Dossier de méthodes
Dossier de méthodes — Second degré — Première spécialité
Dossier de méthodes
Dossier de méthodes — Second degré — Première spécialité
But et usage du dossier
But du dossier.
Devant un problème, savoir repérer les informations utiles, choisir une voie autorisée, expliquer ses calculs et contrôler la conclusion.
Plusieurs voies sont développées pour apprendre à choisir : il n’est pas demandé de toutes les appliquer dans chaque devoir.
Comment l’utiliser.
Le sommaire et les signets conduisent aux problèmes-types. Chaque méthode indique ses conditions et son premier geste ; les essais sont suivis de leurs indices et de corrections expliquées dans ce même document.
Pour travailler, arrête-toi à l’énoncé avant de consulter la suite.
Pour reprendre après une erreur, utilise les passages « Reprise après erreur » puis l’essai associé.
Trois niveaux de lecture.
Le parcours principal développe les attendus du second degré et les prérequis utiles.
Les alternatives au niveau de Première ne sont pas des formules supplémentaires à mémoriser systématiquement.
Les réinvestissements après les statistiques ou la dérivation et les approfondissements officiels facultatifs sont signalés : ils ne sont pas nécessaires pour utiliser le noyau du dossier.
Repère de programme.
Le programme applicable à la rentrée 2026–2027 demande de savoir reconnaître et utiliser les formes développée, factorisée et canonique, de diversifier les factorisations, de résoudre et d’étudier les signes.
La complétion du carré est travaillée dans des cas simples ; le calcul systématique de la forme canonique générale n’est pas un attendu. Les démonstrations expliquent les outils, sans transformer chaque identité intermédiaire en formule à apprendre.
Conventions.
Sauf indication contraire, l’inconnue est réelle et les réponses sont exactes. Une lecture graphique fournit une estimation quand les données exactes ne sont pas garanties.
Dans une écriture de second degré \(ax^2+bx+c\), \(a\ne0\) ; avec un paramètre, cette condition se vérifie avant d’utiliser le discriminant.
Les outils communs, avec leurs raisons
Les outils communs, avec leurs raisons
Cette section est une réserve d’outils à consulter au besoin. Tu peux commencer par la méthode correspondant à ton problème puis suivre son renvoi.
Les résultats sont démontrés ici lorsqu’ils éclairent le second degré ; les règles élémentaires de calcul sur les réels sont rappelées comme acquis antérieurs.
Distinguer expression, fonction, équation et identité
D: Fonction polynôme du second degré
Une fonction \(f\) est une fonction polynôme du second degré lorsqu’il existe des réels \(a,b,c\), avec \(a\ne0\), tels que, pour tout réel \(x\), \[f(x)=ax^2+bx+c.\] Cette écriture est la forme développée réduite. \(a\) est le coefficient de \(x^2\), \(b\) celui de \(x\) et \(c\) le terme constant.
Le coefficient \(a\) n’est pas l’inconnue à résoudre : il est fixé lorsque l’on étudie \(f\).
Exemples et non-exemples.
\(-3x^2+2x-7\) a pour coefficients \(a=-3\), \(b=2\), \(c=-7\).
Dans \(5x^2-8\), le terme en \(x\) manque : \(b=0\).
En revanche \(0x^2+4x-1=4x-1\) est affine, pas du second degré.
Une expression telle que \((x+1)^2-x^2\) se réduit en \(x^2+2x+1-x^2=2x+1\) : sa présentation ne suffit donc pas à décider de son degré.
D: Racine, courbe et solutions
Une racine de \(f\) est un réel \(r\) tel que \(f(r)=0\). Résoudre \(f(x)=0\) consiste à déterminer tous ces réels.
La courbe représentative est l’ensemble des points \((x;f(x))\) : les racines sont les abscisses de ses intersections avec l’axe horizontal.
Vocabulaire.
Une identité est une égalité vraie pour toutes les valeurs autorisées, par exemple \((x-2)^2=x^2-4x+4\).
Une équation demande pour quelles valeurs l’égalité est vraie, par exemple \(x^2=4\).
Vérifier cette équation en \(x=2\) prouve que \(2\) convient, pas que cette solution est la seule : \(-2\) convient aussi.
Convention d’écriture.
\(S\) désigne un ensemble de solutions ; \(\varnothing\) l’ensemble vide ; \(\mathbb{R}\) tous les réels.
Dans \([u;v]\), les deux bornes sont incluses ; dans \(]u;v[\), elles sont exclues.
Une borne infinie n’est jamais un réel à inclure : on écrit toujours un crochet ouvert de son côté.
Rappels de calcul au point où une erreur commence
Règles antérieures identifiées : distributivité et identités remarquables.
\[k(u+v)=ku+kv,\qquad (u+v)^2=u^2+2uv+v^2,\qquad (u-v)^2=u^2-2uv+v^2.\] La troisième identité utile est \(u^2-v^2=(u-v)(u+v)\). Ces identités se reconstruisent par distributivité. Par exemple : \[\begin{aligned} (u-v)(u+v)&=u\times u+u\times v-v\times u-v\times v\\ &=u^2+uv-uv-v^2=u^2-v^2. \end{aligned}\] Une somme au carré comporte le double produit : \((u+v)^2\) n’est généralement pas \(u^2+v^2\).
Substitution et signe.
Pour \(f(x)=-2x^2+3x-1\) : \[\begin{aligned} f(-3)&=-2\times(-3)^2+3\times(-3)-1\\ &=-2\times9-9-1=-18-9-1=-28. \end{aligned}\] Les parenthèses précisent ce qui est élevé au carré. \((-3)^2=9\), tandis que \(-3^2=-(3^2)=-9\).
Facteur commun.
On ne « supprime » pas un morceau : on réécrit chaque terme comme un produit contenant le facteur choisi. Ainsi \[6x^2-9x=3x\times2x-3x\times3=3x(2x-3).\] Le contrôle redéveloppe les deux produits : \(3x\times2x=6x^2\) et \(3x\times(-3)=-9x\).
Fractions.
Pour additionner, on crée un dénominateur commun en multipliant numérateur et dénominateur par le même nombre non nul : \[\frac34-\frac16 =\frac{3\times3}{4\times3}-\frac{1\times2}{6\times2} =\frac9{12}-\frac2{12}=\frac7{12}.\] Pour diviser par \(-3/2\), on vérifie d’abord que ce diviseur n’est pas nul. Son inverse est \(-2/3\) car \((-3/2)(-2/3)=1\). Donc \[\frac{5}{-3/2}=5\times\left(-\frac23\right)=-\frac{10}{3}.\] On simplifie des facteurs, pas des termes d’une somme : \(\dfrac{2(x+3)}2=x+3\), mais \(\dfrac{x+3}{x}\) n’est pas \(3\).
Équivalence et opérations sur une équation.
Ajouter le même nombre aux deux membres, ou les multiplier/diviser par un nombre non nul, conserve exactement les solutions. Par exemple \[-4x+6=10 \Longleftrightarrow -4x+6-6=10-6 \Longleftrightarrow -4x=4 \Longleftrightarrow \frac{-4x}{-4}=\frac4{-4} \Longleftrightarrow x=-1.\] Le diviseur est \(-4\), non nul ; aucune condition \(x\ne0\) n’est nécessaire. Si le diviseur dépend de \(x\), il faut traiter séparément ses zéros.
Inégalités.
Ajouter la même quantité conserve le sens. Multiplier ou diviser par un nombre strictement positif conserve le sens ; par un nombre strictement négatif le renverse. Ainsi \[-3x\le6\Longleftrightarrow\frac{-3x}{-3}\ge\frac6{-3}\Longleftrightarrow x\ge-2.\] Si le signe du multiplicateur est inconnu, cette opération ne fournit pas une équivalence unique : on étudie des cas ou on utilise un tableau de signes.
P: Produit nul
Pour deux réels \(u,v\), \(uv=0\) si et seulement si \(u=0\) ou \(v=0\).
Démonstration
Un facteur nul rend le produit nul.
Réciproquement, si \(uv=0\), soit \(u=0\) et la conclusion est obtenue, soit \(u\ne0\) et la division par \(u\) donne \((u/u)v=0/u\), donc \(v=0\). Les deux cas couvrent toutes les possibilités.
Le mot « ou » autorise les deux facteurs nuls à la fois. Cette propriété ne s’applique pas à une somme : \(3+(-3)=0\) n’impose aucun terme nul.
P: Carrés et racines carrées
Pour \(k\in\mathbb{R}\), les solutions de \(t^2=k\) sont : aucune si \(k<0\) ; \(t=0\) si \(k=0\) ; \(t=-\sqrt{k}\) et \(t=\sqrt{k}\) si \(k>0\).
Pour tout réel \(t\), \(\sqrt{t^2}=|t|\), pas nécessairement \(t\).
Démonstration
Un carré réel est positif ou nul. Pour \(k>0\), la racine carrée est par définition l’unique réel positif de carré \(k\). L’identité \(t^2-k=(t-\sqrt{k})(t+\sqrt{k})\) et le produit nul donnent les deux possibilités.
Pour \(k=0\), \(t^2=t\times t=0\) impose \(t=0\).
Enfin \(|t|\) est positif ou nul et a le même carré que \(t\) : c’est donc la racine carrée de \(t^2\).
Pour \(k\ge0\), \(\sqrt{k}\) désigne un seul nombre non négatif ; le signe \(\pm\) intervient dans la résolution d’une équation, pas dans la définition de la racine carrée.
Pour simplifier \(\sqrt{72}\), écrire \(72=36\times2\), puis \(\sqrt{72}=6\sqrt2\) : \(6\sqrt2\ge0\) et \((6\sqrt2)^2=36\times2=72\).
À toi: Repérage des prérequis
(a) Développe \((2x-3)^2\).
(b) Résous \(x(x+5)=0\).
(c) Résous \(-2x>8\).
(d) Résous \((x-1)^2=7\).
Correction — repérage
(a) \((2x-3)(2x-3)=4x^2-6x-6x+9=4x^2-12x+9\).
(b) Le produit nul impose \(x=0\) ou \(x+5=0\) ; on soustrait \(5\) dans le second cas : \(S=\{-5;0\}\).
(c) Diviser par \(-2<0\) renverse le sens : \(x<8/(-2)=-4\), donc \(S=]-\infty;-4[\).
(d) \(x-1=\sqrt7\) ou \(x-1=-\sqrt7\) ; ajouter \(1\) donne \(S=\{1-\sqrt7;1+\sqrt7\}\).
Une erreur en (a) renvoie aux produits distribués ; en (b) au produit nul ; en (c) au signe du diviseur ; en (d) aux deux racines d’un carré.
Les trois formes et une identité qui explique le discriminant
D: Formes canonique et factorisée
Une forme canonique est \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\), où \(a\ne0\) et \(\alpha,\beta\) sont réels.
Une forme factorisée sur les réels est \(f(x)=a(x-r)(x-s)\), avec \(r,s\) réels ; ils peuvent être égaux.
Toute fonction du second degré possède une forme canonique, mais pas nécessairement une forme factorisée réelle.
P: Existence de la forme canonique
Pour \(f(x)=ax^2+bx+c\), \(a\ne0\), il existe des réels \(\alpha,\beta\) tels que \[f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta.\] On peut prendre \(\alpha=-\dfrac b{2a}\) et \(\beta=f(\alpha)\). Le point \((\alpha;\beta)\) est appelé sommet de la parabole.
Démonstration
On complète le carré pour expliquer l’existence, non pour imposer un automatisme de calcul général. Comme \(a\ne0\), on peut factoriser \(a\) devant les deux premiers termes : \[\begin{aligned} f(x)&=a\left(x^2+\frac ba x\right)+c,\\ \left(x+\frac b{2a}\right)^2 &=x^2+2x\frac b{2a}+\left(\frac b{2a}\right)^2 =x^2+\frac ba x+\frac{b^2}{4a^2}. \end{aligned}\] On remplace donc \(x^2+(b/a)x\) par le carré moins le terme ajouté : \[f(x)=a\left(x+\frac b{2a}\right)^2-a\frac{b^2}{4a^2}+c =a\left(x+\frac b{2a}\right)^2+c-\frac{b^2}{4a}.\] Dans la simplification, \(a/a^2=1/a\) est permis puisque \(a\ne0\). En \(x=\alpha=-b/(2a)\), le carré est nul : le terme restant vaut bien \(f(\alpha)=\beta\).
Point de vigilance.
Dans le parcours d’entraînement, la forme canonique est donnée ou reconstruite par complétion dans des cas simples. Cette preuve générale ne constitue pas une nouvelle exigence de calcul systématique.
L: Identité du discriminant
On pose \(\Delta=b^2-4ac\). Pour tout réel \(x\), \[4a f(x)=(2ax+b)^2-\Delta.\]
Démonstration
On développe le membre de droite en montrant tous les termes : \[\begin{aligned} (2ax+b)^2-(b^2-4ac) &=4a^2x^2+4abx+b^2-b^2+4ac\\ &=4a^2x^2+4abx+4ac\\ &=4a(ax^2+bx+c)=4af(x). \end{aligned}\]
T: Résolution d’une équation du second degré
Soient \(a,b,c\) réels, \(a\ne0\), et \(\Delta=b^2-4ac\).
Si \(\Delta<0\), \(ax^2+bx+c=0\) n’a pas de solution réelle.
Si \(\Delta=0\), elle a une seule solution réelle \(r=-b/(2a)\), dite racine double ; \(f(x)=a(x-r)^2\).
Si \(\Delta>0\), elle a deux solutions réelles distinctes : \[\frac{-b-\sqrt\Delta}{2a}\quad\text{et}\quad\frac{-b+\sqrt\Delta}{2a}.\] Si on les appelle \(r\) et \(s\), alors \(f(x)=a(x-r)(x-s)\).
Démonstration
Le nombre \(4a\) est non nul, donc multiplier l’équation par \(4a\) ne perd ni ne crée de solution. Le lemme donne les équivalences \[f(x)=0\Longleftrightarrow4af(x)=0\Longleftrightarrow(2ax+b)^2-\Delta=0 \Longleftrightarrow(2ax+b)^2=\Delta.\] Si \(\Delta<0\), un carré réel ne peut lui être égal.
Si \(\Delta=0\), on obtient \(2ax+b=0\). Soustraire \(b\) puis diviser par \(2a\ne0\) donne \(x=-b/(2a)\).
Si \(\Delta>0\), la règle des carrés donne deux équations : \[2ax+b=-\sqrt\Delta\quad\text{ou}\quad2ax+b=\sqrt\Delta.\] Soustraire \(b\) aux deux membres de chacune, puis diviser par \(2a\ne0\), donne les deux solutions annoncées. Elles sont distinctes car leur différence est \(\sqrt\Delta/a\), non nulle.
Pour la factorisation, on part encore de l’identité et de la différence de deux carrés : \[\begin{aligned} 4af(x)&=(2ax+b-\sqrt\Delta)(2ax+b+\sqrt\Delta)\\ &=2a(x-r)\times2a(x-s)\\ &=4a^2(x-r)(x-s). \end{aligned}\] La division par \(4a\ne0\) donne \(f(x)=a(x-r)(x-s)\). Si \(\Delta=0\), les deux facteurs coïncident et donnent \(a(x-r)^2\).
Point de vigilance.
Le signe \(-\) devant \(\sqrt\Delta\) ne désigne pas toujours la plus petite racine : si \(a<0\), le dénominateur négatif inverse l’ordre. Trie les valeurs après calcul.
Ne remplace pas \(\sqrt{a^2}\) par \(a\) quand \(a<0\). La preuve précédente évite cette difficulté en isolant le carré \((2ax+b)^2\).
C: Critère de factorisation réelle
Pour une fonction du second degré, une factorisation en deux facteurs affines réels existe si et seulement si \(\Delta\ge0\). Si \(\Delta<0\), il n’y a pas de factorisation de cette forme sur \(\mathbb{R}\).
Démonstration
Le théorème construit la factorisation quand \(\Delta\ge0\). Réciproquement, une factorisation \(a(x-r)(x-s)\) donne au moins la racine réelle \(r\) ; elle est donc impossible quand le théorème affirme qu’il n’y a aucune racine réelle.
Somme, produit et racine connue : pourquoi ces raccourcis fonctionnent
T: Somme et produit des racines, et réciproque utile
Si \(f(x)=a(x-r)(x-s)=ax^2+bx+c\) avec \(a\ne0\), alors \[r+s=-\frac ba,\qquad rs=\frac ca.\] Inversement, si deux réels \(r,s\) satisfont ces deux égalités, alors \(f(x)=a(x-r)(x-s)\) et ils sont ses racines, éventuellement confondues.
Démonstration
Distribuer donne \[\begin{aligned} a(x-r)(x-s)&=a(x^2-xs-rx+rs)\\ &=ax^2-a(r+s)x+ars. \end{aligned}\] Les coefficients des mêmes puissances sont donc \(b=-a(r+s)\) et \(c=ars\) ; diviser par \(a\ne0\) donne les relations.
Réciproquement, en substituant \(r+s=-b/a\) et \(rs=c/a\) dans cette expansion, on retrouve \(ax^2+bx+c\). Les deux sens sont ainsi établis.
Pourquoi identifier les coefficients ?
Si deux écritures de degré au plus deux sont égales pour tout \(x\), leur différence est \(Ax^2+Bx+C=0\) pour tout \(x\).
En \(x=0\) : \(C=0\).
En \(x=1\) : \(A+B=0\).
En \(x=-1\) : \(A-B=0\).
Additionner ces deux dernières égalités donne \(2A=0\), puis \(A=0\) et \(B=0\). Il ne s’agit donc pas d’une règle de devinette.
P: Extraire le facteur correspondant à une racine
Si \(r\) est une racine de \(f(x)=ax^2+bx+c\), alors \[f(x)=(x-r)\bigl(ax+b+ar\bigr).\]
Démonstration
\(f(r)=0\) implique \(ar^2+br+c=0\), donc \(c=-ar^2-br\). Ainsi \[\begin{aligned} f(x)&=ax^2+bx-ar^2-br\\ &=a(x^2-r^2)+b(x-r)\\ &=a(x-r)(x+r)+b(x-r)\\ &=(x-r)\bigl[a(x+r)+b\bigr]. \end{aligned}\] On utilise successivement une substitution justifiée, une différence de carrés, puis un facteur commun.
Point de vigilance.
Une recherche de racines entières qui n’aboutit pas ne prouve pas l’absence de racines réelles. Par exemple \(x^2-2\) a les racines \(\pm\sqrt2\), qui ne sont pas entières. Le discriminant fournit alors une voie générale.
Le signe d’un trinôme et les frontières de la règle
T: Signe d’une fonction du second degré
Soit \(f(x)=ax^2+bx+c\), \(a\ne0\).
Si \(\Delta>0\), on range les racines \(r<s\). Pour \(x<r\) ou \(x>s\), \(f(x)\) a le signe de \(a\) ; pour \(r<x<s\), le signe opposé. En \(r\) et \(s\), \(f\) vaut zéro.
Si \(\Delta=0\), \(f\) a le signe de \(a\) pour tout \(x\ne r=-b/(2a)\), et vaut zéro en \(r\).
Si \(\Delta<0\), \(f\) a strictement le signe de \(a\) pour tout réel \(x\) ; il n’y a aucun zéro.
Démonstration
Si \(\Delta>0\), écrire \(f(x)=a(x-r)(x-s)\). À gauche de \(r\), les deux facteurs sont négatifs, donc leur produit est positif. Entre \(r\) et \(s\), le premier est positif et le second négatif : leur produit est négatif. À droite de \(s\), les deux sont positifs. Il reste à multiplier par \(a\) et à traiter les deux zéros séparément.
Si \(\Delta=0\), \(f(x)=a(x-r)^2\) ; le carré est strictement positif sauf en \(r\), où il s’annule.
Si \(\Delta<0\), l’identité \(4af(x)=(2ax+b)^2-\Delta\) montre que \(4af(x)>0\) : un carré positif ou nul auquel on ajoute \(-\Delta>0\) est strictement positif. Comme \(4>0\), \(a\) et \(f(x)\) ont nécessairement le même signe.
C: Positivité sur toute la droite
Pour \(a\ne0\), \(f(x)\ge0\) pour tout réel \(x\) si et seulement si \(a>0\) et \(\Delta\le0\). De même, \(f(x)>0\) pour tout réel \(x\) si et seulement si \(a>0\) et \(\Delta<0\).
Démonstration
Les conditions suffisent par le théorème.
Pour la nécessité, si \(a<0\), le même théorème donne des valeurs négatives (en dehors des racines si elles existent, ailleurs si la racine est double, partout sinon). Donc \(a>0\).
Si \(\Delta>0\), l’intervalle entre les racines fournit des valeurs négatives, ce qui interdit la positivité large.
Enfin \(\Delta=0\) fournit un zéro, ce qui interdit la positivité stricte.
Cette caractérisation concerne tous les réels. Sur un intervalle restreint, elle peut être trop exigeante : \(x^2-1\) est positif sur \([2;3]\) tout en ayant deux racines réelles.
Symétrie, sommet et variations : un même carré, plusieurs usages
P: Symétrie et extrémum
Pour \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\), \(a\ne0\), on a \(f(\alpha+t)=f(\alpha-t)\) pour tout réel \(t\).
Si \(a>0\), le minimum sur \(\mathbb{R}\) vaut \(\beta\), atteint uniquement en \(\alpha\) ; si \(a<0\), c’est un maximum.
Démonstration
En remplaçant \(x\) par \(\alpha+t\) puis par \(\alpha-t\), les deux carrés deviennent respectivement \(t^2\) et \((-t)^2=t^2\).
Pour l’extrémum, \((x-\alpha)^2\ge0\), avec égalité exactement pour \(x=\alpha\). Multiplier par \(a>0\) conserve le sens et donne \(f(x)\ge\beta\) ; multiplier par \(a<0\) le renverse et donne \(f(x)\le\beta\).
Pourquoi les variations changent-elles au sommet ?
Pour \(u<v\), \[\begin{aligned} f(v)-f(u) &=a\bigl[(v-\alpha)^2-(u-\alpha)^2\bigr]\\ &=a\bigl[(v-\alpha)-(u-\alpha)\bigr] \bigl[(v-\alpha)+(u-\alpha)\bigr]\\ &=a(v-u)(v+u-2\alpha). \end{aligned}\] Si \(u<v\le\alpha\), on a \(v-u>0\) et \(u+v-2\alpha<0\).
Si \(\alpha\le u<v\), les deux facteurs sont strictement positifs.
Pour \(a>0\), la fonction est donc strictement décroissante jusqu’à \(\alpha\), puis strictement croissante. Pour \(a<0\), les deux sens sont inversés. Cette preuve n’utilise pas la dérivée.
Factoriser et résoudre
Préparer, factoriser et résoudre : choisir avant de calculer
Une équation qui contient un carré n’impose pas immédiatement le discriminant. Avant de calculer, on cherche ce que l’écriture rend déjà visible : un facteur commun, une différence de carrés, une racine simple à tester ou un carré à isoler. Le discriminant reste la voie générale pour un véritable second degré.
Le but n’est pas d’exécuter toutes les méthodes dans un devoir : une démarche correcte et justifiée suffit, sauf consigne différente.
M01 — Préparer l’expression et choisir une forme utile
Méthode centrale. Les développements et les identités remarquables sont des acquis réemployés.
Je reconnais.
L’expression n’est pas ordonnée, comporte des parenthèses, ou une équation a deux membres non nuls. La question demande des coefficients, des zéros, un signe ou un extremum.
Je vérifie.
Je distingue une expression, une fonction et une équation. Je garde le domaine initial s’il comporte un quotient ou une racine carrée. Après réduction, je vérifie que le coefficient de \(x^2\) est non nul.
Premier geste.
Je lis d’abord la sortie demandée. Pour identifier les coefficients d’une équation, j’écris un membre égal à zéro; pour exploiter un produit déjà visible, je ne développe pas sans raison.
Idée et raison du choix.
Les formes sont des présentations différentes du même objet, comme plusieurs vues d’un même lieu. La forme développée expose les coefficients; la forme factorisée expose les zéros et les signes; la forme canonique expose le sommet et les distances à son abscisse.
Cette image aide à choisir, mais l’égalité des formes doit être prouvée par le calcul.
Exemple de référence: Préparer une équation sans en perdre le second membre
On veut résoudre \[2(x-3)^2-(x+1)(x-2)=-8.\] Préparons-la. Dans \((x-3)^2\), les deux termes croisés comptent : \[(x-3)(x-3)=x\times x+x\times(-3)+(-3)\times x+(-3)\times(-3) =x^2-6x+9.\] Dans l’autre produit, \[(x+1)(x-2)=x\times x+x\times(-2)+1\times x+1\times(-2) =x^2-x-2.\] On remplace ces deux expressions, puis on distribue le signe moins sur tout le second polynôme : \[\begin{align*} 2(x-3)^2-(x+1)(x-2) &=2(x^2-6x+9)-(x^2-x-2)\\ &=2x^2-12x+18-x^2+x+2\\ &=(2x^2-x^2)+(-12x+x)+(18+2)\\ &=x^2-11x+20. \end{align*}\] L’équation devient \(x^2-11x+20=-8\). Pour fabriquer un membre nul, on ajoute \(8\) aux deux membres : \[x^2-11x+20+8=-8+8, \qquad x^2-11x+28=0.\] Les coefficients à utiliser sont donc \(a=1\), \(b=-11\), \(c=28\), et non \(c=20\). Comme \(a\ne0\), c’est bien une équation du second degré.
La préparation est terminée. Pour aller jusqu’au bout, on reconnaît \(4+7=11\) et \(4\times7=28\), puis on vérifie \((x-4)(x-7)=x^2-7x-4x+28=x^2-11x+28\).
Le produit nul donne \(x=4\) ou \(x=7\).
Dans l’équation initiale, ces valeurs donnent respectivement \(2\times1-5\times2=-8\) et \(2\times16-8\times5=-8\).
La méthode 4 développe cette recherche de facteurs; La méthode 6 fournit une autre voie lorsque les nombres ne se repèrent pas.
Contrôle.
Pour contrôler seulement le développement, on peut tester \(x=0\) : le premier membre initial vaut \(2\times9-(1\times(-2))=20\), comme \(0^2-11\times0+20\). Ce test repère certaines erreurs, mais ne prouve pas l’identité : c’est le développement valable pour tout \(x\) qui la prouve.
Ne pas développer ce que la question permet déjà de lire
Supposons les trois écritures suivantes établies : \[f(x)=3x^2+12x-15=3(x-1)(x+5)=3(x+2)^2-27.\] Elles se contrôlent par développement. Par exemple, \(3[(x-1)(x+5)]=3[x^2+5x-x-5]=3x^2+12x-15\). La troisième donne \(3(x^2+4x+4)-27=3x^2+12x-15\).
| Question | Forme choisie et premier geste | Ce qu’elle évite |
|---|---|---|
| Calculer \(f(0)\) | Développée : \(f(0)=-15\). | Développer deux parenthèses. |
| Résoudre \(f(x)=0\) | Factorisée : \(x-1=0\) ou \(x+5=0\). | Calculer un discriminant inutile. |
| Trouver le minimum | Canonique : \((x+2)^2\ge0\), donc \(f(x)\ge-27\), avec égalité pour \(x=-2\). | Chercher un sommet par une autre voie. |
| Identifier \(a,b,c\) | Développée : \(3,12,-15\). | Confondre le \(-27\) canonique avec \(c\). |
Le coefficient \(c\) est \(f(0)\); il n’est pas n’importe quelle constante visible dans une écriture. Les propriétés utilisées dans ce tableau sont justifiées dans les fondations et appliquées en détail dans les méthodes suivantes.
À toi: Guidé : coefficients et structure
Soit \(P(x)=-3(x-1)^2+2(x+2)(x-1)\). Détermine sa forme développée, puis ses coefficients. Avant de développer, repère aussi un facteur commun.
Indice.
\(-3(x-1)^2=-3(x-1)(x-1)\). Pour développer, écris d’abord séparément chacun des deux produits.
Correction — Essai guidé de la méthode 1
Le facteur commun est \(x-1\). Pour la forme développée, \[\begin{align*} (x-1)^2&=x^2-x-x+1=x^2-2x+1,\\ (x+2)(x-1)&=x^2-x+2x-2=x^2+x-2,\\ P(x)&=-3(x^2-2x+1)+2(x^2+x-2)\\ &=-3x^2+6x-3+2x^2+2x-4\\ &=-x^2+8x-7. \end{align*}\] Ainsi \(a=-1\), \(b=8\), \(c=-7\). Si la question avait demandé les racines, le facteur commun aurait permis \[P(x)=(x-1)[-3(x-1)+2(x+2)] =(x-1)(-3x+3+2x+4)=(x-1)(7-x).\] Les zéros sont alors \(1\) et \(7\). Cette autre forme contrôle aussi le coefficient dominant : \(x\times(-x)=-x^2\).
À toi: À tenter : quel degré reste-t-il ?
Prépare puis résous \[3(x+2)^2-(2x-1)(x+4)=5x+16.\] Précise le coefficient de chacun des termes \(x^2\), \(x\) et \(1\) une fois un membre ramené à zéro.
Indice.
Un coefficient peut être nul. Ne garde pas artificiellement un terme en \(x\) si les deux membres en contiennent la même quantité.
Correction — Tentative de la méthode 1
Les développements sont \[(x+2)^2=x^2+2x+2x+4=x^2+4x+4,\] \[(2x-1)(x+4)=2x^2+8x-x-4=2x^2+7x-4.\] Par conséquent le membre gauche vaut \[3x^2+12x+12-2x^2-7x+4=x^2+5x+16.\] On soustrait \(5x+16\) des deux membres : \[x^2+5x+16-(5x+16)=(5x+16)-(5x+16), \qquad x^2=0.\] Les coefficients sont \(a=1\), \(b=0\), \(c=0\). Un carré est nul seulement lorsque le nombre élevé au carré est nul : \(S=\{0\}\). À \(x=0\), les deux membres initiaux valent \(16\), ce qui contrôle la solution.
Frontière : un carré visible ne suffit pas
L’expression \((x+4)^2-x(x+8)\) vaut \(x^2+8x+16-x^2-8x=16\) pour tout réel \(x\) : elle est constante. Ainsi \((x+4)^2-x(x+8)=12\) n’a aucune solution, tandis que \((x+4)^2-x(x+8)=16\) est vraie pour tout réel. Calculer un discriminant avec \(a=0\) ne serait pas une autre méthode possible.
Reprise après erreur.
Si tu écris \(-(u-3)=-u-3\), la première erreur est la distribution du signe moins.
Soustraire un bloc signifie multiplier chacun de ses termes par \(-1\) : \(-(u-3)=-u+3\).
Exemple plus simple :
\(-(2-5)=-(-3)=3\), et \(-2+5=3\).
Nouvel essai :
développe \(-2(x^2-3x-5)\).
Correction :
\((-2)x^2+(-2)(-3x)+(-2)(-5)=-2x^2+6x+10\).
Reviens maintenant à l’exemple de référence : \(-(x^2-x-2)=-x^2+x+2\), avant de regrouper les termes.
Critère de réussite.
Nomme la sortie visée, conserve les parenthèses lors des substitutions, montre les produits et les signes, puis identifie les coefficients de l’expression réellement réduite. Un test numérique ne remplace pas ces égalités pour tout \(x\).
À reprendre plus tard.
Refais l’essai « quel degré reste-t-il ? » sans consulter les lignes ci-dessus, puis explique pourquoi l’expression constante du paragraphe de frontière n’est pas un second degré. Les corrections sont dans cette méthode; le critère est de reconnaître le degré après réduction, non d’après l’apparence initiale.
M02 — Exploiter un facteur commun ou une identité remarquable
Méthode centrale : factorisations accessibles et produit nul.
Je reconnais.
Un même bloc multiplie plusieurs termes; deux carrés sont soustraits; ou les trois termes évoquent un carré parfait.
Je vérifie.
Pour utiliser le produit nul, il faut un produit égal à zéro. Un facteur contenant l’inconnue peut être nul : je ne le supprime pas par division sans traiter ce cas.
Premier geste.
Je ramène tout dans un même membre en soustrayant le membre droit aux deux membres, puis je cherche ce qui peut être mis en facteur.
Idée et raison du choix.
La factorisation transforme une somme difficile à annuler en un produit. La propriété du produit nul dit alors exactement quels facteurs doivent s’annuler. Elle ne vaut pas pour une somme : \(2+(-2)=0\), bien qu’aucun des deux termes ne soit nul.
Exemple de référence: Deux démarches complètes sur le même facteur
Résolvons dans \(\mathbb{R}\) : \[(3x+2)(x-1)=2(3x+2).\]
Voie A, conseillée ici : fabriquer zéro puis factoriser.
Soustraire \(2(3x+2)\) est permis pour tout \(x\) : \[\begin{align*} (3x+2)(x-1)-2(3x+2)&=2(3x+2)-2(3x+2),\\ (3x+2)(x-1)-(3x+2)\times2&=0,\\ (3x+2)[(x-1)-2]&=0,\\ (3x+2)(x-3)&=0. \end{align*}\] Le facteur \(3x+2\) est conservé; dans la seconde parenthèse, \((x-1)-2=x-3\). Le produit est nul si et seulement si \(3x+2=0\) ou \(x-3=0\).
Dans le premier cas, soustraire \(2\) donne \(3x=-2\); diviser les deux membres par \(3\ne0\) donne \(x=-2/3\).
Dans le second, ajouter \(3\) donne \(x=3\).
Voie B : séparer le cas nul avant de diviser.
Les deux cas \(3x+2=0\) et \(3x+2\ne0\) couvrent tous les réels.
Si \(x=-2/3\), les deux membres initiaux valent zéro : cette valeur convient.
Si \(x\ne-2/3\), on peut diviser par \(3x+2\), qui est non nul : \[\frac{(3x+2)(x-1)}{3x+2}=\frac{2(3x+2)}{3x+2}, \qquad 1\times(x-1)=2\times1.\] Ajouter \(1\) aux deux membres conduit à \(x=3\), qui vérifie bien \(x\ne-2/3\).
On réunit les deux cas : \[\boxed{S=\{-\frac23;3\}}.\]
Contrôle.
Pour \(x=3\), le membre gauche vaut \((9+2)(3-1)=11\times2=22\), comme \(2(9+2)=22\).
Pour \(x=-2/3\), les deux membres valent \(0\).
Ces substitutions contrôlent les valeurs; l’exhaustivité vient du produit nul ou de la séparation exhaustive des cas.
Choisir ou comparer.
La voie A conserve tous les cas dans une seule équivalence.
La voie B explique pourquoi la division envisagée est parfois permise, mais elle oblige à ne pas oublier la valeur qui annule le diviseur.
Développer d’abord fonctionne aussi, mais efface ici un facteur déjà visible.
Variante : reconnaître les deux carrés comme des blocs
Pour résoudre \[(2x+1)^2-(x-3)^2=0,\] on pose mentalement \(A=2x+1\), \(B=x-3\) et on utilise \(A^2-B^2=(A-B)(A+B)\), rappelée dans les outils de calcul. Il faut garder les parenthèses autour de \(B\) : \[\begin{align*} (2x+1)^2-(x-3)^2 &=[(2x+1)-(x-3)][(2x+1)+(x-3)]\\ &=(2x+1-x+3)(2x+1+x-3)\\ &=(x+4)(3x-2). \end{align*}\] Le produit nul donne \(x+4=0\) ou \(3x-2=0\), donc \(x=-4\) ou \(x=2/3\).
Pour \(x=-4\), les deux carrés initiaux valent \((-7)^2=49\); pour \(x=2/3\), les bases sont \(7/3\) et \(-7/3\), dont les carrés sont égaux. On obtient bien \(S=\{-4;2/3\}\).
Cette identité traite une différence de carrés, pas une somme. Par exemple \(x^2+9=0\) n’a pas de solution réelle puisque \(x^2+9\ge9>0\); \(x^2-9=0\) se factorise au contraire en \((x-3)(x+3)=0\) et donne \(\pm3\).
Cas utiles : terme constant nul ou carré parfait
Si le terme constant est nul, \(x\) est un facteur commun. Par exemple, \[6x^2+15x=3x\times2x+3x\times5=3x(2x+5).\] L’équation \(6x^2+15x=0\) donne \(x=0\) ou \(2x+5=0\), soit \(x=-5/2\). La division immédiate par \(x\) aurait perdu \(0\).
Dans \(9x^2-12x+4\), on reconnaît \((3x)^2-2\times3x\times2+2^2=(3x-2)^2\). L’équation correspondante n’a qu’une solution distincte, \(x=2/3\), car \((3x-2)^2=0\) équivaut à \(3x-2=0\). Deux facteurs identiques ne donnent pas deux valeurs différentes.
À toi: Guidé : conserver le cas nul
Résous \((2x+3)(x-5)=4(2x+3)\) d’abord en ramenant à zéro, puis en distinguant les cas avant de diviser.
Indice.
Le diviseur envisagé s’annule en \(-3/2\).
Correction — Essai guidé de la méthode 2, voie par factorisation
On soustrait \(4(2x+3)\) des deux membres : \[\begin{align*} (2x+3)(x-5)-4(2x+3)&=0,\\ (2x+3)[(x-5)-4]&=0,\\ (2x+3)(x-9)&=0. \end{align*}\] Ainsi \(2x+3=0\) ou \(x-9=0\). La première équation donne \(2x=-3\), puis \(x=-3/2\) après division par \(2\ne0\); la seconde donne \(x=9\).
Correction — Essai guidé de la méthode 2, voie par cas
Si \(x=-3/2\), les deux membres sont nuls.
Si \(x\ne-3/2\), la division par \(2x+3\ne0\) donne \(x-5=4\). Ajouter \(5\) donne \(x=9\), qui appartient bien à ce second cas.
Donc \(S=\{-3/2;9\}\).
À \(9\), les deux membres initiaux valent \(21\times4=84\); à \(-3/2\), ils valent \(0\). Les deux démarches ont conservé les mêmes solutions.
À toi: À tenter : faire apparaître le facteur
Résous \(x^2-16=3(x-4)\). Explique pourquoi diviser tout de suite par \(x-4\) serait dangereux.
Indice.
Le membre gauche est une différence de deux carrés.
Correction — Tentative de la méthode 2
Comme \(16=4^2\), on a \(x^2-16=(x-4)(x+4)\). Soustraire \(3(x-4)\) des deux membres, puis mettre le facteur commun en évidence, donne \[(x-4)(x+4)-3(x-4)=0, \qquad (x-4)[(x+4)-3]=0, \qquad (x-4)(x+1)=0.\] Donc \(x=4\) ou \(x=-1\). À \(4\), les deux membres valent \(0\); à \(-1\), ils valent \(1-16=-15\) et \(3(-1-4)=-15\).
