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PGCD, Bézout et Gauss — Cours en autonomie — Terminale mathématiques expertes

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PGCD, Bézout et Gauss

Terminale générale • Mathématiques expertes — Cours en autonomie

Comprendre les diviseurs communs, construire des identités et résoudre dans les entiers.

À retenir : Le fil conducteur

Une quantité peut-elle être partagée exactement ? Une équation a-t-elle une solution entière ? Peut-on annuler un facteur dans une congruence ? Le même nombre, le PGCD, organise les réponses. Euclide le calcule ; Bézout fournit une identité qui le certifie ; Gauss permet de déduire de nouvelles divisibilités.

Comment lire les démonstrations ? Une définition fixe un sens ; elle ne se démontre pas. Une propriété ou un théorème est suivi de sa preuve lorsque le résultat est nouveau. Les rappels identifient ce qui vient des acquis antérieurs. Une intuition aide à comprendre, sans remplacer la preuve.

Comment utiliser les entraînements ? Essaie avant la correction. Les indices servent de deuxième départ. Les rubriques « Pour réparer une erreur » ramènent à un geste plus simple ; les tâches « À reprendre plus tard » se retentent avant de relire le modèle.

Périmètre. Le parcours principal traite le PGCD, les nombres premiers entre eux, Bézout, Gauss et leurs applications immédiates. Les approfondissements et compléments sont repérés séparément ; aucun n'est nécessaire pour comprendre le noyau.

Méthode : Choisir son parcours

Première lecture. Suis les unités dans l'ordre jusqu'aux problèmes de synthèse. Lis les exemples, puis écris les essais avant de comparer.

Une difficulté précise. Dans l'unité concernée, commence par le repérage et sa correction ; utilise le rappel local et la reprise après erreur.

Révision rapide. Repère les définitions et résultats, puis rejoins la synthèse finale et son tableau de décision. Pour vérifier une justification, reviens à la démonstration indiquée, pas seulement à la formule.

Aller plus loin. Les unités « Approfondissements » et « Compléments » offrent des prolongements distincts du parcours principal.

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1 Les outils de départ : diviser et combiner

Pour avancer. Traduire une divisibilité par une égalité entière, puis fabriquer une combinaison utile.

Deux longueurs peuvent-elles être découpées en morceaux identiques sans reste ? Peut-on obtenir exactement une quantité en ajoutant et en retirant des lots ? Dans ce chapitre, les nombres entiers sont essentiels : une réponse décimale ne remplace pas une solution entière. Avant le PGCD, vérifions les gestes qui rendent ces questions calculables.

Convention : Les nombres utilisés

\(\mathbb{N}=\{0,1,2,\ldots\}\), \(\mathbb{N}^*=\{1,2,3,\ldots\}\), et \(\mathbb{Z}\) est l’ensemble des entiers relatifs. Dire \(k\in\mathbb{Z}\) autorise un nombre positif, nul ou négatif, mais pas \(\frac12\). Les lettres d’une égalité sont soumises aux conditions annoncées : une lettre n’est pas automatiquement positive.

Avant de commencer : Trois questions avant la définition

Les affirmations suivantes sont-elles vraies : \(-6\mid42\), \(8\mid22\), \(0\mid7\) ? Pour chacune, cherche s’il existe un multiplicateur entier.

Correction. \(42=(-6)\times(-7)\), donc la première est vraie. Pour la deuxième, l’unique multiplicateur possible serait \(22/8=11/4=2{,}75\), qui n’est pas entier : elle est fausse. Enfin \(0\times k=0\) pour tout entier \(k\), jamais 7 : la troisième est fausse. Si tu avais seulement calculé un quotient, le mot important à revoir dans la définition suivante est « entier ».

Définition : Diviseur et multiple

Pour \(d,a\in\mathbb{Z}\), on dit que \(d\) divise \(a\), et on écrit \(d\mid a\), lorsqu’il existe un entier \(k\) tel que

\[a=d\times k.\]
Alors \(d\) est un diviseur de \(a\), et \(a\) est un multiple de \(d\). Le nombre \(k\) est un témoin de la divisibilité. Si \(d\ne0\), cela revient à demander que \(a/d\) soit entier.

Exemple expliqué : Le sens de la barre

\(7\mid35\) signifie \(35=7\times5\). La barre se lit « divise » ; ce n’est ni une barre de fraction, ni une relation symétrique. En effet, \(35\nmid7\), car \(7/35=1/5\notin\mathbb{Z}\).

\(-4\mid28\) car \(28=(-4)\times(-7)\), et \(4\mid-28\) car \(-28=4\times(-7)\). Les signes des entiers n’empêchent pas la divisibilité. Le quotient entier change de signe lorsque l’un des facteurs change de signe.

Propriété : Zéro, signes et diviseur non nul

Tout entier divise 0. L’entier 0 ne divise que 0. Si \(d\mid a\), alors \(-d\mid a\) et \(d\mid-a\). Si \(d\mid a\) avec \(a\ne0\), alors \(d\ne0\) et \(|d|\le |a|\).

Démonstration : Revenir au multiplicateur

L’égalité \(0=d\times0\) prouve la première phrase, même pour \(d=0\). Si \(a=0\times k\), alors \(a=0\), ce qui prouve la seconde. Si \(a=dk\), alors \(a=(-d)(-k)\) et \(-a=d(-k)\), avec \(-k\) entier.

Enfin, si \(a=dk\ne0\), les deux facteurs \(d\) et \(k\) sont non nuls. Un entier non nul vérifie \(|k|\ge1\). Donc \(|a|=|d|\,|k|\ge |d|\). Cette borne permettra de chercher les diviseurs positifs d’un entier non nul dans une liste finie.

Représentation intuitive : Des pas de longueur fixe

Sur une droite graduée, les multiples de 4 sont les positions accessibles depuis 0 par des pas de longueur 4 : \(\ldots,-8,-4,0,4,8,\ldots\). Le nombre de pas, avec son signe, joue le rôle de \(k\). Cette image explique pourquoi un quotient non entier ne convient pas. Elle n’est pas une preuve générale, et un pas de longueur nulle ne permet d’atteindre que 0. Pour justifier, on revient toujours à \(a=dk\) avec \(k\in\mathbb{Z}\).

Transformer deux informations en une information utile

Définition : Combinaison linéaire entière

Si \(a,b\in\mathbb{Z}\), un entier de la forme \(ma+nb\), avec \(m,n\in\mathbb{Z}\), est une combinaison linéaire entière de \(a\) et \(b\). Les coefficients \(m\) et \(n\) peuvent être négatifs : une différence est donc aussi une combinaison.

Propriété : Un diviseur commun divise toute combinaison

Soient \(a,b,d,m,n\in\mathbb{Z}\). Si \(d\mid a\) et \(d\mid b\), alors

\[d\mid (ma+nb).\]

Démonstration : Faire apparaître le facteur commun

La première hypothèse donne \(a=du\) pour un entier \(u\), et la seconde \(b=dv\) pour un entier \(v\). On remplace donc chaque nombre par l’égalité qui lui correspond :

\[\begin{align*} ma+nb&=m(du)+n(dv)\\ &=d(mu)+d(nv)\\ &=d(mu+nv). \end{align*}\]
Le multiplicateur \(mu+nv\) est entier, car les entiers sont stables par produit et par somme. C’est exactement le témoin demandé par la définition de \(d\mid(ma+nb)\). La preuve ne divise pas par \(d\) : elle reste donc valable si \(d=0\).

Méthode : Éliminer une lettre par une combinaison

Indice. Deux expressions dépendent du même entier et on cherche leurs diviseurs communs.

Premier geste. Choisir des coefficients qui rendent opposés les termes contenant cette lettre.

Développer les deux produits, distribuer le signe de soustraction, regrouper, puis conclure : tout diviseur commun divise le résultat obtenu. Une petite constante fournit une liste de possibilités. Il faut ensuite vérifier lesquelles conviennent ; une condition nécessaire n’est pas automatiquement suffisante.

Exemple expliqué : Une constante derrière deux expressions

Soit \(n\in\mathbb{Z}\). Posons \(A=2n+3\) et \(B=5n+4\). Si un entier positif \(d\) divise \(A\) et \(B\), il divise \(5A-2B\). Les coefficients 5 et 2 ont été choisis pour éliminer \(n\) :

\[\begin{align*} 5(2n+3)-2(5n+4) &=5\times2n+5\times3-2\times5n-2\times4\\ &=10n+15-10n-8\\ &=(10n-10n)+(15-8)=7. \end{align*}\]
Ainsi \(d\mid7\), donc \(d=1\) ou \(d=7\). On n’a pas prouvé que 7 convient toujours. Pour \(n=0\), les nombres sont 3 et 4 : 7 ne les divise pas. Pour \(n=2\), ils sont 7 et 14 : 7 convient. Le contrôle de ces deux cas éclaire la portée de la conclusion, mais ne remplace pas la preuve valable pour tout \(n\).

Propriété : Transitivité

Si \(a\mid b\) et \(b\mid c\), alors \(a\mid c\).

Démonstration : Assembler les témoins

Il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(b=au\) et \(c=bv\). En remplaçant \(b\), on trouve \(c=(au)v=a(uv)\). Comme \(uv\in\mathbb{Z}\), la divisibilité est établie. Cette propriété parle de divisibilité, pas seulement de taille des nombres.

Piège à éviter : Ce que la règle ne dit pas

De \(d\mid a+b\), on ne peut pas déduire \(d\mid a\) et \(d\mid b\). Par exemple, \(6\mid(5+13)\), mais 6 ne divise ni 5 ni 13. En revanche, si l’on sait aussi que \(d\mid a\), alors \(d\mid (a+b)-a=b\).

De même, \(6\mid3\times4\), mais 6 ne divise ni 3 ni 4. Une règle permettant de retirer un facteur d’un produit nécessitera une hypothèse supplémentaire ; on ne la suppose pas vraie ici.

Chercher, justifier, puis comparer

À toi : Essai guidé : écrire puis combiner

1. Donne un témoin entier de \(-7\mid28\) et de \(5\mid-35\).

2. Un entier positif \(d\) divise \(4n+1\) et \(6n+5\), où \(n\in\mathbb{Z}\). Complète et développe la combinaison \(3(4n+1)-2(6n+5)\). Quelles valeurs peut prendre \(d\) ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. Dans la deuxième question, les termes en \(n\) doivent s’annuler. Un diviseur positif de \(-7\) est aussi un diviseur de 7.

Correction expliquée : Essai guidé

1. \(28=(-7)\times(-4)\) et \(-35=5\times(-7)\). Les témoins sont \(-4\) et \(-7\).

2. Par la propriété des combinaisons, \(d\) divise

\[\begin{align*} 3(4n+1)-2(6n+5) &=3\times4n+3\times1-2\times6n-2\times5\\ &=12n+3-12n-10=(12n-12n)+(3-10)=-7. \end{align*}\]
Donc \(d\) est dans \(\{1,7\}\). Cette liste donne des possibilités, pas la certitude que 7 divise les deux expressions pour chaque \(n\).

À toi : Tentative avant consultation

Soit \(n\in\mathbb{Z}\). Montre que le seul diviseur positif commun à \(n+2\) et \(3n+5\) est 1. Explique pourquoi ton raisonnement n’est pas seulement une vérification sur quelques valeurs de \(n\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Essaie de faire disparaître \(n\) dans une combinaison des deux expressions.

Ce que ta réponse doit montrer. Nommer un diviseur commun positif, construire une combinaison, justifier qu’il divise 1, puis vérifier que 1 convient.

Correction expliquée : Un argument valable pour tous les entiers

Soit \(d>0\) un diviseur commun. Il divise

\[\begin{aligned} 3(n+2)-(3n+5)&=3\times n+3\times2-1\times3n-1\times5\\ &=3n+6-3n-5=1. \end{aligned}\]
Le seul diviseur positif de 1 est 1, donc \(d=1\). Réciproquement, 1 divise tous les entiers, donc il divise bien les deux expressions. Aucune valeur particulière de \(n\) n’a été imposée : l’identité est vraie pour tout \(n\in\mathbb{Z}\). Les deux sens évitent de confondre « tout diviseur commun vaut 1 » et « il existe effectivement un diviseur commun ».

À toi : Justification et variation de condition

Un élève écrit : « Si \(d\mid a+b\), alors \(d\mid b\). » Donne un contre-exemple, puis ajoute une hypothèse qui rend la phrase vraie. Justifie la phrase réparée en écrivant une combinaison.

Ce que ta réponse doit montrer. Un contre-exemple doit satisfaire l’hypothèse initiale et contredire sa conclusion. La nouvelle hypothèse doit être explicitement utilisée.

Correction expliquée : Réparer une implication

Avec \(d=4,a=1,b=3\), on a \(a+b=4\), donc \(4\mid(a+b)\), mais \(4\nmid3\). Ajoutons \(d\mid a\). Alors \(d\) divise \(1\times(a+b)+(-1)\times a=b\), ce qui établit la conclusion. Il ne suffit pas d’ajouter « les nombres sont entiers » : ils l’étaient déjà dans le contre-exemple.

Pour réparer une erreur : Si tu inverses diviseur et multiple

Première erreur. De \(9\mid27\), écrire \(9=27k\) inverse les rôles.

Rappel. Le nombre à droite de la barre est le produit du diviseur par un entier. Sur l’exemple plus simple \(3\mid12\), on écrit \(12=3\times4\), pas \(3=12\times4\).

Nouvel essai. Traduis \(-5\mid30\), puis contrôle le signe de ton témoin avant de lire.

Correction. \(30=(-5)\times(-6)\) ; les deux facteurs négatifs donnent bien un produit positif.

Retour. La ligne initiale devient \(27=9\times3\). Reprends maintenant la question 1 de l’essai guidé sans regarder sa correction.

Pour réparer une erreur : Si la soustraction change le mauvais signe

Première erreur. Dans l’exemple \(A=2n+3\), \(B=5n+4\), une copie écrit

\[5(2n+3)-2(5n+4)=10n+15-10n+8=23.\]
Le dernier terme doit être \(-2\times4=-8\), pas \(+8\) : le signe moins porte sur tout le second produit.

Rappel sur un exemple plus simple. On distribue les deux facteurs avant de regrouper :

\[\begin{aligned} 3(2t+1)-2(3t+2) &=3\times2t+3\times1-2\times3t-2\times2\\ &=6t+3-6t-4\\ &=(6t-6t)+(3-4)=-1. \end{aligned}\]
Nouvel essai. Pour \(m\in\mathbb{Z}\), développe \(4(3m+2)-3(4m+1)\). Si un entier positif \(d\) divise \(3m+2\) et \(4m+1\), quelles valeurs de \(d\) restent possibles ? Peut-on affirmer que 5 convient pour tout \(m\) ?

Correction. Les quatre produits donnent

\[\begin{aligned} 4(3m+2)-3(4m+1) &=4\times3m+4\times2-3\times4m-3\times1\\ &=12m+8-12m-3\\ &=(12m-12m)+(8-3)=5. \end{aligned}\]
Par la règle des combinaisons, \(d\mid5\), donc \(d=1\) ou \(d=5\). Pour \(m=0\), les nombres sont 2 et 1 : 5 ne convient pas. La combinaison donne donc des possibilités, pas une divisibilité par 5 automatiquement acquise.

Retour. Dans l’exemple initial, les termes sont \(10n+15-10n-8\), puis \((10n-10n)+(15-8)=7\). Retrouve maintenant cette ligne sans la copie fautive, puis explique pourquoi un diviseur commun doit diviser 7.

À toi : À reprendre plus tard, avant de relire

Soit \(n\in\mathbb{Z}\). Si un entier positif \(d\) divise \(5n+2\) et \(3n+1\), que peux-tu affirmer sur \(d\) ? Rédige sans tester de valeurs de \(n\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Les coefficients 3 et 5 permettent d’annuler les termes en \(n\).

Correction expliquée : Reprise différée

Le diviseur commun \(d\) divise \(3(5n+2)-5(3n+1)\). En développant,

\[\begin{aligned} 3(5n+2)-5(3n+1)&=3\times5n+3\times2-5\times3n-5\times1\\ &=15n+6-15n-5\\ &=(15n-15n)+(6-5)=1. \end{aligned}\]
Donc \(d=1\), et 1 convient toujours. Tu dois retrouver la règle des combinaisons, les signes de la soustraction et la conclusion sur les diviseurs positifs de 1. Si l’un manque, reprends l’exemple expliqué de la constante 7, puis retente cette tâche.

À retenir : L’essentiel

Pour prouver \(d\mid a\), exhibe \(a=dk\) avec \(k\in\mathbb{Z}\). Un diviseur commun divise toute combinaison linéaire entière. Une combinaison bien choisie peut supprimer une inconnue ; il reste à contrôler les possibilités obtenues.

2 Le PGCD : un plus grand diviseur commun

Pour avancer. Définir l’objet recherché, traiter les signes et zéro, puis interpréter une réponse.

Le PGCD sert à repérer la plus grande unité entière qui mesure exactement deux quantités. Il ne donne ni leur plus grande valeur ni leur plus petit multiple. Dans toute cette unité, \(d\mid a\) signifie qu’il existe \(k\in\mathbb{Z}\) tel que \(a=dk\). Un diviseur positif d’un entier non nul \(a\) est compris entre 1 et \(|a|\).

Avant de commencer : Commun à deux nombres

Parmi \(2,3,4,6,12\), quels nombres divisent à la fois 18 et 30 ? Le plus grand nombre de cette liste est-il nécessairement la réponse ?

Correction. 2, 3 et 6 divisent les deux nombres. 4 ne divise ni 18 ni 30 ; 12 ne divise pas 18. Le plus grand diviseur commun de la liste est donc 6, pas 12. Pour affirmer que c’est le plus grand de tous les diviseurs communs, il faut une liste exhaustive ou un argument de majoration. La méthode ci-dessous explique comment ne rien oublier.

Définition : Plus grand commun diviseur

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\), non tous les deux nuls. Le PGCD de \(a\) et \(b\), noté \(\operatorname{PGCD}(a,b)\), est le plus grand de leurs diviseurs positifs communs.

Si \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), alors \(d>0\), \(d\mid a\), \(d\mid b\), et tout diviseur positif commun à \(a\) et \(b\) est inférieur ou égal à \(d\).

Démonstration : Pourquoi ce plus grand nombre existe

1 divise tous les entiers, donc l’ensemble des diviseurs positifs communs n’est pas vide. Au moins l’un de \(a,b\) est non nul ; supposons que ce soit \(a\). Chaque diviseur positif commun est alors compris entre 1 et \(|a|\). Il n’y a qu’un nombre fini d’entiers dans cet intervalle : on peut les ranger et choisir le plus grand. Celui-ci est unique, car deux plus grands éléments seraient chacun inférieur ou égal à l’autre. Si c’est seulement \(b\) qui est non nul, le même raisonnement utilise \(|b|\).

Convention : Le couple \((0,0)\)

Dans ce cours, \(\operatorname{PGCD}(0,0)\) n’est pas défini. Tous les entiers positifs divisent 0 : ils n’ont pas de plus grand élément. On rencontre parfois, notamment en informatique, la convention supplémentaire \(\operatorname{PGCD}(0,0)=0\). Elle prolonge une notation ; elle ne signifie pas que 0 serait le plus grand des diviseurs positifs de 0. Nous n’utilisons pas ce prolongement.

Méthode : Lister les diviseurs sans trou

Pour un petit entier positif \(A\), chercher les produits \(A=u\times v\) avec \(u\le v\). Les facteurs viennent par paires. Une fois \(u^2>A\), aucune nouvelle paire ne commence : si les deux facteurs étaient plus grands que \(\sqrt A\), leur produit dépasserait \(A\).

Faire cette liste pour chacun des deux nombres, garder seulement les éléments présents dans les deux listes, puis choisir le plus grand. Cette méthode est lisible sur de petits nombres ; elle devient coûteuse pour de grands nombres. L’algorithme d’Euclide sera alors préférable.

Exemple expliqué : Deux listes, puis leur intersection

Pour 30, les paires sont \(1\times30\), \(2\times15\), \(3\times10\), \(5\times6\). Il suffit de tester 1, 2, 3, 4 et 5, car \(5<\sqrt{30}<6\) ; parmi ces entiers, seul 4 ne fournit pas de paire. Pour 42, on obtient \(1\times42\), \(2\times21\), \(3\times14\), \(6\times7\). Ainsi :

\[\begin{aligned} D_+(30)&=\{1,2,3,5,6,10,15,30\},\\ D_+(42)&=\{1,2,3,6,7,14,21,42\},\\ D_+(30)\cap D_+(42)&=\{1,2,3,6\}. \end{aligned}\]
La notation \(D_+(A)\) désigne ici les diviseurs positifs de \(A\), et \(\cap\) signifie « commun aux deux ensembles ». On conclut \(\operatorname{PGCD}(30,42)=6\). Contrôle : \(30=6\times5\) et \(42=6\times7\), et la liste exhaustive ne contient aucun diviseur commun plus grand.

Propriété : Signes, ordre et cas immédiats

Pour \(a,b\) non simultanément nuls,

\[\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(b,a)=\operatorname{PGCD}(|a|,|b|).\]
Si \(a\ne0\), alors \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\) et \(\operatorname{PGCD}(a,a)=|a|\). Si \(b\ne0\) et \(b\mid a\), alors \(\operatorname{PGCD}(a,b)=|b|\).

Démonstration : Les mêmes diviseurs, ou un plus grand déjà visible

Être diviseur commun de \(a,b\) ne dépend pas de l’ordre des deux nombres. De plus, \(d\mid a\) équivaut à \(d\mid-a\) : le témoin change seulement de signe. Les ensembles de diviseurs positifs sont donc inchangés par la valeur absolue.

Tous les diviseurs de \(a\) divisent 0 ; le plus grand positif est \(|a|\), qui divise \(a\) et 0. Le même argument vaut pour le couple \((a,a)\).

Enfin, si \(b\mid a\), \(|b|\) est un diviseur positif des deux nombres. Un autre diviseur commun doit diviser \(b\ne0\), donc il ne dépasse pas \(|b|\). Cela prouve à la fois qu’il convient et qu’aucun plus grand ne convient.

Exemple expliqué : Un PGCD reste positif

\(\operatorname{PGCD}(-30,42)=\operatorname{PGCD}(30,42)=6\), \(\operatorname{PGCD}(-17,0)=17\), et \(\operatorname{PGCD}(48,-12)=12\), car \(-12\mid48\). Écrire \(\operatorname{PGCD}(-17,0)=-17\) contredirait la définition, qui choisit un diviseur positif.

Question d’élève : « Plus grand » signifie-t-il « multiple des autres » ?

La définition donne une comparaison de tailles, pas encore une relation de divisibilité. Par exemple \(4\le6\) n’implique pas \(4\mid6\). Il faudra démontrer un résultat supplémentaire pour affirmer que tout diviseur commun divise le PGCD. L’algorithme d’Euclide nous le permettra ; on ne le déduit pas ici du seul mot « grand ».

Une situation concrète : la plus grande maille commune

Exemple expliqué : Découper sans reste

Une plaque rectangulaire de \(168\,\mathrm{cm}\) sur \(252\,\mathrm{cm}\) est découpée suivant une grille en carrés identiques. On cherche le plus grand côté entier en centimètres, sans chute.

Si \(c\) est ce côté, \(168/c\) et \(252/c\) doivent être des entiers : \(c\mid168\) et \(c\mid252\). Tout tel \(c>0\) divise la différence \(252-168=84\), donc \(c\le84\). Or \(168=84\times2\) et \(252=84\times3\) : 84 convient. Par conséquent, \(\operatorname{PGCD}(168,252)=84\). Le côté maximal est \(84\,\mathrm{cm}\) et on obtient \(2\times3=6\) carrés.

Lecture du schéma. Le rectangle est partagé en six carrés : la longueur porte trois côtés de carré et la largeur en porte deux. La preuve du caractère maximal vient de la divisibilité par 84, non du dessin à l’échelle.

Représentation intuitive : Une unité de mesure commune, avec une limite

Pour deux longueurs entières exprimées dans la même unité, un diviseur commun est une taille de morceau qui mesure les deux sans reste ; le PGCD est la plus grande taille entière possible. Cette lecture suppose des longueurs et des morceaux positifs, un découpage régulier et une même unité. Elle n’explique pas à elle seule les arguments négatifs du PGCD : les signes se traitent par la propriété démontrée précédemment.

À toi : Essai guidé : liste et interprétation

1. Écris toutes les paires de facteurs positifs de 24 et de 36.

2. Déduis leurs diviseurs communs et leur PGCD.

3. Quelle est la plus grande longueur entière de morceaux permettant de couper deux rubans de \(24\,\mathrm{cm}\) et \(36\,\mathrm{cm}\) sans chute ? Combien de morceaux obtient-on au total ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. La plus grande taille et le nombre total de morceaux sont deux réponses différentes.

Correction expliquée : Essai guidé

Les paires de 24 sont \((1,24),(2,12),(3,8),(4,6)\). Celles de 36 sont \((1,36),(2,18),(3,12),(4,9),(6,6)\). Les diviseurs communs positifs sont \(1,2,3,4,6,12\). Donc \(\operatorname{PGCD}(24,36)=12\).

Les morceaux mesurent \(12\,\mathrm{cm}\). Le premier ruban en fournit \(24/12=2\), le second \(36/12=3\), soit \(2+3=5\) morceaux. Le PGCD est une longueur dans cette interprétation, pas le nombre 5.

À toi : Tentative avant consultation

Détermine \(\operatorname{PGCD}(-45,60)\), puis tous les diviseurs relatifs communs à ces deux nombres. Justifie l’exhaustivité de ta liste.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Commence par les diviseurs positifs de 45 et de 60. Chaque diviseur positif donne aussi son opposé.

Ce que ta réponse doit montrer. Traiter le signe, produire une liste complète, distinguer le PGCD positif de l’ensemble des diviseurs relatifs.

Correction expliquée : Signes et liste complète

Les diviseurs positifs de 45 sont \(1,3,5,9,15,45\). Ceux de 60 sont \(1,2,3,4,5,6,10,12,15,20,30,60\). L’intersection est \(\{1,3,5,15\}\), d’où \(\operatorname{PGCD}(-45,60)=15\).

Les diviseurs relatifs communs sont \(-15,-5,-3,-1,1,3,5,15\). Ils sont exhaustifs car tout diviseur relatif non nul donne, par valeur absolue, un diviseur positif des deux nombres. Zéro ne divise pas 45, donc il ne s’ajoute pas à la liste.

À toi : Justification : prouver un maximum

Soit \(a\in\mathbb{Z}\), \(a\ne0\). Explique pourquoi \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\). Une réponse « parce que 0 est divisible par tout » est-elle suffisante ?

Ce que ta réponse doit montrer. Montrer que \(|a|\) divise les deux nombres, puis qu’un diviseur positif commun ne peut pas le dépasser.

Correction expliquée : Les deux obligations d’une preuve de maximum

\(|a|\) divise \(a\), avec témoin 1 si \(a>0\) et \(-1\) si \(a<0\), et il divise 0 avec témoin 0. Si \(c>0\) divise \(a\ne0\), on écrit \(a=ck\) avec \(k\ne0\), donc \(|a|=c|k|\ge c\). Ainsi \(|a|\) est bien le plus grand. La phrase proposée ne disait pas pourquoi il n’existe pas de diviseur commun plus grand ; elle était incomplète.

À toi : Variation : une donnée nulle

Compare les situations \((-20,0)\), \((0,20)\) et \((0,0)\). Peut-on appliquer la même formule sans vérifier les conditions ?

Correction expliquée : La restriction ne disparaît pas

Les deux premiers PGCD valent 20, car leurs diviseurs positifs communs sont ceux de 20. Pour \((0,0)\), il n’existe pas de plus grand diviseur positif commun : quel que soit \(c>0\), \(c+1\) convient aussi. La formule avec un argument nul exige que l’autre soit non nul. Le cours laisse donc ce dernier couple hors du domaine de la définition.

Pour réparer une erreur : Si tu prends le plus grand nombre au lieu du plus grand diviseur

Erreur. « \(\operatorname{PGCD}(30,42)=42\), car 42 est plus grand. » La première condition perdue est : la réponse doit diviser les deux nombres. Or \(30/42=5/7\notin\mathbb{Z}\).

Exemple plus simple. Pour 8 et 12, les diviseurs communs sont \(1,2,4\). La réponse est 4 : \(8=4\times2\), \(12=4\times3\).

Nouvel essai. Calcule \(\operatorname{PGCD}(10,15)\), puis contrôle ta réponse par deux produits.

Correction. Les diviseurs positifs communs sont 1 et 5 ; le PGCD est 5. On vérifie \(10=5\times2\) et \(15=5\times3\).

Retour. Pour 30 et 42, reviens à la liste \(1,2,3,6\), puis à la conclusion 6. Le mot « commun » doit être contrôlé avant le mot « plus grand ».

À toi : À reprendre plus tard

On prépare des sachets identiques en utilisant exactement 54 cartes vertes et 90 cartes bleues, sans reste : chaque sachet doit avoir la même composition. Quel est le nombre maximal de sachets ? Quelle composition obtient-on ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le nombre de sachets doit diviser chaque effectif ; un sachet contient des cartes des deux couleurs.

Correction expliquée : Reprise différée

Si \(s\) est le nombre de sachets, chaque sachet reçoit \(54/s\) cartes vertes et \(90/s\) bleues, donc \(s\mid54\) et \(s\mid90\). Les diviseurs positifs de 54 sont \(1,2,3,6,9,18,27,54\), ceux de 90 sont \(1,2,3,5,6,9,10,15,18,30,45,90\). Leur plus grand élément commun est 18.

On obtient au maximum 18 sachets, chacun avec \(54/18=3\) cartes vertes et \(90/18=5\) cartes bleues. Contrôle : \(18\times3=54\) et \(18\times5=90\). Ici le PGCD compte les sachets ; dans le découpage de rubans, il mesurait leur longueur. Le contexte décide de l’interprétation.

À retenir : L’essentiel

Le PGCD est positif et divise les deux nombres. Pour prouver qu’un entier est ce maximum, montrer qu’il convient et qu’aucun plus grand ne convient. Les signes ne changent pas le PGCD ; le couple \((0,0)\) est exclu de notre définition.

3 L’algorithme d’Euclide et sa démonstration

Pour avancer. Calculer efficacement un PGCD et comprendre pourquoi le dernier reste non nul donne la réponse.

Pour deux entiers non simultanément nuls, le PGCD est le plus grand diviseur positif commun. Les signes ne changent pas ses diviseurs : on peut commencer par les valeurs absolues. Nous allons remplacer de grands nombres par de plus petits sans perdre aucun diviseur commun.

Avant de commencer : Lire correctement une division

Dans \(47=6\times7+5\), quel est le quotient de la division euclidienne de 47 par 6 ? Quel est le reste ? Pourquoi \(47=6\times6+11\) n’est-il pas une division euclidienne par 6 ?

Correction. Le quotient est 7, le reste 5. Une division euclidienne par un entier \(b>0\) exige \(0\le r<b\). La seconde égalité est vraie, mais son reste proposé 11 ne vérifie pas \(11<6\). Si tu avais accepté les deux écritures, c’est l’encadrement du reste qu’il faut remettre au centre de la méthode.

Propriété : Rappel : division euclidienne

Pour \(a\in\mathbb{Z}\) et \(b\in\mathbb{N}^*\), il existe un unique couple d’entiers \((q,r)\) tel que

\[a=bq+r,\qquad 0\le r<b.\]
Le nombre \(q\) est le quotient et \(r\) le reste. Ce résultat de divisibilité est un prérequis du chapitre. Pour l’usage ci-dessous, tous les dividendes et diviseurs seront positifs, après traitement des signes et des zéros.

Lemme : Conserver exactement les diviseurs communs

Soient \(a,b,q\in\mathbb{Z}\), avec \((a,b)\ne(0,0)\), et \(r=a-bq\). Un entier positif \(c\) divise \(a\) et \(b\) si et seulement s’il divise \(b\) et \(r\). Ainsi,

\[\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(b,a-bq).\]
Le quotient \(q\) peut ici être n’importe quel entier ; le choix euclidien assure en plus que le nouveau nombre soit plus petit.

Démonstration : Il faut vérifier les deux sens

Du premier couple vers le second. Si \(c\mid a\) et \(c\mid b\), il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(a=cu\) et \(b=cv\). Alors

\[r=a-bq=cu-(cv)q=cu-c(vq)=c(u-vq).\]
Le nombre \(u-vq\) est entier, donc \(c\mid r\). Il divise déjà \(b\) : il est commun au second couple.

Du second couple vers le premier. Si \(c\mid b\) et \(c\mid r\), écrivons \(b=cv\) et \(r=cw\), avec \(v,w\in\mathbb{Z}\). Comme \(a=bq+r\),

\[a=(cv)q+cw=c(vq)+cw=c(vq+w).\]
Donc \(c\mid a\), et il divise déjà \(b\). Les deux couples ont exactement les mêmes diviseurs positifs communs, donc le même plus grand. Enfin, \((b,r)\) ne peut pas être \((0,0)\) : sinon \(a=bq+r=0\), contrairement à l’hypothèse.

Méthode : Euclide, à la main

Quand ? Pour calculer un PGCD sans énumérer une longue liste de diviseurs.

Premier geste. Prendre les valeurs absolues. Si l’une est nulle, la réponse est l’autre, non nulle. Sinon, placer le plus grand en premier.

Effectuer une division euclidienne. Remplacer le couple « dividende, diviseur » par « diviseur, reste ». Répéter jusqu’au reste 0. La réponse est le diviseur de la dernière division. On l’appelle usuellement le « dernier reste non nul », en comptant aussi le diviseur initial si la première division est exacte.

Par exemple, \(24=4\times6+0\) donne directement \(\operatorname{PGCD}(24,6)=6\). Aucun reste calculé non nul n’a été produit : la réponse est ici le diviseur initial 6.

Contrôle à chaque ligne. Vérifier \(a=bq+r\) et \(0\le r<b\). À la fin, vérifier que le résultat divise les deux nombres de départ.

Exemple expliqué : De 425 et 272 à un petit diviseur

On ne connaît pas commodément tous les diviseurs de 425 et de 272. Les divisions successives donnent :

\[\begin{array}{rcll} 425&=&1\times272+153& (0\le153<272),\\ 272&=&1\times153+119& (0\le119<153),\\ 153&=&1\times119+34& (0\le34<119),\\ 119&=&3\times34+17& (0\le17<34),\\ 34&=&2\times17+0.& \end{array}\]
Chaque ligne conserve les diviseurs communs :
\[\begin{aligned} \operatorname{PGCD}(425,272)&=\operatorname{PGCD}(272,153)=\operatorname{PGCD}(153,119)\\ &=\operatorname{PGCD}(119,34)=\operatorname{PGCD}(34,17)=\operatorname{PGCD}(17,0)=17. \end{aligned}\]
Le dernier reste non nul est 17. Contrôle sur les données initiales : \(425=17\times25\) et \(272=17\times16\). Ces deux produits contrôlent la divisibilité ; c’est la chaîne de PGCD, et non ces seuls produits, qui prouve que 17 est le plus grand.

Théorème : Pourquoi l’algorithme s’arrête et pourquoi il est correct

Pour deux entiers non simultanément nuls, l’algorithme précédent se termine. Si l’un des nombres est nul, la réponse est la valeur absolue de l’autre. Sinon, le diviseur de la dernière division est leur PGCD : c’est le dernier reste non nul, ou le diviseur initial lorsque la première division est exacte.

Démonstration : Deux questions distinctes

Après les éventuels signes et cas nuls, on travaille avec \(A\ge B>0\). Tant qu’un reste est non nul, la division suivante utilise un entier strictement plus petit que le diviseur précédent. Une suite strictement décroissante d’entiers positifs ne peut pas continuer indéfiniment : au plus \(B\) valeurs positives différentes sont possibles à partir de \(B\). Il apparaît donc un reste nul. Cela prouve la terminaison.

Notons \(d>0\) le diviseur de la dernière division. Si la première division est exacte, \(d=B\) ; sinon \(d\) est le dernier reste non nul calculé. À chaque étape, le lemme conserve l’ensemble des diviseurs communs. À l’arrêt, le couple est \((d,0)\). Ses diviseurs positifs communs sont exactement ceux de \(d\), dont le plus grand est \(d\). Ainsi, le PGCD de départ est bien \(d\). Cela prouve la correction de l’algorithme. Un programme peut terminer et pourtant calculer une mauvaise valeur : les deux arguments étaient nécessaires.

Corollaire : Tous les diviseurs communs sont les diviseurs du PGCD

Soient \((a,b)\ne(0,0)\) et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Pour tout entier positif \(c\),

\[\bigl(c\mid a\text{ et }c\mid b\bigr)\quad\Longleftrightarrow\quad c\mid d.\]

Démonstration : Un résultat plus fort que le seul maximum

Le lemme, appliqué à toutes les divisions d’Euclide, donne les mêmes diviseurs communs au couple initial et au couple final \((d,0)\). Or tout entier divise 0 : être commun à \(d\) et 0 équivaut exactement à diviser \(d\). Les cas où un argument est nul au départ ont déjà cette forme. Ce raisonnement établit les deux sens.

Exemple expliqué : Finir une liste sans recommencer deux recherches

Puisque \(\operatorname{PGCD}(425,272)=17\), leurs diviseurs positifs communs sont 1 et 17. Pour obtenir les diviseurs relatifs communs, on ajoute leurs opposés : \(-17,-1,1,17\). Il n’est plus nécessaire de lister tous les diviseurs de 425 et de 272.

Méthode : Variante : des soustractions successives

Pour \(a\ge b>0\), le lemme avec \(q=1\) permet de remplacer \((a,b)\) par \((a-b,b)\), puis de remettre le plus grand en premier. La somme des deux nombres positifs diminue tant qu’ils ne sont pas égaux, donc le processus s’arrête à deux nombres égaux. Leur valeur commune est le PGCD.

Exemple : \((84,60)\to(60,24)\to(36,24)\to(24,12)\to(12,12)\). La réponse est 12. Une division euclidienne rassemble plusieurs soustractions identiques : pour de grands quotients, elle est plus rapide. Cette variante explique le mécanisme, mais n’est pas la méthode de calcul conseillée par défaut.

À toi : Essai guidé : suivre le bon couple

Complète les divisions pour calculer \(\operatorname{PGCD}(198,126)\) :

\[198=1\times126+\cdots,\quad 126=1\times72+\cdots,\quad 72=1\times54+\cdots.\]
Écris la dernière division, puis vérifie le résultat sur 198 et 126. Pourquoi ne conserve-t-on pas 198 comme dividende à chaque nouvelle ligne ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. Chaque nouveau couple est le diviseur et le reste de la ligne précédente.

Correction expliquée : Essai guidé

On trouve \(198=126+72\), \(126=72+54\), \(72=54+18\), puis \(54=3\times18+0\). Les restes sont bien strictement plus petits que les diviseurs. Donc \(\operatorname{PGCD}(198,126)=18\). Contrôle : \(198=18\times11\) et \(126=18\times7\).

Le lemme transforme \((a,b)\) en \((b,r)\). Garder toujours le premier dividende ne suivrait plus cette transformation et pourrait perdre le lien démontré entre les couples. Ici la chaîne est \((198,126)\), \((126,72)\), \((72,54)\), \((54,18)\), \((18,0)\).

À toi : Tentative avant consultation

Calcule \(\operatorname{PGCD}(391,221)\), puis détermine tous leurs diviseurs positifs communs. Rédige les divisions, et pas uniquement la valeur annoncée par une calculatrice.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le troisième reste se calcule en divisant 170 par 51.

Ce que ta réponse doit montrer. Chaque ligne doit être une division euclidienne valide ; le bon reste final est repéré ; la liste est reliée au corollaire.

Correction expliquée : Calcul et interprétation

\[\begin{aligned} 391&=1\times221+170,\\ 221&=1\times170+51,\\ 170&=3\times51+17,\\ 51&=3\times17+0. \end{aligned}\]
Les restes vérifient successivement \(170<221\), \(51<170\), \(17<51\). Le PGCD vaut 17. Contrôle : \(391=17\times23\) et \(221=17\times13\). Le corollaire dit que les diviseurs positifs communs sont ceux de 17 : \(1\) et \(17\).

À toi : Justifier les deux sens

Un élève a seulement prouvé : « Si \(c\mid a\) et \(c\mid b\), alors \(c\mid b\) et \(c\mid a-b\). » Pourquoi cela ne suffit-il pas à affirmer l’égalité des deux ensembles de diviseurs communs ? Complète le raisonnement.

Ce que ta réponse doit montrer. Nommer le sens manquant et utiliser \(a=(a-b)+b\), avec des coefficients entiers.

