant de simplifier.

Stratégie 33 — Réduire le domaine d'étude, factoriser la dérivée, reconstruire

Stratégie complète : la périodicité réduit le travail, elle ne remplace pas l’étude du signe.

Exemple 54 — Étude complète de \(f(x)=\sin^2x+\cos x\).

Domaine et symétries. La fonction est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\). Comme \(\sin(-x)=-\sin x\) et \(\cos(-x)=\cos x\), on a \(f(-x)=f(x)\) : elle est paire. Les deux fonctions de base sont \(2\pi\)-périodiques, donc \(f(x+2\pi)=f(x)\). L’étude sur \([0;\pi]\) suffit : on complète la courbe sur \([-\pi;0]\) par symétrie par rapport à l’axe des ordonnées, puis on reproduit ce dessin tous les \(2\pi\) sur l’axe des abscisses.

Dérivée et signe. \[f'(x)=2\sin x\cos x-\sin x=\sin x(2\cos x-1).\] Sur \(]0;\pi[\), \(\sin x>0\). Le signe de la dérivée est donc celui de \(2\cos x-1\) ; ce facteur s’annule en \(\pi/3\), est positif avant et négatif après. Aux bornes \(0\) et \(\pi\), la dérivée est nulle par le facteur sinus. Les valeurs sont \[f(0)=1,\qquad f(\pi/3)=\frac34+\frac12=\frac54,\qquad f(\pi)=-1.\]

Conclusion sur une période. Sur \([-\pi;\pi]\), la valeur maximale est \(5/4\), atteinte pour \(x=-\pi/3\) et \(x=\pi/3\). La valeur minimale est \(-1\), atteinte aux bornes \(-\pi\) et \(\pi\). La valeur \(f(0)=1\) n’est donc pas le maximum.

Pour tous les réels. Les mêmes valeurs reviennent tous les \(2\pi\). Le maximum est atteint pour \(x=-\pi/3+2k\pi\) ou \(x=\pi/3+2k\pi\) ; le minimum est atteint pour \(x=\pi+2k\pi\), où \(k\) désigne un entier relatif.

La courbe de \(f(x)=\sin^2x+\cos x\) confirme les extrema calculés. La droite \(y=5/4\) ne coupe la courbe qu’aux points de maximum.

Autre voie pour les bornes, sans dériver. Écrire \(X=\cos x\in[-1;1]\) donne \[f(x)=1-X^2+X=\frac54-\left(X-\frac12\right)^2.\] Le carré est au moins nul, donc \(f\leq5/4\), avec égalité pour \(X=1/2\). Sur \([-1;1]\), la plus grande distance à \(1/2\) est \(3/2\), atteinte seulement en \(X=-1\) ; donc \(f\geq5/4-9/4=-1\). Cette preuve retrouve les bornes globales, mais ne donne pas à elle seule tous les intervalles de variation en \(x\).

À essayer 33 — Factoriser plutôt que résoudre une somme compliquée.

Étudier \(g(x)=2\cos x+\sin^2x\) sur \([0;\pi]\), puis donner l’ensemble de ses valeurs lorsque \(x\) parcourt \(\mathbb{R}\).

Correction détaillée.

\(g'(x)=-2\sin x+2\sin x\cos x=2\sin x(\cos x-1)\). Sur \(]0;\pi[\), le premier facteur est positif et \(\cos x-1<0\) : la dérivée est strictement négative. La fonction décroît de \(g(0)=2\) à \(g(\pi)=-2\). Elle est continue, donc elle prend toutes les valeurs de \([-2;2]\). Elle est aussi paire et \(2\pi\)-périodique : elle ne prend aucune autre valeur sur \(\mathbb{R}\). Une vérification consiste à écrire \(g(x)=2-(\cos x-1)^2\) : le carré prend toutes les valeurs de \([0;4]\), ce qui redonne \([-2;2]\).

Contrôle et portée. Le signe de \(f'\) doit correspondre au sens des flèches et aux valeurs. Une dérivée nulle en un point n’impose pas un changement de variation : il faut examiner les signes de part et d’autre. La fonction \(x+\sin x\), dont la dérivée est \(1+\cos x\geq0\), n’a pas un maximum à chaque zéro de sa dérivée.

À reprendre plus tard. Reprendre \(f(x)=\sin^2x+\cos x\) sur \([-\pi;0]\). Comme \(f\) est paire, elle croît de \(-1\) à \(5/4\) sur \([-\pi;-\pi/3]\), puis décroît de \(5/4\) à \(1\) sur \([-\pi/3;0]\). La symétrie inverse l’ordre des abscisses : recopier sans inversion les variations de \([0;\pi]\) serait incorrect.

Méthode 34 — Déterminer une tangente ou imposer sa direction

Méthode de Terminale : la pente vient d’une dérivée, l’ordonnée vient d’une valeur de la fonction.

Propriété — Équation de la tangente

Si \(f\) est dérivable en \(a\), la tangente au point d’abscisse \(a\) a pour équation \[y=f(a)+f'(a)(x-a).\] Une tangente parallèle à une droite de pente \(m\) vérifie \(f'(a)=m\). Cette condition doit être résolue en \(a\) ; elle n’impose pas que la tangente passe par l’origine.

Exemple 55 — Tangente au cosinus en \(\pi/2\).

\(f(a)=\cos(\pi/2)=0\) et \(f'(a)=-\sin(\pi/2)=-1\). Donc \[y=-(x-\pi/2)=\pi/2-x.\] La pente est négative, conformément à la décroissance du cosinus. Pour contrôler le résultat, on vérifie aussi qu’en \(x=\pi/2\) l’équation donne bien \(y=0\), l’ordonnée du point de contact.

Exemple 56 — Toutes les tangentes horizontales d'une composée.

Soit \(g(x)=2\sin(3x-\pi/6)\). Sa dérivée est \(6\cos(3x-\pi/6)\). Les tangentes horizontales correspondent à \[3a-\pi/6=\pi/2+k\pi\Longleftrightarrow a=2\pi/9+k\pi/3.\] Ici \(k\) désigne un entier relatif. Pour \(k=0\), on obtient \(a=2\pi/9\) et \(g(a)=2\) ; pour \(k=1\), on obtient \(a=5\pi/9\) et \(g(a)=-2\). Les valeurs \(2\) et \(-2\) alternent ensuite, car ajouter \(\pi\) à l’angle change le signe du sinus. Les tangentes horizontales sont donc les droites \(y=2\) et \(y=-2\). Des points de tangence différents peuvent appartenir à la même droite horizontale.

À essayer 34 — Retrouver la pente avant l'équation.

Déterminer les tangentes à \(f(x)=\sin x\) parallèles à \(y=x/2\) pour \(a\in[0;2\pi[\).

Correction détaillée.

La pente demandée est \(1/2\), donc \(\cos a=1/2\), d’où \(a=\pi/3\) ou \(a=5\pi/3\). Pour la première, \(f(a)=\sqrt3/2\), donc \(y=\sqrt3/2+(x-\pi/3)/2\). Pour la seconde, \(f(a)=-\sqrt3/2\), donc \(y=-\sqrt3/2+(x-5\pi/3)/2\). Les pentes sont égales mais les ordonnées à l’origine diffèrent.

Si tu bloques. Si tu as écrit \(y=f'(a)x\), vérifie le point de contact : cette droite ne passe pas nécessairement par \((a,f(a))\). Nouvel essai : pour \(f(x)=\cos x\) en \(a=0\), la pente est nulle mais la tangente est \(y=1\), non \(y=0\). Reviens à la formule contenant les deux données.

Stratégie 35 — Modéliser une aire ou une longueur avant d'optimiser

Méthodes comparées : dérivée, transformation trigonométrique, borne algébrique.

Exemple 57 — Rectangle inscrit dans un demi-cercle.

Un demi-cercle de rayon \(R>0\) est centré en \(O\). Un rectangle a sa base sur le diamètre et ses deux sommets supérieurs sur l’arc. Son sommet supérieur droit a pour coordonnées \((R\cos x;R\sin x)\) avec \(x\in[0;\pi/2]\). Par symétrie, la largeur est \(2R\cos x\) et la hauteur \(R\sin x\) ; l’aire vaut \[A(x)=2R^2\sin x\cos x=R^2\sin2x.\] Voie 1, borne immédiate. Comme \(\sin2x\leq1\), \(A(x)\leq R^2\). L’égalité est possible lorsque \(2x=\pi/2\), soit \(x=\pi/4\). L’aire maximale vaut donc \(R^2\).

Voie 2, dérivée. \(A'(x)=2R^2\cos2x\). Sur \([0;\pi/2]\), l’angle \(2x\) parcourt \([0;\pi]\) ; le cosinus est positif avant \(\pi/2\), nul à cet angle et négatif après. Ainsi \(A\) croît jusqu’à \(x=\pi/4\), puis décroît. On retrouve \(A(\pi/4)=R^2\).

Voie 3, inégalité algébrique. Posons \(a=R\cos x\) et \(b=R\sin x\). On a \(a^2+b^2=R^2\) et \(A=2ab\). L’inégalité \((a-b)^2\geq0\) donne \(a^2+b^2\geq2ab\), donc \(A\leq R^2\), avec égalité si \(a=b\). Les deux quantités sont positives : cela donne \(x=\pi/4\).

Les dimensions optimales sont \(\sqrt2R\) et \(R/\sqrt2\). Le rectangle n’est pas un carré : sa largeur est le double de sa hauteur. La condition \(a=b\) concerne la demi-largeur, pas la largeur entière.

Le paramètre \(x\) désigne l’angle du rayon au sommet supérieur droit. La base du rectangle mesure deux fois son abscisse.

Choisir et comparer. La borne trigonométrique est la plus directe après duplication. L’inégalité algébrique explique le cas d’égalité et offre une voie sans dérivée. La dérivée est utile lorsque l’expression n’a plus de borne simple ou lorsque tous les intervalles de variation sont demandés. Le meilleur choix dépend de la sortie demandée, pas seulement de la brièveté.

À essayer 35 — Même figure, autre grandeur à optimiser.

Pour le même rectangle, maximiser le périmètre \(P(x)=4R\cos x+2R\sin x\).

Correction détaillée.

Par dérivation. On a \(P'(x)=2R(\cos x-2\sin x)\). Posons \(q(x)=\cos x-2\sin x\). Sur \([0;\pi/2]\), \(q'(x)=-\sin x-2\cos x<0\) : la fonction \(q\) est strictement décroissante. Elle est continue, \(q(0)=1\) et \(q(\pi/2)=-2\) : le théorème des valeurs intermédiaires montre qu’elle s’annule en un unique angle \(\alpha\). Le périmètre croît avant \(\alpha\), puis décroît après \(\alpha\).

À cet angle, \(\cos\alpha=2\sin\alpha\). Avec \(\cos^2\alpha+\sin^2\alpha=1\), on obtient \(5\sin^2\alpha=1\). Les deux valeurs trigonométriques sont positives, donc \[\sin\alpha=\frac1{\sqrt5},\qquad \cos\alpha=\frac2{\sqrt5}.\] Il n’est pas nécessaire de connaître une valeur exacte de l’angle pour calculer le maximum : \[P(\alpha)=4R\frac2{\sqrt5}+2R\frac1{\sqrt5} =2R\sqrt5.\]

Contrôle par une identité. Pour \(c=\cos x\) et \(s=\sin x\), \[(2c+s)^2+(c-2s)^2=5(c^2+s^2)=5.\] Ainsi \((2c+s)^2\leq5\). Comme \(2c+s\geq0\) sur l’intervalle étudié, \(P(x)=2R(2c+s)\leq2R\sqrt5\), avec égalité lorsque \(c=2s\). L’angle optimal diffère de celui qui maximise l’aire : changer la grandeur étudiée change la solution.

Méthode 36 — Lire ou construire un modèle sinusoïdal

Application : minimum, maximum, période, seuil et durée.

Modèle — Décrire une grandeur qui se répète

Une écriture commode est \[f(t)=c+A\cos\left(\frac{2\pi}{T}(t-t_0)\right), \qquad A>0,\quad T>0.\] Le nombre \(c\) est le niveau central ; \(A\) est l’amplitude, c’est-à-dire la distance entre ce niveau et le maximum. Le minimum vaut \(c-A\) et le maximum \(c+A\). La durée \(T\) est la période : lorsque \(t\) augmente de \(T\), l’angle augmente de \(2\pi\) et la valeur se répète. L’instant \(t_0\) correspond à un maximum, car le cosinus vaut alors \(1\).

Si le temps est mesuré en secondes, la fréquence vaut \(1/T\) hertz : elle indique le nombre de cycles par seconde.

Exemple 58 — Retrouver les instants où un niveau dépasse un seuil.

Un modèle de hauteur est \(h(t)=5+2\cos(\pi t/6)\), \(t\in[0;12[\), en heures et mètres. L’amplitude vaut \(2\), la hauteur varie de \(3\) à \(7\), la période vaut \(12\) heures. Cherchons \(h(t)\geq6\) : \[5+2\cos(\pi t/6)\geq6 \Longleftrightarrow\cos(\pi t/6)\geq\frac12.\] L’angle parcourt \([0;2\pi[\), donc il appartient à \([0;\pi/3]\cup[5\pi/3;2\pi[\). Multiplier par \(6/\pi>0\) donne \(t\in[0;2]\cup[10;12[\). La durée totale est \(2+2=4\) heures ; inclure ou exclure les instants isolés d’égalité ne change pas cette durée, mais change l’ensemble des instants.

Exemple 59 — Construire un modèle depuis un maximum daté.

Une grandeur varie entre \(4\) et \(10\) avec une période de \(8\) unités de temps et atteint un maximum à \(t=3\). Le niveau central est \(c=(10+4)/2=7\) ; l’amplitude est \(A=(10-4)/2=3\). On choisit \(T=8\) et \(t_0=3\). Un modèle est \[f(t)=7+3\cos\left(\frac\pi4(t-3)\right).\] À \(t=3\), l’angle vaut zéro et le maximum \(10\) est atteint. Quatre unités plus tard, l’angle vaut \(\pi\) et le minimum \(4\) est atteint. Huit unités plus tard, l’angle vaut \(2\pi\) et l’on retrouve le maximum. Ces trois vérifications contrôlent le niveau, le sens du décalage et la période.

À essayer 36 — Une durée sur un cycle.

Pour le modèle précédent, déterminer les instants de \([3;11[\) où \(f(t)>7\), puis leur durée totale.

Correction détaillée.

L’inégalité devient \(\cos(\pi(t-3)/4)>0\). L’angle parcourt \([0;2\pi[\) ; les solutions sont \([0;\pi/2[\cup]3\pi/2;2\pi[\). On revient à \(t\) en multipliant par \(4/\pi\) puis en ajoutant \(3\) : \([3;5[\cup]9;11[\). La durée est \(2+2=4\) unités. L’instant \(3\) convient malgré le signe strict, car la hauteur y vaut \(10>7\).

Contrôle et portée. Ces conclusions concernent le modèle donné. Une sinusoïde ajustée à des observations ne garantit pas que le phénomène réel soit parfaitement périodique. Ne pas confondre amplitude et écart maximum-minimum, égal ici à deux fois l’amplitude.

9. Justifier les outils, calculer des limites et résoudre sans formule exacte

Méthode 37 — Démontrer une limite utile, puis les dérivées

Approfondissement guidé avec les outils de Terminale.

Objectif. Établir \(\lim_{h\to0}\sin h/h=1\), puis les dérivées de sinus et cosinus. On n’utilise pas ces dérivées pour prouver la limite qui sert à les établir.

Propriété — Un encadrement obtenu par les aires

Pour \(0<h<\pi/2\), \[\sin h\leq h\leq\frac{\sin h}{\cos h}, \qquad\text{donc}\qquad \cos h\leq\frac{\sin h}{h}\leq1.\]

Démonstration.

Dans le cercle de centre \(O\) et de rayon \(1\), les points \(I\) et \(M\) ont pour coordonnées \((1;0)\) et \((\cos h;\sin h)\). La demi-droite \([OM)\) rencontre la tangente verticale au cercle en \(I\) au point \(T\). Sa hauteur est \(\sin h/\cos h\) : dans le triangle rectangle \(OIT\), le quotient hauteur/base vaut ce rapport, et la base \(OI\) vaut \(1\). Sur la figure, cette hauteur est aussi notée \(\tan h\).

Le triangle \(OIM\) est contenu dans le secteur circulaire \(OIM\), lui-même contenu dans le triangle \(OIT\). Leurs aires sont respectivement \[\frac12\sin h,\qquad \frac12h,\qquad \frac12\frac{\sin h}{\cos h}.\] L’aire du secteur est \(h/2\) parce que le disque de rayon \(1\) a pour aire \(\pi\) et qu’un angle de \(h\) radians représente la fraction \(h/(2\pi)\) d’un tour. Multiplier les inégalités d’aires par \(2\) donne le premier encadrement. Comme \(h>0\) et \(\cos h>0\), on en déduit \(\sin h/h\leq1\) et \(\cos h\leq\sin h/h\).

□

Les deux triangles encadrent le secteur circulaire. Le point \(T\) est sur la tangente en \(I\), et non sur le cercle.

Étape 1 : le sinus tend vers zéro. L’encadrement géométrique et la symétrie du sinus donnent \(|\sin h|\leq|h|\) pour \(h\) proche de zéro, positif ou négatif. Donc \(\sin h\) tend vers zéro lorsque \(h\) tend vers zéro.