La division sans condition aurait supprimé le cas \(x=4\).
Autre résolution à vérifier après son propre essai.
Si \(x=4\), l’égalité est vraie.
Si \(x\ne4\), on peut diviser l’équation \((x-4)(x+4)=3(x-4)\) par \(x-4\) : on obtient \(x+4=3\), puis \(x=-1\).
On réunit le cas nul et le cas non nul.
À toi: Variation : les deux facteurs se confondent
Résous \((x+2)(x-1)=-3(x+2)\). Y a-t-il deux solutions distinctes ?
Correction — Variation de la méthode 2
On ajoute \(3(x+2)\) aux deux membres : \[(x+2)(x-1)+3(x+2)=0, \qquad (x+2)[(x-1)+3]=(x+2)^2=0.\] L’unique possibilité est \(x+2=0\), donc \(S=\{-2\}\). Les deux membres initiaux valent zéro pour cette valeur. Le produit nul fournit deux conditions identiques, pas deux nombres distincts.
Reprise après erreur.
Dans la première équation de référence, une réponse contenant seulement \(3\) peut provenir de la division illégale par \(3x+2\).
Reviens au produit nul : \(t(t-4)=0\) donne \(t=0\) ou \(t=4\); diviser par \(t\) perdrait le premier cas.
Nouvel essai :
résous \(u(u+1)=3u\).
Correction :
soustraire \(3u\) donne \(u(u+1)-3u=0\), puis \(u[(u+1)-3]=u(u-2)=0\). Ainsi \(u=0\) ou \(u=2\). Dans l’équation initiale, les deux membres valent respectivement \(0\) et \(6\).
Reviens à \((3x+2)(x-3)=0\) et conserve de la même façon le cas \(3x+2=0\).
Critère de réussite.
Ta justification doit dire pourquoi un membre vaut zéro, montrer le facteur conservé et les facteurs restants, puis réunir tous les cas. Si tu divises, nomme le diviseur et la condition qui le rend non nul.
À reprendre plus tard.
Reprends l’équation \(x^2-16=3(x-4)\) par l’autre voie que celle utilisée la première fois, puis la variation à facteurs confondus. Les corrections complètes sont ci-dessus. La réussite attendue est la conservation des cas, pas la mémorisation des deux réponses.
M03 — Utiliser une racine connue ou apparente pour factoriser
Méthode centrale. Le choix de tester un petit nombre est une recherche, non une garantie de réussite.
Je reconnais.
Une racine est donnée, suggérée par une question antérieure, ou facilement testable. Les sommes \(a+b+c\) ou \(a-b+c\) semblent s’annuler.
Je vérifie.
Je vérifie réellement \(f(r)=0\). Je ne confonds pas « \(r\) est une racine » avec « \(r\) est l’unique racine ». Pour une équation du second degré, \(a\ne0\).
Premier geste.
Je substitue \(r\) dans toute l’expression, avec des parenthèses si \(r\) est négatif, puis je cherche un facteur \(x-r\).
Idée et raison du choix.
Une racine indique un facteur. Il reste à retrouver l’autre facteur affine, qui contient encore le coefficient dominant \(a\). La factorisation obtenue sert ensuite au produit nul ou au tableau de signes.
P: Un facteur à partir d’une racine
Soit \(f(x)=ax^2+bx+c\), avec \(a\ne0\). Si \(f(r)=0\), alors, pour tout réel \(x\), \[f(x)=(x-r)[a(x+r)+b].\]
Démonstration
On retranche \(f(r)\) sans changer \(f(x)\), puisque \(f(r)=0\) : \[\begin{align*} f(x)&=f(x)-f(r)\\ &=ax^2+bx+c-(ar^2+br+c)\\ &=a(x^2-r^2)+b(x-r)\\ &=a(x-r)(x+r)+b(x-r)\\ &=(x-r)[a(x+r)+b]. \end{align*}\] On a utilisé la différence de carrés, puis un facteur commun. Aucun théorème de division des polynômes n’est nécessaire ici.
Exemple de référence: Une racine donnée, deux façons de trouver le facteur restant
Soit \(f(x)=2x^2-7x+3\). Vérifions la racine annoncée \(r=3\) : \[f(3)=2\times3^2-7\times3+3=18-21+3=0.\]
Voie A : identifier les coefficients du facteur restant.
On cherche \(f(x)=(x-3)(2x+d)\) : le coefficient de \(x\) dans le second facteur doit être \(2\), pour produire \(2x^2\). \[(x-3)(2x+d)=x\times2x+x\times d+(-3)\times2x+(-3)d =2x^2+(d-6)x-3d.\] Le terme constant doit valoir \(3\), donc \(-3d=3\). Diviser par \(-3\ne0\) donne \(d=-1\). On vérifie le coefficient de \(x\) : \(d-6=-1-6=-7\). Ainsi \[f(x)=(x-3)(2x-1).\] Résoudre \(f(x)=0\) revient à résoudre \(x-3=0\) ou \(2x-1=0\), d’où \(x=3\) ou \(x=1/2\).
Voie B : factoriser la différence \(f(x)-f(3)\).
La proposition précédente donne ici \[\begin{align*} f(x)&=2(x^2-3^2)-7(x-3)\\ &=2(x-3)(x+3)-7(x-3)\\ &=(x-3)[2(x+3)-7]\\ &=(x-3)(2x+6-7)=(x-3)(2x-1). \end{align*}\] On retrouve les deux solutions \(S=\{1/2;3\}\).
La seconde voie reconstruit le facteur au lieu de le deviner; elle reste valide si la racine donnée est \(0\).
Contrôle.
\(f(1/2)=2\times\frac14-7\times\frac12+3 =\frac12-\frac72+\frac62=0\). La vérification de \(3\) a été faite au départ. Le coefficient dominant est bien \(2\) dans \((x-3)(2x-1)\).
Chercher une racine apparente sans chercher indéfiniment
Pour \(f(x)=ax^2+bx+c\), on a \(f(0)=c\), \(f(1)=a+b+c\) et \(f(-1)=a-b+c\). Ces égalités proviennent directement de la substitution. Elles fournissent des tests rapides, pas une obligation de mémoriser un catalogue.
Par exemple, pour \(g(x)=5x^2-9x+4\), \(g(1)=5-9+4=0\). On cherche \((x-1)(5x+d)\). Le développement vaut \(5x^2+(d-5)x-d\); le terme constant impose \(-d=4\), donc \(d=-4\), et \(d-5=-9\) confirme le terme linéaire. Ainsi \(g(x)=(x-1)(5x-4)\) et ses racines sont \(1\) et \(4/5\).
Point de vigilance.
Si les tests \(0\), \(1\) et \(-1\) échouent, tu n’as pas démontré l’absence de racines. Par exemple \(x^2-4\) ne s’annule en aucun de ces trois nombres, mais s’annule en \(-2\) et \(2\). Une forme remarquable, la méthode somme-produit ou le discriminant peut alors prendre le relais.
Astuce démontrée : organiser les essais de racines entières
Conditions et bénéfice.
Supposons que \(a,b,c\) soient des entiers, avec \(a\ne0\) et \(c\ne0\). Si l’on cherche une racine entière, on peut limiter les essais aux diviseurs entiers de \(c\), positifs et négatifs. C’est une condition nécessaire, pas une promesse que chaque diviseur convient, ni que toutes les racines sont entières.
Cette organisation des tests est facultative : elle n’est pas nécessaire pour utiliser les autres voies de résolution du second degré.
Justification.
Si un entier \(r\ne0\) vérifie \(ar^2+br+c=0\), on soustrait \(ar^2+br\) des deux membres, puis on factorise : \[c=-ar^2-br=-r(ar+b).\] Le nombre \(-(ar+b)\) est entier. Ainsi \(c\) est un multiple entier de \(r\) : \(r\) divise \(c\). C’est la définition de la divisibilité.
Lorsque \(c\ne0\), \(0\) n’est pas une racine puisque \(f(0)=c\).
Exemple.
Pour \(f(x)=3x^2-5x-2\), une éventuelle racine entière appartient à \(\{-2;-1;1;2\}\). Les tests donnent \[\begin{align*} f(-2)&=12+10-2=20, & f(-1)&=3+5-2=6,\\ f(1)&=3-5-2=-4, & f(2)&=12-10-2=0. \end{align*}\] La racine \(2\) permet alors la factorisation \[f(x)=(x-2)(3x+1), \qquad (x-2)(3x+1)=3x^2+x-6x-2=3x^2-5x-2.\] Les racines sont \(2\) et \(-1/3\). La seconde n’est pas entière : elle ne figurait donc pas dans la liste des candidats entiers.
Frontières.
Si \(c=0\), on traite directement \(0\) et le facteur \(x\); la liste des diviseurs de \(0\) ne donne pas une recherche finie.
Si aucun diviseur de \(c\) ne convient, on a seulement exclu les racines entières. Par exemple \(x^2-2\) n’a aucune racine entière, mais a les racines réelles \(-\sqrt2\) et \(\sqrt2\).
Si les coefficients ne sont pas entiers, on ne réemploie pas cette règle sans nouvelle justification.
À toi: Organiser les essais plutôt que deviner
Cherche une racine entière de \(2x^2-3x-2\), puis factorise et donne toutes les racines. Justifie pourquoi tu as choisi ces nombres à tester.
Correction — Astuce des diviseurs
Le terme constant est \(-2\) : les seuls candidats entiers sont \(-2,-1,1,2\). À \(-2,-1,1\), le polynôme vaut respectivement \(8+6-2=12\), \(2+3-2=3\) et \(2-3-2=-3\); à \(2\), il vaut \(8-6-2=0\).
On cherche donc \((x-2)(2x+d)=2x^2+(d-4)x-2d\). Le terme constant donne \(-2d=-2\), donc \(d=1\); le coefficient linéaire \(1-4=-3\) est correct. Ainsi \(2x^2-3x-2=(x-2)(2x+1)\) et les racines sont \(2\) et \(-1/2\).
Le contrôle de la seconde donne \(2\times1/4+3/2-2=1/2+3/2-2=0\).
Cas frontière : la racine donnée vaut zéro
Pour \(h(x)=-4x^2+10x\), on a \(h(0)=0\) et directement \[h(x)=x(-4x+10).\] Le produit nul donne \(x=0\) ou \(-4x+10=0\). Soustraire \(10\) puis diviser par \(-4\ne0\) donne \(x=10/4=5/2\).
Dans une recherche \((x-r)(ax+d)\), le terme constant \(-rd\) ne permet pas de déterminer \(d\) lorsque \(r=0\) : il vaut déjà zéro pour tout \(d\). On lit alors le coefficient de \(x\), ici \(d=10\), ou on factorise directement.
À toi: Guidé : racine négative
Soit \(P(x)=3x^2+2x-8\). Vérifie que \(-2\) est une racine, factorise, puis résous \(P(x)=0\). Reprends ensuite la factorisation à partir de \(P(x)-P(-2)\).
Indice.
Le facteur annoncé est \(x-(-2)=x+2\).
Correction — Essai guidé de la méthode 3
\[P(-2)=3\times(-2)^2+2\times(-2)-8=12-4-8=0.\] On écrit \((x+2)(3x+d)=3x^2+dx+6x+2d =3x^2+(d+6)x+2d\). Le terme constant impose \(2d=-8\), donc \(d=-4\); le coefficient linéaire vaut bien \(-4+6=2\). On obtient \(P(x)=(x+2)(3x-4)\).
Le produit nul donne \(x=-2\) ou \(3x=4\), donc \(S=\{-2;4/3\}\).
À \(4/3\), \(P(4/3)=3\times16/9+8/3-8 =16/3+8/3-24/3=0\).
Par différence, on retrouve, sans chercher \(d\), \[\begin{align*} P(x)-P(-2)&=3(x^2-4)+2(x+2)\\ &=3(x-2)(x+2)+2(x+2)\\ &=(x+2)[3(x-2)+2]\\ &=(x+2)(3x-6+2)=(x+2)(3x-4). \end{align*}\] Le résultat s’applique à \(P(x)\) puisque \(P(-2)=0\).
À toi: À tenter : rechercher puis vérifier
Factorise \(Q(x)=-2x^2-x+3\) en testant d’abord \(1\) ou \(-1\), puis donne toutes ses racines. Compare identification et différence \(Q(x)-Q(r)\) pour la racine trouvée.
Correction — Tentative de la méthode 3
Le test \(Q(1)=-2-1+3=0\) réussit. On cherche \((x-1)(-2x+d)=-2x^2+(d+2)x-d\). Le terme constant impose \(-d=3\), donc \(d=-3\); le coefficient de \(x\) est alors \(-3+2=-1\), comme demandé. Ainsi \[Q(x)=(x-1)(-2x-3).\] Le produit nul fournit \(x=1\) ou \(-2x-3=0\).
Dans le second cas, ajouter \(3\) donne \(-2x=3\) et diviser par \(-2\) donne \(x=-3/2\). D’où \(S=\{-3/2;1\}\).
À \(-3/2\), \(Q(-3/2)=-2\times9/4+3/2+3 =-9/2+3/2+6/2=0\).
La voie par différence donne \[Q(x)-Q(1)=-2(x^2-1)-(x-1) =(x-1)[-2(x+1)-1]=(x-1)(-2x-3).\] Elle conserve explicitement le facteur dominant \(-2\).
À toi: Variation : les coefficients ne sont pas tous entiers
Factorise \(R(x)=x^2-(1+\sqrt2)x+\sqrt2\), sans développer de discriminant. Justifie les deux racines obtenues.
Correction — Variation de la méthode 3
On teste \(1\) : \(R(1)=1-(1+\sqrt2)+\sqrt2=0\). Le développement \[(x-1)(x-\sqrt2)=x^2-\sqrt2 x-x+\sqrt2 =x^2-(1+\sqrt2)x+\sqrt2\] prouve la factorisation. Le produit nul donne \(x=1\) ou \(x=\sqrt2\). Ces nombres sont distincts puisque \(1^2\ne2\) et ils annulent chacun un facteur. La méthode de la racine apparente n’est donc pas réservée aux coefficients entiers.
Choisir ou comparer.
La racine donnée rend la factorisation immédiate à préparer. L’identification utilise peu de termes si \(r\ne0\); la différence \(f(x)-f(r)\) montre directement pourquoi le facteur existe. La méthode 4 permet aussi de calculer la seconde racine avec la somme ou le produit.
Si aucune racine simple n’apparaît, la méthode 6 garantit une issue pour un véritable second degré; il n’est pas utile de multiplier les essais au hasard.
Reprise après erreur.
Écrire \(2x^2-7x+3=(x-3)(x-1/2)\) oublie le coefficient dominant. Le membre droit commence par \(x^2\), pas \(2x^2\) : c’est la première incohérence.
Rappel simple : \(2x^2-8=2(x^2-4)=2(x-2)(x+2)\).
Nouvel essai :
factorise \(-3x^2+3\).
Correction :
\(-3x^2+3=-3(x^2-1)=-3(x-1)(x+1)\); le développement redonne \(-3x^2+3\).
Reviens à l’exemple : la bonne écriture est \(2(x-3)(x-1/2)\), égale à \((x-3)(2x-1)\).
Critère de réussite.
Le test \(f(r)=0\) doit être visible, ainsi que le facteur \(x-r\), le coefficient dominant et le contrôle du coefficient restant. Une racine apparente est un point de départ; le produit nul donne l’ensemble complet.
À reprendre plus tard.
Reprends l’essai sur \(Q\) en utilisant la voie par différence si tu avais choisi l’identification, puis traite la variation aux coefficients irrationnels. Les corrections montrent les deux mécanismes et permettent de vérifier le facteur dominant.
M04 — Chercher les racines par leur somme et leur produit
Méthode centrale de factorisation. Les recherches par petites paires sont des essais organisés; le résultat trouvé est ensuite démontré.
Je reconnais.
Les coefficients suggèrent de petits nombres, ou une racine est déjà connue. Une somme et un produit paraissent plus simples à manier qu’un discriminant.
Je vérifie.
Pour \(ax^2+bx+c\), \(a\ne0\), la somme recherchée est \(S=-b/a\) et le produit \(P=c/a\). Ces relations concernent des racines réelles qui existent; des signes favorables de \(S,P\) ne suffisent pas à prouver cette existence.
Premier geste.
Je calcule \(S\) et \(P\) avec leurs signes, puis je cherche une paire de nombres dont je vérifie les deux relations.
Idée et raison du choix.
Le développement \((x-r)(x-s)=x^2-(r+s)x+rs\) relie une paire de nombres aux coefficients. Trouver \(r+s=-b/a\) et \(rs=c/a\) permet donc de prouver \(ax^2+bx+c=a(x-r)(x-s)\). Le théorème des fondations voir le repère précise ce lien.
Exemple de référence: Organiser la recherche d’une paire
Résolvons \(x^2-x-20=0\). On cherche une somme \(1\) et un produit \(-20\).
Le produit négatif impose des signes contraires. Les paires de valeurs absolues entières sont \(1\) et \(20\), \(2\) et \(10\), \(4\) et \(5\). La paire \(-4\) et \(5\) a bien la somme \(1\) et le produit \(-20\).
Pour passer de la recherche à une preuve, on développe : \[(x+4)(x-5)=x^2-5x+4x-20=x^2-x-20.\] Le produit nul donne \(x+4=0\) ou \(x-5=0\), d’où \(S_{\mathrm{sol}}=\{-4;5\}\).
On note ici \(S_{\mathrm{sol}}\) l’ensemble des solutions afin de ne pas le confondre avec la somme \(S=1\).
Contrôle.
\((-4)^2-(-4)-20=16+4-20=0\) et \(5^2-5-20=25-5-20=0\). Le développement prouve qu’il n’y a pas d’autre solution.
Une racine connue : somme ou produit, au choix
Reprenons le même polynôme que dans la méthode 3 : \(f(x)=2x^2-7x+3\), avec la racine \(r=3\) déjà vérifiée. La proposition voir le repère garantit qu’il reste un facteur affine réel; on peut donc utiliser les relations entre les deux racines, éventuellement confondues.
On a \(r+s=7/2\) et \(rs=3/2\).
Par la somme :
soustraire \(3\) donne \[s=\frac72-3=\frac72-\frac62=\frac12.\]
Par le produit :
\(3s=3/2\). Comme \(3\ne0\), diviser les deux membres par \(3\) donne \[s=\frac{\frac32}{3}=\frac32\times\frac13=\frac36=\frac12.\] On retrouve \(f(x)=2(x-3)(x-1/2)\) et les solutions \(1/2\) et \(3\).
Point de vigilance.
Si la racine connue est \(0\), le produit \(0\times s=0\) ne détermine pas \(s\). On utilise alors la somme \(s=-b/a\) ou la factorisation par \(x\) de la méthode 3. On ne divise jamais par la racine nulle.
Variante opératoire : scinder le terme du milieu
Quand les racines sont des fractions, la recherche directe peut être moins commode. Pour des coefficients entiers, on peut chercher deux nombres \(u,v\) tels que \(u+v=b\) et \(uv=ac\), puis réécrire \(bx=ux+vx\).
Cette préparation ne crée pas un nouveau théorème : elle cherche une factorisation par regroupement, que l’on vérifie ensuite.
Pourquoi viser le produit \(ac\) ?
Si \(u+v=b\) et \(uv=ac\), le développement donne \[\begin{align*} (ax+u)(ax+v) &=a^2x^2+avx+aux+uv\\ &=a^2x^2+a(u+v)x+uv\\ &=a^2x^2+abx+ac=a(ax^2+bx+c). \end{align*}\] Comme \(a\ne0\), diviser cette identité par \(a\) établit une factorisation de \(ax^2+bx+c\). Le regroupement ci-dessous est une manière de l’écrire avec des facteurs simples.
Si aucune paire entière ne convient, cela n’exclut pas l’existence d’une paire réelle : on change de méthode.
Pour \(6x^2-13x+6\), le produit \(ac\) vaut \(36\) et la somme souhaitée vaut \(-13\). La paire \(-9,-4\) convient. On obtient \[\begin{align*} 6x^2-13x+6 &=6x^2-9x-4x+6\\ &=3x(2x-3)-2(2x-3)\\ &=(3x-2)(2x-3). \end{align*}\] Dans la deuxième ligne factorisée, \(3x\times2x=6x^2\), \(3x\times(-3)=-9x\), \((-2)\times2x=-4x\) et \((-2)\times(-3)=6\) : tous les termes sont conservés. L’équation associée a donc pour solutions \(2/3\) et \(3/2\).
Leurs somme et produit contrôlent la recherche : \[\frac23+\frac32=\frac46+\frac96=\frac{13}{6}=-\frac ba, \qquad \frac23\times\frac32=1=\frac ca.\]
Choisir ou comparer.
Chercher directement les racines revient à chercher une paire de somme \(13/6\) et de produit \(1\). La scission utilise à la place des entiers \(-9,-4\) avant de revenir aux facteurs affines. Elle peut être plus lisible dans cet exemple; si les paires ne se repèrent pas, la méthode 6 prend le relais. Une recherche infructueuse n’est pas une preuve d’impossibilité.
À toi: Guidé : deux préparations d’une même factorisation
Résous \(6x^2-5x-6=0\) par somme-produit, puis en scindant le terme \(-5x\).
Indices.
Pour les racines, cherche une somme \(5/6\) et un produit \(-1\). Pour la scission, cherche une somme \(-5\) et un produit \(-36\).
Correction — Essai guidé de la méthode 4, recherche des racines
Les nombres \(3/2\) et \(-2/3\) conviennent car \[\frac32-\frac23=\frac96-\frac46=\frac56, \qquad \frac32\times\left(-\frac23\right)=-1.\] Le développement \[6\left(x-\frac32\right)\left(x+\frac23\right) =6\left(x^2+\frac23x-\frac32x-1\right) =6\left(x^2-\frac56x-1\right)=6x^2-5x-6\] prouve la factorisation. Ainsi les solutions sont \(-2/3\) et \(3/2\).
Correction — Essai guidé de la méthode 4, scission du terme linéaire
La paire \(-9,4\) a pour somme \(-5\) et pour produit \(-36\). \[\begin{align*} 6x^2-5x-6&=6x^2-9x+4x-6\\ &=3x(2x-3)+2(2x-3)\\ &=(3x+2)(2x-3). \end{align*}\] Le produit nul donne \(3x+2=0\) ou \(2x-3=0\), donc \(x=-2/3\) ou \(x=3/2\).
Les deux factorisations sont égales puisque \(3x+2=3(x+2/3)\) et \(2x-3=2(x-3/2)\); le produit des constantes est \(6\).
À toi: À tenter : justifier la paire choisie
Résous \(2x^2+5x-3=0\). Présente une recherche par somme-produit, puis une vérification par scission du terme linéaire. Explique pourquoi le produit négatif renseigne sur les signes de la paire.
Correction — Tentative de la méthode 4
La somme est \(-5/2\) et le produit \(-3/2\). Le produit étant négatif, les deux nombres doivent avoir des signes opposés. La paire \(-3,1/2\) convient puisque \(-3+1/2=-6/2+1/2=-5/2\) et \((-3)\times(1/2)=-3/2\). \[2(x+3)(x-1/2) =2[x^2-\tfrac12x+3x-\tfrac32] =2[x^2+\tfrac52x-\tfrac32]=2x^2+5x-3.\] Le produit nul donne \(x=-3\) ou \(x=1/2\).
Pour la scission, \(ac=2\times(-3)=-6\) et \(b=5\). Les nombres \(6\) et \(-1\) ont le produit \(-6\) et la somme \(5\) : \[2x^2+5x-3=2x^2+6x-x-3 =2x(x+3)-(x+3)=(2x-1)(x+3).\] Les mêmes solutions en résultent. Dans l’équation initiale, \(2\times9-15-3=0\) et \(2\times\frac14+\frac52-3 =\frac12+\frac52-\frac62=0\).
À toi: Variation : ce que la recherche permet, ou non, de conclure
Pour chacun des polynômes \(A(x)=x^2-4x+4\) et \(B(x)=x^2-2x+2\), indique si une paire de racines réelles existe. Ne conclus pas seulement à partir du signe de la somme et du produit.
Correction — Variation de la méthode 4
Pour \(A\), la somme vaut \(4\) et le produit \(4\) : la paire \(2,2\) convient. Le développement \((x-2)^2=x^2-4x+4\) prouve qu’il y a une seule racine distincte, \(2\), appelée double.
Pour \(B\), la somme souhaitée serait \(2\) et le produit \(2\), tous deux positifs. Cela ne prouve pas l’existence de la paire. En effet, \[B(x)=(x-1)^2+1\ge1>0.\] Il n’existe aucune racine réelle, donc aucune paire réelle de somme \(2\) et de produit \(2\). Le développement du carré justifie ici la conclusion qu’une recherche d’entiers seule ne pouvait pas fournir.
Reprise après erreur.
Confondre \(-b/a\) avec \(b/a\) inverse la somme cherchée. Pour \(x^2-7x+12\), les nombres \(3,4\) ont la bonne somme \(7\); \(-3,-4\) produiraient \(x^2+7x+12\), un autre polynôme.
Exemple simple :
\((x+1)(x+2)=x^2+3x+2\) a des racines \(-1,-2\), de somme \(-3\), l’opposé du coefficient \(3\).
Nouvel essai :
factorise \(x^2+7x+10\).
Correction :
\(-2+(-5)=-7\) et \((-2)(-5)=10\), donc \((x+2)(x+5)=x^2+5x+2x+10=x^2+7x+10\).
Reviens à l’exemple \(x^2-x-20\) : \(b=-1\), donc la somme est \(-(-1)=1\), d’où la paire \(-4,5\), et non \(4,-5\).
Critère de réussite.
Calcule correctement les deux relations et vérifie la paire dans les deux. Termine par une identité factorisée ou par le théorème applicable, puis le produit nul. Le signe des racines ne remplace pas la preuve de leur existence.
À reprendre plus tard.
Reprends l’équation \(2x^2+5x-3=0\) en commençant par la scission, puis la variation sur l’existence d’une paire. Les corrections sont locales. Vérifie que tu distingues une recherche de candidats d’une factorisation démontrée.
M05 — Isoler un carré ou le faire apparaître dans un cas simple
Méthode centrale. Le programme demande de reconnaître et d’exploiter la forme canonique; sa recherche effective est travaillée dans des cas simples, sans imposer un calcul général de canonicalisation.
Je reconnais.
L’équation est déjà de la forme \(a(x-h)^2+k=\ell\), le terme en \(x\) manque, ou le début d’un carré remarquable est facile à reconnaître.
Je vérifie.
Le coefficient \(a\) par lequel je divise est non nul. Après isolation du carré, je vérifie le signe du nombre obtenu. Les solutions cherchées sont réelles.
Premier geste.
Si le carré est présent, je soustrais la constante des deux membres. Sinon, je mets d’abord le coefficient de \(x^2\) en facteur dans les termes en \(x\).
Idée et raison du choix.
Un carré de réel est positif ou nul. Une équation \((x-h)^2=q\) demande donc de quels côtés et à quelle distance de \(h\) peut se trouver \(x\).
Si \(q>0\), les deux écarts possibles \(x-h\) sont \(\sqrt q\) et \(-\sqrt q\); si \(q=0\), on est au centre; si \(q<0\), c’est impossible.
Cette interprétation ne remplace pas les équivalences, mais elle explique le rôle des deux signes.
Exemple de référence: Le carré est déjà visible
Résolvons \(-3(x-2)^2+11=-1\). Soustraire \(11\) aux deux membres donne \[-3(x-2)^2+11-11=-1-11, \qquad -3(x-2)^2=-12.\] On divise par \(-3\), qui est non nul : \[\frac{-3(x-2)^2}{-3}=\frac{-12}{-3}, \qquad (x-2)^2=4.\] Il s’agit d’une équation : diviser par un nombre négatif ne pose pas de question de sens d’inégalité.
Les deux possibilités sont \(x-2=2\) ou \(x-2=-2\). Ajouter \(2\) donne \(x=4\) ou \(x=0\). Donc \(S=\{0;4\}\).
Contrôle.
Les deux valeurs sont à distance \(2\) du centre \(2\). Pour chacune, le carré \((x-2)^2\) vaut \(4\), donc le membre gauche initial vaut \(-3\times4+11=-1\).
Les points \(0\) et \(4\) sont exactement les deux réels dont la distance à \(2\) est \(2\). Le dessin illustre une résolution déjà justifiée.
Les trois issues à ne pas confondre
\((x+1)^2=-2\) n’a aucune solution réelle : un carré n’est jamais négatif.
\((x+1)^2=0\) donne seulement \(x=-1\).
\((x+1)^2=2\) donne \(x=-1-\sqrt2\) ou \(x=-1+\sqrt2\).
Le cas sans terme linéaire relève de la même méthode. Par exemple \(-5x^2+20=0\) donne, après soustraction de \(20\) puis division par \(-5\), \(x^2=4\), donc \(x=-2\) ou \(x=2\).
Exemple de référence: Faire apparaître un carré simple
Résolvons \(3x^2-18x+16=1\). On commence par regrouper les termes qui contiennent \(x\) : \[3x^2-18x+16=3(x^2-6x)+16.\] Le double produit \(-6x\) est celui de \((x-3)^2\). Comme \((x-3)^2=x^2-6x+9\), on soustrait \(9\) pour retrouver le bloc initial : \[x^2-6x=(x-3)^2-9.\] On remplace ce bloc dans les parenthèses : \[\begin{align*} 3(x^2-6x)+16 &=3[(x-3)^2-9]+16\\ &=3(x-3)^2-27+16\\ &=3(x-3)^2-11. \end{align*}\] L’équation devient \(3(x-3)^2-11=1\). Ajouter \(11\) puis diviser par \(3\ne0\) donne \((x-3)^2=4\). Donc \(x-3=2\) ou \(x-3=-2\), d’où \(S=\{1;5\}\).
Contrôle.
À \(1\), \(3-18+16=1\); à \(5\), \(75-90+16=1\). La forme canonique \(3(x-3)^2-11\) redonne bien \(3x^2-18x+16\) en développant.
Comparaison complète avec une factorisation.
Soustraire \(1\) à l’équation initiale donne \(3x^2-18x+15=0\). On divise par \(3\) : \(x^2-6x+5=0\). Les nombres \(1,5\) ont la somme \(6\) et le produit \(5\); \((x-1)(x-5)=x^2-5x-x+5=x^2-6x+5\). Le produit nul redonne \(1\) et \(5\). Cette voie est courte pour les racines; la complétion fournit en plus le sommet et le minimum du polynôme, informations utiles si la question suivante les demande.
Cas simple avec une demi-unité : garder les fractions exactes
Pour \(2x^2+2x-1=0\), on divise d’abord par \(2\ne0\) : \(x^2+x-1/2=0\). Le double produit de \((x+1/2)^2\) est \(2x\times1/2=x\), donc \[x^2+x=\left(x+\frac12\right)^2-\frac14.\] L’équation devient \[\left(x+\frac12\right)^2-\frac14-\frac12=0.\] Pour soustraire les fractions, \(1/2=2/4\) (on multiplie son numérateur et son dénominateur par \(2\)). Ainsi \(-1/4-1/2=-3/4\) et \[\left(x+\frac12\right)^2=\frac34.\] Comme \(3/4>0\), \(x+1/2=\sqrt3/2\) ou \(x+1/2=-\sqrt3/2\). Les solutions exactes sont donc \[\boxed{x=\frac{-1-\sqrt3}{2}\quad\text{ou}\quad x=\frac{-1+\sqrt3}{2}}.\] On a utilisé \(\sqrt{3/4}=\sqrt3/2\), puisque \(2\) est positif. L’identité \(2x^2+2x-1=2(x+1/2)^2-3/2\) contrôle le passage : le membre droit se développe en \(2x^2+2x+1/2-3/2\).
À toi: Guidé : facteur négatif
Résous \(-2x^2-8x+3=9\) en complétant le carré.
Indice.
Mets \(-2\) en facteur dans les deux premiers termes, puis utilise \(x^2+4x=(x+2)^2-4\).
Correction — Essai guidé de la méthode 5
\[\begin{align*} -2x^2-8x+3 &=-2(x^2+4x)+3\\ &=-2[(x+2)^2-4]+3\\ &=-2(x+2)^2+8+3=-2(x+2)^2+11. \end{align*}\] L’équation est donc \(-2(x+2)^2+11=9\). Soustraire \(11\) donne \(-2(x+2)^2=-2\); diviser par \(-2\ne0\) donne \((x+2)^2=1\). Ainsi \(x+2=1\) ou \(x+2=-1\), puis \(x=-1\) ou \(x=-3\).
À \(-1\), le membre initial vaut \(-2+8+3=9\); à \(-3\), il vaut \(-18+24+3=9\). On conclut \(S=\{-3;-1\}\).
À toi: À tenter : un coefficient non unitaire
Résous \(4x^2-12x+5=0\) en faisant apparaître un carré. Ne remplace pas les fractions par des arrondis.
Indice.
Dans \(x^2-3x\), la moitié de \(3\) est \(3/2\).
Correction — Tentative de la méthode 5
\[4x^2-12x+5=4(x^2-3x)+5.\] Comme \((x-3/2)^2=x^2-3x+9/4\), \[\begin{align*} 4(x^2-3x)+5 &=4\left[\left(x-\frac32\right)^2-\frac94\right]+5\\ &=4\left(x-\frac32\right)^2-9+5\\ &=4\left(x-\frac32\right)^2-4. \end{align*}\] L’équation donne \(4(x-3/2)^2=4\), puis \((x-3/2)^2=1\) après division par \(4\ne0\). Donc \(x-3/2=1\) ou \(x-3/2=-1\) : \(x=3/2+2/2=5/2\) ou \(x=3/2-2/2=1/2\).
À \(1/2\), \(4\times1/4-12\times1/2+5=1-6+5=0\); à \(5/2\), \(4\times25/4-12\times5/2+5=25-30+5=0\).
À toi: Variation : compter sans fixer le niveau
On fixe un réel \(t\). Combien de solutions réelles peut avoir \(2(x-1)^2-3=t\) ? Donne les valeurs lorsqu’elles existent.
Correction — Variation de la méthode 5
Ajouter \(3\) aux deux membres puis diviser par \(2\) donne \((x-1)^2=(t+3)/2\).
Si \(t<-3\), le membre droit est négatif : aucune solution.
Si \(t=-3\), il est nul : une solution \(x=1\).
Si \(t>-3\), il est positif : deux solutions distinctes \(1-\sqrt{(t+3)/2}\) et \(1+\sqrt{(t+3)/2}\).
On les contrôle en soustrayant \(1\), puis en les élevant au carré : dans les deux cas, le carré vaut \((t+3)/2\) et l’expression initiale vaut \(t\).
Reprise après erreur.
L’erreur \(3[(x-3)^2-9]+16=3(x-3)^2-9+16\) oublie que le \(3\) multiplie aussi \(-9\).
Rappel simple : \(2(x^2-2x)=2[(x-1)^2-1]=2(x-1)^2-2\).
Nouvel essai :
transforme \(-2x^2+8x+1\).
Correction :
\(-2(x^2-4x)+1=-2[(x-2)^2-4]+1=-2(x-2)^2+8+1 =-2(x-2)^2+9\).
Reviens à \(3[(x-3)^2-9]+16\) : le terme constant est \(3\times(-9)+16=-27+16=-11\).
Autre obstacle : oublier le signe moins de la seconde solution.
De \(y^2=9\), on ne déduit pas seulement \(y=3\), car \((-3)^2=9\) aussi.
Nouvel essai :
\((x+1)^2=4\).
Correction :
\(x+1=2\) ou \(x+1=-2\), donc \(x=1\) ou \(x=-3\).
Reviens à l’exemple \(-3(x-2)^2+11=-1\) : les deux nombres \(0\) et \(4\) doivent être conservés.
Critère de réussite.
Le carré complété doit redonner l’expression initiale lorsqu’on le développe. Après isolation, indique le signe du second membre et explique le nombre de solutions. Ne confonds pas \(\sqrt{y^2}=|y|\) avec \(y\).
À reprendre plus tard.
Refais l’équation \(4x^2-12x+5=0\) par complétion, puis le problème où le niveau est \(t\). Leurs corrections sont locales. Le transfert attendu est de traiter les trois signes possibles d’un carré, et pas seulement un exemple à deux racines.
M06 — Utiliser le discriminant quand aucune structure ne suffit
Méthode générale attendue pour le second degré. La variante du discriminant réduit est un raccourci algébrique facultatif, non une formule supplémentaire exigible.
Je reconnais.
Après préparation, l’équation est \(ax^2+bx+c=0\) avec \(a\ne0\); aucune factorisation simple n’est visible, ou la consigne demande une résolution générale, un nombre de racines ou leur expression exacte.
Je vérifie.
Je relève \(a,b,c\) avec leurs signes. Le discriminant est \(\Delta=b^2-4ac\). Je traite son signe avant de prendre une racine carrée. Le dénominateur \(2a\) est non nul.
Premier geste.
J’écris les valeurs des trois coefficients, puis le calcul de \(\Delta\) avec des parenthèses autour des nombres négatifs.
Idée et raison du choix.
Le discriminant mesure les trois possibilités de l’équation de carré sous-jacente. Le théorème voir le repère est démontré dans les fondations. Il donne une issue pour tout véritable second degré, contrairement à la recherche d’une racine apparente.
| Signe de \(\Delta\) | Conclusion dans \(\mathbb{R}\) |
|---|---|
| \(\Delta<0\) | Aucune solution réelle. Ne pas écrire \(\sqrt\Delta\) dans une formule réelle. |
| \(\Delta=0\) | Une seule solution distincte \(x_0=-b/(2a)\), dite racine double. |
| \(\Delta>0\) | Deux solutions distinctes \((-b-\sqrt\Delta)/(2a)\) et \((-b+\sqrt\Delta)/(2a)\). |
Exemple de référence: Coefficient dominant négatif : calculer puis ordonner
Résolvons \(-3x^2+5x+2=0\). Ici \(a=-3\), \(b=5\), \(c=2\) et \[\Delta=5^2-4\times(-3)\times2=25-(-24)=49>0.\] On a \(\sqrt{49}=7\) et \(2a=2\times(-3)=-6\). Les deux expressions du théorème donnent \[x_- =\frac{-5-7}{-6}=\frac{-12}{-6}=2, \qquad x_+ =\frac{-5+7}{-6}=\frac2{-6}=-\frac13.\] Le signe « moins » dans le numérateur n’a pas donné la plus petite racine, car le dénominateur est négatif. Pour les ranger, on compare les nombres obtenus : \(-1/3<2\). L’ensemble des solutions est \(S=\{-1/3;2\}\).
Contrôle.
À \(2\), \(-3\times4+10+2=0\).