Correction expliquée : Une inclusion ne fait pas une égalité

La phrase prouvée dit seulement que les anciens diviseurs communs sont conservés. Elle n’exclut pas que le second couple en ait de nouveaux. Pour le sens inverse, supposons \(c\mid b\) et \(c\mid(a-b)\). Le diviseur \(c\) divise leur somme \((a-b)+b=a\). Il divise donc \(a\) et \(b\). Les deux ensembles sont désormais identiques, donc leurs plus grands éléments aussi.

À toi : Variation : signe et variante de calcul

1. Calcule \(\operatorname{PGCD}(-253,161)\) sans faire de divisions avec un diviseur négatif.

2. Retrouve \(\operatorname{PGCD}(45,30)\) par soustractions, puis par une division. Compare les résultats et explique l’accord.

Correction expliquée : Les conventions restent visibles

1. On passe à \((253,161)\). Puis \(253=161+92\), \(161=92+69\), \(92=69+23\), \(69=3\times23\). Le PGCD vaut 23. On contrôle \(-253=23\times(-11)\) et \(161=23\times7\).

2. Par soustractions : \((45,30)\to(30,15)\to(15,15)\), réponse 15. Par divisions : \(45=1\times30+15\), \(30=2\times15+0\), réponse 15. Les deux méthodes appliquent le même lemme, avec \(q=1\) à chaque soustraction ou avec le quotient euclidien pour regrouper les soustractions.

Pour réparer une erreur : Si tu annonces le dernier reste, égal à zéro

Erreur. À la ligne finale \(34=2\times17+0\), conclure « PGCD = 0 » oublie « non nul ». Zéro ne divise même pas 425.

Rappel et exemple simple. Pour 28 et 20 : \(28=20+8\), \(20=2\times8+4\), \(8=2\times4+0\). Le couple final est \((4,0)\) ; le PGCD vaut donc 4.

Nouvel essai. Fais les divisions pour 35 et 21, puis entoure le diviseur de la dernière division.

Correction. \(35=21+14\), \(21=14+7\), \(14=2\times7+0\). Le diviseur final est 7, et \(\operatorname{PGCD}(35,21)=7\).

Retour. Dans le calcul initial, le diviseur de la dernière division est 17. Le zéro signale l’arrêt ; il n’est pas la réponse.

À toi : À reprendre plus tard

Calcule \(\operatorname{PGCD}(437,299)\), puis justifie pourquoi 23 est un diviseur commun maximal et pas seulement un diviseur commun trouvé au hasard.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Après les deux premières divisions, il reste à diviser 138 par 23.

Correction expliquée : Reprise différée

\(437=1\times299+138\), \(299=2\times138+23\), \(138=6\times23+0\). Donc \(\operatorname{PGCD}(437,299)=23\). Les contrôles \(437=23\times19\) et \(299=23\times13\) montrent qu’il convient. Sa maximalité vient de la conservation de tous les diviseurs communs jusqu’à \((23,0)\) : aucun diviseur positif de 23 ne le dépasse. Pour reprendre, distingue toujours « le candidat divise les deux nombres » et « le candidat est le plus grand ».

À retenir : L’essentiel

Euclide conserve tous les diviseurs communs et fait décroître les restes positifs. À l’arrêt, le diviseur de la dernière division est le PGCD : dernier reste non nul calculé, ou diviseur initial en cas de première division exacte. Les diviseurs communs de deux entiers sont exactement les diviseurs de leur PGCD.

4 Des entiers premiers entre eux

Pour avancer. Reconnaître la coprimalité et comprendre ce qu’il reste après division par le PGCD.

Deux entiers peuvent n’avoir aucune « unité commune » plus grande que 1, même s’ils sont eux-mêmes composés. Le PGCD mesure cette absence de facteur commun. Ici, \(\operatorname{PGCD}(a,b)\) est positif, défini pour \((a,b)\ne(0,0)\). Ses diviseurs sont exactement les diviseurs communs de \(a,b\). On utilisera aussi ceci : un diviseur de deux entiers divise toute combinaison linéaire entière de ces entiers.

Avant de commencer : Une expression à ne pas lire trop vite

Les nombres 8 et 15 sont-ils premiers entre eux ? Doivent-ils être des nombres premiers pour cela ?

Correction. Les diviseurs positifs de 8 sont \(1,2,4,8\), ceux de 15 sont \(1,3,5,15\). Leur seul diviseur commun positif est 1 : ils sont premiers entre eux. Pourtant \(8=2\times4\) et \(15=3\times5\) ne sont pas premiers. La définition qui suit concerne une relation entre deux nombres, pas une propriété de chaque nombre pris isolément.

Définition : Premiers entre eux

Deux entiers \(a,b\), non simultanément nuls, sont premiers entre eux lorsque \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). On dit aussi qu’ils sont copremiers. Leur seul diviseur positif commun est alors 1 ; leurs seuls diviseurs relatifs communs sont 1 et \(-1\).

Vocabulaire : Un nombre premier, ce n’est pas la même chose

Un entier naturel \(p\) est premier lorsqu’il a exactement deux diviseurs positifs distincts : 1 et \(p\). Ainsi \(p\ge2\). Les nombres 0 et 1 ne sont pas premiers. Cette notion antérieure sert ici seulement à comparer les deux expressions « premier » et « premiers entre eux ».

Propriété : Quelques cas à connaître

  • 1 et \(-1\) sont premiers avec tout entier.

  • 0 est premier avec un entier \(a\) si et seulement si \(|a|=1\).

  • Deux nombres premiers distincts sont premiers entre eux.

  • Si \(p\) est premier, alors \(p\) et \(a\) sont premiers entre eux si et seulement si \(p\nmid a\).

Démonstration : Dénombrer les possibilités

Les seuls diviseurs positifs de 1 et \(-1\) sont 1. Pour \(a\ne0\), on a \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\), d’où le deuxième point ; le couple \((0,0)\) reste exclu.

Si \(p\) est premier, un diviseur positif commun à \(p\) et \(a\) vaut nécessairement 1 ou \(p\). Si \(p\mid a\), le PGCD vaut \(p\ne1\). Si \(p\nmid a\), seul 1 convient, donc le PGCD vaut 1. Cela prouve les deux sens du dernier point. Pour deux nombres premiers distincts \(p,q\), \(p\) ne divise pas \(q\), car les seuls diviseurs positifs de \(q\) sont 1 et \(q\). On obtient le troisième point.

Contre-exemple : Le mot « distincts » est indispensable

13 est premier, mais \(\operatorname{PGCD}(13,13)=13\), pas 1. La phrase « deux nombres premiers sont toujours premiers entre eux » est donc fausse sans la précision qu’ils sont distincts.

Comment démontrer que deux entiers sont premiers entre eux ?

Méthode : Trois voies, selon les données

Petits nombres. Lister les diviseurs positifs et vérifier que l’intersection est \(\{1\}\).

Nombres numériques plus grands. Appliquer Euclide : une division \(A=Bq+r\), avec \(0\le r<B\), remplace le couple par \((B,r)\). Si le dernier reste non nul est 1, le PGCD est 1.

Expressions avec une lettre. Prendre un diviseur commun positif et chercher une combinaison égale à 1 ou \(-1\). Ce diviseur doit alors valoir 1. On n’utilise ici que la règle des combinaisons ; le théorème de Bézout expliquera plus loin pourquoi on peut toujours trouver une telle combinaison pour un couple copremier.

Exemple expliqué : Deux entiers consécutifs

Soit \(n\in\mathbb{Z}\). Si \(c>0\) divise \(n\) et \(n+1\), il divise leur différence \((n+1)-n=1\). Donc \(c=1\), et 1 divise bien les deux. On a ainsi

\[\operatorname{PGCD}(n,n+1)=1\quad\text{pour tout }n\in\mathbb{Z}.\]
Le couple n’est jamais \((0,0)\) : deux entiers consécutifs ne peuvent pas être nuls ensemble. Par exemple \(\operatorname{PGCD}(2026,2027)=1\) se déduit de cet argument, sans recherche de leurs facteurs premiers.

Exemple expliqué : Deux entiers séparés par 2

Pour \(n\in\mathbb{Z}\), un diviseur positif commun à \(n\) et \(n+2\) divise \((n+2)-n=2\). Il vaut donc 1 ou 2.

Si \(n\) est pair, il s’écrit \(n=2k\), donc \(n+2=2(k+1)\) : 2 divise les deux, et le PGCD vaut 2. Si \(n\) est impair, \(n=2k+1\) et 2 ne divise pas \(n\). Seul 1 reste possible, et le PGCD vaut 1. Ainsi,

\[\operatorname{PGCD}(n,n+2)= \begin{cases}2&\text{si }n\text{ est pair},\\1&\text{si }n\text{ est impair}. \end{cases}\]
Le contrôle « les nombres sont différents » ne suffirait pas : 14 et 16 sont différents mais ont le facteur commun 2.

Avant de commencer : Des quotients entiers sont-ils forcément copremiers ?

On divise 12 et 18 par leur diviseur commun 3. Quels quotients obtient-on ? Sont-ils premiers entre eux ?

Correction. Les quotients sont \(12/3=4\) et \(18/3=6\). Ils sont entiers, mais 2 les divise tous deux : ils ne sont pas copremiers. En retirant plutôt le PGCD 6, on obtient 2 et 3, de PGCD 1. Si tu avais conclu à partir du seul mot « entier », la propriété suivante précise ce qu’il faut imposer au diviseur choisi.

Propriété : Réduire un couple par son PGCD

Soient \((a,b)\ne(0,0)\) et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Il existe des entiers \(a',b'\) tels que

\[a=da',\qquad b=db',\qquad\operatorname{PGCD}(a',b')=1.\]
Autrement dit, diviser les deux nombres par leur PGCD donne deux entiers premiers entre eux.

Démonstration : S’il restait un facteur commun

Puisque \(d>0\) divise \(a\) et \(b\), les quotients \(a'=a/d\) et \(b'=b/d\) sont entiers ; ils ne sont pas simultanément nuls. Prenons un diviseur positif commun \(e\) de \(a',b'\). Écrivons \(a'=eu\) et \(b'=ev\), avec \(u,v\in\mathbb{Z}\). Alors

\[a=d(eu)=(de)u,\qquad b=d(ev)=(de)v.\]
Le nombre \(de>0\) est donc un diviseur commun de \(a,b\). Par maximalité de \(d\), \(de\le d\). On divise cette inégalité par \(d>0\) : \(e\le1\). Comme \(e\) est entier positif, \(e=1\). Le seul diviseur positif commun de \(a',b'\) est 1, donc ils sont premiers entre eux.

Exemple expliqué : Voir ce que la réduction retire

\(\operatorname{PGCD}(-84,126)=42\) : en effet, \(126=84+42\), puis \(84=2\times42\). On écrit

\[-84=42\times(-2),\qquad126=42\times3.\]
Le couple réduit est \((-2,3)\), de PGCD 1. En revanche, diviser les deux nombres par 6, qui est seulement un diviseur commun, donne \((-14,21)\), encore de PGCD 7. Pour enlever tous les facteurs communs, il faut diviser par le PGCD entier, pas par un diviseur choisi au hasard.

Question d’élève : Être premiers entre eux dépend-il du signe ?

Non : \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(|a|,|b|)\). Les couples \((8,15)\), \((-8,15)\) et \((-8,-15)\) sont donc tous copremiers. En revanche, changer une valeur de 1 peut changer la situation : \(5,8\) sont copremiers, mais \(6,9\) ont un PGCD égal à 3.

À toi : Essai guidé : calculer puis réduire

1. Calcule \(\operatorname{PGCD}(91,130)\) par Euclide, en commençant par \(130=91+39\).

2. Écris 91 et 130 comme produits du PGCD par deux entiers.

3. Vérifie directement que les deux entiers restants sont premiers entre eux.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Après la division de 91 par 39, le reste est 13.

Correction expliquée : Essai guidé

\(130=1\times91+39\), \(91=2\times39+13\), \(39=3\times13+0\). Donc le PGCD est 13. On obtient \(91=13\times7\) et \(130=13\times10\). Enfin \(10=1\times7+3\), \(7=2\times3+1\), \(3=3\times1+0\), donc \(\operatorname{PGCD}(7,10)=1\). Ce second calcul confirme concrètement la propriété du couple réduit.

À toi : Tentative avant consultation

Montre que \(n\) et \(2n+1\) sont premiers entre eux pour tout entier \(n\), y compris \(n=0\) et les entiers négatifs.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Considère un diviseur commun positif et soustrais deux fois la première expression à la seconde.

Ce que ta réponse doit montrer. Le raisonnement doit porter sur un entier quelconque, utiliser un multiplicateur entier et traiter la possibilité de zéro sans division par \(n\).

Correction expliquée : Aucune division par une lettre

Les deux nombres ne sont jamais nuls ensemble : si \(n=0\), \(2n+1=1\). Soit \(c>0\) un diviseur commun. Il divise \((2n+1)-2n=1\), donc \(c=1\). Ainsi \(\operatorname{PGCD}(n,2n+1)=1\). On n’a jamais divisé par \(n\), et aucune étape n’exige \(n>0\). Le raisonnement couvre donc les valeurs nulles et négatives annoncées.

À toi : Retirer tous les facteurs communs

Détermine le couple premier entre eux obtenu en divisant 150 et \(-210\) par leur PGCD. Vérifie les signes et les deux produits qui redonnent les nombres de départ. Un autre élève a divisé par 10 et obtenu \((15,-21)\) : explique pourquoi sa division est correcte mais sa réduction inachevée.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Prends les valeurs absolues pour Euclide ; la première division est \(210=150+60\). Ne change pas le signe du second nombre au moment de former les quotients.

Correction expliquée : Une division exacte ne retire pas toujours tout

Les divisions sont

\[210=150+60,\qquad150=2\times60+30,\qquad60=2\times30+0.\]
Le PGCD est donc \(d=30>0\). Les quotients entiers sont \(150/30=5\) et \((-210)/30=-7\) : le couple réduit est \((5,-7)\). On contrôle le retour : \(30\times5=150\) et \(30\times(-7)=-210\).

Pour vérifier la coprimalité sans supposer que deux nombres différents suffisent, on calcule

\[7=5+2,\qquad5=2\times2+1,\qquad2=2\times1+0.\]
Ainsi \(\operatorname{PGCD}(5,-7)=\operatorname{PGCD}(5,7)=1\). En revanche, après division par 10, les quotients 15 et \(-21\) sont encore divisibles par 3 :
\[15=3\times5,\qquad-21=3\times(-7).\]
Le diviseur choisi 10 n’était que l’un des diviseurs communs ; il laissait un facteur commun 3. Le produit \(10\times3=30\) est précisément le facteur qu’il fallait retirer entièrement.

Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit identifier le PGCD positif, conserver les signes dans les quotients, vérifier les deux produits de reconstruction et justifier qu’aucun facteur commun supérieur à 1 ne reste.

À toi : Justifier une réduction

Un élève affirme : « Si \(c\) divise \(a\) et \(b\), alors \(a/c\) et \(b/c\) sont premiers entre eux. » Donne un contre-exemple avec \(c>0\), puis précise la bonne hypothèse. Explique pourquoi elle empêche qu’il reste un facteur commun.

Ce que ta réponse doit montrer. Fournir un vrai diviseur commun qui ne retire pas tout, puis utiliser la maximalité du PGCD et non seulement son nom.

Correction expliquée : Un diviseur quelconque ne suffit pas

Prenons \(a=18,b=30,c=3\). On a bien \(3\mid18\) et \(3\mid30\), mais les quotients 6 et 10 ont encore le facteur commun 2. La bonne hypothèse est \(c=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Si un facteur commun entier \(e>1\) subsistait dans les quotients, \(ce>c\) diviserait les deux nombres de départ, ce qui contredirait le caractère maximal de \(c\).

À toi : Variation : quand une conclusion change

1. Est-il vrai que deux entiers impairs sont toujours premiers entre eux ?

2. Pour quels entiers \(n\) les nombres \(n\) et \(n+2\) sont-ils premiers entre eux ?

3. Pourquoi les deux réponses ne se contredisent-elles pas ?

Correction expliquée : Le lien entre les deux nombres compte

1. Non : 9 et 15 sont impairs mais ont le diviseur commun 3.

2. L’étude de la différence 2 donne un PGCD égal à 1 exactement quand \(n\) est impair.

3. Dans la deuxième question, les deux nombres impairs sont séparés par 2, ce qui force un éventuel diviseur commun à diviser 2. Dans la première, aucune différence n’est imposée. Une condition de parité seule n’a donc pas le même effet qu’une relation entre les nombres.

Pour réparer une erreur : Si tu confonds « premier » et « premiers entre eux »

Erreur. Dire « 8 et 15 ne sont pas premiers, donc ils ne sont pas premiers entre eux » utilise une propriété individuelle à la place d’une propriété du couple.

Exemple plus simple. 4 et 9 sont composés, mais leurs diviseurs positifs \(\{1,2,4\}\) et \(\{1,3,9\}\) n’ont que 1 en commun.

Nouvel essai. Décide si 9 et 20 sont premiers entre eux, sans tenter de les appeler premiers.

Correction. \(20=2\times9+2\), \(9=4\times2+1\), \(2=2\times1\) : leur PGCD vaut 1. Ils sont premiers entre eux, même s’ils sont tous les deux composés.

Retour. Pour 8 et 15, reprends les deux listes de diviseurs du repérage et cherche leur intersection.

Pour réparer une erreur : Si tu t’arrêtes à un diviseur commun quelconque

Première erreur. Après \(24=4\times6\) et \(40=4\times10\), une copie annonce que \((6,10)\) est réduit. Or 2 divise encore 6 et 10. Le nombre 4 est un diviseur commun, pas le PGCD de 24 et 40.

Rappel. Si les quotients ont encore un facteur commun \(e>1\), le facteur retiré n’était pas complet : \(4\times e\) divise les deux nombres de départ. Ici \(4\times2=8\) convient.

Exemple plus simple corrigé. Pour 6 et 10, on retire leur PGCD 2 : \(6=2\times3\), \(10=2\times5\). Il reste \((3,5)\), premier entre eux puisque \(5=3+2\), \(3=2+1\), puis \(2=2\times1\).

Nouvel essai. Réduis le couple \((0,-18)\) par son PGCD. Pourquoi le couple \((0,-3)\), obtenu en divisant seulement par 6, n’est-il pas réduit ?

Correction. Le PGCD de 0 et \(-18\) vaut 18. On obtient \(0/18=0\) et \((-18)/18=-1\), donc \((0,-1)\). Son PGCD vaut 1 : un diviseur positif de \(-1\) vaut nécessairement 1, et 1 divise aussi 0. Les contrôles sont \(18\times0=0\) et \(18\times(-1)=-18\). En revanche, \(\operatorname{PGCD}(0,-3)=3\) : le facteur 3 restait présent après la division par 6.

Retour. Pour 24 et 40, retire 8, et non seulement 4 : \(24=8\times3\), \(40=8\times5\). Les quotients sont bien \((3,5)\), dont la coprimalité vient d’être vérifiée. Un quotient nul est permis ; c’est le diviseur utilisé qui doit être non nul.

À toi : À reprendre plus tard

Montre que \(7n+3\) et \(2n+1\) sont premiers entre eux pour tout \(n\in\mathbb{Z}\). Puis explique en une phrase pourquoi tu n’as pas besoin de savoir si chacun de ces nombres est premier.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Calcule \(7(2n+1)-2(7n+3)\).

Correction expliquée : Reprise différée

Tout diviseur positif commun divise

\[\begin{aligned} 7(2n+1)-2(7n+3) &=7\times2n+7\times1-2\times7n-2\times3\\ &=14n+7-14n-6=1. \end{aligned}\]
Il vaut donc 1 ; les deux expressions ne peuvent d’ailleurs pas être nulles ensemble puisque leur combinaison vaut 1. Le PGCD vaut 1. Nous avons étudié leurs diviseurs communs, ce qui suffit, quelle que soit la liste complète des diviseurs de chacun.

À toi : À reprendre plus tard : reconstruire une réduction

Sans relire les exemples, écris 84 et \(-132\) comme le produit de leur PGCD positif par deux entiers premiers entre eux. Vérifie le couple réduit et les deux reconstructions.

Indice, à lire seulement si nécessaire. La première division sur les valeurs absolues est \(132=84+48\). Un changement de signe ne modifie pas un ensemble de diviseurs positifs.

Correction expliquée : Réduction différée, avec contrôle indépendant

Les divisions donnent

\[132=84+48,\qquad84=48+36,\qquad48=36+12,\qquad36=3\times12+0.\]
Le PGCD vaut 12. Les quotients sont \(84/12=7\) et \((-132)/12=-11\), donc
\[84=12\times7,\qquad -132=12\times(-11).\]
Le couple réduit est \((7,-11)\). Pour le contrôler, on calcule le PGCD de ses valeurs absolues :
\[11=7+4,\qquad7=4+3,\qquad4=3+1,\qquad3=3\times1+0.\]
Le résultat est 1 : il ne reste pas de facteur commun supérieur à 1. Les deux produits redonnent bien 84 et \(-132\). Si tu avais rendu le second quotient positif, tu aurais reconstruit \(+132\), pas la donnée demandée.

Ce que ta réponse doit montrer. Retrouver le facteur commun maximal, les deux quotients signés, leur coprimalité et les deux produits de contrôle ; la seule écriture de quotients entiers ne suffit pas.

À retenir : L’essentiel

« Premiers entre eux » signifie PGCD égal à 1. Ce n’est pas « chacun est premier ». Euclide, les listes ou une combinaison égale à 1 permettent de le prouver. Diviser les deux nombres par leur PGCD donne un couple copremier.

5 Bézout : écrire le PGCD avec les deux nombres

Pour avancer. Construire et vérifier une égalité \(au+bv=d\), où \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) et où les deux coefficients \(u,v\) sont entiers.

Le sens d’une combinaison entière

Pour deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls, leur PGCD est le plus grand entier positif qui les divise tous les deux. On le note \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\).

Définition : Combinaison linéaire entière

Une combinaison linéaire entière de deux entiers \(a,b\) est une expression \(au+bv\), avec \(u,v\in\mathbb{Z}\). Les coefficients peuvent être négatifs : une soustraction est donc permise. Pour une valeur obtenue, ils ne sont pas obligatoirement uniques.

Le résultat d’Euclide utile ici est le suivant : les divisions euclidiennes successives conservent les diviseurs communs ; le diviseur de la dernière division est le PGCD. Quand un reste non nul a été calculé, c’est le dernier de ces restes. Si la toute première division est exacte, c’est le diviseur initial. Le présent travail consiste à exprimer ce PGCD avec les deux nombres du départ, en remontant les égalités lorsqu’il le faut. On n’inverse pas une division : on remplace un reste par l’expression égale à ce reste.

Avant de commencer : Lire des coefficients sans les confondre avec les nombres

Calcule \(24\times2+15\times(-3)\). Quels sont les deux nombres combinés ? Quels sont leurs coefficients ?

Correction. Les nombres combinés sont \(24\) et \(15\) ; leurs coefficients sont \(2\) et \(-3\). Le calcul est

\[24\times2+15\times(-3)=48-45=3.\]
Les coefficients ne sont pas des diviseurs : leur rôle est de multiplier les nombres du départ. Si le signe \(-3\) t’a gêné, relis \(15\times(-3)=-(15\times3)=-45\). C’est ce type de signe qu’il faudra conserver dans une remontée.

Théorème : Identité de Bézout pour le PGCD

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\), non simultanément nuls, et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Il existe deux entiers \(u,v\) tels que

\[\boxed{au+bv=d.}\]
Un tel couple \((u,v)\) est appelé un couple de coefficients de Bézout pour \(a\) et \(b\). L’ordre compte : \(u\) est le coefficient de \(a\), \(v\) celui de \(b\).

Démonstration : Pourquoi la remontée produit toujours des entiers

Supposons d’abord \(a>0\) et \(b>0\). Les deux premiers nombres sont déjà des combinaisons de \(a\) et \(b\) :

\[a=a\times1+b\times0,\qquad b=a\times0+b\times1.\]
À une étape de l’algorithme, écrivons \(R=qS+T\), où \(R\) et \(S\) sont deux restes successifs et \(q\in\mathbb{N}\). On isole le nouveau reste en soustrayant \(qS\) aux deux membres :
\[R-qS=qS+T-qS=T.\]
Si les restes précédents s’écrivent \(R=au+bv\) et \(S=au'+bv'\), alors
\[\begin{align*} T&=R-qS\\ &=au+bv-q(au'+bv')\\ &=au+bv-qau'-qbv'\\ &=a(u-qu')+b(v-qv'). \end{align*}\]
Les deux nouveaux coefficients \(u-qu'\) et \(v-qv'\) sont entiers : ils sont obtenus à partir d’entiers par produits et différences. En partant des deux premières écritures et en répétant ce raisonnement à chaque division, tous les restes sont donc des combinaisons entières de \(a\) et \(b\). L’algorithme s’arrête et le diviseur de sa dernière division est \(d\). Ce diviseur est soit un reste non nul précédemment obtenu, soit \(b\) si la première division est exacte. Dans le second cas, l’écriture initiale \(b=a\times0+b\times1\) donne directement l’identité. Dans les deux cas, la combinaison cherchée est obtenue.

Si les nombres sont non nuls mais de signes quelconques, on applique ce raisonnement à \(A=|a|\) et \(B=|b|\). Leur PGCD est encore \(d\). On obtient \(d=AU+BV\), avec \(U,V\in\mathbb{Z}\). Remplacer \(|a|\) par \(a\) lorsque \(a>0\), et par \(-a\) lorsque \(a<0\), modifie seulement le signe du coefficient de \(a\) ; on fait de même pour \(b\). Les coefficients restent entiers.

Enfin, si \(b=0\) et \(a\ne0\), alors \(d=|a|\) : on prend \((u,v)=(1,0)\) si \(a>0\), et \((-1,0)\) si \(a<0\). Si \(a=0\) et \(b\ne0\), les couples \((0,1)\) ou \((0,-1)\) conviennent selon le signe de \(b\). Le couple \((0,0)\) de nombres de départ est exclu : son PGCD n’est pas défini dans les conventions de ce cours.

Remonter les divisions : un exemple de référence

Exemple expliqué : Une identité avec un PGCD différent de \(1\)

Cherchons des entiers \(u,v\) tels que \(187u+119v=\operatorname{PGCD}(187,119)\).

Premier geste : calculer le PGCD en conservant les divisions.

\[\begin{align*} 187&=119\times1+68,\\ 119&=68\times1+51,\\ 68&=51\times1+17,\\ 51&=17\times3+0. \end{align*}\]
Les restes \(68,51,17,0\) diminuent et chaque reste est compris entre \(0\) et le diviseur de sa ligne, sans l’atteindre. Le dernier reste non nul est \(17\), donc le PGCD est \(17\).

Deuxième geste : partir de la ligne qui a produit \(17\), et non de celle qui a produit \(0\). La troisième division donne \(17=68-51\). La deuxième donne \(51=119-68\). On remplace donc le bloc \(51\) par toute l’expression \(119-68\) :

\[\begin{align*} 17&=68-51\\ &=68-(119-68)\\ &=68-119+68\\ &=(1+1)\times68-119\\ &=2\times68-119. \end{align*}\]
Le signe moins devant la parenthèse change les deux signes : \(-(119-68)=-119+68\).

Troisième geste : remplacer le dernier reste encore présent. La première division donne \(68=187-119\). Ainsi

\[\begin{align*} 17&=2\times(187-119)-119\\ &=2\times187-2\times119-119\\ &=2\times187+(-2-1)\times119\\ &=2\times187-3\times119. \end{align*}\]
Il ne reste que les nombres de départ. On lit \(u=2\) et \(v=-3\) ; le couple demandé est \((2,-3)\).

Contrôle effectif :

\[187\times2+119\times(-3)=374-357=17.\]
Cette substitution vérifie le couple trouvé. Le fait que \(17\) est le PGCD vient du calcul d’Euclide, pas de la seule présence d’une combinaison égale à \(17\).

Méthode : Fabriquer un couple de Bézout

Quand l’énoncé demande une identité \(au+bv=d\) et qu’aucun couple n’est visible, l’algorithme d’Euclide est une voie systématique.

  1. Calcule le PGCD et conserve toutes les égalités de division.

  2. Si la première division est exacte, le diviseur initial est le PGCD et fournit une identité immédiate. Sinon, isole le dernier reste non nul dans la division qui le produit.

  3. Remplace, en remontant, chaque reste par son expression dans la ligne précédente. Mets les expressions remplacées entre parenthèses.

  4. Distribue les coefficients, puis regroupe les multiples d’un même nombre avant la substitution suivante.

  5. Arrête-toi lorsque seuls \(a\) et \(b\) figurent dans l’expression ; lis les deux coefficients dans le bon ordre.

  6. Remplace \(u,v\) par les valeurs trouvées dans \(au+bv\) et calcule réellement le résultat.

Par exemple, \(24=6\times4\) donne directement \(\operatorname{PGCD}(24,6)=6\) et \(24\times0+6\times1=6\) : il n’y a pas de remontée à inventer. Si un nombre de départ est négatif, on peut effectuer Euclide sur les valeurs absolues, mais il faut ensuite rétablir le signe dans l’identité. Si l’un des nombres vaut zéro, le cas direct de la démonstration suffit.

Question d’élève : Pourquoi accepter des coefficients négatifs ? Sont-ils uniques ?

Pour écrire \(17\) avec \(187\) et \(119\), des coefficients tous deux positifs ou nuls ne conviendraient pas : si l’un d’eux est non nul, la somme est au moins \(119\) ; s’ils sont nuls, elle vaut \(0\). Une différence permet d’obtenir un nombre plus petit.

Les coefficients ne sont pas uniques. En plus de \((2,-3)\), le couple \((9,-14)\) convient, car

\[187\times9+119\times(-14)=1683-1666=17.\]
On a ajouté \(7\) au premier coefficient et retranché \(11\) au second. Le changement total est nul :
\[187\times7+119\times(-11)=1309-1309=0.\]
Pour obtenir un couple, la remontée suffit. Décrire tous les couples demande un raisonnement supplémentaire, étudié avec les équations diophantiennes.

Pratiquer la remontée et expliquer les gestes

À toi : Essai guidé : organiser les substitutions

Les divisions suivantes donnent \(\operatorname{PGCD}(138,84)=6\) :

\[\begin{aligned} 138&=84+54,&84&=54+30,\\ 54&=30+24,&30&=24+6,\\ 24&=4\times6+0.&& \end{aligned}\]
Commence par \(6=30-24\). Remplace \(24\) par son expression issue de la ligne précédente, puis \(30\), puis \(54\). Obtiens une identité ne contenant plus que \(138\) et \(84\). Écris les deux coefficients dans l’ordre demandé et vérifie-les.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Après le premier remplacement, \(30-(54-30)\) contient deux fois \(30\), pas zéro fois.

Correction expliquée : Essai guidé

On isole d’abord chaque reste utile : \(24=54-30\), \(30=84-54\), puis \(54=138-84\). Les substitutions donnent

\[\begin{align*} 6&=30-24\\ &=30-(54-30)\\ &=30-54+30\\ &=2\times30-54\\ &=2\times(84-54)-54\\ &=2\times84-2\times54-54\\ &=2\times84-3\times54\\ &=2\times84-3\times(138-84)\\ &=2\times84-3\times138+3\times84\\ &=-3\times138+(2+3)\times84\\ &=-3\times138+5\times84. \end{align*}\]
Le couple est donc \((-3,5)\), et non \((5,-3)\) : le premier coefficient multiplie \(138\). Le contrôle donne
\[138\times(-3)+84\times5=-414+420=6.\]

À toi : À tenter avant de consulter la correction

Détermine \(\operatorname{PGCD}(119,70)\), puis un couple \((u,v)\in\mathbb{Z}^2\) vérifiant \(119u+70v=\operatorname{PGCD}(119,70)\). Conserve les divisions et vérifie le couple.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Les trois premiers restes non nuls sont \(49\), \(21\) et \(7\).

Correction expliquée : Un couple pour \(119\) et \(70\)

Les divisions sont

\[119=70+49,\quad70=49+21,\quad49=2\times21+7,\quad21=3\times7.\]
Le dernier reste non nul vaut \(7\). On part de \(7=49-2\times21\) et l’on remplace les restes dans l’ordre inverse :
\[\begin{align*} 7&=49-2\times(70-49)\\ &=49-2\times70+2\times49\\ &=(1+2)\times49-2\times70\\ &=3\times(119-70)-2\times70\\ &=3\times119-3\times70-2\times70\\ &=3\times119+(-3-2)\times70\\ &=3\times119-5\times70. \end{align*}\]
Ainsi \((u,v)=(3,-5)\). Le contrôle donne \(119\times3+70\times(-5)=357-350=7\).

À toi : Justifier une décision et changer le signe d’une donnée

  1. Pourquoi ne commence-t-on pas la remontée de l’exemple de référence par \(0=51-3\times17\) ? Explique ce que cette égalité permettrait d’obtenir.

  2. Sans refaire Euclide, transforme l’identité \(119\times3+70\times(-5)=7\) en une identité de Bézout pour \(-119\) et \(70\).

  3. Donne une identité de Bézout pour \(0\) et \(-26\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Dans la deuxième question, le produit par le premier nombre doit rester égal à \(357\).

Correction expliquée : L’objectif, l’ordre et les signes

1. Partir de l’égalité produisant zéro et ne faire que des substitutions correctes conserverait zéro au membre de gauche : on construirait une combinaison égale à \(0\), pas au PGCD \(17\). La remontée part donc de la ligne qui a produit le dernier reste non nul.

2. Comme \(119\times3=(-119)\times(-3)\), on obtient

\[(-119)\times(-3)+70\times(-5)=357-350=7.\]
Le couple pour \((-119,70)\) est \((-3,-5)\). Le PGCD ne change pas quand on remplace un nombre par son opposé : leurs diviseurs sont les mêmes.

3. Le PGCD de \(0\) et \(-26\) vaut \(26\). L’identité

\[0\times0+(-26)\times(-1)=0+26=26\]
fournit le couple \((0,-1)\).

Ce que ta réponse doit montrer. Nomme l’objectif de la remontée ; indique quel coefficient multiplie quel nombre ; conserve une égalité exacte lorsque le signe d’une donnée change. Ces justifications comptent autant que le couple final.

Pour réparer une erreur : Si un moins devant une parenthèse te fait perdre le fil

L’erreur « \(68-(119-68)=68-119-68\) » apparaît au moment où la parenthèse est supprimée. Le signe moins doit multiplier les deux termes : \((-1)\times119=-119\) et \((-1)\times(-68)=+68\).

Rappel avec un calcul plus simple. Pour \(9-(7-4)\), calculer l’intérieur donne \(9-3=6\). Distribuer le signe moins donne aussi \(9-7+4=2+4=6\). L’écriture \(9-7-4=-2\) ne conserve pas la valeur.

Nouvel essai. Développe \(11-(8-5)\) sans calculer d’abord la parenthèse ; contrôle ensuite par un calcul direct.

Correction. On obtient \(11-8+5=3+5=8\). Directement, \(8-5=3\), puis \(11-3=8\). Les deux chemins concordent.

Retour à la remontée. Il faut écrire \(68-119+68=2\times68-119=136-119=17\). C’est ce regroupement qui produit le coefficient \(2\) de l’étape suivante ; le signe n’est pas un détail de présentation.

À toi : À reprendre lors d’une prochaine séance, avant relecture

Trouve le PGCD de \(161\) et \(98\), puis des entiers \(u,v\) tels que \(161u+98v\) soit égal à ce PGCD. Explique pourquoi tes coefficients sont entiers et contrôle ton égalité.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Les restes successifs non nuls sont \(63\), \(35\), \(28\), puis \(7\).

Correction expliquée : Reprise différée

Les divisions donnent

\[161=98+63,\quad98=63+35,\quad63=35+28,\quad35=28+7,\quad28=4\times7.\]
Le PGCD vaut \(7\). Tous les quotients sont entiers, et les coefficients de la remontée proviennent uniquement de produits et différences d’entiers :
\[\begin{align*} 7&=35-28\\ &=35-(63-35)\\ &=35-63+35=2\times35-63\\ &=2\times(98-63)-63\\ &=2\times98-2\times63-63\\ &=2\times98-3\times63\\ &=2\times98-3\times(161-98)\\ &=2\times98-3\times161+3\times98\\ &=-3\times161+(2+3)\times98\\ &=-3\times161+5\times98. \end{align*}\]
Donc \((u,v)=(-3,5)\). On vérifie \(161\times(-3)+98\times5=-483+490=7\).

À retenir : L’essentiel

Euclide fournit le PGCD ; la remontée construit une identité entière qui le représente avec les nombres de départ. Garde les parenthèses pendant les substitutions, distribue les signes, puis regroupe. Un couple correct se vérifie par substitution ; il n’est généralement pas unique.

6 Bézout : prouver une coprimalité ou certifier un PGCD

Pour avancer. Transformer une identité entière en preuve, puis choisir entre certificat, facteur commun et élimination d’un paramètre.

Les résultats utiles et leur portée

Pour \(a,b\in\mathbb{Z}\) non simultanément nuls, le nombre \(g=\operatorname{PGCD}(a,b)\) est positif et divise \(a\) et \(b\). Deux entiers sont premiers entre eux lorsque leur PGCD vaut \(1\). Cela ne signifie pas que chacun est un nombre premier.

Deux résultats établis dans les unités précédentes sont utilisés ici avec leur énoncé complet : tout diviseur commun de \(a,b\) divise aussi \(g\) ; l’identité de Bézout garantit des entiers \(u,v\) tels que \(au+bv=g\). De plus, un entier \(c\) qui divise \(a\) et \(b\) divise toute combinaison \(au+bv\) : en écrivant \(a=cA\), \(b=cB\), on obtient \(au+bv=c(Au+Bv)\), et \(Au+Bv\) est entier.

Avant de commencer : Que prouve une combinaison égale à \(1\) ?

Vérifie \(2\times35-3\times23=1\). Si \(c\) est un diviseur positif commun à \(35\) et \(23\), que peux-tu en déduire ?

Correction. Le calcul donne \(70-69=1\). Le nombre \(c\) divise les deux termes de la combinaison, donc il divise \(1\). Le seul diviseur positif de \(1\) est \(1\) lui-même : il n’existe aucun diviseur commun positif supérieur à \(1\). Ainsi \(35\) et \(23\) sont premiers entre eux. Si cette conclusion te bloque, reprends l’écriture \(au+bv=c(Au+Bv)\) donnée juste avant : elle explique la divisibilité employée.

Théorème : Critère de Bézout

Pour deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls,

\[\boxed{\operatorname{PGCD}(a,b)=1\quad\Longleftrightarrow\quad \text{il existe }u,v\in\mathbb{Z}\text{ tels que }au+bv=1.}\]
Une identité égale à \(1\) est donc un certificat de coprimalité. Pour utiliser ce certificat, il faut que les deux coefficients soient entiers.

Démonstration : Deux implications, deux rôles différents

Si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\), l’identité de Bézout appliquée au PGCD fournit des entiers \(u,v\) tels que \(au+bv=\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). Ce sens établit l’existence des coefficients.

Si \(au+bv=1\) avec \(u,v\in\mathbb{Z}\), notons \(g=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Comme \(g\mid a\) et \(g\mid b\), il existe des entiers \(A,B\) tels que \(a=gA\) et \(b=gB\). Alors

\[1=au+bv=(gA)u+(gB)v=g(Au+Bv).\]
Le facteur \(Au+Bv\) est entier : \(g\) divise donc \(1\). Or \(g\) est positif, donc \(g=1\). Ce second sens transforme une identité déjà trouvée en preuve de coprimalité.

Piège à éviter : Des coefficients rationnels ne suffisent pas

L’égalité \(6\times\frac16+10\times0=1\) est exacte, mais elle ne prouve pas que \(6\) et \(10\) sont premiers entre eux : le coefficient \(\frac16\) n’est pas entier. Leur PGCD vaut \(2\). Dans la preuve, le facteur \(Au+Bv\) doit être entier pour conclure à une divisibilité ; c’est précisément ce qui échouerait avec des coefficients quelconques.

Caractérisation : Certifier un PGCD qui n’est pas forcément \(1\)

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\) non simultanément nuls, et \(d\in\mathbb{N}^*\). Alors \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) si et seulement si les deux conditions suivantes sont réunies :

  1. \(d\) divise \(a\) et \(b\) ;

  2. il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(d=au+bv\).

Une combinaison égale à \(d\) ne suffit donc pas à elle seule lorsque \(d\ne1\).

Démonstration : Pourquoi les deux conditions sont nécessaires

Si \(d\) est le PGCD, il divise les deux nombres par définition, et l’identité de Bézout fournit la combinaison entière : les deux conditions sont nécessaires.