Cette inégalité vaut même pour tout réel \(h\) : la preuve géométrique et la symétrie couvrent \(|h|\leq\pi/2\) ; pour \(|h|\geq\pi/2>1\), on utilise simplement \(|\sin h|\leq1\leq|h|\).

Étape 2 : le cosinus tend vers un. La formule \(1-\cos h=2\sin^2(h/2)\) donne \[0\leq1-\cos h\leq\frac{h^2}{2}.\] Le théorème des gendarmes permet donc de conclure que \(\cos h\) tend vers \(1\).

Étape 3 : le quotient tend vers un. Pour \(h>0\), l’encadrement \(\cos h\leq\sin h/h\leq1\) donne la limite \(1\) par le même théorème. Pour \(h<0\), on remarque que \(\sin(-h)/(-h)=\sin h/h\) : le quotient a la même valeur aux deux angles opposés. Sa limite à gauche est donc aussi \(1\).

Théorème — Limites fondamentales et dérivées

\[\lim_{h\to0}\frac{\sin h}{h}=1,\qquad \lim_{h\to0}\frac{\cos h-1}{h}=0, \qquad (\sin x)'=\cos x,\quad(\cos x)'=-\sin x.\]

Démonstration.

Pour le deuxième quotient, \(|\cos h-1|\leq h^2/2\) donne \(|\cos h-1|/|h|\leq|h|/2\to0\). Par addition, \[\frac{\sin(x+h)-\sin x}{h} =\sin x\frac{\cos h-1}{h}+\cos x\frac{\sin h}{h}\longrightarrow\cos x.\] De même, \[\frac{\cos(x+h)-\cos x}{h} =\cos x\frac{\cos h-1}{h}-\sin x\frac{\sin h}{h}\longrightarrow-\sin x.\] Les limites sont établies pour chaque \(x\) réel ; ce sont les définitions des nombres dérivés.

□

Pourquoi les radians sont essentiels. Pour calculer le sinus d’un angle de \(x\) degrés à l’aide de la fonction sinus en radians, on écrit \(\sin(\pi x/180)\). La dérivation de cette composée introduit le facteur \(\pi/180\). La limite obtenue ici suppose donc des angles exprimés en radians.

À essayer 37 — Réutiliser la limite avec le bon angle.

Calculer \(\lim_{x\to0}\sin(5x)/(2x)\) et justifier chaque facteur introduit.

Correction détaillée.

Pour \(x\ne0\), \(\sin(5x)/(2x)=\frac52\,\sin(5x)/(5x)\). Comme \(5x\to0\), le quotient de droite tend vers \(1\). La limite vaut donc \(5/2\). On a multiplié et divisé par \(5\) pour faire apparaître le même angle au numérateur et au dénominateur, sans changer l’expression.

Si tu bloques. Si tu obtiens toujours \(1\), vérifie l’argument. Nouvel essai : \(\sin(3x)/x=3\sin(3x)/(3x)\to3\). La formule fondamentale ne s’applique pas directement lorsque l’angle est \(3x\) mais que le dénominateur est \(x\).

Stratégie 38 — Préparer une limite par factorisation, identité ou encadrement

Terminale et approfondissement guidé : distinguer une oscillation d’une oscillation amortie.

Exemple 60 — Faire apparaître un carré de quotient fondamental.

Pour \(a\in\mathbb{R}\), cherchons \(\lim_{x\to0}(1-\cos ax)/x^2\). Si \(a=0\), l’expression est nulle. Si \(a\ne0\), la duplication donne \[\frac{1-\cos ax}{x^2} =\frac{2\sin^2(ax/2)}{x^2} =\frac{a^2}{2}\left(\frac{\sin(ax/2)}{ax/2}\right)^2 \longrightarrow\frac{a^2}{2}.\] Ainsi \(\lim_{x\to0}(\cos3x-\cos2x)/x^2=-9/2+4/2=-5/2\), après avoir écrit la différence comme \(-(1-\cos3x)+(1-\cos2x)\).

Exemple 61 — Deux oscillations avec des comportements opposés.

Lorsque \(x\to+\infty\), on a \(x>0\) et \(-1/x\leq\sin x/x\leq1/x\), donc \(\sin x/x\to0\) par le théorème des gendarmes. En revanche, \(\sin x\) n’a pas de limite en \(+\infty\). Pour le voir, on choisit les angles \[x_n=\frac\pi2+2n\pi,\qquad y_n=\frac{3\pi}2+2n\pi,\] où \(n\) est un entier naturel. Les deux suites tendent vers \(+\infty\), mais \(\sin x_n=1\) et \(\sin y_n=-1\) pour chaque \(n\). Si le sinus avait une limite, on devrait retrouver cette même limite le long des deux suites, ce qui est impossible.

Lorsque \(x\to0\), \(|x\sin(1/x)|\leq|x|\to0\), bien que \(\sin(1/x)\) n’ait pas de limite. Il est inutile et faux de chercher une limite séparée de chaque facteur pour pouvoir conclure par encadrement.

Exemple 62 — Continuité et dérivabilité ne se confondent pas.

Définissons \(f(0)=0\) et \(f(x)=x\sin(1/x)\) pour \(x\ne0\). L’encadrement précédent prouve la continuité en zéro. Mais le taux \([f(x)-f(0)]/x=\sin(1/x)\) n’a pas de limite : prendre \(x_n=1/(\pi/2+2n\pi)\) et \(y_n=1/(3\pi/2+2n\pi)\) donne \(1\) et \(-1\). Donc \(f\) n’est pas dérivable en zéro. Définissons maintenant \(g(0)=0\) et \(g(x)=x^2\sin(1/x)\) pour \(x\ne0\). Son taux de variation en zéro vaut \(x\sin(1/x)\) et tend vers \(0\) ; \(g\) est donc dérivable en zéro et \(g'(0)=0\). Le facteur supplémentaire \(x\) a changé la conclusion.

À essayer 38 — Choisir entre une identité et un encadrement.

Calculer a) \(\lim_{x\to0}\sin(3x)/\sin(2x)\) ; b) \(\lim_{x\to+\infty}(x+\cos x)/(x^2+1)\) ; c) \(\lim_{x\to0}(1-\cos x)/\sin^2x\).

Correction détaillée.

a) Pour \(x\) non nul assez proche de zéro, \(\sin2x\ne0\) et \(\sin3x/\sin2x=\frac32[\sin3x/(3x)]/[\sin2x/(2x)]\to3/2\). b) Séparer \(x/(x^2+1)\to0\) et \(\cos x/(x^2+1)\), dont la valeur absolue est au plus \(1/(x^2+1)\to0\) ; la limite vaut zéro. c) Pour \(x\) non nul assez proche de zéro, \(\sin^2x=(1-\cos x)(1+\cos x)\) et \(1-\cos x\ne0\). Le quotient vaut \(1/(1+\cos x)\to1/2\). La simplification est locale autour de zéro, hors du point zéro ; elle est légitime pour calculer la limite.

Choisir et comparer. Commence par chercher une identité exacte ou un encadrement. Si une expression est bornée et se trouve multipliée par un facteur qui tend vers zéro, le théorème des gendarmes est souvent adapté. Deux suites d’angles donnant des limites différentes prouvent l’absence de limite. Deux suites donnant la même limite ne prouvent pas, à elles seules, l’existence d’une limite pour la fonction.

Méthode 39 — Démontrer une inégalité par une fonction auxiliaire

Autre famille : prouver une comparaison sur un intervalle entier, non seulement résoudre un seuil constant.

Premier geste. Ramener la comparaison à \(F(x)\geq0\) et repérer une valeur initiale simple, souvent \(F(0)=0\). Étudier \(F'\) ; si son signe est encore difficile, étudier \(F''\) ou une expression factorisée. Chaque dérivation doit servir à revenir au signe recherché.

Exemple 63 — Prouver \(\sin x\leq x\) par dérivation.

Pour \(x\geq0\), posons \(F(x)=x-\sin x\). Alors \(F'(x)=1-\cos x\geq0\), donc \(F\) est croissante et \(F(x)\geq F(0)=0\). Ainsi \(\sin x\leq x\). Ce raisonnement est une seconde preuve, après établissement des dérivées ; il ne doit pas remplacer le lemme géométrique dans une construction qui utilise ce lemme pour définir ces dérivées.

Exemple 64 — Un encadrement linéaire utile : l'inégalité de Jordan.

Sur \([0;\pi/2]\), on a \[\frac{2x}{\pi}\leq\sin x\leq x.\] La borne supérieure vient de l’exemple précédent. Pour la borne inférieure, posons \(G(x)=\sin x-2x/\pi\). Sa dérivée \(G'(x)=\cos x-2/\pi\) décroît strictement de \(1-2/\pi>0\) à \(-2/\pi<0\). Elle s’annule une fois. La fonction \(G\) croît puis décroît, et \(G(0)=G(\pi/2)=0\) ; elle est donc positive ou nulle entre les bornes.

Autre approche par concavité. Une fonction concave est au-dessus de chacune de ses cordes ; si elle est dérivable, elle est au-dessous de ses tangentes. Pour sinus, \(\sin''x=-\sin x\leq0\) sur \([0;\pi/2]\) : le critère usuel de concavité s’applique. La corde entre \((0,0)\) et \((\pi/2,1)\) a pour équation \(y=2x/\pi\) ; la tangente en zéro est \(y=x\). Cela donne le même encadrement. Cette propriété générale de la concavité est utilisée comme résultat établi du chapitre de dérivation ; la première preuve n’en dépend pas.

La courbe du sinus est comprise entre la corde \(y=2x/\pi\) et la tangente \(y=x\) sur \([0;\pi/2]\).

Exemple 65 — Obtenir une borne plus précise avec deux dérivées.

Pour \(x\geq0\), montrons \(\sin x\geq x-x^3/6\). Posons \(H(x)=\sin x-x+x^3/6\). Alors \[H'(x)=\cos x-1+x^2/2,\qquad H''(x)=x-\sin x\geq0.\] Donc \(H'\) est croissante ; comme \(H'(0)=0\), elle est positive ou nulle. Puis \(H\) est croissante ; comme \(H(0)=0\), \(H\geq0\). On a ainsi remonté deux fois le raisonnement depuis le signe de \(H''\) jusqu’à l’inégalité visée.

À essayer 39 — Une comparaison où deux dérivations sont utiles.

Montrer \(\cos x\geq1-x^2/2\) pour tout réel \(x\), d’abord par la duplication, puis sur \([0;+\infty[\) par une fonction auxiliaire.

Correction détaillée.

Par duplication, \(1-\cos x=2\sin^2(x/2)\leq2(x/2)^2=x^2/2\), donc l’inégalité est vraie sur \(\mathbb{R}\). Par dérivation, \(K(x)=\cos x-1+x^2/2\) vérifie \(K'(x)=x-\sin x\geq0\) pour \(x\geq0\) et \(K(0)=0\). Donc \(K\geq0\) sur cette demi-droite. La fonction \(K\) est paire, ce qui étend le résultat aux réels négatifs. Les deux voies démontrent la même borne avec des outils différents.

Si tu bloques. Un tableau de variations doit utiliser une valeur de départ pour donner un signe. « \(F\) est croissante » seul ne signifie pas « \(F\) est positive ». Nouvel essai : \(x-2\) est croissante mais négative en zéro. Dans les preuves précédentes, c’est \(F(0)=0\) en plus de la croissance qui permet de conclure.

Stratégie 40 — Prouver l'existence, puis encadrer une solution non remarquable

Terminale et algorithmique ; l’approximation vient après la preuve du nombre de solutions.

Exemple 66 — L'équation \(\cos x=x\).

Posons \(F(x)=\cos x-x\) sur \([0;1]\). La fonction est continue, \(F(0)=1>0\) et \(F(1)=\cos1-1<0\) puisque \(0<1<\pi/2\). Le théorème des valeurs intermédiaires donne une solution. De plus, \(F'(x)=-\sin x-1<0\) sur \([0;1]\) : la solution \(\alpha\) est unique.

Pour l’encadrer, on conserve un intervalle \([a;b]\) où \(F(a)\geq0\) et \(F(b)\leq0\). On calcule son milieu \(m=(a+b)/2\). Si \(F(m)>0\), la décroissance place la solution à droite : on remplace \(a\) par \(m\). Si \(F(m)<0\), on remplace \(b\) par \(m\). Si \(F(m)=0\) exactement, le milieu est la solution.

Les trois premières étapes, avec les valeurs trigonométriques calculées en radians, sont : \[\begin{array}{c|c|c|c} \text{étape}&m&\text{signe de }F(m)&\text{intervalle conservé}\\\hline 1&0{,}5&+&[0{,}5;1]\\ 2&0{,}75&-&[0{,}5;0{,}75]\\ 3&0{,}625&+&[0{,}625;0{,}75] \end{array}\] À chaque étape, on divise la longueur par deux. À partir de \([0;1]\), la longueur vaut donc \(1/2^n\) après \(n\) étapes.

Propriété — L'intervalle donne la précision

Pour une fonction continue dont les valeurs aux extrémités sont de signes opposés, la dichotomie conserve au moins une solution dans chaque intervalle. Si la solution est unique, elle appartient à tous les intervalles obtenus.

Si \(a\leq\alpha\leq b\), le milieu \(m=(a+b)/2\) vérifie \[|m-\alpha|\leq\frac{b-a}{2}.\] Ainsi, pour obtenir une erreur au plus égale à \(10^{-6}\), on s’arrête dès que \(b-a\leq2\times10^{-6}\).

Démonstration.

Chaque choix conserve deux valeurs de signes opposés, donc une solution par le théorème des valeurs intermédiaires. La longueur est divisée par deux à chaque étape. Toute valeur située dans \([a;b]\) est à distance au plus \((b-a)/2\) de son milieu.

□

Programme Python. Cette version s’utilise pour une fonction continue strictement décroissante avec \(f(a)\geq0\) et \(f(b)\leq0\). Ces conditions ont été vérifiées pour \(f(x)=\cos x-x\) sur \([0;1]\). Le nombre precision est l’erreur maximale souhaitée pour le milieu.

from math import cos

def f(x):
    return cos(x) - x

def dichotomie(f, a, b, precision):
    while b - a > 2 * precision:
        m = (a + b) / 2
        if f(m) > 0:
            a = m
        else:
            b = m
    return a, b

a, b = dichotomie(f, 0, 1, 0.000001)
print(a, b)
print((a + b) / 2)

Lire le résultat. Le programme effectue \(19\) étapes et renvoie les bornes \[a=0{,}7390842437744141,\qquad b=0{,}7390861511230469.\] Le milieu affiché est \(0{,}7390851974487305\). L’intervalle a une longueur inférieure à \(2\times10^{-6}\), donc l’erreur du milieu est inférieure à \(10^{-6}\). Un affichage décimal reste une valeur approchée : il ne remplace pas l’égalité exacte \(\cos\alpha=\alpha\). Pour décider d’un arrondi avec davantage de chiffres, on poursuit la dichotomie.

Pour demander davantage de précision, on remplace la dernière donnée du programme par une valeur plus petite, par exemple 0.00000001. Les calculs de la machine étant approchés, on ne demande pas une précision arbitrairement petite.

La droite \(y=x\) et la courbe du cosinus se rencontrent une seule fois sur \([0;1]\). La preuve d’unicité utilise la dérivée de leur différence.

Autre contrôle grâce aux variations du cosinus. Une valeur qui rend \(\cos u-u\) proche de zéro est-elle proche de la solution ? Ici, on peut le prouver avec la décroissance du cosinus sur \([0;1]\).

Si \(0\leq u\leq\alpha\), alors \(\cos u\geq\cos\alpha=\alpha\), donc \[0\leq\alpha-u\leq\cos u-u.\] Si \(\alpha\leq u\leq1\), alors \(\cos u\leq\cos\alpha=\alpha\), donc \[0\leq u-\alpha\leq u-\cos u.\] Dans les deux cas, \[\boxed{|u-\alpha|\leq|\cos u-u|.}\] Ainsi, une majoration de \(|\cos u-u|\) donne une majoration de l’erreur sur \(u\). Cette propriété a été démontrée pour cette équation précise ; on ne la suppose pas vraie pour une autre équation sans justification. La longueur de l’intervalle de dichotomie fournit déjà un contrôle simple de la précision.

À essayer 40 — Réinvestir la preuve avant le calcul.

Montrer que \(\sin x=x/2\) possède une unique solution dans \([\pi/2;\pi]\), puis utiliser la dichotomie pour en donner une valeur approchée à \(10^{-6}\) près. Pourquoi la solution évidente \(x=0\) ne contredit-elle pas l’unicité ?

Correction détaillée.

\(G(x)=\sin x-x/2\) est continue, \(G(\pi/2)=1-\pi/4>0\) et \(G(\pi)=-\pi/2<0\). Sur l’intervalle, \(\cos x\leq0\), donc \(G'(x)=\cos x-1/2\leq-1/2<0\). Le théorème des valeurs intermédiaires et la stricte décroissance donnent l’existence et l’unicité d’une solution \(\beta\) sur \([\pi/2;\pi]\).

On réutilise le même programme en ajoutant sin et pi à la ligne d’importation, en définissant G(x) par sin(x) - x/2, puis en lançant dichotomie(G, pi/2, pi, 0.000001). L’intervalle obtenu contient \(\beta\) ; son milieu affiché est \(1{,}8954946693384578\), avec une erreur inférieure à \(10^{-6}\). La largeur de l’intervalle est le contrôle de cette précision.

La solution \(0\) ne contredit pas l’unicité : elle n’appartient pas à \([\pi/2;\pi]\). L’énoncé affirme l’unicité sur cet intervalle, pas sur tous les réels.