À \(-1/3\), \(-3\times1/9-5/3+2=-1/3-5/3+6/3=0\).
La somme \(2-1/3=5/3=-b/a\) et le produit \(-2/3=c/a\) fournissent deux contrôles supplémentaires. Ils ne remplacent pas l’étude du signe de \(\Delta\) qui a établi le nombre de solutions.
Les deux autres signes du discriminant
Pour \(-2x^2+6x-9/2=0\), les coefficients sont \(-2,6,-9/2\) : \[\Delta=6^2-4\times(-2)\times\left(-\frac92\right) =36-36=0.\] L’unique racine est \(x_0=-6/[2\times(-2)]=3/2\). On contrôle par la factorisation \(-2(x-3/2)^2=-2x^2+6x-9/2\).
Pour \(5x^2-4x+2=0\), \(\Delta=(-4)^2-4\times5\times2=16-40=-24<0\). Il n’y a aucune solution réelle. Cela signifie notamment qu’on ne peut pas factoriser ce polynôme en deux facteurs affines réels non constants; une mise en facteur d’une constante demeure bien sûr possible.
Quand le discriminant n’est pas un carré parfait
Dans \(2x^2+3x-4=0\), on a \(\Delta=3^2-4\times2\times(-4)=9+32=41>0\). Les solutions exactes sont \[\frac{-3-\sqrt{41}}4\quad\text{et}\quad\frac{-3+\sqrt{41}}4.\] Une valeur décimale peut ensuite contrôler leur ordre ou répondre à une précision demandée, mais elle ne remplace pas l’écriture exacte.
Pour contrôler les formules sans calcul décimal, la somme vaut \((-3-\sqrt{41}-3+\sqrt{41})/4=-6/4=-3/2\); le produit vaut \([(-3)^2-(\sqrt{41})^2]/16=(9-41)/16=-2\). Ce sont bien \(-b/a\) et \(c/a\).
Même problème que les méthodes 3 et 4 : comparaison complète
Pour \(2x^2-7x+3=0\), le discriminant donne \[\Delta=(-7)^2-4\times2\times3=49-24=25>0,\] \[x_1=\frac{7-5}{4}=\frac12, \qquad x_2=\frac{7+5}{4}=3.\] Les racines sont les mêmes que dans les deux démarches déjà travaillées.
Avec la racine \(3\) donnée, la méthode 3 exploitait une information disponible; avec la paire \(3,1/2\) repérée, la méthode 4 évitait le discriminant.
Sans cette information et sans paire facile à trouver, la méthode 6 fournit une procédure systématique.
À l’inverse, pour \(x(x-7)=0\), développer puis calculer \(\Delta\) effacerait un produit nul immédiatement utilisable.
Préparation utile : éliminer des dénominateurs constants
Pour \[\frac{x^2}{3}-\frac{5x}{6}+\frac12=0,\] on peut multiplier les deux membres par \(6\ne0\) : \[6\times\frac{x^2}{3}-6\times\frac{5x}{6} +6\times\frac12=6\times0, \qquad 2x^2-5x+3=0.\] Le discriminant devient \(25-24=1\). Les racines sont \((5-1)/4=1\) et \((5+1)/4=3/2\). Les transformations sont réversibles et n’imposent pas \(x\ne0\) : le multiplicateur est la constante \(6\), pas l’inconnue.
À \(1\), l’expression de départ vaut \((2-5+3)/6=0\); à \(3/2\), elle vaut \(3/4-5/4+1/2=0\).
Variante facultative : un coefficient linéaire double
Si l’on écrit \(b=2d\), alors \[\Delta=(2d)^2-4ac=4(d^2-ac).\] On peut calculer \(\delta=d^2-ac\) et utiliser son signe, qui est le même que celui de \(\Delta\). Le symbole \(d\) désigne ici un coefficient, pas une dérivée. Pour \(\delta>0\), \(\sqrt\Delta=\sqrt{4\delta}=2\sqrt\delta\), donc \[\frac{-b\pm\sqrt\Delta}{2a} =\frac{-2d\pm2\sqrt\delta}{2a} =\frac{-d\pm\sqrt\delta}{a}.\] La simplification porte sur le facteur constant \(2\), non nul.
Si \(\delta=0\), la racine double est \(-d/a\);
si \(\delta<0\), il n’y a aucune racine réelle.
Le coefficient \(a\) doit toujours être non nul.
Exemple comparé.
Pour \(5x^2-12x+4=0\), on a \(d=-6\) : \(\delta=(-6)^2-5\times4=36-20=16\). Les solutions sont \[\frac{6-4}{5}=\frac25 \quad\text{et}\quad \frac{6+4}{5}=2.\] Avec la formule habituelle, on calcule \(\Delta=(-12)^2-4\times5\times4=144-80=64\), puis \((12-8)/10=2/5\) et \((12+8)/10=2\). Les deux calculs sont complets et équivalents. La variante a réduit les nombres manipulés; elle n’a pas changé la méthode mathématique.
On contrôle par \((5x-2)(x-2)=5x^2-10x-2x+4=5x^2-12x+4\).
Point de vigilance.
Cette variante est facultative : la formule générale suffit. Tout réel \(b\) peut s’écrire \(2d\), mais si \(d=b/2\) complique les nombres, le raccourci n’apporte pas de bénéfice. Ne confonds jamais \(\delta\) et \(\Delta\) dans une même formule.
À toi: Guidé : formule générale
Résous \(3x^2+4x-4=0\) par le discriminant habituel et contrôle les résultats.
Comparaison facultative.
Refais le calcul avec \(d=2\), puis compare les deux résolutions.
Correction — Essai guidé de la méthode 6
Avec \(a=3\), \(b=4\), \(c=-4\), on obtient \[\Delta=4^2-4\times3\times(-4)=16+48=64>0.\] Comme \(\sqrt\Delta=8\) et \(2a=6\), \[x_1=\frac{-4-8}{6}=-2, \qquad x_2=\frac{-4+8}{6}=\frac46=\frac23.\] Avec la variante, \(d=2\), \(\delta=2^2-3\times(-4)=4+12=16\), et les racines sont \((-2-4)/3=-2\) et \((-2+4)/3=2/3\).
Dans l’équation initiale, à \(-2\) on a \(12-8-4=0\); à \(2/3\) on a \(3\times4/9+8/3-4=4/3+8/3-12/3=0\).
Les deux procédures donnent \(S=\{-2;2/3\}\).
À toi: À tenter : conserver une racine carrée exacte
Résous \(2x^2-4x-3=0\). Donne des valeurs exactes simplifiées.
Comparaison facultative.
Si tu as choisi le discriminant réduit, retrouve les résultats avec la formule générale; si tu as choisi la formule générale, compare avec la variante. Une seule voie correcte suffit à résoudre l’équation.
Correction — Tentative de la méthode 6, discriminant habituel
\[\Delta=(-4)^2-4\times2\times(-3)=16+24=40>0.\] Comme \(40=4\times10\), \(\sqrt{40}=2\sqrt{10}\). Ainsi \[x_1=\frac{4-2\sqrt{10}}4=1-\frac{\sqrt{10}}2, \qquad x_2=\frac{4+2\sqrt{10}}4=1+\frac{\sqrt{10}}2.\] On a divisé chacun des termes du numérateur par \(4\), ou simplifié le facteur \(2\) commun au numérateur et au dénominateur.
Correction — Tentative de la méthode 6, variante facultative
Ici \(d=-2\), donc \(\delta=(-2)^2-2\times(-3)=4+6=10\). Les racines sont \([2-\sqrt{10}]/2\) et \([2+\sqrt{10}]/2\), égales aux deux valeurs précédentes.
Le contrôle exact par la forme canonique est \[2x^2-4x-3=2(x-1)^2-5.\] Pour chacune des valeurs retenues, \((x-1)^2=10/4=5/2\), donc \(2(x-1)^2-5=0\). La somme des racines vaut \(2\) et leur produit \(1-10/4=-3/2\), comme \(-b/a\) et \(c/a\).
À toi: Variation : diagnostiquer avant de substituer
Peut-on appliquer les formules du second degré aux équations \(0x^2+2x-4=0\) et \(0x^2+0x-4=0\) ? Résous-les par une voie valide. Explique aussi pourquoi une calculatrice affichant \(\Delta\approx0\) ne suffit pas à affirmer qu’une racine est double.
Correction — Variation de la méthode 6
Dans les deux équations, \(a=0\) : les formules à dénominateur \(2a\) ne sont pas définies. La première équivaut à \(2x=4\), puis \(x=2\) après division par \(2\ne0\); la seconde se réduit à \(-4=0\), impossible.
Pour le dernier point, un arrondi peut masquer un petit nombre non nul. Par exemple \(x^2-\frac1{10000}=0\) a un discriminant exact \(4/10000=1/2500>0\) et deux racines \(-1/100\) et \(1/100\). Un affichage à trop peu de décimales ne doit pas les fusionner.
On décide du cas avec le calcul exact lorsque les données sont exactes.
Reprise après erreur.
Deux premières erreurs fréquentes sont \((-4)^2=-16\) et \(-b=-4\) lorsque \(b=-4\).
Le carré vaut \((-4)\times(-4)=16\); l’opposé vaut \(-(-4)=4\).
Exemple plus simple :
pour \(x^2-3x+2=0\), \(\Delta=(-3)^2-8=9-8=1\) et les numérateurs sont \(3-1\) et \(3+1\), non \(-3-1\) et \(-3+1\); les racines sont \(1\) et \(2\).
Nouvel essai :
résous \(-x^2-4x+5=0\).
Correction :
\(a=-1\), \(b=-4\), \(c=5\), \(\Delta=(-4)^2-4\times(-1)\times5=16+20=36\). Les deux racines sont \((4-6)/(-2)=1\) et \((4+6)/(-2)=-5\). On contrôle \(-1-4+5=0\) et \(-25+20+5=0\).
Reviens à l’exemple de référence \(-3x^2+5x+2=0\) : \(-b=-5\), \(b^2=25\), \(4ac=-24\), donc \(\Delta=25-(-24)=49\).
Critère de réussite.
Écris \(a,b,c\), le discriminant exact et son signe avant les racines. Les parenthèses doivent permettre de reconstruire les signes. Indique l’ensemble complet, garde les valeurs exactes et ordonne les racines si la suite demande un tableau. La variante doit retrouver les mêmes résultats dans son domaine, sans devenir une obligation supplémentaire.
À reprendre plus tard.
Refais l’équation \(2x^2-4x-3=0\), puis la variation sur les cas non applicables. Reprends aussi le problème commun \(2x^2-7x+3=0\) par une autre voie que celle choisie au départ : méthode 3, la méthode 4 et la méthode 6 en donnent chacune une résolution complète.
Étudier un signe et résoudre une inéquation
Étudier un signe, résoudre une contrainte, conserver tous les cas
Une équation demande où deux expressions sont égales. Une inéquation demande où l’une est plus grande que l’autre. Un tableau de signes répond à une question sur les valeurs de la fonction : il ne décrit pas ses variations.
Les rappels de calcul de la page , le théorème des racines (p. ) et celui du signe (p. ) sont les outils communs de cette section. On travaille dans \(\mathbb{R}\), puis on intersecte avec le domaine demandé : intervalle, nombres positifs ou valeurs autorisées.
M07 — Construire un tableau de signes à partir des facteurs
Méthode du noyau du chapitre : exploiter une forme factorisée.
Je reconnais.
Un produit de facteurs du premier degré est déjà écrit, ou une factorisation courte est visible.
Je vérifie.
Chaque facteur est défini; on distingue un facteur constant, un facteur affine et un carré.
Premier geste.
Chercher les zéros de chaque facteur et les ranger dans l’ordre croissant.
Idée et raison du choix.
Entre deux zéros consécutifs, chaque facteur garde son signe. On multiplie ces signes, sans choisir de valeurs au hasard comme seule justification.
P: Signe d’un facteur affine et d’un produit
Si \(u\ne0\), alors \(ux+v=u(x-r)\), où \(r=-v/u\). Le facteur \(x-r\) est négatif pour \(x<r\), nul pour \(x=r\) et positif pour \(x>r\). Le signe de \(u\) décide donc s’il faut conserver ou inverser ces signes.
Un produit non nul est positif quand le nombre de facteurs négatifs est pair, négatif quand ce nombre est impair.
Démonstration
De \(x<r\), soustraire \(r\) donne \(x-r<0\); de \(x>r\), on obtient \(x-r>0\). On applique ensuite la règle des signes de la multiplication. Un facteur nul rend le produit nul. Les trois cas couvrent tous les réels.
Exemple de référence: Un coefficient négatif ne doit pas disparaître
Étudier le signe de \(P(x)=-2(x+1)(x-3)\), puis résoudre \(P(x)\ge0\) et \(P(x)<0\).
Le facteur \(x+1\) s’annule en \(-1\), car \(x+1-1=0-1\) donne \(x=-1\). Le facteur \(x-3\) s’annule en \(3\). On place \(-1<3\). \[\begin{array}{c|ccccccc} x&-\infty&&-1&&3&&+\infty\\\hline -2&&- &- &- &- &- &\\ x+1&&- &0 &+ &+ &+ &\\ x-3&&- &- &- &0 &+ &\\\hline P(x)&&- &0 &+ &0 &- & \end{array}\] Sur \(]-\infty;-1[\), trois facteurs sont négatifs, donc le produit est négatif.
Sur \(]-1;3[\), les signes sont \(-,+,-\) : leur produit est positif.
Sur \(]3;+\infty[\), les signes sont \(-,+,+\) : leur produit est négatif.
Les racines donnent zéro, pas un signe strict.
Ainsi \(P(x)\ge0\) a pour ensemble de solutions \([-1;3]\), tandis que \(P(x)<0\) donne \(]-\infty;-1[\,\cup\,]3;+\infty[\).
Contrôle.
\(P(0)=-2\times1\times(-3)=6>0\) et \(P(4)=-2\times5\times1=-10<0\) concordent avec le tableau. Ces essais détectent une éventuelle erreur; c’est l’étude de tous les facteurs qui justifie les intervalles.
À toi: Guidé — méthode 7
Résous \((2x-1)(x+2)\ge0\). Écris d’abord \(2x-1=2(x-\tfrac12)\). Explique pourquoi le facteur \(2\) ne change pas les signes.
Correction — essai guidé de la méthode 7
L’égalité \(2(x-\tfrac12)=2x-2\times\tfrac12=2x-1\) conserve l’expression. Le facteur \(2\) est strictement positif. Les zéros sont \(-2\) et \(\tfrac12\), dans cet ordre. Avant \(-2\), les deux facteurs affines sont négatifs; entre \(-2\) et \(\tfrac12\), ils sont de signes contraires; après \(\tfrac12\), ils sont positifs. \[\begin{array}{c|ccccccc} x&-\infty&&-2&&\tfrac12&&+\infty\\\hline 2x-1&&- &- &- &0 &+ &\\ x+2&&- &0 &+ &+ &+ &\\\hline (2x-1)(x+2)&&+ &0 &- &0 &+ & \end{array}\] On retient les signes \(+\) et les zéros : \(S=]-\infty;-2]\,\cup\,[\tfrac12;+\infty[\).
Pour \(x=0\), le produit vaut \((-1)\times2=-2\) : \(0\) est bien exclu.
À toi: tentative de la méthode 7 : moins d’aide et changement de cas
Pour \(Q(x)=-3(x-2)^2\), résous successivement \(Q(x)>0\), \(Q(x)\le0\) et \(Q(x)=0\). Pourquoi le signe ne change-t-il pas de part et d’autre de \(2\) ?
Correction — tentative de la méthode 7
Un carré est positif ou nul. Donc \(-3(x-2)^2\le0\) pour tout réel \(x\), avec égalité exactement quand \(x-2=0\), soit \(x=2\). Si \(x\ne2\), \((x-2)^2>0\) et la multiplication par \(-3\) donne \(Q(x)<0\). Les trois ensembles de solutions sont respectivement \(\varnothing\), \(\mathbb{R}\) et \(\{2\}\).
Écrit \((x-2)(x-2)\), le carré a deux facteurs qui changent simultanément de signe : le produit est positif des deux côtés. Une racine double ne provoque donc pas le changement de signe d’une racine simple.
Reprise après erreur.
Si tu as obtenu le signe \(+\) à l’extérieur dans l’exemple, la première omission est le facteur \(-2\).
Repars de \(-(x-1)\) : pour \(x<1\), \(x-1<0\), donc \(-(x-1)>0\); pour \(x>1\), le signe est négatif.
Nouvel essai :
donne le signe de \(-(x+3)\).
Correction :
zéro en \(-3\), signe \(+\) avant \(-3\), signe \(-\) après \(-3\).
Reviens à \(P\) et multiplie les signes des deux facteurs par celui de \(-2\) dans chaque intervalle.
Critère de réussite.
Les zéros sont ordonnés; chaque signe provient d’un facteur identifié; les zéros sont inclus pour \(\ge\) ou \(\le\), mais exclus pour \(>\) ou \(<\).
Choisir ou comparer.
Lorsque la forme factorisée est donnée, ce tableau est directement utilisable. Développer puis calculer un discriminant n’est pas faux, mais masque une information déjà disponible. La méthode 8 résout le même exemple en partant de la forme développée.
À reprendre plus tard.
Reprends l’essai guidé de la méthode 7 en remplaçant \(\ge0\) par \(<0\), puis explique ton choix de crochets.
Correction :
\(S=]-2;\tfrac12[\), car on retient seulement la zone de signe \(-\) et aucun des deux zéros.
M08 — Étudier le signe avec le discriminant, sans confondre équation et inéquation
Méthode générale du noyau; le discriminant est une voie disponible, pas un réflexe obligatoire.
Je reconnais.
Le trinôme est développé et aucune factorisation simple n’est disponible.
Je vérifie.
On a bien \(ax^2+bx+c\) avec \(a\ne0\); les signes de \(b\) et \(c\) sont conservés.
Premier geste.
Écrire \(a,b,c\), puis \(\Delta=b^2-4ac\), avec des parenthèses autour des coefficients négatifs.
Idée et raison du choix.
Le discriminant indique les zéros réels; le signe de \(a\) indique le signe du trinôme en dehors des racines. Le théorème du signe, démontré page , traite aussi les cas sans racine et avec une racine double.
Exemple de référence: Le même problème que la méthode 7
On reçoit cette fois \(P(x)=-2x^2+4x+6\). On a \(a=-2\), \(b=4\), \(c=6\). \[\Delta=4^2-4\times(-2)\times6 =16-(-48)=16+48=64>0.\] L’équation \(P(x)=0\) possède deux racines : \[\frac{-4-\sqrt{64}}{2\times(-2)} =\frac{-4-8}{-4}=3, \qquad \frac{-4+\sqrt{64}}{2\times(-2)} =\frac{-4+8}{-4}=-1.\] Attention : la formule avec le signe \(-\) n’a pas donné la plus petite racine, car le dénominateur est négatif. On ordonne donc \(-1<3\).
Comme \(a<0\), \(P\) est négatif à l’extérieur des racines, positif entre elles, nul en elles. On retrouve exactement \[P(x)\ge0\ :\ [-1;3],\qquad P(x)<0\ :\ ]-\infty;-1[\,\cup\,]3;+\infty[.\] Pour contrôler la concordance des deux écritures : \[-2(x+1)(x-3) =-2(x^2-3x+x-3) =-2(x^2-2x-3) =-2x^2+4x+6.\] Tous les termes ont été distribués : c’est bien le même polynôme que dans la méthode 7.
Exemple de référence: Les deux autres cas sont essentiels
Pour \(H(x)=-x^2+6x-9\), on obtient \(\Delta=6^2-4\times(-1)\times(-9)=36-36=0\). La racine double est \(-6/(-2)=3\) et \(H(x)=-(x-3)^2\). Ainsi \(H(x)\ge0\) seulement pour \(x=3\), mais \(H(x)\le0\) pour tout réel.
Pour \(K(x)=2x^2+2x+3\), \(\Delta=2^2-4\times2\times3=4-24=-20<0\). Il n’y a aucune racine réelle, et \(a=2>0\) : \(K(x)>0\) pour tout réel. Par conséquent \(K(x)>0\) a une infinité de solutions, alors que \(K(x)=0\) n’en a aucune. La même information \(\Delta<0\) ne répond pas de la même façon à ces deux questions.
À toi: Guidé — méthode 8
Résous \(3x^2-4x-4\le0\). Commence par calculer \(\Delta\) et range les racines avant de lire les signes.
Correction — essai guidé de la méthode 8
Ici \(a=3\), \(b=-4\), \(c=-4\). Donc \[\Delta=(-4)^2-4\times3\times(-4)=16+48=64.\] Les racines sont \[\frac{-(-4)-8}{6}=\frac{4-8}{6}=-\frac23, \qquad \frac{-(-4)+8}{6}=\frac{12}{6}=2.\] Le coefficient \(3\) est positif : signes \(+,-,+\), dans les intervalles délimités par \(-\tfrac23\) et \(2\), et zéro aux deux bornes. L’inégalité est large, donc \(S=[-\tfrac23;2]\). Le contrôle en \(0\) donne \(-4\le0\); le contrôle en \(3\) donne \(27-12-4=11>0\).
À toi: tentative de la méthode 8 : moins d’aide
Résous \(4x^2+4x+1>0\), puis \(x^2-2x+3\le0\). Justifie sans inventer de racines réelles.
Correction — tentative de la méthode 8
Pour le premier trinôme, \(\Delta=4^2-4\times4\times1=16-16=0\). Sa racine est \(-4/8=-\tfrac12\). Le trinôme est strictement positif partout sauf en cette racine, où il est nul : \(S=]-\infty;-\tfrac12[\,\cup\,]-\tfrac12;+\infty[\). On pouvait aussi reconnaître \((2x+1)^2\).
Pour le second, \(\Delta=(-2)^2-4\times1\times3=4-12=-8<0\) et \(a=1>0\). Il est strictement positif partout; l’inéquation \(\le0\) a donc pour solution \(S=\varnothing\).
La forme \((x-1)^2+2\) fournit une autre justification complète : elle est au moins égale à \(2\).
Reprise après erreur.
Si tu écris « \(\Delta<0\), donc aucune solution » sans citer la question, reviens à \(x^2+1\) : l’équation \(x^2+1=0\) est impossible, mais \(x^2+1>0\) est vraie pour tout réel, puisqu’un carré est positif ou nul.
Nouvel essai :
résoudre \(-x^2-2<0\).
Correction :
\(x^2\ge0\) donne \(-x^2\le0\), puis \(-x^2-2\le-2<0\); tous les réels conviennent.
Reviens à \(K\) et lis le signe demandé, pas seulement le nombre de racines.
Choisir ou comparer.
Sur \(P\), la méthode 7 économise le calcul des racines si les facteurs sont donnés; La méthode 8 les retrouve lorsque l’on ne connaît que les coefficients.
Sur \((2x+1)^2\), le carré visible suffit. Sur \(3x^2-4x-4\), la méthode 8 garantit une démarche même si l’on n’a pas deviné la factorisation.
Critère de réussite.
Nommer la quantité étudiée, écrire le cas de \(\Delta\), utiliser le signe de \(a\), ordonner les racines, puis distinguer les signes stricts des zéros.
À reprendre plus tard.
Reprends l’essai guidé de la méthode 8 avec \(\ge0\).
Correction :
les mêmes racines délimitent les zones positives; \(S=]-\infty;-\tfrac23]\,\cup\,[2;+\infty[\).
M09 — Ramener un seuil ou une comparaison à une différence
Méthode centrale : choisir la forme adaptée à une inéquation ou à une position relative.
Je reconnais.
La question est \(f(x)\le k\), \(f(x)>g(x)\), ou « quelle courbe est au-dessus ? ».
Je vérifie.
On travaille sur le domaine commun; le second membre n’est pas forcément zéro.
Premier geste.
Soustraire le même second membre aux deux côtés et réduire la différence.
Idée et raison du choix.
Le signe de \(f(x)-g(x)\) compare les deux ordonnées pour une même abscisse. Un signe positif signifie que la courbe de \(f\) est au-dessus de celle de \(g\). Un zéro donne une abscisse d’intersection; il faut encore calculer l’ordonnée.
Exemple de référence: Comparer deux fonctions
Soient \(f(x)=x^2-2x-3\) et \(g(x)=x+1\). Pour résoudre \(f(x)\le g(x)\), on écrit \[\begin{aligned} x^2-2x-3&\le x+1,\\ x^2-2x-3-(x+1)&\le(x+1)-(x+1),\\ x^2-2x-3-x-1&\le0,\\ x^2-3x-4&\le0. \end{aligned}\] Le signe moins placé devant la parenthèse change les deux signes. Comme \((x+1)(x-4)=x^2-4x+x-4=x^2-3x-4\), les racines de la différence sont \(-1\) et \(4\). Le coefficient de \(x^2\) est positif : \(f(x)-g(x)\le0\) exactement sur \([-1;4]\). La parabole est donc en dessous de la droite sur cet intervalle, au-dessus en dehors, et les courbes se coupent en \[A(-1;g(-1))=A(-1;0),\qquad B(4;g(4))=B(4;5).\]
Lecture du dessin :
entre les abscisses \(-1\) et \(4\), la parabole bleue est sous la droite rouge. Les pointillés repèrent l’abscisse et l’ordonnée de \(B\). Le calcul précédent donne les valeurs exactes et justifie le résultat sur tout le domaine; la fenêtre du dessin seule ne le prouverait pas.
Exemple de référence: Même seuil, deux résolutions complètes
Résolvons \(f(x)\le5\) pour la même fonction \(f\).
Voie par différence et facteurs.
Soustraire \(5\) des deux côtés donne \[x^2-2x-3-5\le0, \quad x^2-2x-8\le0, \quad (x+2)(x-4)\le0.\] En effet \((x+2)(x-4)=x^2-4x+2x-8=x^2-2x-8\). Les facteurs sont de signes contraires entre leurs zéros : \(S=[-2;4]\).
Voie par carré.
On vérifie \((x-1)^2-4=x^2-2x+1-4=x^2-2x-3=f(x)\). Alors, en ajoutant \(4\) aux deux membres, \[(x-1)^2-4\le5\ \Longleftrightarrow\ (x-1)^2\le9.\] Pour un réel \(t\), \(t^2\le9\) signifie \(-3\le t\le3\) : à l’extérieur de cet intervalle, \(|t|>3\) et son carré dépasse \(9\); à l’intérieur, \(|t|\le3\). Avec \(t=x-1\), on obtient \(-3\le x-1\le3\). Ajouter \(1\) aux trois membres donne \(-2\le x\le4\). On retrouve \(S=[-2;4]\).
Choisir ou comparer.
Si la forme canonique est donnée, le carré isolé évite de recalculer un discriminant. Si les racines de \(f-5\) sont évidentes, la factorisation est aussi directe. Le discriminant de \(f\) seul ne traite pas le seuil \(5\).
À toi: Guidé — méthode 9
Résous \(-x^2+4x+1\ge4\). Commence par écrire une expression \(\ge0\).
Correction — essai guidé de la méthode 9
Soustraire \(4\) donne \(-x^2+4x-3\ge0\). Or \(-x^2+4x-3=-(x^2-4x+3)=-(x-1)(x-3)\). Multiplier les deux membres de \(-(x-1)(x-3)\ge0\) par \(-1\) inverse le sens : \((x-1)(x-3)\le0\). Le produit est négatif entre \(1\) et \(3\), nul aux bornes; donc \(S=[1;3]\). En \(2\), l’expression initiale vaut \(-4+8+1=5\ge4\).
À toi: tentative de la méthode 9 : moins d’aide
Pour \(u(x)=2x^2-3x+1\) et \(v(x)=2x^2+x-3\), détermine où \(u(x)>v(x)\). Faut-il utiliser le discriminant ?
Correction — tentative de la méthode 9
\[u(x)-v(x)=2x^2-3x+1-(2x^2+x-3) =2x^2-3x+1-2x^2-x+3=-4x+4.\] Les termes en \(x^2\) s’annulent. L’inéquation est donc du premier degré : \(-4x+4>0\). Soustraire \(4\) donne \(-4x>-4\); diviser les deux membres par \(-4\) inverse le sens, d’où \(x<1\). Le discriminant est inadapté parce que le coefficient quadratique de la différence est nul.
Point de vigilance.
Si \(u=v\), la différence est identiquement nulle : \(u\le v\) est vraie partout, mais \(u<v\) ne l’est nulle part. Si \(v=u+1\), alors \(u-v=-1\) : la comparaison est encore décidée sans équation du second degré.
Reprise après erreur.
Une erreur fréquente est \(f-g=x^2-2x-3-x+1\) : le signe de la constante a été oublié.
Rappel :
\(-(x+1)=-x-1\).
Exemple simple :
\(2x+1-(x-3)=2x+1-x+3=x+4\).
Nouvel essai :
résoudre \(x^2+2x>x^2-4\).
Correction :
soustraire \(x^2-4\) donne \(2x+4>0\), donc \(2x>-4\) et \(x>-2\).
Reviens ensuite à la première différence et distribue le signe moins avant de réduire.
Critère de réussite.
La différence correspond exactement à la question; les conditions de domaine sont conservées; une intersection est donnée par un couple de coordonnées, et non par sa seule abscisse.
À reprendre plus tard.
Reprends l’essai guidé de la méthode 9 avec le seuil \(6\).
Correction :
\(-x^2+4x+1\ge6\) équivaut à \(-(x-2)^2-1\ge0\). Le membre gauche est toujours au plus \(-1\) : \(S=\varnothing\). Changer le seuil peut faire disparaître toutes les solutions.
M10 — Combiner des signes : produits, quotients et contraintes simultanées
Réinvestissement au niveau de Première : tableaux de signes et domaines, sans nouvel outil.
Je reconnais.
Plusieurs facteurs, un quotient, une racine carrée à définir, ou deux inégalités simultanées apparaissent.
Je vérifie.
Les dénominateurs doivent être non nuls; un signe inconnu interdit de multiplier une inéquation sans discussion.
Premier geste.
Écrire le domaine, factoriser les éléments utiles, puis réunir tous les zéros et toutes les valeurs interdites dans un seul ordre croissant.
Idée et raison du choix.
Un quotient a le signe du produit de son numérateur et de son dénominateur, mais n’existe pas lorsque ce dernier est nul. Pour « et », on intersecte les ensembles de solutions; pour « ou », on les réunit.
P: Multiplier par le carré du dénominateur
Pour une valeur de \(x\) où les expressions réelles \(N(x)\) et \(d(x)\) sont définies, avec \(d(x)\ne0\), on a \[\frac{N(x)}{d(x)}\ge0\quad\Longleftrightarrow\quad N(x)d(x)\ge0.\] La même équivalence vaut en remplaçant \(\ge\) par \(>\), \(\le\) ou \(<\). Dans tous les cas, les valeurs qui annulent \(d\) restent interdites.
Démonstration
Puisque \(d(x)\ne0\), son carré est strictement positif. Multiplier les deux membres par \(d(x)^2\) conserve donc le sens et les solutions : \[\frac{N(x)}{d(x)}\ge0 \ \Longleftrightarrow\ \frac{N(x)}{d(x)}\,d(x)^2\ge0\times d(x)^2 \ \Longleftrightarrow\ N(x)d(x)\ge0.\] La simplification utilise \(d(x)^2/d(x)=d(x)\), autorisée parce que \(d(x)\ne0\). Le multiplicateur strictement positif conserve aussi les inégalités strictes et le sens \(\le\) ou \(<\); le raisonnement est donc valable pour les quatre signes. Il ne réintroduit jamais un zéro du dénominateur initial.
Exemple de référence: Un quotient, trois organisations
Résoudre \(\dfrac{x^2-x-6}{x-1}\ge0\).
Le domaine est \(D=\mathbb{R}\setminus\{1\}\). Comme \((x+2)(x-3)=x^2-3x+2x-6=x^2-x-6\), on étudie \(Q(x)=\dfrac{(x+2)(x-3)}{x-1}\) sur \(D\). \[\begin{array}{c|ccccccccc} x&-\infty&&-2&&1&&3&&+\infty\\\hline x+2&&- &0 &+ &+ &+ &+ &+ &\\ x-3&&- &- &- &- &- &0 &+ &\\ x-1&&- &- &- &0 &+ &+ &+ &\\\hline Q(x)&&- &0 &+ &\Vert &- &0 &+ & \end{array}\] La double barre signifie « non défini », pas zéro. Les signes positifs et les zéros autorisés donnent \(S=[-2;1[\,\cup\,[3;+\infty[\).
Contrôle.
En \(0\), \(Q(0)=(-6)/(-1)=6>0\); en \(2\), \(Q(2)=(4-2-6)/1=-4<0\). Les bornes \(-2\) et \(3\) annulent le numérateur avec un dénominateur non nul; \(1\) reste interdite, même si l’inégalité est large.
Alternative par cas, sur le même problème.
Si \(x<1\), le dénominateur est négatif. Multiplier les deux membres par \(x-1\) inverse le sens : \(Q(x)\ge0\) équivaut à \(x^2-x-6\le0\). Le trinôme est négatif ou nul sur \([-2;3]\); l’intersection avec \(]-\infty;1[\) est \([-2;1[\).
Si \(x>1\), le dénominateur est positif; on obtient \(x^2-x-6\ge0\), donc \(x\in]-\infty;-2]\cup[3;+\infty[\). L’intersection avec \(]1;+\infty[\) est \([3;+\infty[\).
Réunir les deux cas redonne exactement \(S\). La valeur \(x=1\) n’appartient à aucun cas, conformément au domaine.
Variante : multiplier par un carré positif, sur le même problème.
Sur le domaine \(x\ne1\), on sait que \((x-1)^2>0\), même sans connaître le signe de \(x-1\). On multiplie donc les deux membres par ce carré : \[\begin{aligned} \frac{x^2-x-6}{x-1}\ge0 &\ \Longleftrightarrow\ \frac{x^2-x-6}{x-1}(x-1)^2\ge0\times(x-1)^2\\ &\ \Longleftrightarrow\ (x^2-x-6)(x-1)\ge0\\ &\ \Longleftrightarrow\ (x+2)(x-3)(x-1)\ge0. \end{aligned}\] Les zéros du produit sont \(-2\), \(1\) et \(3\). Les signes des trois facteurs sont \((-,-,-)\) avant \(-2\), \((+,-,-)\) entre \(-2\) et \(1\), \((+,-,+)\) entre \(1\) et \(3\), puis \((+,+,+)\) après \(3\). Le produit est donc négatif, positif, négatif, positif sur ces quatre intervalles. L’inéquation produit donne \([-2;1]\cup[3;+\infty[\).
Il reste à conserver le domaine initial : \(1\) est retiré, même si le produit nouvellement obtenu vaut zéro en \(1\). On retrouve \(S=[-2;1[\cup[3;+\infty[\).
Choisir ou comparer.
Le tableau commun organise bien plusieurs facteurs. Les cas rendent explicite la raison du changement de sens; ils sont parfois plus courts avec un seul dénominateur. Le carré du dénominateur transforme directement le quotient en un produit de même signe sur le domaine : c’est utile si les facteurs obtenus restent exploitables. Le degré peut augmenter, ici de deux à trois; développer un produit plus compliqué n’apporterait pas forcément un gain.
On ne peut toujours pas multiplier globalement par \(x-1\) de signe inconnu : c’est son carré strictement positif, et non \(x-1\), qui autorise la variante.
À toi: essai de la variante de la méthode 10 : une variante à essayer
Résous \(\dfrac{x^2-1}{x+2}<0\) en multipliant par le carré du dénominateur. Que change le remplacement de \(<\) par \(\le\) ?
Correction — essai de la variante de la méthode 10
Le domaine impose \(x\ne-2\). Sur ce domaine, \((x+2)^2>0\) : \[\begin{aligned} \frac{x^2-1}{x+2}<0 &\ \Longleftrightarrow\ \frac{x^2-1}{x+2}(x+2)^2<0\times(x+2)^2\\ &\ \Longleftrightarrow\ (x^2-1)(x+2)<0\\ &\ \Longleftrightarrow\ (x-1)(x+1)(x+2)<0. \end{aligned}\] Les zéros sont \(-2<-1<1\). Les signes des trois facteurs sont \((-,-,-)\) avant \(-2\), \((-,-,+)\) entre \(-2\) et \(-1\), \((-,+,+)\) entre \(-1\) et \(1\), et \((+,+,+)\) après \(1\). Le produit est négatif exactement sur \(]-\infty;-2[\cup]-1;1[\) : c’est la réponse à l’inéquation stricte.
Pour \(\le0\), les zéros \(-1\) et \(1\) sont ajoutés, mais jamais \(-2\) : le quotient initial n’y est pas défini. On obtient \(S=]-\infty;-2[\cup[-1;1]\).
Contrôles :
en \(0\), le quotient vaut \(-1/2<0\); en \(-1\), il vaut \(0/1=0\); en \(-2\), son dénominateur est nul, et aucun calcul de quotient n’est autorisé.
À toi: Guidé — méthode 10
Résous \((x^2-4)(x-1)\le0\). Factorise \(x^2-4\) et range les trois zéros.
Correction — essai guidé de la méthode 10
L’identité \(x^2-4=(x-2)(x+2)\) donne les zéros \(-2<1<2\). Le produit de trois facteurs est négatif avant \(-2\), positif entre \(-2\) et \(1\), négatif entre \(1\) et \(2\), positif après \(2\) : \[\begin{array}{c|ccccccccc} x&-\infty&&-2&&1&&2&&+\infty\\\hline x+2&&- &0 &+ &+ &+ &+ &+ &\\ x-1&&- &- &- &0 &+ &+ &+ &\\ x-2&&- &- &- &- &- &0 &+ &\\\hline (x^2-4)(x-1)&&- &0 &+ &0 &- &0 &+ & \end{array}\] Tous les zéros sont autorisés, puisque c’est un produit de polynômes. On obtient \(S=]-\infty;-2]\cup[1;2]\).
À toi: tentative de la méthode 10 : moins d’aide
Résous \(\dfrac{x^2-1}{x-1}\ge0\). La simplification autorise-t-elle à remettre \(1\) dans le domaine ?
Correction — tentative de la méthode 10
L’expression initiale est définie seulement pour \(x\ne1\). Pour ces valeurs, \[\frac{x^2-1}{x-1}= \frac{(x-1)(x+1)}{x-1} =\left(\frac{x-1}{x-1}\right)(x+1)=x+1.\] On peut simplifier parce que le facteur \(x-1\) est non nul. On résout donc \(x+1\ge0\), soit \(x\ge-1\), et \(x\ne1\). Ainsi \(S=[-1;1[\cup]1;+\infty[\). La fonction initiale n’est pas définie en \(1\); sa forme simplifiée n’efface pas cette restriction.