Réciproquement, supposons les deux conditions satisfaites et notons \(g=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Puisque \(d\) est un diviseur positif commun, la définition du plus grand donne \(d\leq g\). Comme \(g\) divise \(a\) et \(b\), il divise aussi \(au+bv=d\). Ainsi \(d=gt\) pour un entier \(t\). Les nombres \(d,g\) étant positifs, \(t\geq1\), donc \(g\leq d\). Les deux inégalités donnent \(g=d\). On a bien prouvé le sens réciproque, et non seulement vérifié un exemple.

Exemple expliqué : Un certificat complet, puis un faux raccourci

Pour \(84\) et \(132\), on a \(84=12\times7\) et \(132=12\times11\) : \(12\) divise les deux nombres. De plus,

\[84\times(-3)+132\times2=-252+264=12.\]
Les deux conditions du certificat sont réunies, donc \(\operatorname{PGCD}(84,132)=12\).

En revanche, l’égalité \(30\times2-42\times1=60-42=18\) ne démontre pas que \(18\) est le PGCD de \(30\) et \(42\). Le nombre \(18\) ne divise même pas \(30\) : \(30=18\times1+12\). Une combinaison donne un multiple du PGCD, pas nécessairement le PGCD lui-même.

Sortir un facteur commun : l’homogénéité

Propriété : Homogénéité du PGCD

Pour \(a,b\in\mathbb{Z}\) non simultanément nuls et \(k\in\mathbb{Z}\setminus\{0\}\),

\[\boxed{\operatorname{PGCD}(ka,kb)=|k|\,\operatorname{PGCD}(a,b).}\]
Le facteur qui sort du PGCD est positif. Le cas \(k=0\) n’est pas inclus : il produirait le couple \((0,0)\), dont le PGCD n’est pas défini ici.

Démonstration : Certifier le résultat au lieu de le deviner

Supposons d’abord \(k>0\) et posons \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Comme \(a=dA\) et \(b=dB\) pour des entiers \(A,B\), on a \(ka=(kd)A\) et \(kb=(kd)B\) : \(kd\) divise les deux nombres.

De plus, il existe des entiers \(u,v\) tels que \(au+bv=d\). Multiplions les deux membres par \(k\) :

\[k(au+bv)=kd,\qquad kau+kbv=kd,\]
soit \((ka)u+(kb)v=kd\). Le nombre \(kd\) est positif, divise \(ka,kb\) et est une combinaison entière de ces deux nombres. Le certificat du PGCD donne donc \(\operatorname{PGCD}(ka,kb)=kd\).

Si \(k<0\), posons \(m=-k=|k|>0\). Les nombres \(ka,kb\) sont les opposés de \(ma,mb\). Or un entier divise un nombre si et seulement s’il divise son opposé : de \(x=ct\) on déduit \(-x=c(-t)\), et réciproquement. Changer ces signes ne change donc pas le PGCD. On obtient

\[\operatorname{PGCD}(ka,kb)=\operatorname{PGCD}(ma,mb)=m\,d=|k|\,d.\]

Corollaire : Reconnaître un couple déjà réduit

Si \(d\in\mathbb{N}^*\) divise les deux entiers \(a,b\), non simultanément nuls, alors

\[\operatorname{PGCD}(a,b)=d\quad\Longleftrightarrow\quad \operatorname{PGCD}\!\left(\frac ad,\frac bd\right)=1.\]

Démonstration : Le passage logique depuis l’homogénéité

Posons \(A=a/d\) et \(B=b/d\). Ce sont des entiers, car \(d\) divise les deux nombres, et ils ne sont pas simultanément nuls. L’homogénéité donne \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(dA,dB)=d\,\operatorname{PGCD}(A,B)\). Ainsi \(\operatorname{PGCD}(a,b)=d\) équivaut à \(d\,\operatorname{PGCD}(A,B)=d\). Diviser les deux membres par le coefficient non nul \(d\) donne \(\operatorname{PGCD}(A,B)=1\). Aucune division par \(A\) ou \(B\) n’est effectuée : l’un d’eux peut être nul.

Exemple expliqué : Réutiliser un certificat déjà obtenu

On a établi \(\operatorname{PGCD}(84,132)=12\). Puisque \(252=3\times84\) et \(396=3\times132\),

\[\operatorname{PGCD}(252,396)=3\,\operatorname{PGCD}(84,132)=3\times12=36.\]
Le contrôle par certificat est disponible : \(252=36\times7\), \(396=36\times11\), et
\[-3\times252+2\times396=-756+792=36.\]
De même, \(\operatorname{PGCD}(-252,-396)=36\), et non \(-36\) : le PGCD reste positif.

Avec un paramètre : éliminer plutôt qu’énumérer

Méthode : Chercher une combinaison qui ne dépend plus du paramètre

Quand deux nombres sont de la forme \(an+b\) et \(cn+d\), avec \(a,b,c,d\) entiers connus et \(n\in\mathbb{Z}\), les tester pour quelques valeurs de \(n\) ne prouve rien pour tous les entiers. Le premier geste utile est souvent d’éliminer les termes en \(n\) : multiplier la première expression par \(c\), la seconde par \(a\), puis soustraire.

Si la combinaison obtenue vaut \(1\) ou \(-1\), les deux nombres sont premiers entre eux. Si elle vaut un autre entier \(K\ne0\), le PGCD est un diviseur positif de \(|K|\) ; il faut encore décider lequel. Si la combinaison vaut \(0\), elle ne borne pas le PGCD : tout entier non nul divise \(0\).

Exemple expliqué : Un certificat valable pour tout entier \(n\)

Montrons que \(4n+3\) et \(3n+2\) sont premiers entre eux pour tout \(n\in\mathbb{Z}\). Les coefficients de \(n\) sont \(4\) et \(3\) ; on choisit donc la combinaison \(3(4n+3)-4(3n+2)\) :

\[\begin{align*} 3(4n+3)-4(3n+2) &=3\times4n+3\times3-4\times3n-4\times2\\ &=12n+9-12n-8\\ &=(12-12)n+(9-8)\\ &=1. \end{align*}\]
Les coefficients \(3\) et \(-4\) sont entiers ; l’identité vaut pour tout entier \(n\). Le critère de Bézout donne donc \(\operatorname{PGCD}(4n+3,3n+2)=1\) pour chacun de ces \(n\). Les deux expressions ne peuvent pas être simultanément nulles, puisque leur combinaison vaut \(1\).

Pour contrôler un calcul, on peut prendre \(n=2\) : les deux nombres valent \(11\) et \(8\), et \(3\times11-4\times8=33-32=1\). Ce test ne remplace pas la preuve générale, donnée par le développement précédent.

À toi : Essai guidé : certificat, facteur commun et paramètre

  1. Montre que \(\operatorname{PGCD}(75,130)=5\) en utilisant \(7\times75-4\times130=5\). Quelles vérifications faut-il ajouter à cette égalité ? Explique ensuite pourquoi, pour une combinaison égale à \(1\), aucune recherche de diviseurs supplémentaires n’est nécessaire.

  2. Déduis de \(\operatorname{PGCD}(84,132)=12\) la valeur de \(\operatorname{PGCD}(-5\times84,5\times132)\). Explique pourquoi la réponse ne peut pas être négative.

  3. Pour \(n\in\mathbb{Z}\), pose \(A=5n+2\) et \(B=7n+3\). Calcule \(7A-5B\) et prouve que \(A,B\) sont premiers entre eux.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le candidat \(5\) de la première question doit aussi diviser chacun des deux nombres. Dans la troisième, une combinaison égale à \(-1\) devient un certificat égal à \(1\) en changeant les deux coefficients de signe.

Correction expliquée : Essai guidé et justification personnelle

1. On vérifie d’abord \(75=5\times15\) et \(130=5\times26\) : \(5\) est un diviseur positif commun. L’identité annoncée est exacte, car

\[7\times75-4\times130=525-520=5.\]
Ses coefficients \(7,-4\) sont entiers. Les deux conditions du certificat sont réunies ; le PGCD vaut donc \(5\).

Pour une combinaison égale à \(1\), la première condition est automatique : \(1\) divise tout entier, puisque \(a=1\times a\). Le critère de Bézout est ainsi le cas particulier du certificat pour \(d=1\).

2. Changer le signe du premier nombre ne change pas le PGCD. Le facteur commun \(5\) est positif, donc

\[\operatorname{PGCD}(-5\times84,5\times132)=\operatorname{PGCD}(5\times84,5\times132) =5\times12=60.\]
Le PGCD est, par définition, positif : le signe moins d’une donnée ne peut pas devenir le signe du résultat. On contrôle les nombres : \(-420=60\times(-7)\) et \(660=60\times11\), avec \((-7)\times3+11\times2=-21+22=1\).

3. La combinaison choisie élimine les termes en \(n\) :

\[\begin{align*} 7A-5B&=7(5n+2)-5(7n+3)\\ &=7\times5n+7\times2-5\times7n-5\times3\\ &=35n+14-35n-15=-1. \end{align*}\]
On multiplie les deux membres par \(-1\) : \(-7A+5B=1\). Les coefficients \(-7,5\) sont entiers ; le critère de Bézout donne donc \(\operatorname{PGCD}(5n+2,7n+3)=1\) pour tout entier \(n\). L’identité égale à \(1\) exclut aussi que les deux expressions soient simultanément nulles.

Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse distingue « diviseur commun » et « combinaison entière », explique la positivité du PGCD et fournit une identité valable pour tout \(n\), pas seulement des tests numériques.

À toi : À tenter avant de consulter la correction

  1. Un élève écrit : « \(2\times168-312=24\), donc \(\operatorname{PGCD}(168,312)=24\). » Sa conclusion est correcte ; sa justification est-elle complète ? Répare-la si nécessaire.

  2. Pour \(n\in\mathbb{Z}\), détermine

    \[\operatorname{PGCD}\bigl(8(7n+5),\,8(4n+3)\bigr).\]
    Justifie la valeur pour tous les entiers \(n\), sans te limiter à quelques essais.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Dans la deuxième question, commence par chercher une combinaison de \(7n+5\) et \(4n+3\) qui vaut \(1\).

Correction expliquée : Un facteur commun ne suffit pas : il faut contrôler le couple réduit

1. L’égalité est exacte : \(2\times168-312=336-312=24\). Mais il manque la vérification que \(24\) est un diviseur commun. Elle est vraie, puisque \(168=24\times7\) et \(312=24\times13\). Le nombre \(24\) est positif et les coefficients \(2,-1\) sont entiers : le certificat est maintenant complet, donc le PGCD vaut \(24\).

2. Posons \(A=7n+5\) et \(B=4n+3\). On calcule

\[\begin{align*} 7B-4A &=7(4n+3)-4(7n+5)\\ &=7\times4n+7\times3-4\times7n-4\times5\\ &=28n+21-28n-20\\ &=(28-28)n+(21-20)=1. \end{align*}\]
Le critère de Bézout donne \(\operatorname{PGCD}(A,B)=1\). Le facteur commun \(8\) est positif ; l’homogénéité donne
\[\operatorname{PGCD}(8A,8B)=8\,\operatorname{PGCD}(A,B)=8\times1=8.\]
On peut aussi contrôler directement le certificat : \(8\) divise \(8A\) et \(8B\), et \(7(8B)-4(8A)=8(7B-4A)=8\). Ces deux vérifications montrent pourquoi un PGCD plus grand est impossible.

À toi : Variation : quand la combinaison ne vaut pas \(1\)

Pour \(n\in\mathbb{Z}\), posons \(A=3n+1\) et \(B=5n+1\).

  1. Calcule \(5A-3B\) et déduis les deux seules valeurs possibles de \(\operatorname{PGCD}(A,B)\).

  2. Détermine laquelle convient selon que \(n\) est pair ou impair.

  3. Réfute l’affirmation : « La combinaison vaut \(2\), donc le PGCD vaut toujours \(2\). »

Indice, à lire seulement si nécessaire. Un entier pair s’écrit \(2k\) ; un entier impair s’écrit \(2k+1\), avec \(k\in\mathbb{Z}\).

Correction expliquée : Une borne de divisibilité, puis une distinction de cas

On développe tous les produits :

\[\begin{align*} 5A-3B&=5(3n+1)-3(5n+1)\\ &=5\times3n+5\times1-3\times5n-3\times1\\ &=15n+5-15n-3=2. \end{align*}\]
Le PGCD \(g\) divise donc \(2\). Il est positif : il vaut \(1\) ou \(2\).

Si \(n=2k\) est pair, alors \(A=6k+1=2(3k)+1\) et \(B=10k+1=2(5k)+1\) sont impairs. Le nombre \(2\) ne divise pas \(A\) ; ce n’est pas le PGCD. Ainsi \(g=1\).

Si \(n=2k+1\) est impair, alors

\[A=3(2k+1)+1=3\times2k+3\times1+1=6k+3+1=2(3k+2),\]
et
\[B=5(2k+1)+1=5\times2k+5\times1+1=10k+5+1=2(5k+3).\]
Les deux nombres sont pairs : \(2\) est un diviseur commun. Puisque \(g\) vaut \(1\) ou \(2\) et qu’il est au moins \(2\), on a \(g=2\).

L’affirmation proposée est donc fausse. Par exemple, \(n=2\) donne \(A=7\), \(B=11\), dont le PGCD vaut \(1\) ; la combinaison reste bien \(5\times7-3\times11=35-33=2\). Elle fournit seulement un multiple du PGCD.

Pour réparer une erreur : Si tu confonds combinaison et certificat complet

La première erreur est de passer de « \(d=au+bv\) » à « \(d\) est le PGCD » sans vérifier que \(d\) divise les deux nombres.

Rappel sur un exemple plus simple. On peut écrire \(8=8\times1+12\times0\), mais \(8\) ne divise pas \(12\), puisque \(12=8+4\). Le PGCD de \(8\) et \(12\) est \(4\) : les diviseurs communs positifs sont \(1,2,4\).

Nouvel essai. L’identité \(-14+21=7\) permet-elle de prouver que le PGCD de \(14\) et \(21\) vaut \(7\) ? Écris les vérifications manquantes.

Correction. Oui, car \(14=7\times2\) et \(21=7\times3\), puis \(14\times(-1)+21\times1=7\). La divisibilité et la combinaison sont toutes deux établies.

Retour au faux raccourci. Dans \(30\times2-42=18\), la combinaison est exacte, mais \(18\) ne divise pas \(30\) ; on ne possède donc pas de certificat. En revanche, \(6\) divise \(30\) et \(42\), et \(30\times3-42\times2=90-84=6\) : le certificat complet donne le bon PGCD, \(6\).

Pour réparer une erreur : Si le signe ou le paramètre fait échouer ton raisonnement

Premier obstacle : sortir un facteur négatif. L’erreur \(\operatorname{PGCD}(-5a,5b)=-5\operatorname{PGCD}(a,b)\) donne un PGCD négatif. Rappelle-toi que changer le signe d’une donnée ne change pas ses diviseurs. Plus simplement, \(\operatorname{PGCD}(-6,10)=\operatorname{PGCD}(6,10)=2\) ; le signe moins ne sort pas comme un facteur négatif.

Nouvel essai corrigé. Quel est \(\operatorname{PGCD}(-14,21)\) ? On écrit \(-14=7(-2)\) et \(21=7\times3\). Comme \(-2+3=1\), les deux termes du couple réduit sont premiers entre eux : le PGCD vaut \(7\). De retour à \(\operatorname{PGCD}(-420,660)\), le même geste donne \(60\operatorname{PGCD}(-7,11)=60\), car \(3(-7)+2\times11=1\).

Second obstacle : perdre un signe dans l’élimination. Dans \(7(5n+2)-5(7n+3)\), écrire \(14+15\) pour les constantes est la première erreur : \(-5\) multiplie aussi le terme \(3\).

Rappel plus simple. On distribue avant de regrouper :

\[2(n+1)-(2n+3)=2\times n+2\times1-2n-3=2n+2-2n-3=-1.\]
Nouvel essai. Développe \(3(2n+1)-2(3n+2)\).

Correction. Les quatre produits sont \(3\times2n+3\times1-2\times3n-2\times2\), soit \(6n+3-6n-4=-1\).

Retour. Pour la combinaison de l’essai guidé, les constantes donnent bien \(7\times2-5\times3=14-15=-1\). On change les deux coefficients de signe pour obtenir un certificat égal à \(1\) ; une valeur \(-1\) n’est pas un échec.

À toi : À reprendre plus tard, avant de relire

Pour \(n\in\mathbb{Z}\), détermine \(\operatorname{PGCD}\bigl(-9(8n+3),\,9(5n+2)\bigr)\). Donne un certificat direct ou utilise un couple réduit ; une méthode correctement justifiée suffit.

Indice, à lire seulement si nécessaire. La combinaison \(8(5n+2)-5(8n+3)\) est constante.

Correction expliquée : Reprise différée : ne pas perdre le signe

Posons \(A=8n+3\) et \(B=5n+2\). Alors

\[\begin{align*} 8B-5A &=8(5n+2)-5(8n+3)\\ &=8\times5n+8\times2-5\times8n-5\times3\\ &=40n+16-40n-15=1. \end{align*}\]
Les nombres \(A,B\) sont premiers entre eux. Changer le signe du premier nombre ne change pas ses diviseurs ; l’homogénéité donne donc
\[\operatorname{PGCD}(-9A,9B)=\operatorname{PGCD}(9A,9B)=9\,\operatorname{PGCD}(A,B)=9.\]
Un certificat direct confirme le résultat : \(9\) divise les deux nombres, et
\[5(-9A)+8(9B)=-45A+72B=9(-5A+8B)=9.\]
Les coefficients du certificat sont \(5\) et \(8\), pas \(-5\) et \(8\) : le premier nombre contient déjà un signe moins.

À retenir : L’essentiel

Une combinaison entière égale à \(1\) prouve la coprimalité. Pour certifier un PGCD \(d>1\), vérifie aussi que \(d\) divise les deux nombres. Un facteur commun \(k\ne0\) sort du PGCD sous la forme \(|k|\). Avec un paramètre, une combinaison constante donne d’abord les diviseurs possibles ; seule une vérification complémentaire décide du PGCD exact.

7 Gauss : justifier une divisibilité et une fraction irréductible

Pour avancer. Repérer la condition qui permet d’enlever un facteur, puis appliquer ce raisonnement aux produits, aux puissances et aux fractions.

La condition qui change tout

Rappelons les outils nécessaires. L’écriture \(a\mid c\) signifie qu’il existe un entier \(k\) tel que \(c=ak\). Deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls sont premiers entre eux si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). Le critère de Bézout, déjà établi, affirme que cela équivaut à l’existence de \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(au+bv=1\). Tout diviseur commun divise une combinaison entière ; changer le signe d’un nombre ne change pas ses diviseurs.

Dans les résultats de divisibilité ci-dessous, le nombre par lequel on cherche à diviser est non nul. Un numérateur de fraction pourra être nul ; un dénominateur ne le pourra jamais.

Avant de commencer : Coprimalité et réduction d’une fraction

  1. Calcule \(2\times8-15\). Que prouve ce calcul sur \(8\) et \(15\) ?

  2. Divise le numérateur et le dénominateur de \(18/30\) par \(6\). Pourquoi la fraction obtenue a-t-elle la même valeur ?

Correction. On a \(16-15=1\) ; le critère de Bézout donne \(\operatorname{PGCD}(8,15)=1\). Puis

\[\frac{18}{30}=\frac{6\times3}{6\times5}=\frac35.\]
On a simplifié le même facteur non nul \(6\) en haut et en bas. On n’a pas soustrait \(6\). Si ce passage est fragile, retiens que \(\frac{6\times3}{6\times5}=\frac66\times\frac35=1\times\frac35\) ; la condition \(6\ne0\) autorise cette simplification.

Théorème : Théorème de Gauss

Soient \(a\in\mathbb{Z}\setminus\{0\}\) et \(b,c\in\mathbb{Z}\). Si

\[a\mid bc\qquad\text{et}\qquad\operatorname{PGCD}(a,b)=1,\]
alors
\[\boxed{a\mid c.}\]
Avant de retirer le facteur \(b\), il faut donc vérifier que \(b\) est premier avec le diviseur \(a\).

Démonstration : Multiplier une identité de Bézout par le bon nombre

L’hypothèse \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\) donne des entiers \(u,v\) vérifiant \(au+bv=1\). Le facteur que l’on souhaite isoler est \(c\) : on multiplie les deux membres par \(c\),

\[c(au+bv)=c\times1,\]
puis on distribue :
\[acu+bcv=c.\]
L’autre hypothèse, \(a\mid bc\), fournit un entier \(k\) tel que \(bc=ak\). En remplaçant ce bloc, on obtient
\[c=acu+(bc)v=acu+(ak)v=a(cu+kv).\]
Les nombres \(c,u,k,v\) sont entiers, donc \(cu+kv\) est entier. L’égalité finale écrit \(c\) comme \(a\) multiplié par un entier : elle prouve \(a\mid c\).

Contre-exemple : Sans la coprimalité, on ne peut pas enlever le facteur

On a \(6\mid4\times3\), puisque \(4\times3=12=6\times2\). Pourtant \(6\) ne divise pas \(3\) : le quotient \(3/6=1/2\) n’est pas entier. La condition qui manque est \(\operatorname{PGCD}(6,4)=1\) ; en réalité ce PGCD vaut \(2\).

Il ne suffit donc pas que \(a\) et \(b\) soient différents ou que \(b\) soit plus petit que \(a\). C’est leur coprimalité qui autorise la conclusion.

Remarque : Le sens inverse, et les cas avec zéro

Si \(a\mid c\), alors \(c=ak\) pour un entier \(k\), donc \(bc=a(bk)\) et \(a\mid bc\). Ce sens est toujours vrai. Sous l’hypothèse \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\), on a ainsi une équivalence : \(a\mid bc\) si et seulement si \(a\mid c\).

Le nombre \(c\) peut être nul : tout entier non nul divise \(0\). Si \(b=0\), la condition \(\operatorname{PGCD}(a,0)=1\) impose \(|a|=1\) ; \(a\) divise alors tout entier. Le théorème ne nécessite donc pas une hypothèse inutile \(b\ne0\) ou \(c\ne0\).

Méthode : Appliquer Gauss sans permuter les rôles

  1. Repère le diviseur \(a\), le produit \(bc\) et le facteur \(c\) que tu veux conserver.

  2. Vérifie \(a\mid bc\) et \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\) ; un petit certificat de Bézout peut éviter un long calcul de PGCD.

  3. Écris la conclusion \(a\mid c\). Si l’énoncé demande une forme pour \(c\), traduis-la par \(c=ak\), avec \(k\in\mathbb{Z}\).

  4. S’il s’agit de résoudre une condition, vérifie aussi que toutes les valeurs proposées conviennent.

Gauss ne divise pas les trois nombres d’une relation de divisibilité. Il transforme une divisibilité grâce à une hypothèse précise.

Exemple expliqué : Trouver tous les entiers répondant à une condition

Cherchons les entiers \(m\) tels que \(21\mid8m\). Les rôles sont \(a=21\), \(b=8\) et \(c=m\). L’identité

\[21\times(-3)+8\times8=-63+64=1\]
prouve que \(21\) et \(8\) sont premiers entre eux. Gauss donne \(21\mid m\), donc \(m=21k\) pour un entier \(k\).

Réciproquement, pour tout \(k\in\mathbb{Z}\), si \(m=21k\), alors \(8m=8\times21k=21(8k)\) ; le quotient \(8k\) est entier, donc \(21\mid8m\). Les solutions sont exactement les multiples de \(21\), y compris \(0\) et les multiples négatifs.

Produits et puissances : les corollaires utiles

Corollaire : Deux diviseurs premiers entre eux

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\setminus\{0\}\) premiers entre eux, et \(N\in\mathbb{Z}\). Alors

\[\boxed{a\mid N\ \text{et}\ b\mid N \quad\Longleftrightarrow\quad ab\mid N.}\]

Démonstration : Où intervient Gauss ?

Supposons \(a\mid N\) et \(b\mid N\). La première condition s’écrit \(N=ak\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). La seconde devient donc \(b\mid ak\). Comme \(\operatorname{PGCD}(b,a)=1\), Gauss donne \(b\mid k\). Il existe alors un entier \(\ell\) tel que \(k=b\ell\), d’où \(N=a(b\ell)=(ab)\ell\) : le produit \(ab\) divise \(N\).

Réciproquement, si \(N=(ab)\ell\) avec \(\ell\in\mathbb{Z}\), on peut écrire \(N=a(b\ell)=b(a\ell)\). Les quotients \(b\ell\) et \(a\ell\) sont entiers ; chacun des deux nombres divise \(N\). Ce sens n’a pas besoin de la coprimalité.

Exemple expliqué : Combiner deux informations de divisibilité

Si \(12\mid N\) et \(25\mid N\), alors \(300\mid N\) : les nombres \(12\) et \(25\) sont premiers entre eux, puisque \(25-2\times12=25-24=1\), et leur produit vaut \(300\).

Il serait faux de multiplier deux diviseurs sans vérifier cette condition. Les nombres \(4\) et \(6\) divisent tous deux \(12\), mais leur produit \(24\) ne divise pas \(12\). Leur PGCD vaut \(2\), et non \(1\).

Lemme : Préparer le passage aux puissances

Soient \(a,b,c\in\mathbb{Z}\). Si \(a\) est premier avec \(b\) et premier avec \(c\), alors \(a\) est premier avec \(bc\).

Démonstration : Multiplier deux certificats

On dispose d’entiers \(u,v,s,t\) tels que \(au+bv=1\) et \(as+ct=1\). Le produit de ces deux égalités donne

\[\begin{align*} 1&=(au+bv)(as+ct)\\ &=(au)(as)+(au)(ct)+(bv)(as)+(bv)(ct)\\ &=a^2us+acut+abvs+bcvt\\ &=a(aus+cut+bvs)+(bc)(vt). \end{align*}\]
Les deux coefficients \(aus+cut+bvs\) et \(vt\) sont entiers. C’est donc un certificat de Bézout pour les nombres \(a\) et \(bc\), qui sont premiers entre eux. Le lemme sert ci-dessous à multiplier plusieurs fois le même facteur.

Corollaire : Coprimalité et puissances

Pour deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls et deux entiers \(r,s\geq1\),

\[\boxed{\operatorname{PGCD}(a,b)=1\quad\Longleftrightarrow\quad\operatorname{PGCD}(a^r,b^s)=1.}\]

Démonstration : Répéter le lemme, puis prouver la réciproque

Si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\), on a d’abord \(\operatorname{PGCD}(a,b^1)=1\). Supposons, pour un entier \(j\geq1\), que \(a\) est premier avec \(b^j\). Il est aussi premier avec \(b\) par l’hypothèse initiale. Le lemme appliqué au produit \(b^j\times b\) montre qu’il est premier avec \(b^{j+1}\). L’initialisation et cette hérédité prouvent par récurrence que \(\operatorname{PGCD}(a,b^s)=1\) pour tout \(s\geq1\).

Fixons maintenant un tel \(s\). Par symétrie, \(b^s\) est premier avec \(a\). Le même raisonnement, en multipliant cette fois des facteurs égaux à \(a\), donne \(\operatorname{PGCD}(b^s,a^r)=1\) pour tout \(r\geq1\). C’est le sens direct.

Pour la réciproque, supposons \(\operatorname{PGCD}(a^r,b^s)=1\). Soit \(d\) un diviseur positif commun de \(a,b\). Écrivons \(a=dA\) et \(b=dB\), avec \(A,B\in\mathbb{Z}\). Si \(r=1\), \(d\) divise déjà \(a^r=a\). Si \(r\geq2\), on a \(a^r=d(Aa^{r-1})\) et le quotient \(Aa^{r-1}\) est entier ; donc \(d\) divise encore \(a^r\). Le même raisonnement, selon que \(s=1\) ou \(s\geq2\), montre que \(d\) divise \(b^s\). Or le plus grand diviseur positif commun de ces puissances vaut \(1\) : on a donc \(d\leq1\), puis \(d=1\). Ainsi \(a,b\) sont premiers entre eux. Cette distinction évite toute expression \(0^0\) lorsque l’une des bases vaut zéro.

Exemple expliqué : Éviter de calculer d’énormes puissances

L’identité \(2\times8-15=1\) prouve que \(8\) et \(15\) sont premiers entre eux. On en déduit \(\operatorname{PGCD}(8^5,15^7)=1\) sans calculer ces puissances.

La condition sur les exposants compte dans la réciproque. On a \(\operatorname{PGCD}(6^0,9)=\operatorname{PGCD}(1,9)=1\), alors que \(\operatorname{PGCD}(6,9)=3\). Un exposant nul efface l’information portée par la base ; il n’est donc pas inclus dans l’équivalence précédente.

Fractions irréductibles : existence et unicité

Définition : Une fraction qu’on ne peut plus simplifier

Pour \(a\in\mathbb{Z}\) et \(b\in\mathbb{N}^*\), la fraction \(a/b\) est irréductible si aucun entier supérieur ou égal à \(2\) ne divise à la fois \(a\) et \(b\). Cela équivaut à \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\).

On choisit ici un dénominateur positif. Si une fraction a un dénominateur négatif, on multiplie d’abord son numérateur et son dénominateur par \(-1\) ; cela ne change pas sa valeur.

Propriété : Réduire une fraction par le PGCD

Soient \(a\in\mathbb{Z}\), \(b\in\mathbb{N}^*\) et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Alors

\[\frac ab=\frac{a/d}{b/d},\]
et la fraction de droite est irréductible.

Démonstration : Égalité de valeur et absence de facteur commun

Posons \(A=a/d\) et \(B=b/d\). Les nombres \(A,B\) sont entiers ; \(B>0\) et \(d>0\). Comme \(a=dA\) et \(b=dB\), on a \(a/b=(dA)/(dB)=A/B\) par simplification du facteur non nul \(d\).

Si un entier \(h\geq2\) divisait \(A\) et \(B\), on pourrait écrire \(A=hA'\) et \(B=hB'\) avec \(A',B'\in\mathbb{Z}\). Alors \(a=(dh)A'\) et \(b=(dh)B'\). Le nombre \(dh\) serait un diviseur positif commun de \(a,b\), strictement supérieur à \(d\), ce qui contredirait la définition du PGCD. La fraction \(A/B\) est donc irréductible.

Proposition : Unicité de la forme irréductible à dénominateur positif

Si \(a/b\) et \(c/e\) sont deux fractions irréductibles, avec \(a,c\in\mathbb{Z}\) et \(b,e\in\mathbb{N}^*\), et si \(a/b=c/e\), alors \(a=c\) et \(b=e\).

Démonstration : Une application de Gauss dans les deux sens

Multiplions l’égalité \(a/b=c/e\) par le même nombre non nul \(be\) :

\[(be)\frac ab=(be)\frac ce, \qquad ae=bc.\]
Le nombre \(b\) divise \(bc\), donc \(ae\). Comme \(\operatorname{PGCD}(b,a)=1\), Gauss donne \(b\mid e\). Symétriquement, \(e\) divise \(ae=bc\) et \(\operatorname{PGCD}(e,c)=1\), donc \(e\mid b\).

Les deux dénominateurs sont positifs. La divisibilité \(b\mid e\) donne \(b\leq e\), et \(e\mid b\) donne \(e\leq b\) ; ainsi \(b=e\). L’égalité \(ae=bc\) devient \(ab=bc\). Divisons les deux membres par \(b\ne0\) :

\[\frac{ab}{b}=\frac{bc}{b},\qquad a=c.\]
La positivité des dénominateurs empêche de compter \(a/b\) et \((-a)/(-b)\) comme deux formes distinctes.

Exemple expliqué : Réduire une fraction négative et vérifier la conclusion

Pour réduire \(-126/198\), on calcule le PGCD des valeurs absolues :

\[198=126+72,\quad126=72+54,\quad72=54+18,\quad54=3\times18.\]
Le dernier reste non nul vaut \(18\). Ainsi
\[\frac{-126}{198}=\frac{18\times(-7)}{18\times11}=\frac{-7}{11}.\]
La propriété de réduction garantit l’irréductibilité ; on peut aussi la vérifier avec un certificat : \((-7)\times(-8)+11\times(-5)=56-55=1\).

Pour un numérateur nul, \(\operatorname{PGCD}(0,b)=b\) avec \(b>0\), donc \(0/b=0/1\). La fraction \(0/1\) est irréductible ; \(0/7\) ne l’est pas, car \(7\) divise à la fois \(0\) et \(7\).

Bon réflexe : Prouver l’irréductibilité sans chercher tous les diviseurs

Si le numérateur et le dénominateur sont des expressions, cherche une combinaison entière égale à \(1\). C’est souvent plus court qu’une liste de diviseurs. Par exemple, pour \(n\in\mathbb{N}\), le dénominateur \(3n+2\) est strictement positif, et

\[\begin{align*} 3(4n+3)-4(3n+2) &=3\times4n+3\times3-4\times3n-4\times2\\ &=12n+9-12n-8=1. \end{align*}\]
Ainsi \((4n+3)/(3n+2)\) est irréductible pour tout \(n\in\mathbb{N}\). Le gain est une preuve uniforme pour tous les \(n\) ; la limite est qu’une combinaison égale à un autre entier ne suffit pas à certifier l’irréductibilité.

S’entraîner avec les hypothèses visibles

À toi : Essai guidé : quatre usages à distinguer

  1. Si \(28\mid9m\), utilise \(28-3\times9=1\) pour déduire une forme de \(m\).

  2. Si \(9\mid N\) et \(14\mid N\), utilise \(2\times14-3\times9=1\) pour montrer que \(126\mid N\).

  3. Réduis \(-84/126\) sachant que leur PGCD vaut \(42\) ; vérifie que la fraction obtenue est irréductible.

  4. Déduis de \(2\times8-15=1\) la coprimalité de \(8^2\) et \(15^4\). Cite la condition sur les exposants ; n’effectue pas les puissances.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Dans les deux premières questions, indique d’abord les deux nombres qui doivent être premiers entre eux.

Correction expliquée : Ne pas employer un même mot pour quatre raisonnements différents

1. \(28-3\times9=28-27=1\) donne \(\operatorname{PGCD}(28,9)=1\). Avec \(28\mid9m\), Gauss donne \(28\mid m\), soit \(m=28k\) avec \(k\in\mathbb{Z}\). Toutes ces valeurs conviennent, car \(9m=9(28k)=28(9k)\).

2. \(2\times14-3\times9=28-27=1\) montre \(\operatorname{PGCD}(9,14)=1\). Le corollaire du produit donne \(9\times14=126\mid N\). Plus explicitement, \(N=9k\) et \(14\mid9k\) ; Gauss donne \(14\mid k\), donc \(k=14\ell\) et \(N=126\ell\) avec \(\ell\in\mathbb{Z}\).

3. On a \(-84=42\times(-2)\) et \(126=42\times3\), donc

\[\frac{-84}{126}=\frac{42\times(-2)}{42\times3}=\frac{-2}{3}.\]
Le dénominateur est positif. L’identité \((-2)\times1+3\times1=-2+3=1\) prouve que les deux termes sont premiers entre eux : la fraction est irréductible.

4. On calcule d’abord \(2\times8-15=16-15=1\). C’est un certificat entier, donc \(\operatorname{PGCD}(8,15)=1\). Les exposants \(2\) et \(4\) sont des entiers strictement positifs : le corollaire des puissances s’applique et donne \(\operatorname{PGCD}(8^2,15^4)=1\). La condition porte sur les bases avant de passer aux puissances ; le seul fait que les exposants soient différents ne prouve rien.

À toi : À tenter avant de consulter la correction

  1. Décris tous les entiers \(t\) tels que \(35\mid12t\).

  2. Sans développer les puissances, justifie que \(12^3/35^2\) est irréductible.

  3. Si \(15\mid N\) et \(28\mid N\), peut-on conclure \(420\mid N\) ? Justifie, sans supposer que deux nombres différents sont automatiquement premiers entre eux.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Pour les deux premières questions, \(3\times12-35=1\). Pour la dernière, tu peux vérifier \(15\times15-28\times8=1\).

Correction expliquée : Applications avec moins de guidage

1. \(3\times12-35=36-35=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(35,12)=1\). Gauss donne \(35\mid t\), donc \(t=35k\) avec \(k\in\mathbb{Z}\). Réciproquement, \(12(35k)=35(12k)\) ; ces valeurs satisfont toutes la condition.

2. On vient de prouver que \(12,35\) sont premiers entre eux. Les exposants \(3\) et \(2\) sont strictement positifs ; le corollaire sur les puissances donne \(\operatorname{PGCD}(12^3,35^2)=1\). Le dénominateur \(35^2\) étant positif, la fraction est irréductible. Il n’est pas nécessaire de calculer les puissances pour prouver ce résultat.

3. Le calcul \(15\times15-28\times8=225-224=1\) fournit un certificat de coprimalité. Le corollaire du produit s’applique donc à \(15\) et \(28\). Leur produit est \(15\times28=420\) ; on conclut \(420\mid N\).

À toi : Justifier et réfuter : quelles conditions sont indispensables ?

  1. Réfute : « Si \(6\mid4t\), alors \(6\mid t\). » Propose ensuite une conclusion correcte de la forme \(d\mid t\).

  2. Pourquoi la preuve de Gauss multiplie-t-elle l’identité de Bézout par \(c\) et non par un nombre choisi au hasard ?

  3. Les fractions \(1/2\) et \((-1)/(-2)\) ont la même valeur. Pourquoi ne contredisent-elles pas l’unicité démontrée ?

  4. Que manque-t-il dans : « \(4\) et \(6\) divisent \(12\), donc \(24\) divise \(12\) » ? Pourquoi \(\operatorname{PGCD}(6^0,9)=1\) ne prouve-t-il pas que \(6\) et \(9\) sont premiers entre eux ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. Pour la première question, essaie \(t=3\). Puis écris \(4t=6k\) et divise les deux membres par \(2\).

Correction expliquée : Changer une hypothèse change la conclusion

1. Avec \(t=3\), on a \(4t=12=6\times2\), mais \(6\) ne divise pas \(3\). La coprimalité nécessaire manque : \(\operatorname{PGCD}(6,4)=2\).

Une conclusion correcte est \(3\mid t\). En effet, \(6\mid4t\) signifie \(4t=6k\) pour un entier \(k\). Divisons les deux membres par le coefficient non nul \(2\) :

\[\frac{4t}{2}=\frac{6k}{2},\qquad 2t=3k.\]
Ainsi \(3\mid2t\). Comme \(3-2=1\), les nombres \(3\) et \(2\) sont premiers entre eux ; Gauss donne \(3\mid t\). On n’a donc pas retiré le facteur \(4\) sans condition : on a d’abord simplifié une égalité, puis vérifié une nouvelle coprimalité.

2. Multiplier \(au+bv=1\) par \(c\) fait apparaître le produit \(bc\), sur lequel porte l’hypothèse de divisibilité, et le nombre \(c\) que l’on veut atteindre : \(acu+bcv=c\). Ce choix relie exactement les deux hypothèses à l’objectif.

3. La proposition d’unicité impose des dénominateurs positifs. Le dénominateur \(-2\) n’en respecte pas l’hypothèse. Après changement des deux signes, \((-1)/(-2)\) devient \(1/2\), la même forme normalisée.

4. Le produit des deux diviseurs ne peut être utilisé ici : \(\operatorname{PGCD}(4,6)=2\), et non \(1\). De fait, \(12/24=1/2\) n’est pas un entier. Quant à \(6^0=1\), l’exposant zéro est exclu de la réciproque du corollaire des puissances. Le PGCD de \(1\) et \(9\) vaut bien \(1\), mais celui de \(6\) et \(9\) vaut \(3\). Dans les deux cas, la conclusion échoue parce qu’une hypothèse précise a disparu.

Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse fournit un contre-exemple calculé, nomme l’hypothèse absente et justifie une réparation correcte. Dans la preuve, elle explique l’utilité de la multiplication ; pour l’unicité, elle identifie la condition de signe.

Pour réparer une erreur : Si tu as appliqué Gauss trop vite

La première ligne à contrôler est « \(a\mid bc\), donc \(a\mid c\) ». Demande immédiatement : a-t-on prouvé que \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux ?

Exemple plus simple. Si \(2\mid3t\), on peut conclure \(2\mid t\), car \(3-2=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(2,3)=1\).

Nouvel essai. Si \(3\mid2t\), peut-on conclure \(3\mid t\) ?

Correction. Oui : \(3-2=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(3,2)=1\). Les deux hypothèses de Gauss sont satisfaites, donc \(3\mid t\).

Retour. Pour \(6\mid4t\), le PGCD de \(6\) et \(4\) n’est pas \(1\). Le nouvel essai s’applique seulement après la réduction expliquée dans la correction précédente, qui donne \(3\mid2t\). La conclusion correcte est \(3\mid t\), pas \(6\mid t\).