À reprendre plus tard. Pour une équation nouvelle, écrire séparément : continuité, signes aux bornes, monotonie, puis précision de sortie. Un dessin indiquant une intersection n’est ni une preuve du nombre total de solutions ni une garantie sur l’erreur numérique.

10. Approfondir : tangente et recherche d'un angle

La fonction tangente est un approfondissement possible du programme. Les définitions nécessaires sont données ici. Pour un angle non remarquable, une lettre et une condition précise suffisent : on peut obtenir une réponse exacte sans introduire une nouvelle fonction.

Méthode 41 — Résoudre avec la tangente sur un intervalle adapté

Approfondissement guidé : définition, domaine et variations.

Définition et propriétés de la tangente

Lorsque \(\cos x\ne0\), on définit \[\tan x=\frac{\sin x}{\cos x}.\] Les angles interdits sont \(\frac\pi2+k\pi\), où \(k\) est un entier relatif : par exemple \(-\frac\pi2\), \(\frac\pi2\) et \(\frac{3\pi}2\).

La tangente est impaire et de période \(\pi\). Sur \(]-\pi/2;\pi/2[\), elle est continue et strictement croissante. Sa dérivée est \[\tan'(x)=\frac1{\cos^2x}=1+\tan^2x>0.\] Les limites en \(-\pi/2\) à droite et en \(\pi/2\) à gauche sont respectivement \(-\infty\) et \(+\infty\). Toute valeur réelle est donc atteinte une seule fois sur cet intervalle.

Démonstration.

Le domaine vient du dénominateur. Les identités \(\sin(-x)=-\sin x\) et \(\cos(-x)=\cos x\) donnent l’imparité. Ajouter \(\pi\) change le signe du numérateur et du dénominateur : le quotient reste le même. La dérivation du quotient donne \[\tan'(x)=\frac{\cos^2x+\sin^2x}{\cos^2x}=\frac1{\cos^2x}.\] Sur \(]-\pi/2;\pi/2[\), le cosinus est strictement positif ; les limites annoncées résultent de celles du numérateur et du dénominateur. La continuité et la stricte croissance justifient l’existence et l’unicité de l’angle associé à une valeur donnée.

□

Chaque portion de courbe comprise entre deux asymptotes est croissante. Les valeurs où le cosinus s’annule restent interdites.

Comment résoudre sur la portion centrale ?

Soit \(a\) l’unique angle de \(]-\pi/2;\pi/2[\) tel que \(\tan a=c\). Pour un angle \(u\) appartenant lui aussi à \(]-\pi/2;\pi/2[\), \[\tan u=c\Longleftrightarrow u=a,\qquad \tan u>c\Longleftrightarrow u>a.\] Ainsi \(\tan u>c\) donne \(u\in]a;\pi/2[\) et \(\tan u\leq c\) donne \(u\in]-\pi/2;a]\). Pour les autres portions, on ajoute ou on retranche des multiples de \(\pi\). En particulier, les solutions réelles de \(\tan u=c\) s’écrivent \(u=a+k\pi\), avec \(k\) entier relatif. Les deux extrémités où la tangente n’existe pas sont toujours exclues.

Exemple 67 — Un angle contenant \(2x\).

Résoudre \(\tan(2x-\pi/4)\geq1\) sur \([0;\pi[\). Posons \(u=2x-\pi/4\). Le domaine de l’angle est \([-\pi/4;7\pi/4[\). Comme \(\tan(\pi/4)=1\), la croissance donne, dans la portion centrale, \(u\in[\pi/4;\pi/2[\). En ajoutant \(\pi\), on obtient aussi \(u\in[5\pi/4;3\pi/2[\). Les autres portions ne rencontrent pas le domaine de \(u\).

On revient à \(x\) dans chacun des deux cas : \[\begin{aligned} \frac\pi4\leq2x-\frac\pi4<\frac\pi2 &\Longleftrightarrow\frac\pi4\leq x<\frac{3\pi}8,\\ \frac{5\pi}4\leq2x-\frac\pi4<\frac{3\pi}2 &\Longleftrightarrow\frac{3\pi}4\leq x<\frac{7\pi}8. \end{aligned}\] Donc \[S=\left[\frac\pi4;\frac{3\pi}8\right[ \cup\left[\frac{3\pi}4;\frac{7\pi}8\right[.\] Aux bornes droites, le cosinus de l’angle est nul : la tangente n’existe pas. Aux bornes gauches, elle vaut \(1\) : ces bornes sont incluses.

À essayer 41 — Une valeur interdite n'est pas une solution.

Résoudre \(\tan x\leq0\) sur \([-\pi;\pi]\).

Correction détaillée.

Les valeurs \(-\pi/2\) et \(\pi/2\) sont interdites. Sur \([-\pi;-\pi/2[\), la tangente est nulle en \(-\pi\), puis positive : seul \(-\pi\) convient. Sur \(]-\pi/2;\pi/2[\), elle est négative jusqu’à \(0\), puis positive : on garde \(]-\pi/2;0]\). Sur \(]\pi/2;\pi]\), elle est négative puis nulle en \(\pi\) : tout cet intervalle convient. Ainsi \[S=\{-\pi\}\cup\left]-\frac\pi2;0\right] \cup\left]\frac\pi2;\pi\right].\]

Si tu bloques. La croissance n’est utilisable que sur une même portion de courbe. Par exemple \(\pi/3<2\pi/3\), mais \(\tan(\pi/3)=\sqrt3\) et \(\tan(2\pi/3)=-\sqrt3\). La valeur interdite \(\pi/2\) sépare ces deux angles.

Méthode 42 — Comparer deux tangentes par leur différence

Approfondissement guidé : ramener la question à un tableau de signes.

Différence de deux tangentes

Lorsque \(\cos u\ne0\) et \(\cos v\ne0\), \[\tan u-\tan v=\frac{\sin(u-v)}{\cos u\cos v}.\]

Démonstration.

On met les deux quotients au même dénominateur : \[\frac{\sin u}{\cos u}-\frac{\sin v}{\cos v} =\frac{\sin u\cos v-\sin v\cos u}{\cos u\cos v}.\] La formule du sinus d’une différence donne le numérateur annoncé.

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Exemple 68 — Résoudre \(\tan(2x)>\tan x\).

Sur \([0;\pi[\), les valeurs \(\pi/4\), \(\pi/2\) et \(3\pi/4\) sont interdites. La différence vaut \[\tan(2x)-\tan x=\frac{\sin x}{\cos(2x)\cos x}.\] Pour \(0<x<\pi\), le numérateur est strictement positif. Le quotient est donc positif exactement lorsque le dénominateur est positif. On étudie les quatre intervalles séparés par les valeurs interdites : \[\begin{array}{c|cccc} x&]0;\pi/4[&]\pi/4;\pi/2[&]\pi/2;3\pi/4[&]3\pi/4;\pi[\\\hline \cos(2x)&+&-&-&+\\ \cos x&+&+&-&-\\\hline \text{produit}&+&-&+&- \end{array}\] À \(x=0\), les deux tangentes sont égales : l’inégalité stricte n’est pas vérifiée. Ainsi \[S=\left]0;\frac\pi4\right[\cup \left]\frac\pi2;\frac{3\pi}4\right[.\] Si la question était posée sur un domaine plus grand, on pourrait reproduire ces intervalles en ajoutant des multiples de \(\pi\), période commune aux deux expressions.

À essayer 42 — Reprendre le domaine pour chaque expression.

Résoudre \(\tan(2x)\leq0\) sur \([0;\pi[\), puis expliquer pourquoi \(\pi/2\) est cette fois autorisé.

Correction détaillée.

Les valeurs interdites sont \(\pi/4\) et \(3\pi/4\). Les zéros sont \(0\) et \(\pi/2\). La tangente double est négative sur \(]\pi/4;\pi/2[\) et sur \(]3\pi/4;\pi[\). Après ajout des zéros, \[S=\{0\}\cup\left]\frac\pi4;\frac\pi2\right] \cup\left]\frac{3\pi}4;\pi\right[.\] À \(x=\pi/2\), on calcule \(\tan(2x)=\tan\pi=0\). La fonction \(\tan x\) n’intervient plus : son domaine n’impose donc aucune restriction à ce nouveau problème.

Méthode 43 — Diviser par un carré positif en conservant les cas exclus

Approfondissement guidé : passer à une inéquation du second degré.

Reconnaître. Une expression telle que \(a\cos^2x+b\sin x\cos x+c\sin^2x\) contient des termes de degré \(2\) en sinus et cosinus. Lorsque \(\cos x\ne0\), la division par \(\cos^2x>0\) donne un polynôme de degré au plus \(2\) en \(t=\tan x\). Le sens de l’inégalité ne change pas. Les angles où \(\cos x=0\) doivent être testés séparément dans l’expression initiale.

Exemple 69 — Les points exclus par la division peuvent convenir.

Résoudre \[\sin^2x-3\sin x\cos x+2\cos^2x\geq0 \quad\text{sur }[-\pi/2;\pi/2].\] Aux deux bornes, le cosinus est nul et l’expression vaut \(1\) : elles conviennent. À l’intérieur, on divise par \(\cos^2x\) et on pose \(t=\tan x\) : \[t^2-3t+2\geq0 \Longleftrightarrow(t-1)(t-2)\geq0 \Longleftrightarrow t\leq1\ \text{ou}\ t\geq2.\] Soit \(a\) l’unique angle de \(]0;\pi/2[\) dont la tangente vaut \(2\). Cet angle est bien défini par la continuité, la stricte croissance et les limites de la tangente. Comme \(\tan(\pi/4)=1\), le retour à \(x\) donne \(x\leq\pi/4\) ou \(x\geq a\) à l’intérieur du domaine. En réintégrant les bornes déjà vérifiées, \[S=\left[-\frac\pi2;\frac\pi4\right]\cup \left[a;\frac\pi2\right].\] Cette réponse est exacte : la condition \(\tan a=2\), avec \(0<a<\pi/2\), définit \(a\) sans ambiguïté.

Autre approche. On peut factoriser directement en \((\sin x-\cos x)(\sin x-2\cos x)\), puis étudier les deux facteurs. À l’intérieur du domaine, \(\cos x>0\) : leurs signes sont ceux de \(\tan x-1\) et de \(\tan x-2\). On retrouve le même tableau de signes.

À essayer 43 — Le cas exclu ne convient pas toujours.

Résoudre \(\cos^2x-\sin^2x\geq0\) sur \([-\pi/2;\pi/2]\) par la tangente, puis avec une formule de duplication.

Correction détaillée.

Aux deux bornes, l’expression vaut \(-1\) : elles ne conviennent pas. À l’intérieur, la division par \(\cos^2x>0\) donne \(1-\tan^2x\geq0\), soit \(-1\leq\tan x\leq1\). Par croissance, on obtient \(x\in[-\pi/4;\pi/4]\).

Par duplication, \(\cos^2x-\sin^2x=\cos(2x)\). L’angle \(2x\) parcourt \([-\pi;\pi]\), où le cosinus est positif ou nul exactement sur \([-\pi/2;\pi/2]\). La division des deux bornes par \(2\) redonne \([-\pi/4;\pi/4]\).

Choisir et comparer. La division par un carré positif est utile lorsqu’elle fait apparaître un polynôme facile à factoriser. Une formule de duplication est plus courte si elle transforme immédiatement l’expression en un seul cosinus. Dans les deux cas, les valeurs interdites par une transformation se vérifient dans l’expression de départ.

Méthode 44 — Définir un angle de référence sans nouvelle fonction

Méthode de lycée : utiliser les variations et conserver une réponse exacte.

Un angle défini par son cosinus ou son sinus

Pour un nombre \(c\) compris entre \(-1\) et \(1\), il existe un unique angle \(a\) dans \([0;\pi]\) tel que \(\cos a=c\). Pour un nombre \(d\) compris entre \(-1\) et \(1\), il existe un unique angle \(b\) dans \([-\pi/2;\pi/2]\) tel que \(\sin b=d\).

La condition sur l’intervalle fait partie de la définition : sans elle, plusieurs angles peuvent avoir le même cosinus ou le même sinus.

Démonstration.

Sur \([0;\pi]\), le cosinus est continu et strictement décroissant, de \(1\) à \(-1\). Le théorème des valeurs intermédiaires donne l’existence, et la stricte décroissance donne l’unicité. Sur \([-\pi/2;\pi/2]\), le sinus est continu et strictement croissant, de \(-1\) à \(1\) : le même raisonnement s’applique.

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Exemple 70 — Une borne exacte qui n'est pas un angle remarquable.

Résoudre \(\cos x\leq0{,}3\) sur \([-\pi;\pi]\). Soit \(a\) l’unique angle de \([0;\pi]\) tel que \(\cos a=0{,}3\). Puisque \(0<0{,}3<1\), cet angle appartient à \(]0;\pi/2[\). Sur \([0;\pi]\), la décroissance donne \(x\geq a\). Par symétrie, sur \([-\pi;0]\), on obtient \(x\leq-a\). Donc \[S=[-\pi;-a]\cup[a;\pi].\] Il est inutile de transformer cette réponse exacte en une réunion d’intervalles dont les bornes auraient été arrondies. Une valeur approchée de \(a\) peut être donnée séparément si la consigne le demande.

Exemple 71 — Retrouver les deux coordonnées d'un angle.

Un angle \(a\) appartient à \([0;\pi/2]\) et vérifie \(\cos a=2\sin a\). Déterminer exactement \(\sin a\) et \(\cos a\). On utilise \(\cos^2a+\sin^2a=1\) : \[4\sin^2a+\sin^2a=1, \qquad\sin^2a=\frac15.\] Sur l’intervalle indiqué, le sinus et le cosinus sont positifs ou nuls. Ainsi \[\sin a=\frac1{\sqrt5},\qquad \cos a=\frac2{\sqrt5}.\] Ces coordonnées déterminent bien un unique point du quart de cercle considéré. On a répondu exactement sans avoir besoin d’une expression particulière pour l’angle lui-même.

À essayer 44 — Le même sinus ne détermine pas toujours le même angle.

Déterminer l’angle \(b\) de \([-\pi/2;\pi/2]\) ayant le même sinus que \(5\pi/6\), puis celui ayant le même sinus que \(7\pi/6\).

Correction détaillée.

\(\sin(5\pi/6)=1/2\) : l’angle recherché est \(\pi/6\). \(\sin(7\pi/6)=-1/2\) : l’angle recherché est \(-\pi/6\). Les angles \(5\pi/6\) et \(7\pi/6\) ne sont pas dans l’intervalle imposé. On conserve le sinus, puis on choisit l’angle dans la bonne plage.

Si tu bloques. Pour retrouver un angle, note d’abord l’intervalle dans lequel il doit se trouver. Sur \([0;2\pi[\), l’équation \(\sin x=1/2\) a deux solutions, \(\pi/6\) et \(5\pi/6\). Sur \([-\pi/2;\pi/2]\), elle n’en a qu’une, \(\pi/6\).

Méthode 45 — Encadrer un angle et contrôler une valeur approchée

Méthode de lycée : monotonie, calculatrice en radians et précision annoncée.

Premier geste. Écrire une définition exacte de l’angle et repérer un intervalle où la fonction est strictement monotone. On peut alors encadrer l’angle en comparant les images des bornes. La valeur affichée par la calculatrice fournit un candidat ; le raisonnement sur les variations explique pourquoi cet angle est le bon.

Lire correctement un encadrement

Si \(a\) est dans \([0;\pi]\) et vérifie \(\cos a=c\), alors \[\cos p>c>\cos q\quad\text{avec }0\leq p<q\leq\pi \quad\Longrightarrow\quad p<a<q.\] Le cosinus est décroissant : la plus grande valeur du cosinus correspond au plus petit angle. Pour le sinus sur \([-\pi/2;\pi/2]\), l’ordre des valeurs et celui des angles sont les mêmes.

Exemple 72 — Affiner une borne sans changer la réponse exacte.

Soit \(a\in[0;\pi]\) tel que \(\cos a=0{,}3\). Comme \(\cos(\pi/3)=1/2>0{,}3\) et \(\cos(\pi/2)=0<0{,}3\), on sait d’abord que \[\frac\pi3<a<\frac\pi2.\] La calculatrice, en mode radians, donne \(a\approx1{,}2661\). Un contrôle des valeurs du cosinus donne \(\cos(1{,}266)>0{,}3000\) et \(\cos(1{,}267)<0{,}3000\) ; on obtient numériquement \(1{,}266<a<1{,}267\).

La comparaison doit être faite avec suffisamment de chiffres pour que l’arrondi ne puisse inverser le signe. Si une justification numérique rigoureuse est demandée, il faut disposer de bornes sur les erreurs de calcul ou utiliser des encadrements démontrés, comme au repère 54. La solution exacte de l’inéquation précédente reste \([-\pi;-a]\cup[a;\pi]\).

Exemple 73 — L'affichage ne donne pas toutes les solutions.

La calculatrice fournit un angle \(b\approx0{,}3047\) dont le sinus vaut \(0{,}3\). Pour résoudre \(\sin x=0{,}3\) sur \([0;2\pi[\), on définit exactement \(b\) par \(0<b<\pi/2\) et \(\sin b=0{,}3\). Les deux solutions sont \[x=b\quad\text{ou}\quad x=\pi-b.\] La seconde est dans \(]\pi/2;\pi[\). Les angles de \([\pi;2\pi[\) ont un sinus négatif ou nul : ils ne conviennent pas. Une seule valeur affichée ne remplace donc pas la lecture complète du cercle.