Exemple de référence: Deux contraintes à satisfaire en même temps
Résoudre \(0\le x^2-1<3\) revient à résoudre \(x^2\ge1\) et \(x^2<4\), après avoir ajouté \(1\) à chaque membre concerné. La première condition donne \(x\le-1\) ou \(x\ge1\). La seconde donne \(-2<x<2\). Leur intersection est \[S=]-2;-1]\cup[1;2[.\] Les points \(\pm1\) donnent la borne inférieure autorisée, tandis que \(\pm2\) donnent la borne supérieure interdite.
Transfert au domaine d’une expression.
Pour définir \(\dfrac{\sqrt{x^2-x-6}}{x-3}\), il faut simultanément \(x^2-x-6\ge0\) et \(x\ne3\). La première condition donne \(]-\infty;-2]\cup[3;+\infty[\); la seconde retire \(3\). Le domaine est donc \(]-\infty;-2]\cup]3;+\infty[\). On n’étudie pas le signe du quotient pour trouver son domaine : on contrôle d’abord séparément l’existence de la racine et celle de la division.
À toi: variation de la méthode 10 : variation et justification
Résous \(1\le(x-2)^2\le4\). Explique pourquoi une réunion apparaît dans la réponse, alors que l’énoncé contient deux conditions reliées par « et ».
Correction — variation de la méthode 10
Posons provisoirement \(t=x-2\). La condition \(t^2\ge1\) donne \(t\in]-\infty;-1]\cup[1;+\infty[\), et \(t^2\le4\) donne \(t\in[-2;2]\). L’intersection vaut \([-2;-1]\cup[1;2]\). Ajouter \(2\) aux bornes de chacun des deux intervalles donne \(S=[0;1]\cup[3;4]\). Le « et » a bien produit une intersection; cette intersection peut elle-même être la réunion de deux morceaux disjoints.
Reprise après erreur.
Si tu inclus une valeur interdite parce que le signe est « \(\ge\) », la première erreur concerne le domaine.
Exemple simple :
\(1/(x-2)\ge0\) exige \(x\ne2\) et a pour solutions \(]2;+\infty[\), jamais \([2;+\infty[\).
Nouvel essai :
résoudre \(\dfrac{x-2}{x-2}\ge0\).
Correction :
pour \(x\ne2\), le quotient vaut \(1>0\); son ensemble de solutions est \(\mathbb{R}\setminus\{2\}\).
Reviens à la tentative de la méthode 10 et conserve pareillement le trou en \(1\).
Critère de réussite.
Domaine avant simplification, valeurs interdites distinctes des zéros, signes dans chaque intervalle, et intersection explicite des conditions simultanées.
À reprendre plus tard.
Reprends la tentative de la méthode 10 et la variation de la méthode 10 sans leur correction. Tu dois retrouver le trou en \(1\) dans le premier, et deux intervalles fermés dans le second; explique séparément chaque choix de borne.
M11 — Changer d’inconnue, puis revenir à la question initiale
Stratégie de réinvestissement accessible avec les outils du niveau. Les formes particulières ci-dessous sont des variantes, pas une liste de nouveaux théorèmes à mémoriser.
Je reconnais.
Le même bloc apparaît au carré et au premier degré : \(x^4\) et \(x^2\), \(x\) et \(\sqrt{x}\), ou une expression répétée.
Je vérifie.
Le bloc est défini; les valeurs qu’il peut prendre imposent parfois une restriction à la nouvelle inconnue.
Premier geste.
Nommer le bloc \(X\), écrire sa condition, puis réécrire toute l’équation en \(X\).
Idée et raison du choix.
On résout d’abord un problème intermédiaire plus simple. Ses solutions ne sont pas encore les réponses : chaque valeur retenue de \(X\) conduit à une équation de retour en \(x\). Une valeur de \(X\) peut produire deux, une ou aucune valeur de \(x\).
Exemple de référence: Équation bicarrée
Résoudre \(x^4-5x^2+4=0\) dans \(\mathbb{R}\).
On pose \(X=x^2\), donc \(X\ge0\) et \(x^4=(x^2)^2=X^2\). L’équation devient \[X^2-5X+4=0 \ \Longleftrightarrow\ (X-1)(X-4)=0,\] car \((X-1)(X-4)=X^2-4X-X+4=X^2-5X+4\). On obtient \(X=1\) ou \(X=4\), deux valeurs positives.
Si \(X=1\), il faut résoudre \(x^2=1\) : \(x=-1\) ou \(x=1\).
Si \(X=4\), il faut résoudre \(x^2=4\) : \(x=-2\) ou \(x=2\).
Ainsi \(S=\{-2;-1;1;2\}\).
Pour \(x=\pm1\), l’expression initiale vaut \(1-5+4=0\); pour \(x=\pm2\), elle vaut \(16-20+4=0\).
L’exhaustivité vient du traitement de toutes les valeurs de \(X\), puis de tous leurs antécédents par la fonction carré.
Comparaison avec une factorisation directe.
On peut écrire directement \[x^4-5x^2+4=(x^2-1)(x^2-4) =(x-1)(x+1)(x-2)(x+2).\] Le premier développement donne \(x^4-4x^2-x^2+4=x^4-5x^2+4\); les deux suivants utilisent une différence de carrés. Le produit nul donne \(x=1,-1,2,-2\), soit le même ensemble \(S\).
La substitution explique comment chercher la première factorisation lorsqu’on ne l’a pas vue immédiatement. La factorisation directe est courte lorsque cette structure est déjà repérée.
À toi: Guidé — méthode 11
Résous \(x^4-x^2-6=0\) en posant \(X=x^2\). Que devient une solution négative en \(X\) ?
Correction — essai guidé de la méthode 11
On impose \(X\ge0\). L’équation est \(X^2-X-6=(X-3)(X+2)=0\), car \((X-3)(X+2)=X^2+2X-3X-6=X^2-X-6\).
Les valeurs intermédiaires sont \(3\) et \(-2\). La valeur \(-2\) ne peut pas être un carré réel : elle n’a pas d’antécédent.
Pour \(X=3\), \(x^2=3\) donne \(x=\pm\sqrt3\). Donc \(S=\{-\sqrt3;\sqrt3\}\).
Vérification : pour ces deux nombres, \(x^2=3\) et \(x^4=9\); \(9-3-6=0\).
À toi: tentative de la méthode 11 : moins d’aide
Résous \(x^4-6x^2=0\). Explique pourquoi diviser immédiatement par \(x^2\) ferait perdre une solution.
Correction — tentative de la méthode 11
Avec \(X=x^2\ge0\), on obtient \(X^2-6X=X(X-6)=0\), donc \(X=0\) ou \(X=6\). Le retour donne respectivement \(x=0\) ou \(x=\pm\sqrt6\). Ainsi \(S=\{-\sqrt6;0;\sqrt6\}\).
Diviser par \(x^2\) aurait imposé \(x\ne0\), alors que \(0^4-6\times0^2=0\). La factorisation \(x^2(x^2-6)=0\) fournit une autre résolution complète avec les mêmes cas.
Variantes : le changement de lettre ne dispense pas des conditions
Un radical répété : \(X=\sqrt{x}\).
Résolvons \(x-5\sqrt{x}+6=0\). Il faut \(x\ge0\).
On pose \(X=\sqrt{x}\) : alors \(X\ge0\) et \(x=X^2\). L’équation devient \(X^2-5X+6=(X-2)(X-3)=0\). Les valeurs \(X=2\) et \(X=3\) sont toutes deux admissibles.
Le retour \(\sqrt{x}=2\) donne \(x=4\); \(\sqrt{x}=3\) donne \(x=9\). Donc \(S=\{4;9\}\).
Les contrôles sont \(4-5\times2+6=0\) et \(9-5\times3+6=0\). On ne donne pas \(\pm4\) et \(\pm9\) : ici c’est \(x=X^2\), pas \(x^2=X\).
Une valeur absolue répétée : \(X=|x|\).
La notation \(|x|\) désigne \(x\) si \(x\ge0\), et \(-x\) si \(x<0\). Dans les deux cas, \(|x|\ge0\) et \(|x|^2=x^2\).
Pour \(x^2-3|x|-4=0\), poser \(X=|x|\) donne \(X^2-3X-4=(X-4)(X+1)=0\). On rejette \(X=-1\), incompatible avec \(X\ge0\), et l’on garde \(X=4\). Le retour \(|x|=4\) donne \(x=-4\) ou \(x=4\) : \(S=\{-4;4\}\).
Pour les deux valeurs, \(x^2=16\) et \(|x|=4\), donc \(16-12-4=0\).
Un bloc affine : \(X=2x-1\).
Dans \((2x-1)^2-5(2x-1)+6=0\), on peut éviter un grand développement. Avec \(X=2x-1\), on résout \((X-2)(X-3)=0\), donc \(X=2\) ou \(X=3\).
Pour \(X=2\), \(2x-1=2\); ajouter \(1\) puis diviser par \(2\ne0\) donne \(x=3/2\).
Pour \(X=3\), \(2x-1=3\) donne \(2x=4\), donc \(x=2\).
Chaque réel \(X\) a ici un unique antécédent. La solution est \(S=\{\tfrac32;2\}\).
Le contrôle peut être fait sur le bloc : ses valeurs \(2\) et \(3\) donnent \(4-10+6=0\) et \(9-15+6=0\).
Un bloc quadratique : deux résolutions successives.
Résolvons \((x^2+x)^2-2(x^2+x)-8=0\).
Avec \(X=x^2+x\), l’équation devient \(X^2-2X-8=(X-4)(X+2)=0\). On obtient \(X=4\) ou \(X=-2\). Il faut maintenant étudier les deux équations de retour :
\(x^2+x=4\) donne \(x^2+x-4=0\), de discriminant \(1+16=17\), d’où \(x=(-1-\sqrt{17})/2\) ou \(x=(-1+\sqrt{17})/2\).
\(x^2+x=-2\) donne \(x^2+x+2=0\), de discriminant \(1-8=-7\); aucun réel ne convient dans cette branche.
L’ensemble final contient donc seulement les deux valeurs de la première branche. Pour celles-ci, le bloc vaut \(4\) et l’expression initiale vaut \(16-8-8=0\).
Un nombre négatif \(X\) n’était pas à rejeter par principe : un bloc \(x^2+x\) peut être négatif. C’est l’équation de retour qui décide ici de son impossibilité.
Un inverse répété : une valeur intermédiaire impossible.
Résolvons \(\dfrac1{(x-1)^2}-\dfrac1{x-1}=0\).
Le domaine impose \(x\ne1\). Posons \(X=1/(x-1)\) : on a aussi \(X\ne0\), car une fraction de numérateur \(1\) ne peut pas être nulle.
L’équation devient \(X^2-X=X(X-1)=0\). On rejette \(X=0\) et on garde \(X=1\).
Résoudre \(1/(x-1)=1\), en multipliant par le dénominateur non nul, donne \(1=x-1\), donc \(x=2\). Cette valeur appartient au domaine et vérifie \(1-1=0\). La seule solution est \(2\).
Une équation réciproque : \(X=x+1/x\).
Cette variante moins usuelle est une alternative de recherche, non une formule exigible à apprendre. Résolvons \[x^4-5x^3+6x^2-5x+1=0.\] La valeur \(0\) ne convient pas, car le membre gauche vaut alors \(1\). On peut donc diviser par \(x^2\ne0\) et regrouper : \[x^2-5x+6-\frac5x+\frac1{x^2}=0 \ \Longleftrightarrow\ \left(x^2+\frac1{x^2}\right)-5\left(x+\frac1x\right)+6=0.\] Posons \(X=x+1/x\). En développant, \[X^2=\left(x+\frac1x\right)^2 =x^2+2x\frac1x+\frac1{x^2} =x^2+2+\frac1{x^2}.\] Ainsi \(x^2+1/x^2=X^2-2\) et l’équation devient \(X^2-2-5X+6=0\), soit \((X-1)(X-4)=0\).
Si \(X=1\), le retour \(x+1/x=1\) donne, après multiplication par \(x\ne0\), \(x^2-x+1=0\). Son discriminant vaut \(1-4=-3\) : aucune valeur réelle.
Si \(X=4\), le retour donne \(x^2-4x+1=0\). Son discriminant vaut \(16-4=12\) et ses racines sont \((4\pm\sqrt{12})/2=2\pm\sqrt3\). Elles sont non nulles : leur produit est \((2-\sqrt3)(2+\sqrt3)=4-3=1\).
Donc \(S=\{2-\sqrt3;2+\sqrt3\}\).
Pour chaque valeur retenue, le retour garantit \(X=4\), donc \(X^2-5X+4=0\); multiplier l’équation divisée par \(x^2\ne0\) restitue l’équation initiale.
Deux valeurs intermédiaires n’ont pas donné quatre solutions réelles : une branche n’avait aucun antécédent.
À toi: variation de la méthode 11 : s’entraîner aux retours
Choisis le bloc répété, écris sa restriction, puis résous chaque équation.
\(x+\sqrt{x}-6=0\);
\(x^2+|x|-2=0\);
\((3x+2)^2=5(3x+2)-6\);
\((x^2-x)^2=2(x^2-x)\);
\(\dfrac1{(x+1)^2}=1\);
\(x^4-3x^3+4x^2-3x+1=0\).
Indice si nécessaire :
les blocs sont respectivement \(\sqrt{x}\), \(|x|\), \(3x+2\), \(x^2-x\), \(1/(x+1)\) et \(x+1/x\).
Correction — variation de la méthode 11
Le domaine est \(x\ge0\). Avec \(X=\sqrt{x}\ge0\), on obtient \(X^2+X-6=(X+3)(X-2)=0\). Seul \(X=2\) est non négatif; le retour donne \(x=4\). Contrôle : \(4+2-6=0\).
Avec \(X=|x|\ge0\), l’équation est \(X^2+X-2=(X+2)(X-1)=0\). Seul \(X=1\) est possible, d’où \(x=-1\) ou \(x=1\). Pour les deux, \(x^2+|x|-2=1+1-2=0\).
Avec \(X=3x+2\), on soustrait \(5X-6\) aux deux membres : \(X^2-5X+6=(X-2)(X-3)=0\). Le retour \(3x+2=2\) donne \(3x=0\), puis \(x=0\); le retour \(3x+2=3\) donne \(3x=1\), puis \(x=1/3\). Le bloc vaut \(2\) ou \(3\), qui satisfont bien \(X^2=5X-6\).
Avec \(X=x^2-x\), on obtient \(X^2-2X=X(X-2)=0\). Pour \(X=0\), \(x^2-x=x(x-1)=0\) donne \(0\) et \(1\). Pour \(X=2\), \(x^2-x-2=(x-2)(x+1)=0\) donne \(2\) et \(-1\). Ainsi \(S=\{-1;0;1;2\}\). Chaque retour a été résolu, aucun facteur variable n’a été divisé.
Le domaine est \(x\ne-1\). Avec \(X=1/(x+1)\ne0\), on résout \(X^2=1\), donc \(X=1\) ou \(X=-1\). Les retours sont \(1=x+1\), d’où \(x=0\), et \(1=-(x+1)\), d’où \(x=-2\). Les deux valeurs sont autorisées; le carré de leur inverse décalé vaut \(1\).
\(0\) n’est pas solution. Diviser par \(x^2\) donne \(x^2+1/x^2-3(x+1/x)+4=0\). Avec \(X=x+1/x\), on obtient \(X^2-2-3X+4=0\), soit \((X-1)(X-2)=0\). Pour \(X=1\), \(x^2-x+1=0\) n’a pas de solution réelle, car \(\Delta=-3\). Pour \(X=2\), \(x^2-2x+1=(x-1)^2=0\) donne seulement \(x=1\). Ainsi \(S=\{1\}\); le contrôle initial donne \(1-3+4-3+1=0\).
Reprise après erreur.
Écrire directement \(S=\{1;4\}\) dans l’exemple bicarré confond \(X\) et \(x\).
Le changement d’inconnue ressemble à une étiquette posée sur un bloc; l’étiquette ne change pas la question de départ.
Exemple simple :
si \(X=x^2\) et \(X=9\), alors \(x=-3\) ou \(x=3\), non \(x=9\).
Nouvel essai :
si \(X=x^2\) et \(X\in\{-1;0;4\}\), que vaut l’ensemble des \(x\) ?
Correction :
\(-1\) ne donne rien, \(0\) donne \(0\), \(4\) donne \(-2\) et \(2\); l’ensemble est \(\{-2;0;2\}\).
Reviens à l’exemple en écrivant une ligne de retour pour chaque valeur intermédiaire.
Critère de réussite.
Le bloc est nommé sans ambiguïté; toutes ses occurrences sont remplacées; les restrictions sont justifiées; chaque équation de retour est résolue et les valeurs finales sont contrôlées dans le domaine initial.
À reprendre plus tard.
Reprends l’essai guidé de la méthode 11, puis une des questions a), d) ou f) de la variation de la méthode 11. La réussite ne se réduit pas aux bons nombres : explique pourquoi une branche négative ou sans antécédent doit être écartée dans le cas choisi.
M12 — Résoudre une équation rationnelle sans perdre les valeurs interdites
Réinvestissement des fractions et des équations du second degré.
Je reconnais.
L’inconnue figure dans au moins un dénominateur.
Je vérifie.
Aucun dénominateur ne doit s’annuler; une simplification ne rend pas l’expression initiale définie aux valeurs interdites.
Premier geste.
Écrire le domaine avant de multiplier ou de simplifier.
Idée et raison du choix.
Sur le domaine autorisé, multiplier une égalité par un dénominateur non nul est réversible, quel que soit son signe. On peut aussi tout ramener à un quotient nul : son numérateur doit être nul, son dénominateur restant non nul.
Exemple de référence: Deux organisations du même calcul
Résoudre \(\dfrac{2x+1}{x-1}=x+2\). Le domaine est \(D=\mathbb{R}\setminus\{1\}\).
Voie 1 : multiplier l’égalité.
Pour \(x\in D\), on multiplie les deux membres par \(x-1\ne0\) : \[(x-1)\frac{2x+1}{x-1}=(x-1)(x+2) \ \Longleftrightarrow\ 2x+1=(x-1)(x+2).\] Développer le membre droit donne \(x\times x+x\times2-1\times x-1\times2=x^2+2x-x-2=x^2+x-2\). On soustrait \(2x+1\) des deux membres : \[0=x^2+x-2-(2x+1)=x^2+x-2-2x-1=x^2-x-3.\] Le discriminant vaut \((-1)^2-4\times1\times(-3)=1+12=13\). Les candidates sont \(r_-=(1-\sqrt{13})/2\) et \(r_+=(1+\sqrt{13})/2\).
Aucune n’est \(1\), puisque \(1^2-1-3=-3\ne0\). Les deux appartiennent au domaine, donc \[S=\left\{\frac{1-\sqrt{13}}2;\frac{1+\sqrt{13}}2\right\}.\] Pour vérifier sans calcul décimal, chaque candidate satisfait \(r^2=r+3\). Alors \((r+2)(r-1)=r^2+r-2=(r+3)+r-2=2r+1\); comme \(r-1\ne0\), la division donne bien l’égalité initiale.
Voie 2 : obtenir un quotient nul.
On soustrait \(x+2\) des deux membres et on met au même dénominateur : \[\begin{aligned} \frac{2x+1}{x-1}-(x+2)&=0,\\ \frac{2x+1}{x-1}-\frac{(x+2)(x-1)}{x-1}&=0,\\ \frac{2x+1-(x^2+x-2)}{x-1}&=0,\\ \frac{-x^2+x+3}{x-1}&=0. \end{aligned}\] Dans la deuxième ligne, on a multiplié \(x+2\) par \((x-1)/(x-1)=1\), autorisé parce que \(x\ne1\). Le numérateur se réduit en distribuant le signe moins : \(2x+1-x^2-x+2=-x^2+x+3\).
Le quotient est nul exactement lorsque son numérateur est nul. Multiplier \(-x^2+x+3=0\) par \(-1\) donne \(x^2-x-3=0\). On retrouve donc les deux candidates précédentes, toutes deux autorisées.
Choisir ou comparer.
La multiplication est courte avec un seul dénominateur. La mise au même dénominateur s’organise mieux avec plusieurs fractions; elle prépare aussi un tableau de signes si la question devient une inéquation. Dans une inéquation, on ne pourrait pas multiplier par \(x-1\) sans contrôler son signe.
À toi: Guidé — méthode 12
Résous \(\dfrac1x+\dfrac1{x+1}=1\). Écris le domaine et le dénominateur commun \(x(x+1)\).
Correction — essai guidé de la méthode 12
Il faut \(x\ne0\) et \(x\ne-1\). On multiplie la première fraction en haut et en bas par \(x+1\ne0\), et la seconde par \(x\ne0\) : \[\frac1x+\frac1{x+1} =\frac{x+1}{x(x+1)}+\frac{x}{x(x+1)} =\frac{2x+1}{x(x+1)}.\] Le dénominateur est non nul sur le domaine. Multiplier l’égalité par celui-ci donne \(2x+1=x(x+1)=x^2+x\). Soustraire \(2x+1\) donne \(x^2-x-1=0\). Avec \(\Delta=(-1)^2-4\times1\times(-1)=5\), les candidates sont \((1-\sqrt5)/2\) et \((1+\sqrt5)/2\).
Le polynôme \(x^2-x-1\) vaut \(-1\) en \(0\) et \(1\) en \(-1\) : aucune candidate n’est interdite. Les transformations étant réversibles sur le domaine, ces deux nombres sont les solutions.
Ils vérifient \(x^2+x=2x+1\); la division par \(x(x+1)\) restitue l’équation initiale.
À toi: tentative de la méthode 12 : moins d’aide
Résous \(\dfrac{x^2-1}{x-1}=2\). Donne l’ensemble des solutions, pas seulement une candidate.
Correction — tentative de la méthode 12
Le domaine impose \(x\ne1\). Sur ce domaine, \(\dfrac{x^2-1}{x-1}=\dfrac{(x-1)(x+1)}{x-1}=x+1\). L’équation devient \(x+1=2\), donc \(x=1\). Mais cette candidate est interdite. Ainsi \(S=\varnothing\).
On aurait aussi obtenu, en multipliant par \(x-1\), \(x^2-1=2x-2\), puis \((x-1)^2=0\) : cette écriture ne supprime pas l’interdiction initiale.
Point de vigilance.
Une fraction de numérateur non nul ne peut pas valoir zéro : \(1/(x-2)=0\) n’a aucune solution, pour \(x\ne2\). Inversement, une fraction de numérateur nul et de dénominateur non nul vaut bien zéro. On ne doit pas ajouter une condition \(x\ne0\) si le seul dénominateur est \(x-2\).
Reprise après erreur.
L’égalité \(1/x+1/(x+1)=2/(2x+1)\) est fausse : on n’additionne pas les dénominateurs.
Rappel simple :
\(1/2+1/3=3/6+2/6=5/6\), et non \(2/5\).
Nouvel essai :
réduis \(1/x+2/(x+1)\).
Correction, pour \(x\ne0,-1\) :
\(\dfrac{x+1}{x(x+1)}+\dfrac{2x}{x(x+1)} =\dfrac{x+1+2x}{x(x+1)}=\dfrac{3x+1}{x(x+1)}\).
Reviens à l’essai guidé de la méthode 12 et écris de même le multiplicateur de chaque fraction.
Critère de réussite.
Les exclusions sont écrites avant le calcul, le multiplicateur est autorisé, les numérateurs sont traités comme des blocs, et chaque candidate est confrontée au domaine initial.
À reprendre plus tard.
Résous \(1/(x+1)=x-1\).
Correction :
\(x\ne-1\), puis \(1=(x-1)(x+1)=x^2-1\), donc \(x^2=2\). Les solutions \(\pm\sqrt2\) sont distinctes de \(-1\).
Comme \((x-1)(x+1)=1\) pour elles, la division autorisée par \(x+1\) vérifie l’égalité de départ. Ainsi \(S=\{-\sqrt2;\sqrt2\}\).
M13 — Traiter un radical : contrôler les signes avant ou après le carré
Démarche de réinvestissement au niveau : domaine, équivalences et filtrage.
Je reconnais.
Une racine carrée est égale ou comparée à une expression contenant \(x\).
Je vérifie.
L’expression sous la racine est positive ou nulle. La racine carrée désigne toujours le nombre non négatif.
Premier geste.
Écrire le domaine, puis examiner le signe de l’autre membre avant de décider de mettre au carré.
Idée et raison du choix.
Sur les nombres non négatifs, la fonction carré est strictement croissante : elle conserve l’égalité et l’ordre. Sans cette condition, deux nombres opposés ont le même carré; on peut créer de fausses solutions.
P: Une équivalence utile
Pour des réels \(A,B\), l’égalité \(\sqrt A=B\) est vérifiée exactement lorsque \(A\ge0\), \(B\ge0\) et \(A=B^2\).
Démonstration
Si l’égalité est vraie, \(A\ge0\) est nécessaire à l’existence de \(\sqrt A\), \(B=\sqrt A\ge0\), et le carré donne \(B^2=A\).
Réciproquement, si ces trois conditions sont réunies, \(B\) est le nombre non négatif dont le carré vaut \(A\) : par la définition de la racine carrée, \(B=\sqrt A\). Les deux sens sont donc établis.
Exemple de référence: Deux voies sur la même équation
Résoudre \(\sqrt{2x+3}=x\). Le domaine initial est \(2x+3\ge0\), soit \(x\ge-3/2\).
Voie 1 : imposer le signe avant le carré.
Le membre de gauche est non négatif; une solution doit donc vérifier \(x\ge0\). Sur ce domaine plus précis, les deux membres sont non négatifs et l’équivalence précédente donne \[\sqrt{2x+3}=x \ \Longleftrightarrow\ 2x+3=x^2 \ \Longleftrightarrow\ x^2-2x-3=0 \ \Longleftrightarrow\ (x-3)(x+1)=0.\] Le produit nul donne les candidates \(3\) et \(-1\). Seule \(3\) vérifie \(x\ge0\). Le contrôle initial est \(\sqrt{2\times3+3}=\sqrt9=3\). Donc \(S=\{3\}\).
Voie 2 : chercher des candidates, puis vérifier.
Sur \(x\ge-3/2\), l’égalité initiale implique \(2x+3=x^2\); on n’écrit pas encore une équivalence. La résolution du polynôme donne \(3\) et \(-1\).
Pour \(3\), le contrôle est positif comme ci-dessus.
Pour \(-1\), le membre gauche vaut \(\sqrt{-2+3}=1\), mais le membre droit vaut \(-1\). La candidate \(-1\) est donc rejetée, bien qu’elle appartienne au domaine de définition.
Toutes les solutions éventuelles étant parmi ces deux candidates, et la seule retenue étant vérifiée, \(S=\{3\}\).
Choisir ou comparer.
Les deux voies sont recevables. La première réduit les fausses candidates dès le départ; la seconde est parfois plus simple à organiser, à condition d’effectuer toutes les vérifications finales. Appartenir au domaine ne suffit pas à être solution après une mise au carré.
À toi: Guidé — méthode 13
Résous \(\sqrt{x+6}=x\). Indique le domaine, puis la condition de signe du membre droit.
Correction — essai guidé de la méthode 13
Il faut \(x\ge-6\), et une solution impose en outre \(x\ge0\). Sur \([0;+\infty[\), on peut élever les deux membres au carré par équivalence : \(x+6=x^2\), soit \(x^2-x-6=0\). La factorisation \((x-3)(x+2)=0\) donne \(3\) et \(-2\). Seule \(3\) est non négative; \(\sqrt{3+6}=3\). Donc \(S=\{3\}\). L’autre candidate donne \(\sqrt4=2\ne-2\), ce qui explique son rejet.
À toi: tentative de la méthode 13 : moins d’aide
Résous \(\sqrt{3x+4}=x+2\). Peut-il y avoir deux solutions valides ?
Correction — tentative de la méthode 13
Le domaine impose \(x\ge-4/3\). Le membre droit doit vérifier \(x+2\ge0\), soit \(x\ge-2\); cette dernière condition est déjà assurée sur le domaine. On peut donc écrire \[3x+4=(x+2)^2=x^2+2x+2x+4=x^2+4x+4.\] Soustraire \(3x+4\) des deux côtés donne \(x^2+x=0\), soit \(x(x+1)=0\). Les candidates sont \(0\) et \(-1\), toutes deux au moins égales à \(-4/3\). Pour \(0\), \(\sqrt4=2=0+2\); pour \(-1\), \(\sqrt1=1=-1+2\). Ainsi \(S=\{-1;0\}\) : on ne rejette pas systématiquement une candidate négative; c’est le signe du membre droit entier qui compte.
Exemple de référence: Deux racines carrées
Pour \(\sqrt{x+5}=\sqrt{2x-1}\), les deux radicandes doivent être non négatifs : \(x\ge-5\) et \(x\ge1/2\), donc \(x\ge1/2\). Les deux membres sont alors non négatifs. L’égalité équivaut à \(x+5=2x-1\). Soustraire \(x\) puis ajouter \(1\) donne \(x=6\). Cette valeur est dans le domaine, et les deux membres valent \(\sqrt{11}\); la seule solution est \(6\).
Variation : une inéquation avec un radical
Résolvons \(\sqrt{x+2}>x\). Le domaine est \(x\ge-2\).
Pour \(-2\le x<0\), le membre gauche est non négatif et le membre droit est négatif : l’inégalité est vraie, sans mettre au carré.
Pour \(x\ge0\), les deux membres sont non négatifs. L’inégalité équivaut à \(x+2>x^2\), puis à \(x^2-x-2<0\). Comme \(x^2-x-2=(x-2)(x+1)\), on obtient \(-1<x<2\). L’intersection avec \([0;+\infty[\) est \([0;2[\).
Réunir les deux cas donne \(S=[-2;2[\). À \(x=-2\), \(0>-2\) est vrai; à \(x=2\), \(2>2\) est faux. Ces contrôles expliquent les deux crochets différents.
À toi: variation de la méthode 13 : choisir les cas
Résous \(\sqrt{x+6}\le x\). Pourquoi les valeurs négatives du membre droit ne conviennent-elles plus ?
Correction — variation de la méthode 13
Il faut \(x\ge-6\). Si \(x<0\), le membre gauche est non négatif et ne peut pas être inférieur ou égal à un nombre strictement négatif. On impose donc \(x\ge0\). Sur ce domaine, la mise au carré conserve l’ordre : \(x+6\le x^2\), soit \((x-3)(x+2)\ge0\). Le tableau de signes donne \(x\le-2\) ou \(x\ge3\). L’intersection avec \([0;+\infty[\) est \([3;+\infty[\). En \(3\), \(\sqrt9=3\) : la borne est bien incluse.
Reprise après erreur.
La première erreur d’une chaîne \(\sqrt{2x+3}=x\Longleftrightarrow2x+3=x^2\) sur tout le domaine est l’équivalence sans contrôle du signe de \(x\).
Rappel :
\(3^2=(-3)^2=9\), mais \(3\ne-3\).
Exemple simple :
\(\sqrt9=3\), jamais \(-3\).
Nouvel essai :
calculer \(\sqrt{(-5)^2}\).
Correction :
le carré vaut \(25\), dont la racine carrée est \(5\); en général \(\sqrt{t^2}=|t|\).
Reviens ensuite à la candidate \(-1\) de l’exemple et compare les deux membres avant de les élever au carré.
Critère de réussite.
Domaine et signes explicites; distinction entre implication et équivalence; examen de toutes les candidates; conclusion dans l’équation ou l’inéquation de départ.
À reprendre plus tard.
Résous \(\sqrt{x+2}=2-x\).
Correction :
\(x\ge-2\) et \(2-x\ge0\), donc \(-2\le x\le2\). Le carré donne \(x+2=(2-x)^2=4-4x+x^2\), soit \(x^2-5x+2=0\). Avec \(\Delta=25-8=17\), les candidates sont \((5-\sqrt{17})/2\) et \((5+\sqrt{17})/2\).
La seconde dépasse \(2\), car \(5+\sqrt{17}>4\). La première appartient à \([0;2]\), puisque \(1<\sqrt{17}<5\).
La condition de signe rend le carré réversible pour cette candidate; ainsi \(S=\{(5-\sqrt{17})/2\}\).
M14 — Discuter un paramètre : degré, discriminant, puis question précise
Approfondissement de raisonnement accessible au niveau : il mobilise les résultats du chapitre, sans transformer chaque discussion particulière en exigence de mémorisation.
Je reconnais.
Un nombre fixé \(m\), \(t\) ou \(k\) intervient dans les coefficients, et la question demande « selon sa valeur » ou « pour quelles valeurs ».
Je vérifie.
Le paramètre est fixé pendant la résolution en \(x\); le coefficient de \(x^2\) peut devenir nul.
Premier geste.
Séparer les valeurs du paramètre qui annulent le coefficient quadratique, avant de calculer un discriminant.
Idée et raison du choix.
Une discussion est une partition de tous les cas possibles. Dans chaque cas, on emploie la règle adaptée au degré et à la question. Le discriminant seul ne dit ni le signe des racines, ni leur appartenance à un intervalle.
Exemple de référence: Perte du degré et nombre de solutions
Pour chaque réel \(m\), résoudre \[(m-1)x^2+2x+1=0.\]
Cas \(m=1\).
Le coefficient quadratique est nul : on obtient \(2x+1=0\). Soustraire \(1\) donne \(2x=-1\), puis diviser par \(2\ne0\) donne \(x=-1/2\). Il y a une seule solution, sans utiliser de formule quadratique.
Cas \(m\ne1\).
Le coefficient \(a=m-1\) est non nul. Le discriminant est \[\Delta_m=2^2-4(m-1)\times1 =4-4m+4=8-4m=4(2-m).\] Le facteur \(4\) étant positif, le signe dépend de \(2-m\).
Si \(m<2\) et \(m\ne1\), \(\Delta_m>0\) : deux solutions distinctes, \[x=\frac{-2\pm\sqrt{4(2-m)}}{2(m-1)} =\frac{-2\pm2\sqrt{2-m}}{2(m-1)} =\frac{-1\pm\sqrt{2-m}}{m-1}.\] On a simplifié le facteur \(2\ne0\) commun à tout le numérateur et au dénominateur. La racine \(\sqrt{2-m}\) existe dans ce cas et \(m-1\ne0\) a été garanti.
Si \(m=2\), \(\Delta_m=0\) : \(x=-2/[2(2-1)]=-1\). L’équation vaut effectivement \((x+1)^2=0\).
Si \(m>2\), \(\Delta_m<0\) : aucune solution réelle.
La partition complète est donc : \[\begin{array}{c|c} \text{Valeur du paramètre}&\text{Nombre de solutions réelles distinctes}\\\hline m<2,\ m\ne1&2\\ m=1&1\text{ (équation affine)}\\ m=2&1\text{ (racine double)}\\ m>2&0 \end{array}\]
Contrôle.
Pour \(m=0\), l’équation devient \(-x^2+2x+1=0\), dont les racines sont \(1\pm\sqrt2\). La formule obtenue donne \((-1\pm\sqrt2)/(-1)=1\mp\sqrt2\), soit le même ensemble. Pour \(m=3\), l’équation \(2x^2+2x+1=0\) a \(\Delta=4-8=-4<0\).
À toi: Guidé — méthode 14
Discute le nombre de solutions de \(mx^2-2x+1=0\) suivant \(m\). Commence par \(m=0\); écris ensuite les solutions dans les cas où elles existent.
Correction — essai guidé de la méthode 14
Si \(m=0\), \(-2x+1=0\) donne \(-2x=-1\), puis \(x=1/2\).
Si \(m\ne0\), \(\Delta=(-2)^2-4m=4(1-m)\). Pour \(m<1\), \(m\ne0\), il y a deux racines \[\frac{2\pm\sqrt{4(1-m)}}{2m} =\frac{1\pm\sqrt{1-m}}m.\] Pour \(m=1\), on obtient \((x-1)^2=0\), donc une racine \(1\).
Pour \(m>1\), il n’y a aucune racine réelle.
Le cas \(m=0\) ne doit pas être inclus dans la formule avec dénominateur \(m\).
À toi: tentative de la méthode 14 : moins d’aide
Discute et résous \(x^2-2x+m=0\) suivant \(m\). Compare au problème précédent : quel cas de perte du degré disparaît ?
Correction — tentative de la méthode 14
Ici \(a=1\) ne s’annule jamais. Le discriminant est \(4-4m=4(1-m)\).
Si \(m<1\), les deux racines sont \([2\pm2\sqrt{1-m}]/2=1\pm\sqrt{1-m}\).
Si \(m=1\), il y a une racine double \(1\).
Si \(m>1\), il n’y a pas de racine réelle.
On pouvait aussi écrire \((x-1)^2=1-m\) : le signe du second membre donne les mêmes trois cas. Cette seconde voie est complète, car un carré ne peut pas être négatif, s’annule seulement en zéro, et possède deux racines opposées lorsque sa valeur est strictement positive.
D’autres questions demandent d’autres contrôles
Une équation peut devenir une identité ou une contradiction.
Pour \(mx^2+mx=0\), si \(m=0\), on obtient \(0=0\) : tous les réels sont solutions. Si \(m\ne0\), diviser par \(m\) donne \(x^2+x=x(x+1)=0\); les solutions sont \(0\) et \(-1\).
Pour \(mx^2+1=0\), si \(m=0\), on obtient \(1=0\) : aucune solution. Si \(m>0\), alors \(mx^2+1\ge1>0\) : aucune solution non plus. Si \(m<0\), on isole \(x^2=-1/m>0\) : les solutions sont \(x=\pm\sqrt{-1/m}\).
Ainsi, annuler \(a\) ne signifie pas automatiquement « une seule solution »; il faut regarder les coefficients restants.
Exiger la positivité pour tout réel.
Déterminons les \(m\) tels que \(Q_m(x)=x^2-2mx+1\ge0\) pour tout réel \(x\). La complétion donne \[Q_m(x)=(x-m)^2+1-m^2,\] car \((x-m)^2=x^2-2mx+m^2\).
Si \(1-m^2\ge0\), la somme de deux termes non négatifs est non négative pour tout \(x\).
Réciproquement, si \(Q_m\) est non négatif partout, on peut choisir \(x=m\) : \(Q_m(m)=1-m^2\ge0\).
On a donc une équivalence, et \(1-m^2\ge0\) donne \(-1\le m\le1\).
Pour une positivité stricte partout, la condition devient \(1-m^2>0\), donc \(-1<m<1\) : aux paramètres \(\pm1\), le minimum vaut zéro.
Le discriminant \(\Delta_m=4(m^2-1)\) et \(a=1>0\) fournissent la même conclusion : \(\Delta_m\le0\) pour \(\ge0\) partout, \(\Delta_m<0\) pour \(>0\) partout.
Point de vigilance.