Pour réparer une erreur : Si tu as soustrait au lieu de diviser dans une fraction

Le passage erroné \(14/21=(14-7)/(21-7)=7/14\) ne conserve pas la valeur d’une fraction. Une réduction simplifie un facteur commun, pas une quantité retranchée.

Rappel corrigé. \(6/9=(3\times2)/(3\times3)=2/3\) : le même facteur non nul \(3\) est simplifié.

Nouvel essai. Réduis \(10/15\) et contrôle l’égalité obtenue.

Correction. \(10/15=(5\times2)/(5\times3)=2/3\). On vérifie les produits croisés : \(10\times3=30\) et \(15\times2=30\). Comme \(3-2=1\), la fraction \(2/3\) est irréductible.

Retour. La bonne réduction est \(14/21=(7\times2)/(7\times3)=2/3\). La valeur \(7/14=1/2\) était différente : \(2\times2=4\), tandis que \(3\times1=3\).

Pour réparer une erreur : Si tu as oublié une condition d’un corollaire

Produit de diviseurs. La première erreur serait de déduire \(ab\mid N\) de deux divisibilités sans vérifier \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). Pour reprendre simplement, \(3\) et \(5\) divisent \(30\), et \(2\times3-5=1\) prouve leur coprimalité : \(15\) divise bien \(30\).

Nouvel essai corrigé. Si \(4\mid N\) et \(9\mid N\), peut-on multiplier les deux diviseurs ? Oui : \(9-2\times4=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(4,9)=1\), donc \(36\mid N\). De retour au couple \(4,6\), ce contrôle échoue puisque leur PGCD vaut \(2\) ; on ne peut pas conclure \(24\mid N\) de ces seules données.

Puissances. L’erreur serait de remonter de \(\operatorname{PGCD}(6^0,9)=1\) à la coprimalité de \(6,9\). Le rappel est précis : la réciproque utilise des exposants au moins égaux à \(1\), afin que tout diviseur d’une base divise encore sa puissance sans que la base disparaisse.

Nouvel essai corrigé. Si \(\operatorname{PGCD}(a^2,b^3)=1\), que peut-on conclure ? Les exposants \(2,3\) sont positifs : tout diviseur positif commun de \(a,b\) divise \(a^2,b^3\), donc il vaut \(1\) ; ainsi \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). De retour à l’exposant zéro, \(6^0=1\) a effacé tous les diviseurs de \(6\) ; le même raisonnement ne s’applique plus.

À toi : À reprendre plus tard, avant relecture

  1. Un entier \(z\) vérifie \(18\mid25z\) et \(5\mid z\). Montre que \(90\mid z\).

  2. La fraction \(18^2/25^3\) est-elle irréductible ? Justifie sans développer les puissances.

  3. Réduis \(-195/286\) et explique pourquoi la forme obtenue est irréductible.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Tu peux vérifier \(7\times18-5\times25=1\) et \(2\times18-7\times5=1\). Pour la fraction numérique, Euclide commence par \(286=195+91\).

Correction expliquée : Reprise différée

1. Le calcul \(7\times18-5\times25=126-125=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(18,25)=1\). Avec \(18\mid25z\), Gauss donne \(18\mid z\). On sait aussi \(5\mid z\), et \(2\times18-7\times5=36-35=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(18,5)=1\). Le corollaire du produit donne donc \(18\times5=90\mid z\).

2. L’identité précédente montre \(\operatorname{PGCD}(18,25)=1\). Les exposants \(2,3\) sont strictement positifs : \(\operatorname{PGCD}(18^2,25^3)=1\). Le dénominateur est positif, donc la fraction est irréductible.

3. Les divisions donnent

\[286=195+91,\qquad195=2\times91+13,\qquad91=7\times13.\]
Le PGCD vaut \(13\). Comme \(-195=13\times(-15)\) et \(286=13\times22\),
\[\frac{-195}{286}=\frac{13\times(-15)}{13\times22}=\frac{-15}{22}.\]
Diviser par le PGCD produit une fraction irréductible. Un certificat confirme cette propriété : \((-15)\times(-3)+22\times(-2)=45-44=1\). La forme obtenue a bien un dénominateur positif.

À retenir : L’essentiel

Gauss permet d’enlever un facteur d’un produit divisible seulement après vérification de la coprimalité avec le diviseur. Deux diviseurs premiers entre eux peuvent être multipliés. La coprimalité est conservée par des puissances d’exposants positifs. Une fraction se réduit par son PGCD ; sa forme irréductible à dénominateur positif est unique.

8 Équations diophantiennes : trouver toutes les solutions

Pour avancer. Passer d’une identité de Bézout à une description complète des couples entiers, puis imposer les contraintes du problème.

Définition : Les inconnues doivent être entières

Dans cette unité, une équation diophantienne linéaire à deux inconnues est une équation

\[ax+by=c,\qquad a,b,c\in\mathbb{Z},\]
dont on cherche les solutions \((x,y)\in\mathbb{Z}^2\). Résoudre l’équation signifie décrire tous les couples entiers qui la vérifient, et seulement eux. Une solution particulière est un seul de ces couples. Des conditions supplémentaires, comme \(x,y\ge0\), se traitent après la recherche dans \(\mathbb{Z}^2\).

Remarque : Les outils antérieurs utilisés ici

Pour deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls, \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) est positif et divise \(a\) et \(b\). Tout diviseur commun divise aussi \(d\). Si un argument est nul, le PGCD est directement la valeur absolue de l’autre. Sinon, on applique Euclide aux valeurs absolues : le PGCD est le diviseur de la dernière division, celle dont le reste est nul. On le décrit aussi comme le dernier reste non nul, en comptant le diviseur initial lorsque la première division est déjà exacte. L’identité de Bézout, déjà démontrée, fournit \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(au+bv=d\).

Le couple réduit \(A=a/d\), \(B=b/d\) est formé d’entiers premiers entre eux : \(\operatorname{PGCD}(A,B)=1\). Le théorème de Gauss, déjà démontré, affirme : si \(m\mid pq\) et \(\operatorname{PGCD}(m,p)=1\), alors \(m\mid q\). Enfin, \(m\mid q\) signifie qu’il existe un entier \(k\) tel que \(q=mk\). Les coefficients de Bézout et les paramètres peuvent être négatifs.

Savoir si une solution entière existe

Avant de commencer : Une obstruction que l’on peut voir avant de calculer

Les équations \(35x+21y=5\) et \(35x+21y=14\) peuvent-elles avoir des solutions entières ? Cherche d’abord un diviseur commun aux deux coefficients.

Correction expliquée : L’intégralité change la question

Pour des entiers \(x,y\), \(35x+21y=7(5x+3y)\) est divisible par \(7\). Il ne peut donc pas être égal à \(5\) : la première équation n’a aucune solution entière. La seconde en possède : \((1,-1)\) convient car \(35\times1+21\times(-1)=35-21=14\). Si tu avais choisi une valeur fractionnaire pour \(x\), reviens à la définition : ici les deux coordonnées doivent être entières.

Théorème : Critère d’existence

Soient \(a,b,c\in\mathbb{Z}\), avec \((a,b)\ne(0,0)\), et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Alors

\[ax+by=c\text{ possède une solution dans }\mathbb{Z}^2 \quad\Longleftrightarrow\quad d\mid c.\]
Si \(au+bv=d\) et \(c=dh\) avec \(h\in\mathbb{Z}\), un couple solution est \((hu,hv)\).

Démonstration : Deux sens, deux rôles

Nécessité. Puisque \(d\mid a\) et \(d\mid b\), on peut écrire \(a=dA\) et \(b=dB\) avec \(A,B\in\mathbb{Z}\). Si \((x,y)\) est une solution entière,

\[c=ax+by=dAx+dBy=d(Ax+By).\]
Le nombre \(Ax+By\) est entier, donc \(d\mid c\).

Suffisance. Supposons \(d\mid c\), donc \(c=dh\) pour un entier \(h\). Bézout donne \(au+bv=d\) avec \(u,v\) entiers. En multipliant les deux membres par \(h\),

\[h(au+bv)=hd,\qquad a(hu)+b(hv)=c.\]
Les nombres \(hu,hv\) sont entiers ; ils donnent bien une solution. Le premier sens permet de prouver l’impossibilité ; le second construit une solution lorsqu’elle existe.

Exemple expliqué : Une solution particulière construite par Bézout

Cherchons d’abord une solution de \(28x+44y=12\). Euclide donne

\[44=28+16,\quad 28=16+12,\quad 16=12+4,\quad 12=3\times4+0.\]
Ainsi \(d=4\), et \(4\mid12\). Pour construire la solution, on exprime ce dernier reste non nul avec les coefficients de départ :
\[\begin{align*} 4&=16-12\\ &=16-(28-16)\\ &=16-28+16=2\times16-28\\ &=2(44-28)-28\\ &=2\times44-2\times28-28\\ &=2\times44-3\times28. \end{align*}\]
Comme \(12=3\times4\), multiplions les deux membres par \(3\) :
\[12=3(2\times44-3\times28) =3\times2\times44-3\times3\times28 =6\times44-9\times28.\]
On lit \(x_0=-9\), \(y_0=6\), dans l’ordre des coefficients \(28\) puis \(44\). Contrôle :
\[28(-9)+44\times6=-252+264=12.\]
Le couple \((-9,6)\) convient. Il n’est pas nécessaire que ses coordonnées soient positives pour résoudre dans \(\mathbb{Z}^2\). Un autre couple, plus petit, est \((2,-1)\) : \(56-44=12\) ; nous l’utiliserons pour décrire toutes les solutions.

Méthode : Décider et construire avant de chercher toutes les solutions

Calcule \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), en utilisant les valeurs absolues si les coefficients sont négatifs. Si \(d\) ne divise pas \(c\), conclus immédiatement à l’absence de solution entière. Sinon, remonte Euclide pour obtenir une combinaison égale à \(d\), puis multiplie les deux coefficients par l’entier \(c/d\). Si un coefficient de l’équation est négatif, reporte correctement son signe dans la coordonnée correspondante. Contrôle enfin le couple par substitution dans l’équation initiale. Une solution évidente déjà vérifiée peut remplacer la remontée, mais pas le contrôle.

À toi : Essai guidé : existence et construction

Pour \(24x+42y=18\) :

  1. termine Euclide à partir de \(42=24+18\) ;

  2. exprime le PGCD en fonction de \(24\) et \(42\) ;

  3. construis et vérifie une solution ;

  4. explique pourquoi remplacer \(18\) par \(20\) changerait la conclusion.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le facteur qui transforme le PGCD en \(18\) multiplie les deux coefficients de Bézout.

Correction expliquée : Les deux coefficients sont multipliés

On a \(24=18+6\) et \(18=3\times6+0\), donc le PGCD est \(6\). Puis

\[6=24-18=24-(42-24)=24-42+24=2\times24-42.\]
Comme \(18=3\times6\), on obtient
\[18=3(2\times24-42)=3\times2\times24-3\times42 =6\times24-3\times42.\]
Le couple \((6,-3)\) est solution : \(24\times6+42(-3)=144-126=18\). En revanche, \(20\) n’est pas divisible par \(6\) : \(20=3\times6+2\). L’équation avec second membre \(20\) n’a donc aucune solution entière.

Ce que ta réponse doit montrer. Ta justification d’impossibilité doit mentionner le diviseur commun et le fait que toute combinaison entière des coefficients est divisible par ce nombre.

À toi : Essaie avant de lire

Décide si \(36x-60y=24\) possède des solutions entières et donne un couple solution. Que devient la réponse avec second membre \(25\) ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. Calcule le PGCD de \(36\) et \(60\). Dans \(36x-60y\), le coefficient de \(y\) est \(-60\).

Correction expliquée : Le signe appartient au coefficient

Euclide : \(60=36+24\), \(36=24+12\), \(24=2\times12\) ; le PGCD vaut \(12\). Le nombre \(24\) est divisible par \(12\), et

\[12=36-24=36-(60-36)=2\times36-60.\]
En multipliant par \(2\) :
\[24=4\times36-2\times60=36\times4+(-60)\times2.\]
Ainsi \((4,2)\) convient ; le contrôle donne \(144-120=24\). Il ne faut pas prendre \(y=-2\), car le signe moins est déjà dans le coefficient \(-60\). Avec second membre \(25\), le PGCD \(12\) ne divise pas le second membre ; il n’y a pas de solution entière.

Pour réparer une erreur : Une solution réelle n’est pas une solution entière

Une réponse propose \((1/14,0)\) pour \(14x+21y=1\). L’égalité est vraie, mais la première erreur est de ne plus imposer \(x\in\mathbb{Z}\).

Rappel : si les coefficients sont divisibles par \(d\), chaque combinaison à coefficients entiers est divisible par \(d\). Exemple plus simple : \(6x+10y=3\) est impossible dans \(\mathbb{Z}^2\), car \(6x+10y=2(3x+5y)\) est pair.

Nouvel essai : \(10x+15y=5\) est-il possible dans \(\mathbb{Z}^2\) ? Donne un couple et explique pourquoi l’obstruction précédente ne suffit plus.

Correction expliquée : Réparer puis revenir au départ

Le PGCD de \(10\) et \(15\) vaut \(5\), et \(5\) divise le second membre : une solution existe. Le couple \((-1,1)\) donne \(-10+15=5\). Les coefficients ne sont pas tous deux pairs ; l’argument de parité du cas \(6x+10y=3\) ne s’applique donc pas. Au problème initial, \(14\) et \(21\) sont divisibles par \(7\), mais pas \(1\) : aucune solution entière, même si des solutions réelles existent.

À toi : À reprendre plus tard, sans relire l’exemple

Retrouve si \(22x+34y=14\) est soluble dans \(\mathbb{Z}^2\), puis construis une solution à partir d’Euclide.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le dernier reste non nul est \(2\) ; le second membre vaut \(7\) fois ce reste.

Correction expliquée : Une identité puis le bon facteur

Les divisions sont \(34=22+12\), \(22=12+10\), \(12=10+2\) et \(10=5\times2\). Le PGCD est \(2\) et divise \(14\). La remontée donne

\[2=12-10=12-(22-12)=2\times12-22 =2(34-22)-22=2\times34-2\times22-22 =2\times34-3\times22.\]
En multipliant par \(7\), \(14=14\times34-21\times22\). Le couple \((-21,14)\) convient : \(22(-21)+34\times14=-462+476=14\). Les grandes valeurs ne sont pas un défaut ; une seule solution particulière suffit à cette étape.

Décrire toutes les solutions, pas quelques exemples

Avant de commencer : Un seul paramètre ou deux paramètres indépendants ?

Le couple \((2,-1)\) vérifie \(3x+5y=1\). Les couples

\[(2+5k,-1-3\ell),\qquad k,\ell\in\mathbb{Z},\]
sont-ils tous solutions quand \(k\) et \(\ell\) sont choisis indépendamment ?

Correction expliquée : Les variations doivent se compenser

En développant,

\[\begin{align*} 3(2+5k)+5(-1-3\ell) &=3\times2+3\times5k+5\times(-1)+5\times(-3\ell)\\ &=6+15k-5-15\ell=1+15(k-\ell). \end{align*}\]
L’égalité à \(1\) impose \(15(k-\ell)=0\), donc \(k=\ell\). Par exemple, \(k=0\), \(\ell=1\) donne \((2,-4)\) et \(6-20=-14\), pas \(1\). Un même paramètre doit relier les deux coordonnées. Ce diagnostic ne prouve pas encore que l’on a trouvé toutes les solutions : c’est le rôle du théorème suivant.

Théorème : Toutes les solutions à partir d’une solution particulière

Soient \(a,b\) deux entiers non nuls, \(c\in\mathbb{Z}\), \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), \(A=a/d\) et \(B=b/d\). Si \((x_0,y_0)\in\mathbb{Z}^2\) vérifie \(ax_0+by_0=c\), alors toutes les solutions entières, et seulement elles, sont

\[\boxed{x=x_0+Bk,\qquad y=y_0-Ak,\qquad k\in\mathbb{Z}.}\]
Les pas sont les coefficients réduits \(b/d\) et \(-a/d\), pas nécessairement \(b\) et \(-a\).

Démonstration : Pourquoi aucune solution n’est oubliée

Soit \((x,y)\) une solution entière. Soustrayons l’égalité de la solution particulière :

\[ax+by-(ax_0+by_0)=c-c,\]
d’où \(a(x-x_0)+b(y-y_0)=0\). Divisons les deux membres par \(d>0\) :
\[A(x-x_0)+B(y-y_0)=0,\qquad A(x-x_0)=-B(y-y_0).\]
Ainsi \(B\mid A(x-x_0)\). Comme \(\operatorname{PGCD}(A,B)=1\), Gauss donne \(B\mid x-x_0\). Il existe donc \(k\in\mathbb{Z}\) tel que \(x-x_0=Bk\). En substituant,
\[ABk+B(y-y_0)=0,\qquad B\bigl(Ak+y-y_0\bigr)=0.\]
Puisque \(B\ne0\), on divise les deux membres par \(B\) :
\[Ak+y-y_0=0,\qquad y=y_0-Ak.\]
Cela prouve que toute solution figure dans la famille annoncée.

Réciproquement, pour tout \(k\in\mathbb{Z}\), \(x_0+Bk\) et \(y_0-Ak\) sont entiers, et

\[\begin{align*} a(x_0+Bk)+b(y_0-Ak) &=ax_0+aBk+by_0-bAk\\ &=c+(aB-bA)k. \end{align*}\]
Or \(a=dA\) et \(b=dB\), donc \(aB-bA=dAB-dBA=0\). Le résultat vaut bien \(c\). Cette vérification prouve que tous les couples de la famille conviennent.

Exemple expliqué : Pourquoi le paramètre décrit toutes les solutions

Résolvons \(28x+44y=12\) dans \(\mathbb{Z}^2\). Le couple \((2,-1)\) convient, car

\[28\times2+44\times(-1)=56-44=12.\]
Si \((x,y)\) est une solution quelconque, on soustrait les deux égalités membre à membre :
\[28x+44y-(28\times2+44\times(-1))=12-12,\]
donc \(28(x-2)+44(y+1)=0\). On divise les deux membres par \(4\ne0\) :
\[7(x-2)+11(y+1)=0,\qquad 7(x-2)=-11(y+1).\]
Ainsi \(11\) divise \(7(x-2)\). Comme \(\operatorname{PGCD}(11,7)=1\), Gauss permet de conclure que \(11\) divise \(x-2\) : il existe \(k\in\mathbb{Z}\) tel que \(x-2=11k\). En remplaçant dans l’égalité précédente, \(7\times11k=-11(y+1)\). On divise les deux membres par \(11\ne0\), on multiplie les deux membres par \(-1\), puis on soustrait \(1\) aux deux membres :
\[7k=-(y+1),\qquad -7k=y+1,\qquad -7k-1=y.\]
Toute solution est donc de la forme \((2+11k,-1-7k)\).

Réciproquement, pour tout entier \(k\), les deux coordonnées sont entières et

\[\begin{align*} 28(2+11k)+44(-1-7k) &=28\times2+28\times11k+44\times(-1)+44\times(-7k)\\ &=56+308k-44-308k\\ &=12. \end{align*}\]
Ces couples conviennent tous. L’ensemble cherché est donc exactement
\[\boxed{\{(2+11k,-1-7k)\mid k\in\mathbb{Z}\}}.\]
Le même entier \(k\) commande les deux coordonnées : augmenter \(x\) de \(11\) oblige à diminuer \(y\) de \(7\) pour conserver la somme.

Méthode : Une rédaction qui établit vraiment « toutes »

Après le critère d’existence et une solution particulière :

  1. soustrais l’équation de la solution particulière à celle d’une solution quelconque ;

  2. réduis par le PGCD avant d’utiliser Gauss ;

  3. justifie la divisibilité et introduis un paramètre entier ;

  4. retrouve l’autre coordonnée avec ce même paramètre ;

  5. vérifie réciproquement la famille dans l’équation de départ.

Le théorème permet ensuite de raccourcir une rédaction en citant ses hypothèses, mais savoir reconstruire ces étapes évite les erreurs de signe et les familles incomplètes.

À toi : Essai guidé : reprendre la solution déjà construite

On a trouvé \((6,-3)\) pour \(24x+42y=18\). Décris toutes les solutions. Écris d’abord l’équation satisfaite par \(x-6\) et \(y+3\), puis réduis par le PGCD.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Après division par \(6\), les coefficients sont \(4\) et \(7\), premiers entre eux.

Correction expliquée : Les pas ne sont ni 42 ni 24

Soustraire \(24\times6+42(-3)=18\) donne \(24(x-6)+42(y+3)=0\). La division par \(6\ne0\) conduit à \(4(x-6)=-7(y+3)\). Alors \(7\mid4(x-6)\) et \(\operatorname{PGCD}(7,4)=1\), donc \(x-6=7k\) pour un entier \(k\). En remplaçant, \(4\times7k=-7(y+3)\) ; la division par \(7\ne0\) donne \(4k=-(y+3)\), puis \(y=-3-4k\). Réciproquement,

\[\begin{align*} 24(6+7k)+42(-3-4k) &=24\times6+24\times7k+42\times(-3)+42\times(-4k)\\ &=144+168k-126-168k\\ &=18. \end{align*}\]
Les solutions sont donc exactement \((6+7k,-3-4k)\) pour \(k\in\mathbb{Z}\). Avec \(k=-1\), on retrouve la petite solution \((-1,1)\) : \(-24+42=18\).

À toi : Tentative avec un coefficient et un second membre négatifs

Résous entièrement \(18x-30y=-6\) dans \(\mathbb{Z}^2\). Tu peux chercher une petite solution après réduction. Justifie la totalité de ta famille, puis vérifie-la.

Indice, à lire seulement si nécessaire. La réduction donne \(3x-5y=-1\) ; \((3,2)\) convient.

Correction expliquée : Les deux coordonnées peuvent augmenter ensemble

Le PGCD de \(18\) et \(-30\) est celui de \(18\) et \(30\), soit \(6\) : \(30=18+12\), \(18=12+6\), \(12=2\times6\). Il divise \(-6\). Diviser les deux membres de l’équation par \(6\) donne \(3x-5y=-1\). Le couple \((3,2)\) convient car \(3\times3-5\times2=9-10=-1\).

Pour toute solution,

\[3x-5y-(3\times3-5\times2)=(-1)-(-1),\]
donc \(3(x-3)=5(y-2)\). Comme \(\operatorname{PGCD}(5,3)=1\), Gauss donne \(x-3=5k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Puis \(3\times5k=5(y-2)\) ; en divisant les deux membres par \(5\ne0\), \(3k=y-2\), donc \(y=2+3k\). La famille candidate est \((3+5k,2+3k)\). Réciproquement,
\[\begin{align*} 18(3+5k)-30(2+3k) &=18\times3+18\times5k-30\times2-30\times3k\\ &=54+90k-60-90k=-6. \end{align*}\]
Cette famille est complète. Le signe moins du coefficient de \(y\) explique que les deux coordonnées augmentent ensemble.

Ce que ta réponse doit montrer. Une preuve complète doit justifier l’existence, le coefficient réduit, l’application de Gauss, le paramètre commun et la réciproque. Le contrôle de deux valeurs de \(k\) ne remplace pas cette dernière.

Question d’élève : Deux réponses différentes peuvent-elles être correctes ?

Oui. Pour \(28x+44y=12\), les familles

\[(2+11t,-1-7t)\quad\text{et}\quad(-9+11k,6-7k)\]
décrivent le même ensemble. En posant \(k=t+1\),
\[-9+11(t+1)=-9+11\times t+11\times1=-9+11t+11=2+11t,\]
et
\[6-7(t+1)=6-7\times t-7\times1=6-7t-7=-1-7t.\]
Réciproquement, à chaque entier \(k\) correspond l’entier \(t=k-1\). On n’a donc ni ajouté ni perdu de couple. Changer de particulière change l’origine du paramètre, pas les solutions.

Corollaire : Second membre nul

Si \(a,b\) sont non nuls et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), les solutions de \(ax+by=0\) sont

\[x=\frac bd\,k,\qquad y=-\frac ad\,k,\qquad k\in\mathbb{Z}.\]

Démonstration : Une particulière immédiate

Le couple \((0,0)\) convient ; le théorème précédent s’applique avec \(x_0=y_0=0\). Par exemple, \(12x-20y=0\) a pour solutions \((5k,3k)\), \(k\in\mathbb{Z}\) : après division par \(4\), \(3x=5y\) ; Gauss impose \(x=5k\), puis \(y=3k\). La vérification donne \(12(5k)-20(3k)=12\times5k-20\times3k=60k-60k=0\).

Propriété : Quand un coefficient est nul

Les formules précédentes ont supposé \(a\) et \(b\) non nuls. Les cas restants se lisent directement :

  • si \(a=0\) et \(b\ne0\), l’équation est \(by=c\) : elle n’a pas de solution si \(b\nmid c\) ; sinon \(y=c/b\) et \(x\) est un entier quelconque ;

  • si \(a\ne0\) et \(b=0\), il faut \(a\mid c\) ; alors \(x=c/a\) et \(y\) est un entier quelconque ;

  • si \(a=b=0\), tous les couples entiers conviennent lorsque \(c=0\), et aucun lorsque \(c\ne0\).

Démonstration : Pourquoi il n’y a pas de division par zéro

Pour \(a=0\), on résout \(by=c\) en divisant par \(b\ne0\) : \(y=c/b\). Cette valeur est entière exactement lorsque \(b\mid c\) ; \(x\) ne figure plus dans l’égalité. Le deuxième cas échange les rôles. Dans le troisième, le membre de gauche est toujours \(0\) : l’égalité devient \(0=c\). On ne calcule pas \(\operatorname{PGCD}(0,0)\), qui n’est pas défini dans ce cours.

Exemple expliqué : Lire les cas nuls sans utiliser une formule hors de ses conditions

\(0x-7y=21\) donne \(y=21/(-7)=-3\) : les solutions sont \((k,-3)\), \(k\in\mathbb{Z}\). \(0x+0y=5\) n’a aucune solution. Pour \(0x+0y=0\), toute paire d’entiers convient ; il faut deux paramètres indépendants, \((k,\ell)\) avec \(k,\ell\in\mathbb{Z}\), car aucune relation ne lie les coordonnées.

Pour réparer une erreur : Une famille vraie mais incomplète

Pour \(6x+9y=3\), une copie annonce seulement \(x=-1+9k\), \(y=1-6k\). Les couples proposés conviennent, mais la première erreur est d’avoir utilisé les coefficients \(9\) et \(6\) au lieu des coefficients réduits \(3\) et \(2\).

Rappel : diviser les deux membres par \(3\ne0\) donne \(2x+3y=1\). Le couple \((-1,1)\) convient. Soustraire son égalité donne \(2(x+1)=-3(y-1)\) ; Gauss, avec \(\operatorname{PGCD}(2,3)=1\), impose \(x=-1+3t\), puis \(y=1-2t\). Le couple \((2,-1)\), obtenu pour \(t=1\), est perdu par la famille erronée, car \(-1+9k=2\) imposerait \(k=1/3\notin\mathbb{Z}\).

Nouvel essai : décris toutes les solutions de \(12x+18y=6\), puis vérifie que \((2,-1)\) en fait partie.

Correction expliquée : Le PGCD règle la taille du pas

La division par \(6\ne0\) redonne \(2x+3y=1\). En partant de \((-1,1)\), la différence donne \(2(x+1)=-3(y-1)\). Puisque \(3\) et \(2\) sont premiers entre eux, \(x=-1+3t\) pour \(t\in\mathbb{Z}\) ; la substitution puis la division par \(3\ne0\) donnent \(y=1-2t\). Réciproquement,

\[\begin{align*} 12(-1+3t)+18(1-2t) &=12\times(-1)+12\times3t+18\times1+18\times(-2t)\\ &=-12+36t+18-36t=6. \end{align*}\]
Avec \(t=1\), on obtient \((2,-1)\), et \(24-18=6\). Au problème initial, les mêmes coordonnées, avec tous les \(t\in\mathbb{Z}\), donnent
\[\begin{align*} 6(-1+3t)+9(1-2t) &=6\times(-1)+6\times3t+9\times1+9\times(-2t)\\ &=-6+18t+9-18t=3. \end{align*}\]
La vérification d’une famille ne prouve donc pas, à elle seule, qu’elle est complète.

À toi : À reprendre plus tard : reconstruis toute la preuve

Résous \(15x+21y=6\) dans \(\mathbb{Z}^2\). Justifie pourquoi tes deux coordonnées utilisent un seul paramètre et contrôle la famille.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Réduis par \(3\) ; une petite particulière est \((-1,1)\).

Correction expliquée : Soustraction, Gauss, réciproque

Le PGCD vaut \(3\), car \(21=15+6\), \(15=2\times6+3\), \(6=2\times3\). La réduction donne \(5x+7y=2\), et \(5(-1)+7\times1=2\). Une solution quelconque vérifie donc \(5(x+1)=-7(y-1)\). De \(7\mid5(x+1)\) et \(\operatorname{PGCD}(7,5)=1\), on déduit \(x+1=7k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Substituer puis diviser par \(7\) donne \(5k=-(y-1)\), donc \(y=1-5k\). Réciproquement,

\[\begin{align*} 15(-1+7k)+21(1-5k) &=15\times(-1)+15\times7k+21\times1+21\times(-5k)\\ &=-15+105k+21-105k=6. \end{align*}\]
Les solutions sont exactement \((-1+7k,1-5k)\), \(k\in\mathbb{Z}\). Le même \(k\) est imposé par l’égalité reliant les différences des coordonnées.

Garder seulement les solutions autorisées par le contexte

Avant de commencer : Entier, positif, strictement positif

Pour \(k\in\mathbb{Z}\), résous \(-3k\ge-8\), puis \(2+5k>0\). Attention : \(\mathbb{N}\) contient \(0\), tandis qu’une quantité strictement positive doit être au moins égale à \(1\) lorsqu’elle est entière.

Correction expliquée : Le sens de l’inégalité et l’arrondi entier

Diviser \(-3k\ge-8\) par \(-3<0\) renverse le sens : \(k\le8/3\). Comme \(2<8/3<3\) et \(k\) est entier, cela équivaut à \(k\le2\). Pour \(2+5k>0\), soustraire \(2\) donne \(5k>-2\), puis diviser par \(5>0\) donne \(k>-2/5\). Les entiers qui conviennent sont donc \(k\ge0\). On ne remplace pas une borne réelle par son arrondi habituel : on cherche le premier ou le dernier entier autorisé.

Méthode : Des contraintes sur les coordonnées aux contraintes sur le paramètre

Commence par la famille entière complète. Remplace \(x\) et \(y\) par leurs expressions en \(k\) dans toutes les conditions. Résous chaque inégalité, en renversant son sens si tu divises par un nombre négatif. Garde ensuite les valeurs entières communes aux intervalles obtenus. Calcule les couples correspondants et vérifie l’équation initiale ainsi que les contraintes. Des coefficients positifs et un total positif donnent souvent un nombre fini de possibilités ; des coefficients de signes opposés peuvent laisser une infinité de couples naturels.

Exemple expliqué : Deux formats de boîtes et un total imposé

Un atelier range \(330\) marqueurs dans des boîtes de \(14\) ou de \(22\) marqueurs, entièrement remplies. On note \(x\) le nombre de boîtes de \(14\) et \(y\) le nombre de boîtes de \(22\). On cherche

\[14x+22y=330,\qquad x,y\in\mathbb{N}.\]
Le PGCD des coefficients est \(2\), car \(22=14+8\), \(14=8+6\), \(8=6+2\) et \(6=3\times2\). La réduction donne \(7x+11y=165\), avec la particulière \((0,15)\). Le théorème de la famille complète donne
\[x=11k,\qquad y=15-7k,\qquad k\in\mathbb{Z}.\]
La substitution confirme :
\[\begin{align*} 14(11k)+22(15-7k) &=14\times11k+22\times15+22\times(-7k)\\ &=154k+330-154k=330. \end{align*}\]
Il reste à imposer les quantités naturelles :
\[\begin{align*} x\ge0&\Longleftrightarrow 11k\ge0 \Longleftrightarrow k\ge0,\\ y\ge0&\Longleftrightarrow 15-7k\ge0 \Longleftrightarrow -7k\ge-15 \Longleftrightarrow k\le\frac{15}{7}. \end{align*}\]
La dernière division se fait par \(-7<0\), donc le sens change. Comme \(2<15/7<3\), les seuls paramètres entiers sont \(k=0,1,2\).

\(k\) \(x\) \(y\) Contrôle du total
\(0\) \(0\) \(15\) \(0+330=330\)
\(1\) \(11\) \(8\) \(154+176=330\)
\(2\) \(22\) \(1\) \(308+22=330\)

Si l’atelier exige au moins une boîte de chaque format, on ajoute \(x\ge1\) et \(y\ge1\) : le couple \((0,15)\) est exclu, et les deux autres restent.

Lecture du schéma. La droite représente les solutions réelles de l’équation. Les trois points marqués sont les seules solutions à coordonnées entières et non négatives, comme l’a établi le paramètre \(k\). La figure aide à voir le pas \((+11,-7)\) ; elle ne remplace pas la preuve d’exhaustivité.

À toi : Essai guidé : transformer toutes les bornes

Cherche les couples \((x,y)\in\mathbb{N}^2\) vérifiant \(8x+14y=100\). Pars de \((2,6)\), puis traite aussi la condition supplémentaire \(x\le5\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le PGCD vaut \(2\) ; les pas réduits sont \(+7\) et \(-4\).

Correction expliquée : Croiser les deux conditions

Le PGCD vaut \(2\) : \(14=8+6\), \(8=6+2\), \(6=3\times2\). La particulière est vérifiée par \(8\times2+14\times6=16+84=100\). Les solutions entières sont donc \(x=2+7k\), \(y=6-4k\), \(k\in\mathbb{Z}\). La substitution donne

\[\begin{align*} 8(2+7k)+14(6-4k) &=8\times2+8\times7k+14\times6+14\times(-4k)\\ &=16+56k+84-56k=100. \end{align*}\]

Pour \(x\ge0\), on obtient \(7k\ge-2\), puis \(k\ge-2/7\), soit \(k\ge0\) pour un entier. Pour \(y\ge0\), on obtient \(-4k\ge-6\), puis \(k\le6/4=3/2\), soit \(k\le1\). Ainsi \(k=0\) ou \(1\) : les couples naturels sont \((2,6)\) et \((9,2)\). Leurs totaux sont \(16+84=100\) et \(72+28=100\). La condition supplémentaire \(x\le5\) ne garde que \((2,6)\).

À toi : Une condition supplémentaire change la sélection

Décris les solutions naturelles de \(12x+20y=160\), puis celles dont les deux coordonnées sont strictement positives. Parmi ces couples, lesquels satisfont aussi \(x+y=10\) ? Justifie chaque sélection en écrivant les bornes correspondantes sur le paramètre ; explique en particulier pourquoi un couple disparaît quand on exige des coordonnées strictement positives.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Après réduction, une particulière est \((0,8)\).

Correction expliquée : Équation, positivité, puis contrainte supplémentaire

Le PGCD est \(4\) : \(20=12+8\), \(12=8+4\), \(8=2\times4\). La réduction donne \(3x+5y=40\). Le couple \((0,8)\) convient et les coefficients \(3,5\) sont premiers entre eux. Toutes les solutions sont \(x=5k\), \(y=8-3k\), \(k\in\mathbb{Z}\) ; le contrôle initial donne

\[\begin{align*} 12(5k)+20(8-3k) &=12\times5k+20\times8+20\times(-3k)\\ &=60k+160-60k=160. \end{align*}\]
Pour \(x,y\ge0\), il faut \(k\ge0\) et \(k\le8/3\), donc \(k=0,1,2\). On obtient \((0,8)\), \((5,5)\) et \((10,2)\). Leurs totaux dans l’équation initiale sont respectivement \(0+160\), \(60+100\) et \(120+40\).

Pour \(x,y\ge1\), la première condition impose \(k\ge1\) et la seconde \(8-3k\ge1\), donc \(k\le7/3\), soit \(k\le2\). Il reste \((5,5)\) et \((10,2)\). Enfin, \(x+y=5k+8-3k=8+2k\). Imposer \(8+2k=10\), soustraire \(8\) puis diviser par \(2\ne0\) donne \(k=1\) : seul \((5,5)\) convient.

Ce que ta réponse doit montrer. Explique séparément le domaine de départ, les bornes sur le paramètre et chaque restriction nouvelle ; ne supprime pas le couple à coordonnée nulle avant d’avoir demandé une positivité stricte.

Remarque : Avec des signes opposés, la liste peut être infinie

Pour \(18x-30y=-6\), on a établi \(x=3+5k\), \(y=2+3k\). Les conditions \(x,y\ge0\) donnent

\[k\ge-\frac35,\qquad k\ge-\frac23.\]
Comme \(k\) est entier, elles équivalent toutes deux à \(k\ge0\). Il existe donc une infinité de couples naturels : tous ceux de la famille avec \(k=0,1,2,\ldots\). Ne cherche pas un dernier couple simplement parce que le second membre est fixé : ici une augmentation des deux termes peut se compenser par la soustraction.

Pour réparer une erreur : Une inégalité renversée dans le mauvais sens

Dans \(15-7k\ge0\), une copie écrit \(-7k\ge-15\), puis \(k\ge15/7\). La première erreur est cette dernière ligne : diviser par \(-7\) renverse le sens.

Rappel plus simple : \(5-2k\ge0\) donne \(-2k\ge-5\), puis \(k\le5/2\) ; pour \(k\in\mathbb{Z}\), cela signifie \(k\le2\). Vérification : \(k=2\) donne \(1\ge0\) ; \(k=3\) donne \(-1\not\ge0\).

Nouvel essai : résous \(9-4k>0\) pour \(k\in\mathbb{Z}\), sans confondre borne stricte et arrondi.

Correction expliquée : Contrôler un entier juste avant et juste après la borne

On soustrait \(9\) : \(-4k>-9\). On divise par \(-4<0\) : \(k<9/4\). Comme \(2<9/4<3\), les entiers autorisés sont \(k\le2\). En effet \(9-4\times2=1>0\), tandis que \(9-4\times3=-3\) ne convient pas. Au problème des boîtes, \(15-7k\ge0\) donne donc \(k\le15/7\), puis \(k\le2\), et non \(k\ge3\).

À toi : Reprise différée : une liste finie avec positivité stricte

Sans relire l’exemple, trouve tous les couples d’entiers strictement positifs tels que \(9x+15y=180\). Justifie qu’aucun couple n’a été oublié.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le couple \((0,12)\) est utile pour résoudre dans \(\mathbb{Z}^2\), même s’il ne respecte pas ensuite la positivité stricte.

Correction expliquée : La particulière n’a pas besoin de satisfaire les contraintes finales

Le PGCD est \(3\) ; \(15=9+6\), \(9=6+3\), \(6=2\times3\). La réduction donne \(3x+5y=60\), dont \((0,12)\) est une solution. Le théorème donne toutes les solutions \(x=5k\), \(y=12-3k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Le contrôle initial est

\[\begin{align*} 9(5k)+15(12-3k) &=9\times5k+15\times12+15\times(-3k)\\ &=45k+180-45k=180. \end{align*}\]

Pour \(x\ge1\), \(5k\ge1\) impose \(k\ge1\). Pour \(y\ge1\), \(12-3k\ge1\) équivaut à \(-3k\ge-11\), puis à \(k\le11/3\) ; pour un entier, \(k\le3\). Donc \(k=1,2,3\), d’où \((5,9)\), \((10,6)\) et \((15,3)\). Les contrôles sont \(45+135=180\), \(90+90=180\) et \(135+45=180\). Le théorème décrit toutes les solutions entières, puis les inégalités ont gardé exactement tous les paramètres autorisés : c’est la justification d’exhaustivité.

À retenir : Le fil d’une résolution

Pour \(ax+by=c\), commence par le domaine et les éventuels coefficients nuls. Si \((a,b)\ne(0,0)\), calcule \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) : une solution entière existe exactement lorsque \(d\mid c\). Construis et contrôle une particulière. Si \(a,b\ne0\), la famille complète est

\[x=x_0+\frac bd\,k,\qquad y=y_0-\frac ad\,k,\qquad k\in\mathbb{Z}.\]
Un seul paramètre relie les deux coordonnées. Justifie la nécessité et la réciproque lorsque tu reconstruis la méthode. Termine par les contraintes du contexte : naturel signifie \(\ge0\), strictement positif signifie \(\ge1\) pour un entier. Une famille vérifiée peut être incomplète ; une solution particulière peut avoir des coordonnées négatives ; une division d’inégalité par un nombre négatif renverse son sens.

9 Inverses et congruences linéaires

Pour avancer. Savoir quand un coefficient peut être inversé, puis décrire toutes les solutions d’une congruence, même lorsqu’il y en a plusieurs modulo le module donné.