À essayer 45 — Un encadrement exact puis une résolution.

Soit \(b\) l’angle de \([0;\pi/2]\) tel que \(\sin b=0{,}6\). Encadrer \(b\) entre deux angles remarquables, puis résoudre \(\sin x\geq0{,}6\) sur \([0;2\pi[\).

Correction détaillée.

On a \(\sin(\pi/6)=1/2<0{,}6\) et \(\sin(\pi/4)=\sqrt2/2>0{,}6\). La dernière comparaison est exacte : les deux nombres sont positifs et \(1/2>0{,}36\) pour leurs carrés. Par stricte croissance, \(\pi/6<b<\pi/4\). L’arc situé au-dessus de l’horizontale d’ordonnée \(0{,}6\) va de \(b\) à \(\pi-b\), bornes comprises. Ainsi \(S=[b;\pi-b]\).

Contrôle et portée. Une égalité définit une valeur exacte ; le signe \(\approx\) signale un arrondi. Le choix des crochets dépend de l’inégalité et du domaine, pas du nombre de décimales affichées.

11. Approfondir : quotients, angles multiples et sommes

Les méthodes de cette famille utilisent des outils du lycée : identités trigonométriques établies, factorisation, étude de signe et récurrence. Les formules obtenues sont des résultats à construire avec le raisonnement indiqué ; il n’est pas nécessaire de les apprendre toutes par cœur.

Méthode 46 — Simplifier un quotient avant d'introduire une nouvelle inconnue

Approfondissement guidé : exploiter le signe du dénominateur.

Reconnaître. Un quotient contient \(1-\cos x\) ou \(1+\cos x\) ; une somme peut se regrouper avec \(\sin^2x+\cos^2x=1\). Le premier geste est de fixer le domaine et le signe du dénominateur. Une multiplication par un dénominateur strictement positif peut supprimer le quotient sans changer le sens de l’inégalité.

Exemple 74 — Un quotient devient une somme très simple.

Résoudre \[\frac{1+\sin x}{1-\cos x}\geq1 \quad\text{sur }[-\pi;\pi].\] Sur cet intervalle, \(1-\cos x=0\) seulement en \(x=0\). Ce point est interdit. Pour tout autre angle du domaine, \(1-\cos x>0\), donc \[\frac{1+\sin x}{1-\cos x}\geq1 \Longleftrightarrow1+\sin x\geq1-\cos x \Longleftrightarrow\sin x+\cos x\geq0.\] La formule d’addition donne \(\sin x+\cos x=\sqrt2\cos(x-\pi/4)\). L’angle \(x-\pi/4\) parcourt \([-5\pi/4;3\pi/4]\). Sur cette plage, le cosinus est positif ou nul exactement entre \(-\pi/2\) et \(\pi/2\). Ainsi \[-\frac\pi2\leq x-\frac\pi4\leq\frac\pi2 \Longleftrightarrow-\frac\pi4\leq x\leq\frac{3\pi}4.\] Il faut encore retirer la valeur interdite \(0\) : \[\boxed{S=\left[-\frac\pi4;0\right[\cup \left]0;\frac{3\pi}4\right].}\] Aux deux bornes conservées, la somme \(\sin x+\cos x\) vaut zéro, donc le quotient initial vaut bien \(1\).

Exemple 75 — Un demi-angle utile sans changement de variable général.

Résoudre \(2\sin x+\cos x\geq1\) sur \([-\pi;\pi]\). La duplication permet d’écrire \[2\sin x+\cos x-1 =2\sin\frac x2\left(2\cos\frac x2-\sin\frac x2\right).\] Pour alléger la lecture, posons \(h=x/2\) : l’angle \(h\) appartient à \([-\pi/2;\pi/2]\). Soit \(a\) l’angle de \(]0;\pi/2[\) dont les coordonnées sont \[\cos a=\frac1{\sqrt5},\qquad \sin a=\frac2{\sqrt5}.\] Ces coordonnées sont positives et leurs carrés ont pour somme \(1\) : elles déterminent un unique point du premier quart du cercle. La formule de différence donne \[2\cos h-\sin h=\sqrt5\sin(a-h).\] Pour \(-\pi/2\leq h<a\), on a \(0<a-h<\pi\), donc ce facteur est positif. Il s’annule en \(h=a\), puis devient négatif pour \(a<h\leq\pi/2\). De son côté, \(\sin h\) est négatif pour \(h<0\), nul en \(0\) et positif pour \(h>0\).

Le produit est donc positif ou nul exactement pour \(0\leq h\leq a\). Le retour à \(x\) donne \[\boxed{S=[0;2a].}\] Les bornes \(-\pi\) et \(\pi\) ne sont pas solutions : dans l’expression initiale, le membre gauche vaut \(-1\).

Autre approche. La réduction à une seule fonction donne \(2\sin x+\cos x=\sqrt5\cos(x-a)\). Comme \(1=\sqrt5\cos a\), on résout \(\cos(x-a)\geq\cos a\). Sur le domaine de l’angle \(x-a\), la portion retenue est \([-a;a]\), ce qui redonne \([0;2a]\) pour \(x\).

À essayer 46 — Une simplification valable seulement sur le domaine.

Résoudre \(\dfrac{\sin x}{1+\cos x}=0\) sur \([-\pi;\pi]\). Puis préciser où l’identité \(\dfrac{\sin x}{1+\cos x}=\dfrac{1-\cos x}{\sin x}\) est utilisable dans ce domaine.

Correction détaillée.

Le dénominateur \(1+\cos x\) s’annule en \(-\pi\) et en \(\pi\). Le domaine est donc \(]-\pi;\pi[\). Un quotient défini est nul exactement lorsque son numérateur est nul. Parmi les zéros du sinus, seul \(0\) appartient au domaine : \(S=\{0\}\).

Pour obtenir l’autre écriture, on multiplie numérateur et dénominateur par \(1-\cos x\), puis on utilise \(1-\cos^2x=\sin^2x\). Cette opération exige ici \(x\ne0\) ; la simplification par \(\sin x\) exige aussi \(x\ne0\). L’identité vaut donc sur \(]-\pi;0[\cup]0;\pi[\). Elle ne peut pas servir à tester la solution \(x=0\), puisque son membre droit n’y est pas défini.

Choisir et comparer. Commencer par une simplification ou une factorisation conserve souvent des angles faciles à lire. Introduire une nouvelle inconnue n’est utile que si cela simplifie réellement la résolution et si l’on sait revenir à l’angle demandé.

Méthode 47 — Construire les formules d'angle triple avec les formules d'addition

Approfondissement guidé : calcul littéral et identité \(\sin^2x+\cos^2x=1\).

Premier geste. Écrire \(3x=2x+x\), puis utiliser les formules d’addition. Pour réduire le résultat à une seule fonction, remplacer ensuite \(\sin^2x\) par \(1-\cos^2x\), ou l’inverse.

Deux identités établies par le calcul

Pour tout réel \(x\), \[\cos(3x)=4\cos^3x-3\cos x,\qquad \sin(3x)=3\sin x-4\sin^3x.\]

Démonstration.

Notons provisoirement \(c=\cos x\) et \(s=\sin x\). Les formules d’addition et de duplication donnent \[\begin{aligned} \cos(3x)&=\cos(2x)\cos x-\sin(2x)\sin x\\ &=(2c^2-1)c-2cs^2\\ &=2c^3-c-2c(1-c^2)=4c^3-3c. \end{aligned}\] Pour le sinus, \[\begin{aligned} \sin(3x)&=\sin(2x)\cos x+\cos(2x)\sin x\\ &=2sc^2+(1-2s^2)s\\ &=2s(1-s^2)+s-2s^3=3s-4s^3. \end{aligned}\] Les lettres \(c\) et \(s\) ont seulement allégé les calculs ; on restitue ensuite \(\cos x\) et \(\sin x\).

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Exemple 76 — Une équation du troisième degré retrouve un angle simple.

Résoudre \(4\cos^3x-3\cos x=1\) sur \([0;2\pi[\). Le membre gauche est \(\cos(3x)\) : l’équation devient \(\cos(3x)=1\). Comme \(3x\) parcourt \([0;6\pi[\), les angles possibles sont \(0\), \(2\pi\) et \(4\pi\). Le point \(6\pi\) est exclu par le domaine. Après division par \(3\), \[S=\left\{0;\frac{2\pi}3;\frac{4\pi}3\right\}.\] Une résolution en posant \(X=\cos x\) serait également possible, mais elle imposerait d’abord une factorisation du polynôme. Reconnaître l’identité raccourcit le calcul.

Exemple 77 — Factoriser après avoir développé l'angle.

Résoudre \(\sin(3x)=\sin x\) sur \([0;2\pi[\). La formule triple donne \[3\sin x-4\sin^3x=\sin x \Longleftrightarrow2\sin x(1-2\sin^2x)=0.\] Le produit est nul si \(\sin x=0\) ou \(\sin^2x=1/2\). Le premier cas donne \(0\) et \(\pi\). Le second donne \(\sin x=\sqrt2/2\) ou \(\sin x=-\sqrt2/2\), donc quatre angles supplémentaires. Ainsi \[S=\left\{0;\frac\pi4;\frac{3\pi}4;\pi; \frac{5\pi}4;\frac{7\pi}4\right\}.\]

À essayer 47 — Utiliser une identité dans les deux sens.

Exprimer \(\sin^3x\) comme une somme de deux sinus. Puis calculer exactement \(\cos(3\pi/4)\) à partir de \(\cos(\pi/4)\) et de la formule triple.

Correction détaillée.

Isoler \(\sin^3x\) dans la seconde identité donne \[\sin^3x=\frac34\sin x-\frac14\sin(3x).\] Pour le cosinus, on prend \(x=\pi/4\) : \[\cos\frac{3\pi}4 =4\left(\frac{\sqrt2}{2}\right)^3 -3\frac{\sqrt2}{2} =\sqrt2-\frac{3\sqrt2}{2} =-\frac{\sqrt2}{2}.\] Le résultat négatif est cohérent avec la position du point dans le deuxième quart du cercle.

Si tu bloques. Ne confonds pas \(\cos(3x)\) et \(3\cos x\). En \(x=0\), ces deux expressions valent respectivement \(1\) et \(3\). Une formule d’angle multiple doit être établie ou fournie avant son utilisation.

Méthode 48 — Écrire une puissance sous forme de somme

Approfondissement guidé : préparer un calcul de primitive ou d’intégrale.

Sens du mot. Linéariser signifie ici remplacer les produits et les puissances de sinus ou de cosinus par une somme de constantes et de sinus ou cosinus d’angles multiples. Les formules d’addition et de duplication suffisent pour les exemples suivants.

Exemple 78 — Une quatrième puissance, deux démarches.

Première démarche : utiliser deux fois \(\cos^2u=(1+\cos(2u))/2\). \[\begin{aligned} \cos^4x&=\left(\frac{1+\cos(2x)}2\right)^2\\ &=\frac14\left(1+2\cos(2x)+\cos^2(2x)\right)\\ &=\frac14\left(1+2\cos(2x)+\frac{1+\cos(4x)}2\right)\\ &=\frac38+\frac12\cos(2x)+\frac18\cos(4x). \end{aligned}\] Seconde démarche : utiliser \(\cos^3x=(\cos(3x)+3\cos x)/4\), puis multiplier par \(\cos x\). \[\begin{aligned} \cos^4x &=\frac14\cos x\cos(3x)+\frac34\cos^2x\\ &=\frac18\bigl(\cos(4x)+\cos(2x)\bigr) +\frac38\bigl(1+\cos(2x)\bigr). \end{aligned}\] En regroupant, on retrouve exactement la même expression. En \(x=0\), les coefficients ont pour somme \(1\) ; en \(x=\pi/2\), l’expression vaut \(3/8-1/2+1/8=0\). Ces contrôles peuvent détecter une erreur de coefficient.

Exemple 79 — Isoler le cube dans une identité.

La formule \(\cos(3x)=4\cos^3x-3\cos x\) donne \[\cos^3x=\frac14\cos(3x)+\frac34\cos x.\] Le coefficient \(3/4\) se déduit de l’égalité \(4\cos^3x=\cos(3x)+3\cos x\). Un coefficient \(3/8\) à sa place donnerait \(5/8\) en zéro, au lieu de \(1\) : tester un angle simple est un contrôle utile, mais la preuve reste le calcul à partir de l’identité triple.

À essayer 48 — Un produit puis une puissance.

Linéariser \(\sin^3x\cos x\), puis \(\sin^4x\).

Correction détaillée.

On sépare les facteurs que l’on sait transformer : \[\begin{aligned} \sin^3x\cos x &=\sin^2x\,(\sin x\cos x)\\ &=\frac{1-\cos(2x)}2\,\frac{\sin(2x)}2\\ &=\frac14\sin(2x)-\frac18\sin(4x). \end{aligned}\] Pour la quatrième puissance, \[\begin{aligned} \sin^4x &=\left(\frac{1-\cos(2x)}2\right)^2\\ &=\frac14\left(1-2\cos(2x)+\frac{1+\cos(4x)}2\right)\\ &=\frac38-\frac12\cos(2x)+\frac18\cos(4x). \end{aligned}\] Le signe du terme en \(\cos(2x)\) distingue les formules de \(\sin^4x\) et de \(\cos^4x\).

À reprendre plus tard. Retrouver \(\sin^2x\cos^2x=(1-\cos(4x))/8\) en commençant par \(\sin x\cos x=\sin(2x)/2\). Le carré donne d’abord \(\sin^2(2x)/4\), puis la duplication fournit le résultat.

Méthode 49 — Calculer les angles multiples de proche en proche

Approfondissement guidé : une suite définie par une relation de récurrence.

Une relation entre trois angles successifs

Pour un réel \(x\) fixé, posons \(u_0=1\), \(u_1=\cos x\), \(u_2=\cos(2x)\), etc., c’est-à-dire \(u_n=\cos(nx)\) pour tout entier naturel \(n\). Alors, pour tout entier \(n\geq1\), \[u_{n+1}=2\cos x\,u_n-u_{n-1}.\]

Démonstration.

Les formules d’addition donnent \[\begin{aligned} \cos((n+1)x)&=\cos(nx)\cos x-\sin(nx)\sin x,\\ \cos((n-1)x)&=\cos(nx)\cos x+\sin(nx)\sin x. \end{aligned}\] En additionnant, les termes en sinus disparaissent. On obtient \(u_{n+1}+u_{n-1}=2\cos x\,u_n\), puis la relation annoncée.

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Calculer les premiers termes. En notant \(c=\cos x\), \[\begin{aligned} u_2&=2c^2-1,\\ u_3&=2c(2c^2-1)-c=4c^3-3c,\\ u_4&=2c(4c^3-3c)-(2c^2-1)=8c^4-8c^2+1. \end{aligned}\] Chaque calcul utilise les deux expressions précédentes. Pour justifier une formule générale par récurrence avec cette relation, il faut vérifier les deux premiers rangs, puis montrer que deux rangs successifs entraînent le suivant.

Exemple 80 — Résoudre une équation algébrique grâce au cosinus.

Résoudre \(4X^3-3X=1/2\) dans \(\mathbb{R}\). La fonction \(P(X)=4X^3-3X\) a pour dérivée \(12X^2-3\), strictement positive pour \(X\geq1\). Comme \(P(1)=1\), aucun \(X\geq1\) ne convient. De plus, \(P(-X)=-P(X)\) : pour \(X\leq-1\), on a \(P(X)\leq-1\), donc aucune solution non plus. Toutes les solutions sont ainsi dans \(]-1;1[\).

Chaque nombre \(X\) de cet intervalle s’écrit de façon unique \(X=\cos a\), avec \(0<a<\pi\). L’identité triple transforme alors l’équation en \(\cos(3a)=1/2\), avec \(0<3a<3\pi\). Les angles possibles sont \(\pi/3\), \(5\pi/3\) et \(7\pi/3\). Par conséquent, les trois solutions sont \[\boxed{\cos\frac\pi9,\quad \cos\frac{5\pi}9,\quad \cos\frac{7\pi}9.}\] Elles sont distinctes, car le cosinus est strictement décroissant sur \([0;\pi]\). Le raisonnement a d’abord délimité toutes les valeurs possibles de \(X\), puis les a toutes examinées : la liste est complète.

À essayer 49 — Passer à l'angle quintuple.

À partir des expressions de \(u_3\) et de \(u_4\), calculer \(u_5\), puis donner une expression de \(\cos(5x)\) en fonction de \(\cos x\).

Correction détaillée.

On utilise \(u_5=2cu_4-u_3\) : \[\begin{aligned} u_5&=2c(8c^4-8c^2+1)-(4c^3-3c)\\ &=16c^5-16c^3+2c-4c^3+3c\\ &=16c^5-20c^3+5c. \end{aligned}\] Donc \(\cos(5x)=16\cos^5x-20\cos^3x+5\cos x\). En \(x=0\), le membre droit vaut \(16-20+5=1\), comme \(\cos0\).

Choisir et comparer. Cette démarche est utile lorsque des angles multiples se succèdent ou lorsqu’un polynôme ressemble à une identité trigonométrique connue. Poser \(X=\cos a\) exige toutefois de vérifier d’abord que \(X\) est compris entre \(-1\) et \(1\).

Méthode 50 — Calculer une somme par symétrie ou par annulation des termes

Approfondissement guidé : écrire les premiers et les derniers termes.

Deux questions préalables. Combien y a-t-il de termes ? Peut-on les associer deux à deux par symétrie ? Si ce n’est pas possible, une formule trigonométrique peut transformer les termes en différences qui s’annulent lors de l’addition. Cette annulation est appelée un télescopage.