Vérifier \(Q_m(0)>0\) ne suffit pas à prouver la positivité partout. Par exemple \(Q_2(0)=1>0\), mais \(Q_2(2)=4-8+1=-3<0\). Un contre-exemple réfute l’affirmation universelle; un seul exemple favorable ne la prouve pas.
Résoudre une inéquation suivant un paramètre.
Pour résoudre \(x^2-2x+m\le0\), on ne s’arrête pas au nombre de racines. Écrire \(x^2-2x+m=(x-1)^2+m-1\) donne, après soustraction de \(m-1\), \((x-1)^2\le1-m\).
Si \(m>1\), le membre droit est négatif : aucun carré ne convient.
Si \(m=1\), le carré doit être nul : \(S=\{1\}\).
Si \(m<1\), le nombre \(1-m\) est strictement positif; la condition devient \[-\sqrt{1-m}\le x-1\le\sqrt{1-m}.\] Ajouter \(1\) aux trois membres donne \(S=[1-\sqrt{1-m};1+\sqrt{1-m}]\). Ce sont les deux racines calculées dans la tentative de la méthode 14, mais l’inéquation retient aussi tous les nombres compris entre elles.
Le signe du paramètre peut également imposer un changement de sens. Pour \(m(x-1)(x+2)\ge0\), trois cas sont nécessaires :
Si \(m=0\), l’inégalité est \(0\ge0\) : \(S=\mathbb{R}\).
Si \(m>0\), diviser les deux membres par \(m\) conserve le sens : \((x-1)(x+2)\ge0\), donc \(S=]-\infty;-2]\cup[1;+\infty[\).
Si \(m<0\), diviser par \(m\) inverse le sens : \((x-1)(x+2)\le0\), donc \(S=[-2;1]\).
La même formule contenant \(m\) ne donne donc pas le même ensemble de solutions selon le signe de ce nombre fixé.
À toi: Variation de signe — méthode 14
Résous \(m(x-1)(x+2)<0\) selon \(m\). Justifie séparément le cas \(m=0\) et l’exclusion ou l’inclusion des zéros du produit.
Correction — variation de signe de la méthode 14
Si \(m=0\), l’inégalité est \(0<0\), qui est fausse : \(S=\varnothing\).
Si \(m>0\), elle équivaut à \((x-1)(x+2)<0\); les facteurs sont de signes contraires exactement pour \(-2<x<1\), donc \(S=]-2;1[\).
Si \(m<0\), la division inverse le sens : \((x-1)(x+2)>0\). Les facteurs ont le même signe pour \(x<-2\) ou \(x>1\), donc \(S=]-\infty;-2[\cup]1;+\infty[\).
Les zéros \(-2\) et \(1\) sont exclus dans les deux cas non nuls, parce que l’inégalité initiale est stricte.
Déterminer le signe de deux racines sans les calculer.
Pour \(R_t(x)=x^2-2tx+t\), on a \(\Delta_t=(-2t)^2-4t=4t(t-1)\). Il existe deux racines réelles distinctes pour \(t<0\) ou \(t>1\). Quand elles existent, leur somme vaut \(2t\) et leur produit vaut \(t\) (théorème de la page ).
Si \(t<0\), le produit est négatif : les racines sont de signes opposés.
Si \(t>1\), le produit est positif : elles ont le même signe; leur somme étant positive, elles sont toutes deux positives.
Pour \(0<t<1\), il n’y a pas de racines réelles : parler de leur signe n’aurait pas de sens.
Enfin \(t=0\) donne la racine double \(0\) et \(t=1\) donne la racine double \(1\).
Le contrôle d’existence vient donc avant l’utilisation de la somme et du produit.
Point de vigilance.
Une donnée peut être insuffisante pour la question posée. Savoir seulement \(\Delta=1>0\) garantit deux racines distinctes, mais ne renseigne pas leur signe : \(x^2-3x+2=(x-1)(x-2)\) a deux racines positives, tandis que \(x^2+3x+2=(x+1)(x+2)\) a deux racines négatives. Les deux discriminants valent \(9-8=1\). Pour décider du signe, il faut une information supplémentaire, par exemple la somme et le produit.
Placer les racines par rapport à un seuil.
Pour quelles valeurs de \(m\) les deux racines de \(x^2-6x+m\) sont-elles distinctes et supérieures à \(1\) ?
Poser \(x=y+1\) traduit « \(x>1\) » par « \(y>0\) ». \[(y+1)^2-6(y+1)+m =y^2+2y+1-6y-6+m =y^2-4y+(m-5).\] Ce polynôme a deux racines distinctes si \(\Delta=16-4(m-5)=36-4m>0\), soit \(m<9\). Leur somme vaut \(4>0\) et leur produit vaut \(m-5\). Pour que les deux soient strictement positives, il faut et il suffit que \(m-5>0\) : produit positif impose le même signe, puis somme positive impose le signe positif; réciproquement, deux nombres positifs ont un produit positif. En réunissant les conditions, on obtient \(5<m<9\).
À \(m=5\), l’une des racines initiales vaut \(1\) : la condition stricte échoue.
À \(m=9\), la racine double vaut \(3\) : elle est supérieure à \(1\), mais les racines ne sont plus distinctes. Ces deux frontières ne répondent pas à la question posée.
À toi: variation de la méthode 14 : justifier une condition nécessaire et suffisante
Pour quels \(m\) le trinôme \(x^2-4x+m\) possède-t-il deux racines distinctes, toutes deux strictement positives ? Et si l’on autorise une racine double positive ?
Correction — variation de la méthode 14
Le discriminant vaut \(16-4m\) : deux racines distinctes existent si \(m<4\). Leur somme vaut \(4>0\), leur produit vaut \(m\). Deux racines positives exigent \(m>0\); réciproquement, si \(m>0\), les racines réelles ont le même signe, et la somme \(4>0\) impose que ce signe soit positif. La condition cherchée est donc \(0<m<4\).
Si la racine double est admise, \(m=4\) donne \((x-2)^2\), avec racine positive \(2\); on obtient alors \(0<m\le4\).
\(m=0\) reste exclu, car l’une des racines vaut zéro, qui n’est pas strictement positif.
Reprise après erreur.
Si tu substitues \(m=1\) dans la formule de l’exemple principal, tu divises par zéro. Le premier défaut est l’emploi d’un théorème dont l’hypothèse \(a\ne0\) n’est plus vraie.
Rappel simple :
\(ax=b\) se résout par \(x=b/a\) seulement si \(a\ne0\); si \(a=0\), \(0=b\) est soit toujours vrai (\(b=0\)), soit impossible (\(b\ne0\)).
Nouvel essai :
discuter \(mx=0\).
Correction :
si \(m=0\), tout réel \(x\) convient; si \(m\ne0\), diviser par \(m\) donne seulement \(x=0\).
Reviens à l’exemple, commence par \(m=1\), puis emploie la formule quadratique uniquement dans la branche \(m\ne1\).
Choisir ou comparer.
Un paramètre dans \(c\) conserve souvent le degré; un paramètre dans \(a\) impose un contrôle supplémentaire. Une forme carrée donnée explique bien une positivité universelle; le discriminant organise le nombre de racines; la somme et le produit renseignent leur signe après vérification de leur existence. Pour une condition de position, décaler l’inconnue peut transformer le problème en une question de signe des racines.
Critère de réussite.
La discussion couvre chaque valeur du paramètre une seule fois; les hypothèses de chaque branche sont conservées; « distinctes », « positives », « pour tout \(x\) » et « une seule solution » ne sont pas remplacés par des questions différentes.
À reprendre plus tard.
Reprends l’essai guidé de la méthode 14 puis la variation de la méthode 14. Pour le premier, tu dois retrouver les cas isolés \(m=0\) et \(m=1\); pour le second, les bornes \(0\) et \(4\) ne jouent pas le même rôle. Les corrections précédentes donnent les contrôles et la justification complète.
Lire et transformer les fonctions
Représenter, comparer et utiliser une fonction du second degré
Les méthodes de cette partie relient une expression, un tableau et une courbe. Le dessin aide à chercher et à contrôler ; les calculs établissent les valeurs exactes.
Les repères dessinés sont orthogonaux. Les unités des deux axes sont indiquées par les graduations et ne sont pas nécessairement de même longueur.
M15 — Construire une parabole et transformer son dessin
Méthode du chapitre. Les transformations graphiques sont des réinvestissements accessibles ; aucune connaissance de dérivation n’est nécessaire.
Je reconnais.
On demande un tracé, un sommet, un axe, ou l’association d’une formule à une courbe.
Je vérifie.
La fonction est bien de degré deux : dans \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\), \(a\ne0\). Un repère et une fenêtre doivent être choisis.
Premier geste.
Repérer \(a\), \(\alpha\) et \(\beta\), sans confondre le signe écrit dans \(x-\alpha\) avec celui de \(\alpha\).
Idée et raison du choix.
Le sommet fixe le point le plus haut ou le plus bas. La symétrie permet ensuite de construire deux points avec un seul calcul. Des points isolés ne suffisent pas à justifier la courbe, mais ils en contrôlent le placement.
P: Symétrie et points de contrôle
Pour \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\), avec \(a\ne0\), on a, pour tout réel \(h\), \[f(\alpha+h)=f(\alpha-h)=ah^2+\beta.\] Dans un repère orthogonal, la droite d’équation \(x=\alpha\) est donc un axe de symétrie de la courbe. Son sommet est \(S(\alpha;\beta)\).
Démonstration
On remplace chaque occurrence de \(x\) : \[\begin{aligned} f(\alpha+h)&=a[(\alpha+h)-\alpha]^2+\beta=ah^2+\beta,\\ f(\alpha-h)&=a[(\alpha-h)-\alpha]^2+\beta=a(-h)^2+\beta=ah^2+\beta. \end{aligned}\] Les deux abscisses sont à la même distance de \(\alpha\) et les ordonnées sont égales. Cette égalité est valable pour tout \(h\), et pas seulement pour deux points essayés.
De plus, \((x-\alpha)^2\ge0\), avec égalité uniquement pour \(x=\alpha\) : \(\beta\) est le minimum si \(a>0\), le maximum si \(a<0\).
Exemple de référence: Construire \(f(x)=2(x-1)^2-8\)
Le sommet est \(S(1;-8)\), l’axe est \(x=1\) et les branches sont dirigées vers le haut puisque \(2>0\). Le minimum vaut \(-8\) ; il est atteint en \(1\).
Calculons des points de part et d’autre de l’axe : \[\begin{aligned} f(0)&=2(0-1)^2-8=2\times1-8=-6,\\ f(2)&=2(2-1)^2-8=2\times1-8=-6,\\ f(-1)&=2(-1-1)^2-8=2\times4-8=0,\\ f(3)&=2(3-1)^2-8=2\times4-8=0,\\ f(-2)&=2(-2-1)^2-8=2\times9-8=10,\\ f(4)&=2(4-1)^2-8=2\times9-8=10. \end{aligned}\] Les couples \((0;2)\), \((-1;3)\) et \((-2;4)\) d’abscisses ont tous pour milieu \(1\). Après placement, on trace une courbe régulière, symétrique, qui descend vers \(S\) puis remonte. On ne relie pas simplement les points par des segments.
Lecture du dessin :
les points d’abscisses \(-1\) et \(3\) sont sur l’axe horizontal ; ceux d’abscisses \(0\) et \(2\) sont à la hauteur \(-6\). L’axe vertical de symétrie passe par le sommet, pas forcément par l’origine.
Si l’expression initiale est développée.
À partir de \(f(x)=2x^2-4x-6\), une complétion simple du carré donne : \[\begin{aligned} 2x^2-4x-6&=2(x^2-2x)-6\\ &=2\bigl[(x-1)^2-1\bigr]-6\\ &=2(x-1)^2-2-6=2(x-1)^2-8. \end{aligned}\] La correction \(-1\) dans la parenthèse devient \(-2\) après multiplication par \(2\). On retrouve le même dessin, et non une seconde fonction.
Contrôle.
Le coefficient de \(x^2\) vaut \(2\) ; \(f(0)=-6\) ; les deux racines sont \(-1\) et \(3\). Une courbe qui passe par \((0;-8)\) au lieu de \((1;-8)\) est décalée : la formule impose le sommet, pas l’allure seule.
Variante : déplacer une courbe déjà construite.
Si \(g(x)=f(x-d)+e\), alors, pour chaque réel \(t\), \(g(t+d)=f(t+d-d)+e=f(t)+e\). Le point \((t;f(t))\) devient \((t+d;f(t)+e)\) : déplacement horizontal de \(d\), puis vertical de \(e\).
Ce raisonnement explique le sens du déplacement ; le signe moins à l’intérieur ne signifie pas « vers la gauche ».
Pour \(g(x)=f(x-2)+3\), on remplace l’argument entier de \(f\) : \[g(x)=2\bigl[(x-2)-1\bigr]^2-8+3=2(x-3)^2-5.\] Le sommet \((1;-8)\) devient \((3;-5)\) ; le point \((0;-6)\) devient \((2;-3)\). Le dessin ci-dessous montre deux de ces déplacements, toujours les mêmes pour tous les points.
Choisir ou comparer.
Construire depuis une forme canonique est direct si elle est disponible.
Depuis une forme factorisée, les deux racines fournissent des points et leur milieu donne l’axe, à condition qu’elles soient distinctes.
Depuis une forme développée simple, la complétion du carré prépare le tracé.
Le transport d’une courbe évite de recalculer chaque point lorsque \(f(x-d)+e\) est reconnu.
À toi: Guidé — un signe négatif devant le carré
Construire la courbe de \(h(x)=-(x+2)^2+4\). Repérer le sommet, l’axe, les zéros et les points d’abscisses \(-3\) et \(-1\).
Indice.
Écrire \(x+2=x-(-2)\) ; pour les zéros, isoler le carré.
Correction — essai guidé de la méthode 15
On lit \(a=-1\), \(\alpha=-2\), \(\beta=4\). Le sommet est \((-2;4)\) ; l’axe est \(x=-2\) ; le maximum vaut \(4\).
Résoudre \(h(x)=0\) donne \(-(x+2)^2+4=0\), puis \((x+2)^2=4\), donc \(x+2=-2\) ou \(x+2=2\). En soustrayant \(2\) dans chaque égalité, on obtient \(x=-4\) ou \(x=0\).
Enfin \(h(-3)=-(-1)^2+4=3\) et \(h(-1)=-(1)^2+4=3\). Les points symétriques obtenus et le sommet déterminent le tracé à contrôler.
À toi: À tenter — pas d’intersection avec l’axe horizontal
Construire \(k(x)=\frac12(x-3)^2+1\), en utilisant notamment les abscisses \(1\) et \(5\). Justifier pourquoi aucune racine réelle n’est à placer.
Correction — tentative de la méthode 15
Le sommet est \((3;1)\) et l’axe \(x=3\). Comme \(\frac12>0\), toutes les images sont au moins \(1\) : \(k(x)=0\) est impossible.
Les images utiles sont \(k(1)=\frac12(-2)^2+1=2+1=3\) et \(k(5)=\frac12(2)^2+1=3\). On peut ajouter \(k(2)=\frac12(-1)^2+1=\frac32\) et \(k(4)=\frac32\).
Ces points encadrent le sommet et vérifient la symétrie.
Figures des corrections :
à gauche, \(h\) coupe l’axe horizontal en \(-4\) et \(0\) ; à droite, le minimum de \(k\) reste strictement au-dessus de cet axe.
Variation corrigée.
Pour \(\ell(x)=f(x+1)-2\), on écrit \(\ell(x)=2[(x+1)-1]^2-8-2=2x^2-10\). Le déplacement est d’une unité vers la gauche et de deux vers le bas ; le sommet devient \((0;-10)\).
Reprise après erreur.
Si tu places le sommet de \((x+2)^2\) en \(2\), la première erreur est la lecture de \(x-\alpha\).
Rappel : le carré s’annule lorsque son contenu vaut zéro. Pour \((x+1)^2\), \(x+1=0\) donne \(x=-1\).
Nouvel essai : où est le sommet de \((x-4)^2-2\) ?
Correction : \(x-4=0\) donne \(4\), puis l’image vaut \(-2\), donc \((4;-2)\).
Reviens à \(h\) : \(x+2=0\) donne bien \(-2\).
Critère de réussite.
Donner le point sommet, l’équation de l’axe, le signe de \(a\), les calculs de points et une explication de la symétrie. Une jolie allure seule ne valide ni les graduations ni les coordonnées.
À reprendre plus tard.
Refaire l’essai guidé de la méthode 15, puis transporter sa courbe de trois unités vers la droite.
Correction du transport : \(h(x-3)=-[(x-3)+2]^2+4=-(x-1)^2+4\) ; le sommet est \((1;4)\). Les anciennes racines \(-4\) et \(0\) deviennent \(-1\) et \(3\).
M16 — Lire une courbe, puis établir une réponse exacte
Méthode du chapitre et réinvestissement des lectures graphiques de Seconde.
Je reconnais.
La consigne parle d’image, d’antécédent, de seuil, de signe, d’intersection ou de position relative.
Je vérifie.
Identifier l’axe des abscisses, celui des ordonnées, les graduations, le domaine et la précision demandée.
Premier geste.
Traduire la question : image \(f(t)\), équation \(f(x)=q\), inéquation \(f(x)\ge q\) ou comparaison \(f(x)\ge g(x)\).
Idée et raison du choix.
Une image se lit en partant d’une abscisse ; un antécédent se cherche en partant d’une ordonnée. Les intersections se projettent sur l’axe des abscisses. Si une valeur exacte est demandée, la lecture suggère des candidats que l’équation permet ensuite de justifier.
Exemple de référence: Deux sens de lecture pour \(f(x)=2(x-1)^2-8\)
Pour lire \(f(2)\), on part de \(2\) sur l’axe horizontal, monte ou descend jusqu’à la courbe, puis revient horizontalement à l’axe vertical : l’image est \(-6\).
Pour chercher les antécédents de \(-6\), on trace la droite horizontale \(y=-6\). Elle rencontre la courbe en deux points : les abscisses sont \(0\) et \(2\).
La formule confirme l’image : \(f(2)=2(2-1)^2-8=2-8=-6\).
Pour les antécédents, la démarche algébrique complète est : \[\begin{aligned} 2(x-1)^2-8=-6 &\Longleftrightarrow 2(x-1)^2-8+8=-6+8\\ &\Longleftrightarrow 2(x-1)^2=2\\ &\Longleftrightarrow \frac{2(x-1)^2}{2}=\frac22\\ &\Longleftrightarrow (x-1)^2=1\\ &\Longleftrightarrow x-1=-1\ \text{ou}\ x-1=1\\ &\Longleftrightarrow x=0\ \text{ou}\ x=2. \end{aligned}\] La division par \(2\) est autorisée car \(2\ne0\). Les deux signes sont nécessaires : \((-1)^2=1^2=1\). Les transformations étant réversibles, il n’y a pas d’autre solution.
Pour \(f(x)\le0\), la courbe est sur l’axe horizontal ou en dessous entre les abscisses \(-1\) et \(3\) : on lit \([-1;3]\). Algébriquement, \(2(x-1)^2-8\le0\) donne \((x-1)^2\le4\), donc \(-2\le x-1\le2\), d’où \(-1\le x\le3\).
Si l’on demande \(f(x)<0\), on retire les deux racines : \(]-1;3[\).
Si le domaine imposé est \([0;2]\), on intersecte avec ce domaine, ici \([0;2]\).
Variante : compter les antécédents sans les calculer.
Le minimum de \(f\) vaut \(-8\). Ainsi \(f(x)=q\) a, sur \(\mathbb{R}\), zéro solution si \(q<-8\), une si \(q=-8\) et deux si \(q>-8\). En effet, l’équation revient à \((x-1)^2=(q+8)/2\) ; le membre de droite est respectivement négatif, nul ou positif.
Sur un domaine restreint, il faut encore compter les solutions qui y appartiennent : pour \(q=-6\), il n’en reste qu’une sur \([1;4]\), à savoir \(2\).
Variante : une droite ou une autre courbe.
Avec \(g(x)=2x-6\), les abscisses des points communs vérifient \(f(x)=g(x)\) : \[\begin{aligned} 2x^2-4x-6=2x-6 &\Longleftrightarrow 2x^2-4x-6-(2x-6)=0\\ &\Longleftrightarrow 2x^2-4x-6-2x+6=0\\ &\Longleftrightarrow 2x^2-6x=0\Longleftrightarrow 2x(x-3)=0. \end{aligned}\] Les abscisses sont donc \(0\) et \(3\). Les ordonnées doivent encore être calculées : \(g(0)=-6\), \(g(3)=0\). Les points communs sont \((0;-6)\) et \((3;0)\).
Le signe de \(f(x)-g(x)=2x(x-3)\) est positif pour \(x<0\) ou \(x>3\), négatif pour \(0<x<3\), nul aux bornes. Donc \(\mathcal C_f\) est au-dessus de la droite à l’extérieur de \([0;3]\) et en dessous à l’intérieur ; aux bornes elles se rencontrent.
Contrôle.
On compare les ordonnées de points de même abscisse. Le signe de \(f\) seul dit si la courbe est au-dessus de l’axe horizontal, pas si elle est au-dessus de \(\mathcal C_g\).
Par exemple, en \(x=1\), \(f(1)=-8<g(1)=-4\).
Choisir ou comparer.
Le dessin rend visibles les solutions possibles et aide à choisir une fenêtre. Le calcul prouve l’exactitude et l’exhaustivité sur le domaine.
Si seule une courbe sans formule est fournie, une lecture approchée est légitime, mais on n’invente pas une valeur exacte à partir d’un pixel.
Point de vigilance.
Une fenêtre peut cacher des intersections. Pour \(p(x)=x^2-9\), on a \(p(x)<0\) si \(-2\le x\le2\) ; l’affichage limité à ces abscisses ne montre aucune racine. Pourtant \((x-3)(x+3)=0\) donne \(-3\) et \(3\). Le calcul des deux zéros démontre le défaut de la fenêtre, pas un défaut de la fonction.
À toi: Guidé — utiliser un dessin déjà établi
Reprendre la courbe de \(h(x)=-(x+2)^2+4\) de l’essai guidé de la méthode 15. Lire puis vérifier : \(h(-1)\) ; les antécédents de \(3\) ; les réels tels que \(h(x)\ge0\).
Indice.
Pour les antécédents, tracer mentalement l’horizontale \(y=3\).
Correction — essai guidé de la méthode 16
La courbe donne \(h(-1)=3\) ; le calcul donne \(-(1)^2+4=3\).
Pour \(h(x)=3\), on soustrait \(4\) : \(-(x+2)^2=-1\) ; multiplier les deux membres par \(-1\) donne \((x+2)^2=1\), donc \(x+2=-1\) ou \(x+2=1\). Les antécédents sont \(-3\) et \(-1\).
Pour \(h(x)\ge0\), on obtient \(-(x+2)^2\ge-4\) ; multiplier par \(-1\) renverse l’inégalité : \((x+2)^2\le4\). Ainsi \(-2\le x+2\le2\), puis \(-4\le x\le0\). On conserve les bornes, car \(h(-4)=h(0)=0\) satisfait l’inégalité large.
À toi: À tenter — changer le domaine
Pour \(k(x)=\frac12(x-3)^2+1\), dont la courbe est tracée après la tentative de la méthode 15, résoudre \(k(x)=3\), puis \(k(x)\le3\). Donner ensuite les réponses lorsque \(x\) est limité à \([2;6]\).
Correction — tentative de la méthode 16
\(k(x)=3\) équivaut à \(\frac12(x-3)^2=2\), puis à \((x-3)^2=4\), en multipliant les deux membres par \(2\). Donc \(x-3=-2\) ou \(x-3=2\), soit \(x=1\) ou \(x=5\).
Pour l’inéquation, les mêmes opérations (soustraire \(1\), multiplier par \(2>0\)) donnent \((x-3)^2\le4\), donc \(1\le x\le5\).
Sur \([2;6]\), la solution \(1\) n’est pas admissible : l’équation a pour ensemble de solutions \(\{5\}\). Pour l’inéquation, \([1;5]\cap[2;6]=[2;5]\).
Les lectures du dessin concordent ; le filtrage du domaine intervient après la recherche algébrique et ne peut pas être oublié.
Reprise après erreur.
Si tu écris que « l’image de \(4\) par \(x\mapsto x^2\) est \(2\) », tu as inversé le trajet.
Rappel : une image est le résultat d’une substitution. Ici \(4^2=16\) ; les antécédents de \(4\) sont \(-2\) et \(2\).
Nouvel essai : pour \(u(x)=x^2+1\), quelle est l’image de \(2\) et quels sont les antécédents de \(2\) ?
Correction : \(u(2)=4+1=5\) ; \(x^2+1=2\) donne \(x^2=1\), donc \(x=-1\) ou \(x=1\).
Reviens à l’exemple : \(f(2)=-6\), mais \(-6\) possède les deux antécédents \(0\) et \(2\).
Critère de réussite.
Nommer l’équation ou l’inéquation lue, repérer toutes les intersections pertinentes, préciser exact ou approché, filtrer le domaine, et calculer les ordonnées lorsqu’on demande des points.
À reprendre plus tard.
Reprendre la tentative de la méthode 16 en remplaçant l’inégalité large par \(k(x)<3\).
Correction : sur \(\mathbb{R}\), \(]1;5[\) ; sur \([2;6]\), \([2;5[\). Le \(2\) reste inclus car \(k(2)=\frac32<3\) ; le \(5\) est exclu car \(k(5)=3\).
M17 — Établir les variations et optimiser sur le bon domaine
Méthode du chapitre, sans dérivée. La restriction à des entiers est une application des mêmes variations, pas une nouvelle fonction continue.
Je reconnais.
On cherche un minimum, un maximum, un tableau de variations, ou une comparaison d’images sans calculer toutes les images.
Je vérifie.
Relever le domaine : \(\mathbb{R}\), intervalle fermé, intervalle ouvert ou valeurs entières. Un extremum sur \(\mathbb{R}\) n’est utilisable que si son abscisse est admissible.
Premier geste.
Chercher une écriture \(a(x-\alpha)^2+\beta\) disponible ou simple à obtenir, puis situer \(\alpha\) par rapport au domaine.
Idée et raison du choix.
Le carré mesure l’écart à \(\alpha\) : plus \(x\) s’en éloigne, plus \((x-\alpha)^2\) augmente. Si \(a>0\), les images augmentent avec cet écart ; si \(a<0\), elles diminuent. C’est une représentation du calcul, non une preuve fondée sur l’apparence du dessin.
D: Variation et extremum
Une fonction est croissante sur un intervalle si \(u<v\) dans cet intervalle entraîne \(f(u)\le f(v)\) ; elle est strictement croissante si l’inégalité est stricte. La définition décroissante renverse l’inégalité des images.
Un maximum \(M\) est une valeur atteinte telle que toutes les images du domaine soient au plus \(M\). Un minimum se définit avec « au moins ».
Exemple de référence: Même étude, deux preuves complètes
Étudier \(f(x)=-2x^2+12x-10=-2(x-3)^2+8\) sur \(\mathbb{R}\), puis sur \([0;5]\). La seconde écriture est vérifiée en développant \(-2(x^2-6x+9)+8=-2x^2+12x-18+8=-2x^2+12x-10\).
Voie A : utiliser l’ordre des carrés.
Soient \(u<v\le3\). Alors \(u-3<v-3\le0\), d’où \((u-3)^2>(v-3)^2\) : sur les nombres négatifs, le plus éloigné de zéro a le plus grand carré. Multiplier par \(-2\) renverse l’ordre, puis ajouter \(8\) le conserve : \(-2(u-3)^2+8<-2(v-3)^2+8\), donc \(f(u)<f(v)\). La fonction est strictement croissante sur \(]-\infty;3]\).
Si \(3\le u<v\), alors \(0\le u-3<v-3\), donc \((u-3)^2<(v-3)^2\). Après multiplication par \(-2\) et addition de \(8\), on obtient \(f(u)>f(v)\). Elle est strictement décroissante sur \([3;+\infty[\).
Enfin \(-2(x-3)^2\le0\), avec égalité seulement pour \(x=3\) : le maximum est \(8\), atteint uniquement en \(3\).
Voie B : étudier une différence d’images.
Pour \(u<v\), développer puis regrouper donne \[\begin{aligned} f(v)-f(u)&=(-2v^2+12v-10)-(-2u^2+12u-10)\\ &=-2v^2+12v-10+2u^2-12u+10\\ &=-2(v^2-u^2)+12(v-u)\\ &=-2(v-u)(v+u)+12(v-u)\\ &=(v-u)[-2(v+u)+12]\\ &=-2(v-u)(u+v-6). \end{aligned}\] Le facteur \(v-u\) est strictement positif. Si \(u<v\le3\), alors \(u+v<6\) ; \(u+v-6<0\), donc \(f(v)-f(u)>0\). On retrouve la croissance.
Si \(3\le u<v\), alors \(u+v>6\), donc \(f(v)-f(u)<0\) : on retrouve la décroissance.
Pour le maximum, comparer à l’image en \(3\) donne \(f(x)-f(3)=-2(x-3)^2\le0\). La valeur \(f(3)=8\) est bien atteinte.
Sur \([0;5]\).
Le sommet \(3\) appartient à cet intervalle. \(f(0)=-10\) et \(f(5)=-2(5-3)^2+8=-8+8=0\). La croissance puis la décroissance donnent le tableau : \[\begin{array}{c|ccccc} x&0&&3&&5\\ \hline f(x)&-10&\nearrow&8&\searrow&0 \end{array}\] Le maximum est \(8\), atteint en \(3\). Le minimum est la plus petite valeur des deux extrémités, ici \(-10\), atteint en \(0\).
Choisir ou comparer.
La forme canonique rend directement visibles l’écart au sommet et l’extremum. La différence \(f(v)-f(u)\) démontre l’ordre des images sans calculer chaque image ; elle est particulièrement utile quand une question demande une preuve de croissance. Les deux voies répondent ici au même problème, mais la simple phrase « la parabole monte » ne remplace aucune preuve.
Cas frontière 1 : le sommet n’appartient pas à l’intervalle.
Pour la même fonction sur \([4;6]\), tout l’intervalle est à droite de \(3\). La fonction y est décroissante ; \(f(4)=-2+8=6\) et \(f(6)=-18+8=-10\). Le maximum est donc \(6\) en \(4\), et non \(8\), puisque \(3\) est interdit.
Cas frontière 2 : une borne n’est pas incluse.
Sur \(]3;5[\), la fonction est strictement décroissante et ses valeurs sont strictement comprises entre \(0\) et \(8\). Elle n’a ni maximum ni minimum. En effet, pour un \(x\) de cet intervalle, \((3+x)/2\) y appartient et possède une image plus grande ; \((x+5)/2\) y appartient et possède une image plus petite.
Aucune image ne peut donc être extrémale. Une borne de valeurs n’est pas forcément une valeur atteinte.
Cas frontière 3 : la variable doit être entière.
Pour \(q(n)=-2(n-\frac52)^2+20\), avec \(n\in\{0;1;\ldots;6\}\), le maximum est obtenu quand la distance de \(n\) à \(\frac52\) est minimale. Les deux entiers les plus proches sont \(2\) et \(3\) ; pour chacun, \[q(n)=-2\left(\frac12\right)^2+20=-\frac12+20=\frac{39}{2}.\] Les autres entiers sont plus éloignés, donc donnent une valeur plus petite.
Arrondir systématiquement le sommet vers le haut ou vers le bas n’est pas une preuve ; on compare les candidats admissibles voisins, et les bornes si nécessaire.
À toi: Guidé — justifier avec les deux voies
Étudier \(g(x)=3(x+1)^2-12\) sur \([-3;2]\) ; donner minimum et maximum. Justifier les variations d’abord avec le carré, puis avec \(g(v)-g(u)\).
Indice.
L’abscisse du sommet vaut \(-1\) ; distinguer les deux côtés de \(-1\).
Correction — essai guidé de la méthode 17
Si \(u<v\le-1\), alors \(u+1<v+1\le0\), donc \((u+1)^2>(v+1)^2\). Multiplier par \(3>0\), puis retrancher \(12\), conserve le sens : \(g(u)>g(v)\).
Si \(-1\le u<v\), les deux nombres \(u+1\) et \(v+1\) sont positifs ou nuls, donc leurs carrés sont dans le même ordre : \(g(u)<g(v)\).
Pour la seconde voie, \[\begin{aligned} g(v)-g(u)&=3(v+1)^2-12-[3(u+1)^2-12]\\ &=3[(v+1)^2-(u+1)^2]\\ &=3[(v+1)-(u+1)][(v+1)+(u+1)]\\ &=3(v-u)(u+v+2). \end{aligned}\] Pour \(u<v\le-1\), on a \(u+v+2<0\), donc la différence est négative.
Pour \(-1\le u<v\), ce facteur est positif, donc la différence est positive.
Les deux justifications donnent : décroissance de \(-3\) à \(-1\), puis croissance de \(-1\) à \(2\). Les images sont \(g(-3)=3(-2)^2-12=0\), \(g(-1)=-12\), \(g(2)=3\times9-12=15\). Minimum \(-12\) en \(-1\) ; maximum \(15\) en \(2\).
À toi: À tenter — une restriction change le résultat
Étudier \(r(x)=-x^2+2x+3\) sur \([2;4]\), puis sur \([2;4[\). Justifier la variation par une différence d’images ; déterminer les extrema qui existent réellement sur chacun des domaines.
Correction — tentative de la méthode 17
On peut vérifier \(r(x)=-(x-1)^2+4\). Pour \(2\le u<v\le4\), \[\begin{aligned} r(v)-r(u)&=-v^2+2v+3-(-u^2+2u+3)\\ &=-(v^2-u^2)+2(v-u)\\ &=-(v-u)(u+v-2)<0, \end{aligned}\] car \(v-u>0\) et \(u+v-2>0\). La fonction est strictement décroissante.
Sur \([2;4]\), \(r(2)=-4+4+3=3\) est le maximum et \(r(4)=-16+8+3=-5\) est le minimum.
Sur \([2;4[\), le maximum \(3\) existe toujours en \(2\) ; il n’y a pas de minimum. Pour tout \(x<4\) du domaine, \((x+4)/2\) appartient encore au domaine, est plus grand que \(x\) et a une image plus petite. La valeur \(-5\) n’est pas atteinte.
Reprise après erreur.
Si tu annonces automatiquement le maximum au sommet, vérifie sa présence dans le domaine.
Exemple simple : \(s(x)=-(x-1)^2\) sur \([3;4]\) est décroissante ; son maximum est \(s(3)=-4\), pas \(0\).
Nouvel essai : minimum de \((x+2)^2+1\) sur \([0;2]\) ?
Correction : l’axe est \(x=-2\), hors du domaine ; la fonction est croissante sur \([0;2]\), donc le minimum est \((0+2)^2+1=4+1=5\), en \(0\).
Reviens au cas \(f\) sur \([4;6]\) : le sommet \(3\) est exclu, et le maximum est bien \(f(4)=6\).
Critère de réussite.
Préciser le domaine, situer le sommet, justifier le sens de variation, calculer les images nécessaires et distinguer une valeur extrême de l’abscisse où elle est atteinte.
Ne pas confondre variation et signe : \(x^2-4\) est croissante sur \([0;+\infty[\) mais négative pour \(0\le x<2\).
À reprendre plus tard.
Reprendre la tentative de la méthode 17, puis limiter \(x\) aux entiers de \([2;4]\).
Correction : les valeurs sont \(r(2)=3\), \(r(3)=-9+6+3=0\), \(r(4)=-5\) ; le maximum et le minimum restent \(3\) et \(-5\). La justification par décroissance évite d’énumérer une grande liste d’entiers.
M18 — Retrouver une fonction à partir de données
Déterminer tous les trinômes nuls en deux réels distincts fait partie du programme. Les reconstructions par sommet ou par trois images sont des applications des formes et des systèmes élémentaires.
Je reconnais.
On connaît des racines, un sommet, des points, un tableau, ou des images ; on cherche l’expression d’une fonction de degré deux.
Je vérifie.
Distinguer les données exactes de lectures approchées. Vérifier que les données ne se répètent pas et que le coefficient du degré deux obtenu est non nul.
Premier geste.
Choisir une forme qui intègre déjà le maximum de données : factorisée pour deux racines, canonique pour un sommet, développée pour des images ordinaires.
Idée et raison du choix.
Chaque donnée devient une égalité. Choisir la bonne forme réduit le nombre d’inconnues avant de calculer. On résout, puis on vérifie toutes les données, y compris celles qui n’ont pas servi au calcul.
P: Toutes les fonctions ayant deux racines données
Si \(r\) et \(s\) sont deux réels distincts, les fonctions polynômes de degré deux qui s’annulent en \(r\) et en \(s\) sont exactement \[f(x)=a(x-r)(x-s),\qquad a\in\mathbb{R}\setminus\{0\}.\] Les racines seules ne fixent donc pas une fonction unique.
Démonstration
Toute expression proposée a bien le coefficient principal \(a\ne0\) et s’annule pour \(x=r\) et pour \(x=s\).
Inversement, soit \(f(x)=ax^2+bx+c\), avec \(a\ne0\), \(f(r)=f(s)=0\). Pour tout \(x\), \[\begin{aligned} f(x)&=f(x)-f(r)=a(x^2-r^2)+b(x-r)\\ &=(x-r)\bigl[a(x+r)+b\bigr]. \end{aligned}\] En remplaçant \(x\) par \(s\), on obtient \(0=(s-r)[a(s+r)+b]\). Comme \(s-r\ne0\), le produit nul impose \(a(s+r)+b=0\), donc \(b=-a(s+r)\). Ainsi \(a(x+r)+b=a(x+r)-a(s+r)=a(x-s)\), et \(f(x)=a(x-r)(x-s)\).
Point de vigilance.
La condition \(r\ne s\) ne se supprime pas. Savoir seulement que \(f(0)=0\) n’impose pas \(f(x)=ax^2\) : par exemple \(x(x-1)\) s’annule en \(0\) sans avoir une racine double en \(0\).
Exemple de référence: Trois voies pour retrouver la même fonction
Une fonction \(f\) de degré deux possède les racines \(2\) et \(6\), a pour sommet \((4;4)\) et vérifie \(f(0)=-12\). On dispose aussi des points \((2;0)\) et \((4;4)\). Les informations sont volontairement redondantes pour comparer les démarches.
Voie A : deux racines et un point.
Comme \(2\ne6\), on écrit \(f(x)=a(x-2)(x-6)\) avec \(a\ne0\). La donnée \(f(0)=-12\) devient \[a(0-2)(0-6)=-12\Longleftrightarrow a\times(-2)\times(-6)=-12 \Longleftrightarrow12a=-12.\] Diviser les deux membres par \(12\ne0\) donne \(a=-1\). Ainsi \(f(x)=-(x-2)(x-6)\).