Remarque : Le sens d’une congruence

Pour un entier \(n\ge2\), \(s\equiv t\;[n]\) signifie \(n\mid s-t\) : il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(s-t=nq\). Les nombres \(s\) et \(t\) ont le même reste dans la division euclidienne par \(n\). La classe de \(r\) modulo \(n\) désigne ici l’ensemble des entiers \(r+kn\), \(k\in\mathbb{Z}\) ; on peut choisir son unique représentant entre \(0\) et \(n-1\).

On peut additionner les mêmes nombres ou multiplier par un même entier les deux membres d’une congruence : un multiple de \(n\) reste un multiple de \(n\). En revanche, diviser demande une condition ou un changement de module ; c’est l’un des points centraux de cette unité.

Nous utiliserons aussi deux résultats déjà démontrés : Bézout donne \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\Longleftrightarrow au+nv=1\) pour certains \(u,v\in\mathbb{Z}\) ; Gauss donne \(n\mid az\) et \(\operatorname{PGCD}(n,a)=1\Longrightarrow n\mid z\). Le PGCD est positif, et le couple \((a/\operatorname{PGCD}(a,n),n/\operatorname{PGCD}(a,n))\) est coprime.

Inverser une multiplication modulo un entier

Avant de commencer : Un produit égal à 1 à un multiple près

Pourquoi \(3\) permet-il d’inverser la multiplication par \(7\) modulo \(10\) ? Peut-on trouver un entier \(r\) tel que \(6r\equiv1\;[10]\) ?

Correction expliquée : Un succès et une impossibilité

On a \(7\times3=21=2\times10+1\), donc \(7\times3\equiv1\;[10]\). Multiplier ensuite par \(3\) permet ainsi de retrouver la valeur de départ modulo \(10\) après une multiplication par \(7\). Pour \(6r\equiv1\;[10]\), il faudrait \(6r-1=10q\) avec \(q\in\mathbb{Z}\). Le membre de gauche est impair, celui de droite pair : c’est impossible. Le fait que \(6\) soit non nul ne suffit donc pas à autoriser son inversion modulo \(10\).

Définition : Inverse modulo n

Pour \(a\in\mathbb{Z}\) et \(n\ge2\), un inverse de \(a\) modulo \(n\) est un entier \(u\) tel que

\[au\equiv1\;[n].\]
C’est le produit qui doit avoir pour reste \(1\), pas nécessairement être égal à \(1\) dans \(\mathbb{Z}\). Un inverse modulaire n’est donc pas, en général, le nombre réel \(1/a\).

Théorème : Existence et unicité modulo n

Un entier \(a\) possède un inverse modulo \(n\ge2\) si et seulement si \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\). Lorsque c’est le cas, tous ses inverses sont congrus entre eux modulo \(n\) : il existe un unique inverse parmi \(0,1,\ldots,n-1\).

Démonstration : Bézout pour exister, Gauss pour être unique

Si \(au\equiv1\;[n]\), il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(au-1=nq\). En ajoutant \(1-nq\) aux deux membres, on obtient \(au-nq=1\), soit \(au+n(-q)=1\). Les coefficients sont entiers ; le critère de Bézout donne \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\).

Réciproquement, si ce PGCD vaut \(1\), Bézout donne \(au+nv=1\). Alors \(au-1=-nv\), multiple de \(n\), donc \(u\) est un inverse.

Si \(u\) et \(v\) sont deux inverses, \(au\equiv av\;[n]\), donc \(n\mid a(u-v)\). Comme \(\operatorname{PGCD}(n,a)=1\), Gauss donne \(n\mid u-v\), c’est-à-dire \(u\equiv v\;[n]\). Enfin, si \(u\) est un inverse, tout \(u+kn\) l’est aussi :

\[a(u+kn)-1=(au-1)+akn,\]
somme de multiples de \(n\). Les inverses forment donc une seule classe. La division euclidienne fournit son unique représentant entre \(0\) et \(n-1\).

Exemple expliqué : Construire un inverse sans deviner

Cherchons un inverse de \(17\) modulo \(43\). Euclide donne

\[43=2\times17+9,\quad 17=9+8,\quad 9=8+1,\quad 8=8\times1+0.\]
Le dernier reste non nul est \(1\) ; \(\operatorname{PGCD}(17,43)=1\). Remontons les égalités :
\[\begin{align*} 1&=9-8\\ &=9-(17-9)\\ &=9-17+9=2\times9-17\\ &=2(43-2\times17)-17\\ &=2\times43-2\times2\times17-17\\ &=2\times43-4\times17-17\\ &=2\times43-5\times17. \end{align*}\]
Ainsi \(17\times(-5)+43\times2=1\), donc \(17\times(-5)\equiv1\;[43]\). Le coefficient de \(17\), c’est-à-dire \(-5\), est un inverse de \(17\) ; le coefficient \(2\) de \(43\) n’est pas celui que l’on cherche. Comme \(-5+43=38\), on peut retenir le représentant \(38\) entre \(0\) et \(42\). Le contrôle indépendant est
\[17\times38=646=15\times43+1.\]
L’inverse modulo \(43\) est donc la classe de \(38\), et non le nombre réel \(1/17\).

Méthode : Trouver et contrôler un inverse

Calcule \(\operatorname{PGCD}(a,n)\). S’il n’est pas égal à \(1\), arrête : aucun inverse n’existe. Sinon, remonte Euclide pour écrire \(au+nv=1\). Lis le coefficient de \(a\), réduis-le si tu veux entre \(0\) et \(n-1\), puis vérifie que le produit avec \(a\) a pour reste \(1\). Une petite table de produits ou un produit évident peut remplacer la remontée lorsque le module est petit ; la condition et le contrôle restent indispensables.

Représentation intuitive : Une table de restes que l’on peut ou non remonter

Voici deux tables, modulo \(8\) :

\(x\) \(0\) \(1\) \(2\) \(3\) \(4\) \(5\) \(6\) \(7\)
reste de \(3x\) \(0\) \(3\) \(6\) \(1\) \(4\) \(7\) \(2\) \(5\)
reste de \(2x\) \(0\) \(2\) \(4\) \(6\) \(0\) \(2\) \(4\) \(6\)

Dans la ligne de \(3x\), chaque reste apparaît une seule fois ; le reste \(1\) est atteint pour \(x=3\), donc \(3\) est son propre inverse modulo \(8\). Dans la ligne de \(2x\), des entrées différentes ont la même image, et \(1\) n’apparaît jamais : \(2\) n’a pas d’inverse modulo \(8\). Le module \(8\) n’est pas premier, mais certains entiers y sont inversibles : c’est la coprimalité avec le module qui compte. Cette représentation donne du sens à « annuler une multiplication » ; pour un grand module, le théorème et Bézout remplacent la table.

À toi : Essai guidé : lis le bon coefficient

Trouve un inverse de \(13\) modulo \(29\). Commence par \(29=2\times13+3\), puis remonte jusqu’à une identité égale à \(1\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. La division suivante est \(13=4\times3+1\).

Correction expliquée : La remontée fournit directement l’inverse

Euclide se termine par \(3=3\times1+0\), donc le PGCD vaut \(1\). Puis

\[\begin{align*} 1&=13-4\times3\\ &=13-4(29-2\times13)\\ &=13-4\times29+4\times2\times13\\ &=13-4\times29+8\times13\\ &=9\times13-4\times29. \end{align*}\]
Le coefficient de \(13\) est \(9\) ; c’est l’inverse cherché. Contrôle : \(13\times9=117=4\times29+1\). Le coefficient \(-4\) serait, lui, un inverse de \(29\) modulo \(13\) : l’ordre des nombres compte.

À toi : Tentative avec un entier négatif

Trouve un inverse de \(-9\) modulo \(26\), avec un représentant entre \(0\) et \(25\). Décide aussi si \(8\) a un inverse modulo \(20\). Justifie le coefficient choisi dans l’identité, le changement de représentant et l’impossibilité éventuelle ; une valeur annoncée seule ne suffit pas.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Une identité \(3\times9-26=1\) est utile, mais le coefficient de \(-9\) n’est pas \(3\).

Correction expliquée : Conserver le signe puis choisir un représentant

On vérifie \(3\times9-26=27-26=1\). Comme \(9=-(-9)\), cette identité s’écrit \((-3)(-9)-26=1\). Un inverse de \(-9\) est donc \(-3\) ; en ajoutant \(26\), on choisit \(23\). Le contrôle donne

\[(-9)\times23=-207=(-8)\times26+1,\]
donc le reste est bien \(1\). Pour \(8\) et \(20\), Euclide donne \(20=2\times8+4\), \(8=2\times4\) : le PGCD vaut \(4\), pas \(1\). Il n’y a pas d’inverse de \(8\) modulo \(20\).

Ce que ta réponse doit montrer. Explique pourquoi l’identité utilise des coefficients entiers, quel coefficient est l’inverse et pourquoi ajouter le module ne change pas son rôle.

Pour réparer une erreur : Choisir le mauvais coefficient de Bézout

À partir de \(1=2\times43-5\times17\), une copie annonce que \(2\) est un inverse de \(17\) modulo \(43\). La première erreur est de lire le coefficient de \(43\), pas celui de \(17\). Le contrôle dénonce l’erreur : \(17\times2=34\) n’a pas pour reste \(1\) modulo \(43\).

Rappel plus simple : \(5\times5-3\times8=1\) donne un inverse de \(5\) modulo \(8\) égal à \(5\), car c’est le coefficient qui multiplie \(5\).

Nouvel essai : à partir de \(1=5\times17-6\times14\), donne un inverse de \(14\) modulo \(17\) entre \(0\) et \(16\), puis contrôle-le.

Correction expliquée : Le nombre multiplié désigne le coefficient à lire

On écrit l’identité sous la forme \(14(-6)+17\times5=1\). Le coefficient de \(14\) est \(-6\) ; son représentant entre \(0\) et \(16\) est \(-6+17=11\). Contrôle : \(14\times11=154=9\times17+1\). Au problème initial, le coefficient de \(17\) est donc \(-5\), et l’inverse positif est \(38\) modulo \(43\).

À toi : Reprise différée : reconstruis sans la table

Détermine un inverse de \(19\) modulo \(50\). Donne un représentant entre \(0\) et \(49\) et vérifie-le.

Indice, à lire seulement si nécessaire. La suite des restes d’Euclide est \(12,7,5,2,1,0\).

Correction expliquée : Une remontée plus longue, avec les mêmes règles

Les divisions sont

\[50=2\times19+12,\quad 19=12+7,\quad 12=7+5,\quad 7=5+2,\quad 5=2\times2+1.\]
La division suivante, \(2=2\times1+0\), donne un PGCD égal à \(1\). On remonte :
\[\begin{align*} 1&=5-2\times2\\ &=5-2(7-5)=5-2\times7+2\times5=3\times5-2\times7\\ &=3(12-7)-2\times7=3\times12-3\times7-2\times7\\ &=3\times12-5\times7\\ &=3\times12-5(19-12)=3\times12-5\times19+5\times12\\ &=8\times12-5\times19\\ &=8(50-2\times19)-5\times19\\ &=8\times50-8\times2\times19-5\times19\\ &=8\times50-16\times19-5\times19=8\times50-21\times19. \end{align*}\]
L’inverse obtenu est \(-21\), donc on choisit \(-21+50=29\). Le contrôle donne \(19\times29=551=11\times50+1\).

Diviser une congruence : les deux règles à distinguer

Avant de commencer : Une simplification qui perdrait des solutions

On a \(2\times1\equiv2\times4\;[6]\), puisque \(8-2=6\). Peut-on en déduire \(1\equiv4\;[6]\) ? Que devient la conclusion modulo \(3\) ?

Correction expliquée : Le module compte autant que les nombres

Non : \(4-1=3\) n’est pas divisible par \(6\), donc \(1\not\equiv4\;[6]\). En revanche, \(3\mid4-1\), donc \(1\equiv4\;[3]\). La division des deux membres par \(2\) est ici accompagnée d’une division du module par \(2\). Le coefficient \(2\) est non nul, mais il n’est pas premier avec \(6\) : on ne pouvait pas le simplifier en gardant ce module.

Propriété : Simplifier sans changer le module

Si \(\operatorname{PGCD}(k,n)=1\), alors, pour tous \(u,v\in\mathbb{Z}\),

\[ku\equiv kv\;[n]\quad\Longleftrightarrow\quad u\equiv v\;[n].\]

Démonstration : La condition de Gauss est la condition de simplification

La première congruence signifie \(n\mid k(u-v)\). Avec \(\operatorname{PGCD}(n,k)=1\), Gauss donne \(n\mid u-v\), donc \(u\equiv v\;[n]\). Réciproquement, si \(u-v=nq\) avec \(q\) entier, \(ku-kv=knq\) est multiple de \(n\) ; on retrouve la première congruence.

Propriété : Diviser aussi le module

Si \(d\) est un entier strictement positif qui divise \(s\), \(t\) et \(n\), alors

\[s\equiv t\;[n] \quad\Longleftrightarrow\quad \frac{s}{d}\equiv\frac{t}{d}\;[n/d].\]
Les trois quotients sont entiers. Lorsque \(n/d=1\), la congruence réduite est toujours vraie, car tout entier est divisible par \(1\).

Démonstration : Revenir à une égalité

Dire \(s\equiv t\;[n]\) revient à écrire \(s-t=nq\) pour un entier \(q\). La division des deux membres par \(d\ne0\) donne \(s/d-t/d=(n/d)q\). Inversement, multiplier cette dernière égalité par \(d\) redonne \(s-t=nq\). Les deux écritures sont donc équivalentes.

Corollaire : La règle générale de simplification

Pour \(n\ge2\) et \(k\ne0\), pose \(d=\operatorname{PGCD}(k,n)\). Alors

\[ku\equiv kv\;[n] \quad\Longleftrightarrow\quad u\equiv v\;[n/d].\]

Démonstration : Réduire puis simplifier un facteur devenu coprime

Écris \(k=dK\) et \(n=dN\). Diviser par \(d\) donne

\[Ku\equiv Kv\;[N].\]
Les entiers \(K\) et \(N\) sont premiers entre eux, donc la propriété de simplification donne \(u\equiv v\;[N]\) si \(N\ge2\). Si \(N=1\), toutes les congruences affichées sont vraies, et \(n\) divise déjà \(k\) : l’équivalence reste vraie. Chaque étape est réversible.

Exemple expliqué : Même geste apparent, modules différents

Pour \(5x\equiv10\;[12]\), on écrit \(5x\equiv5\times2\;[12]\). Puisque \(\operatorname{PGCD}(5,12)=1\), on simplifie \(5\) sans changer le module : \(x\equiv2\;[12]\).

Pour \(6x\equiv12\;[18]\), on écrit \(6x\equiv6\times2\;[18]\). Cette fois \(\operatorname{PGCD}(6,18)=6\), donc

\[x\equiv2\;[18/6],\qquad x\equiv2\;[3].\]
Les représentants modulo \(18\) sont \(2,5,8,11,14,17\). Par exemple, \(x=5\) convient car \(6\times5-12=18\) ; il serait perdu si l’on écrivait seulement \(x\equiv2\;[18]\).

À toi : Essai guidé : justifie le nouveau module

Simplifie \(8x\equiv24\;[20]\) de deux façons : avec le corollaire général, puis en divisant d’abord par \(4\). Explique pourquoi le résultat n’est pas \(x\equiv3\;[20]\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Écris \(24=8\times3\) ; dans la seconde voie, le module devient \(5\).

Correction expliquée : Deux voies qui conservent le même ensemble

Comme \(\operatorname{PGCD}(8,20)=4\), le corollaire donne directement

\[8x\equiv8\times3\;[20] \Longleftrightarrow x\equiv3\;[5].\]
Autre voie : diviser les deux membres et le module par \(4\) donne \(2x\equiv6\;[5]\), soit \(2x\equiv2\times3\;[5]\). Comme \(\operatorname{PGCD}(2,5)=1\), on simplifie \(2\) en conservant désormais le module \(5\). Toute solution est \(x=3+5k\), et
\[8(3+5k)-24=8\times3+8\times5k-24 =24+40k-24=40k=20(2k).\]
Le nombre \(8=3+5\) convient, mais il n’est pas congru à \(3\) modulo \(20\) ; garder le module initial après simplification aurait donc perdu des solutions.

À toi : Variations de condition, pas seulement de nombres

Pour des entiers \(u,v\) :

  1. justifie si \(5u\equiv5v\;[12]\) équivaut à \(u\equiv v\;[12]\) ;

  2. donne la conclusion correcte à partir de \(6u\equiv6v\;[15]\) ;

  3. réfute la conclusion trop forte \(u\equiv v\;[15]\) dans le deuxième cas.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Pour réfuter une implication, une paire particulière \((u,v)\) suffit.

Correction expliquée : Le PGCD décide de ce que l’on peut conclure

Dans le premier cas, \(\operatorname{PGCD}(5,12)=1\) : Gauss autorise la simplification avec module \(12\), dans les deux sens. Dans le deuxième, \(\operatorname{PGCD}(6,15)=3\) : la conclusion équivalente est \(u\equiv v\;[5]\). Prends \(u=0\), \(v=5\). Alors \(6v-6u=30\) est divisible par \(15\), donc l’hypothèse est vraie. Mais \(v-u=5\) n’est pas divisible par \(15\), donc la conclusion trop forte est fausse.

Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit nommer la condition de coprimalité, annoncer le module conservé ou réduit, et distinguer une équivalence valide d’une implication réfutée.

Pour réparer une erreur : « Le coefficient n’est pas nul » ne suffit pas

Une copie passe de \(2x\equiv2\;[6]\) à \(x\equiv1\;[6]\), parce que \(2\ne0\). La première erreur est d’utiliser une règle des égalités sans contrôler la congruence. En réalité, \(2(x-1)=6q\) équivaut, après division par \(2\), à \(x-1=3q\). Ainsi \(x\equiv1\;[3]\) : modulo \(6\), les deux représentants \(1\) et \(4\) conviennent.

Nouvel essai : simplifie \(9x\equiv18\;[12]\) et indique les représentants modulo \(12\).

Correction expliquée : Le facteur et le module ont un PGCD

On a \(18=9\times2\) et \(\operatorname{PGCD}(9,12)=3\). Le corollaire donne \(x\equiv2\;[12/3]\), soit \(x\equiv2\;[4]\). Les représentants modulo \(12\) sont \(2,6,10\) ; leurs différences avec \(2\) sont des multiples de \(4\). Le contrôle de toute la famille est

\[9(2+4k)-18=9\times2+9\times4k-18 =18+36k-18=36k=12(3k).\]
Au cas de départ, \(x=4\) donne \(2\times4-2=6\) ; c’est la solution perdue par la simplification abusive.

À toi : À reprendre plus tard

Simplifie \(10x\equiv30\;[24]\). Donne les représentants modulo \(24\) et une explication permettant de retrouver le module réduit.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Écris \(30=10\times3\), puis calcule \(\operatorname{PGCD}(10,24)\).

Correction expliquée : Ne pas confondre coefficient et PGCD

Euclide donne \(24=2\times10+4\), \(10=2\times4+2\), \(4=2\times2\), donc le PGCD vaut \(2\). La congruence équivaut à \(x\equiv3\;[24/2]\), soit \(x\equiv3\;[12]\). Les représentants modulo \(24\) sont \(3\) et \(15\). Pour toute la famille \(x=3+12k\),

\[10x-30=10(3+12k)-30 =10\times3+10\times12k-30=30+120k-30=24(5k).\]
Le module a été divisé par le PGCD \(2\), pas par le coefficient \(10\), qui ne divise d’ailleurs pas \(24\).

Résoudre une congruence linéaire complète

Avant de commencer : Une congruence peut n’avoir aucune solution

Compare \(18x\equiv30\;[42]\) et \(18x\equiv31\;[42]\). Sans chercher \(x\), montre que la seconde est impossible.

Correction expliquée : Le second membre doit respecter un diviseur commun

Si \(18x\equiv31\;[42]\), il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(18x-31=42q\). Donc \(31=18x-42q=6(3x-7q)\) devrait être divisible par \(6\), ce qui est faux : \(31=5\times6+1\). Le second membre \(30\), lui, est divisible par \(6\) ; le théorème suivant garantit alors l’existence de solutions.

Théorème : Existence, réduction et nombre de classes

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\), \(n\ge2\), et \(d=\operatorname{PGCD}(a,n)\). La congruence \(ax\equiv b\;[n]\) admet une solution entière si et seulement si \(d\mid b\).

Supposons cette condition remplie, et posons

\[A=\frac ad,\qquad B=\frac bd,\qquad N=\frac nd.\]
Si \(N\ge2\), \(A\) est inversible modulo \(N\). Avec un inverse \(u\) de \(A\), la congruence équivaut à
\[x\equiv uB\;[N].\]
Si \(r\) est le représentant de \(uB\) entre \(0\) et \(N-1\), toutes les solutions sont \(x=r+Nk\), \(k\in\mathbb{Z}\). Modulo le module initial \(n\), elles forment exactement \(d\) classes, représentées par
\[r,\quad r+N,\quad r+2N,\quad\ldots,\quad r+(d-1)N.\]
Si \(N=1\), tous les entiers \(x\) conviennent : il y a alors \(n=d\) classes modulo \(n\).

Démonstration : Pourquoi le PGCD mesure aussi la multiplicité

Si \(ax\equiv b\;[n]\), il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(ax-b=nq\), donc \(b=ax-nq\). Le nombre \(d\) divise \(a\) et \(n\) ; il divise donc cette combinaison et ainsi \(b\).

Réciproquement, Bézout donne \(a\alpha+n\beta=d\). Si \(b=dh\), avec \(h\in\mathbb{Z}\), multiplier l’identité par \(h\) donne \(a(h\alpha)+n(h\beta)=b\). Le choix \(x=h\alpha\) vérifie donc la congruence. Cela prouve le critère d’existence.

Pour décrire les solutions, on divise l’égalité \(ax-b=nq\) par \(d>0\) :

\[Ax-B=Nq.\]
Cette étape est réversible ; l’équation équivaut donc à \(Ax\equiv B\;[N]\). Comme \(\operatorname{PGCD}(A,N)=1\), si \(N\ge2\) il existe \(u\) tel que \(uA\equiv1\;[N]\). Multiplier par \(u\) donne \(x\equiv uB\;[N]\). Réciproquement, multiplier cette dernière congruence par \(A\) redonne \(Ax\equiv AuB\equiv B\;[N]\). Les solutions sont donc exactement \(r+Nk\).

Pour classer ces entiers modulo \(n=dN\), divisons \(k\) par \(d\) : \(k=dh+j\), avec \(h\in\mathbb{Z}\) et \(0\le j<d\). Alors

\[r+Nk=r+N(dh+j)=(r+jN)+nh.\]
La liste des \(d\) représentants annoncés est complète. Ils sont tous entre \(0\) et \(n-1\), puisque \(0\le r<N\). Deux indices \(i,j\) de cette liste ne peuvent donner la même classe : si \(n\mid N(i-j)\), diviser par \(N>0\) donne \(d\mid i-j\) ; or \(|i-j|<d\), donc \(i=j\). Les \(d\) classes sont bien distinctes.

Enfin, si \(N=1\), alors \(d=n\) ; \(n\) divise \(a\) et \(b\). Ainsi \(ax-b\) est multiple de \(n\) pour tout entier \(x\).

Méthode : L’ordre des décisions

  1. Calcule \(d=\operatorname{PGCD}(a,n)\).

  2. Si \(d\nmid b\), conclus : aucune solution entière.

  3. Sinon, divise \(a,b\) et le module \(n\) par \(d\).

  4. Si le module réduit vaut \(1\), tous les entiers conviennent. Sinon, inverse le coefficient réduit avec Bézout.

  5. Donne la famille entière, puis, si demandé, ses \(d\) classes modulo le module initial.

  6. Vérifie par substitution dans la congruence initiale.

Ne cherche pas un inverse de \(a\) modulo \(n\) lorsque leur PGCD dépasse \(1\) : c’est le coefficient réduit qui deviendra inversible.

Exemple expliqué : Réduire le coefficient et le module ensemble

Résolvons \(18x\equiv30\;[42]\). Comme \(\operatorname{PGCD}(18,42)=6\) et \(6\) divise \(30\), la recherche peut aboutir. La congruence signifie qu’il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(18x-30=42q\). On divise les deux membres de cette égalité par \(6\ne0\) :

\[\frac{18x-30}{6}=\frac{42q}{6},\qquad 3x-5=7q.\]
Cette dernière égalité signifie \(3x\equiv5\;[7]\). Réciproquement, une égalité \(3x-5=7q\) multipliée par \(6\) redonne \(18x-30=42q\) : la réduction est bien une équivalence.

Comme \(3\times5=15=2\times7+1\), \(5\) est un inverse de \(3\) modulo \(7\). Multiplions les deux membres de la congruence réduite par \(5\) :

\[15x\equiv25\;[7],\qquad x\equiv4\;[7].\]
Le retour est également permis : \(x\equiv4\;[7]\) implique \(3x\equiv12\equiv5\;[7]\). Ainsi les solutions entières sont exactement \(x=4+7k\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). Pour les décrire modulo le module initial \(42\), on prend \(k=0,1,2,3,4,5\) :
\[\boxed{x\equiv4,\ 11,\ 18,\ 25,\ 32\text{ ou }39\;[42].}\]
Les six représentants sont distincts entre \(0\) et \(41\) ; ajouter \(6\) à \(k\) ajoute \(42\) à \(x\) et revient à la même classe. Plus précisément, la division euclidienne \(k=6h+j\), avec \(0\le j<6\), donne \(x=(4+7j)+42h\), ce qui justifie que la liste est complète. Pour vérifier directement toute la famille,
\[18(4+7k)-30=18\times4+18\times7k-30 =72+126k-30=42+126k=42(1+3k).\]
Ne conserver que \(x\equiv4\;[42]\) ferait perdre cinq classes de solutions ; garder le module \(42\) en divisant simplement les coefficients serait donc une erreur.

Exemple expliqué : Le cas coprime ne donne qu’une classe

Résolvons \(17x\equiv9\;[43]\). Nous disposons de \(17\times38=15\times43+1\), donc \(38\) est un inverse de \(17\) modulo \(43\). En multipliant les deux membres par \(38\),

\[x\equiv38\times9\equiv342\equiv41\;[43],\]
car \(342=7\times43+41\). La famille est \(x=41+43k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Elle est complète par multiplication par l’inverse, opération réversible ici. Le contrôle initial donne
\[\begin{align*} 17(41+43k)-9 &=17\times41+17\times43k-9\\ &=697+731k-9=688+731k\\ &=43(16+17k). \end{align*}\]
Le PGCD vaut \(1\) : il n’y a qu’une classe de solutions modulo \(43\).

À toi : Essai guidé : revenir au module de départ

Résous \(20x\equiv14\;[42]\) et donne tous les représentants entre \(0\) et \(41\). Que se passerait-il avec le second membre \(15\) ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le PGCD vaut \(2\) ; \(10\times19=190=9\times21+1\).

Correction expliquée : Une classe modulo 21, deux modulo 42

Euclide : \(42=2\times20+2\), \(20=10\times2\) ; le PGCD est \(2\). Comme \(2\mid14\), la congruence équivaut à \(10x\equiv7\;[21]\). Le produit fourni montre que \(19\) est un inverse de \(10\) modulo \(21\). On multiplie donc les deux membres par \(19\) :

\[x\equiv19\times7\equiv133\equiv7\;[21],\]
car \(133=6\times21+7\). Toutes les solutions sont \(x=7+21k\), \(k\in\mathbb{Z}\) ; modulo \(42\), les représentants sont \(7\) et \(28\). Ajouter \(2\) à \(k\) ajoute \(42\) à \(x\), d’où exactement deux classes. Le contrôle de la famille donne
\[20(7+21k)-14=20\times7+20\times21k-14 =140+420k-14=126+420k=42(3+10k).\]
Avec second membre \(15\), le PGCD \(2\) ne divise pas \(15\) : aucune solution entière.

À toi : Tentative avec un coefficient négatif

Résous \(-12x\equiv18\;[30]\). Donne une description par un paramètre, puis tous les représentants entre \(0\) et \(29\). Justifie le changement de module et explique pourquoi ta liste contient exactement six représentants ; distingue cette liste de l’ensemble infini des solutions entières.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Réduis par \(6\) ; un inverse de \(-2\) modulo \(5\) est \(2\).

Correction expliquée : L’inverse peut être positif malgré le coefficient négatif

Le PGCD de \(-12\) et \(30\) est \(6\), car \(30=2\times12+6\) et \(12=2\times6\). Il divise \(18\), et la réduction donne \(-2x\equiv3\;[5]\). Puisque \((-2)\times2=-4=-5+1\), \(2\) est bien un inverse de \(-2\) modulo \(5\). Multiplier par \(2\) donne

\[x\equiv6\equiv1\;[5].\]
Donc \(x=1+5k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Les six représentants modulo \(30\) sont \(1,6,11,16,21,26\). Pour contrôler,
\[-12(1+5k)-18=(-12)\times1+(-12)\times5k-18 =-12-60k-18=-30-60k=30(-1-2k).\]
Le module réduit vaut \(5\), mais le module de la liste finale est \(30\) : cette distinction explique les six classes. Plus précisément, augmenter \(k\) de \(6\) ajoute \(5\times6=30\) à \(x\). Tout entier \(k\) s’écrit \(k=6q+r\), avec \(0\le r<6\), d’où
\[x=1+5(6q+r)=1+5\times6q+5\times r =30q+(1+5r).\]
Les six valeurs \(r=0,1,2,3,4,5\) donnent donc exactement les restes déjà listés. Ils sont distincts et compris entre \(0\) et \(29\) ; aucun autre reste n’est possible. Chacun représente cependant une infinité d’entiers, obtenus en ajoutant un multiple de \(30\).

Ce que ta réponse doit montrer. Il faut justifier le PGCD, la réduction du module, le produit qui fournit l’inverse, la famille complète et le nombre de représentants, pas seulement afficher une liste.

Méthode : Autre voie : transformer la congruence en équation

La congruence \(ax\equiv b\;[n]\) équivaut à l’existence de \(y\in\mathbb{Z}\) tel que \(ax-ny=b\). On peut donc résoudre cette équation diophantienne : les premières coordonnées des couples solutions donnent exactement les valeurs de \(x\) cherchées.

Rappel utile : si \(AX+BY=C\), avec \(A,B\ne0\), possède une solution \((X_0,Y_0)\) et si \(d=\operatorname{PGCD}(A,B)\), toutes les solutions sont \(X=X_0+(B/d)t\), \(Y=Y_0-(A/d)t\), \(t\in\mathbb{Z}\). Ce résultat se prouve en soustrayant une particulière, puis en appliquant Gauss aux coefficients réduits, et en vérifiant la réciproque.

À toi : Changer de représentation

Résous \(14x\equiv8\;[30]\) en utilisant l’équation \(14x-30y=8\). Compare ensuite avec une réduction de la congruence.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le couple \((7,3)\) vérifie l’équation.

Correction expliquée : Les deux voies décrivent les mêmes entiers

Le PGCD de \(14\) et \(30\) est \(2\) : \(30=2\times14+2\), \(14=7\times2\). Le couple \((7,3)\) convient car \(14\times7-30\times3=98-90=8\). Soustraire son égalité et diviser par \(2\) donne

\[7(x-7)=15(y-3).\]
Comme \(\operatorname{PGCD}(7,15)=1\), Gauss donne \(x-7=15k\). Puis \(7\times15k=15(y-3)\) ; la division par \(15\ne0\) donne \(y=3+7k\). Réciproquement,
\[\begin{align*} 14(7+15k)-30(3+7k) &=14\times7+14\times15k-30\times3-30\times7k\\ &=98+210k-90-210k=8. \end{align*}\]
Les valeurs cherchées sont donc \(x=7+15k\), soit \(x\equiv7\;[15]\). Modulo \(30\), cela donne les représentants \(7\) et \(22\).

Par la voie de la congruence, on réduit d’abord en \(7x\equiv4\;[15]\). Comme \(7\times13=91=6\times15+1\), un inverse de \(7\) est \(13\). On obtient \(x\equiv52\equiv7\;[15]\), puisque \(52=3\times15+7\). Les descriptions coïncident ; le quotient entier \(y\) a simplement été rendu explicite dans la première méthode.

Pour réparer une erreur : Chercher des solutions alors que le PGCD les interdit

Une copie tente de résoudre \(18x\equiv31\;[42]\) en cherchant un inverse de \(18\). La première erreur est de sauter le calcul du PGCD et la condition sur le second membre.

Exemple plus simple : \(4x\equiv3\;[6]\) demanderait \(4x-3=6q\). Donc \(3=4x-6q=2(2x-3q)\) serait pair : impossible.

Nouvel essai : décide si \(12x\equiv8\;[18]\) possède une solution entière.

Correction expliquée : L’obstruction doit être levée avant toute inversion

Le PGCD de \(12\) et \(18\) vaut \(6\) : \(18=12+6\), \(12=2\times6\). Mais \(6\) ne divise pas \(8\) ; aucune solution n’existe. En effet, une solution donnerait \(8=12x-18q=6(2x-3q)\), contradiction. Au problème initial, \(\operatorname{PGCD}(18,42)=6\) ne divise pas \(31\), donc il n’y a pas de solution non plus. Il ne suffit pas qu’une congruence contienne une inconnue pour qu’elle soit soluble.

Propriété : Coefficient nul ou module réduit égal à 1

Si \(n\mid a\), alors \(ax\equiv b\;[n]\) est vraie pour tous les entiers \(x\) lorsque \(n\mid b\), et pour aucun sinon. Cela inclut \(a=0\). Si le module initial est \(1\), toute congruence entre entiers est vraie ; on ne parle pas ici d’inverse modulo \(1\).

Démonstration : Lire directement la divisibilité

Si \(a=nq\), alors \(ax-b=nqx-b\). Ce nombre est multiple de \(n\) exactement lorsque \(b\) est multiple de \(n\), indépendamment de \(x\). Pour le module \(1\), la différence de deux entiers est toujours divisible par \(1\).

À toi : Cas limites à reconnaître

Sans chercher d’inverse, résous :

\[0x\equiv7\;[11],\qquad 0x\equiv0\;[11],\qquad 24x\equiv36\;[12],\qquad 24x\equiv5\;[12].\]

Correction expliquée : Aucun entier ou tous les entiers

La première demanderait \(11\mid-7\), ce qui est faux : aucune solution. La deuxième demande \(11\mid0\), vrai pour tout entier \(x\) : tous les entiers conviennent. Dans la troisième, \(24x-36=12(2x-3)\) est toujours multiple de \(12\) : tous les entiers conviennent. Dans la quatrième, \(24x\) est multiple de \(12\), alors que \(5\) ne l’est pas : aucune solution. Ces cas correspondent au module réduit \(N=1\) lorsque le critère d’existence est satisfait ; il n’y a pas d’inverse à chercher.

À toi : Reprise différée : retrouver toutes les classes

Résous \(27x\equiv18\;[45]\), puis décide ce qui changerait avec second membre \(19\). Donne la famille entière et les représentants entre \(0\) et \(44\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le PGCD vaut \(9\) ; la congruence réduite porte sur le module \(5\).

Correction expliquée : Une famille courte, neuf représentants

Euclide : \(45=27+18\), \(27=18+9\), \(18=2\times9\), donc le PGCD vaut \(9\). Il divise \(18\) : on réduit en \(3x\equiv2\;[5]\). Comme \(3\times2=6=5+1\), l’inverse de \(3\) modulo \(5\) est \(2\). Ainsi \(x\equiv4\;[5]\), et toutes les solutions sont \(x=4+5k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Les neuf représentants modulo \(45\) sont

\[4,\quad9,\quad14,\quad19,\quad24,\quad29,\quad34,\quad39,\quad44.\]
Ils sont distincts dans l’intervalle de \(0\) à \(44\) ; ajouter \(9\) à \(k\) ajoute \(45\) à \(x\), et tout entier \(k\) a un reste parmi \(0,\ldots,8\) modulo \(9\). La liste est donc complète. Le contrôle initial donne
\[27(4+5k)-18=27\times4+27\times5k-18 =108+135k-18=90+135k=45(2+3k).\]
Avec second membre \(19\), \(9\nmid19\) : aucune solution entière.

À retenir : Le PGCD commande l’existence et le bon module

Un inverse de \(a\) modulo \(n\ge2\) est un entier \(u\) tel que \(au\equiv1\;[n]\). Il existe exactement lorsque \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\), et il est unique modulo \(n\), pas comme entier.

Pour \(ax\equiv b\;[n]\), calcule \(d=\operatorname{PGCD}(a,n)\). Si \(d\nmid b\), il n’y a aucune solution. Sinon, réduis les deux membres et le module par \(d\). Pour un module réduit \(N=n/d\ge2\), inverse le coefficient réduit : tu obtiens une classe modulo \(N\), donc exactement \(d\) classes modulo \(n\). Si \(N=1\), tous les entiers conviennent.

On peut simplifier un facteur sans changer le module lorsqu’il est premier avec ce module. Une simple non-nullité ne suffit pas. Vérifie toujours la solution ou la famille dans la congruence initiale.

10 Programmer Euclide et calculer des coefficients de Bézout

Pour avancer. Lire les états d’un programme, conserver ce qui doit rester vrai et justifier pourquoi le calcul s’arrête.

Un ordinateur exécute les instructions dans l’ordre. Une formule correcte peut donc donner un programme faux si une variable est remplacée trop tôt. Nous allons distinguer trois questions : que représente l’état actuel ? pourquoi le suivant est-il correct ? pourquoi finit-on par s’arrêter ?

Les rappels utiles et un premier repérage

Remarque : Les objets manipulés dans cette unité

Les entrées \(a,b\) sont des entiers relatifs, non tous les deux nuls. Leur PGCD est le plus grand entier positif qui les divise tous les deux. Il ne dépend pas de leurs signes : \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(|a|,|b|)\). Pour \(a\ne0\), \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\) ; nous ne définissons pas \(\operatorname{PGCD}(0,0)\).

Pour des entiers \(A\geq0\) et \(B>0\), la division euclidienne écrit \(A=qB+R\) avec \(q\in\mathbb{N}\) et \(0\leq R<B\). En Python, A // B donne \(q\) et A % B donne \(R\). Les caractères // ne désignent pas une division décimale. Par exemple, \(29=4\times6+5\) donne 29 // 6 = 4 et 29 % 6 = 5.

Une identité de Bézout est une égalité \(au+bv=d\), où \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) et \(u,v\) sont des entiers, éventuellement négatifs. On cherche ici à calculer ces coefficients en même temps que le PGCD.

Avant de commencer : Lire une affectation

Avant de lire la réponse, prends \(A=29\), \(B=6\). Calcule le reste, puis lis successivement R = A % B, A = B, B = R. Quelles valeurs contiennent les trois variables à la fin ?

Réponse. \(29-4\times6=5\), donc \(R=5\) ; \(A\) reçoit ensuite l’ancienne valeur de \(B\), soit \(6\) ; enfin \(B\) reçoit \(5\). L’état final est \(A=6\), \(B=5\), \(R=5\). En informatique, le signe = signifie ici « reçoit la valeur calculée à droite », non une égalité mathématique qui doit rester vraie après les lignes suivantes. Si tu as gardé \(A=29\), reprends cette distinction avant le programme.

Euclide : remplacer une paire par une plus petite

Propriété : La règle qui autorise la boucle

Si \(A=qB+R\) avec \(B>0\) et \(0\leq R<B\), alors \(\operatorname{PGCD}(A,B)=\operatorname{PGCD}(B,R)\).

Démonstration : Pourquoi les diviseurs communs sont conservés

Si un entier positif \(e\) divise \(A\) et \(B\), il divise \(A-qB=R\) : il divise donc \(B\) et \(R\). Réciproquement, s’il divise \(B\) et \(R\), il divise \(qB+R=A\). Les deux paires ont exactement les mêmes diviseurs positifs communs, donc le même plus grand. Cette preuve rappelle la règle établie avec Euclide ; elle justifie chacune des étapes du programme, pas seulement un exemple.

Exemple expliqué : Une étape, calculée avant toute mise à jour

Les variables contiennent \(A=323\) et \(B=187\). Le quotient entier est \(q=1\), car \(187\times1\leq323<187\times2\). Le reste vaut

\[R=A-qB=323-1\times187=136.\]
Le nouvel état doit être \((A,B)=(187,136)\) : l’ancien \(B\) devient le nouveau \(A\) ; le reste devient le nouveau \(B\). On calcule donc d’abord \(R\), puis on écrit A = B, enfin B = R. Si l’on commence par A = B, le calcul A % B porte ensuite sur \(187\) et \(187\) : il donne \(0\), et non \(136\). Ce n’est pas une erreur de division ; on a perdu la donnée \(323\) avant de l’utiliser.