Exemple 81 — Cinq cosinus dont quatre s'annulent deux à deux.

Calculer \[C=1+\cos\frac\pi5+\cos\frac{2\pi}5 +\cos\frac{3\pi}5+\cos\frac{4\pi}5.\] Comme \(\cos(\pi-a)=-\cos a\), \[\cos\frac\pi5+\cos\frac{4\pi}5=0, \qquad \cos\frac{2\pi}5+\cos\frac{3\pi}5=0.\] Il reste donc \(C=1\). Le nombre de termes et les angles présents permettent ici une résolution immédiate.

Exemple 82 — Une somme plus générale par télescopage.

Pour un entier naturel \(n\), on pose \[C=\cos a+\cos(a+t)+\cos(a+2t)+\cdots+\cos(a+nt).\] Il y a \(n+1\) termes : le premier correspond à zéro ajout de \(t\), et le dernier à \(n\) ajouts. Supposons que \(t\) ne soit pas un multiple entier de \(2\pi\). Alors \(\sin(t/2)\ne0\). La formule de différence des sinus donne, pour chaque entier \(k\) entre \(0\) et \(n\), \[2\sin\frac t2\cos(a+kt) =\sin\left(a+kt+\frac t2\right) -\sin\left(a+kt-\frac t2\right).\] Pour \(n\geq2\), les trois premiers termes du membre droit montrent comment les termes s’annulent : \[\begin{aligned} &\sin(a+t/2)-\sin(a-t/2),\\ &\sin(a+3t/2)-\sin(a+t/2),\\ &\sin(a+5t/2)-\sin(a+3t/2). \end{aligned}\] Chaque terme positif, sauf le dernier, est opposé au terme négatif de la ligne suivante. Après addition de toutes les lignes, \[2\sin\frac t2\,C =\sin\left(a+nt+\frac t2\right)-\sin\left(a-\frac t2\right).\] On transforme cette dernière différence en produit, puis on divise par \(2\sin(t/2)\) : \[\boxed{C=\frac{\sin\left(\frac{(n+1)t}{2}\right)} {\sin(t/2)}\cos\left(a+\frac{nt}{2}\right).}\] Si \(t\) est un multiple entier de \(2\pi\), chaque cosinus vaut au contraire \(\cos a\). Dans ce cas, le résultat est simplement \((n+1)\cos a\) : on n’utilise pas la formule comportant une division par zéro.

Petits nombres de termes. Pour \(n=0\) ou \(n=1\), on effectue le même calcul avec un ou deux termes seulement ; il ne faut pas ajouter artificiellement un troisième terme. Les formules obtenues restent valables.

À essayer 50 — Une somme de sinus commençant au premier rang.

Pour un entier \(n\geq1\), calculer \[S=\sin t+\sin(2t)+\cdots+\sin(nt),\] en supposant d’abord que \(t\) n’est pas un multiple entier de \(2\pi\). On pourra utiliser \(2\sin(t/2)\sin(kt)=\cos(kt-t/2)-\cos(kt+t/2)\).

Correction détaillée.

La somme comporte \(n\) termes. En multipliant chaque terme par \(2\sin(t/2)\), on obtient successivement \[\begin{aligned} &\cos(t/2)-\cos(3t/2),\\ &\cos(3t/2)-\cos(5t/2),\\ &\ldots\\ &\cos(nt-t/2)-\cos(nt+t/2). \end{aligned}\] Les termes intermédiaires s’annulent. Il reste \(2\sin(t/2)S=\cos(t/2)-\cos(nt+t/2)\). La formule de différence des cosinus donne alors \[\boxed{S=\frac{\sin(nt/2)\sin((n+1)t/2)}{\sin(t/2)}.}\] Si \(t\) est un multiple entier de \(2\pi\), tous les sinus sont nuls : \(S=0\). Pour \(n=1\), la formule se réduit à \(\sin t\) ; ce contrôle permet de détecter une erreur de rang.

Si tu bloques. Avant d’utiliser une formule de somme, écris-la avec trois termes. Par exemple \(\cos a+\cos(a+t)+\cos(a+2t)\) comporte trois termes et son angle médian est \(a+t\). Les points de suspension raccourcissent l’écriture, mais ne dispensent pas de compter les termes.

12. Primitives, intégrales, approximations et modèles

Les primitives, l’intégration par parties et les suites d’intégrales font partie des outils de Terminale spécialité. Les derniers repères proposent des problèmes guidés : contrôler une approximation, vérifier un modèle et calculer une moyenne. Les relations particulières utilisées y sont données et justifiées.

Stratégie 51 — Reconnaître une dérivée ou transformer l'expression

Terminale : déterminer une primitive puis la vérifier.

Définition. Une primitive de \(f\) sur un intervalle est une fonction \(F\) dérivable telle que \(F'=f\). Deux primitives sur un même intervalle diffèrent d’une constante. On peut donc annoncer une primitive \(F\), puis écrire \(F+C\) pour décrire toutes les primitives, où \(C\) est une constante réelle.

Des formes à reconnaître par dérivation

Pour \(a\ne0\), \[\begin{array}{c|c} \text{Fonction}&\text{Une primitive}\\\hline \cos(ax+b)&\dfrac1a\sin(ax+b)\\[5pt] \sin(ax+b)&-\dfrac1a\cos(ax+b) \end{array}\] Si \(u\) est dérivable sur l’intervalle étudié, une primitive de \(u'\cos u\) est \(\sin u\), et une primitive de \(u'\sin u\) est \(-\cos u\). Le facteur \(u'\) doit être présent, éventuellement à un coefficient constant près. Si \(a=0\), les deux fonctions du tableau sont constantes : on multiplie leur valeur par \(x\), sans utiliser la division par \(a\).

Exemple 83 — La dérivée de l'angle est presque présente.

Chercher une primitive de \(f(x)=x\cos(x^2)\). L’angle est \(u(x)=x^2\) et sa dérivée est \(u'(x)=2x\). La dérivée de \(\sin(x^2)\) vaut donc \(2x\cos(x^2)\), soit deux fois la fonction voulue. Il suffit de diviser par \(2\) : \[F(x)=\frac12\sin(x^2).\] Le contrôle est immédiat : \(F'(x)=\frac12\times2x\cos(x^2)=f(x)\).

Exemple 84 — Une puissance impaire se sépare en deux termes.

Chercher une primitive de \(\sin^3x\). On utilise \(\sin^2x=1-\cos^2x\) : \[\sin^3x=\sin x-\cos^2x\sin x.\] Une primitive du premier terme est \(-\cos x\). Pour le second, la dérivation composée donne \((\cos^3x)'=-3\cos^2x\sin x\). Une primitive de \(-\cos^2x\sin x\) est donc \(\cos^3x/3\). On obtient \[F(x)=-\cos x+\frac{\cos^3x}{3}.\] En dérivant, \(F'(x)=\sin x-\cos^2x\sin x=\sin^3x\).

Autre voie. L’identité \(\sin^3x=(3\sin x-\sin(3x))/4\) donne la primitive \(G(x)=-3\cos x/4+\cos(3x)/12\). La formule \(\cos(3x)=4\cos^3x-3\cos x\) permet de vérifier que \(G(x)=F(x)\).

Exemple 85 — Une puissance paire se transforme en somme.

Le repère 48 donne \[\cos^4x=\frac38+\frac12\cos(2x)+\frac18\cos(4x).\] On cherche une primitive de chaque terme : \[F(x)=\frac{3x}{8}+\frac{\sin(2x)}4+\frac{\sin(4x)}{32}.\] En effet, les dérivées des deux sinus multiplient leurs coefficients par \(2\) et par \(4\). Pour calculer une intégrale, on évalue ensuite cette primitive aux bornes : \[\int_0^{\pi/2}\cos^4x\mathop{}\!\mathrm{d} x =F\left(\frac\pi2\right)-F(0) =\frac{3\pi}{16}.\]

Pourquoi reconnaître une composée suffit-il ? Si \(F'=f\), la règle de dérivation donne \((F(u(x)))'=f(u(x))u'(x)\). On utilise cette égalité pour proposer une primitive, puis on la dérive pour vérifier. Le calcul repose directement sur la règle de dérivation des fonctions composées.

À essayer 51 — Choisir l'outil avant de calculer.

Déterminer une primitive de a) \(\sin x\cos^2x\) ; b) \(\sin x\cos(3x)\). Calculer ensuite c) \(\displaystyle\int_0^{\pi/2}\sin^2x\mathop{}\!\mathrm{d} x\).

Correction détaillée.

a) La dérivée de \(\cos^3x\) vaut \(-3\cos^2x\sin x\). Une primitive cherchée est donc \(-\cos^3x/3\).

b) La formule de produit donne \(\sin x\cos(3x)=\bigl(\sin(4x)-\sin(2x)\bigr)/2\). Une primitive est \(-\cos(4x)/8+\cos(2x)/4\). Sa dérivée restitue les coefficients \(1/2\) et \(-1/2\).

c) Comme \(\sin^2x=(1-\cos(2x))/2\), une primitive est \(F(x)=x/2-\sin(2x)/4\). Donc l’intégrale vaut \(F(\pi/2)-F(0)=\pi/4\).

Si tu bloques. La formule \(\sin(x^2)/(2x)\) n’est pas une primitive de \(\cos(x^2)\) : la dérivation du quotient produit un terme supplémentaire. On peut diviser par un coefficient constant manquant, comme dans le premier exemple ; on ne peut pas diviser par une fonction variable sans refaire le calcul de la dérivée.

Méthode 52 — Intégrer par parties et étudier une suite d'intégrales

Terminale : la formule vient de la dérivée d’un produit.

Intégration par parties

Pour deux fonctions \(u\) et \(v\) dérivables, à dérivées continues sur \([a;b]\), \[\int_a^b u(x)v'(x)\mathop{}\!\mathrm{d} x =[u(x)v(x)]_a^b-\int_a^b u'(x)v(x)\mathop{}\!\mathrm{d} x.\] L’écriture \([H(x)]_a^b\) signifie \(H(b)-H(a)\).

Démonstration.

On part de \((uv)'=u'v+uv'\). L’intégrale de la dérivée du produit vaut \(u(b)v(b)-u(a)v(a)\). Par linéarité, \[[u(x)v(x)]_a^b =\int_a^b u'(x)v(x)\mathop{}\!\mathrm{d} x+\int_a^b u(x)v'(x)\mathop{}\!\mathrm{d} x.\] On isole la dernière intégrale pour obtenir la formule.

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Exemple 86 — Dériver le facteur qui devient plus simple.

Calculer \(I=\displaystyle\int_0^\pi x\sin x\mathop{}\!\mathrm{d} x\). On choisit \(u(x)=x\) et \(v'(x)=\sin x\). Alors \(u'(x)=1\) et on peut prendre \(v(x)=-\cos x\). Ainsi \[\begin{aligned} I&=[-x\cos x]_0^\pi+\int_0^\pi\cos x\mathop{}\!\mathrm{d} x\\ &=\pi+[\sin x]_0^\pi=\pi. \end{aligned}\] La primitive \(-x\cos x+\sin x\) permet également de vérifier le résultat : sa dérivée est \(x\sin x\).

Exemple 87 — Deux intégrations par parties donnent une équation.

Calculer \[I=\int_0^\pi{\mathrm{e}}^x\cos x\mathop{}\!\mathrm{d} x, \qquad J=\int_0^\pi{\mathrm{e}}^x\sin x\mathop{}\!\mathrm{d} x.\] Dans \(I\), on dérive \(\cos x\) et on prend \({\mathrm{e}}^x\) comme primitive de l’exponentielle : \[I=[{\mathrm{e}}^x\cos x]_0^\pi+J=-{\mathrm{e}}^\pi-1+J.\] Dans \(J\), la même organisation donne \[J=[{\mathrm{e}}^x\sin x]_0^\pi-I=-I.\] On remplace \(J\) dans la première égalité : \(I=-{\mathrm{e}}^\pi-1-I\). Donc \[\boxed{I=-\frac{{\mathrm{e}}^\pi+1}{2}.}\] Les deux intégrales sont des nombres ; on a simplement résolu une équation du premier degré en \(I\).

Retrouver une primitive. Le calcul suggère \(F(x)={\mathrm{e}}^x(\cos x+\sin x)/2\). Sa dérivée vaut bien \({\mathrm{e}}^x(\cos x+\sin x-\sin x+\cos x)/2={\mathrm{e}}^x\cos x\). L’évaluation de \(F\) entre \(0\) et \(\pi\) confirme le résultat.

Exemple 88 — Une suite d'intégrales calculée de deux rangs en deux rangs.

Posons \(I_0=\pi/2\) et, pour tout entier \(n\geq1\), \[I_n=\int_0^{\pi/2}\sin^n x\mathop{}\!\mathrm{d} x.\] On a \(I_1=[-\cos x]_0^{\pi/2}=1\). Pour \(n\geq2\), on écrit \(\sin^n x=\sin^{n-1}x\sin x\) et on choisit \[u(x)=\sin^{n-1}x,\qquad v'(x)=\sin x.\] Alors \(u'(x)=(n-1)\sin^{n-2}x\cos x\) et \(v(x)=-\cos x\). Le terme \([-\sin^{n-1}x\cos x]_0^{\pi/2}\) est nul : à droite, le cosinus vaut zéro ; à gauche, \(\sin^{n-1}0=0\), puisque \(n-1\geq1\). Donc \[\begin{aligned} I_n&=(n-1)\int_0^{\pi/2}\sin^{n-2}x\cos^2x\mathop{}\!\mathrm{d} x\\ &=(n-1)\int_0^{\pi/2}\sin^{n-2}x(1-\sin^2x)\mathop{}\!\mathrm{d} x\\ &=(n-1)(I_{n-2}-I_n). \end{aligned}\] On ajoute \((n-1)I_n\) aux deux membres : \(nI_n=(n-1)I_{n-2}\). Ainsi \[\boxed{I_n=\frac{n-1}{n}I_{n-2}\quad\text{pour }n\geq2.}\] Par exemple, \[I_4=\frac34 I_2=\frac34\times\frac12 I_0=\frac{3\pi}{16}, \qquad I_5=\frac45 I_3=\frac45\times\frac23 I_1=\frac8{15}.\] Les rangs pairs se ramènent à \(I_0\) ; les rangs impairs à \(I_1\).

À essayer 52 — Les bornes et le signe ont leur importance.

Calculer \(\displaystyle\int_0^\pi x\cos x\mathop{}\!\mathrm{d} x\) et \(I_6\).

Correction détaillée.

Avec \(u(x)=x\) et \(v(x)=\sin x\), \[\int_0^\pi x\cos x\mathop{}\!\mathrm{d} x =[x\sin x]_0^\pi-\int_0^\pi\sin x\mathop{}\!\mathrm{d} x =0-[-\cos x]_0^\pi=-2.\] L’intégrale peut être négative : la fonction \(x\cos x\) prend des valeurs négatives sur la seconde moitié de l’intervalle. Pour la suite, \(I_6=\frac56 I_4=\frac56\times\frac{3\pi}{16}=\frac{5\pi}{32}\). Comme \(0\leq\sin x\leq1\) sur l’intervalle, on a \(\sin^6x\leq\sin^4x\), donc \(I_6\leq I_4\) : le résultat satisfait ce contrôle.

Choisir et comparer. Une puissance paire faible se transforme rapidement en somme. Pour une puissance élevée, une relation entre les intégrales évite un développement complet. Dans une intégration par parties, annoncer \(u\), \(u'\), \(v\) et \(v'\) permet de contrôler les signes et les termes aux bornes.

Méthode 53 — Reconnaître une primitive de quotient ou encadrer une intégrale

Terminale : utiliser une dérivée connue et la comparaison des fonctions.

Premier geste. Comparer le numérateur à la dérivée du dénominateur. Pour une fonction \(u\) strictement positive, \((\ln u)'=u'/u\). Lorsque cette forme n’apparaît pas, une primitive peut être proposée et vérifiée ; sinon, un encadrement de la fonction permet déjà d’encadrer l’intégrale.

Exemple 89 — Un quotient dont le numérateur est une dérivée connue.

Calculer \[I=\int_0^\pi\frac{\sin x}{2+\cos x}\mathop{}\!\mathrm{d} x.\] Le dénominateur est strictement positif puisque \(2+\cos x\geq1\). Sa dérivée est \(-\sin x\). Une primitive du quotient est donc \(F(x)=-\ln(2+\cos x)\), car \[F'(x)=-\frac{-\sin x}{2+\cos x} =\frac{\sin x}{2+\cos x}.\] L’évaluation aux bornes donne \[I=-\ln1+\ln3=\ln3.\] Le signe positif est cohérent avec celui de la fonction sur \([0;\pi]\).

Exemple 90 — Obtenir une information sans connaître de primitive simple.

Encadrer \[J=\int_0^\pi\frac1{2+\cos x}\mathop{}\!\mathrm{d} x.\] L’encadrement \(-1\leq\cos x\leq1\) donne \(1/3\leq1/(2+\cos x)\leq1\), puis \(\pi/3\leq J\leq\pi\). On peut faire mieux en séparant l’intervalle en deux parties.