Développer permet un contrôle : \[-(x-2)(x-6)=-[x^2-6x-2x+12]=-x^2+8x-12.\] Les racines sont bien \(2\) et \(6\), et \(f(0)=-12\). Leur milieu vaut \(4\) ; \(f(4)=-2\times(-2)=4\), ce qui confirme le sommet annoncé.
Voie B : un sommet et un point.
Le sommet \((4;4)\) suggère \(f(x)=a(x-4)^2+4\). La donnée \(f(0)=-12\) donne \[16a+4=-12\Longleftrightarrow16a+4-4=-12-4 \Longleftrightarrow16a=-16\Longleftrightarrow a=-1.\] La dernière division est permise car \(16\ne0\). On obtient \(f(x)=-(x-4)^2+4\).
Contrôle développé : \(-(x^2-8x+16)+4=-x^2+8x-16+4=-x^2+8x-12\).
Contrôle des racines : \(f(2)=-(-2)^2+4=0\) et \(f(6)=-(2)^2+4=0\).
Voie C : trois images et un système.
On ne se sert maintenant que de \(f(0)=-12\), \(f(2)=0\), \(f(4)=4\). Avec \(f(x)=ax^2+bx+c\), ces données imposent \[\begin{cases} c=-12,\\ 4a+2b+c=0,\\ 16a+4b+c=4. \end{cases}\] Substituer \(c=-12\) donne \(4a+2b=12\) et \(16a+4b=16\). Multiplier la première égalité par \(2\) donne \(8a+4b=24\). Soustraire cette nouvelle égalité à la seconde élimine \(b\) : \[(16a+4b)-(8a+4b)=16-24\Longleftrightarrow8a=-8\Longleftrightarrow a=-1.\] Dans \(4a+2b=12\), cela donne \(-4+2b=12\), puis \(2b=16\), donc \(b=8\). Ainsi \(f(x)=-x^2+8x-12\), avec \(a=-1\ne0\).
Les trois substitutions donnent \(-12\), \(0\) et \(4\), comme demandé.
Choisir ou comparer.
Les voies A et B ne demandent qu’une inconnue : le coefficient \(a\). La voie C reste disponible sans racine ni sommet, mais demande plusieurs équations.
Dans l’exemple, on pourrait choisir A dès la lecture des deux racines et du point \((0;-12)\) ; connaître la réponse n’est pas nécessaire pour ce choix. On ne doit pas développer une forme déjà adaptée uniquement par habitude.
Cas d’existence, d’unicité et d’insuffisance.
Deux racines distinctes seules donnent une famille. Pour les racines \(-2\) et \(4\), les fonctions \((x+2)(x-4)\) et \(3(x+2)(x-4)\) conviennent toutes deux ; elles n’ont pas les mêmes images ailleurs.
Dans \(a(x-r)(x-s)\), un point supplémentaire d’abscisse \(r\) et d’ordonnée \(0\) ne donne aucune information nouvelle. Si son ordonnée est non nulle, les données se contredisent. Pour déterminer \(a\) par ce point, il faut une abscisse différente de \(r\) et de \(s\).
Avec un sommet \((\alpha;\beta)\), un point de même abscisse est soit le sommet lui-même (information répétée), soit incompatible. Si le point est d’abscisse \(t\ne\alpha\), on peut diviser par \((t-\alpha)^2>0\) ; le coefficient obtenu doit encore vérifier \(a\ne0\).
Trois points d’abscisses distinctes ne garantissent pas une fonction de degré exactement deux. Pour \((0;1)\), \((1;3)\) et \((2;5)\), on obtient \(c=1\), \(a+b=2\), \(4a+2b=4\). Soustraire deux fois \(a+b=2\) donne \(2a=0\), donc \(a=0\). Les points sont alignés : l’expression \(2x+1\) les contient, mais aucune fonction de degré deux ne satisfait ces trois données.
Deux images ordinaires sont en général insuffisantes. Les fonctions \(x^2\) et \(2x^2-x\) valent toutes deux \(0\) en \(0\) et \(1\) en \(1\), tout en étant différentes, par exemple en \(2\) : \(4\) contre \(6\).
Variante : deux images égales pour trouver l’axe.
Pour \(f(x)=a(x-\alpha)^2+\beta\) et \(u\ne v\), l’égalité \(f(u)=f(v)\) donne \[0=f(u)-f(v)=a(u-v)(u+v-2\alpha).\] Les facteurs \(a\) et \(u-v\) étant non nuls, \(u+v-2\alpha=0\), donc \(\alpha=(u+v)/2\). Le sens inverse vient de la symétrie démontrée en propriété de symétrie.
Par exemple, si \(f(-3)=f(7)\) pour une fonction de degré deux, son axe est \(x=2\). En revanche \(f(5)=f(5)\), toujours vrai, ne donne aucun axe.
À toi: Guidé — comparer les trois formes
Retrouver une même fonction \(p\) par chacune des données suivantes :
racines \(-1\) et \(3\), et \(p(1)=-8\) ;
sommet \((1;-8)\), et \(p(-1)=0\) ;
\(p(0)=-6\), \(p(1)=-8\), \(p(2)=-6\).
Indice.
Choisir successivement forme factorisée, canonique, puis développée ; la troisième voie élimine \(b\) par soustraction.
Correction — essai guidé de la méthode 18
Première voie : \(p(x)=a(x+1)(x-3)\) ; \(p(1)=-8\) devient \(a\times2\times(-2)=-8\), soit \(-4a=-8\), d’où \(a=2\) après division par \(-4\ne0\). Ainsi \(p(x)=2(x+1)(x-3)\).
Deuxième voie : \(p(x)=a(x-1)^2-8\) ; \(p(-1)=0\) donne \(4a-8=0\), puis \(4a=8\), donc \(a=2\). Ainsi \(p(x)=2(x-1)^2-8\).
Troisième voie : écrire \(p(x)=ax^2+bx+c\). On a \(c=-6\), \(a+b-6=-8\) et \(4a+2b-6=-6\), donc \(a+b=-2\) et \(4a+2b=0\). Deux fois la première égalité donne \(2a+2b=-4\) ; soustraire donne \(2a=4\), donc \(a=2\), puis \(b=-2-2=-4\). On obtient \(p(x)=2x^2-4x-6\).
Contrôle des formes : \(2(x+1)(x-3)=2[x^2-3x+x-3]=2x^2-4x-6\) ; \(2(x-1)^2-8=2x^2-4x+2-8=2x^2-4x-6\). Toutes les données sont ainsi compatibles avec la même fonction.
À toi: À tenter — informations suffisantes ou non
Une fonction de degré deux s’annule en \(-2\) et \(4\) et vérifie \(q(0)=-8\). La déterminer. Retrouver ensuite cette expression à partir du sommet \((1;-9)\) et du point \((0;-8)\), puis à partir des images \(q(0)=-8\), \(q(1)=-9\), \(q(2)=-8\). Que pourrait-on conclure sans la donnée \(q(0)=-8\), si seules les deux racines étaient connues ?
Correction — tentative de la méthode 18
Les racines distinctes donnent \(q(x)=a(x+2)(x-4)\). Le point impose \(a\times2\times(-4)=-8\), donc \(-8a=-8\) et \(a=1\). Ainsi \(q(x)=(x+2)(x-4)=x^2-4x+2x-8=x^2-2x-8\).
Avec le sommet, on écrit \(q(x)=a(x-1)^2-9\). La valeur en \(0\) donne \(a-9=-8\), puis \(a=1\). Développer \((x-1)^2-9\) donne \(x^2-2x+1-9\), soit le même résultat.
Avec trois images, \(c=-8\), \(a+b-8=-9\) et \(4a+2b-8=-8\), soit \(a+b=-1\), \(4a+2b=0\). Soustraire deux fois la première égalité de la seconde donne \(2a=2\), donc \(a=1\) et \(b=-2\). Les substitutions vérifient \(q(0)=-8\), \(q(1)=1-2-8=-9\), \(q(2)=4-4-8=-8\).
Sans point supplémentaire, toutes les fonctions \(a(x+2)(x-4)\), \(a\ne0\), restent possibles ; une réponse unique ne serait pas justifiée.
Reprise après erreur.
L’erreur « deux racines donnent \((x-r)(x-s)\) » oublie le coefficient principal.
Rappel simple : \(x(x-1)\) et \(2x(x-1)\) ont les mêmes zéros, mais valent \(2\) et \(4\) en \(2\).
Nouvel essai : racines \(0\) et \(2\), image de \(1\) égale à \(3\).
Correction : \(p(x)=a x(x-2)\) ; \(p(1)=-a=3\), donc \(a=-3\), et \(p(x)=-3x(x-2)\).
Reviens à l’exemple de référence : le point \((0;-12)\) fixe précisément le facteur \(-1\).
Critère de réussite.
Expliquer la forme choisie, transformer chaque donnée en égalité, montrer l’élimination ou la division, vérifier \(a\ne0\) et contrôler les données. Si elles ne suffisent pas, exhiber deux fonctions possibles plutôt que deviner un coefficient.
À reprendre plus tard.
Refaire la troisième voie de la tentative de la méthode 18 sans consulter les deux autres, puis contrôler avec les racines \(-2\) et \(4\). La correction complète est celle de la tentative.
Pour varier, remplacer \(q(2)=-8\) par \(q(2)=-10\) : \(a+b=-1\), \(4a+2b=-2\) donnent \(2a=0\), donc \(a=0\) ; il n’existe alors aucune fonction de degré exactement deux.
M19 — Modéliser une contrainte puis résoudre ou optimiser
Méthode du chapitre. Les modèles économiques ou géométriques sont des situations d’application ; les données d’un modèle ne deviennent pas des lois générales sur le monde réel.
Je reconnais.
Une longueur varie, un prix change, une aire ou un bénéfice est à optimiser, une condition « au moins » ou « au plus » doit être respectée.
Je vérifie.
Définir chaque grandeur, son unité, son domaine et les conditions du modèle. Une quantité d’objets entiers n’a pas le même domaine qu’une longueur réelle.
Premier geste.
Choisir une variable et traduire les contraintes avant de développer un polynôme.
Idée et raison du choix.
La stratégie est : données et domaine, expression de la grandeur, forme adaptée, résolution, puis retour au contexte. Chaque étape fournit la donnée de la suivante. Une racine algébrique n’est encore qu’une candidate tant que son admissibilité n’a pas été vérifiée.
Exemple de référence: Un espace rectangulaire contre un mur
On dispose de \(30\) mètres de clôture pour trois côtés d’un rectangle ; le quatrième côté est un mur. On cherche l’aire maximale. Les deux côtés perpendiculaires au mur mesurent \(x\) mètres et le côté parallèle mesure \(L\) mètres.
Schéma de la modélisation :
seuls les trois côtés bleus consomment la clôture ; les deux petits angles droits rappellent que la figure est un rectangle.
La contrainte de longueur est \(2x+L=30\). Soustraire \(2x\) donne \(L=30-2x\).
Pour un rectangle non aplati, \(x>0\) et \(L>0\), donc \(30-2x>0\), soit \(x<15\). Le domaine est \(]0;15[\).
L’aire, en mètres carrés, est \[A(x)=x(30-2x)=30x-2x^2.\] Pour faire apparaître un maximum, on complète le carré : \[\begin{aligned} A(x)&=-2(x^2-15x)\\ &=-2\left[\left(x-\frac{15}{2}\right)^2-\frac{225}{4}\right]\\ &=-2\left(x-\frac{15}{2}\right)^2+\frac{225}{2}. \end{aligned}\] Le carré est positif ou nul ; son coefficient \(-2\) est négatif. Ainsi \(A(x)\le225/2=112{,}5\), avec égalité si \(x=15/2=7{,}5\). Cette valeur appartient à \(]0;15[\). Alors \(L=30-2\times7{,}5=15\).
L’aire maximale est \(112{,}5\ \mathrm{m}^2\), obtenue pour des dimensions \(7{,}5\) m et \(15\) m.
Contrôles : \(2\times7{,}5+15=30\) m et \(7{,}5\times15=112{,}5\ \mathrm{m}^2\).
Autre raisonnement sur le même problème.
Poser \(z=2x\) donne \(z+L=30\) et \(A=zL/2\). L’identité \((z-L)^2\ge0\) donne \(z^2-2zL+L^2\ge0\). Or \((z+L)^2=z^2+2zL+L^2\) ; soustraire les deux expressions donne \((z+L)^2-(z-L)^2=4zL\). Donc \(4zL\le30^2=900\), puis \(A=zL/2\le900/8=112{,}5\). L’égalité a lieu exactement quand \((z-L)^2=0\), donc \(z=L=15\) ; on retrouve \(x=7{,}5\).
Cette preuve explique pourquoi les deux parts de clôture \(2x\) et \(L\) doivent être égales ; elle n’affirme pas que le rectangle doit être un carré.
Les contraintes changent la conclusion.
Si la profondeur est limitée par \(x\le6\), le domaine devient \(]0;6]\). La fonction croît jusqu’à \(7{,}5\), donc sur tout ce domaine ; le maximum est atteint en \(6\), avec \(L=18\) et \(A=6\times18=108\).
Si \(x\) doit au contraire être un nombre entier de mètres, les candidats les plus proches de \(7{,}5\) sont \(7\) et \(8\) : \(A(7)=7\times16=112\) et \(A(8)=8\times14=112\). Les autres entiers admissibles sont plus éloignés de \(7{,}5\) et donnent une aire plus petite. Le maximum entier n’est donc pas \(112{,}5\).
Exemple de référence: Prix, recette, coût et bénéfice
Un modèle d’inscription à un atelier prévoit \(80\) participants au prix de \(12\) euros. Chaque baisse de \(0{,}50\) euro attirerait \(10\) participants supplémentaires. On note \(n\) le nombre entier de baisses, avec \(0\le n\le10\). Le coût prévu comprend \(400\) euros fixes et \(2\) euros par participant. Le modèle est limité à ces onze décisions possibles.
Le prix est \(p(n)=12-0{,}5n\) euros et l’effectif \(N(n)=80+10n\). La recette n’est pas le bénéfice : \[\begin{aligned} R(n)&=(12-0{,}5n)(80+10n)\\ &=12\times80+12\times10n-0{,}5n\times80-0{,}5n\times10n\\ &=960+120n-40n-5n^2=-5n^2+80n+960,\\ C(n)&=400+2(80+10n)=400+160+20n=560+20n,\\ B(n)&=R(n)-C(n)\\ &=-5n^2+80n+960-(560+20n)\\ &=-5n^2+60n+400=-5(n-6)^2+580. \end{aligned}\] Les grandeurs \(R,C,B\) sont en euros, car le prix en euros est multiplié par un nombre de participants. Le carré s’annule pour \(n=6\), entier admissible. Le bénéfice maximal prévu est donc \(580\) euros.
Le prix correspondant est \(12-0{,}5\times6=9\) euros et l’effectif \(80+10\times6=140\).
Contrôle direct : recette \(9\times140=1260\) euros, coût \(400+2\times140=680\) euros, bénéfice \(1260-680=580\) euros.
Atteindre un seuil.
Pour un bénéfice d’au moins \(560\) euros, \[\begin{aligned} -5(n-6)^2+580\ge560 &\Longleftrightarrow -5(n-6)^2\ge-20\\ &\Longleftrightarrow (n-6)^2\le4\\ &\Longleftrightarrow -2\le n-6\le2\\ &\Longleftrightarrow4\le n\le8. \end{aligned}\] La division par \(-5<0\) renverse l’inégalité. On retient les entiers \(4,5,6,7,8\), tous dans le domaine. Les prix correspondants vont de \(10\) à \(8\) euros par pas de \(0{,}50\) euro, et non tous les prix réels de cet intervalle.
Choisir ou comparer.
Dans le problème géométrique, les contraintes créent d’abord une expression d’aire. Dans le modèle de l’atelier, il faut construire puis soustraire les coûts à la recette. Une fois le polynôme obtenu, le carré complété, les variations et les inéquations sont les outils des méthodes précédentes.
La conclusion finale retourne aux dimensions ou au prix : l’abscisse du sommet n’est pas forcément la grandeur demandée.
À toi: Guidé — changer la contrainte
On reprend le rectangle contre un mur, avec seulement \(20\) m de clôture. Déterminer l’aire maximale, puis celle que l’on peut obtenir si la profondeur doit appartenir à \([2;4]\). Donner les dimensions dans chaque cas.
Indice.
Commencer par \(2x+L=20\), pas par une formule d’aire copiée.
Correction — essai guidé de la méthode 19
La contrainte donne \(L=20-2x\) ; les dimensions positives imposent \(0<x<10\). L’aire vaut \(A=x(20-2x)=20x-2x^2\). Comme \(x^2-10x=(x-5)^2-25\), on obtient \(A=-2[(x-5)^2-25]=-2(x-5)^2+50\).
Le maximum vaut \(50\ \mathrm{m}^2\) pour \(x=5\) m et \(L=10\) m. Contrôles : \(2\times5+10=20\) et \(5\times10=50\).
Si \(2\le x\le4\), le sommet \(5\) est exclu et l’aire est croissante sur l’intervalle. Le maximum est \(A(4)=4(20-8)=48\ \mathrm{m}^2\), avec \(L=12\) m. Contrôle : \(2\times4+12=20\).
Par l’autre raisonnement, \(z=2x\) donne \(A=z(20-z)/2\le20^2/8=50\), avec égalité seulement pour \(z=10\) ; cette égalité n’est pas accessible lorsque \(x\le4\), puisque \(z\le8\). Il faut alors revenir à la variation sur le domaine imposé, et non annoncer l’égalité impossible.
À toi: À tenter — la quantité est entière
Une production peut vendre un nombre entier \(q\) d’objets, \(0\le q\le40\). Chaque objet est vendu \(36\) euros ; le coût total est modélisé par \(C(q)=q^2+8q+80\) euros. Déterminer la production qui maximise le bénéfice, puis les productions donnant un bénéfice strictement positif.
Correction — tentative de la méthode 19
La recette est \(R(q)=36q\). Le bénéfice vaut \[B(q)=36q-(q^2+8q+80)=-q^2+28q-80=-(q-14)^2+116.\] Le sommet \(q=14\) est un entier de \([0;40]\) ; le maximum prévu est donc \(116\) euros.
Contrôle : \(R(14)=504\) et \(C(14)=196+112+80=388\), d’où \(504-388=116\).
Pour \(B(q)>0\), on étudie \(-q^2+28q-80\). Le discriminant est \(28^2-4(-1)(-80)=784-320=464=16\times29\). Les deux racines, rangées, sont \(14-2\sqrt{29}\) et \(14+2\sqrt{29}\). Comme le coefficient de \(q^2\) est négatif, le bénéfice est strictement positif entre ces racines. Or \(5<\sqrt{29}<\frac{11}{2}\), car \(25<29<121/4\) ; ainsi \(3<14-2\sqrt{29}<4\) et \(24<14+2\sqrt{29}<25\). Les productions entières cherchées sont donc \(q=4,5,\ldots,24\).
On peut contrôler les frontières : \(B(3)=-9+84-80=-5\), \(B(4)=-16+112-80=16\), \(B(24)=-576+672-80=16\) et \(B(25)=-625+700-80=-5\).
Attention à l’encadrement.
Pour la borne inférieure \(>3\) et la borne supérieure \(<25\), on a utilisé \(\sqrt{29}<5{,}5\) ; pour les autres inégalités, \(\sqrt{29}>5\). Ces calculs justifient le filtrage entier sans faire dépendre la preuve d’un arrondi de calculatrice.
Reprise après erreur.
Une valeur qui maximise un polynôme peut être impossible dans le contexte.
Dans un rectangle de côtés \(x\) et \(8-x\), il faut \(0<x<8\), même si \(x(8-x)\) est calculable pour tout réel.
Nouvel essai : pour des côtés \(t\) et \(12-3t\), quel domaine ?
Correction : \(t>0\) et \(12-3t>0\) ; la seconde condition donne \(t<4\) après division par \(-3\) et changement de sens, donc \(0<t<4\).
Reviens au premier rectangle : \(L=30-2x>0\) impose \(x<15\) ; la solution \(7{,}5\) est admissible, mais elle peut cesser de l’être sous \(x\le6\).
Critère de réussite.
Définir la variable et l’unité, construire le domaine, expliquer la formule de la grandeur, choisir une forme utile, traiter les contraintes et contrôler la réponse dans les données initiales. La valeur maximale du modèle n’est pas une garantie d’observation réelle.
À reprendre plus tard.
Refaire la tentative de la méthode 19, puis supposer qu’on ne peut produire que des lots de quatre objets. Les quantités voisines de \(14\) sont \(12\) et \(16\) ; chacune donne \(B=-(2)^2+116=112\) euros. Les autres multiples admissibles sont plus éloignés de \(14\) et donnent moins.
La correction complète de la modélisation reste celle de la tentative ; seul le filtrage final change.
Passerelle après les statistiques : choisir un centre par les carrés des écarts
Le lien simple entre second degré et variance est un réinvestissement. L’étude générale pondérée ci-dessous est un approfondissement officiel facultatif, à reprendre après les statistiques et probabilités. Elle n’est nécessaire à aucun des problèmes précédents. Les définitions utiles sont rappelées ici.
Je reconnais.
On cherche un centre numérique qui rende aussi petite que possible une moyenne de carrés d’écarts à des mesures.
Je vérifie.
La liste est finie et non vide. Les poids, s’il y en a, sont fixes, positifs ou nuls, et leur somme vaut \(1\). La variable à choisir est le centre, pas les mesures.
Premier geste.
Écrire la moyenne des carrés des écarts au centre \(t\), puis soit développer en \(t\), soit calculer la moyenne et la variance des données.
Idée et raison du choix.
Un même centre doit tenir compte de toutes les mesures. En utilisant les carrés des écarts, on obtient une fonction du second degré en ce centre. Son sommet relie une question d’optimisation à deux indicateurs statistiques.
D: Moyenne, variance et moyenne des carrés des écarts
On considère un entier \(n\ge1\), des mesures réelles \(x_1,\ldots,x_n\) et des poids \(w_1,\ldots,w_n\) tels que \(w_i\ge0\) et \(w_1+\cdots+w_n=1\).
La notation \(\sum_{i=1}^{n} z_i\) signifie la somme finie \(z_1+\cdots+z_n\) ; pour \(n=1\), il n’y a que le terme \(z_1\).
On appelle moyenne et variance pondérées les nombres \[m=\sum_{i=1}^{n} w_i x_i, \qquad V=\sum_{i=1}^{n} w_i(x_i-m)^2.\] Pour un centre réel \(t\), la moyenne des carrés des écarts à \(t\) est \[Q(t)=\sum_{i=1}^{n} w_i(x_i-t)^2.\] Si chaque mesure compte autant, \(w_i=1/n\) pour chaque \(i\) : on additionne les valeurs puis on divise par le nombre \(n\) de mesures. Dans une série à effectifs entiers \(k_i\ge0\), de total \(N=\sum_{i=1}^{n}k_i>0\), les poids sont les fréquences \(w_i=k_i/N\).
Les poids non négatifs assurent notamment \(V\ge0\) et \(Q(t)\ge0\). Des poids négatifs ne sont pas des fréquences. Des effectifs bruts ne sont pas encore des poids de somme \(1\) : il faut les diviser par leur total.
Si les mesures ont une unité, \(m\) et \(t\) ont cette unité ; \(V\) et \(Q(t)\) ont l’unité au carré.
Après les probabilités, en regroupant d’abord les valeurs égales si nécessaire, on peut aussi lire \(w_i\) comme la probabilité de la valeur \(x_i\) d’une variable aléatoire réelle \(X\) à valeurs en nombre fini. Les mêmes sommes donnent alors \(m=E(X)\), \(V=V(X)\) et \(Q(t)=E\bigl((X-t)^2\bigr)\). L’étude ci-dessous se fait directement sur les sommes finies définies, sans autre outil de probabilités.
P: Le meilleur centre pour la moyenne des carrés des écarts
Pour tout réel \(t\), avec les conditions de la définition précédente, \[\boxed{Q(t)=V+(t-m)^2.}\] Le minimum de \(Q\) sur \(\mathbb{R}\) est donc \(V\), atteint uniquement pour \(t=m\).
Démonstration
Pour chaque indice \(i\), on ajoute puis retranche \(m\) : \[x_i-t=(x_i-m)+(m-t).\] On développe le carré, avec ses deux produits croisés : \[\begin{aligned} (x_i-t)^2 &=(x_i-m)^2+(x_i-m)(m-t)+(m-t)(x_i-m)+(m-t)^2\\ &=(x_i-m)^2+2(x_i-m)(m-t)+(m-t)^2. \end{aligned}\] On multiplie par \(w_i\) puis on additionne ces égalités pour tous les indices. Les nombres \(m\) et \(t\) ne dépendent pas de \(i\) ; la distributivité donne \[Q(t)=V+2(m-t)\sum_{i=1}^{n}w_i(x_i-m) +(m-t)^2\sum_{i=1}^{n}w_i.\] Or la somme des écarts pondérés à la moyenne vaut \[\sum_{i=1}^{n}w_i(x_i-m) =\sum_{i=1}^{n}w_ix_i-m\sum_{i=1}^{n}w_i =m-m\times1=0.\] Comme la somme des poids vaut \(1\), il reste \(Q(t)=V+(m-t)^2=V+(t-m)^2\). Le carré est positif ou nul, et il s’annule exactement pour \(t=m\) : cela prouve à la fois la valeur minimale et son unique lieu d’obtention.
Exemple de référence: Trois mesures : deux voies complètes vers le même minimum
Les mesures sont \(2\), \(4\) et \(6\), chacune comptant autant. On cherche le réel \(t\) qui minimise \[Q(t)=\frac{(2-t)^2+(4-t)^2+(6-t)^2}{3}.\]
Voie A : développer, puis faire apparaître le carré.
On traite les trois termes avant de les additionner : \[\begin{aligned} (2-t)^2&=4-2t-2t+t^2=t^2-4t+4,\\ (4-t)^2&=16-4t-4t+t^2=t^2-8t+16,\\ (6-t)^2&=36-6t-6t+t^2=t^2-12t+36. \end{aligned}\] En regroupant, on obtient \[\begin{aligned} Q(t)&=\frac{3t^2-24t+56}{3} =t^2-8t+\frac{56}{3}\\ &=(t-4)^2-16+\frac{56}{3} =(t-4)^2-\frac{48}{3}+\frac{56}{3} =(t-4)^2+\frac83. \end{aligned}\] On a utilisé \((t-4)^2=t^2-8t+16\) et \(16=48/3\). Le minimum est \(8/3\), obtenu uniquement en \(t=4\).
Voie B : utiliser la moyenne et la variance.
La moyenne est \(m=(2+4+6)/3=12/3=4\). Les écarts à cette moyenne sont \(-2\), \(0\), \(2\), donc \[V=\frac{(2-4)^2+(4-4)^2+(6-4)^2}{3} =\frac{4+0+4}{3}=\frac83.\] La propriété démontrée donne directement \(Q(t)=8/3+(t-4)^2\) : même minimum, au même centre.
Contrôle.
Au centre choisi, \(Q(4)=8/3\) ; au centre voisin \(5\), \(Q(5)=[(-3)^2+(-1)^2+1^2]/3=11/3=8/3+1\). Ces contrôles concordent avec l’identité ; la preuve du minimum pour tous les centres vient de la positivité du carré, pas de ces deux essais.
Choisir ou comparer.
Le développement est utile si la fonction \(Q\) est déjà fournie comme une somme de carrés. L’identité de variance évite de tout redévelopper si la moyenne et la variance des données sont déjà connues. La sortie de la première voie est une forme canonique ; la sortie de la seconde fournit directement ses deux paramètres. Aucune dérivée n’est nécessaire.
À toi: Guidé — distinguer centre et valeur minimale
Trois observations de même poids valent \(1\), \(2\), \(6\). Écrire \(Q(t)\), le développer puis le mettre sous forme de carré. Retrouver le résultat avec la moyenne et la variance.
Indice.
La moyenne vaut \((1+2+6)/3\) ; les écarts à cette moyenne doivent être calculés avant d’être élevés au carré.
Correction — essai guidé de la passerelle statistique
Le développement donne \[\begin{aligned} Q(t)&=\frac{(1-t)^2+(2-t)^2+(6-t)^2}{3}\\ &=\frac{(t^2-2t+1)+(t^2-4t+4)+(t^2-12t+36)}{3}\\ &=\frac{3t^2-18t+41}{3}=t^2-6t+\frac{41}{3}\\ &=(t-3)^2-9+\frac{41}{3}=(t-3)^2+\frac{14}{3}. \end{aligned}\] Par l’autre voie, \(m=9/3=3\) et les écarts sont \(-2,-1,3\) : \[V=\frac{(-2)^2+(-1)^2+3^2}{3} =\frac{4+1+9}{3}=\frac{14}{3}.\] L’identité donne donc bien \(Q(t)=14/3+(t-3)^2\). Le meilleur centre est \(3\) ; la valeur minimale est \(14/3\). Ce sont deux nombres jouant des rôles différents.
À toi: À tenter — les poids et le domaine changent
Les valeurs \(1\) et \(3\) ont pour fréquences \(1/4\) et \(3/4\). Trouver le centre réel qui minimise la moyenne des carrés des écarts, puis le meilleur centre si celui-ci doit être entier. Comparer les voies par développement et par variance. Que changerait l’utilisation des effectifs \(1\) et \(3\) sans division par leur total ?
Correction — tentative de la passerelle statistique
Les deux fréquences sont non négatives et leur somme vaut \(1\).
Par développement,
\[\begin{aligned} Q(t)&=\frac14(1-t)^2+\frac34(3-t)^2\\ &=\frac14(t^2-2t+1)+\frac34(t^2-6t+9)\\ &=\frac14t^2-\frac12t+\frac14 +\frac34t^2-\frac92t+\frac{27}{4}\\ &=t^2-5t+7 =\left(t-\frac52\right)^2-\frac{25}{4}+\frac{28}{4} =\left(t-\frac52\right)^2+\frac34. \end{aligned}\]
Par variance,
la moyenne pondérée est \(m=(1/4)\times1+(3/4)\times3=1/4+9/4=5/2\), et non la moyenne non pondérée \((1+3)/2=2\). Les écarts sont \(-3/2\) et \(1/2\) : \[V=\frac14\times\frac94+\frac34\times\frac14 =\frac9{16}+\frac3{16}=\frac{12}{16}=\frac34.\] L’identité redonne \(Q(t)=3/4+(t-5/2)^2\). Sur \(\mathbb{R}\), le minimum vaut \(3/4\), au seul centre \(5/2\).
Pour un centre entier, \(2\) et \(3\) sont les deux entiers les plus proches de \(5/2\), à distance \(1/2\) : ils donnent tous deux \(Q=3/4+1/4=1\). Les autres entiers ont un écart plus grand, donc un carré plus grand.
Contrôle direct : \(Q(2)=1/4+3/4=1\) et \(Q(3)=(1/4)\times4+(3/4)\times0=1\).
Avec les effectifs bruts, on obtiendrait \(R(t)=(1-t)^2+3(3-t)^2=4Q(t)\). Multiplier par \(4>0\) ne change pas les centres minimisants, mais multiplie les valeurs minimales par \(4\) : \(3\) sur \(\mathbb{R}\) et \(4\) sur les entiers. \(R\) est une somme pondérée de carrés, pas leur moyenne ni une variance.
Reprise après erreur.
Confondre le meilleur centre avec la valeur minimale échange \(m\) et \(V\).
Exemple plus simple : pour deux mesures égales à \(5\), \(Q(t)=(t-5)^2\) ; le centre est \(5\), le minimum est \(0\).
Nouvel essai : pour les deux mesures \(2\) et \(4\) de même poids, \(m=(2+4)/2=3\) et \(V=[(2-3)^2+(4-3)^2]/2=1\). Donc \(Q(t)=1+(t-3)^2\), de minimum \(1\) au centre \(3\).
Reviens aux trois mesures \(2,4,6\) : le centre \(4\) n’est pas la variance \(8/3\).
Critère de réussite.
Identifier la variable \(t\), les mesures fixes et leurs poids ; vérifier leur normalisation ; montrer le développement ou l’identité utilisée ; distinguer le centre minimisant de la valeur minimale ; filtrer le centre si le domaine est restreint. Quelques valeurs calculées ne suffisent pas à prouver le minimum sur tous les réels.
À reprendre plus tard.
Reprendre l’essai statistique guidé, puis ajouter \(2\) à chacune des observations.
Les données deviennent \(3,4,8\), de moyenne \(5\). Leurs écarts à cette moyenne restent \(-2,-1,3\), donc la variance reste \(14/3\). La nouvelle fonction vaut \(\widetilde Q(t)=14/3+(t-5)^2\) : le meilleur centre se déplace de \(2\), mais la valeur minimale ne change pas.
Réinvestissements après le chapitre sur la dérivation
Les deux méthodes suivantes utilisent un autre chapitre de Première. Elles ne sont nécessaires ni aux équations, ni aux signes, ni aux variations déjà étudiés. Elles sont proposées pour comparer les démarches et préparer des problèmes transversaux une fois la dérivation étudiée.
M20 — Utiliser un taux de variation ou une dérivée
Réinvestissement du programme de Première, après la dérivation. Les résultats propres au second degré sont démontrés ci-dessous.
Je reconnais.
La consigne demande un taux moyen, un coefficient directeur de sécante, une dérivée ou une étude de variations par le signe de la dérivée.
Je vérifie.
Pour le taux entre \(u\) et \(v\), exiger \(u\ne v\). Pour appliquer les règles de dérivation, identifier la variable et les coefficients constants.
Premier geste.
Écrire la différence d’images avec des parenthèses : \([f(v)-f(u)]/(v-u)\), ou calculer la dérivée si c’est elle qui est demandée.
Idée et raison du choix.
Le taux compare la variation de l’image à celle de la variable. Le nombre dérivé décrit le taux au voisinage d’un point. Dans le second degré, le taux se simplifie exactement : cette simplification explique la dérivée.
D: Taux de variation et nombre dérivé
Le taux de variation de \(f\) entre deux abscisses distinctes \(u\) et \(v\) est \([f(v)-f(u)]/(v-u)\). C’est le coefficient directeur de la droite passant par \((u;f(u))\) et \((v;f(v))\).
Le nombre dérivé \(f'(t)\) est la limite, lorsqu’elle existe, du taux \([f(t+h)-f(t)]/h\) lorsque \(h\) tend vers \(0\), avec \(h\ne0\).
P: Calcul pour un polynôme du second degré
Si \(f(x)=ax^2+bx+c\), avec \(a,b,c\) constants, alors \[\frac{f(v)-f(u)}{v-u}=a(u+v)+b\quad(u\ne v), \qquad f'(x)=2ax+b.\]
Démonstration
Le taux se simplifie seulement après avoir factorisé sa différence : \[\begin{aligned} f(v)-f(u)&=av^2+bv+c-(au^2+bu+c)\\ &=a(v^2-u^2)+b(v-u)\\ &=(v-u)[a(v+u)+b]. \end{aligned}\] Comme \(v-u\ne0\), diviser par ce facteur donne \(a(v+u)+b\).
Avec \(u=t\) et \(v=t+h\), pour \(h\ne0\), le taux vaut \(a(t+t+h)+b=2at+ah+b\). Lorsque \(h\) tend vers \(0\), le terme \(ah\) tend vers \(0\), donc le taux tend vers \(2at+b\). C’est le nombre dérivé en \(t\).
C: Un taux égal à une dérivée au milieu
Pour un polynôme de degré au plus deux et \(u\ne v\), \[\frac{f(v)-f(u)}{v-u}=f'\left(\frac{u+v}{2}\right).\]
Démonstration
En utilisant la proposition, \(f'((u+v)/2)=2a((u+v)/2)+b=a(u+v)+b\), qui est exactement le taux. La propriété est ici démontrée pour un polynôme quadratique ; elle n’est pas une règle générale sur toutes les fonctions.
Résultat établi dans le chapitre dérivation, rappelé ici.
Sur un intervalle, une fonction dérivable dont la dérivée est positive ou nulle est croissante ; si sa dérivée est négative ou nulle, elle est décroissante. Une dérivée strictement positive ou strictement négative sur l’intérieur donne la variation stricte correspondante. Ce théorème général est utilisé comme résultat identifié de Première ; sa preuve générale n’est pas requise pour cette méthode. Pour les polynômes du second degré, les variations ont déjà été démontrées sans ce théorème en méthode 17.
Exemple de référence: Reprendre la fonction de la méthode 17
Soit \(f(x)=-2x^2+12x-10\). Calculer le taux entre \(0\) et \(2\), puis étudier les variations par la dérivée.
Les images sont \(f(0)=-10\) et \(f(2)=-2\times2^2+12\times2-10=-8+24-10=6\). Le taux moyen est donc \[\frac{f(2)-f(0)}{2-0}=\frac{6-(-10)}2=\frac{16}{2}=8.\] On pouvait aussi employer la forme simplifiée : \(a(0+2)+b=-2\times2+12=8\). Ces calculs répondent à la même question ; le second évite deux évaluations si les coefficients sont déjà clairement identifiés.
La dérivée est \(f'(x)=2(-2)x+12=-4x+12\). Pour résoudre \(f'(x)=0\), on soustrait \(12\) : \(-4x=-12\), puis on divise par \(-4\ne0\) : \(x=3\).
Pour le signe, \(-4x+12>0\) équivaut à \(-4x>-12\), puis à \(x<3\) : la division par \(-4\) renverse l’inégalité. La dérivée est négative pour \(x>3\). Ainsi \(f\) est croissante jusqu’à \(3\) puis décroissante ; le maximum vaut \[f(3)=-2\times9+12\times3-10=-18+36-10=8.\] Sur \([0;5]\), on ajoute \(f(0)=-10\) et \(f(5)=-2\times25+12\times5-10=-50+60-10=0\) : \[\begin{array}{c|ccccc} x&0&&3&&5\\ \hline f'(x)&&+&0&-&\\ \hline f(x)&-10&\nearrow&8&\searrow&0 \end{array}\] On retrouve le maximum \(8\) en \(3\) et le minimum \(-10\) en \(0\).
Le milieu de \(0\) et \(2\) vaut \(1\) ; \(f'(1)=-4+12=8\) confirme le corollaire.
Choisir ou comparer.
Pour ce même problème, la méthode 17 donne deux démonstrations sans dérivée ; la présente méthode réduit l’étude au signe d’une fonction affine.
Si une forme canonique est fournie, elle peut être plus directe. Si la consigne impose la dérivée, l’étude de son signe doit être effectivement écrite.
Une dérivée nulle en un point n’est pas, à elle seule, un théorème général d’existence d’un maximum : il faut examiner le signe autour ou utiliser la structure particulière du second degré.