Algorithme : Calculer le PGCD, avec une variable temporaire

Entrées : deux entiers \(a,b\) non tous les deux nuls. Sortie : leur PGCD positif. On travaille sur les valeurs absolues pour que toutes les divisions de la boucle aient un dividende positif ou nul et un diviseur strictement positif.

def pgcd_euclide(a, b):
    if a == 0 and b == 0:
        raise ValueError("Deux entiers non tous nuls attendus")
    A = abs(a)
    B = abs(b)
    while B != 0:
        R = A % B
        A = B
        B = R
    return A
La condition while B != 0 est vérifiée avant d’entrer dans la boucle. Le reste A % B n’est donc jamais calculé avec \(B=0\). Les lettres minuscules \(a,b\) gardent les données de départ ; les majuscules \(A,B\) changent à chaque tour.

Exemple expliqué : Suivre tout le calcul pour \(323\) et \(187\)

Chaque ligne est l’état avant la division indiquée. La dernière ligne est l’état d’arrêt : on n’y effectue plus de division.

Étape \(A\) \(B\) \(R\) Égalité utilisée
0 323 187 136 \(323=1\times187+136\)
1 187 136 51 \(187=1\times136+51\)
2 136 51 34 \(136=2\times51+34\)
3 51 34 17 \(51=1\times34+17\)
4 34 17 0 \(34=2\times17+0\)
5 17 0 — Arrêt : le programme renvoie \(17\)

Le reste nul fait arrêter le calcul, mais ce n’est pas le PGCD. À cet instant, le dernier reste non nul a été placé dans \(A\). Le contrôle donne \(323=17\times19\) et \(187=17\times11\). Cela confirme que \(17\) est un diviseur commun ; c’est la conservation démontrée des diviseurs communs qui garantit qu’il est le plus grand.

Proposition : Le programme s’arrête et donne le bon résultat

Pour toutes les entrées entières autorisées, pgcd_euclide(a,b) termine et renvoie \(\operatorname{PGCD}(a,b)\).

Démonstration : Un invariant et une quantité qui diminue

Un invariant est une propriété vraie au départ et conservée à chaque tour. Ici, c’est

\[\operatorname{PGCD}(A,B)=\operatorname{PGCD}(a,b).\]
Elle est vraie au départ parce que \(A=|a|\), \(B=|b|\). Une étape remplace \((A,B)\) par \((B,R)\) ; la propriété précédente conserve donc l’égalité. Les deux valeurs ne deviennent jamais simultanément nulles : tant que la boucle tourne, l’ancien \(B\) est positif et devient le nouveau \(A\).

Pour l’arrêt, on suit \(B\). Tant qu’il n’est pas nul, le nouveau \(B\) est le reste \(R\), donc \(0\leq R<B\). Une suite d’entiers naturels ne peut pas décroître strictement indéfiniment : partant de la valeur initiale \(B_0\), elle baisse d’au moins \(1\) à chaque tour, donc au plus \(B_0\) tours sont possibles. À l’arrêt, \(B=0\) et \(A>0\). L’invariant donne alors

\[\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(A,0)=A,\]
qui est précisément la valeur renvoyée. Si \(B=0\) dès le départ, la boucle n’est pas exécutée et la même conclusion s’applique immédiatement.

Méthode : Lire ou compléter un programme d’Euclide

Si une tâche demande un calcul répétitif de PGCD ou un tableau d’états, commence par nommer les deux valeurs actuelles. Écris \(A=qB+R\) et vérifie \(0\leq R<B\). Calcule le reste avec les anciennes valeurs ; déplace ensuite l’ancien \(B\) dans \(A\) et le reste dans \(B\). Arrête quand \(B=0\), puis lis \(A\). Pour justifier le programme, donne séparément la conservation du PGCD et la diminution du reste. Quelques essais numériques ne remplacent pas ces deux arguments.

Question d’élève : Et si la première division est déjà exacte ?

Avec \(A=42\), \(B=14\), le premier reste calculé est \(0\), car \(42=3\times14\). Il n’y a donc aucun reste calculé non nul. Le programme passe à \((14,0)\) et renvoie \(14\), le diviseur de la dernière division. L’expression courante « dernier reste non nul » inclut alors le diviseur initial dans la chaîne d’Euclide. Si \(B=0\) dès le départ, on ne fait aucune division et on renvoie directement \(|a|\).

À toi : Essai guidé : quatre divisions

Calcule le PGCD de \(221\) et \(143\) en remplissant les nouvelles paires : \((221,143)\), puis \((143,\ldots)\), \((78,\ldots)\), \((65,\ldots)\) et l’état final. Indique la valeur renvoyée et pourquoi elle n’est pas \(0\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Commence par \(221-143\), puis calcule le reste de \(143\) dans la division par \(78\).

Correction expliquée : Essai guidé

Les divisions sont

\[221=1\times143+78,\quad143=1\times78+65,\]
\[78=1\times65+13,\quad65=5\times13+0.\]
Les paires successives sont \((221,143)\), \((143,78)\), \((78,65)\), \((65,13)\), \((13,0)\). À l’arrêt, \(A=13\), donc le résultat est \(13\). Le zéro est dans \(B\), variable qui commande l’arrêt. Le contrôle donne \(221=13\times17\) et \(143=13\times11\) ; l’invariant garantit le caractère maximal de ce diviseur commun.

À toi : À tenter avant de consulter

Écris les états de pgcd_euclide(299,115). Puis explique, avec les noms des variables, pourquoi il ne faut pas renvoyer \(B\) à la fin.

Indice, à lire seulement si nécessaire. La première division utilise le quotient \(2\) ; son reste est \(299-2\times115\).

Correction expliquée : États et justification

\(299-2\times115=299-230=69\) ; puis \(115-69=46\) ; puis \(69-46=23\) ; enfin \(46-2\times23=0\). On obtient

\[(299,115)\longrightarrow(115,69)\longrightarrow(69,46) \longrightarrow(46,23)\longrightarrow(23,0).\]
Le résultat est \(23\). À l’arrêt, la condition \(B\ne0\) est devenue fausse : \(B\) vaut donc \(0\). L’invariant donne \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(A,0)=A\), pas \(B\).

Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit distinguer les deux variables, mentionner la condition d’arrêt et utiliser la propriété du PGCD avec zéro. Dire seulement « le dernier nombre » est ambigu.

À toi : Variation : entrées permutées, signes et zéro

Prévois les résultats pour \((187,323)\), \((-323,187)\), \((0,-35)\) et \((0,0)\). Pour le premier couple, décris la première division ; pour les deux derniers, précise si la boucle est exécutée.

Correction expliquée : Aucune hypothèse \(a>b\) n’est cachée

Pour \((187,323)\), \(187=0\times323+187\) : le premier tour donne \((323,187)\), puis le tableau de référence conduit à \(17\). Pour \((-323,187)\), la valeur absolue donne immédiatement \((323,187)\), donc \(17\).

Pour \((0,-35)\), l’initialisation donne \((0,35)\). Le reste de \(0\) par \(35\) vaut \(0\), d’où \((35,0)\) après un tour et la sortie \(35\). Avec \((0,0)\), l’exception est déclenchée avant l’initialisation de la boucle : aucune valeur n’est renvoyée comme PGCD. Le rejet est conforme à notre convention, et non un manque du programme.

Pour réparer une erreur : Si les anciennes valeurs ont disparu

Erreur proposée : avec \((A,B)=(21,15)\), écrire d’abord A = B, puis B = A % B. La première ligne remplace \(21\) par \(15\) ; la seconde calcule \(15\%15=0\). Le programme s’arrête avec \(15\), alors que \(21=15+6\) et \(15=2\times6+3\) donnent un PGCD de \(3\).

Rappel ciblé. Calcule ce qui dépend des anciennes valeurs avant de les remplacer. Exemple plus simple : \((14,8)\) donne \(R=14-8=6\), puis \((A,B)=(8,6)\).

Nouvel essai. Applique le bon ordre au couple \((18,12)\), jusqu’à l’arrêt. Correction. D’abord \(R=18-12=6\), puis \((12,6)\) ; ensuite \(R=12-2\times6=0\), puis \((6,0)\) ; le PGCD est \(6\). Reviens maintenant à la première étape du tableau \(323,187\) : le calcul \(R=136\) doit précéder tout remplacement de \(A\) ou de \(B\).

Euclide étendu : conserver aussi la provenance des restes

Avant de commencer : Retrouver les deux coefficients

Dans \(R=3a-5b\), quels sont les coefficients de \(a\) et de \(b\) ? Que devient \(A-2B\) si \(A=a-b\) et \(B=-a+2b\) ?

Réponse. Les coefficients de \(R\) sont \(3\) et \(-5\). Pour la seconde question,

\[\begin{aligned} A-2B&=(a-b)-2(-a+2b)\\ &=a-b+(-2)\times(-a)+(-2)\times(2b)\\ &=a-b+2a-4b\\ &=(1+2)a+(-1-4)b=3a-5b. \end{aligned}\]
Le signe moins devant \(2B\) multiplie tous les termes de \(B\). Si ce développement te bloque, reprends cette ligne avant de lire la règle de mise à jour.

Représentation intuitive : Une étiquette attachée à chaque reste

On peut imaginer que chaque valeur transporte une étiquette \((u,v)\) indiquant comment elle a été fabriquée à partir des deux données de départ : \(ua+vb\). Quand on soustrait \(q\) fois une valeur, on soustrait aussi \(q\) fois son étiquette. Cette image aide à suivre la provenance ; les coefficients peuvent être négatifs, donc il ne s’agit pas de quantités d’objets physiques. Les égalités suivantes, et non l’image, justifient le calcul.

Propriété : La mise à jour des coefficients

Si \(A=ua+vb\) et \(B=sa+tb\), alors le reste \(R=A-qB\) s’écrit

\[R=(u-qs)a+(v-qt)b.\]

Démonstration : Même opération sur les valeurs et leurs coefficients

On remplace les deux valeurs par leurs expressions, puis on distribue le facteur \(-q\) :

\[\begin{aligned} A-qB&=(ua+vb)-q(sa+tb)\\ &=ua+vb-qsa-qtb\\ &=(ua-qsa)+(vb-qtb)\\ &=(u-qs)a+(v-qt)b. \end{aligned}\]
Le nouveau coefficient de \(a\) est donc l’ancien \(u\) moins \(q\) fois l’ancien \(s\) ; celui de \(b\) est l’ancien \(v\) moins \(q\) fois l’ancien \(t\). Aucune division par \(a\) ou par \(b\) n’intervient : l’un des deux peut être nul.

Algorithme : Obtenir le PGCD et un couple de Bézout

Les variables \(u,v\) décrivent \(A\), tandis que \(s,t\) décrivent \(B\). Les majuscules \(R,U,V\) reçoivent les nouveaux calculs avant les affectations. La sortie est le triplet \((d,u,v)\) satisfaisant \(au+bv=d\).

def bezout_euclide(a, b):
    if a == 0 and b == 0:
        raise ValueError("Deux entiers non tous nuls attendus")
    A, B = abs(a), abs(b)
    u = 1 if a >= 0 else -1
    v = 0
    s = 0
    t = 1 if b >= 0 else -1
    while B != 0:
        q = A // B
        R = A - q * B
        U = u - q * s
        V = v - q * t
        A, B = B, R
        u, s = s, U
        v, t = t, V
    return A, u, v
Dans A, B = B, R, Python évalue les deux expressions à droite avec leurs valeurs actuelles, puis effectue les deux affectations. Les variables temporaires rendent en outre tous les calculs du nouveau reste disponibles avant de déplacer quoi que ce soit. Les trois lignes finales ne mélangent pas une ancienne et une nouvelle valeur.

Exemple expliqué : Le tableau étendu pour \(323\) et \(187\)

Chaque ligne vérifie simultanément \(A=323u+187v\) et \(B=323s+187t\).

Étape \(A\) \(B\) \(u\) \(v\) \(s\) \(t\)
0 323 187 1 0 0 1
1 187 136 0 1 1 \(-1\)
2 136 51 1 \(-1\) \(-1\) 2
3 51 34 \(-1\) 2 3 \(-5\)
4 34 17 3 \(-5\) \(-4\) 7
5 17 0 \(-4\) 7 11 \(-19\)

Voyons la transition de l’étape \(2\) à l’étape \(3\). Le quotient est \(q=2\) et

\[R=136-2\times51=34,\quad U=1-2\times(-1)=1+2=3,\]
\[V=-1-2\times2=-1-4=-5.\]
Le nouveau \(B=34\) reçoit donc l’étiquette \((3,-5)\) ; le nouveau \(A=51\) reçoit l’ancienne étiquette de \(B\), soit \((-1,2)\). Le contrôle de la nouvelle étiquette donne \(3\times323-5\times187=969-935=34\).

À l’arrêt, la sortie est \((17,-4,7)\) et l’identité annoncée est

\[323\times(-4)+187\times7=-1292+1309=17.\]
Les coefficients de la dernière colonne ne sont pas ceux à renvoyer : \(s=11,t=-19\) décrivent le reste nul, puisque \(11\times323-19\times187=3553-3553=0\).

Proposition : Ce que garantit Euclide étendu

Pour deux entiers \(a,b\) non tous deux nuls, bezout_euclide(a,b) termine et renvoie \((d,u,v)\) avec \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)>0\) et \(au+bv=d\).

Démonstration : Trois propriétés conservées

À l’initialisation, \(A=|a|=ua+vb\) : si \(a\geq0\), on a \(u=1,v=0\) ; sinon \(u=-1,v=0\). Dans les deux cas l’égalité est vraie. De même, \(B=|b|=sa+tb\), grâce à \(s=0\) et au choix du signe de \(t\).

Supposons les deux identités vraies au début d’un tour. La propriété de mise à jour établit \(R=Ua+Vb\). Le déplacement des coefficients assure ensuite que le nouveau \(A\), qui est l’ancien \(B\), a bien les coefficients de cet ancien \(B\), et que le nouveau \(B=R\) a bien \(U,V\). Les deux identités restent vraies.

Le PGCD de \(A,B\) est lui aussi conservé, puisque les restes suivent exactement Euclide. La même diminution stricte de \(B\) prouve l’arrêt. Alors \(A=d\), \(B=0\) et l’identité conservée \(A=ua+vb\) donne \(d=ua+vb\). Les autres variables ne sont plus utiles à la sortie.

Méthode : Choisir les variables à renvoyer

Si tu veux seulement un PGCD, le premier programme suffit. Si tu veux en plus une identité ou préparer un inverse modulo un entier, conserve les coefficients pendant les divisions. Commence par écrire au-dessus du tableau les deux identités \(A=ua+vb\) et \(B=sa+tb\) : elles indiquent à quoi sert chaque colonne. À l’arrêt, lis les coefficients du \(A\) final, qui est le diviseur de la dernière division lorsqu’une division a eu lieu, et vérifie l’identité avec les entrées signées d’origine. Si la boucle n’a pas été exécutée, l’initialisation fournit déjà l’identité. Un couple différent de celui d’un corrigé peut être correct ; le contrôle porte sur l’égalité, pas sur l’apparence des coefficients.

À toi : Essai guidé : compléter deux étiquettes

Pour \(a=119\), \(b=85\), commence avec \(A=119\), \(B=85\), \((u,v)=(1,0)\) et \((s,t)=(0,1)\). Les divisions sont \(119=85+34\), \(85=2\times34+17\), \(34=2\times17\). Trouve les coefficients de \(34\), puis de \(17\), et vérifie l’identité finale.

Indice, à lire seulement si nécessaire. La première étiquette est \((1-1\times0,0-1\times1)\). La seconde doit utiliser les coefficients de \(85\) et de \(34\).

Correction expliquée : Deux soustractions sur les coefficients

\(34=119-85\) a pour étiquette \((1,-1)\). Comme \(17=85-2\times34\), ses coefficients sont

\[U=0-2\times1=-2,\qquad V=1-2\times(-1)=1+2=3.\]
Ainsi \(17=-2\times119+3\times85=-238+255\). Le dernier reste non nul est \(17\), donc la sortie est \((17,-2,3)\). Le calcul des deux coefficients a suivi exactement les mêmes soustractions que celui des restes.

À toi : À tenter avant de consulter : une entrée négative

Prévois le résultat du programme étendu pour \(a=-161\), \(b=115\). Écris l’initialisation des coefficients, puis une identité de Bézout pour ces deux entrées. Explique pourquoi changer le signe de \(a\) change aussi son coefficient.

Indice, à lire seulement si nécessaire. La boucle commence avec \(A=161\), \(B=115\), mais \(A=-1\times a+0\times b\).

Correction expliquée : Conserver l’identité avec les données d’origine

L’initialisation est \((u,v)=(-1,0)\) et \((s,t)=(0,1)\). Les divisions sont \(161=115+46\), \(115=2\times46+23\), \(46=2\times23\). Le reste \(46=A-B\) a les coefficients \((-1,-1)\) : \((-1)\times(-161)-115=46\). Le reste \(23=115-2\times46\) a les coefficients

\[U=0-2\times(-1)=2,\qquad V=1-2\times(-1)=3.\]
La sortie est \((23,2,3)\), car \(2\times(-161)+3\times115=-322+345=23\). Si l’on gardait \(-2\) comme coefficient de l’entrée devenue négative, le produit deviendrait positif et l’identité serait perdue. Le coefficient accompagne le signe de la donnée dans la combinaison.

Ce que ta réponse doit montrer. Il faut montrer l’initialisation signée, au moins une mise à jour et la substitution finale avec \(-161\) entre parenthèses. L’égalité finale seule ne montre pas que le programme a été compris.

À toi : Variation : quel certificat contrôle réellement le PGCD ?

Un programme renvoie \(d,u,v\) et l’on vérifie seulement \(au+bv=d\). Est-ce suffisant pour conclure \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) ? Examine \(a=6\), \(b=10\), \(u=v=1\), puis indique ce qu’il faut vérifier en plus si l’on ne dispose pas de la preuve du programme.

Correction expliquée : Une identité seule ne suffit pas

Ici \(6\times1+10\times1=16\), mais \(\operatorname{PGCD}(6,10)=2\). L’identité seule n’impose pas que \(d\) divise \(a\) et \(b\). Un certificat complet est : \(d>0\), \(d\mid a\), \(d\mid b\) et \(au+bv=d\). En effet, tout diviseur commun de \(a,b\) divise alors \(d\) ; comme \(d\) est lui-même un diviseur commun positif, c’est le plus grand. Pour nos programmes, la preuve d’invariance établit déjà le PGCD ; ce certificat fournit un contrôle supplémentaire d’une sortie particulière.

Pour réparer une erreur : Si une mise à jour de coefficient utilise la nouvelle valeur

Erreur proposée : écrire u = s puis s = u - q * s. Avec les valeurs initiales \(u=1,s=0,q=1\), la première instruction donne \(u=0\), puis la seconde donne \(s=0-1\times0=0\). Pourtant le coefficient correct du premier reste de \(323,187\) est \(1-1\times0=1\). La première ligne fautive est le remplacement prématuré de \(u\).

Rappel ciblé. Calcule \(U=u-qs\) avant les affectations. Exemple simple avec \(22=2\times8+6\) : \(U=1-2\times0=1\), \(V=0-2\times1=-2\), donc \(6=22-2\times8\). Ensuite seulement, déplace les étiquettes.

Nouvel essai. Quelle étiquette reçoit \(6\) dans \(18=1\times12+6\) ? Correction. Les étiquettes initiales sont \((1,0)\) et \((0,1)\) ; la soustraction donne \((1-1\times0,0-1\times1)=(1,-1)\), et \(18-12=6\). Reviens au cas \(323,187\) : le coefficient temporaire \(U=1\) doit être conservé avant que \(u\) reçoive \(0\).

Tester un programme, sans confondre tests et preuve

Contrôle : Des entrées choisies pour des raisons différentes

Ces tests vérifient des cas ordinaires, des signes, une permutation et zéro. Ils peuvent révéler une erreur de transcription ; leur réussite ne démontre pas le résultat pour tous les entiers, ce qui est le rôle des preuves précédentes.

assert pgcd_euclide(323, 187) == 17
assert pgcd_euclide(187, 323) == 17
assert pgcd_euclide(0, -35) == 35
assert bezout_euclide(323, 187) == (17, -4, 7)
assert bezout_euclide(-323, 187) == (17, 4, 7)
assert bezout_euclide(0, -35) == (35, 0, -1)

for a, b in [(119, 85), (-161, 115), (-35, 0)]:
    d, u, v = bezout_euclide(a, b)
    assert d > 0
    assert a % d == 0 and b % d == 0
    assert a * u + b * v == d

try:
    bezout_euclide(0, 0)
except ValueError:
    pass
else:
    raise AssertionError("Le couple (0, 0) doit etre refuse")
assert exige qu’une condition soit vraie ; sinon Python signale une erreur. Dans le dernier test, l’erreur attendue est au contraire ValueError : le bloc except vérifie que le cas interdit a bien été rejeté.

À toi : À reprendre une autre séance, avant de relire

1. Retrouve les états d’Euclide pour \(391\) et \(253\) et donne le PGCD.

2. Pour \(187\) et \(119\), trouve avec les étiquettes un couple de Bézout. Donne une phrase sur la terminaison et une phrase sur la conservation des identités.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Pour 1, le premier reste vaut \(138\). Pour 2, les restes sont \(68,51,17,0\) ; conserve le coefficient de chaque donnée d’origine.

Correction expliquée : Reprise différée

1. \(391=253+138\), \(253=138+115\), \(138=115+23\), \(115=5\times23\). Les états sont \((391,253)\), \((253,138)\), \((138,115)\), \((115,23)\), \((23,0)\) ; le PGCD est \(23\).

2. On suit \(68=187-119\), puis

\[51=119-68=119-(187-119)=-187+2\times119.\]
Ensuite
\[\begin{aligned} 17&=68-51\\ &=(187-119)-(-187+2\times119)\\ &=187-119+187-2\times119\\ &=2\times187-3\times119. \end{aligned}\]
Le couple est \((2,-3)\), et \(374-357=17\). La terminaison vient de la diminution stricte du reste naturel tant qu’il est non nul. Les identités sont conservées parce qu’on applique la même soustraction aux valeurs et à leurs deux coefficients.

Ce que ta réponse doit montrer. Écris les états dans le bon ordre, le reste non nul final, des coefficients attachés aux données d’origine et un contrôle numérique. Sépare la preuve d’arrêt de celle de la valeur calculée.

À retenir : L’essentiel

Pour programmer Euclide, on conserve le PGCD et on fait diminuer le second nombre. Pour programmer Bézout, on conserve aussi les deux identités linéaires. Les nouvelles valeurs se calculent avec les anciennes, avant leur remplacement. Un test contrôle un cas ; un invariant et un argument d’arrêt justifient le programme sur tout son domaine.

11 Choisir ses outils et étudier un chiffrement

Pour avancer. Passer d’un problème à des conditions entières, puis contrôler que la réponse résout bien le problème posé.

Cette unité rassemble plusieurs types de tâches. Le point de départ n’est plus une formule annoncée par le titre d’un exercice : il faut identifier les inconnues, leurs domaines et les contraintes.

Propriété : La boîte à outils locale

  • Pour \((a,b)\ne(0,0)\), le PGCD \(d>0\) est le plus grand diviseur commun. Euclide le calcule par divisions successives ; tout diviseur commun divise \(d\).

  • Pour \(d>0\), \(\operatorname{PGCD}(a,b)=d\) équivaut à \(a=du,b=dv\), avec \(u,v\in\mathbb{Z}\) premiers entre eux. Cette réduction retire tous les facteurs communs.

  • Bézout donne des coefficients entiers \(r,s\) tels que \(ar+bs=\operatorname{PGCD}(a,b)\). En particulier, une combinaison entière égale à 1 caractérise la coprimalité.

  • Gauss : si \(m\mid ax\) et \(\operatorname{PGCD}(m,a)=1\), alors \(m\mid x\).

  • Pour \(n\ge2\), \(x\equiv y\;[n]\) signifie \(n\mid(x-y)\). Si \(ua\equiv1\;[n]\), on peut multiplier \(ax\equiv b\;[n]\) par \(u\) et obtenir \(x\equiv ub\;[n]\). Un tel inverse \(u\) existe exactement lorsque \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\).

Ces résultats ont été démontrés dans le parcours principal. Leurs conditions sont reprises ici pour que les problèmes restent exploitables séparément.

Avant de commencer : Quelle inconnue ?

Pour chaque demande, précise d’abord ce que désigne l’inconnue :

1. Faire le plus grand nombre de lots identiques à partir de deux effectifs.

2. Trouver deux entiers dont on connaît le produit et le PGCD.

3. Retrouver le rang d’une lettre à partir d’une congruence.

Correction. 1 : le nombre de lots doit diviser chacun des effectifs ; on cherche un diviseur commun maximal. 2 : on cherche un couple, à réduire par le PGCD avant d’utiliser le produit. 3 : le rang est un entier dans \(\{0,\ldots,25\}\) ; on résout une congruence, puis on choisit son représentant dans cet intervalle. Si les réponses se confondaient, commence la méthode suivante en écrivant une phrase par inconnue.

Méthode : Du texte à la vérification finale

Premier geste. Nommer chaque inconnue et son domaine : entier relatif, entier naturel, entier positif, ou entier dans un intervalle.

Traduire chaque information par une égalité, une divisibilité ou une congruence. Choisir l’outil qui agit sur cette forme. Résoudre d’abord les contraintes arithmétiques, puis conserver seulement les valeurs admissibles dans le contexte. Enfin, revenir aux quantités initiales et vérifier toutes les conditions, pas seulement la dernière équation utilisée.

Deux nombres à reconstituer

Exemple expliqué : Un produit et un PGCD

On cherche les entiers positifs \(a<b\) tels que

\[\operatorname{PGCD}(a,b)=12\qquad\text{et}\qquad ab=10\,368.\]
La condition sur le PGCD donne \(a=12u,b=12v\), avec \(u,v\in\mathbb{N}^*\), \(u<v\) et \(\operatorname{PGCD}(u,v)=1\). On remplace dans le produit :
\[(12u)(12v)=10\,368\quad\Longleftrightarrow\quad144uv=10\,368.\]
Puisque \(144\ne0\), on divise les deux membres par 144 :
\[\frac{144uv}{144}=\frac{10\,368}{144}\quad\Longleftrightarrow\quad uv=72.\]
Il faut alors examiner les paires de facteurs positives de 72, avec le plus petit en premier :

\(u\) 1 2 3 4 6 8
\(v\) 72 36 24 18 12 9
\(\operatorname{PGCD}(u,v)\) 1 2 3 2 6 1

Les seules paires copremières sont \((1,72)\) et \((8,9)\). On revient aux nombres initiaux en multipliant chaque coordonnée par 12 :

\[(a,b)=(12,864)\quad\text{ou}\quad(96,108).\]
Contrôle : \(12\times864=10\,368\), \(96\times108=10\,368\). Leurs PGCD valent respectivement 12 et \(\operatorname{PGCD}(96,108)=\operatorname{PGCD}(96,12)=12\), et l’ordre est respecté. La liste est exhaustive car toutes les paires positives de produit 72 ont été examinées.

À toi : Essai guidé : ne pas perdre le retour d’échelle

Trouve les entiers positifs \(a<b\) tels que \(\operatorname{PGCD}(a,b)=5\) et \(ab=150\). Pose \(a=5u,b=5v\), complète l’équation en \(u,v\), puis n’oublie pas de donner \(a,b\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Après division par \(5^2=25\), le produit réduit vaut 6.

Correction expliquée : Du couple réduit au couple demandé

On a \((5u)(5v)=150\), donc \(25uv=150\). Diviser les deux membres par 25 donne \(uv=6\). Les paires positives ordonnées sont \((1,6)\) et \((2,3)\), toutes deux copremières. Elles donnent \((a,b)=(5,30)\) et \((10,15)\). Vérification : les deux produits valent 150, et les deux PGCD valent 5. Répondre seulement \((1,6)\) et \((2,3)\) donnerait les variables intermédiaires, pas les inconnues de l’énoncé.

À toi : Tentative : une autre relation entre les inconnues

Trouve tous les couples d’entiers positifs \((a,b)\) tels que \(a<b\), \(a+b=210\) et \(\operatorname{PGCD}(a,b)=30\). Choisis ton point de départ avant de lire l’indice.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Réduis le couple par 30 ; cette fois, on obtient une somme et non un produit.

Ce que ta réponse doit montrer. Le couple réduit doit être copremier ; l’ordre borne la recherche ; la réponse doit être réécrite avec les nombres initiaux.

Correction expliquée : Somme, ordre et coprimalité

Posons \(a=30u,b=30v\), avec \(u,v>0\) entiers copremiers. L’égalité \(30u+30v=210\) devient \(30(u+v)=210\), puis \(u+v=7\) après division des deux membres par 30. Comme \(u<v\), on a \(2u<7\), donc \(u\in\{1,2,3\}\).

Les paires sont \((1,6),(2,5),(3,4)\), chacune copremière. Elles donnent \((30,180),(60,150),(90,120)\). Les sommes valent 210 et l’homogénéité du PGCD donne 30 dans chaque cas. La borne \(u<3{,}5\) justifie que la liste est complète, pas simplement une liste d’exemples.

À toi : Justification et changement de condition

1. Pourquoi faut-il vérifier \(\operatorname{PGCD}(u,v)=1\) dans la méthode précédente ?

2. Peut-il exister \(a,b\in\mathbb{N}^*\) tels que \(\operatorname{PGCD}(a,b)=10\) et \(ab=750\) ?

Ce que ta réponse doit montrer. Utiliser le carré du PGCD dans le produit, et distinguer une condition nécessaire d’une construction de solutions.

Correction expliquée : Une contrainte oubliée change le problème

1. Si \(a=du,b=dv\), alors \(\operatorname{PGCD}(a,b)=d\,\operatorname{PGCD}(u,v)\). Un facteur commun restant dans \(u,v\) rendrait le PGCD initial plus grand que \(d\).

2. La condition imposerait \(a=10u,b=10v\), donc \(ab=100uv\), multiple de 100. Or \(750/100=7{,}5\notin\mathbb{Z}\). Aucun couple ne convient. On n’a pas besoin d’une recherche de facteurs : l’intégralité de \(uv\) suffit à exclure la situation.

Pour réparer une erreur : Si tu oublies de revenir aux inconnues

Erreur. Annoncer \((u,v)=(1,6)\) comme réponse à un problème dont le PGCD demandé est 5. Le couple annoncé a un PGCD égal à 1.

Exemple plus simple. Si \(a=2u,b=2v\) et \((u,v)=(1,3)\), alors \((a,b)=(2,6)\), pas \((1,3)\).

Nouvel essai. Avec \(a=4u,b=4v\) et \((u,v)=(3,5)\), retrouve \(a,b\) et leur PGCD.

Correction. \(a=12,b=20\), et \(\operatorname{PGCD}(12,20)=4\).

Retour. Dans l’essai guidé, multiplie chaque coordonnée réduite par 5, puis contrôle le PGCD demandé.

À toi : À reprendre plus tard : un couple

Détermine les entiers positifs \(a<b\) tels que \(\operatorname{PGCD}(a,b)=7\) et \(ab=980\).

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le produit réduit est \(980/49=20\).

Correction expliquée : Reprise différée sur la réduction

Écrivons \(a=7u,b=7v\), avec \(u<v\) copremiers. Alors \(49uv=980\), donc \(uv=20\). Les paires sont \((1,20),(2,10),(4,5)\) ; celle du milieu a un PGCD égal à 2 et doit être écartée. On obtient \((a,b)=(7,140)\) ou \((28,35)\). Le produit vaut bien 980 et les PGCD valent 7. Si tu avais conservé \((14,70)\), son PGCD 14 révélerait la condition de coprimalité oubliée.

Un diviseur inconnu et des restes imposés

Exemple expliqué : Ne pas oublier que le reste est plus petit

On cherche les entiers \(m>0\) tels que la division de 259 par \(m\) ait pour reste 7 et celle de 391 par \(m\) ait pour reste 13. Une division euclidienne exige une égalité et un encadrement du reste. Les conditions deviennent donc

\[m\mid(259-7)=252,\quad m\mid(391-13)=378,\quad m>13.\]
On a \(378=252+126\) et \(252=2\times126\), donc \(\operatorname{PGCD}(252,378)=126\). Les diviseurs positifs de 126 sont \(1,2,3,6,7,9,14,18,21,42,63,126\). En imposant \(m>13\), on conserve
\[m\in\{14,18,21,42,63,126\}.\]
Réciproquement, chacune de ces valeurs divise 252 et 378 : les quotients \(252/m\) et \(378/m\) sont entiers, et les restes 7 et 13 sont compris entre 0 et \(m-1\). Les deux divisions ont donc exactement les restes annoncés. Par exemple, pour \(m=14\), \(259=18\times14+7\) et \(391=27\times14+13\).

À toi : Essai guidé puis variation

On divise 171 et 289 par le même entier \(m>0\), avec pour restes respectifs 3 et 9. Écris les deux divisibilités et la borne sur \(m\), puis trouve toutes les valeurs possibles. Explique pourquoi le candidat 7 doit être rejeté, même s’il divise les deux différences.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Calcule \(\operatorname{PGCD}(168,280)\).

Correction expliquée : Divisibilité et borne sont cumulatives

Les conditions sont \(m\mid168\), \(m\mid280\) et \(m>9\). Comme \(280=168+112\), \(168=112+56\) et \(112=2\times56\), le PGCD vaut 56. Ses diviseurs positifs sont \(1,2,4,7,8,14,28,56\). Les valeurs admissibles sont donc \(14,28,56\), et elles conviennent toutes par les mêmes égalités et bornes.

Le nombre 7 divise bien 168 et 280, mais 9 n’est pas un reste possible dans une division par 7. L’égalité \(289=40\times7+9\) est vraie ; la division euclidienne est pourtant \(289=41\times7+2\). Voilà la première condition perdue si l’on retient seulement les diviseurs communs.

À toi : À tenter seul, puis à reprendre plus tard

Détermine tous les diviseurs positifs \(m\) pour lesquels les divisions de 103 et de 157 ont pour restes respectifs 7 et 13. Justifie que chaque candidat final convient.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Les différences avec les restes sont 96 et 144.

Ce que ta réponse doit montrer. Faire apparaître les deux différences, leur PGCD, la condition stricte sur \(m\), puis une réciproque.

Correction expliquée : Un nouvel essai pour réparer l’oubli de la borne

Il faut et il suffit que \(m\) divise 96 et 144 et que \(m>13\). Puisque \(144=96+48\) et \(96=2\times48\), le PGCD vaut 48. Ses diviseurs positifs supérieurs à 13 sont \(16,24,48\). Pour chacun, les écritures \(103=m(96/m)+7\) et \(157=m(144/m)+13\) sont des divisions euclidiennes car les quotients sont entiers et les deux restes sont strictement inférieurs à \(m\).

Si tu avais gardé 12, reviens au cas simple \(31=4\times6+7\) : cette égalité n’est pas la division euclidienne par 6, puisque le reste doit être inférieur à 6 ; on écrit en réalité \(31=5\times6+1\). Reprends ensuite la tâche en rayant tous les candidats inférieurs ou égaux à 13. Le même exercice peut être retenté plus tard, sans relire ces lignes.

Chiffrer et déchiffrer : une application des inverses

Définition : Un chiffrement affine sur 26 lettres

On associe aux lettres A à Z les rangs 0 à 25. Pour deux entiers fixés \(a,b\), on transforme un rang \(x\) en l’unique rang \(y\in\{0,\ldots,25\}\) vérifiant

\[y\equiv ax+b\;[26].\]
La clé est le couple \((a,b)\). Ici les espaces et accents sont retirés avant le codage. Ce modèle est un outil mathématique pédagogique ; aucune sécurité cryptographique moderne n’est revendiquée.

Lettre A B C D E F G H I J K L M
Rang 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Lettre N O P Q R S T U V W X Y Z
Rang 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25

Théorème : La condition pour décoder sans ambiguïté

Le chiffrement affine permet de retrouver chaque lettre de départ de façon unique si et seulement si \(\operatorname{PGCD}(a,26)=1\). Dans ce cas, si \(u\) est un inverse de \(a\) modulo 26, le décodage est

\[x\equiv u(y-b)\;[26],\qquad 0\le x\le25.\]

Démonstration : Existence du décodage, puis nécessité de la condition

Supposons d’abord \(\operatorname{PGCD}(a,26)=1\). Il existe \(u\) tel que \(ua\equiv1\;[26]\). De \(y\equiv ax+b\), on obtient \(y-b\equiv ax\), puis \(u(y-b)\equiv uax\equiv x\). Cette congruence donne un unique représentant dans \(0,\ldots,25\).

Réciproquement, pour un rang chiffré \(y\), prenons le reste \(x\) de \(u(y-b)\). Alors

\[ax+b\equiv au(y-b)+b\equiv(y-b)+b\equiv y\;[26].\]
Il existe donc bien un antécédent, et la formule précédente en impose l’unicité.

Supposons maintenant \(d=\operatorname{PGCD}(a,26)>1\). Écrivons \(a=da'\), \(26=dm\), avec \(m=26/d\in\{1,\ldots,13\}\). Les deux rangs distincts 0 et \(m\) donnent des expressions dont la différence est

\[(am+b)-(a\times0+b)=am=(da')m=a'(dm)=26a'.\]
Ils ont donc le même reste modulo 26 : deux lettres différentes se confondent. Le décodage unique est impossible. Cela prouve la nécessité et achève l’équivalence.

Méthode : Calculer une clé de décodage

Premier geste. Calculer \(\operatorname{PGCD}(a,26)\). S’il est différent de 1, chercher une collision plutôt qu’inventer une division. Sinon, trouver \(u\) tel que \(au\equiv1\;[26]\), par Bézout ou par une petite table de produits.

Soustraire \(b\), multiplier par \(u\), puis prendre le reste entre 0 et 25. Pour un nombre négatif, ajuster le quotient : le reste doit rester positif ou nul. Contrôler en réappliquant le chiffrement à la lettre retrouvée.

Exemple expliqué : La clé \((7,4)\)

Comme \(7\times15=105=4\times26+1\), l’entier 15 est inverse de 7 modulo 26. On chiffre avec \(y\equiv7x+4\), puis on déchiffre avec

\[x\equiv15(y-4)\equiv15y+18\;[26],\]
car \(15(y-4)=15\times y-15\times4=15y-60\), puis \(-60-18=-78=-3\times26\).

Chiffrons le mot MATH :

Lettre de départ M A T H
\(x\) 12 0 19 7
\(7x+4\) 88 4 137 53
Reste \(y\) 10 4 7 1
Lettre chiffrée K E H B

Par exemple \(137=5\times26+7\) et \(53=2\times26+1\). Le message est donc KEHB.

Déchiffrons chaque rang avec \(15(y-4)\) :

\[\begin{array}{c|r|l|c} y&15(y-4)&\text{division par 26}&x\\\hline 10&90&90=3\times26+12&12\\ 4&0&0=0\times26+0&0\\ 7&45&45=1\times26+19&19\\ 1&-45&-45=(-2)\times26+7&7 \end{array}\]
On retrouve MATH. La dernière ligne montre pourquoi le reste de \(-45\) modulo 26 est 7, et non \(-19\) : un reste euclidien appartient à \(0,\ldots,25\).

À toi : Essai guidé : une nouvelle clé

On utilise \(y\equiv5x+8\;[26]\). Vérifie que 21 est inverse de 5, écris une formule de décodage, puis chiffre AXE et contrôle en déchiffrant.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Les rangs d’AXE sont 0, 23 et 4. La formule de décodage peut garder les parenthèses.

Correction expliquée : Essai guidé de chiffrement

\(5\times21=105=4\times26+1\), donc \(x\equiv21(y-8)\;[26]\). Les trois valeurs \(5x+8\) sont 8, 123 et 28. Comme \(123=4\times26+19\) et \(28=26+2\), les rangs chiffrés sont 8, 19 et 2 : le message est ITC.

Pour contrôler : \(21(8-8)=0\) donne A ; \(21(19-8)=21\times11=231=8\times26+23\) donne X ; \(21(2-8)=21\times(-6)=-126=(-5)\times26+4\) donne E. La même formule traite donc les valeurs positives et négatives, si le reste est correctement choisi.

À toi : Tentative avant consultation : retrouver le message

Le message YP a été chiffré avec \(y\equiv9x+2\;[26]\). Retrouve le message initial et vérifie ton résultat en le chiffrant à nouveau.

Indice, à lire seulement si nécessaire. \(9\times3=27\). Les rangs de Y et P sont 24 et 15.

Ce que ta réponse doit montrer. Justifier l’inverse, soustraire le décalage avant de multiplier, ramener les résultats à \(0,\ldots,25\), puis contrôler.