Sur \([0;\pi/2]\), on a \(0\leq\cos x\leq1\), donc \(1/3\leq1/(2+\cos x)\leq1/2\). Sur \([\pi/2;\pi]\), on a \(-1\leq\cos x\leq0\), donc \(1/2\leq1/(2+\cos x)\leq1\). En intégrant chaque encadrement, puis en additionnant, \[\frac\pi6+\frac\pi4\leq J\leq\frac\pi4+\frac\pi2, \qquad \boxed{\frac{5\pi}{12}\leq J\leq\frac{3\pi}{4}.}\] C’est un encadrement, pas une valeur exacte. Il est plus précis que le précédent parce qu’il utilise le signe du cosinus sur chaque moitié de l’intervalle.

À essayer 53 — Vérifier une primitive proposée.

Sur \(]-\pi;\pi[\), on propose \(F(x)=\dfrac{\sin x}{1+\cos x}\). Montrer que c’est une primitive de \(1/(1+\cos x)\), puis calculer l’intégrale de cette dernière fonction entre \(-\pi/2\) et \(\pi/2\).

Correction détaillée.

Sur \(]-\pi;\pi[\), le dénominateur \(1+\cos x\) est strictement positif. La dérivation du quotient donne \[\begin{aligned} F'(x)&=\frac{\cos x(1+\cos x)+\sin^2x}{(1+\cos x)^2}\\ &=\frac{\cos x+1}{(1+\cos x)^2} =\frac1{1+\cos x}. \end{aligned}\] Donc l’intégrale demandée vaut \(F(\pi/2)-F(-\pi/2)=1-(-1)=2\). Les angles \(-\pi\) et \(\pi\) ne font pas partie du domaine de cette primitive ni de celui de la fonction intégrée.

Contrôle et portée. Le résultat proposé pour une primitive se contrôle par dérivation. Un encadrement d’intégrale se justifie par des inégalités valables sur tout l’intervalle ; une courbe seule ne suffit pas à les établir.

Méthode 54 — Approcher sinus et cosinus avec une erreur démontrée

Approfondissement guidé : obtenir des encadrements par les variations.

Objectif. Remplacer provisoirement une fonction par un polynôme peut faciliter un calcul. Pour savoir quand ce remplacement est précis, on encadre leur différence. Les démonstrations suivantes utilisent seulement les dérivées, le signe d’une fonction et ses variations.

Encadrements utiles

Pour tout \(x\geq0\), \[x-\frac{x^3}{6}\leq\sin x \leq x-\frac{x^3}{6}+\frac{x^5}{120},\] \[1-\frac{x^2}{2}\leq\cos x \leq1-\frac{x^2}{2}+\frac{x^4}{24}.\] On a également, pour tout réel \(x\), \[1-\frac{x^2}{2}+\frac{x^4}{24}-\frac{x^6}{720} \leq\cos x\leq1-\frac{x^2}{2}+\frac{x^4}{24}.\] Ces encadrements sont particulièrement précis lorsque \(x\) est proche de \(0\). Les constantes \(6\), \(24\), \(120\) et \(720\) vont être obtenues par les calculs de dérivées ; aucune formule générale supplémentaire n’est nécessaire.

Démonstration.

On travaille d’abord sur \([0;+\infty[\). Une fonction croissante qui vaut zéro en zéro est positive ou nulle sur cet intervalle.

1. Commencer par une inégalité connue. Posons \(h_1(x)=x-\sin x\). Comme \(h_1'(x)=1-\cos x\geq0\) et \(h_1(0)=0\), on a \(h_1(x)\geq0\).

2. Obtenir la première borne du cosinus. Posons \(h_2(x)=\cos x-1+x^2/2\). Sa dérivée vaut \(h_2'(x)=x-\sin x=h_1(x)\geq0\) et \(h_2(0)=0\). Donc \(h_2(x)\geq0\), soit \(\cos x\geq1-x^2/2\).

3. Obtenir la première borne du sinus. Posons \(h_3(x)=\sin x-x+x^3/6\). Sa dérivée vaut \(h_3'(x)=\cos x-1+x^2/2=h_2(x)\geq0\). Avec \(h_3(0)=0\), on obtient \(\sin x\geq x-x^3/6\).

4. Poursuivre exactement le même raisonnement. Les trois fonctions suivantes valent toutes zéro en zéro : \[\begin{aligned} h_4(x)&=1-\frac{x^2}{2}+\frac{x^4}{24}-\cos x,\\ h_5(x)&=x-\frac{x^3}{6}+\frac{x^5}{120}-\sin x,\\ h_6(x)&=\cos x-1+\frac{x^2}{2}-\frac{x^4}{24}+\frac{x^6}{720}. \end{aligned}\] Leurs dérivées sont respectivement \(h_3\), \(h_4\) et \(h_5\). Comme \(h_3\geq0\), on en déduit successivement \(h_4\geq0\), puis \(h_5\geq0\), puis \(h_6\geq0\). Ces trois inégalités donnent les bornes restantes.

Enfin, le cosinus et les polynômes qui l’encadrent sont pairs : leurs inégalités restent donc valables pour \(x<0\).

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Exemple 91 — Approcher le sinus avec une précision annoncée.

Pour \(x=0{,}1\), l’encadrement du sinus donne \[0\leq\sin(0{,}1)-\left(0{,}1-\frac{0{,}1^3}{6}\right) \leq\frac{0{,}1^5}{120}<8{,}34\times10^{-8}.\] Le nombre \(0{,}1-0{,}001/6=0{,}099833333\ldots\) approche donc \(\sin(0{,}1)\) avec une erreur inférieure à \(10^{-7}\). On a démontré cette précision pour l’argument considéré : elle ne s’applique pas automatiquement à tout \(x\).

De même, pour tout réel \(x\), \[0\leq\cos x-\left(1-\frac{x^2}{2}\right)\leq\frac{x^4}{24}.\] La parabole \(y=1-x^2/2\) approche le cosinus près de zéro, mais ne décrit pas sa périodicité sur toute la droite.

Deux polynômes encadrent le cosinus. Les inégalités démontrées donnent une borne sur l’erreur ; la proximité des courbes sert seulement de contrôle visuel.

Exemple 92 — Calculer une limite lorsque les premiers termes s'annulent.

Pour \(x>0\), l’encadrement du sinus donne \[0\leq\frac{\sin x-x+x^3/6}{x^3}\leq\frac{x^2}{120}.\] Par encadrement, \(\displaystyle\lim_{x\to0^+}\frac{\sin x-x}{x^3}=-1/6\). La fonction \(x\mapsto(\sin x-x)/x^3\) est paire sur les réels non nuls : le numérateur et le dénominateur changent tous deux de signe quand on remplace \(x\) par \(-x\). La limite à gauche est donc la même, et \[\boxed{\lim_{x\to0}\frac{\sin x-x}{x^3}=-\frac16.}\] L’approximation \(\sin x\approx x\) seule ne permettait pas de conclure, car ces deux termes se soustraient. Il fallait un encadrement plus précis de leur différence.

À essayer 54 — Contrôler le terme suivant.

Calculer \(\displaystyle\lim_{x\to0}\frac{\cos x-1+x^2/2}{x^4}\). Puis encadrer l’erreur de l’approximation \(\cos x\approx1-x^2/2+x^4/24\) lorsque \(|x|\leq0{,}2\).

Correction détaillée.

Pour \(x\ne0\), la dernière paire de bornes du cosinus donne \[\frac1{24}-\frac{x^2}{720} \leq\frac{\cos x-1+x^2/2}{x^4}\leq\frac1{24}.\] Les deux bornes tendent vers \(1/24\) : la limite vaut donc \(1/24\). La même inégalité donne \[0\leq1-\frac{x^2}{2}+\frac{x^4}{24}-\cos x \leq\frac{x^6}{720}.\] Pour \(|x|\leq0{,}2\), l’erreur est au plus \(0{,}2^6/720<8{,}89\times10^{-8}\).

Contrôle et portée. Un polynôme approché et une fonction trigonométrique ne sont pas égaux. Une limite obtenue par encadrement exige de comparer l’erreur au dénominateur : ici, après division, les bornes d’erreur tendent bien vers zéro.

Méthode 55 — Vérifier un modèle périodique et déterminer ses coefficients

Approfondissement guidé : dériver une expression proposée et exploiter les données.

Cadre de l’exercice. On peut proposer une relation faisant intervenir \(y\), \(y'\) et \(y''\), puis demander de vérifier qu’une fonction donnée la satisfait. Le symbole \(y''\) désigne la dérivée de \(y'\). Ici, on vérifie des modèles proposés ; aucune formule générale de résolution d’une équation différentielle du second ordre n’est à connaître.

Exemple 93 — Deux données déterminent deux coefficients.

On propose un modèle \[y(t)=A\cos(3t)+B\sin(3t),\] où \(A\) et \(B\) sont deux constantes. Déterminer ces constantes si \(y(0)=2\) et \(y'(0)=-3\), puis vérifier la relation \(y''+9y=0\).

Comme \(\cos0=1\) et \(\sin0=0\), la première condition donne \(A=2\). La dérivée est \(y'(t)=-3A\sin(3t)+3B\cos(3t)\). La seconde condition donne donc \(3B=-3\), soit \(B=-1\). Le modèle est \[y(t)=2\cos(3t)-\sin(3t).\] En dérivant une seconde fois, \(y''(t)=-18\cos(3t)+9\sin(3t)=-9y(t)\). La relation demandée est vérifiée pour tout réel \(t\).

L’amplitude vaut \(\sqrt{2^2+(-1)^2}=\sqrt5\) et une période est \(2\pi/3\). Ces informations proviennent de la forme de l’expression, tandis que les conditions en zéro déterminent ses coefficients.

Exemple 94 — Une oscillation amortie n'est pas périodique.

On propose \(z(t)={\mathrm{e}}^{-t}\cos(3t)\) pour \(t\geq0\). Le produit se dérive en \[z'(t)={\mathrm{e}}^{-t}\bigl(-\cos(3t)-3\sin(3t)\bigr).\] Une seconde dérivation donne \[z''(t)={\mathrm{e}}^{-t}\bigl(-8\cos(3t)+6\sin(3t)\bigr).\] On peut alors vérifier directement la relation fournie \(z''+2z'+10z=0\) : les coefficients des cosinus donnent \(-8-2+10=0\), ceux des sinus donnent \(6-6=0\).

Comme \(|\cos(3t)|\leq1\), on a \(|z(t)|\leq{\mathrm{e}}^{-t}\). Les oscillations se trouvent donc entre les courbes \(y=-{\mathrm{e}}^{-t}\) et \(y={\mathrm{e}}^{-t}\) et tendent vers zéro par encadrement. La fonction n’est pas périodique : \(z(0)=1\), tandis que pour tout \(T>0\), \(|z(T)|\leq{\mathrm{e}}^{-T}<1\) ; aucune période positive ne peut ramener la valeur initiale.

À essayer 55 — Du modèle à l'instant recherché.

On propose \(y(t)=A\cos(2t)+B\sin(2t)\), avec \(y(0)=0\) et \(y'(0)=6\). Déterminer \(A\) et \(B\), vérifier \(y''+4y=0\), puis trouver le premier instant positif où \(y\) atteint son maximum.

Correction détaillée.

La première condition donne \(A=0\). Comme \(y'(0)=2B\), la seconde donne \(B=3\). Ainsi \(y(t)=3\sin(2t)\), puis \(y''(t)=-12\sin(2t)=-4y(t)\). Le maximum vaut \(3\). Il est atteint lorsque \(\sin(2t)=1\). Le premier angle positif dont le sinus vaut \(1\) est \(\pi/2\), donc le premier instant positif est \(t=\pi/4\).

Contrôle et portée. Vérifier qu’une fonction proposée satisfait une relation ne prouve pas, à soi seul, qu’elle décrit toutes les fonctions qui la satisfont. Dans ces exemples, la question porte sur le modèle donné et ses coefficients ; les calculs répondent exactement à cette question.

Méthode 56 — Calculer la moyenne d'une expression périodique

Terminale et approfondissement guidé : développer, intégrer et interpréter.

Valeur moyenne sur un intervalle

Pour une fonction continue \(f\) sur \([a;b]\), avec \(a<b\), sa valeur moyenne est \[\frac1{b-a}\int_a^b f(x)\mathop{}\!\mathrm{d} x.\] Sur \([-\pi;\pi]\), la longueur de l’intervalle est \(2\pi\) : on divise donc l’intégrale par \(2\pi\). La moyenne de \(f^2\) et le carré de la moyenne de \(f\) sont deux nombres différents en général.

Quelques calculs utiles. Pour un entier \(n\geq1\), une primitive de \(\cos(nx)\) est \(\sin(nx)/n\), et une primitive de \(\sin(nx)\) est \(-\cos(nx)/n\). Comme \(\sin(n\pi)=\sin(-n\pi)=0\) et \(\cos(n\pi)=\cos(-n\pi)\), \[\int_{-\pi}^{\pi}\cos(nx)\mathop{}\!\mathrm{d} x=0, \qquad \int_{-\pi}^{\pi}\sin(nx)\mathop{}\!\mathrm{d} x=0.\] Les formules \(\cos^2(nx)=(1+\cos(2nx))/2\) et \(\sin^2(nx)=(1-\cos(2nx))/2\) donnent aussi \[\int_{-\pi}^{\pi}\cos^2(nx)\mathop{}\!\mathrm{d} x=\pi, \qquad \int_{-\pi}^{\pi}\sin^2(nx)\mathop{}\!\mathrm{d} x=\pi.\] Ces égalités concernent les fonctions et l’intervalle indiqués ; on ne les applique pas automatiquement à un autre produit ou à un autre intervalle.

Exemple 95 — Moyenne et moyenne du carré.

Soit \(p(x)=2+3\cos(2x)-\sin(3x)\). Les intégrales des deux termes trigonométriques sont nulles sur \([-\pi;\pi]\). Ainsi l’intégrale de \(p\) vaut \(4\pi\), et sa moyenne est \(2\).

Pour la moyenne de son carré, on développe d’abord : \[\begin{aligned} p(x)^2={}&4+9\cos^2(2x)+\sin^2(3x)\\ &+12\cos(2x)-4\sin(3x)-6\cos(2x)\sin(3x). \end{aligned}\] Les intégrales des termes \(12\cos(2x)\) et \(-4\sin(3x)\) sont nulles. Pour le dernier produit, la formule \[2\cos(2x)\sin(3x)=\sin(5x)+\sin x\] montre que son intégrale est nulle également. Les trois termes restants donnent \(8\pi+9\pi+\pi=18\pi\). La moyenne de \(p^2\) est donc \(18\pi/(2\pi)=9\). Elle diffère du carré de la moyenne de \(p\), qui vaut \(2^2=4\).

Exemple 96 — Une puissance élevée sans développement complet.

Calculer la moyenne de \(\sin^6x\) sur \([-\pi;\pi]\). L’identité \(\sin^3x=(3\sin x-\sin(3x))/4\) donne, après élévation au carré, \[\sin^6x=\frac9{16}\sin^2x -\frac38\sin x\sin(3x) +\frac1{16}\sin^2(3x).\] Le produit se transforme en \(2\sin x\sin(3x)=\cos(2x)-\cos(4x)\) : son intégrale est nulle sur l’intervalle. Les deux carrés ont chacun une intégrale égale à \(\pi\). Ainsi \[\int_{-\pi}^{\pi}\sin^6x\mathop{}\!\mathrm{d} x=\frac{10\pi}{16} =\frac{5\pi}{8}.\] La moyenne vaut donc \(\dfrac{5\pi/8}{2\pi}=\dfrac5{16}\). Chaque annulation a été justifiée par une identité et un calcul de primitive.

Exemple 97 — Retrouver trois coefficients grâce à trois intégrales.

Une fonction s’écrit \(q(x)=a+b\cos x+c\sin x\). On sait que, sur \([-\pi;\pi]\), l’intégrale de \(q\) vaut \(4\pi\), celle de \(q(x)\cos x\) vaut \(-3\pi\) et celle de \(q(x)\sin x\) vaut \(\pi\). Retrouver \(a\), \(b\) et \(c\).

L’intégrale de \(q\) vaut \(2\pi a\), donc \(a=2\). On développe ensuite \(q(x)\cos x=a\cos x+b\cos^2x+c\sin x\cos x\). L’intégrale du premier terme est nulle, celle du deuxième vaut \(b\pi\), et celle du dernier est nulle puisque \(2\sin x\cos x=\sin(2x)\). Ainsi \(b\pi=-3\pi\), donc \(b=-3\). De même, en développant \(q(x)\sin x\), seule l’intégrale de \(c\sin^2x\) subsiste : elle vaut \(c\pi\). Donc \(c=1\) et \[q(x)=2-3\cos x+\sin x.\] Trois égalités numériques ont permis de déterminer les trois constantes.

À essayer 56 — Comparer une oscillation à son niveau moyen.

Pour \(q(x)=a\cos x+b\sin x\), calculer sa moyenne et la moyenne de son carré sur \([-\pi;\pi]\). Les nombres \(a\) et \(b\) sont des constantes réelles.

Correction détaillée.

La moyenne de \(q\) est nulle puisque les deux intégrales de sinus et de cosinus sont nulles. En développant, \[q(x)^2=a^2\cos^2x+2ab\sin x\cos x+b^2\sin^2x.\] Le terme du milieu a une intégrale nulle grâce à \(2\sin x\cos x=\sin(2x)\). Les deux autres donnent \(a^2\pi+b^2\pi\). La moyenne de \(q^2\) vaut donc \[\frac{a^2+b^2}{2}.\] Une oscillation peut avoir une moyenne nulle tout en ayant une moyenne du carré strictement positive : les valeurs positives et négatives se compensent dans la première, mais pas après élévation au carré.