À toi: Guidé — faire correspondre taux et dérivée
Pour \(g(x)=3x^2+6x-9\), calculer le taux entre \(-2\) et \(0\), puis étudier \(g\) sur \([-3;2]\) à l’aide de sa dérivée.
Indice.
Le taux utilise deux images, la dérivée est une fonction de \(x\).
Correction — essai guidé de la méthode 20
\(g(-2)=3\times4+6(-2)-9=12-12-9=-9\) et \(g(0)=-9\). Le taux est \([-9-(-9)]/[0-(-2)]=0/2=0\). Par la formule simplifiée, \(3(-2+0)+6=-6+6=0\).
\(g'(x)=6x+6\). Son zéro vérifie \(6x=-6\), donc \(x=-1\). Pour \(x<-1\), \(6x+6<0\) ; pour \(x>-1\), \(6x+6>0\). La fonction décroît sur \([-3;-1]\) puis croît sur \([-1;2]\).
On calcule \(g(-3)=27-18-9=0\), \(g(-1)=3-6-9=-12\) et \(g(2)=12+12-9=15\). Le minimum est \(-12\), atteint en \(-1\), et le maximum sur cet intervalle est \(15\), atteint en \(2\).
Le milieu de \(-2\) et \(0\) est \(-1\) ; \(g'(-1)=-6+6=0\), égal au taux trouvé. La forme \(3(x+1)^2-12\) de la méthode 17 confirme ces résultats sans dérivée.
À toi: À tenter — le domaine évite le sommet
Pour \(r(x)=-x^2+2x+3\), étudier la variation sur \([2;4]\) avec la dérivée. Calculer le taux entre \(2\) et \(4\) et le comparer au nombre dérivé au milieu.
Correction — tentative de la méthode 20
\(r'(x)=-2x+2\). Pour \(2\le x\le4\), on a \(-2x+2\le-2<0\) ; la fonction est strictement décroissante sur \([2;4]\). \(r(2)=3\) et \(r(4)=-5\) donnent le maximum \(3\) en \(2\) et le minimum \(-5\) en \(4\).
Le taux vaut \((-5-3)/(4-2)=-8/2=-4\). Le milieu est \(3\) ; \(r'(3)=-6+2=-4\), comme attendu. La formule générale du taux donne également \(-(2+4)+2=-6+2=-4\).
Variation corrigée.
Si on échange \(u\) et \(v\), le taux ne change pas : le numérateur et le dénominateur changent tous deux de signe. Pour l’exemple précédent, \((3-(-5))/(2-4)=8/(-2)=-4\).
En revanche, prendre \(u=v\) donne une division par zéro ; on ne remplace pas le taux par la dérivée en effectuant cette division interdite.
Reprise après erreur.
Si tu dérives \(-2x^2\) en \(2x\), tu as perdu le coefficient.
Rappel simple : pour \(3x^2\), la formule \(2ax\) donne \(6x\), pas \(2x\).
Nouvel essai : dériver \(-5x^2+4x-1\).
Correction : \(2(-5)x+4=-10x+4\) ; la constante \(-1\) disparaît car sa variation est nulle.
Reviens à \(-2x^2+12x-10\) : \(f'(x)=-4x+12\).
Critère de réussite.
Montrer la soustraction des images ou le calcul de la dérivée, vérifier le dénominateur du taux, étudier le signe de la dérivée et conserver le domaine de la question. Le signe de \(f'\) concerne la variation de \(f\), pas le signe de \(f\).
À reprendre plus tard.
Refaire la tentative de la méthode 20, puis calculer le taux de \(r\) entre \(0\) et \(2\).
Correction : \(r(0)=r(2)=3\), donc le taux vaut \(0/2=0\) ; \(r'(1)=0\). Cela n’empêche pas \(r\) de varier entre ces deux abscisses : elle monte jusqu’à \(1\) puis redescend.
M21 — Déterminer une tangente et comparer sa position à la parabole
Réinvestissement de Première après la dérivation. Les calculs de tangentes par discriminant sont des alternatives propres aux paraboles, sans devenir une définition générale de la tangence.
Je reconnais.
On demande une tangente en un point, une tangente de pente donnée, ou les tangentes passant par un point imposé.
Je vérifie.
Préciser ce qui est fixé : abscisse du point de contact, pente ou point extérieur. Une tangente en \(t\) passe par \((t;f(t))\), pas par \((t;0)\) en général.
Premier geste.
Pour un point de contact connu, calculer séparément \(f(t)\) et \(f'(t)\) ; puis écrire \(y=f'(t)(x-t)+f(t)\).
Idée et raison du choix.
Le nombre dérivé fournit la pente. L’obligation de passer par le point de contact fixe alors l’ordonnée à l’origine. Si le point de contact est inconnu, on le note \(t\) et on traduit la condition supplémentaire.
Définition et résultat identifié du chapitre dérivation.
La tangente à la courbe d’une fonction dérivable en \(t\) est la droite passant par \((t;f(t))\) de coefficient directeur \(f'(t)\). Son équation est \(y=f'(t)(x-t)+f(t)\) : lorsque \(x=t\), l’ordonnée est \(f(t)\) ; le coefficient de \(x\) est bien \(f'(t)\).
P: Écart exact entre parabole et tangente
Pour \(f(x)=ax^2+bx+c\), \(a\ne0\), si \(T_t(x)=f'(t)(x-t)+f(t)\), alors \[T_t(x)=(2at+b)x+c-at^2, \qquad f(x)-T_t(x)=a(x-t)^2.\] La courbe est au-dessus de la tangente lorsque \(a>0\), en dessous lorsque \(a<0\), avec égalité uniquement au point de contact.
Démonstration
On utilise \(f'(t)=2at+b\) et on distribue : \[\begin{aligned} T_t(x)&=(2at+b)(x-t)+at^2+bt+c\\ &=(2at+b)x-2at^2-bt+at^2+bt+c\\ &=(2at+b)x+c-at^2. \end{aligned}\] La différence vaut alors \[\begin{aligned} f(x)-T_t(x)&=ax^2+bx+c-[(2at+b)x+c-at^2]\\ &=ax^2+bx+c-2atx-bx-c+at^2\\ &=a(x^2-2tx+t^2)=a(x-t)^2. \end{aligned}\] Le carré est positif ou nul et s’annule uniquement en \(x=t\). Comme \(a\ne0\), la différence n’a qu’un zéro. Son signe ailleurs est celui de \(a\), ce qui établit aussi la position relative.
Exemple de référence: Tangente en une abscisse connue
Soit \(f(x)=x^2-2x-3\). Cherchons la tangente en \(t=2\). On calcule \(f'(x)=2x-2\), d’où \(f'(2)=4-2=2\). L’image vaut \(f(2)=4-4-3=-3\). Donc l’équation de la tangente est \[y=2(x-2)-3=2x-4-3=2x-7.\] Contrôle du point : pour \(x=2\), la droite donne \(4-7=-3\).
Pour la position relative, \[f(x)-(2x-7)=x^2-2x-3-2x+7=x^2-4x+4=(x-2)^2\ge0.\] La parabole est donc au-dessus de cette droite, et la rencontre seulement pour \(x=2\). Le point commun est \((2;-3)\).
Ce que le dessin montre :
la droite a la même direction locale que la courbe au point marqué et reste en dessous. La preuve de cette position est le carré \((x-2)^2\), pas la seule apparence de contact.
Variante : pente prescrite.
Pour une tangente de pente \(4\), le point de contact inconnu \(t\) doit vérifier \(f'(t)=4\), donc \(2t-2=4\), puis \(2t=6\), d’où \(t=3\).
On calcule \(f(3)=9-6-3=0\), puis \(y=4(x-3)+0=4x-12\). La condition de pente donne d’abord l’abscisse ; l’image est encore nécessaire pour obtenir la droite.
Variante : approcher une image et contrôler exactement l’erreur
Réinvestissement de l’approximation affine après la dérivation. La garantie ci-dessous est propre aux polynômes du second degré ; elle est une conséquence de l’écart déjà démontré, pas un théorème général nouveau.
Je reconnais.
On veut approcher \(f(t+h)\) à partir d’une abscisse \(t\) commode, avec une précision demandée.
Je vérifie.
Le coefficient \(a\) est celui de \(x^2\), et \(h\) est l’écart d’abscisses, pas une image. Si le problème restreint le domaine, \(t\) et \(t+h\) doivent être admissibles.
Premier geste.
Écrire l’abscisse ciblée sous la forme \(t+h\), en déduire \(h\), puis calculer \(f(t)\) et \(f'(t)\).
L’approximation affine consiste à proposer \(A=f(t)+f'(t)h\). En remplaçant \(x\) par \(t+h\) dans l’écart \(f(x)-T_t(x)=a(x-t)^2\), on obtient l’égalité exacte \[\boxed{f(t+h)=f(t)+f'(t)h+ah^2.}\] Ainsi l’erreur signée vaut \(f(t+h)-A=ah^2\) et l’erreur absolue vaut \(|f(t+h)-A|=|a|h^2\). Si une tolérance \(\varepsilon>0\) est demandée, la condition \(|a|h^2\le\varepsilon\) garantit cette précision. Comme \(|a|>0\), on peut aussi la lire \(|h|\le\sqrt{\varepsilon/|a|}\).
Un petit \(|h|\) seul ne donne pas une précision fixée sans tenir compte de \(|a|\).
Exemple de référence: Une approximation et sa marge réelle
Reprenons \(f(x)=x^2-2x-3\). Pour approcher \(f(2{,}04)\), on choisit \(t=2\), donc \(h=2{,}04-2=0{,}04\). Nous avons \(f(2)=-3\) et \(f'(2)=2\) : \[A=-3+2\times0{,}04=-3+0{,}08=-2{,}92.\] Ici \(a=1\) ; l’erreur signée vaut \(1\times(0{,}04)^2=0{,}0016\), positive. La valeur proposée est donc plus petite que l’image exacte, et \[f(2{,}04)=-2{,}92+0{,}0016=-2{,}9184.\] Une tolérance de \(0{,}002\) est respectée, car \(0{,}0016\le0{,}002\). Une tolérance de \(0{,}001\) ne le serait pas.
Contrôle par le calcul direct.
\(2{,}04^2=4{,}1616\) et \(2\times2{,}04=4{,}08\), donc \(f(2{,}04)=4{,}1616-4{,}08-3=-2{,}9184\). La différence avec \(-2{,}92\) est bien \(0{,}0016\).
Choisir ou comparer.
Le calcul direct donne ici facilement la valeur exacte. La tangente apprend autre chose : elle sépare une variation affine simple et l’erreur qui reste. Pour une autre fonction, l’équation de sa tangente ne donnerait pas à elle seule la même formule d’erreur quadratique.
À toi: Un coefficient négatif et une précision à vérifier
Pour \(g(x)=-2x^2+12x-10\), utiliser la tangente en \(t=2\) pour approcher \(g(2{,}1)\). La précision \(0{,}01\) est-elle garantie ? Refaire le contrôle pour \(g(2{,}05)\).
Indice.
Le coefficient de \(x^2\) est \(-2\) : il intervient dans l’erreur signée, et sa valeur absolue intervient dans la marge.
Correction — essai d’approximation affine
\(g(2)=-8+24-10=6\) et \(g'(x)=-4x+12\), donc \(g'(2)=4\).
Pour \(2{,}1\), l’écart est \(h=0{,}1\) : \[A=6+4\times0{,}1=6{,}4, \qquad ah^2=-2\times0{,}01=-0{,}02.\] L’image exacte est \(6{,}4-0{,}02=6{,}38\), et l’erreur absolue \(0{,}02\) dépasse la tolérance \(0{,}01\).
Contrôle direct : \(-2\times2{,}1^2+12\times2{,}1-10=-8{,}82+25{,}2-10=6{,}38\).
Pour \(2{,}05\), \(h=0{,}05\) donne \(A=6+4\times0{,}05=6{,}2\) et \(ah^2=-2\times0{,}0025=-0{,}005\). L’image exacte est \(6{,}195\), et l’erreur absolue \(0{,}005\) respecte la tolérance \(0{,}01\). Le calcul direct confirme \(-2\times4{,}2025+24{,}6-10=-8{,}405+24{,}6-10=6{,}195\).
Dans les deux cas, la tangente fournit une valeur supérieure à l’image, en accord avec \(a<0\).
Variation corrigée : une pente nulle ne rend pas la courbe constante.
Pour la même fonction en \(t=3\), on a \(g(3)=8\) et \(g'(3)=0\). L’approximation de \(g(3{,}05)\) est donc \(8+0\times0{,}05=8\).
Mais l’erreur signée reste \(-2\times0{,}05^2=-0{,}005\) : \(g(3{,}05)=7{,}995\), et non \(8\). La tangente est horizontale ; la fonction ne l’est pas sur un intervalle.
Reprise après erreur.
Oublier \(a\) dans la marge donne une erreur fausse.
Pour \(q(x)=3x^2\) et sa tangente en \(0\), l’approximation en \(0{,}1\) est \(0\), mais \(q(0{,}1)=3\times0{,}01=0{,}03\) : la marge n’est pas \(0{,}01\).
Nouvel essai : pour \(q(x)=-4x^2\), en \(0{,}2\) à partir de \(0\), l’erreur signée est \(-4\times0{,}04=-0{,}16\), et sa valeur absolue \(0{,}16\).
Reviens à \(g\) : la marge est \(2h^2\), non \(h^2\).
Critère de réussite.
Nommer l’abscisse de départ et l’écart \(h\), calculer l’approximation, puis l’erreur absolue avant d’affirmer une précision. Ne pas confondre le sens de l’erreur, sa taille et un nombre de décimales affichées.
À reprendre plus tard.
Reprendre l’essai d’approximation, puis remplacer \(2{,}1\) par \(1{,}9\).
Cette fois \(h=-0{,}1\), \(A=6+4(-0{,}1)=5{,}6\) et \(ah^2=-0{,}02\), donc \(g(1{,}9)=5{,}58\). Le signe de \(h\) a changé, pas la marge \(0{,}02\), car celle-ci dépend de \(h^2\).
Exemple de référence: Tangentes passant par un point : deux voies comparées
Pour la même fonction \(f(x)=x^2-2x-3\), déterminer toutes les tangentes passant par \(P(0;-4)\).
Voie A : paramétrer le point de contact.
Pour une abscisse \(t\), la formule précédente donne \[T_t(x)=(2t-2)x-3-t^2.\] La droite passe par \(P\) si son image en \(0\) est \(-4\) : \[-3-t^2=-4\Longleftrightarrow -t^2=-1\Longleftrightarrow t^2=1\Longleftrightarrow t=-1\ \text{ou}\ t=1.\] Pour \(t=-1\), la pente vaut \(-4\) et \(f(-1)=1+2-3=0\) ; la tangente est \(y=-4(x+1)=-4x-4\).
Pour \(t=1\), la pente vaut \(0\) et \(f(1)=1-2-3=-4\) ; la tangente est \(y=-4\).
Ces deux droites passent par \(P\) et leurs points de contact sont \((-1;0)\) et \((1;-4)\). Les deux valeurs possibles de \(t\) ont toutes été traitées, donc il n’y a pas d’autre tangente issue de \(P\).
Voie B : paramétrer la droite et imposer une racine double.
Toutes les tangentes de cette parabole ont une pente réelle, puisqu’elle est dérivable en chaque réel. Une droite de pente \(m\) passant par \(P\) a pour équation \(y=mx-4\). Les abscisses de ses intersections avec la parabole satisfont \[x^2-2x-3=mx-4\Longleftrightarrow x^2-(m+2)x+1=0.\] Cette équation a une unique racine réelle exactement lorsque \[\Delta=[-(m+2)]^2-4=(m+2)^2-4 =m^2+4m=m(m+4)=0.\] Ainsi \(m=0\) ou \(m=-4\), donnant \(y=-4\) ou \(y=-4x-4\).
Pour \(m=0\), l’équation d’intersection devient \((x-1)^2=0\) ; le contact est en \(t=1\) et la pente est \(f'(1)=0\).
Pour \(m=-4\), elle devient \((x+1)^2=0\) ; le contact est en \(t=-1\) et la pente est \(f'(-1)=-4\).
La vérification des pentes confirme que les deux droites sont bien des tangentes, pas seulement des droites ayant un point commun.
Lecture :
les deux droites passent par \(P\), mais touchent la parabole en deux points différents. \(P\) n’appartient pas lui-même à la courbe, car \(f(0)=-3\ne-4\).
Choisir ou comparer.
L’abscisse de contact \(t\) est pratique lorsqu’on dispose de \(f'\) ; la pente \(m\) est pratique quand la famille de droites est donnée. Les deux voies sont ici complètement résolues sur le même problème.
Pour une parabole et une droite non verticale, une racine double de la différence conduit à une tangente. Cette caractérisation ne doit pas être étendue à une fonction quelconque : une droite peut n’avoir qu’un point commun avec une autre courbe sans lui être tangente.
P: Caractérisation propre aux paraboles
Soit \(f(x)=ax^2+bx+c\) avec \(a\ne0\), et une droite non verticale \(d\) d’équation \(y=mx+p\). La droite \(d\) est tangente à la parabole si et seulement si \(f(x)-(mx+p)\) possède une racine double.
Démonstration
Le sens direct est donné par l’écart exact \(f(x)-T_t(x)=a(x-t)^2\) établi dans la proposition \(\ref{prop:ecart-tangente}\).
Réciproquement, supposons que la différence possède une racine double \(t\). Son coefficient de \(x^2\) est toujours \(a\ne0\) ; sa factorisation est donc \[f(x)-(mx+p)=a(x-t)^2.\] En remplaçant \(x\) par \(t\), on obtient \(f(t)-(mt+p)=0\) : la droite passe par le point \((t;f(t))\). En dérivant l’identité, on obtient \(f'(x)-m=2a(x-t)\), puis, en \(t\), \(f'(t)-m=0\). La droite a donc la pente \(f'(t)\) et passe par \((t;f(t))\) : c’est exactement la tangente en ce point.
Frontière : zéro, une ou deux tangentes selon le point imposé.
Avec \(P(0;y_0)\) et la même parabole, la voie A donne \(t^2=-3-y_0\). Si \(y_0>-3\), il n’y a pas de solution réelle ; si \(y_0=-3\), il y a une tangente, en \(t=0\) ; si \(y_0<-3\), il y en a deux.
Par exemple, aucun \(t\) ne vérifie \(t^2=-1\), donc aucune tangente ne passe par \((0;-2)\). On ne force pas deux réponses parce que l’équation comporte un carré.
À toi: Guidé — parabole tournée vers le bas
Soit \(g(x)=-x^2+6x-5\).
Déterminer la tangente en \(2\) et sa position relative à la courbe.
Trouver la tangente horizontale.
Déterminer toutes les tangentes passant par \((0;-1)\), en comparant la méthode par contact et celle par discriminant.
Indice.
La formule générale donne \(T_t(x)=(-2t+6)x+t^2-5\).
Correction — essai guidé de la méthode 21
On a \(g'(x)=-2x+6\). En \(2\), \(g'(2)=2\) et \(g(2)=-4+12-5=3\) ; la tangente est \(y=2(x-2)+3=2x-1\). La différence vaut \(g(x)-(2x-1)=-x^2+6x-5-2x+1=-x^2+4x-4=-(x-2)^2\le0\). La courbe est en dessous, avec égalité seulement en \(2\).
Pour une pente nulle, \(-2t+6=0\) donne \(t=3\) ; \(g(3)=-9+18-5=4\). La tangente horizontale est \(y=4\).
Pour passer par \((0;-1)\), la voie par contact impose \(t^2-5=-1\), soit \(t^2=4\), donc \(t=-2\) ou \(t=2\). Les pentes sont \(g'(-2)=10\) et \(g'(2)=2\) ; les tangentes sont \(y=10x-1\) et \(y=2x-1\).
Vérification au contact \(-2\) : \(g(-2)=-4-12-5=-21\) et \(10(-2)-1=-21\) ; au contact \(2\), \(2\times2-1=3=g(2)\).
À toi: À tenter — refaire les deux organisations
Pour \(q(x)=2x^2-4x+1\), déterminer la tangente en \(0\), sa position relative, la tangente horizontale, puis toutes les tangentes passant par \((0;-1)\). Résoudre la dernière question par les deux voies enseignées.
Correction — tentative de la méthode 21
\(q'(x)=4x-4\). En \(0\), la pente est \(-4\) et l’image vaut \(1\) ; la tangente est \(y=-4x+1\). La différence \(q(x)-(-4x+1)=2x^2\) est positive ou nulle, donc la courbe est au-dessus, avec égalité seulement en \(0\).
Pour une tangente horizontale, \(4t-4=0\) donne \(t=1\) ; \(q(1)=2-4+1=-1\), donc la droite est \(y=-1\).
Par l’abscisse de contact, la tangente générale est \[T_t(x)=(4t-4)x+1-2t^2.\] Le point \((0;-1)\) impose \(1-2t^2=-1\), donc \(-2t^2=-2\), puis \(t^2=1\). Les deux contacts sont \(t=1\) et \(t=-1\) ; les pentes sont \(0\) et \(-8\). Les droites cherchées sont \(y=-1\) et \(y=-8x-1\).
Contrôles : en \(1\), \(q(1)=-1\) ; en \(-1\), \(q(-1)=2+4+1=7\) et \(-8(-1)-1=7\).
Par la pente, une droite issue de \((0;-1)\) est \(y=mx-1\). L’équation d’intersection est \(2x^2-(4+m)x+2=0\). On calcule \(\Delta=(4+m)^2-16=m^2+8m=m(m+8)\). La condition \(\Delta=0\) donne \(m=0\) ou \(m=-8\). Pour \(m=0\), la différence vaut \(2x^2-4x+2=2(x-1)^2\) ; pour \(m=-8\), elle vaut \(2x^2+4x+2=2(x+1)^2\).
Chaque droite rencontre la courbe en un seul point, où sa pente est bien celle de la dérivée calculée. Les deux organisations conduisent aux mêmes droites.
Reprise après erreur.
Si tu calcules le discriminant de \(f\) pour trouver une tangente, tu cherches les intersections avec l’axe horizontal, pas avec la droite visée.
Rappel simple : pour \(f(x)=x^2\) et \(y=2x-1\), la différence est \(x^2-2x+1=(x-1)^2\), donc le contact est en \(1\), et non en \(0\).
Nouvel essai : comparer \(x^2\) à la droite \(y=-2x-1\).
Correction : \(x^2-(-2x-1)=x^2+2x+1=(x+1)^2\) ; le contact est en \(-1\) et la pente de la parabole y vaut \(2(-1)=-2\).
Reviens aux tangentes passant par \(P\) : c’est toujours \(f(x)-(mx-4)\) dont on annule le discriminant.
Critère de réussite.
Distinguer point imposé et point de contact, calculer image et pente, écrire une droite qui passe par le bon point, puis vérifier la condition supplémentaire. Pour une position relative, étudier la différence dans le bon ordre ; pour une tangente inconnue, traiter toutes les solutions du paramètre.
À reprendre plus tard.
Reprendre l’essai guidé de la méthode 21 sans son indice.
Puis demander une tangente de pente \(-2\) : \(-2t+6=-2\) donne \(t=4\), \(g(4)=-16+24-5=3\), donc \(y=-2(x-4)+3=-2x+11\). La différence est \(g(x)-(-2x+11)=-x^2+8x-16=-(x-4)^2\) : la position et le contact sont contrôlés.
Réinvestissements et approfondissements
Approcher, réinvestir et approfondir sans changer le noyau
Les méthodes 22 et 23 distinguent calcul approché et résultat garanti. La méthode 23 se lit de préférence après la dérivation.
Les méthodes 24 à 26 correspondent à des approfondissements proposés par le programme, mais non obligatoires. La méthode 27 développe une conséquence algébrique utile de somme–produit, sans nouvelle formule exigible.
Ces prolongements sont indépendants du parcours principal : aucune résolution des sections précédentes ne les suppose.
M22 — Encadrer une solution et contrôler une approximation
Alternative au niveau de Première : travail numérique et algorithmique, sans remplacer une réponse exacte demandée.
Je reconnais.
On demande une valeur approchée, un arrondi, ou un contrôle d’un affichage numérique.
Je vérifie.
L’intervalle et la racine visée doivent être identifiés. Un trinôme peut avoir deux racines : un encadrement local ne les décrit pas toutes.
Premier geste.
Obtenir d’abord le nombre de solutions, puis isoler celle à approcher.
Idée et raison du choix.
Pour un nombre réel \(r\) déjà caractérisé, trouver deux bornes \(L\le r\le U\). Le milieu est à distance au plus \((U-L)/2\) de \(r\). Un affichage décimal sans encadrement ne donne pas cette garantie.
Exemple de référence: Approcher la racine positive de \(x^2-2=0\)
Le théorème des racines ou la règle des carrés donne exactement \(\{-\sqrt2;\sqrt2\}\). Nous approchons seulement \(r=\sqrt2>0\).
Puisque \(1^2<2<2^2\) et que le carré est strictement croissant sur \([0;+\infty[\), on a \(1<r<2\).
Voie 1 : tester des décimaux.
On vérifie les carrés des deux décimaux voisins : \[1{,}4142^2=1{,}99996164<2, \qquad1{,}4143^2=2{,}00024449>2.\] Ces calculs sont exacts : par exemple \(1{,}4142=14142/10000\) et \(14142^2=199996164\). Donc \(1{,}4142<\sqrt2<1{,}4143\).
L’arrondi au millième est \(1{,}414\) car les deux bornes appartiennent à l’intervalle d’arrondi \([1{,}4135;1{,}4145[\).
En revanche, un encadrement d’amplitude \(10^{-4}\) traversant \(1{,}4145\) n’aurait pas suffi à décider cet arrondi.
Voie 2 : partager l’intervalle en deux, puis garder la bonne moitié.
Si \(m=(L+U)/2\), on calcule \(m^2\).
Si \(m^2<2\), alors \(m<r\) : on remplace \(L\) par \(m\).
Si \(m^2>2\), on remplace \(U\) par \(m\).
Si \(m^2=2\), la valeur exacte est trouvée.
Les deux comparaisons sont autorisées car les bornes et \(m\) restent positives.
| Étape | \(L\) avant | \(U\) avant | \(m\) | Décision et état après |
|---|---|---|---|---|
| 1 | \(1\) | \(2\) | \(1{,}5\) | \(m^2=2{,}25>2\) : \([1;1{,}5]\) |
| 2 | \(1\) | \(1{,}5\) | \(1{,}25\) | \(m^2=1{,}5625<2\) : \([1{,}25;1{,}5]\) |
| 3 | \(1{,}25\) | \(1{,}5\) | \(1{,}375\) | \(m^2=1{,}890625<2\) : \([1{,}375;1{,}5]\) |
| 4 | \(1{,}375\) | \(1{,}5\) | \(1{,}4375\) | \(m^2=2{,}06640625>2\) |
Après la quatrième étape, l’intervalle conservé est \([1{,}375;1{,}4375]\). Il contient toujours \(r\) et sa longueur est \(1/16\) : à chaque étape la longueur précédente a été divisée par \(2\).
Après dix étapes, elle vaut \(1/1024<0{,}001\) ; le milieu est à moins de \(0{,}0005\) de \(r\).
Algorithme en langage naturel, en arithmétique exacte.
Entrées : \(L=1\), \(U=2\), précision \(\varepsilon>0\).
Tant que \(U-L>2\varepsilon\), calculer \(m=(L+U)/2\) avec les anciennes bornes.
Si \(m^2<2\), affecter \(L\leftarrow m\) ; si \(m^2>2\), affecter \(U\leftarrow m\) ; sinon affecter simultanément \(L\leftarrow m\) et \(U\leftarrow m\).
Sorties : \([L;U]\), qui contient \(r\), et \(z=(L+U)/2\), pour lequel \(|z-r|\le\varepsilon\).
La boucle finit : sa largeur est divisée par \(2\) à chaque passage non exact. Par exemple dix passages suffisent pour \(\varepsilon=0{,}0005\).
Dans un programme à nombres flottants, les arrondis des calculs doivent être distingués de ce raisonnement exact ; vérifier les bornes finales par calcul de leurs carrés restaure une justification explicite.
Choisir ou comparer.
Sur ce problème, les deux voies approchent le même nombre et reposent sur l’ordre des carrés positifs.
Le test décimal est commode pour certifier un arrondi déjà proposé ; la dichotomie organise la recherche si l’on ne connaît pas encore les décimales.
Une calculatrice peut proposer \(1{,}414213\ldots\), mais c’est le contrôle des bornes qui justifie une précision annoncée.
Point de vigilance.
Sur \([-2;0]\), la fonction carré est décroissante : les décisions ci-dessus ne se recopient pas.
Pour la racine négative, encadre d’abord \(\sqrt2\), puis change les signes et inverse l’ordre des bornes.
À toi: Guidé, puis sans indication de valeurs
(a) Encadre \(\sqrt3\) entre \(1{,}732\) et \(1{,}733\). Donne un milieu approché et sa marge d’erreur.
(b) Pars de \([2;3]\) pour \(\sqrt5\). Effectue trois étapes de dichotomie ; décide ensuite si \(2{,}236\) est l’arrondi au millième en testant des décimaux appropriés.
Indice pour (b).
Le milieu change après chaque mise à jour ; pour l’arrondi, cherche un encadrement entièrement dans \([2{,}2355;2{,}2365[\).
Correction — méthode 22, essais
(a) \(1{,}732^2=2{,}999824<3\) et \(1{,}733^2=3{,}003289>3\). La croissance du carré positif donne \(1{,}732<\sqrt3<1{,}733\).
Le milieu vaut \((1{,}732+1{,}733)/2=1{,}7325\) ; l’erreur est inférieure à \(0{,}0005\).
(b) \(m_1=2{,}5\), \(m_1^2=6{,}25>5\) : nouvel intervalle \([2;2{,}5]\).
Puis \(m_2=2{,}25\), \(m_2^2=5{,}0625>5\) : \([2;2{,}25]\).
Puis \(m_3=2{,}125\), \(m_3^2=4{,}515625<5\) : \([2{,}125;2{,}25]\).
Cet intervalle est encore trop large pour un millième.
On affine par un test décimal : \(2{,}2360^2=4{,}999696<5\) et \(2{,}2361^2=5{,}00014321>5\). Les deux bornes sont entre \(2{,}2355\) et \(2{,}2365\) : l’arrondi au millième est bien \(2{,}236\).
Critère de réussite.
Il faut nommer la racine visée, justifier la croissance sur les nombres testés, conserver l’encadrement après chaque étape et relier la largeur à la précision. Écrire seulement les décimales de la machine n’explique pas la garantie.
Reprise après erreur.
Si la mauvaise moitié a été conservée, repars de \(t=\sqrt9=3\) : le test \(2^2<9\) impose \(2<t\), pas \(t<2\).
Nouvel essai : pour \(\sqrt7\) dans \([2;3]\), le milieu \(2{,}5\) a pour carré \(6{,}25<7\) ; la bonne moitié est donc \([2{,}5;3]\).
Reviens à l’étape \(1{,}375^2<2\) : la nouvelle borne inférieure doit être \(1{,}375\).
À reprendre plus tard.
Refais (b) sans regarder les états intermédiaires, puis encadre la racine négative de \(x^2-5=0\).
Correction de ce transfert : l’encadrement positif donne \(-2{,}2361<-\sqrt5<-2{,}2360\) ; l’ordre a changé avec le signe.
M23 — Accélérer une approximation dans un cas favorable : Héron–Newton
Réinvestissement facultatif après la dérivation ; la méthode de Newton figure parmi les exemples d’algorithme du programme. Ici, seule l’application favorable à \(x^2-d=0\), \(d>0\), est enseignée. Aucun théorème général de convergence n’est supposé.
Je reconnais.
On veut approcher \(\sqrt d\) et dispose d’une approximation positive située au-dessus.
Je vérifie.
Il faut \(d>0\) et \(u\ge\sqrt d>0\).
La division par \(u\) est alors permise.
Premier geste.
Calculer la moyenne de \(u\) et \(d/u\) : \(v=(u+d/u)/2\).
Idée et raison du choix.
Si le rectangle d’aire \(d\) a des côtés \(u\) et \(d/u\), ceux-ci encadrent le côté \(\sqrt d\) du carré de même aire. Leur moyenne produit une nouvelle borne supérieure.
Cette image suggère le choix ; les identités ci-dessous le prouvent.
P: Deux bornes calculables
Pour \(u\ge r=\sqrt d>0\), le nombre \(v=(u+d/u)/2\) satisfait \(r\le v\le u\), et \(d/v\le r\le v\).
Démonstration
Comme \(d=r^2\), on réduit au même dénominateur \(2u>0\) : \[v-r=\frac{u^2+r^2}{2u}-\frac{2ur}{2u} =\frac{u^2-2ur+r^2}{2u}=\frac{(u-r)^2}{2u}\ge0.\] De plus, \[u-v=\frac{2u^2-u^2-d}{2u}=\frac{u^2-d}{2u}\ge0.\] Enfin \(v\ge r>0\) entraîne \(d/v=r^2/v\le r^2/r=r\).
Toutes les divisions portent sur des nombres strictement positifs.
Exemple de référence: Le même nombre \(\sqrt2\), une autre démarche
On part de \(u_0=2\), dont le carré vaut \(4\ge2\). Chaque nouvelle valeur est calculée avec la valeur précédente : \[\begin{aligned} u_1&=\frac{2+2/2}{2}=\frac{2+1}{2}=\frac32,\\ u_2&=\frac{\frac32+\frac2{3/2}}2 =\frac{\frac32+\frac43}2 =\frac{\frac96+\frac86}2=\frac{17/6}{2}=\frac{17}{12},\\ u_3&=\frac{\frac{17}{12}+\frac{24}{17}}2 =\frac{\frac{289}{204}+\frac{288}{204}}2 =\frac{577}{408}. \end{aligned}\] Les inverses utilisés sont \(1/(3/2)=2/3\) et \(1/(17/12)=12/17\) ; les dénominateurs sont tous non nuls.
La proposition donne, sans supposer que l’affichage numérique est exact, \[\frac{816}{577}\le\sqrt2\le\frac{577}{408}.\] L’amplitude exacte est \[\frac{577}{408}-\frac{816}{577} =\frac{577^2-816\times408}{408\times577} =\frac{332929-332928}{235416}=\frac1{235416}.\] Le milieu de ces deux bornes a donc une erreur au plus \(1/470832\), inférieure à \(0{,}000003\).
Lien avec la tangente.
Pour \(f(x)=x^2-d\), la tangente au point d’abscisse \(u\) a pour équation \(y=u^2-d+2u(x-u)\). Son intersection avec l’axe horizontal vérifie \[0=u^2-d+2ux-2u^2 \Longleftrightarrow2ux=u^2+d \Longleftrightarrow x=\frac{u^2+d}{2u}=\frac{u+d/u}{2}.\] La dernière division exige \(u\ne0\). C’est l’étape de Newton, justifiée ici par les bornes spécifiques au carré.
Choisir ou comparer.
Les méthodes 22 et 23 peuvent approcher \(\sqrt2\). La dichotomie garantit une largeur divisée par deux à chaque étape ; Héron donne ici un encadrement très fin après trois étapes, au prix de fractions plus lourdes.
Le succès de cet exemple ne prouve pas que Newton converge depuis n’importe quel point pour n’importe quelle fonction.
À toi: Deux essais et un changement de donnée
(a) Pour \(\sqrt3\), pars de \(u_0=2\). Calcule \(u_1\) puis \(u_2\) et donne les bornes \(3/u_2\) et \(u_2\).
(b) Pour \(\sqrt5\), pars de \(u_0=3\). Fais deux étapes et calcule l’amplitude exacte du dernier encadrement.
Correction — méthode 23, essais
(a) \(u_1=(2+3/2)/2=(4/2+3/2)/2=7/4\). Puis \(3/u_1=3\times4/7=12/7\) et \[u_2=\frac{7/4+12/7}{2} =\frac{49/28+48/28}{2}=\frac{97}{56}.\] Ainsi \(168/97\le\sqrt3\le97/56\). Le produit \(97\times56\) est positif et \(97^2-168\times56=9409-9408=1\), donc l’amplitude vaut \(1/5432\).
(b) \(u_1=(3+5/3)/2=(9/3+5/3)/2=7/3\). Ensuite \(5/u_1=15/7\) et \(u_2=(7/3+15/7)/2=(49/21+45/21)/2=47/21\).
On obtient \(105/47\le\sqrt5\le47/21\). L’amplitude est \[\frac{47}{21}-\frac{105}{47} =\frac{2209-2205}{987}=\frac4{987}.\] Ce n’est pas encore un encadrement d’amplitude inférieure à \(0{,}001\) : il faut continuer si cette précision est demandée.
Critère de réussite.
Justifie le choix initial, chaque inversion de fraction, la conservation d’une borne supérieure et la précision obtenue à partir de deux bornes, pas du seul changement de décimales.
Reprise après erreur.
L’erreur « \(2/(3/2)=2\times3/2\) » confond division et multiplication.
Exemple simple : \(1/(1/2)=2\), car \((1/2)\times2=1\).
Nouvel essai : \(4/(5/3)=4\times3/5=12/5\), puisque \(5/3\ne0\).
Reviens ensuite au calcul de \(u_2\) : le terme à additionner est \(4/3\).
À reprendre plus tard.
Refais (a), puis explique pourquoi \(u_0=0\) n’est pas une entrée admissible.
Réponse : \(d/u_0\) serait une division par zéro, la tangente aurait ici une pente nulle et la formule de l’étape n’aurait pas de sens.
M24 — Retrouver deux nombres à partir de leur somme et de leur produit
Approfondissement officiel non obligatoire. À distinguer de l’usage courant somme–produit pour détecter les racines d’un trinôme déjà donné.
Je reconnais.
Deux nombres inconnus ont une somme \(s\) et un produit \(p\) donnés.
Je vérifie.
On cherche des réels ; l’ordre peut être indifférent, mais le contexte peut imposer positivité ou unités.
Premier geste.
Former le trinôme \(X^2-sX+p\).
Idée et raison du choix.
Si les nombres sont \(u\) et \(v\), \((X-u)(X-v)=X^2-(u+v)X+uv\). La somme et le produit deviennent donc des coefficients.
P: Existence et reconstruction
Deux réels de somme \(s\) et de produit \(p\) existent si et seulement si \(s^2-4p\ge0\). Ils sont les racines de \(X^2-sX+p\), comptées avec répétition en cas de racine double.
Démonstration
Si \(u+v=s\) et \(uv=p\), la distributivité donne \(X^2-sX+p=(X-u)(X-v)\) ; \(u,v\) en sont les racines.