Correction expliquée : Une congruence par lettre

\(9\times3=27=26+1\), donc 3 est inverse de 9. Pour Y, \(x\equiv3(24-2)=66\equiv14\;[26]\), car \(66=2\times26+14\) : c’est O. Pour P, \(x\equiv3(15-2)=39\equiv13\;[26]\) : c’est N. Le message initial est ON.

Contrôle : \(9\times14+2=128=4\times26+24\) donne Y ; \(9\times13+2=119=4\times26+15\) donne P. Les deux vérifications utilisent les lettres retrouvées, pas une simple relecture de la formule.

À toi : Justification et variation : une clé qui échoue

On propose \(y\equiv8x+4\;[26]\). Explique pourquoi il n’existe pas de décodage unique. Donne deux lettres différentes donnant la même lettre chiffrée. Peut-on obtenir une lettre de rang impair ?

Ce que ta réponse doit montrer. Relier le PGCD à une collision explicite et justifier la propriété de parité des restes.

Correction expliquée : La collision n’est pas une erreur de calcul

\(\operatorname{PGCD}(8,26)=2\ne1\). Les rangs 0 et 13 donnent respectivement \(8\times0+4=4\) et \(8\times13+4=108=4\times26+4\). A et N sont donc tous deux chiffrés en E : recevoir E ne permet pas de savoir lequel était le message.

Toute valeur \(8x+4\) est paire. En soustrayant un multiple de 26, également pair, son reste reste pair. Les rangs impairs ne sont jamais obtenus. La transformation ne réarrange donc pas les 26 lettres : elle en confond certaines et en omet d’autres.

Pour réparer une erreur : Si tu divises comme dans les réels

Erreur. De \(2x\equiv1\;[5]\), déduire \(x=1/2\). On cherche ici un entier et une congruence, pas une égalité réelle.

Exemple plus simple. \(2\times3=6\equiv1\;[5]\), donc \(x\equiv3\;[5]\). Le rang 3 convient parce que \(2\times3-1=5\).

Nouvel essai. Résous \(3x\equiv4\;[7]\), sachant que \(3\times5=15\equiv1\;[7]\).

Correction. Multiplions par 5 : \(x\equiv5\times4=20\equiv6\;[7]\). Contrôle : \(3\times6-4=14\), divisible par 7.

Retour. Pour la clé \((7,4)\), le multiplicateur de décodage est 15, un inverse modulo 26, pas la fraction réelle \(1/7\).

À toi : À reprendre plus tard : un décodage

Une lettre est chiffrée avec \(y\equiv11x+3\;[26]\). On reçoit P. Retrouve la lettre initiale en utilisant \(11\times19=209\), puis vérifie.

Indice, à lire seulement si nécessaire. \(209=8\times26+1\), et P a le rang 15.

Correction expliquée : Reprise différée sur l’inverse

19 est inverse de 11 modulo 26. Donc \(x\equiv19(15-3)=19\times12=228\;[26]\). Comme \(228=8\times26+20\), le rang est 20 : la lettre est U. Contrôle : \(11\times20+3=223=8\times26+15\), qui redonne P. Les deux gestes à retrouver sont la soustraction de 3 et la multiplication par l’inverse, dans cet ordre.

À retenir : L’essentiel

Le domaine des inconnues fait partie du problème. Après une réduction par le PGCD, revenir aux variables initiales. Pour décoder \(ax+b\) modulo 26, vérifier \(\operatorname{PGCD}(a,26)=1\), soustraire \(b\), multiplier par un inverse de \(a\), puis choisir le bon reste.

12 Deux approfondissements : restes simultanés et racines rationnelles

Pour avancer. Réinvestir Bézout et Gauss dans deux problèmes proposés comme approfondissements non obligatoires.

Complément facultatif : Un parcours à choisir après le noyau

Le lemme chinois et la recherche de racines rationnelles prolongent les outils du chapitre. Ils ne sont pas nécessaires pour apprendre à calculer un PGCD, obtenir une identité de Bézout ou résoudre une équation diophantienne simple.

Deux contraintes de reste à satisfaire en même temps

Remarque : La boîte à outils locale

Pour un entier \(m\geq2\), \(x\equiv r\;[m]\) signifie \(m\mid(x-r)\), ou encore \(x=r+mk\) pour un entier \(k\). Deux entiers sont premiers entre eux lorsque leur PGCD vaut \(1\).

Le théorème de Bézout donne : si \(\operatorname{PGCD}(m,n)=1\), il existe des entiers \(u,v\) tels que \(mu+nv=1\). Le théorème de Gauss donne : si \(m\mid nz\) et \(\operatorname{PGCD}(m,n)=1\), alors \(m\mid z\). Ces résultats sont établis dans le noyau du chapitre ; ils sont rappelés ici avec leurs conditions pour que cette unité puisse être lue seule.

On utilisera également leur conséquence : si \(m\mid D\), \(n\mid D\) et \(\operatorname{PGCD}(m,n)=1\), alors \(mn\mid D\). En effet, \(D=mk\) ; comme \(n\mid mk\) et \(\operatorname{PGCD}(n,m)=1\), Gauss donne \(n\mid k\). On écrit \(k=nt\), puis \(D=mnt\).

Avant de commencer : Lire les deux conditions

Le nombre \(23\) laisse-t-il le reste \(2\) dans la division par \(7\) et le reste \(5\) dans la division par \(9\) ? Donne deux égalités, pas seulement « oui ».

Réponse. \(23=3\times7+2\) avec \(0\leq2<7\) et \(23=2\times9+5\) avec \(0\leq5<9\). Les deux conditions sont vérifiées. Une seule division ne suffirait pas. Si tu as testé \(23-2\) pour les deux modules, reprends le sens de chaque congruence : on soustrait son propre reste.

Le problème n’est plus de vérifier un nombre déjà donné, mais de le construire. Quand les deux modules sont premiers entre eux, Bézout fournit deux poids : l’un est neutre pour le premier reste et nul pour le second ; l’autre fait l’inverse. Les poids peuvent être négatifs : il ne s’agit pas d’une moyenne ni de probabilités.

Lemme : Lemme chinois pour deux modules premiers entre eux

Soient \(m,n\geq2\) deux entiers premiers entre eux et \(r,s\in\mathbb{Z}\). Choisissons \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(mu+nv=1\), puis posons

\[x_0=rnv+smu.\]
Alors toutes les solutions entières du système
\[\begin{cases}x\equiv r\;[m],\\x\equiv s\;[n]\end{cases}\]
sont exactement les nombres \(x=x_0+mnk\), où \(k\in\mathbb{Z}\). Il existe donc un unique représentant dans \(\{0,1,\ldots,mn-1\}\).

Démonstration : Construction, puis totalité des solutions

De \(mu+nv=1\), on tire \(nv\equiv1\;[m]\) et \(mu\equiv1\;[n]\). D’autre part, \(mu\) est multiple de \(m\) et \(nv\) multiple de \(n\). Les deux poids agissent donc ainsi :

Poids modulo \(m\) modulo \(n\)
\(nv\) \(1\) \(0\)
\(mu\) \(0\) \(1\)

Par conséquent, \(x_0=rnv+smu\) est congru à \(r\times1+s\times0=r\) modulo \(m\), et à \(r\times0+s\times1=s\) modulo \(n\). Il est bien solution.

Si \(x\) est une autre solution, \(x-x_0\) est multiple de \(m\) et de \(n\). Ces modules étant premiers entre eux, leur produit divise \(x-x_0\) : il existe \(k\in\mathbb{Z}\) tel que \(x-x_0=mnk\), donc \(x=x_0+mnk\).

Réciproquement, ajouter \(mnk\) à \(x_0\) ajoute un multiple de chacun des deux modules : les deux congruences restent vraies. Cela prouve que tous les nombres annoncés, et seulement eux, sont solutions.

Enfin, la division euclidienne de \(x_0\) par \(mn\) donne un reste \(R\) entre \(0\) et \(mn-1\) qui est encore solution. Si deux représentants de cet intervalle différaient, leur différence serait un multiple non nul de \(mn\), donc aurait une valeur absolue au moins \(mn\). Or deux nombres de l’intervalle ont une différence de valeur absolue strictement inférieure à \(mn\) : impossible. Le représentant est unique.

Exemple expliqué : Construire puis vérifier un entier

On cherche \(x\equiv2\;[7]\) et \(x\equiv5\;[9]\). L’identité \(4\times7-3\times9=28-27=1\) permet de construire

\[x_0=2\times(-3)\times9+5\times4\times7=-54+140=86.\]
Pourquoi croiser ainsi les facteurs ? Le nombre \((-3)\times9=-27\) vaut \(1\) modulo \(7\) et \(0\) modulo \(9\) ; le nombre \(4\times7=28\) vaut \(0\) modulo \(7\) et \(1\) modulo \(9\). Ainsi le premier terme fournit le reste \(2\) modulo \(7\), sans modifier le reste modulo \(9\) ; le second fournit le reste \(5\) modulo \(9\), sans modifier celui modulo \(7\). Le contrôle utilise les divisions réelles : \(86=7\times12+2\) et \(86=9\times9+5\). En soustrayant \(63=7\times9\), on obtient le représentant \(23\) : \(23=7\times3+2\) et \(23=9\times2+5\). Toutes les solutions sont donc \(23+63k\) avec \(k\in\mathbb{Z}\). \(23\) est le plus petit représentant positif, mais \(86\), \(149\) ou \(-40\) sont aussi des solutions entières.

Méthode : Construire avec Bézout ou substituer

Méthode de référence, avec Bézout. Vérifie d’abord que les modules sont premiers entre eux. Écris une identité \(mu+nv=1\), associe le reste \(r\) au poids \(nv\) et le reste \(s\) au poids \(mu\), calcule \(x_0\), puis réduis-le modulo \(mn\). Contrôle les deux restes. Termine par la famille entière, et par les contraintes du contexte s’il y en a.

Autre voie utile, par substitution. Écris d’abord \(x=r+mk\), puis impose la seconde condition. Sur le même exemple, \(x=2+7k\) donne \(2+7k\equiv5\;[9]\), donc \(7k\equiv3\;[9]\). Comme \(4\times7=28\equiv1\;[9]\), on multiplie par \(4\) et on obtient \(k\equiv12\equiv3\;[9]\). Cette transformation est réversible : multiplier \(k\equiv3\) par \(7\) donne \(7k\equiv21\equiv3\). Ainsi \(k=3+9t\) avec \(t\in\mathbb{Z}\), puis

\[x=2+7(3+9t)=2+7\times3+7\times9t=23+63t.\]
La substitution est souvent plus courte quand un inverse est facile à reconnaître. La construction par Bézout donne une formule symétrique et une preuve générale. Dans les deux cas, aucun coefficient ne doit être inversé sans vérifier sa coprimalité avec le module.

À toi : Essai guidé : réduire une solution négative

Résous \(x\equiv1\;[5]\) et \(x\equiv6\;[8]\). Utilise \((-3)\times5+2\times8=1\). Construis d’abord \(x_0\), puis donne un représentant entre \(0\) et \(39\) et toutes les solutions entières.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le poids à associer au reste \(1\) est \(2\times8\), pas \((-3)\times5\).

Correction expliquée : Une solution négative se normalise

Les modules \(5,8\) sont premiers entre eux, puisque l’identité donnée vaut \(-15+16=1\). On calcule

\[x_0=1\times2\times8+6\times(-3)\times5=16-90=-74.\]
Le produit des modules vaut \(40\). Ajouter \(2\times40=80\) ne change aucun reste et donne \(-74+80=6\). Or \(6=1\times5+1\) et \(6=0\times8+6\) ; les deux restes sont corrects. Toutes les solutions sont \(6+40k\), \(k\in\mathbb{Z}\).

À toi : À tenter avant de consulter : deux dispositifs périodiques

Un premier dispositif émet aux instants entiers \(t\geq0\) congrus à \(5\) modulo \(8\) ; un second émet aux instants congrus à \(4\) modulo \(11\). Les temps sont exprimés en minutes. Détermine tous les instants communs, puis le premier. Choisis la construction par Bézout ou la substitution et justifie la totalité des solutions.

Indice, à lire seulement si nécessaire. \(7\times8-5\times11=1\). Vérifie les deux restes de ton représentant final.

Correction expliquée : Une famille entière, puis la contrainte du temps

Les modules sont premiers entre eux grâce à \(56-55=1\). La construction donne

\[t_0=5\times(-5)\times11+4\times7\times8=-275+224=-51.\]
Ajouter \(88=8\times11\) donne \(37\). On contrôle \(37=4\times8+5\) et \(37=3\times11+4\). La preuve du lemme assure que toutes les solutions entières sont \(37+88k\) avec \(k\in\mathbb{Z}\).

Pour le contexte, \(37+88k\geq0\) équivaut à \(88k\geq-37\), puis à \(k\geq-37/88\) en divisant par \(88>0\). Comme \(-1<-37/88<0\) et \(k\) est entier, cela impose \(k\geq0\). Les instants communs sont donc \(37+88k\) minutes avec \(k\in\mathbb{N}\) ; le premier est \(37\) minutes.

Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit vérifier la coprimalité, construire ou résoudre, vérifier les deux restes, expliquer le pas \(88\) et traiter la condition \(t\geq0\). Une seule valeur correcte ne décrit pas tous les instants.

À toi : Pourquoi les deux modules doivent-ils être premiers entre eux ?

Compare les deux systèmes suivants :

Système A : \(x\equiv1\;[4]\) et \(x\equiv2\;[6]\).

Système B : \(x\equiv1\;[4]\) et \(x\equiv3\;[6]\).

Le premier a-t-il une solution ? Pour le second, vérifie \(9\) et \(21\). Pourquoi la conclusion « une unique solution modulo \(24\) » serait-elle fausse ?

Correction expliquée : L’absence de coprimalité change la situation

Dans A, \(x=1+4k\) est impair, alors que \(x=2+6\ell\) est pair. Aucun entier ne peut satisfaire les deux conditions.

Dans B, \(9=2\times4+1=1\times6+3\), et \(21=5\times4+1=3\times6+3\) : les deux sont solutions. Pourtant \(21-9=12\) n’est pas multiple de \(24\) ; ce sont donc deux représentants distincts modulo \(24\). Comme \(\operatorname{PGCD}(4,6)=2\), le lemme n’est pas applicable. Sans sa condition, il peut y avoir absence de solution ou plusieurs classes modulo le produit.

Ce que ta réponse doit montrer. Il faut exhiber la contradiction de parité pour A et les deux vérifications pour B. « Le lemme ne s’applique pas » ne prouve pas, à lui seul, qu’un système est impossible.

Pour réparer une erreur : Si les deux restes ont été intervertis

Dans l’exemple \([7],[9]\), l’expression erronée \(2\times4\times7+5\times(-3)\times9=-79\) associe chaque reste au mauvais poids. Elle donne \(-79\equiv5\;[7]\) et \(-79\equiv2\;[9]\) : les restes sont échangés.

Rappel ciblé. Le poids du premier reste doit valoir \(1\) dans son module et \(0\) dans l’autre. Exemple plus simple : \(2\times3-1\times5=1\). Pour obtenir \(x\equiv1\;[3]\) et \(x\equiv2\;[5]\), on construit \(1\times(-5)+2\times6=-5+12=7\), et \(7=2\times3+1=1\times5+2\).

Nouvel essai. Avec \((-1)\times3+1\times4=1\), construis \(x\equiv2\;[3]\), \(x\equiv1\;[4]\). Correction. Les poids sont \(4\) et \(-3\), donc \(x_0=2\times4+1\times(-3)=5\) ; \(5=1\times3+2=1\times4+1\). Reviens à l’exemple initial : le poids de \(2\) est \(-27\), celui de \(5\) est \(28\), d’où \(86\), puis \(23\) modulo \(63\).

À toi : À reprendre plus tard : deux restes proches

Avant de relire, détermine tous les entiers \(x\) tels que \(x\equiv4\;[9]\) et \(x\equiv7\;[10]\). Justifie le module final et vérifie un représentant.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Utilise \((-1)\times9+1\times10=1\), ou écris \(x=4+9k\).

Correction expliquée : Reprise différée des restes simultanés

L’identité assure la coprimalité de \(9\) et \(10\). On construit \(x_0=4\times10+7\times(-9)=40-63=-23\). Ajouter \(90\) donne \(67\). Les vérifications sont \(67=7\times9+4\) et \(67=6\times10+7\). Si \(x\) est une autre solution, \(x-67\) est multiple de \(9\) et de \(10\) ; Gauss donne qu’il est multiple de \(90\). Réciproquement, ajouter \(90k\) conserve les deux restes. Les solutions sont donc \(67+90k\), \(k\in\mathbb{Z}\).

Comment limiter la recherche de racines rationnelles ?

Un nombre \(r\) est une racine d’une expression polynomiale \(P(x)\) si \(P(r)=0\). On s’intéresse ici à des expressions de la forme \(a_dx^d+\cdots+a_1x+a_0\), avec des coefficients entiers et \(a_d\ne0\). Le coefficient \(a_d\) est dit dominant, et \(a_0\) est le terme constant. Le but n’est pas de résoudre toutes les équations possibles : on va réduire la recherche des racines rationnelles à une liste finie lorsque \(a_0\ne0\).

Avant de commencer : Une fraction doit d’abord être irréductible

Écris \(-6/9\) sous forme irréductible avec un dénominateur positif. Puis vérifie si \(2/3\) est une racine de \(3x-2\).

Réponse. Diviser numérateur et dénominateur par leur PGCD \(3\) donne \(-6/9=-2/3\) ; \(\operatorname{PGCD}(2,3)=1\) et le dénominateur est positif. Ensuite \(3\times(2/3)-2=6/3-2=2-2=0\). Si la simplification te bloque, le point essentiel est que les deux nombres \(p,q\) de la fraction utilisée dans le théorème doivent être premiers entre eux.

Théorème : Théorème des racines rationnelles

Soit \(P(x)=a_dx^d+\cdots+a_1x+a_0\), où \(d\geq1\), les \(a_i\) sont entiers et \(a_d\ne0\). Si une racine rationnelle non nulle s’écrit \(p/q\) avec \(p\in\mathbb{Z}\), \(q\in\mathbb{N}^*\) et \(\operatorname{PGCD}(p,q)=1\), alors

\[p\mid a_0\qquad\text{et}\qquad q\mid a_d.\]
La racine \(0\) est à examiner séparément : elle est racine si et seulement si \(a_0=0\). Les divisibilités ci-dessus sont des conditions nécessaires, pas suffisantes.

Démonstration : Deux applications répétées de Gauss

De \(P(p/q)=0\), on obtient, en multipliant chaque terme par \(q^d\ne0\),

\[a_dp^d+a_{d-1}p^{d-1}q+\cdots+a_1pq^{d-1}+a_0q^d=0.\]
Pour \(d=1\), cette égalité se lit simplement \(a_1p+a_0q=0\) : il n’y a pas de termes intermédiaires. Tous les termes sauf le dernier sont multiples de \(p\). En les passant dans l’autre membre, on voit donc que \(p\mid a_0q^d\). Or \(p\) et \(q\) sont premiers entre eux. Gauss permet de retirer un facteur \(q\) : \(p\mid a_0q^{d-1}\). On recommence pour chaque facteur \(q\), jusqu’à obtenir \(p\mid a_0\). Cela comprend le cas \(d=1\), où une seule application suffit.

Dans la même égalité, tous les termes sauf le premier sont multiples de \(q\). Donc \(q\mid a_dp^d\). Comme \(\operatorname{PGCD}(q,p)=1\), Gauss permet de retirer les \(d\) facteurs \(p\), un par un : \(q\mid a_dp^{d-1}\), puis finalement \(q\mid a_d\).

Enfin, \(P(0)=a_0\) prouve directement l’affirmation sur la racine nulle. L’hypothèse de fraction irréductible a été utilisée exactement dans les applications de Gauss.

Corollaire : Lorsque le coefficient dominant vaut \(1\) ou \(-1\)

Si \(a_d=1\) ou \(a_d=-1\), toute racine rationnelle de \(P\) est entière.

Démonstration : Le dénominateur est imposé

Pour une racine non nulle \(p/q\) irréductible, le théorème impose \(q\mid1\) et \(q>0\), donc \(q=1\). La racine est \(p\), un entier. Si la racine est \(0\), elle est aussi entière.

Méthode : Chercher toutes les racines rationnelles

Vérifie que les coefficients sont entiers, puis relève le coefficient dominant et le terme constant. Si le terme constant est non nul, dresse les diviseurs relatifs \(p\) de \(a_0\) et les diviseurs positifs \(q\) de \(a_d\). Ne garde que les fractions \(p/q\) irréductibles, sans doublons. Ce sont les candidats. Substitue chacun dans \(P\) pour sélectionner ceux qui donnent zéro.

Une factorisation vérifiée peut raccourcir la sélection, mais le fait d’être candidat ne suffit jamais. Si \(a_0=0\), commence plutôt par mettre \(x\) en facteur : la liste des diviseurs de zéro n’est pas finie et ne fournit pas le même raccourci.

Exemple expliqué : Supprimer les dénominateurs sans perdre de facteur

Si \(p/q\), avec \(p\in\mathbb{Z}\) et \(q\in\mathbb{N}^*\), est une racine de \(6x^2-x-2\), alors

\[6\left(\frac pq\right)^2-\frac pq-2=0.\]
On multiplie chaque terme des deux membres par \(q^2\), qui est non nul :
\[6\frac{p^2}{q^2}\times q^2-\frac pq\times q^2-2q^2=0\times q^2, \qquad 6p^2-pq-2q^2=0.\]
Dans le terme du milieu, \(q^2/q=q\) : il reste donc \(pq\), et non \(p\).

Exemple expliqué : Chercher et sélectionner, sans confondre les deux

Cherchons les racines rationnelles de \(P(x)=6x^2-x-2\). Le terme constant \(-2\) n’est pas nul : \(0\) n’est pas racine. Le théorème impose \(p\in\{-2,-1,1,2\}\) et \(q\in\{1,2,3,6\}\), avec \(\operatorname{PGCD}(p,q)=1\). La liste sans doublons est

\[\pm1,\quad\pm2,\quad\pm\frac12,\quad\pm\frac13,\quad \pm\frac16,\quad\pm\frac23.\]
Pour une fraction \(p/q\), le calcul précédent montre que \(P(p/q)=0\) équivaut à \(6p^2-pq-2q^2=0\), car \(q^2\ne0\). On peut donc tester le numérateur entier, ce qui évite les arrondis.

\(p/q\) \(6p^2-pq-2q^2\) \(p/q\) \(6p^2-pq-2q^2\)
\(1\) \(6-1-2=3\) \(-1\) \(6+1-2=5\)
\(2\) \(24-2-2=20\) \(-2\) \(24+2-2=24\)
\(1/2\) \(6-2-8=-4\) \(-1/2\) \(6+2-8=0\)
\(1/3\) \(6-3-18=-15\) \(-1/3\) \(6+3-18=-9\)
\(1/6\) \(6-6-72=-72\) \(-1/6\) \(6+6-72=-60\)
\(2/3\) \(24-6-18=0\) \(-2/3\) \(24+6-18=12\)

Les signes du tableau viennent bien de \(-pq\) : pour \(p=-1,q=2\), on a \(-pq=-(-1)\times2=+2\). Les deux seules racines rationnelles sont donc \(-1/2\) et \(2/3\).

On peut contrôler par une factorisation exacte :

\[\begin{aligned} (3x-2)(2x+1) &=3x\times2x+3x\times1+(-2)\times2x+(-2)\times1\\ &=6x^2+3x-4x-2=6x^2-x-2. \end{aligned}\]
Le produit est nul exactement lorsque \(3x-2=0\) ou \(2x+1=0\). La première équation donne \(3x=2\), puis \(x=2/3\) ; la seconde donne \(2x=-1\), puis \(x=-1/2\), en divisant par les coefficients non nuls. Ce contrôle retrouve les résultats sans utiliser des décimales approchées.

À toi : Essai guidé : quatre candidats

Pour \(P(x)=2x^2+x-1\), indique les diviseurs possibles de \(p\) et de \(q\), puis teste \(1,-1,1/2,-1/2\). Quels nombres sont des racines rationnelles ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le terme constant vaut \(-1\) ; le coefficient dominant vaut \(2\).

Correction expliquée : Le théorème réduit la recherche, le calcul décide

On doit avoir \(p=1\) ou \(-1\) et \(q=1\) ou \(2\). Les quatre fractions proposées sont irréductibles. Les substitutions donnent

\[P(1)=2+1-1=2,\qquad P(-1)=2-1-1=0,\]
\[P\left(\frac12\right)=2\times\frac14+\frac12-1 =\frac12+\frac12-1=0,\]
\[P\left(-\frac12\right)=2\times\frac14-\frac12-1 =\frac12-\frac12-1=-1.\]
Les racines rationnelles sont \(-1\) et \(1/2\). La liste était exhaustive par le théorème ; les essais ont éliminé les autres candidats.

À toi : À tenter avant de consulter

Détermine toutes les racines rationnelles de \(3x^2-2x-1\). Explique pourquoi tu n’as pas à tester toutes les fractions possibles.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Commence par la liste des numérateurs divisant \(-1\) et des dénominateurs positifs divisant \(3\).

Correction expliquée : Une liste finie justifiée

Les seuls candidats irréductibles sont \(1,-1,1/3,-1/3\). En posant \(P(x)=3x^2-2x-1\), on calcule

\[P(1)=3-2-1=0,\qquad P(-1)=3+2-1=4,\]
\[\begin{aligned} P\left(\frac13\right)&=3\left(\frac13\right)^2-2\times\frac13-1\\ &=3\times\frac19-\frac23-1 =\frac13-\frac23-\frac33=-\frac43, \end{aligned}\]
\[\begin{aligned} P\left(-\frac13\right)&=3\left(-\frac13\right)^2-2\times\left(-\frac13\right)-1\\ &=3\times\frac19+\frac23-1 =\frac13+\frac23-\frac33=0. \end{aligned}\]
Pour réunir les termes sur le dénominateur \(3\), on a utilisé \(1=\frac11=\frac{1\times3}{1\times3}=\frac33\). Le carré de \(-1/3\) vaut \(1/9\), et le produit \(-2\times(-1/3)\) vaut \(+2/3\) : les deux signes se traitent séparément. Donc les racines rationnelles sont \(1\) et \(-1/3\). Toute autre fraction irréductible ne satisfait pas les conditions nécessaires du théorème : elle ne peut pas être racine.

Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit préciser le caractère entier des coefficients, l’irréductibilité de la fraction testée, l’exhaustivité de la liste et les substitutions. Une liste de diviseurs n’est pas encore une liste de solutions.

À toi : Deux hypothèses à ne pas oublier

1. Le nombre \(2/4\) est racine de \(2x-1\). Pourquoi serait-il faux d’en déduire que \(4\) doit diviser \(2\) ?

2. Pour \(P(x)=4x^3-9x\), pourquoi le terme constant nul change-t-il le premier geste ? Trouve les racines rationnelles.

Correction expliquée : Fraction réduite et racine nulle

1. \(2/4=1/2\) n’est pas écrit sous forme irréductible dans la première écriture. Le théorème porte sur \(p=1,q=2\) ; \(2\) divise bien le coefficient dominant \(2\). Il ne porte pas sur n’importe quel dénominateur d’une écriture équivalente.

2. Ici \(P(0)=0\). On factorise d’abord : \(4x^3-9x=x(4x^2-9)\). Puis

\[\begin{aligned} (2x-3)(2x+3) &=(2x)\times(2x)+(2x)\times3+(-3)\times(2x)+(-3)\times3\\ &=4x^2+6x-6x-9=4x^2-9. \end{aligned}\]
Ainsi \(P(x)=x(2x-3)(2x+3)\). Le produit est nul si et seulement si l’un des trois facteurs est nul : \(x=0\), \(2x=3\) ou \(2x=-3\), soit \(0,3/2,-3/2\). La condition \(p\mid0\) serait vraie pour tout \(p\ne0\) : elle n’aurait pas fourni une liste finie de numérateurs.

Pour réparer une erreur : Si tous les candidats sont annoncés comme racines

Erreur proposée : « Pour \(x^2+1\), les candidats sont \(\pm1\), donc les racines sont \(\pm1\). » La première partie est correcte ; le mot donc est fautif. On a \((\pm1)^2+1=1+1=2\ne0\). Il n’y a donc aucune racine rationnelle.

Rappel ciblé. Une condition nécessaire élimine des possibilités sans garantir celles qui restent. Exemple plus simple : pour \(P(x)=x-2\), le théorème autorise \(\pm1,\pm2\) ; les valeurs sont \(-1,-3,0,-4\) respectivement. Seul \(2\) est racine.

Nouvel essai. Étudie les racines rationnelles de \(x^2-3\). Correction. Le coefficient dominant vaut \(1\), donc une racine rationnelle serait entière et diviserait \(-3\) : candidats \(\pm1,\pm3\). Or \(1-3=-2\) et \(9-3=6\). Aucun ne donne zéro ; il n’y a pas de racine rationnelle. Reviens au tableau de \(6x^2-x-2\) : seules les deux lignes dont le numérateur vaut zéro sont à retenir.

À toi : À reprendre plus tard : une expression de degré trois

Sans relire les exemples, trouve toutes les racines rationnelles de \(x^3-2x^2-x+2\). Justifie pourquoi les seuls candidats sont des entiers, puis contrôle-les.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le coefficient dominant vaut \(1\) et le terme constant vaut \(2\).

Correction expliquée : Reprise différée des racines rationnelles

Le corollaire impose un entier ; le théorème impose qu’il divise \(2\). Les candidats sont \(-2,-1,1,2\). Les valeurs sont

\[\begin{aligned} P(-2)&=-8-2\times4+2+2=-8-8+4=-12,\\ P(-1)&=-1-2\times1+1+2=-1-2+1+2=0,\\ P(1)&=1-2-1+2=0,\\ P(2)&=8-2\times4-2+2=8-8=0. \end{aligned}\]
Les racines rationnelles sont exactement \(-1,1,2\). Le théorème réduit la recherche et les calculs exacts la terminent.

Ce que ta réponse doit montrer. Il faut distinguer la raison qui rend les candidats entiers, celle qui les limite aux diviseurs de \(2\), et les calculs qui sélectionnent les racines.

À retenir : L’essentiel

Le lemme chinois combine des contraintes de reste et décrit toutes les solutions modulo un produit de modules premiers entre eux. Le théorème des racines rationnelles fournit des candidats à vérifier. Dans les deux cas, Bézout ou Gauss donne la raison de la méthode ; les conditions déterminent ce qu’on a réellement le droit de conclure.

13 Compléments : PPCM et plusieurs entiers

Pour avancer. Distinguer des prolongements utiles du noyau du chapitre et éviter les fausses généralisations.

Complément facultatif : Hors du périmètre principal

Cette unité est facultative. Elle développe le PPCM et le PGCD de plusieurs entiers ; le parcours principal n’utilise aucun de ses résultats comme prérequis caché.

Le PPCM : chercher un multiple plutôt qu’un diviseur

Remarque : Rappels nécessaires

Pour des entiers \(a,b\) non tous deux nuls, \(\operatorname{PGCD}(a,b)\) est leur plus grand diviseur positif commun. Il vaut \(\operatorname{PGCD}(|a|,|b|)\) et, si \(a\ne0\), \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\). Le couple \((0,0)\) n’a pas de PGCD dans notre convention.

On reprend deux résultats établis dans le chapitre. Si \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), les quotients \(a/d\) et \(b/d\) sont premiers entre eux. De plus, Gauss affirme : si \(c\mid uv\) et \(\operatorname{PGCD}(c,u)=1\), alors \(c\mid v\). Enfin, tout diviseur commun de \(a,b\) divise leur PGCD ; inversement, tout diviseur du PGCD divise \(a,b\).

Avant de commencer : Le sens du mot commun

Parmi \(6\), \(24\) et \(36\), lequel est un multiple commun de \(12\) et \(18\) ? Lequel est leur PGCD ?

Réponse. \(36=3\times12=2\times18\) est un multiple commun. \(24=2\times12\) n’est pas multiple de \(18\), et \(6\) n’est multiple d’aucun des deux. En revanche, \(12=2\times6\) et \(18=3\times6\), et leur PGCD est \(6\). Pour un diviseur commun, on divise les données ; pour un multiple commun, ce sont les données qui divisent le nombre cherché. Si tu as choisi \(6\) comme multiple, garde cette différence de sens devant toi.

Définition : Plus petit commun multiple

Pour deux entiers non nuls \(a,b\), le plus petit commun multiple, noté \(\operatorname{PPCM}(a,b)\), est le plus petit entier strictement positif qui est multiple de \(a\) et de \(b\).

L’objet existe : \(|ab|\) est un multiple positif commun, donc l’ensemble des multiples positifs communs n’est pas vide et possède un plus petit élément. Les signes des données ne changent pas leurs multiples, donc \(\operatorname{PPCM}(a,b)=\operatorname{PPCM}(|a|,|b|)\).

Exemple expliqué : Une première liste de multiples

Les premiers multiples positifs de \(14\) sont \(14,28,42,56,\ldots\) ; ceux de \(21\) sont \(21,42,63,\ldots\). Le premier nombre commun est \(42\), donc \(\operatorname{PPCM}(14,21)=42\). Le produit \(14\times21=294\) est lui aussi un multiple commun, mais il n’est pas le plus petit.

Une liste est efficace pour de petits nombres. Pour de plus grands nombres, elle devient longue ; la propriété suivante permet de calculer le PPCM à partir du PGCD.

Théorème : Lien entre PGCD et PPCM

Soient \(a,b\) deux entiers non nuls et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Alors

\[\boxed{\operatorname{PPCM}(a,b)=\frac{|ab|}{d}}\qquad\text{et}\qquad \boxed{\operatorname{PGCD}(a,b)\,\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|}.\]
De plus, les multiples communs de \(a\) et de \(b\) sont exactement les multiples de \(\operatorname{PPCM}(a,b)\), y compris zéro et les multiples négatifs.

Démonstration : Construire le plus petit et décrire tous les autres

Écrivons \(|a|=dA\) et \(|b|=dB\), où \(A,B\) sont positifs et premiers entre eux. Le nombre \(m=dAB\) est un multiple positif commun : \(m=|a|B=|b|A\).

Soit maintenant \(M\) un multiple commun quelconque. Il existe \(k,\ell\in\mathbb{Z}\) tels que

\[M=dAk=dB\ell.\]
Comme \(d>0\), on peut diviser les deux membres de \(dAk=dB\ell\) par \(d\) :
\[\frac{dAk}{d}=\frac{dB\ell}{d},\qquad Ak=B\ell.\]
Donc \(B\mid Ak\). Les nombres \(A\) et \(B\) étant premiers entre eux, Gauss donne \(B\mid k\). Écrivons \(k=Bt\) avec \(t\in\mathbb{Z}\) ; alors \(M=dA(Bt)=mt\). Tout multiple commun est ainsi multiple de \(m\). Réciproquement, chaque multiple de \(m\) est multiple de \(|a|\) et de \(|b|\), donc de \(a,b\).

Si \(M>0\), l’égalité \(M=mt\) et \(m>0\) imposent \(t\geq1\), donc \(M\geq m\). Le nombre \(m\) est bien le plus petit multiple commun positif. Enfin,

\[\frac{|ab|}{d}=\frac{(dA)(dB)}{d} =\frac{d\times d\times A\times B}{d}=dAB=m.\]
Multiplier les deux membres par \(d\) donne la seconde formule.

Convention : Que fait-on lorsqu’une donnée vaut zéro ?

Les multiples de \(0\) sont réduits à \(0\) : il n’existe donc pas de multiple strictement positif commun à \(a\) et \(0\). Pour étendre l’usage du PPCM, on pose par convention \(\operatorname{PPCM}(a,0)=\operatorname{PPCM}(0,a)=0\), y compris pour \(a=0\).

La formule \(\operatorname{PGCD}(a,b)\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|\) reste vraie si une seule donnée est nulle : les deux membres valent \(0\). Elle n’est pas utilisée pour \((0,0)\), puisque \(\operatorname{PGCD}(0,0)\) n’est pas défini ici. La convention sur le PPCM ne change pas celle du PGCD.

Exemple expliqué : Deux longueurs qui doivent s’ajuster

Une bande doit pouvoir être partagée en segments de \(36\) cm ou en segments de \(84\) cm, sans chute. Sa longueur positive doit donc être un multiple de \(36\) et de \(84\). On cherche le plus petit.

Euclide donne \(84=2\times36+12\), puis \(36=3\times12\) ; ainsi \(d=12\). Les quotients réduits sont \(36/12=3\) et \(84/12=7\), qui sont premiers entre eux. Par le théorème,

\[\operatorname{PPCM}(36,84)=\frac{36\times84}{12}=3\times84=252.\]
Le contrôle est \(252=7\times36=3\times84\). La bande la plus courte mesure \(252\) cm. Tout autre ajustement correspond à un multiple positif de \(252\) ; cette dernière assertion provient de la preuve, pas de la simple vérification des deux divisions.

Méthode : Choisir PGCD ou PPCM

Demande-toi dans quel sens agit la divisibilité. Pour chercher la plus grande taille qui divise deux mesures, cherche un PGCD. Pour chercher la plus petite mesure qui est divisible par chacune des deux données, cherche un PPCM. Pour celui-ci, commence par le PGCD, puis calcule \(|ab|/d\) et vérifie que le résultat est bien multiple de chaque donnée.

Bon réflexe de calcul. Effectue la division exacte \(|a|/d\) avant le produit : \((|a|/d)\times|b|\) donne la même valeur avec des nombres intermédiaires plus petits. Dans l’exemple, \(36/12=3\) avant \(3\times84\) évite le produit \(3024\). Ce raccourci utilise \(d\mid a\) et \(d>0\) ; il n’autorise aucune simplification arbitraire dans une somme.

À toi : Essai guidé : le PGCD avant le PPCM

Détermine \(\operatorname{PPCM}(18,30)\). Commence par les divisions d’Euclide, puis complète \(\operatorname{PPCM}(18,30)=(18/\ldots)\times30\). Vérifie les deux multiples.

Indice, à lire seulement si nécessaire. \(30=18+12\) et \(18=12+6\).

Correction expliquée : Deux calculs différents, liés par une formule

Les divisions se terminent par \(12=2\times6\), donc \(\operatorname{PGCD}(18,30)=6\). On obtient

\[\operatorname{PPCM}(18,30)=\frac{18\times30}{6}=3\times30=90.\]
Le contrôle donne \(90=5\times18=3\times30\). \(6\) est le PGCD ; \(90\) est le PPCM. Leurs rôles sont différents.

À toi : À tenter avant de consulter

Deux machines effectuent un cycle toutes les \(48\) minutes et toutes les \(180\) minutes. Elles démarrent un cycle ensemble à l’instant \(0\). À quel premier instant strictement positif redémarrent-elles ensemble ? Justifie pourquoi le nombre recherché est minimal.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Les instants communs sont des multiples des deux durées. Calcule d’abord le PGCD de \(48\) et \(180\).

Correction expliquée : L’instant zéro n’est pas celui demandé

Euclide donne \(180=3\times48+36\), \(48=36+12\), \(36=3\times12\) ; le PGCD vaut \(12\). Le premier instant positif commun est le PPCM :

\[\frac{48\times180}{12}=4\times180=720\text{ minutes}.\]
On vérifie \(720=15\times48=4\times180\). Le théorème montre que tout instant commun est multiple de \(720\) ; aucun entier strictement positif inférieur à \(720\) ne convient. L’instant \(0\) est commun, mais exclu par la consigne.

Ce que ta réponse doit montrer. Il faut traduire la situation en multiples, distinguer zéro du premier instant positif, calculer et justifier la minimalité. Deux divisions exactes prouvent que l’instant convient, pas à elles seules qu’il est le premier.

Corollaire : Quand le produit suffit-il ?

Pour deux entiers non nuls \(a,b\), \(\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|\) si et seulement si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\).

Démonstration : Les deux sens

Si le PGCD vaut \(1\), la formule donne immédiatement \(\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|/1=|ab|\). Réciproquement, si \(|ab|/d=|ab|\), on multiplie par \(d>0\) puis on divise par \(|ab|\ne0\) : \(|ab|=d|ab|\), donc \(1=d\).

À toi : Variation : « il suffit de multiplier » ?

Compare les couples \((8,15)\) et \((54,90)\). Pour lequel le PPCM est-il le produit ? Donne le PPCM de l’autre couple et explique ce que la multiplication oubliait.