À reprendre plus tard. Pour \(q(x)=3\cos x\), retrouver une moyenne égale à \(0\) et une moyenne du carré égale à \(9/2\). L’amplitude vaut \(3\) : amplitude, moyenne et moyenne du carré décrivent trois informations différentes.

13. Choisir une démarche sans que le titre la donne

Consigne commune. Avant chaque résolution, écris l’indice décisif de l’énoncé, la condition à vérifier et ton premier geste. Les problèmes sont mélangés : leur numéro n’indique pas la méthode. Les corrections commencent après tous les énoncés. Tous les problèmes utilisent les outils du lycée ou les identités démontrées dans le dossier. Les problèmes 6, 10 et 12 à 16 sont des approfondissements guidés : les résultats complémentaires utiles sont rappelés dans leurs énoncés ou leurs corrections.

Énoncés à tenter avant consultation

Problème 1.

Déterminer la mesure principale de \(-101\pi/6\), puis ses sinus et cosinus. Sur \([0;2\pi[\), déterminer le domaine de \(F(x)=\sqrt{2\cos x-1}/(1+\sin x)\). Enfin, sur \([-\pi;\pi]\), résoudre \(\sqrt{1-\sin x}=\cos x\) sans conserver de solution obtenue seulement par une opération non réversible. Correction 1.

Problème 2.

Résoudre \(\sin(3x-\pi/4)=-\sqrt2/2\) sur \(]-\pi;\pi]\). Justifier la liste des entiers retenus dans chaque famille et donner les solutions dans l’ordre croissant. Correction 2.

Problème 3.

Résoudre \(\sin(\pi/6-3x)>1/2\) sur \([0;2\pi[\). Donner une seconde lecture à partir de l’image du domaine par l’angle. Correction 3.

Problème 4.

Résoudre \(\dfrac{\cos2x-\cos x}{2\sin x-1}\geq0\) sur \([0;2\pi[\). Les points où le numérateur s’annule doivent-ils tous être retenus ? Correction 4.

Problème 5.

Sur \([-\pi;\pi]\), résoudre \(2\sin^3x-3\sin^2x+1\leq0\), puis la version stricte \(<0\). Expliquer l’apparition ou la disparition d’un point isolé. Correction 5.

Problème 6.

Pour quelles valeurs de \(m\in\mathbb{R}\) existe-t-il \(x\in\mathbb{R}\) tel que \(m\cos x+\sqrt3\sin x\geq2\) ? Pour quelles valeurs de \(m\) cette inégalité est-elle vraie pour tout \(x\) ? Décrire les solutions en \(x\) lorsque l’existence est acquise, en définissant les angles non remarquables utilisés. Correction 6.

Problème 7.

Résoudre \(\cos(\ln x)\geq0\) sur \([{\mathrm{e}}^{-\pi};{\mathrm{e}}^{2\pi}]\). Expliquer pourquoi la solution n’est pas une réunion de translations de période \(2\pi\) en \(x\). Correction 7.

Problème 8.

Soit \(f(x)=2\sin x+\cos2x\). Étudier ses variations sur \([-\pi/2;\pi/2]\), déterminer son image sur \(\mathbb{R}\) par une autre méthode, puis trouver la tangente en zéro. La fonction est-elle paire ? impaire ? \(\pi\)-périodique ? Correction 8.

Problème 9.

Calculer \(\displaystyle\lim_{x\to0}\frac{\sin(2x)-2\sin x}{x^3}\) de deux façons, à l’aide d’identités exactes. On pourra d’abord factoriser par \(\sin x\), puis utiliser dans une seconde résolution \(\cos x-1=-2\sin^2\left(\dfrac x2\right)\). Correction 9.

Problème 10.

Démontrer \(2\sin x+\tan x\geq3x\) pour \(0\leq x<\pi/2\). Déterminer le cas d’égalité et expliquer pourquoi on ne peut pas remplacer le domaine par \(\mathbb{R}\). Correction 10.

Problème 11.

Résoudre \(\sin x+\cos x\geq0\) sur \([-\pi;\pi]\) par deux démarches : en utilisant \(\sin x+\cos x=\sqrt2\cos(x-\pi/4)\), puis en séparant les intervalles selon le signe du sinus et du cosinus. Adapter ensuite la réponse à \([0;2\pi]\). Correction 11.

Problème 12.

Soit \(t\) un nombre de \([0;1/2]\). On note \(\alpha\) et \(\beta\) les angles de \([0;\pi/2]\) tels que \(\sin\alpha=t\) et \(\sin\beta=2t\). Trouver \(t\) pour que \(\alpha+\beta=\pi/2\). Justifier le passage au carré et le retour aux angles.

Puis, pour \(x\) dans \([-\pi;\pi]\), déterminer selon le signe de \(x\) l’unique angle \(\theta\) de \([0;\pi]\) dont le cosinus vaut \(\cos x\). Représenter le résultat en fonction de \(x\). Correction 12.

Problème 13.

Calculer \(A=\int_0^{\pi/2}\sin^2x\cos^2x\mathop{}\!\mathrm{d} x\), \(B=\int_0^{\pi/2}x\sin2x\mathop{}\!\mathrm{d} x\) et \(C=\int_0^{\pi/2}\sin^6x\mathop{}\!\mathrm{d} x\). Justifier un choix différent pour chaque intégrale. Correction 13.

Problème 14.

Pour un entier naturel \(n\), on considère la somme de \(n+1\) termes \[S_n(x)=\cos x+\cos(3x)+\cdots+\cos((2n+1)x).\] Pour \(n=0\), la somme ne contient que \(\cos x\). Calculer \(S_n(x)\) lorsque \(x\) n’est pas un multiple de \(\pi\), à l’aide de \[2\sin x\cos((2k+1)x) =\sin((2k+2)x)-\sin(2kx).\] Cette identité vient des formules d’addition. Traiter ensuite les multiples pairs et impairs de \(\pi\). Contrôler le cas \(n=0\) et proposer une vérification par récurrence. Correction 14.

Problème 15.

Résoudre \(8X^4-8X^2+1=0\) par une substitution algébrique, puis expliquer comment les quatre racines se lisent avec \(\cos4\theta=0\). En déduire une valeur exacte de \(\cos(\pi/8)\). Correction 15.

Problème 16.

Pour des réels \(A\) et \(B\), on propose \[y(t)=A\cos(2t)+B\sin(2t)+\frac t4\sin(2t).\] Vérifier par deux dérivations que cette fonction satisfait \(y''+4y=\cos(2t)\). Parmi les fonctions proposées, déterminer celle qui vérifie \(y(0)=1\) et \(y'(0)=0\).

Pour \(p(x)=1+2\cos x+2\sin x\), calculer ensuite sur \([0;2\pi]\) sa valeur moyenne, l’amplitude de sa partie oscillante, puis la valeur moyenne de \(p^2\). On appelle ici valeur efficace la racine carrée de cette dernière moyenne. Calculer cette valeur et expliquer ce qui distingue les trois mesures. Correction 16.

Corrections : choix, calcul et vérification

Correction 1.

On ajoute \(16\pi=96\pi/6\) à \(-101\pi/6\) : la mesure principale est \(-5\pi/6\in]-\pi;\pi]\). Son cosinus vaut \(-\sqrt3/2\) et son sinus \(-1/2\). Pour \(F\), la racine exige \(2\cos x-1\geq0\), soit \(\cos x\geq1/2\). Sur \([0;2\pi[\), cela donne \([0;\pi/3]\cup[5\pi/3;2\pi[\). Le dénominateur s’annule seulement lorsque \(\sin x=-1\), donc en \(3\pi/2\), qui ne fait pas partie de cet ensemble ; aucune exclusion supplémentaire n’est nécessaire.

Pour l’équation, \(1-\sin x\geq0\) est automatique, mais le membre droit doit être non négatif : \(\cos x\geq0\). Avec cette condition, le carré est réversible : \[1-\sin x=\cos^2x=1-\sin^2x \Longleftrightarrow\sin x(\sin x-1)=0.\] Si \(\sin x=0\), les candidats du domaine sont \(-\pi,0,\pi\) ; seul \(0\) a un cosinus positif ou nul. Si \(\sin x=1\), on obtient \(\pi/2\), qui vérifie les deux membres nuls. Ainsi \(S=\{0;\pi/2\}\). Le premier geste utile était la condition de signe du membre droit, non le carré immédiat.

Correction 2.

Le seuil vaut \(\sin(-\pi/4)\). Les deux familles d’angles sont \(3x-\pi/4=-\pi/4+2k\pi\) ou \(3x-\pi/4=5\pi/4+2k\pi\). On obtient \(x=2k\pi/3\) ou \(x=\pi/2+2k\pi/3\). Dans la première famille, \(-1<2k/3\leq1\Longleftrightarrow-3/2<k\leq3/2\), donc \(k=-1,0,1\). Dans la seconde, \(-1<1/2+2k/3\leq1\Longleftrightarrow-9/4<k\leq3/4\), donc \(k=-2,-1,0\). \[S=\{-5\pi/6;-2\pi/3;-\pi/6;0;\pi/2;2\pi/3\}.\] Les six valeurs sont distinctes et toutes dans le domaine. Une seule famille aurait oublié trois solutions ; garder \(2k\pi\) après la division par \(3\) aurait changé la période.

Correction 3.

Les arcs stricts de sinus supérieur à \(1/2\) donnent \[\pi/6+2k\pi<\pi/6-3x<5\pi/6+2k\pi.\] Après soustraction puis division négative, \(-2\pi/9-2k\pi/3<x<-2k\pi/3\). Avec \(j=-k\), les intervalles sont \(]-2\pi/9+2j\pi/3;2j\pi/3[\). Pour rencontrer \([0;2\pi[\), il faut \(j>0\) et \(j<10/3\), donc \(j=1,2,3\). Ainsi \[S=]4\pi/9;2\pi/3[\cup]10\pi/9;4\pi/3[\cup]16\pi/9;2\pi[.\] Par l’autre voie, l’angle décroissant parcourt \(]-35\pi/6;\pi/6]\) ; les arcs convenables ont les rangs \(k=-3,-2,-1\). Revenir par \(x=(\pi/6-u)/3\) inverse leur ordre et donne les trois mêmes intervalles. L’angle \(\pi/6\) correspondant à \(x=0\) est une égalité, exclue par le signe strict.

Correction 4.

Le dénominateur s’annule en \(\pi/6\) et \(5\pi/6\) ; ces valeurs sont interdites. Le numérateur se factorise en \((2\cos x+1)(\cos x-1)\) ; il est nul en \(0,2\pi/3,4\pi/3\), négatif entre \(0\) et \(2\pi/3\), positif entre \(2\pi/3\) et \(4\pi/3\), négatif ensuite. Le dénominateur est négatif avant \(\pi/6\), positif jusqu’à \(5\pi/6\), puis négatif. Après ordonnancement de tous ces points, le quotient est positif sur \(]0;\pi/6[\), \(]2\pi/3;5\pi/6[\) et \(]4\pi/3;2\pi[\). Les trois zéros du numérateur sont autorisés parce que le dénominateur n’y est pas nul. Donc \[S=[0;\pi/6[\cup[2\pi/3;5\pi/6[\cup[4\pi/3;2\pi[.\] Le signe large inclut les zéros, pas les valeurs interdites. Si un zéro avait été commun au numérateur et au dénominateur, il aurait fallu le retirer malgré la simplification.

Correction 5.

Posons \(X=\sin x\in[-1;1]\). On a \(2X^3-3X^2+1=(X-1)^2(2X+1)\). Pour \(X\ne1\), le carré est strictement positif et le signe est celui de \(2X+1\). Ainsi la condition large est \(X\leq-1/2\) ou \(X=1\). Sur \([-\pi;\pi]\), on obtient \[S_{\leq}=[-5\pi/6;-\pi/6]\cup\{\pi/2\}.\] La condition stricte demande \(X<-1/2\) ; la racine double \(X=1\) ne convient plus. Donc \(S_< =]-5\pi/6;-\pi/6[\). Le point isolé ne vient pas d’un arc oublié : il provient d’un facteur carré qui peut être nul même lorsque le facteur restant est positif.

Correction 6.

Posons \(F(x)=m\cos x+\sqrt3\sin x\). L’amplitude est \(R=\sqrt{m^2+3}>0\). La fonction prend exactement les valeurs de \([-R;R]\) sur \(\mathbb{R}\). L’existence de \(F(x)\geq2\) équivaut à \(R\geq2\), donc à \(m^2\geq1\), soit \(m\leq-1\) ou \(m\geq1\). La validité pour tout \(x\) exigerait \(-R\geq2\), impossible. Pour les valeurs de \(m\) qui conviennent, on choisit l’angle \(\beta\) de \(]0;\pi[\) défini par \[\cos\beta=\frac mR,\qquad\sin\beta=\frac{\sqrt3}{R}.\] Les carrés de ces deux coordonnées ont pour somme \(1\), et la seconde est positive : cet angle existe bien sur le demi-cercle supérieur. La formule d’addition donne \(F(x)=R\cos(x-\beta)\). On définit aussi \(\alpha\) comme l’unique angle de \([0;\pi/2[\) tel que \(\cos\alpha=\dfrac2R\). Il existe puisque \(R\geq2\). Les solutions sont alors tous les nombres vérifiant \[\beta-\alpha+2k\pi\leq x\leq\beta+\alpha+2k\pi \quad\text{pour un entier relatif }k.\] Si \(m=1\) ou \(m=-1\), on a \(R=2\) et \(\alpha=0\) : chaque intervalle se réduit à un point. Les solutions sont \(\pi/3+2k\pi\) pour \(m=1\), et \(2\pi/3+2k\pi\) pour \(m=-1\). Il faut choisir le bon angle \(\beta\) en tenant compte du signe de \(m\).

Correction 7.

Le domaine est positif, donc le logarithme est défini. Avec \(u=\ln x\), on a \(u\in[-\pi;2\pi]\). Le cosinus est positif ou nul sur \([-\pi/2;\pi/2]\cup[3\pi/2;2\pi]\) dans ce domaine. L’exponentielle croissante transporte les bornes : \[S=[{\mathrm{e}}^{-\pi/2};{\mathrm{e}}^{\pi/2}]\cup[{\mathrm{e}}^{3\pi/2};{\mathrm{e}}^{2\pi}].\] Une translation de \(2\pi\) en \(u\) correspond à une multiplication par \({\mathrm{e}}^{2\pi}\) en \(x\). Confondre ces deux variables donnerait une périodicité additive injustifiée.

Correction 8.

La fonction est dérivable et \(f'=2\cos x-2\sin2x=2\cos x(1-2\sin x)\). Sur \(]-\pi/2;\pi/2[\), le cosinus est positif ; le signe change en \(x=\pi/6\), où le sinus vaut \(1/2\). La fonction croît sur \([-\pi/2;\pi/6]\), puis décroît sur \([\pi/6;\pi/2]\). Ses valeurs sont \(-3\), \(3/2\) et \(1\) respectivement.

Pour l’image globale, poser \(X=\sin x\in[-1;1]\) : \(f=2X+1-2X^2=3/2-2(X-1/2)^2\). Le maximum est \(3/2\), atteint pour \(X=1/2\) ; le minimum est \(-3\), atteint pour \(X=-1\). Toute valeur intermédiaire est prise par continuité ; l’image est \([-3;3/2]\). En zéro, \(f(0)=1\), \(f'(0)=2\) ; la tangente est \(y=1+2x\). La fonction n’est pas impaire car \(f(0)\ne0\). Elle n’est pas paire car \(f(\pi/2)=1\ne-3=f(-\pi/2)\). Elle n’est pas \(\pi\)-périodique car \(f(\pi/2)\ne f(3\pi/2)\). Elle est en revanche \(2\pi\)-périodique, par les périodes des termes.

Correction 9.

Première voie : factoriser et utiliser deux limites. La duplication donne \[\sin(2x)-2\sin x=2\sin x(\cos x-1).\] Pour \(x\ne0\), le quotient s’écrit donc \[2\frac{\sin x}{x}\frac{\cos x-1}{x^2}.\] Les limites démontrées aux repères 37 et 38 sont \(\dfrac{\sin x}{x}\to1\) et \(\dfrac{\cos x-1}{x^2}\to-\dfrac12\) lorsque \(x\to0\). Le produit tend vers \(2\times1\times\left(-\dfrac12\right)=-1\).

Seconde voie : n’utiliser que la limite du sinus. Avec l’identité fournie, \[\begin{aligned} \frac{\sin(2x)-2\sin x}{x^3} &=-4\frac{\sin x}{x}\left(\frac{\sin(x/2)}x\right)^2\\ &=-\frac{\sin x}{x}\left(\frac{\sin(x/2)}{x/2}\right)^2. \end{aligned}\] Chaque quotient de la dernière ligne tend vers \(1\), car \(x/2\) tend aussi vers zéro. La limite est donc encore \(-1\). Les deux calculs sont exacts pour \(x\ne0\) ; aucune approximation non justifiée n’est utilisée.

Correction 10.

Posons \(F(x)=2\sin x+\tan x-3x\) sur \([0;\pi/2[\). La tangente est définie et \[F'(x)=2\cos x+\frac1{\cos^2x}-3.\] Avec \(c=\cos x\in]0;1]\), \[F'(x)=\frac{2c^3-3c^2+1}{c^2} =\frac{(c-1)^2(2c+1)}{c^2}\geq0.\] Ainsi \(F\) est croissante et \(F(x)\geq F(0)=0\). Pour \(x>0\) dans le domaine, \(c<1\) et la dérivée est strictement positive, donc l’égalité n’a lieu qu’en zéro. Sur tout \(\mathbb{R}\), la tangente n’est pas définie aux angles \(\pi/2+k\pi\) et l’inégalité n’est pas globalement vraie : par exemple en \(x=\pi\), le membre gauche vaut zéro et le droit \(3\pi>0\).