Réciproquement, si le trinôme a des racines réelles \(u,v\), son coefficient dominant vaut \(1\), et le théorème somme–produit donne \(u+v=-(-s)=s\) et \(uv=p\).
Le critère d’existence vient de son discriminant \((-s)^2-4\times1\times p=s^2-4p\).
Exemple de référence: Somme \(13\), produit \(36\) : deux voies
Voie 1, le polynôme auxiliaire.
On forme \(X^2-13X+36\). Les entiers \(4\) et \(9\) ont somme \(13\) et produit \(36\) : le polynôme est \((X-4)(X-9)\), car \(X^2-9X-4X+36=X^2-13X+36\).
Les nombres sont donc \(4\) et \(9\).
Voie 2, remplacer une inconnue.
Puisque \(u+v=13\), on soustrait \(u\) : \(v=13-u\). La condition du produit devient \[u(13-u)=36 \Longleftrightarrow13u-u^2-36=0 \Longleftrightarrow u^2-13u+36=0.\] La dernière opération multiplie les deux membres par \(-1\), nombre non nul.
Le produit nul \((u-4)(u-9)=0\) donne \(u=4\) ou \(u=9\).
En remplaçant dans \(v=13-u\), on trouve respectivement \(v=9\) ou \(v=4\).
Les couples ordonnés sont \((4;9)\) et \((9;4)\) ; si l’ordre n’importe pas, c’est une seule paire de nombres.
Contrôle.
Les deux contraintes initiales sont satisfaites : \(4+9=13\) et \(4\times9=36\).
Choisir ou comparer.
Le polynôme auxiliaire donne directement les deux nombres ; la substitution rend visible le lien entre les deux inconnues et se combine bien avec des contraintes de longueur ou d’ordre.
Lorsque la somme et le produit ne suggèrent pas d’entiers, utiliser le discriminant de ce même trinôme.
À toi: Guidé puis autonome
(a) Trouve deux réels de somme \(8\) et de produit \(15\), par les deux voies.
(b) Des nombres ont pour somme \(6\) et pour produit \(10\). Existent-ils ? Compare avec les produits \(9\) et \(5\) pour la même somme.
Correction — méthode 24, essais
(a) Le trinôme est \(X^2-8X+15=(X-3)(X-5)\), car les termes croisés sont \(-5X-3X=-8X\). Les nombres sont \(3\) et \(5\).
Par substitution, \(v=8-u\) donne \(u(8-u)=15\), soit \(8u-u^2-15=0\), puis \(u^2-8u+15=0\). Donc \(u=3\) ou \(u=5\) et \(v=5\) ou \(v=3\).
Contrôle : \(3+5=8\), \(3\times5=15\).
(b) Pour \(p=10\), le discriminant vaut \(6^2-4\times10=36-40=-4<0\) : pas de réels.
Pour \(p=9\), il vaut \(0\) : les deux nombres sont \(3\) et \(3\).
Pour \(p=5\), il vaut \(36-20=16\) : les racines sont \((6-4)/2=1\) et \((6+4)/2=5\).
Le nombre de paires change réellement ; ce ne sont pas trois méthodes nouvelles.
Critère de réussite.
Établis les deux sens du passage somme–produit vers racines, puis vérifie les deux données. Si la paire n’existe pas, annonce « aucun couple réel », pas une paire de valeurs approchées.
Reprise après erreur.
Écrire \(X^2+sX+p\) au lieu de \(X^2-sX+p\) inverse la somme recherchée.
Exemple simple : les nombres \(1\) et \(2\) donnent \((X-1)(X-2)=X^2-3X+2\).
Nouvel essai : pour les nombres \(-1\) et \(4\), somme \(3\), produit \(-4\), le trinôme est \(X^2-3X-4\) ; son développement \((X+1)(X-4)=X^2-4X+X-4\) confirme le signe.
Reviens à \(s=13\) : le coefficient linéaire est \(-13\).
À reprendre plus tard.
Reprends (b) sans relire, puis traite le transfert géométrique suivant : un rectangle de périmètre \(20\) cm et d’aire \(21\) cm\(^2\) a-t-il des dimensions réelles positives ?
Correction : longueur plus largeur \(=20/2=10\) ; elles sont racines de \(X^2-10X+21=(X-3)(X-7)\), donc \(3\) cm et \(7\) cm. Elles sont positives, \(2(3+7)=20\) cm et \(3\times7=21\) cm\(^2\).
M25 — Ramener une équation du troisième degré au second degré
Approfondissement officiel non obligatoire : une racine du polynôme de degré trois est donnée ou facilement reconnue. Il ne s’agit pas d’une méthode de résolution générale des équations cubiques.
Je reconnais.
Une équation de degré trois possède une racine \(r\) connue, ou un facteur \(x-r\) est suggéré.
Je vérifie.
Vérifier \(P(r)=0\) ; cette étape ne peut pas être remplacée par l’apparence d’un graphique.
Premier geste.
Chercher \(P(x)=(x-r)(Ax^2+Bx+C)\), puis identifier les coefficients.
Idée et raison du choix.
Extraire un facteur déjà connu fait baisser le degré de l’équation restante. On conserve le facteur \(x-r\) dans le produit nul, sinon la racine donnée serait perdue.
Exemple de référence: Une racine apparente puis un second degré
Résolvons \(P(x)=x^3-2x^2-5x+6=0\). On teste \(1\) : \(P(1)=1-2-5+6=0\). Écrivons alors la factorisation à déterminer et développons : \[\begin{aligned} (x-1)(Ax^2+Bx+C) &=Ax^3+Bx^2+Cx-Ax^2-Bx-C\\ &=Ax^3+(B-A)x^2+(C-B)x-C. \end{aligned}\] Pour retrouver \(P\), il faut \(A=1\), \(B-A=-2\), \(C-B=-5\), \(-C=6\).
D’abord \(B-1=-2\), donc \(B=-1\).
Ensuite \(C-(-1)=-5\), soit \(C+1=-5\) et \(C=-6\).
Le dernier coefficient donne bien \(-(-6)=6\). Ainsi \[P(x)=(x-1)(x^2-x-6)=(x-1)(x-3)(x+2).\] Le dernier trinôme a racines \(3\) et \(-2\), de somme \(1\) et produit \(-6\) ; ou, par discriminant, \(\Delta=(-1)^2-4(1)(-6)=25\), et \((1\pm5)/2\) donne les mêmes valeurs.
Le produit nul fournit \(S=\{-2;1;3\}\).
Contrôle.
Le développement de la factorisation vaut \(x(x^2-x-6)-(x^2-x-6)=x^3-x^2-6x-x^2+x+6=P(x)\). L’identité puis le produit nul prouvent l’exhaustivité des trois solutions.
Choisir ou comparer.
Le regroupement peut parfois donner immédiatement le facteur.
Si aucune racine simple n’apparaît, cette démarche n’est pas garantie : on n’invoque pas le discriminant directement sur le polynôme de degré trois. Une aide supplémentaire ou une autre factorisation est alors nécessaire.
À toi: Guidé puis autonome
(a) Résous \(x^3-3x^2-4x+12=0\) en vérifiant d’abord la racine \(3\) ; compare avec un regroupement.
(b) Résous \(x^3+x^2-4x-4=0\) en utilisant la racine \(-1\). Peut-on conclure qu’une équation cubique a toujours trois racines réelles distinctes ?
Correction — méthode 25, essais
(a) \(P(3)=27-27-12+12=0\).
Le développement de \((x-3)(x^2+Bx+C)\) donne \(x^3+(B-3)x^2+(C-3B)x-3C\).
On impose \(B-3=-3\), d’où \(B=0\), puis \(C=-4\) et \(-3C=12\), cohérent.
Donc \(P=(x-3)(x^2-4)=(x-3)(x-2)(x+2)\) : solutions \(-2,2,3\).
Par regroupement, \(x^3-3x^2-4x+12=x^2(x-3)-4(x-3)=(x-3)(x^2-4)\) ; la même propriété du produit nul conclut.
(b) \(P(-1)=-1+1+4-4=0\).
La factorisation \((x+1)(x^2+Bx+C)\) donne les coefficients \(B+1=1\), donc \(B=0\), et \(C+B=-4\), donc \(C=-4\) ; le terme constant est bien \(-4\). Ainsi \(P=(x+1)(x-2)(x+2)\) : solutions \(-2,-1,2\).
La généralisation proposée est fausse : \(x^3+x=x(x^2+1)\) n’a que la racine réelle \(0\), car \(x^2+1\ge1>0\). Ce contre-exemple répond à la question générale sans prétendre classer toutes les cubiques.
Critère de réussite.
Vérifie la racine avant de l’utiliser, montre les coefficients du développement, contrôle le terme constant et conserve toutes les branches du produit nul.
Reprise après erreur.
Diviser \(P(x)=0\) par \(x-r\) sans cas perd la racine \(r\).
Exemple simple : \(x(x-2)=0\) a deux solutions, \(0\) et \(2\).
Nouvel essai : \((x+1)(x^2+1)=0\) donne uniquement \(x=-1\), car le second facteur ne s’annule jamais.
Reviens à l’exemple : \(x=1\) doit rester à côté des deux racines du trinôme.
À reprendre plus tard.
Refais (a) par la voie non utilisée la première fois.
Variation corrigée : \((x-1)(x^2-2x+1)=(x-1)^3\) n’a qu’une solution distincte, \(1\), malgré ses trois facteurs. Compte les valeurs distinctes, pas les facteurs.
M26 — Créer une factorisation par annulation des termes intermédiaires
Approfondissement officiel non obligatoire : factorisations de \(x^n-a^n\) et de \(x^n-1\). Elles sont étudiées ici pour ramener des cas utiles à un second degré.
Je reconnais.
Une différence de puissances de même exposant apparaît.
Je vérifie.
L’exposant \(n\) est un entier positif. Les bases peuvent être nulles ou négatives : on ne divise pas par elles.
Premier geste.
Pour \(n=2\), reconnaître la différence de carrés ; pour \(n\ge3\), construire le facteur dont les termes se compensent.
Idée et raison du choix.
Multiplier successivement par \(x\) puis par \(-a\) produit les mêmes termes intermédiaires avec des signes opposés. Ce mécanisme s’appelle une annulation télescopique ; il explique la formule, il ne dépend pas d’un essai numérique.
P: Différence de puissances
Pour \(n\ge4\) entier et \(x,a\) réels, \[x^n-a^n=(x-a)\bigl(x^{n-1}+ax^{n-2}+\cdots+a^{n-2}x+a^{n-1}\bigr).\] Le facteur entre parenthèses contient \(n\) termes, chacun écrit une seule fois.
Les petits exposants se lisent séparément : pour \(n=3\), \(x^3-a^3=(x-a)(x^2+ax+a^2)\) ; pour \(n=2\), \(x^2-a^2=(x-a)(x+a)\) ; pour \(n=1\), \(x-a=(x-a)\times1\).
Ainsi les points de suspension ne créent jamais un terme doublé.
Démonstration
Notons \(T\) le facteur de \(n\) termes, sans écrire de puissance \(0^0\). Le produit \(xT\) commence par \(x^n\) puis contient \(ax^{n-1},a^2x^{n-2},\ldots,a^{n-1}x\).
Le produit \(aT\) contient précisément ces mêmes termes, puis \(a^n\).
En soustrayant, tous les termes intermédiaires s’annulent : \((x-a)T=xT-aT=x^n-a^n\).
Le cas \(n=2\) est l’identité déjà démontrée ; le cas \(n=1\) est immédiat.
Aucune division n’intervient, donc \(x=a\), \(a=0\) ou \(x=0\) sont autorisés.
Exemple de référence: Résoudre \(x^3-8=0\)
On reconnaît \(8=2^3\). Pour \(n=3\), la formule donne \[x^3-8=(x-2)(x^2+2x+4).\] Vérifions les six produits avant de réduire : \[x^3+2x^2+4x-2x^2-4x-8=x^3-8.\] Le produit nul donne \(x=2\) ou \(x^2+2x+4=0\). Pour le second facteur, \(\Delta=2^2-4\times1\times4=4-16=-12<0\) : pas de racine réelle. Donc \(S=\{2\}\).
Une autre justification du second facteur est \(x^2+2x+4=(x+1)^2+3>0\) : elle évite ici le calcul du discriminant.
Choisir ou comparer.
La formule télescopique sert si la différence de puissances est visible. Si une racine d’un polynôme cubique quelconque est connue, la méthode 25 est plus générale. Sur \(x^3-8\), les deux voies donnent le même facteur \(x-2\) ; la structure de la puissance évite de résoudre un système de coefficients.
À toi: Deux cas et leurs frontières
(a) Factorise \(x^3+27\) puis résous \(x^3+27=0\) sur \(\mathbb{R}\).
(b) Résous \(x^4-16=0\) en comparant deux factorisations. Que devient \(x^4+16=0\) ?
Correction — méthode 26, essais
(a) Comme \((-3)^3=-27\), on écrit \(x^3+27=x^3-(-3)^3=(x+3)(x^2-3x+9)\). Le contrôle donne \(x^3-3x^2+9x+3x^2-9x+27=x^3+27\).
Le discriminant du trinôme est \((-3)^2-4\times1\times9=9-36=-27<0\). Il ne s’annule pas : l’unique solution est \(-3\).
(b) Différence de carrés : \(x^4-16=(x^2-4)(x^2+4)=(x-2)(x+2)(x^2+4)\). Le dernier facteur est strictement positif, donc \(S=\{-2;2\}\).
Par la formule de puissances, \(x^4-2^4=(x-2)(x^3+2x^2+4x+8)\). Le facteur cubique se regroupe en \(x^2(x+2)+4(x+2)=(x+2)(x^2+4)\). Les mêmes trois facteurs apparaissent, et la même conclusion suit.
La première voie est plus directe parce que \(x^4\) est déjà le carré de \(x^2\).
Pour \(x^4+16\), on a \((x^2)^2+16\ge16>0\) : aucune solution réelle. Une différence de puissances ne doit pas être inventée en changeant un signe.
Critère de réussite.
Identifie l’exposant et la base avec son signe, vérifie les compensations, puis traite le facteur résiduel jusqu’aux solutions réelles. Le seul facteur \(x-a\) ne prouve pas qu’il n’y a pas d’autres solutions.
Reprise après erreur.
L’erreur \(x^3-a^3=(x-a)(x^2-a^2)\) crée de mauvais termes croisés.
Exemple simple : pour \(a=1\), développer \((x-1)(x^2+x+1)\) donne \(x^3+x^2+x-x^2-x-1=x^3-1\).
Nouvel essai : \((x-2)(x^2+2x+4)\) se développe en \(x^3-8\), comme l’exemple.
Reviens à \(a=-3\) : le terme du milieu doit être \(-3x\), pas \(+3x\).
À reprendre plus tard.
Refais (a) puis explique pourquoi la formule reste vraie en \(x=a=0\) pour \(n\ge2\).
Correction : tous les termes effectivement écrits ont au moins un facteur nul et chaque côté vaut \(0\) ; aucune division par \(x-a\) n’a été faite.
Pour \(n=1\), on utilise l’identité séparée \((x-a)\times1\), sans écrire \(0^0\).
M27 — Calculer avec les racines sans calculer chacune d’elles
Alternative algébrique au niveau de Première. Les expressions ci-dessous se reconstruisent par les identités usuelles ; elles ne constituent pas un catalogue supplémentaire à mémoriser.
Je reconnais.
La question porte sur une expression inchangée lorsqu’on échange les deux racines : somme de leurs carrés, somme de leurs inverses, par exemple.
Je vérifie.
Les racines réelles doivent exister.
Pour calculer \(1/r+1/t\) ou \(r/t+t/r\), vérifier que leur produit est non nul.
Pour un quotient isolé \(r/t\), seul \(t\ne0\) est nécessaire.
Premier geste.
Noter leur somme \(s\) et leur produit \(p\), puis chercher une identité reliant l’expression demandée à \(s,p\).
Idée et raison du choix.
Développer \((r+t)^2\) fait apparaître \(r^2+t^2\) et \(rt\). On peut donc calculer certaines expressions sans introduire deux racines carrées qui s’annuleront ensuite.
Le mécanisme est une réécriture, pas une formule valable pour toute expression arbitraire.
Exemple de référence: Des racines irrationnelles dont les carrés ont une somme rationnelle
Les nombres \(r,t\) sont les racines de \(2x^2-3x-1\). Leur existence réelle est vérifiée par \(\Delta=(-3)^2-4\times2\times(-1)=9+8=17>0\).
Le théorème somme–produit donne \(s=r+t=3/2\) et \(p=rt=-1/2\ne0\). \[(r+t)^2=r^2+2rt+t^2 \quad\Longrightarrow\quad r^2+t^2=s^2-2p =\frac94-2\left(-\frac12\right)=\frac94+1=\frac{13}{4}.\] Pour les inverses, on met au même dénominateur non nul : \[\frac1r+\frac1t=\frac{t}{rt}+\frac{r}{rt} =\frac{s}{p}=\frac{3/2}{-1/2}=\frac32\times(-2)=-3.\] Pour les quotients, la même préparation donne \[\frac rt+\frac tr=\frac{r^2+t^2}{rt} =\frac{13/4}{-1/2}=\frac{13}{4}\times(-2)=-\frac{13}{2}.\] Chaque simplification garde la condition \(rt\ne0\).
Comparaison sur la première question.
Une autre voie est de calculer les racines \(r=(3-\sqrt{17})/4\) et \(t=(3+\sqrt{17})/4\), puis leurs carrés : \[\begin{aligned} r^2+t^2 &=\frac{9-6\sqrt{17}+17}{16} +\frac{9+6\sqrt{17}+17}{16}\\ &=\frac{52}{16}=\frac{13}{4}. \end{aligned}\] Les termes opposés en \(\sqrt{17}\) se compensent.
La voie somme–produit anticipait précisément cette compensation ; le calcul direct reste utile si l’on doit ensuite connaître les racines séparément.
À toi: Guidé puis autonome
(a) Les racines \(u,v\) de \(x^2-5x+3\) sont-elles réelles ? Calcule \(u^2+v^2\) et \(1/u+1/v\) sans les déterminer, puis contrôle la première valeur par les racines explicites.
(b) Les racines \(r,t\) de \(x^2-4x\) permettent-elles de calculer \(r^2+t^2\) et \(1/r+1/t\) ? Justifie séparément les deux réponses.
Correction — méthode 27, essais
(a) \(\Delta=25-12=13>0\), donc les racines existent. Leur somme est \(5\), leur produit \(3\ne0\) : \(u^2+v^2=(u+v)^2-2uv=25-6=19\) et \(1/u+1/v=(u+v)/(uv)=5/3\).
Directement, \(u=(5-\sqrt{13})/2\) et \(v=(5+\sqrt{13})/2\). En développant les deux carrés, \[u^2+v^2=\frac{25-10\sqrt{13}+13+25+10\sqrt{13}+13}{4} =\frac{76}{4}=19.\]
(b) \(x^2-4x=x(x-4)\), donc les racines sont \(0\) et \(4\). La somme de leurs carrés vaut \(0^2+4^2=16\), ce que confirme \(s^2-2p=4^2-0=16\).
Mais la somme des inverses n’est pas définie, puisqu’une racine est nulle. La relation \(s/p\) ne répare pas cette absence : elle conduirait à diviser par zéro.
Critère de réussite.
Vérifie d’abord l’existence des racines et, si nécessaire, leur non-nullité. Montre l’identité ou le dénominateur commun qui produit \(s,p\). Une liste de valeurs sans cette réécriture ne montre pas pourquoi on a évité les racines explicites.
Reprise après erreur.
L’erreur \(1/r+1/t=1/(r+t)\) additionne les dénominateurs.
Exemple simple : \(1/2+1/3=3/6+2/6=5/6\), non \(1/5\).
Nouvel essai : pour \(r=1,t=4\), on obtient \(1+1/4=5/4=(1+4)/(1\times4)\).
Reviens aux racines de l’exemple : le dénominateur commun est leur produit \(-1/2\).
À reprendre plus tard.
Refais (a), puis traite cette variation : les racines de \(x^2+2x-2\) ont-elles des inverses dont la somme est positive ?
Correction : \(\Delta=4+8=12>0\), \(s=-2\), \(p=-2\ne0\), donc la somme des inverses vaut \(s/p=1>0\). Le signe de la somme initiale ne suffisait pas, car le produit intervient aussi.
Choisir sans indication, combiner et justifier
Choisir sans indication, combiner et justifier
Les énoncés ci-dessous ne sont pas classés selon leur méthode. Avant de calculer, note : ce que je cherche ; ce que je reconnais dans les données ; la condition à vérifier ; mon premier geste.
Une autre méthode correcte peut convenir. Les corrections proposent un choix argumenté et donnent des contrôles ; elles ne constituent pas un barème imposant une seule rédaction.
Les énoncés : essayer avant consultation
Résoudre \((x-4)(2x+1)=7(x-4)\) sur \(\mathbb{R}\). Expliquer pourquoi une division immédiate serait dangereuse.
On pose \(f(x)=-3x^2+12x-7\). Résoudre \(f(x)=5\), puis \(f(x)\ge5\). Que changerait la condition \(f(x)\ge6\) ?
Résoudre \(\dfrac{x^2-2x-3}{x-3}\ge0\). Une personne simplifie et écrit \(S=[-1;+\infty[\). Localiser son oubli.
Une fonction du second degré s’annule en \(-1\) et \(4\) et vérifie \(f(1)=12\). La déterminer, puis trouver son maximum sur \(\mathbb{R}\) et résoudre \(f(x)\ge8\).
Résoudre \(x^4-5x^2+4=0\) sur \(\mathbb{R}\). Une équation du quatrième degré peut-elle être résolue ici sans formule de degré quatre ?
Résoudre \(\sqrt{2x+3}=x\). Une transformation donne les candidats \(3\) et \(-1\) : faut-il garder les deux ?
Pour chaque réel \(m\), résoudre \(mx^2-2x+2-m=0\). Donner le nombre de solutions distinctes selon \(m\).
Un rectangle a un périmètre de \(30\) cm. Ses deux dimensions sont des nombres entiers strictement positifs. Quelle est son aire maximale ? Expliquer pourquoi l’optimisation sans la contrainte entière ne donne pas directement la réponse.
La courbe ci-dessous représente \(g(x)=(x+1)^2-4\), mais la fenêtre ne montre que \(-2\le x\le3\). Peut-on en déduire que \(g\) possède une seule racine réelle ? Donner toutes ses racines et son signe sur \(\mathbb{R}\).
Établir pour tout réel \(x\) : \(x^2-6x+10\ge1\). La constante \(1\) peut-elle être remplacée par un réel strictement plus grand ? Réfuter ensuite : « si le coefficient de \(x^2\) est positif, alors le trinôme est strictement positif partout ».
Lecture de la figure du problème 9.
La portion dessinée suit la formule \(g(x)=(x+1)^2-4\) sur la seule fenêtre annoncée. On voit le sommet et une intersection avec l’axe horizontal ; la portion située à gauche de \(x=-2\) n’est pas affichée.
Le dessin ne prétend pas représenter toutes les abscisses réelles.
Deux problèmes facultatifs pour les approfondissements.
Deux nombres réels positifs ont une somme de \(9\) et un produit de \(14\). Les déterminer et préciser ce que change l’ordre dans lequel on les nomme.
On donne \(P(x)=x^3-4x^2+x+6\) et l’indication \(P(2)=0\). Résoudre \(P(x)=0\) en contrôlant cette indication et tous les facteurs obtenus.
Indices gradués.
Si tu bloques, ne lis que la ligne nécessaire :
problème 1, quel bloc apparaît comme facteur dans les deux membres ?
problème 2, où est l’égalité à zéro ?
problème 3, quelle valeur est interdite dès le départ ?
problème 4, quelles deux données suggèrent une forme ?
problème 5, quelles puissances se répètent ?
problème 6, quel signe doit avoir le membre droit ?
problème 7, le coefficient dominant est-il toujours non nul ?
problème 8, quel domaine représente les dimensions permises ?
problème 9, quelle partie de la courbe manque ?
problème 10, peut-on isoler un carré ?
problème 11, quelles relations relient somme, produit et racines ?
problème 12, quel facteur la racine fournie suggère-t-elle ?
Corrections des problèmes mélangés
Correction — problème 1 — une transformation valable aussi lorsque le bloc est nul
Le facteur \(x-4\) apparaît dans les deux membres. La voie sûre consiste à tout ramener à zéro, sans diviser : \[\begin{aligned} (x-4)(2x+1)-7(x-4)&=7(x-4)-7(x-4),\\ (x-4)\bigl[(2x+1)-7\bigr]&=0,\\ (x-4)(2x-6)&=0. \end{aligned}\] Donc \(x-4=0\) ou \(2x-6=0\). La première équation donne \(x=4\) ; dans la seconde, ajouter \(6\) puis diviser par \(2\ne0\) donne \(x=3\). Ainsi \(S=\{3;4\}\).
Contrôle :
en \(3\), les deux membres valent \((-1)\times7=-7\) ; en \(4\), ils valent \(0\).
Diviser d’abord par \(x-4\) aurait interdit \(x=4\) et perdu une solution. Une autre voie recevable est de traiter séparément \(x=4\), puis de diviser uniquement dans le cas \(x\ne4\), comme en méthode 2.
Correction — problème 2 — le niveau demandé n’est pas zéro au départ
On soustrait le niveau \(5\) avant de parler des racines : \[\begin{aligned} f(x)-5&=-3x^2+12x-12\\ &=-3(x^2-4x+4)=-3(x-2)^2. \end{aligned}\] La parenthèse est un carré puisque \((x-2)^2=x^2-2x-2x+4\). Donc \(f(x)=5\) équivaut à \(-3(x-2)^2=0\), puis \((x-2)^2=0\) après division par \(-3\ne0\), et donne \(x=2\).
Pour \(f(x)\ge5\), l’équivalence est \(-3(x-2)^2\ge0\). Le membre gauche est toujours négatif ou nul ; il doit donc être nul : encore \(S=\{2\}\).
L’écriture \(f(x)=5-3(x-2)^2\) donne \(f(x)\le5<6\) : la condition \(f(x)\ge6\) n’est jamais satisfaite.
Le discriminant de \(f-5\) aurait aussi donné \(\Delta=12^2-4(-3)(-12)=144-144=0\) ; ici reconnaître le carré évite ce calcul sans changer la conclusion. Ces choix sont expliqués dans les méthodes 5, 6 et 9.
Correction — problème 3 — la simplification n’efface pas le domaine initial
Le quotient impose \(x\ne3\). Au numérateur, les nombres \(-1\) et \(3\) ont somme \(2\) et produit \(-3\), donc \(x^2-2x-3=(x+1)(x-3)\). Pour \(x\ne3\) seulement, \[\frac{(x+1)(x-3)}{x-3}=(x+1)\frac{x-3}{x-3}=x+1.\] Résoudre \(x+1\ge0\) donne \(x\ge-1\), mais on doit intersecter avec le domaine initial. La réponse est \[S=[-1;3[\,\cup\,]3;+\infty[.\] L’oubli de la solution proposée est la valeur \(3\), à laquelle le quotient n’est pas défini.
En \(-1\), le numérateur est nul et le dénominateur vaut \(-4\ne0\), donc la borne \(-1\) est bien incluse.
Un tableau de signes conservant une double barre en \(3\) donne la même réponse : méthode 10 et méthode 12.
Correction — problème 4 — chaque sortie prépare la question suivante
Les deux racines distinctes suggèrent \(f(x)=a(x+1)(x-4)\), \(a\ne0\). La troisième donnée fournit le coefficient : \[12=f(1)=a(1+1)(1-4)=a\times2\times(-3)=-6a.\] Diviser par \(-6\ne0\) donne \(a=-2\). Ainsi \(f(x)=-2(x+1)(x-4)\).
Pour préparer le maximum, développons puis complétons : \[\begin{aligned} f(x)&=-2(x^2-4x+x-4)=-2(x^2-3x-4)\\ &=-2\left[\left(x-\frac32\right)^2-\frac94-4\right]\\ &=-2\left(x-\frac32\right)^2+\frac92+8 =-2\left(x-\frac32\right)^2+\frac{25}{2}. \end{aligned}\] Le carré est positif ou nul, donc \(f(x)\le25/2\), avec égalité en \(x=3/2\). Le maximum est \(25/2\) ; son abscisse est \(3/2\) : il ne faut pas échanger les deux.
Enfin \(f(x)\ge8\) équivaut, après soustraction de \(8\), à \(-2x^2+6x\ge0\), soit \(-2x(x-3)\ge0\). Les racines sont \(0\) et \(3\) et le coefficient dominant est négatif : le trinôme est positif ou nul entre elles. Donc \(S=[0;3]\).
La chaîne a utilisé reconstruction, changement de forme, puis signe. Le domaine est resté \(\mathbb{R}\) à chaque étape ; les bornes \(0\) et \(3\) sont incluses car \(f(0)=f(3)=8\). Voir méthode 18, méthode 17, méthode 7.
Correction — problème 5 — une équation auxiliaire puis un retour indispensable
La présence de \(x^4=(x^2)^2\) et \(x^2\) suggère \(X=x^2\), avec \(X\ge0\). L’équation devient \(X^2-5X+4=0\). Sa factorisation \((X-1)(X-4)\) donne \(X=1\) ou \(X=4\), deux valeurs compatibles avec \(X\ge0\).
On n’a pas encore résolu en \(x\). Le retour donne \(x^2=1\), donc \(x=\pm1\), ou \(x^2=4\), donc \(x=\pm2\). Ainsi \(S=\{-2;-1;1;2\}\).
Le contrôle direct de la factorisation \((x^2-1)(x^2-4)=x^4-4x^2-x^2+4\) retrouve l’équation initiale et montre que les quatre branches sont exhaustives. méthode 11 explique pourquoi une valeur auxiliaire négative aurait dû être rejetée.
Correction — problème 6 — candidats et solutions ne sont pas synonymes
La racine carrée demande \(2x+3\ge0\), donc \(x\ge-3/2\).
L’égalité avec une racine carrée, toujours positive ou nulle, impose aussi \(x\ge0\). Sur ce domaine plus précis, les deux membres sont non négatifs : les élever au carré est réversible. \[\sqrt{2x+3}=x \Longleftrightarrow 2x+3=x^2 \Longleftrightarrow x^2-2x-3=0 \Longleftrightarrow(x-3)(x+1)=0.\] Les candidats sont \(3\) et \(-1\). Seul \(3\) respecte \(x\ge0\) ; de plus \(\sqrt{2\times3+3}=\sqrt9=3\). Pour \(-1\), on aurait \(\sqrt1=1\ne-1\). Donc \(S=\{3\}\).
Le tri n’est pas une correction arbitraire de la réponse : il conserve la condition qui rendait le passage au carré équivalent. Voir méthode 13.
Correction — problème 7 — examiner le degré avant le discriminant
Si \(m=0\), l’équation devient \(-2x+2=0\). Soustraire \(2\) puis diviser par \(-2\) donne \(x=1\).
Si \(m\ne0\), on remarque la racine \(1\) puisque \(m-2+2-m=0\). La factorisation suivante vaut en réalité pour tout \(m\) : \[\begin{aligned} (x-1)(mx+m-2) &=mx^2+(m-2)x-mx-(m-2)\\ &=mx^2-2x+2-m. \end{aligned}\] Le produit nul donne \(x=1\) ou \(mx+m-2=0\). Pour \(m\ne0\), la seconde branche donne \(mx=2-m\), puis \(x=(2-m)/m\). Les deux valeurs sont égales exactement quand \((2-m)/m=1\), soit \(2-m=m\), puis \(2=2m\) et \(m=1\).
Conclusion :
une seule solution \(1\) pour \(m=0\) ou \(m=1\) ; deux solutions distinctes \(1\) et \((2-m)/m\) pour les autres \(m\).
Contrôle par discriminant dans le seul cas \(m\ne0\) :
\(\Delta=(-2)^2-4m(2-m)=4-8m+4m^2=4(m-1)^2\). Il est nul en \(m=1\) et strictement positif ailleurs, en accord avec le résultat. Voir méthode 14.
Correction — problème 8 — une contrainte discrète modifie le dernier geste
Si une dimension vaut \(x\) cm, l’autre vaut \((15-x)\) cm, car \(2(x+15-x)=30\). Les dimensions strictement positives entières imposent \(x\in\{1,2,\ldots,14\}\). L’aire en cm\(^2\) est \[A(x)=x(15-x)=15x-x^2 =\frac{225}{4}-\left(x-\frac{15}{2}\right)^2.\] Pour des dimensions réelles, le maximum serait \(225/4=56{,}25\) en \(x=7{,}5\). Mais \(7{,}5\) n’est pas entier.
Parmi les entiers admissibles, \(7\) et \(8\) sont les plus proches de \(7{,}5\), à distance \(0{,}5\) ; tous les autres sont plus éloignés et donnent un carré plus grand. Donc l’aire maximale est \(56{,}25-0{,}25=56\) cm\(^2\), pour les dimensions \(7\) et \(8\) cm.
Contrôle :
\(2(7+8)=30\) cm et \(7\times8=56\) cm\(^2\).
Si l’on nomme « largeur » le plus petit côté, la largeur vaut \(7\) cm et la longueur \(8\) cm. Voir méthode 17 et méthode 19.
Correction — problème 9 — une fenêtre ne remplace pas l’étude sur tout le domaine
La figure ne montre pas \(x<-2\), donc ne peut exclure une racine dans cette partie. Résolvons exactement : \[(x+1)^2-4=0 \Longleftrightarrow(x+1)^2=4 \Longleftrightarrow x+1=2\ \text{ou}\ x+1=-2.\] Soustraire \(1\) donne \(x=1\) ou \(x=-3\). La racine \(-3\) est hors fenêtre, mais pas hors domaine.
La factorisation est \(g(x)=(x-1)(x+3)\), de coefficient dominant \(1>0\) ; son signe est positif sur \(]-\infty;-3[\cup]1;+\infty[\), négatif sur \(]-3;1[\), nul en \(-3\) et \(1\).
Cette réponse est exacte grâce au calcul, non à la seule lecture de pixels. Voir méthode 16.
Correction — problème 10 — preuve générale, meilleur résultat et contre-exemple
Pour tout réel \(x\), \[x^2-6x+10=(x-3)^2+1\ge1,\] car \((x-3)^2\ge0\). L’identité se vérifie par \(x^2-3x-3x+9+1=x^2-6x+10\) ; elle ne repose pas sur quelques essais.
En \(x=3\), la valeur vaut \(9-18+10=1\). Une constante \(k>1\) donnerait en ce point \(1\ge k\), faux : \(1\) est donc la plus grande borne inférieure possible et elle est atteinte.
Pour réfuter l’affirmation finale, prendre \(h(x)=x^2-1\). Son coefficient dominant est \(1>0\), mais \(h(0)=-1<0\). Ce seul contre-exemple suffit à invalider l’énoncé universel. La condition correcte pour être strictement positif sur \(\mathbb{R}\) est \(a>0\) et \(\Delta<0\), comme démontré au théorème du signe.
Correction — problème 11 — approfondissement facultatif
Les nombres sont racines de \(X^2-9X+14=(X-2)(X-7)\). Ils sont donc \(2\) et \(7\), positifs, de somme \(9\) et de produit \(14\).
Si on les appelle \(u,v\) dans un ordre imposé, les couples possibles sont \((2;7)\) et \((7;2)\) ; si on demande seulement les deux nombres, c’est la même paire. Voir méthode 24.
Correction — problème 12 — approfondissement facultatif
\(P(2)=8-16+2+6=0\), donc l’indication est correcte. On cherche \((x-2)(x^2+Bx+C)\) : son développement est \(x^3+(B-2)x^2+(C-2B)x-2C\). Identifier donne \(B-2=-4\), donc \(B=-2\), puis \(C+4=1\), donc \(C=-3\) ; le terme constant \(-2C=6\) est cohérent.
Ainsi \(P(x)=(x-2)(x^2-2x-3)=(x-2)(x-3)(x+1)\).
Le produit nul donne \(S=\{-1;2;3\}\). Le facteur \(x-2\) n’a pas été divisé : la racine fournie est conservée. Voir méthode 25.
Se relire, reprendre et transférer
Stratégie de relecture.
Une bonne réponse n’est pas toujours bien justifiée. Sur chaque solution, vérifie successivement :
le domaine initial ;
le degré réel de l’expression réduite ;
le signe ou la non-nullité de chaque diviseur ;
les deux branches d’un carré ;
la distinction entre valeur d’un maximum et son abscisse ;
les bornes incluses ou exclues ;
le retour à l’inconnue et aux unités d’origine.
Quatre points de reprise précis.
Tu as perdu une valeur : refais le problème 1 puis la reprise de méthode 2. Le critère est la présence de tous les cas avant division.
Ta réponse contient une valeur interdite : refais le problème 3 puis la reprise de méthode 10. Le critère est de garder le domaine initial même après simplification.
Tu sais calculer \(\Delta\) mais ne sais pas commencer : reprends le problème 2 et problème 4, puis compare méthode 1, méthode 5 et méthode 6. Le critère est d’annoncer le but de la transformation avant le résultat.
Tu confonds le modèle et ses solutions : refais le problème 6 et problème 8. Le critère est de confronter chaque candidat aux contraintes réelles de l’énoncé, puis de contrôler les unités.
Reprise différée définie.
Après quelques jours, avant toute relecture, reprends le problème 1, problème 3, problème 7 et problème 8 ; choisis ensuite un problème dont la représentation t’avait surpris, problème 4 ou problème 9. Les corrections sont à la section voir le repère.
Ce calendrier est une proposition de travail, pas la preuve d’une maîtrise déjà observée. Pour les méthodes 22 à 27, utilise leurs tâches différées locales : les compléments ne sont pas imposés au parcours principal.
Réponse possible à « pourquoi cette méthode ? »
Pour le problème 4 : « Deux racines distinctes sont données, donc je pars de \(a(x+1)(x-4)\). La valeur en \(1\), qui n’est pas une racine, permet de déterminer \(a\). Je passe ensuite à un carré pour le maximum, puis je ramène le seuil \(8\) à zéro pour le signe. »
Une réponse valable doit relier les données au choix, indiquer une condition et expliquer la sortie attendue ; elle n’a pas à reproduire ces mots.
Si une voie bloque.
Une racine entière non trouvée n’est pas une preuve d’absence de racine : passe au discriminant.
Une division interdite invite à séparer le cas nul ou à factoriser.
Un graphique ambigu invite à élargir la fenêtre puis à calculer.
Des données insuffisantes demandent une famille de solutions ou deux exemples compatibles, pas une valeur inventée.
Si une aide humaine reste nécessaire, apporte l’énoncé, ta tentative et la première ligne qui pose problème : cette question sera beaucoup plus précise que « je n’ai rien compris ».
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