Correction 11.

Par amplitude-phase, \(\sin x+\cos x=\sqrt2\cos(x-\pi/4)\). L’inégalité donne \(x-\pi/4\in[-\pi/2+2k\pi;\pi/2+2k\pi]\), soit \(x\in[-\pi/4+2k\pi;3\pi/4+2k\pi]\). Sur \([-\pi;\pi]\), seule la copie \(k=0\) intervient : \([-\pi/4;3\pi/4]\).

Seconde démarche : tenir compte des signes avant un carré. Sur \([-\pi;-\pi/2]\), les deux termes sont négatifs ou nuls, sans être nuls en même temps : aucun point ne convient. Sur \([0;\pi/2]\), ils sont tous deux positifs ou nuls : tout l’intervalle convient.

Sur \([-\pi/2;0]\), le cosinus est positif ou nul et le sinus négatif ou nul. On cherche \(\cos x\geq-\sin x\). Les deux membres sont non négatifs : le carré est équivalent. On obtient \(\cos^2x\geq\sin^2x\), donc \(\cos(2x)\geq0\). Comme \(2x\) appartient à \([-\pi;0]\), on garde \(2x\in[-\pi/2;0]\), soit \(x\in[-\pi/4;0]\).

Sur \([\pi/2;\pi]\), on cherche \(\sin x\geq-\cos x\), toujours entre deux nombres non négatifs. Le carré donne cette fois \(\cos(2x)\leq0\). Avec \(2x\in[\pi;2\pi]\), cela donne \(x\in[\pi/2;3\pi/4]\). En réunissant les trois parties retenues, on retrouve \([-\pi/4;3\pi/4]\).

Sur \([0;2\pi]\), l’intersection des copies produit \([0;3\pi/4]\cup[7\pi/4;2\pi]\). Le point \(2\pi\) est cette fois inclus puisque le domaine est fermé et l’expression y vaut \(1\).

Correction 12.

Puisque \(0\leq t\leq\dfrac12\), les nombres \(t\) et \(2t\) appartiennent à \([0;1]\). Le sinus, continu et strictement croissant sur \([0;\pi/2]\), prend chacune de ces valeurs une seule fois : les angles \(\alpha\) et \(\beta\) sont bien définis.

Si \(\alpha+\beta=\pi/2\), alors \[2t=\sin\beta=\sin(\pi/2-\alpha)=\cos\alpha =\sqrt{1-t^2}.\] Le cosinus de \(\alpha\) est positif ou nul, ce qui justifie la racine positive. Les deux membres sont non négatifs ; élever au carré conserve donc l’équivalence : \[4t^2=1-t^2 \quad\Longleftrightarrow\quad 5t^2=1 \quad\Longleftrightarrow\quad t=\frac1{\sqrt5},\] la dernière étape utilisant \(t\geq0\). Ce nombre appartient à \([0;1/2]\), car \(\dfrac15<\dfrac14\). Pour ce choix, \(\sin\beta=\cos\alpha=\sin(\pi/2-\alpha)\). Les deux angles \(\beta\) et \(\pi/2-\alpha\) appartiennent à \([0;\pi/2]\) : l’unicité de l’angle sur cet intervalle prouve \(\beta=\pi/2-\alpha\). Le candidat est donc bien solution.

Pour la seconde question, si \(0\leq x\leq\pi\), on prend \(\theta=x\). Si \(-\pi\leq x<0\), la parité donne \(\cos(-x)=\cos x\), et \(-x\in]0;\pi]\) : on prend \(\theta=-x\). Ainsi \(\theta=|x|\). Le tracé est formé des deux segments \(y=-x\) pour \(x\leq0\) et \(y=x\) pour \(x\geq0\), qui se rejoignent en l’origine.

Correction 13.

Pour \(A\), la duplication puis la réduction d’un carré donnent \(\sin^2x\cos^2x=(1-\cos4x)/8\). Une primitive est \(x/8-\sin4x/32\) ; aux bornes, \(A=\pi/16\). Pour \(B\), l’intégration par parties avec \(u=x\) et \(v' =\sin2x\) donne \(v=-\cos2x/2\) : \[B=\left[-\frac{x\cos2x}{2}\right]_0^{\pi/2} +\frac12\int_0^{\pi/2}\cos2x\mathop{}\!\mathrm{d} x =\frac\pi4+\left[\frac{\sin2x}{4}\right]_0^{\pi/2}=\frac\pi4.\] Pour \(C\), on utilise la suite \(I_n=\displaystyle\int_0^{\pi/2}\sin^n x\mathop{}\!\mathrm{d} x\) et la relation \(I_n=\dfrac{n-1}{n}I_{n-2}\) pour \(n\geq2\), démontrée par intégration par parties au repère 52. On part de \(I_0=\dfrac\pi2\) : \(C=I_6=\frac56\frac34\frac12 I_0=5\pi/32\). Le choix est motivé par les formes : produit de deux carrés, facteur polynomial, puis puissance élevée avec une récurrence disponible.

Correction 14.

On suppose d’abord que \(x\) n’est pas un multiple de \(\pi\) : \(\sin x\ne0\). On multiplie chaque terme par \(2\sin x\) et on applique l’identité fournie : \[\begin{aligned} 2\sin x\cos x&=\sin(2x)-\sin0,\\ 2\sin x\cos(3x)&=\sin(4x)-\sin(2x),\\ 2\sin x\cos(5x)&=\sin(6x)-\sin(4x),\\[-1mm] &\ \vdots\\[-1mm] 2\sin x\cos((2n+1)x)&=\sin((2n+2)x)-\sin(2nx). \end{aligned}\] Pour \(n\geq2\), ces lignes montrent les premiers termes et le dernier ; pour \(n=0\) ou \(1\), on s’arrête plus tôt. En additionnant, chaque terme intermédiaire apparaît une fois avec \(+\) et une fois avec \(-\) : ils s’annulent deux à deux. Il reste \[2\sin x\,S_n(x)=\sin(2(n+1)x),\qquad \boxed{S_n(x)=\frac{\sin(2(n+1)x)}{2\sin x}.}\] Si \(x\) est un multiple pair de \(\pi\), chaque cosinus vaut \(1\), donc \(S_n(x)=n+1\). Si \(x\) est un multiple impair de \(\pi\), chaque cosinus vaut \(-1\), donc \(S_n(x)=-(n+1)\). Ces cas ne se traitent pas par la fraction précédente, dont le dénominateur serait nul.

Vérification par récurrence. Pour \(n=0\), \(\dfrac{\sin(2x)}{2\sin x}=\cos x\), grâce à la duplication. Supposons la formule vraie au rang \(n\). Au rang suivant, on ajoute \(\cos((2n+3)x)\). Après multiplication par \(2\sin x\), l’identité fournie donne \[\begin{aligned} 2\sin x\,S_{n+1}(x) &=\sin((2n+2)x)\\ &\quad+\sin((2n+4)x)-\sin((2n+2)x)\\ &=\sin((2n+4)x). \end{aligned}\] En divisant par \(2\sin x\), on obtient la formule au rang \(n+1\). L’initialisation et cette étape justifient la formule pour tout entier naturel \(n\).

Correction 15.

Posons \(Y=X^2\geq0\). L’équation devient \(8Y^2-8Y+1=0\). Son discriminant vaut \(64-32=32\) ; les deux racines sont \(Y=(8\pm4\sqrt2)/16=(2\pm\sqrt2)/4\), toutes deux positives. Donc \[X\in\left\{\pm\frac{\sqrt{2+\sqrt2}}2,\ \pm\frac{\sqrt{2-\sqrt2}}2\right\}.\] Deux applications de la duplication donnent \[\cos(4\theta)=2\cos^2(2\theta)-1 =2(2\cos^2\theta-1)^2-1 =8\cos^4\theta-8\cos^2\theta+1.\] Pour \(X=\cos\theta\), l’équation devient donc \(\cos(4\theta)=0\). Pour \(\theta\in[0;\pi]\), les quatre angles sont \(\pi/8,3\pi/8,5\pi/8,7\pi/8\). Ils donnent les quatre racines déjà trouvées. Comme \(\pi/8\in[0;\pi/4]\), son cosinus est positif et au moins \(\sqrt2/2\) ; il correspond à la plus grande racine positive : \(\cos(\pi/8)=\sqrt{2+\sqrt2}/2\).

Correction 16.

On dérive la fonction proposée en appliquant les règles de dérivation d’une somme, d’un produit et d’une composée : \[\begin{aligned} y'(t)&=-2A\sin(2t)+2B\cos(2t) +\frac14\sin(2t)+\frac t2\cos(2t),\\ y''(t)&=-4A\cos(2t)-4B\sin(2t) +\cos(2t)-t\sin(2t). \end{aligned}\] Ajouter \(4y(t)\) à la seconde ligne annule les termes en \(A\), en \(B\) et en \(t\sin(2t)\). Il reste \(\cos(2t)\) : chaque fonction proposée satisfait bien l’équation. Les conditions initiales donnent \(y(0)=A=1\) et \(y'(0)=2B=0\). Parmi les fonctions proposées, on retient donc \[y(t)=\cos(2t)+\frac t4\sin(2t).\] L’énoncé fournissait la forme de la fonction : le travail demandé consiste à la vérifier, puis à déterminer ses constantes.

Pour \(p\), une période est \(2\pi\). Les intégrales de \(\cos x\) et de \(\sin x\) sur \([0;2\pi]\) valent zéro, par calcul des primitives. La valeur moyenne est donc \[\frac1{2\pi}\int_0^{2\pi}p(x)\mathop{}\!\mathrm{d} x=1.\] La formule d’addition donne \(2\cos x+2\sin x=2\sqrt2\cos(x-\pi/4)\). L’amplitude est \(2\sqrt2\) : les valeurs de \(p\) oscillent entre \(1-2\sqrt2\) et \(1+2\sqrt2\).

Pour la moyenne du carré, on développe avant d’intégrer : \[\begin{aligned} p(x)^2 &=1+4\cos x+4\sin x+4\cos^2x+8\sin x\cos x+4\sin^2x\\ &=5+4\cos x+4\sin x+4\sin(2x). \end{aligned}\] Les trois termes trigonométriques ont une intégrale nulle sur \([0;2\pi]\). Ainsi la valeur moyenne de \(p^2\) vaut \(5\) et la valeur efficace demandée vaut \(\sqrt5\). La moyenne \(1\) donne le niveau central ; l’amplitude \(2\sqrt2\) donne l’écart maximal à ce niveau ; la valeur efficace \(\sqrt5\) vient de la moyenne des carrés de la fonction entière. Les définitions et les calculs sont différents.

Reprise différée et auto-contrôle de la rédaction

Retenter les problèmes après avoir laissé passer un délai, avant d’ouvrir leur correction. Il ne s’agit pas de réciter les ensembles finaux : annoncer le choix et reconstruire les gestes.

Pour les prérequis, domaines et candidats, reprendre les problèmes 1 et 2. Pour les arcs, les crochets, les périodes et les signes, reprendre 3 à 7 et 11. Pour dérivation, variations, extrema et tangentes, reprendre 8 et 10. Pour limites, preuve ou approximation, reprendre 9 puis la dichotomie du repère 40. Pour les approfondissements guidés, reprendre 12 à 16 et les essais locaux auxquels renvoient les méthodes.

Une production réussie doit montrer : un domaine correct ; un indice de méthode identifiable avant le résultat ; les cas nuls et interdits conservés ; une transformation justifiée à chaque étape sensible ; des bornes exactes et ordonnées ; une conclusion dans la variable initiale. Quand plusieurs voies sont possibles, une seule solution complète suffit à un devoir sans consigne contraire, mais la reprise par une autre voie permet un contrôle plus indépendant.

Réparer la première erreur, pas seulement la dernière ligne. Si une composante manque, vérifier d’abord l’image du domaine et les entiers. Si une valeur interdite apparaît, remonter à la première division. Si les crochets sont faux, tester les bornes dans l’énoncé. Si un signe est inversé, repérer le premier multiplicateur négatif. Si un maximum est faux, vérifier qu’il est atteint dans le domaine. Refaire ensuite un essai local corrigé, puis revenir au problème mélangé : une liste de conseils ne remplace pas cette seconde tentative.

14. Repères de lecture et références

Partir de la difficulté rencontrée

Besoin Où reprendre
Je ne sais plus placer un angle négatif. repère 1.
Je risque de simplifier par zéro. repère 2, puis repère 25.
Je ne sais pas quelle identité choisir. repère 4, repère 5, repère 6.
Il me manque des solutions d’une équation. repère 8, repère 9, repère 13.
J’obtiens de fausses solutions après un carré. repère 12, repère 27.
Je ne sais pas quel arc conserver. repère 14, repère 15, repère 16.
Je me trompe dans les crochets. repère 17, repère 19.
Je ne sais pas quels entiers \(k\) retenir. repère 9, repère 19.
L’angle contient un coefficient négatif. repère 21.
Le domaine contient plusieurs périodes. repère 18, repère 20, repère 22.
L’expression contient des puissances de sinus ou cosinus. repère 23.
Je dois combiner plusieurs signes. repère 24, repère 25, repère 26.
La question contient « et », une racine ou un logarithme. repère 28, repère 29.
Un coefficient dépend d’un paramètre. repère 30.
L’angle est un carré ou un logarithme. repère 31.
Ma dérivée est compliquée. repère 32, repère 33.
Je dois justifier un maximum ou un minimum. repère 35, repère 6.
Je veux démontrer une inégalité sur un intervalle. repère 39.
La solution n’est pas un angle remarquable. repère 44, repère 45, repère 40.
La tangente a des valeurs interdites. repère 41, repère 42.
Je ne sais pas simplifier un quotient trigonométrique. repère 43, repère 46.
Je dois transformer une puissance ou un angle multiple. repère 47, repère 48, repère 49.
Je dois calculer une somme de termes trigonométriques. repère 50.
Je dois déterminer une primitive ou une intégrale. repère 51, repère 52, repère 53.
Je dois justifier la précision d’une approximation. repère 54.
Je dois vérifier une fonction proposée dans un modèle. repère 55.
Je dois calculer une moyenne sur une période. repère 56.

Ce qui relève du programme et ce qui est guidé

Les outils de Terminale spécialité. Le programme comprend les dérivées, les variations et les courbes de sinus et cosinus ; la résolution de \(\cos x=a\) et de \(\cos x\leq a\) sur \([-\pi;\pi]\) ; l’étude de fonctions simples et les problèmes d’optimum. Les méthodes de continuité, d’existence et d’encadrement des solutions, les primitives, le calcul intégral, l’intégration par parties et les suites d’intégrales appartiennent également au programme. Les rappels de cercle et de valeurs remarquables reprennent des acquis de Première.

Les approfondissements guidés. Les formules d’addition et les transformations qui en découlent sont données et démontrées avant leur utilisation. Les problèmes à paramètres, les sommes, les angles multiples et les encadrements plus fins demandent un travail supplémentaire ; ils s’appuient sur les outils déjà étudiés. La fonction tangente est un approfondissement possible mentionné par le programme. Pour les modèles avec une dérivée seconde, la forme de la fonction est proposée : il s’agit de la vérifier, sans exiger une théorie générale de résolution.

Les notations conservées. Les intervalles, les accolades, les symboles \(\in\), \(\cup\) et \(\cap\), ainsi que les ensembles usuels, font partie du langage du lycée. Leur sens est rappelé au début et dans les méthodes. Définir un angle par son cosinus ou son sinus sur un intervalle où il est unique permet d’écrire une réponse exacte, même sans angle remarquable.

Références officielles

Le dossier vise la Terminale générale, spécialité mathématiques, année 2026–2027. Le texte de référence est l’arrêté du 19 juillet 2019, publié au BO spécial no 8 du 25 juillet 2019. Les parties utiles de son annexe sont « Fonctions sinus et cosinus » (p. 14), « Continuité » (p. 13) et « Calcul intégral » (p. 15).

Programme officiel de Terminale spécialité — BO de 2019.

Annexe complète du programme — Éduscol.

Le nouveau programme publié au BO no 14 du 2 avril 2026 entre en application en Terminale à la rentrée 2027–2028. Il ne remplace donc pas encore le programme de référence pour l’année visée ici. Arrêté du 26 février 2026, article 2.

Ressources pédagogiques

Le dossier s’appuie notamment sur les familles de problèmes de Sésamath, Fonctions cosinus et sinus, manuel p. 80–107, et des chapitres de trigonométrie de la collection Barbazo. L’exemple des trois résolutions de \(\cos(4x-\pi/3)<1/2\) sur \([0;2\pi[\) reprend le problème de Sésamath p. 87. Les explications, les preuves et les figures sont organisées ici pour rendre les démarches explicites et comparables.

Trois habitudes pour une rédaction solide

Écrire les conditions. Un dénominateur ne doit pas être nul ; une racine exige un nombre positif ou nul ; un logarithme exige un nombre strictement positif. Une simplification n’efface pas ces conditions.

Distinguer exact et approché. Une borne définie par une propriété exacte reste exacte. Un nombre décimal issu d’une calculatrice doit être annoncé comme une approximation, avec la précision utile.

Revenir à l’énoncé. Vérifier le domaine demandé, les angles d’égalité, le signe strict ou large et les valeurs interdites. Le résultat doit porter sur la variable de départ et répondre à toute la question.