Correction expliquée : Le facteur commun ne doit pas être compté deux fois

\(8\) et \(15\) sont premiers entre eux : \(15=8+7\), \(8=7+1\), donc leur PPCM est \(8\times15=120\). Pour \(54,90\), Euclide donne \(90=54+36\), \(54=36+18\), \(36=2\times18\) ; le PGCD est \(18\). Le PPCM vaut

\[\frac{54\times90}{18}=3\times90=270,\]
et \(270=5\times54=3\times90\). Le produit \(4860\) est un multiple commun, mais il contient en trop un facteur \(18\) par rapport au plus petit multiple commun.

Pour réparer une erreur : Si tu as cherché un diviseur au lieu d’un multiple

Erreur proposée : « le premier retour commun pour des périodes \(12\) et \(18\) a lieu après \(6\) ». Le premier défaut est la traduction : \(6\) divise les périodes, mais n’est un multiple ni de \(12\) ni de \(18\). Aucune des deux périodes n’est alors écoulée.

Rappel ciblé. Un instant de retour doit être plusieurs fois chacune des périodes. Exemple plus simple : pour \(4\) et \(6\), les multiples positifs commencent par \(4,8,12\) et \(6,12\) ; le premier retour commun est \(12\).

Nouvel essai. Trouve le premier retour pour \(6\) et \(10\). Correction. Le PGCD est \(2\) et le PPCM vaut \((6/2)\times10=30\). On a \(30=5\times6=3\times10\) ; le théorème garantit qu’il est le premier positif. Reviens aux bandes \(36,84\) : la longueur doit être divisible par les deux données, ce qui conduit à \(252\), pas à leur PGCD \(12\).

À toi : À reprendre plus tard : distinguer le résultat et son contrôle

Avant de relire, calcule le PPCM de \(45\) et \(70\), puis explique pourquoi ton contrôle par deux produits ne suffit pas, seul, à démontrer la minimalité.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Les restes d’Euclide sont \(25,20,5,0\).

Correction expliquée : Reprise différée du PPCM

\(70=45+25\), \(45=25+20\), \(25=20+5\), \(20=4\times5\). Le PGCD vaut \(5\), donc le PPCM vaut \((45/5)\times70=9\times70=630\). On vérifie aussi \(630=14\times45\). Les deux produits prouvent que \(630\) est commun ; la formule démontrée, ou la description de tous les multiples communs, prouve que c’est le plus petit positif.

Une autre méthode, si des décompositions premières sont fournies

Complément facultatif : Une voie facultative, sans prérequis caché

Euclide et la formule du PPCM suffisent pour tous les calculs précédents. Si un énoncé fournit déjà les décompositions en facteurs premiers, on peut les exploiter sans recommencer les divisions. Cette méthode ne remplace pas l’apprentissage de la factorisation première dans son chapitre propre.

Un entier premier est un entier au moins égal à \(2\) dont les seuls diviseurs positifs sont \(1\) et lui-même. Une décomposition fournie doit être complète : tous ses facteurs de base doivent être premiers. Par exemple \(12=3\times4\) n’est pas une décomposition en facteurs premiers, car \(4\) n’est pas premier. Le produit fourni doit aussi être vérifié.

Propriété : Exposants minimaux et maximaux

Supposons connues les décompositions de deux entiers positifs en puissances de nombres premiers distincts. Pour chaque nombre premier présent dans l’une des deux décompositions, on écrit les deux exposants, en mettant \(0\) s’il est absent de l’une d’elles.

Le PGCD s’obtient en prenant, pour chaque nombre premier, le plus petit des deux exposants. Le PPCM s’obtient en prenant le plus grand. Une puissance d’exposant \(0\) vaut \(1\).

Démonstration : Pourquoi retirer les exposants communs fonctionne

Appelons \(g\) le produit construit avec les plus petits exposants. Il divise les deux nombres, qui s’écrivent \(a=gA\), \(b=gB\). Après ce retrait, aucun nombre premier ne figure à la fois dans les produits restants \(A\) et \(B\) : pour chaque base, au moins un des deux exposants restants est nul.

Montrons que \(A\) et \(B\) sont premiers entre eux. Si leur PGCD était un entier \(D>1\), il aurait un diviseur premier \(p\). Pour le voir sans supposer une décomposition de \(D\), prends le plus petit diviseur de \(D\) supérieur à \(1\) : s’il était composé, un de ses diviseurs stricts supérieur à \(1\) serait un diviseur de \(D\) plus petit, contradiction.

Ce nombre premier \(p\) diviserait \(A\) et \(B\). Or si un nombre premier divise un produit de nombres premiers, Gauss impose qu’il soit égal à l’un des facteurs : s’il est différent du premier facteur, il est premier avec lui et on peut retirer ce facteur, puis recommencer. Sinon on arriverait à \(p\mid1\), impossible. Le nombre \(p\) devrait donc apparaître dans les deux produits restants, ce que nous avons exclu. Ainsi \(\operatorname{PGCD}(A,B)=1\).

Bézout donne alors \(A\alpha+B\beta=1\), et multiplier par \(g\) donne \(a\alpha+b\beta=g\). Comme \(g\) divise \(a,b\) et que tout diviseur commun divise cette combinaison, \(g\) est bien leur PGCD.

Pour le PPCM, on utilise \(ab/g\). Sur une base première dont les deux exposants sont \(\alpha,\beta\), le produit additionne les exposants et la division par \(g\) enlève le plus petit. Si \(\alpha\leq\beta\), l’exposant restant est \(\alpha+\beta-\alpha=\beta\), le plus grand ; si \(\beta\leq\alpha\), c’est \(\alpha+\beta-\beta=\alpha\). Cela démontre la règle des maxima.

Exemple expliqué : Des décompositions déjà fournies

On donne \(360=2^3\times3^2\times5\) et \(252=2^2\times3^2\times7\). Les produits sont vérifiés : \(8\times9\times5=360\) et \(4\times9\times7=252\). On aligne toutes les bases, même absentes d’un nombre :

Base première \(2\) \(3\) \(5\) \(7\)
Exposant dans \(360\) 3 2 1 0
Exposant dans \(252\) 2 2 0 1
Minimum 2 2 0 0
Maximum 3 2 1 1

Ainsi \(\operatorname{PGCD}(360,252)=2^2\times3^2=4\times9=36\) et

\[\operatorname{PPCM}(360,252)=2^3\times3^2\times5\times7 =8\times9\times35=2520.\]
Le contrôle par une autre voie est \(360=252+108\), \(252=2\times108+36\), \(108=3\times36\), puis \((360/36)\times252=10\times252=2520\). On vérifie aussi \(2520=7\times360=10\times252\).

Méthode : Lire les colonnes, pas seulement les facteurs communs

Si les décompositions complètes sont données, commence par rassembler les bases premières dans un même tableau. Inscris tous les exposants, y compris les zéros. Choisis les minima pour le PGCD ou les maxima pour le PPCM, puis effectue le produit. L’oubli d’une base absente de l’un des nombres est sans effet pour le PGCD mais ferait perdre un facteur du PPCM.

À toi : Essai de cette autre voie

On donne \(144=2^4\times3^2\) et \(210=2\times3\times5\times7\). Calcule leur PGCD et leur PPCM par les exposants, puis contrôle avec Euclide et la formule produit/PGCD.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Écris les exposants de \(5\) et de \(7\) dans \(144\) : ils valent \(0\), pas \(1\).

Correction expliquée : Chaque base a son rôle

Pour les bases \(2,3,5,7\), les exposants sont \((4,2,0,0)\) dans \(144\) et \((1,1,1,1)\) dans \(210\). Les minima donnent \(2^1\times3^1=6\) ; les maxima donnent

\[2^4\times3^2\times5\times7=16\times9\times35=5040.\]
Le contrôle utilise \(210=144+66\), \(144=2\times66+12\), \(66=5\times12+6\), \(12=2\times6\). Le PGCD vaut donc \(6\), puis \((144/6)\times210=24\times210=5040\). Les deux méthodes concordent pour ce cas ; la preuve des règles, elle, porte sur toutes les décompositions autorisées.

Étendre le PGCD à une liste d’entiers

Avant de commencer : Quel nombre doit diviser toute la liste ?

Le nombre \(2\) divise \(6\) et \(10\). Est-il pour autant un diviseur commun de \(6,10,15\) ?

Réponse. Non : \(15\) est impair et n’est pas divisible par \(2\). Pour être commun à la liste, un même diviseur doit diviser chacun de ses termes. C’est ce mot « chacun » qui change le test.

Définition : PGCD de plusieurs entiers

Pour une liste d’entiers non tous nuls, le PGCD de la liste est le plus grand entier positif qui divise chacun de ses termes. Il existe : \(1\) convient et tout diviseur commun est au plus la valeur absolue d’un terme non nul. Pour trois nombres, on le note \(\operatorname{PGCD}(a,b,c)\).

La liste est première dans son ensemble, ou ses termes sont premiers entre eux dans leur ensemble, si son PGCD vaut \(1\). Pour une liste d’au moins deux termes, les termes sont premiers entre eux deux à deux si chaque paire a un PGCD défini et égal à \(1\) ; en particulier, aucune paire ne peut être formée de deux zéros.

Exemple expliqué : Un PGCD des trois différent des PGCD des paires

Les nombres \(6\), \(10\) et \(15\) n’ont pour diviseur positif commun que \(1\) :

\[\{1,2,3,6\}\cap\{1,2,5,10\}\cap\{1,3,5,15\}=\{1\}.\]
Pourtant \(\operatorname{PGCD}(6,10)=2\), \(\operatorname{PGCD}(6,15)=3\) et \(\operatorname{PGCD}(10,15)=5\). Le mot commun aux trois exige qu’un même diviseur divise les trois nombres. Les diviseurs \(2\), \(3\) et \(5\) ne sont pas le même nombre et aucun des trois ne divise toute la liste. Ainsi « premiers entre eux dans leur ensemble » ne signifie pas « premiers entre eux deux à deux ».

Propriété : Calculer par regroupements

Si \(a,b\) ne sont pas tous deux nuls, alors, pour tout entier \(c\),

\[\operatorname{PGCD}(a,b,c)=\operatorname{PGCD}\bigl(\operatorname{PGCD}(a,b),c\bigr).\]
On peut prolonger ce calcul à une liste : commencer par un terme non nul, puis prendre successivement le PGCD du résultat et du terme suivant.

Démonstration : Comparer les mêmes diviseurs

Posons \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)>0\). Un entier positif \(e\) divise \(a\) et \(b\) si et seulement s’il divise \(d\). Donc \(e\) divise \(a,b,c\) si et seulement s’il divise \(d\) et \(c\). Les deux listes ont exactement les mêmes diviseurs positifs communs : leurs plus grands sont égaux.

Pour une liste plus longue, on répète ce raisonnement en ajoutant un terme à la fois. L’ordre ne change pas l’ensemble des diviseurs communs. Si les premiers termes valent zéro, on les place après un terme non nul pour ne pas faire apparaître l’expression non définie \(\operatorname{PGCD}(0,0)\).

Exemple expliqué : Calculer puis construire un certificat

Pour \(24,40,15\), on commence par \(\operatorname{PGCD}(24,40)\). Les divisions \(40=24+16\), \(24=16+8\), \(16=2\times8\) donnent \(8\). Ensuite \(15=8+7\), \(8=7+1\) donnent \(\operatorname{PGCD}(8,15)=1\). Ainsi \(\operatorname{PGCD}(24,40,15)=1\).

On peut également construire une combinaison égale à \(1\). D’abord \(8=2\times24-40\), puis \(1=2\times8-15\). La substitution donne

\[\begin{aligned} 1&=2(2\times24-40)-15\\ &=2\times2\times24-2\times40-15\\ &=4\times24-2\times40-15. \end{aligned}\]
Le contrôle est \(96-80-15=1\). Tout diviseur commun des trois données divise cette combinaison, donc divise \(1\) : c’est un certificat direct de leur coprimalité dans l’ensemble. Pourtant \(24\) et \(40\) ne sont pas premiers entre eux deux à deux, puisque leur PGCD vaut \(8\).

Proposition : Une identité de Bézout pour trois entiers

Pour trois entiers \(a,b,c\) non tous nuls, en notant \(D=\operatorname{PGCD}(a,b,c)\), il existe des entiers \(u,v,w\) tels que \(au+bv+cw=D\).

En particulier, les trois nombres sont premiers entre eux dans leur ensemble si et seulement s’il existe des entiers \(u,v,w\) tels que \(au+bv+cw=1\).

Démonstration : Deux identités à deux nombres suffisent

On peut permuter les données pour que \(a,b\) ne soient pas simultanément nuls. Posons \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) ; Bézout donne \(a\alpha+b\beta=d\). D’après la propriété d’association, \(D=\operatorname{PGCD}(d,c)\), et Bézout donne \(ds+ct=D\). On remplace alors \(d\) :

\[D=(a\alpha+b\beta)s+ct=a\alpha s+b\beta s+ct.\]
Les entiers \(u=\alpha s\), \(v=\beta s\), \(w=t\) conviennent. Cette construction est valable même si \(c=0\), car \(d>0\).

Si \(D=1\), cette identité fournit celle annoncée. Réciproquement, si \(au+bv+cw=1\), tout diviseur positif commun des trois nombres divise le membre de gauche, donc \(1\). Le seul est \(1\), et le PGCD vaut \(1\). Les deux sens sont établis.

À toi : Essai guidé : associer deux calculs

Détermine \(\operatorname{PGCD}(30,42,70)\). Calcule d’abord \(\operatorname{PGCD}(30,42)\), puis le PGCD de ce résultat avec \(70\). Les trois nombres sont-ils premiers entre eux dans leur ensemble ?

Indice, à lire seulement si nécessaire. Le premier PGCD vaut \(6\) ; ce n’est pas encore la réponse pour les trois nombres.

Correction expliquée : Le troisième nombre doit intervenir

\(42=30+12\), \(30=2\times12+6\) et \(12=2\times6\), donc \(\operatorname{PGCD}(30,42)=6\). Puis \(70=11\times6+4\), \(6=4+2\), \(4=2\times2\), donc \(\operatorname{PGCD}(6,70)=2\). Le PGCD des trois est \(2\), et ils ne sont pas premiers entre eux dans leur ensemble. En particulier, l’arrêt au premier calcul aurait donné \(6\), qui ne divise pas \(70\).

À toi : À tenter avant de consulter

Pour \(14,21,25\), détermine le PGCD des trois nombres. Sont-ils premiers entre eux dans leur ensemble ? Deux à deux ? Construis aussi une combinaison entière des trois nombres égale à leur PGCD.

Indice, à lire seulement si nécessaire. \(7=21-14\), puis \(1=2\times25-7\times7\). Il reste à remplacer ce dernier \(7\) par une combinaison de \(14\) et \(21\).

Correction expliquée : Le calcul et le vocabulaire doivent s’accorder

Les divisions \(21=14+7\), \(14=2\times7\) donnent \(\operatorname{PGCD}(14,21)=7\). Puis \(25=3\times7+4\), \(7=4+3\), \(4=3+1\) donnent \(\operatorname{PGCD}(7,25)=1\). Les trois nombres sont donc premiers entre eux dans leur ensemble, mais pas deux à deux, puisque \(\operatorname{PGCD}(14,21)=7\).

Pour le certificat, la remontée donne \(1=4-3=4-(7-4)=2\times4-7\), puis \(4=25-3\times7\) :

\[1=2(25-3\times7)-7=2\times25-2\times3\times7-7 =2\times25-6\times7-7 =2\times25-7\times7.\]
En remplaçant \(7=21-14\), on obtient
\[\begin{aligned} 1&=2\times25-7(21-14)\\ &=2\times25-7\times21+7\times14\\ &=7\times14-7\times21+2\times25. \end{aligned}\]
Le contrôle est \(98-147+50=1\).

Ce que ta réponse doit montrer. Il faut faire intervenir chaque nombre, distinguer les deux notions de coprimalité et vérifier la combinaison. Un PGCD de paire supérieur à \(1\) suffit à réfuter la coprimalité deux à deux, mais pas celle de l’ensemble.

À toi : Variation : des zéros dans la liste

Détermine \(\operatorname{PGCD}(0,0,-27)\) sans utiliser \(\operatorname{PGCD}(0,0)\). Explique ensuite pourquoi \(0,1,5\) sont premiers entre eux dans leur ensemble, mais pas deux à deux.

Correction expliquée : Commencer par une donnée non nulle

Tout diviseur de \(27\) divise les deux zéros, et un diviseur commun doit diviser \(-27\). Le PGCD de la liste est donc \(27\). On peut le calculer dans l’ordre \(\operatorname{PGCD}(\operatorname{PGCD}(-27,0),0)=\operatorname{PGCD}(27,0)=27\), sans expression interdite.

Pour \(0,1,5\), tout diviseur commun divise \(1\), donc le PGCD est \(1\). Mais \(\operatorname{PGCD}(0,5)=5\), ce qui réfute la condition deux à deux. La présence de zéro ne dispense pas d’examiner chaque définition.

Propriété : Deux à deux est une condition plus forte

Une liste d’au moins deux entiers premiers entre eux deux à deux est première dans son ensemble. La réciproque est fausse pour trois entiers ou davantage.

Démonstration : Un sens, puis un contre-exemple

Tout diviseur commun à toute la liste divise notamment les deux premiers nombres. Si ces deux nombres sont premiers entre eux, ce diviseur positif ne peut être que \(1\). Cela prouve le premier sens. L’exemple \(6,10,15\), déjà calculé dans cette unité, donne un PGCD commun de \(1\) mais des PGCD de paires égaux à \(2,3,5\) : il réfute la réciproque.

Pour réparer une erreur : Si « PGCD égal à un » a été appliqué aux mauvaises données

Erreur proposée : « \(\operatorname{PGCD}(6,10,15)=1\), donc \(6\) et \(10\) sont premiers entre eux. » La première ligne est vraie ; l’implication est fausse, puisque \(2\) divise \(6\) et \(10\) sans diviser \(15\).

Rappel ciblé. Une condition sur toute la liste n’impose pas la même condition à chaque sous-liste. Exemple plus simple à vérifier : \(6,10,9\) ont pour PGCD \(\operatorname{PGCD}(2,9)=1\), mais la paire \(6,10\) garde son diviseur commun \(2\).

Nouvel essai. Classe \(4,9,15\) selon les deux notions. Correction. \(\operatorname{PGCD}(4,9)=1\), donc le PGCD des trois vaut \(\operatorname{PGCD}(1,15)=1\). En revanche, \(\operatorname{PGCD}(9,15)=3\) : ils ne sont pas premiers entre eux deux à deux. Reviens à \(6,10,15\) : le diviseur doit être le même pour les trois, ce que ni \(2\), ni \(3\), ni \(5\) ne réalise.

Définition : PPCM de trois entiers positifs

Pour trois entiers strictement positifs, le PPCM est leur plus petit multiple strictement positif commun. L’ensemble concerné est non vide, puisqu’il contient leur produit, et possède donc un plus petit élément.

Propriété : Regrouper des PPCM

Pour trois entiers strictement positifs,

\[\operatorname{PPCM}(a,b,c)=\operatorname{PPCM}\bigl(\operatorname{PPCM}(a,b),c\bigr).\]
S’ils sont premiers entre eux deux à deux, ce PPCM vaut \(abc\).

Démonstration : Les multiples communs, puis l’hypothèse plus forte

En effet, être multiple de \(a\) et de \(b\) équivaut, d’après le théorème démontré, à être multiple de \(\operatorname{PPCM}(a,b)\) ; on ajoute ensuite la condition d’être multiple de \(c\).

Si \(a,b,c\) sont deux à deux premiers entre eux, alors le PPCM vaut bien \(abc\). Pour le prouver, un multiple commun \(M\) est d’abord multiple de \(ab\), donc \(M=abk\). Puis \(c\mid abk\) ; Gauss retire le facteur \(a\) grâce à \(\operatorname{PGCD}(c,a)=1\), puis le facteur \(b\) grâce à \(\operatorname{PGCD}(c,b)=1\). Ainsi \(c\mid k\), donc \(abc\mid M\). Le produit \(abc\) étant lui-même un multiple commun positif, c’est le plus petit.

Contre-exemple : Une formule à deux nombres n’est pas une formule à trois

Il serait faux d’écrire en général \(\operatorname{PPCM}(a,b,c)=abc/\operatorname{PGCD}(a,b,c)\). Pour \(6,10,15\), le premier PPCM vaut \(30\), puis \(\operatorname{PPCM}(30,15)=30\), tandis que \(6\times10\times15/1=900\).

À toi : Contrôler la généralisation

Calcule le PPCM de \(4,6,9\) par regroupement. Compare avec le quotient du produit par le PGCD des trois. Puis explique pourquoi le PPCM de \(4,9,25\) est au contraire leur produit.

Correction expliquée : La coprimalité dans l’ensemble ne suffit pas

\(\operatorname{PPCM}(4,6)=12\), puis \(\operatorname{PPCM}(12,9)=12\times9/3=36\). Le PGCD de \(4,6,9\) vaut \(\operatorname{PGCD}(2,9)=1\), mais \(4\times6\times9/1=216\ne36\).

Les nombres \(4,9,25\) sont premiers entre eux deux à deux : leurs diviseurs positifs sont respectivement \(1,2,4\) ; \(1,3,9\) ; \(1,5,25\), avec seulement \(1\) en commun dans chaque paire. Le PPCM vaut donc \(4\times9\times25=36\times25=900\). L’hypothèse plus forte est exactement celle utilisée pour retirer successivement les facteurs dans la preuve.

À toi : À reprendre plus tard : calculer, distinguer, certifier

Avant de relire, étudie \(20,28,45\) : PGCD de la liste, coprimalité dans l’ensemble, coprimalité deux à deux. Trouve aussi une combinaison entière égale au PGCD.

Indice, à lire seulement si nécessaire. Commence par \(4=3\times20-2\times28\), puis utilise \(45=11\times4+1\).

Correction expliquée : Reprise différée sur trois entiers

\(28=20+8\), \(20=2\times8+4\), \(8=2\times4\) donnent un PGCD de \(4\) pour la première paire. Comme \(45=11\times4+1\), le PGCD des trois est \(1\). Ils sont premiers dans leur ensemble, mais pas deux à deux : la paire \(20,28\) a un PGCD de \(4\) (et la paire \(20,45\) a même un PGCD de \(5\)).

La substitution donne

\[\begin{aligned} 1&=45-11\times4\\ &=45-11(3\times20-2\times28)\\ &=45-11\times3\times20+11\times2\times28\\ &=45-33\times20+22\times28. \end{aligned}\]
Le contrôle est \(45-660+616=1\). La combinaison confirme que le seul diviseur positif commun est \(1\), sans affirmer que chaque paire est première entre elle.

Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit annoncer précisément les nombres concernés par chaque PGCD, justifier la distinction de vocabulaire et montrer les signes de la substitution.

À retenir : L’essentiel

Pour deux entiers non nuls, \(\operatorname{PGCD}(a,b)\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|\). Pour une liste, le PGCD se calcule par regroupements en commençant par un terme non nul. « Dans leur ensemble » signifie un diviseur commun à tous ; « deux à deux » exige la condition sur chaque paire. La formule produit/PGCD pour le PPCM de deux nombres ne s’étend pas ainsi à trois nombres.

14 Synthèse et bilan : savoir décider, calculer et justifier

Pour avancer. Retrouver les résultats essentiels, choisir un point de départ et vérifier une solution sans confondre essai et preuve.

Les résultats à garder disponibles

À retenir : Définitions, conditions et résultats

Divisibilité. \(d\mid a\) signifie \(a=dk\) pour un entier \(k\). Un diviseur commun à \(a,b\) divise toute combinaison \(ua+vb\) à coefficients entiers.

PGCD. Pour \((a,b)\ne(0,0)\), \(\operatorname{PGCD}(a,b)\) est le plus grand diviseur positif commun. Les signes ne le changent pas ; \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\) si \(a\ne0\). Les diviseurs communs sont exactement les diviseurs du PGCD.

Euclide. Si \(a=bq+r\), \(b>0\), \(0\le r<b\), alors \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(b,r)\). On répète jusqu’au reste nul ; le diviseur de la dernière division donne la réponse. C’est le dernier reste non nul, ou le diviseur initial si la première division est exacte. Un argument initial nul se traite directement par la règle du PGCD avec zéro.

Coprimalité. \(a,b\) sont premiers entre eux si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). Si \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), alors \(a=da',b=db'\) avec \(a',b'\) entiers premiers entre eux. Pour \(k\ne0\), \(\operatorname{PGCD}(ka,kb)=|k|\operatorname{PGCD}(a,b)\).

Bézout. Le PGCD s’écrit \(au+bv\), avec \(u,v\in\mathbb{Z}\). En particulier,

\[\operatorname{PGCD}(a,b)=1 \Longleftrightarrow \text{il existe }u,v\in\mathbb{Z}\text{ tels que }au+bv=1.\]
Une combinaison égale à \(d>1\) ne suffit pas à prouver que le PGCD vaut \(d\) : il faut aussi que \(d\) divise les deux nombres.

Gauss. Si \(a\ne0\), \(a\mid bc\) et \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\), alors \(a\mid c\). Si \(a,b\ne0\) sont premiers entre eux et divisent \(m\), alors \(ab\mid m\). Une fraction \(p/q\), avec \(p\in\mathbb{Z}\) et \(q\in\mathbb{N}^*\), est irréductible exactement lorsque \(\operatorname{PGCD}(p,q)=1\). Un dénominateur négatif se rend positif en changeant les deux signes.

Équations entières. Pour \(a,b\ne0\) et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), l’équation \(ax+by=c\) admet des solutions entières exactement lorsque \(d\mid c\). Si \((x_0,y_0)\) est une solution, toutes les solutions sont

\[(x,y)=\left(x_0+\frac bd k,\ y_0-\frac ad k\right), k\in\mathbb{Z}.\]
Les contraintes \(x\ge0\), \(y>0\) ou d’intervalle s’imposent ensuite au même paramètre \(k\). Si un coefficient est nul, on résout directement l’équation à une inconnue restante.

Congruences. Pour \(n\ge2\), \(ax\equiv c\;[n]\) signifie que \(n\mid(ax-c)\). Un inverse de \(a\) modulo \(n\) existe exactement si \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\). Si \(d=\operatorname{PGCD}(a,n)\), la congruence est soluble exactement si \(d\mid c\). Dans ce cas on réduit simultanément \(a,c,n\) par \(d\). Si le module réduit vaut 1, tous les entiers conviennent ; sinon on inverse le coefficient réduit pour décrire les solutions.

Méthode : Je vois, je vérifie, je fais

Je vois Je vérifie Mon premier geste
Deux nombres, PGCD demandé Signes et cas nul Valeurs absolues, puis divisions d’Euclide.
Deux expressions en \(n\) Coefficients entiers Combinaison pour éliminer \(n\) ; tester ensuite les diviseurs possibles.
Une identité \(au+bv=d\) \(u,v\in\mathbb{Z}\), \(d>0\), \(d\mid a,b\) Contrôler le produit-somme et les divisibilités.
Un facteur à retirer d’une divisibilité Coprimalité avec le diviseur Nommer les trois nombres de Gauss.
Une équation \(ax+by=c\) Domaine et divisibilité de \(c\) par le PGCD Calcul du PGCD, puis solution particulière.
Une congruence linéaire PGCD coefficient-module Si nécessaire réduire les trois nombres ; ne pas garder le mauvais module.
Des quantités positives Unités et bornes Résoudre dans \(\mathbb{Z}\), puis filtrer la famille.
Un code qui met à jour deux états Anciennes valeurs utilisées Écrire une ligne avant/après avant d’exécuter la boucle.

Mini-test : essaie avant les corrections

Les questions ci-dessous portent sur le parcours principal. Les titres ne donnent pas une méthode à appliquer à chacune ; certaines questions précisent toutefois la production attendue. Pour un véritable essai sans modèle, masque la boîte à outils précédente. Les indices sont disponibles si nécessaire, mais une tentative avec indice n’est pas la même chose qu’une tentative sans aide.

À toi : Questions 1 à 4

1. Détermine \(\operatorname{PGCD}(-96,144)\), puis tous les diviseurs positifs communs. Justifie le signe de ta réponse.

2. Trouve deux entiers \(u,v\) tels que \(59u+26v=1\). Vérifie ton identité et explique ce qu’elle prouve sur 59 et 26.

3. Pour \(n\in\mathbb{Z}\), détermine \(\operatorname{PGCD}(4n+1,6n+5)\) suivant \(n\). Une liste de valeurs possibles ne suffit pas : précise quand chaque valeur est obtenue.

4. On sait que \(18\mid7x\), avec \(x\in\mathbb{Z}\). Que peut-on conclure ? La même conclusion est-elle valable si l’on remplace 7 par 6 ? Justifie ou donne un contre-exemple.

À toi : Questions 5 à 8

5. Résous dans \(\mathbb{Z}^2\) l’équation \(14x+22y=10\). Y a-t-il des solutions dans \(\mathbb{N}^2\) ?

6. Un lot contient des objets de masse \(18\,\mathrm g\) et d’autres de masse \(30\,\mathrm g\), pour une masse totale de \(186\,\mathrm g\), sans emballage. Détermine toutes les compositions possibles avec des nombres d’objets naturels.

7. Détermine un inverse de 17 modulo 31, puis résous \(17x\equiv4\;[31]\).

8. Résous \(14x\equiv8\;[20]\) et donne les représentants solutions dans \(\{0,\ldots,19\}\). Puis étudie \(14x\equiv7\;[20]\).

À toi : Questions 9 à 11

9. On exécute le programme suivant avec \(a=70,b=28\). Écris les états \((a,b)\) après chaque tour. Pourquoi la variable ancien_b est-elle utile ?

while b != 0:
    ancien_b = b
    b = a % b
    a = ancien_b

10. Un chiffrement utilise les rangs A=0, B=1, …, Z=25 et la règle \(y\equiv15x+1\;[26]\). On reçoit V. Retrouve la lettre de départ et vérifie.

11. Réduis \(\frac{126}{198}\) en fraction irréductible. Pourquoi « j’ai simplifié par 2 » ne prouverait-il pas à lui seul l’irréductibilité ?

Remarque : Indices à consulter seulement après un premier essai

1 : traiter \(-96\) par sa valeur absolue. 2 : partir de \(59=2\times26+7\), puis remonter la dernière égalité donnant 1. 3 : calculer \(3(4n+1)-2(6n+5)\). 4 : tester la coprimalité avec 18. 5 : diviser l’équation par le PGCD ; \((7,-4)\) est une solution particulière de l’équation initiale. 6 : après division par 6, \((2,5)\) est un point de départ. 7 : \(17\times11=187\). 8 : réduire aussi le module lorsque l’on divise par 2. 9 : \(70=2\times28+14\). 10 : \(15\times7=105\). 11 : chercher le PGCD du numérateur et du dénominateur.

Corrections expliquées et critères de reprise

Correction expliquée : Question 1

Les signes ne changent pas le PGCD. Comme \(144=96+48\) et \(96=2\times48\), on a \(\operatorname{PGCD}(-96,144)=48\). Ce nombre est positif par définition. Les diviseurs positifs communs sont les diviseurs de 48 :

\[1,2,3,4,6,8,12,16,24,48.\]
Les paires \(1\times48,2\times24,3\times16,4\times12,6\times8\) justifient l’exhaustivité.

À contrôler dans ta réponse : une valeur positive, un calcul du PGCD et une liste complète. En cas d’erreur sur le signe, reprends l’unité sur la définition du PGCD ; sur le dernier reste, l’unité sur Euclide.

Correction expliquée : Question 2

Les divisions sont

\[59=2\times26+7, 26=3\times7+5, 7=5+2, 5=2\times2+1.\]
La dernière égalité donne \(1=5-2\times2\). On remplace progressivement les restes :
\[\begin{align*} 1&=5-2(7-5)\\ &=5-2\times7+2\times5=3\times5-2\times7\\ &=3(26-3\times7)-2\times7\\ &=3\times26-3\times3\times7-2\times7\\ &=3\times26-9\times7-2\times7=3\times26-11\times7\\ &=3\times26-11(59-2\times26)\\ &=3\times26-11\times59+11\times2\times26\\ &=3\times26-11\times59+22\times26\\ &=(-11)\times59+25\times26. \end{align*}\]
On peut prendre \(u=-11,v=25\). Contrôle indépendant de la remontée : \(59(-11)+26\times25=-649+650=1\). Les coefficients sont entiers, donc Bézout prouve \(\operatorname{PGCD}(59,26)=1\).

Critères : substitutions visibles, signes conservés, identité contrôlée, conclusion de coprimalité. Pour réparer une erreur de signe, reprends l’unité sur la construction d’une identité de Bézout.

Correction expliquée : Question 3

Soit \(d\) le PGCD des deux expressions ; elles ne peuvent pas être nulles ensemble, car la combinaison suivante vaut \(-7\) :

\[\begin{align*} 3(4n+1)-2(6n+5) &=3\times4n+3\times1-2\times6n-2\times5\\ &=12n+3-12n-10=-7. \end{align*}\]
Donc \(d\mid7\), et \(d\in\{1,7\}\). Pour obtenir 7, il faut en particulier \(4n+1\equiv0\;[7]\). Comme \(4\times2=8\equiv1\;[7]\), cette condition équivaut à \(n\equiv-2\equiv5\;[7]\).

Réciproquement, si \(n=7k+5\), alors

\[\begin{aligned} 4n+1&=4(7k+5)+1=4\times7k+4\times5+1\\ &=28k+20+1=7(4k+3),\\ 6n+5&=6(7k+5)+5=6\times7k+6\times5+5\\ &=42k+30+5=7(6k+5). \end{aligned}\]
7 divise donc les deux expressions et le PGCD vaut 7. Sinon, le seul candidat restant est 1. Ainsi,
\[\operatorname{PGCD}(4n+1,6n+5)= \begin{cases}7&\text{si }n\equiv5\;[7],\\1&\text{sinon.}\end{cases}\]
Critères : distinguer les valeurs possibles et les cas où elles conviennent, prouver la réciproque. Pour reprendre cette distinction, utilise l’unité sur les certificats et les paramètres.

Correction expliquée : Question 4

On a \(\operatorname{PGCD}(18,7)=1\), car \(18=2\times7+4\), \(7=4+3\), \(4=3+1\). Gauss appliqué à \(18\mid7x\) donne \(18\mid x\).

Avec 6, la condition est perdue : \(\operatorname{PGCD}(18,6)=6\). Pour \(x=3\), \(18\mid6x\), mais \(18\nmid3\). On peut seulement déduire \(3\mid x\) : si \(6x=18k\), diviser les deux membres par \(6\ne0\) donne \(x=3k\).

Critères : annoncer l’hypothèse de Gauss et fournir un vrai contre-exemple si elle manque. Reprends l’unité sur Gauss si tu avais simplifié sans vérifier le PGCD.

Correction expliquée : Question 5

Le PGCD de 14 et 22 est 2, qui divise 10 : des solutions entières existent. L’équation équivaut à \(7x+11y=5\), après division des deux membres par 2. Comme \(7\times7+11\times(-4)=49-44=5\), une solution est \((7,-4)\).

Si \((x,y)\) est une solution, on soustrait les deux égalités :

\[7x+11y-(7\times7+11\times(-4))=0, \text{soit} 7(x-7)+11(y+4)=0.\]
Donc \(7(x-7)=-11(y+4)\). Comme \(\operatorname{PGCD}(7,11)=1\), Gauss donne \(11\mid(x-7)\). Écrivons \(x-7=11k\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). La relation devient \(77k=-11(y+4)\). En divisant les deux membres par \(-11\ne0\), on obtient \(-7k=y+4\), donc \(y=-4-7k\).

Réciproquement,

\[\begin{align*} 14(7+11k)+22(-4-7k) &=14\times7+14\times11k+22\times(-4)+22\times(-7k)\\ &=98+154k-88-154k=10. \end{align*}\]
Toutes les solutions entières sont donc \((7+11k,-4-7k)\), \(k\in\mathbb{Z}\). Pour être dans \(\mathbb{N}^2\), il faudrait \(7+11k\ge0\), soit \(k\ge-7/11\), donc \(k\ge0\) puisque \(k\) est entier. Il faudrait aussi \(-4-7k\ge0\), soit \(-7k\ge4\), donc \(k\le-4/7\) (division par \(-7\), négatif), et finalement \(k\le-1\). Les deux contraintes sont incompatibles : aucune solution naturelle.

Critères : existence, famille exhaustive avec un seul paramètre, vérification, puis domaine naturel. Reprends l’unité sur les équations diophantiennes si tu as confondu existence entière et existence naturelle.

Correction expliquée : Question 6

Soient \(x,y\in\mathbb{N}\) les nombres d’objets de \(18\,\mathrm g\) et de \(30\,\mathrm g\). L’équation est \(18x+30y=186\). Après division des deux membres par 6, elle devient \(3x+5y=31\). Une solution particulière est \((2,5)\), car \(3\times2+5\times5=31\).

En soustrayant cette solution, \(3(x-2)+5(y-5)=0\), donc \(3(x-2)=-5(y-5)\). Comme 3 et 5 sont premiers entre eux, \(5\mid(x-2)\). On écrit \(x=2+5k\), puis \(15k=-5(y-5)\). En divisant les deux membres par \(-5\ne0\), on obtient \(-3k=y-5\), soit \(y=5-3k\), \(k\in\mathbb{Z}\). La réciproque se vérifie :

\[\begin{align*} 18(2+5k)+30(5-3k) &=18\times2+18\times5k+30\times5-30\times3k\\ &=36+90k+150-90k=186. \end{align*}\]
Les contraintes donnent \(2+5k\ge0\), soit \(k\ge-2/5\), donc \(k\ge0\), car \(k\) est entier. De même, \(5-3k\ge0\) donne \(k\le5/3\), donc \(k\le1\). Ainsi \(k=0\) ou \(k=1\), soit \((x,y)=(2,5)\) ou \((7,2)\). Les masses sont \(36+150=186\,\mathrm g\) et \(126+60=186\,\mathrm g\).

Critères : inconnues définies, même unité, contraintes naturelles, retour à deux compositions réelles. Une autre solution particulière conduit à la même liste finale, avec un paramètre décalé.

Correction expliquée : Question 7

\(17\times11=187=6\times31+1\), donc 11 est un inverse de 17 modulo 31. En multipliant \(17x\equiv4\;[31]\) par 11, on obtient \(x\equiv44\equiv13\;[31]\). Les solutions sont \(x=13+31k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Contrôle sur le représentant : \(17\times13-4=221-4=217=7\times31\).

Critères : le produit inverse vaut 1 modulo 31, et la réponse décrit tous les entiers solutions. Pour l’inverse, reprends l’unité sur les congruences linéaires.

Correction expliquée : Question 8

\(\operatorname{PGCD}(14,20)=2\), et 2 divise 8. Écrivons la congruence comme une divisibilité :

\[20\mid(14x-8) \Longleftrightarrow 10\mid(7x-4) \Longleftrightarrow 7x\equiv4\;[10].\]
Le module a lui aussi été divisé par 2. Puisque \(7\times3=21\equiv1\;[10]\), on obtient \(x\equiv12\equiv2\;[10]\). Les représentants dans \(0,\ldots,19\) sont 2 et 12. Contrôle : \(14\times2-8=20\) et \(14\times12-8=160\), tous deux multiples de 20.

En revanche, \(14x\equiv7\;[20]\) n’a aucune solution : \(14x-7\) est impair et ne peut pas être multiple de 20. C’est aussi le critère \(2\nmid7\).

Critères : vérifier l’existence avant d’inverser ; changer le module correctement ; ne pas perdre une classe solution.

Correction expliquée : Question 9

avant ancien_b après
Tour \(a\) \(b\) \(a\) \(b\)
1 70 28 28 28 14
2 28 14 14 14 0

Le premier reste est \(70\mathbin{\%}28=14\), le second \(28\mathbin{\%}14=0\). À l’arrêt, \(a=14\), qui est le PGCD. La variable temporaire conserve l’ancien diviseur avant que \(b\) ne soit remplacé par le reste.

Si l’on écrivait d’abord a = b, puis b = a % b, le second calcul utiliserait déjà le nouveau \(a\). Dès le premier tour, il calculerait \(28\mathbin{\%}28=0\), et renverrait 28, qui ne divise pas 70.

Critères : valeurs et positions exactes, lecture dans l’ordre des affectations. Reprends l’unité d’algorithmique si tu as calculé avec un mélange d’anciens et de nouveaux états.

Correction expliquée : Question 10

V a le rang 21. On a \(15\times7=105=4\times26+1\), donc 7 est un inverse de 15. Ainsi

\[x\equiv7(21-1)\equiv140\equiv10\;[26],\]
car \(7(21-1)=7\times20=140=5\times26+10\). Le rang initial est 10 : c’est K. Contrôle : \(15\times10+1=151=5\times26+21\), qui redonne V.

Critères : soustraire le décalage, multiplier par l’inverse, choisir un rang de 0 à 25 et contrôler le message. Reprends l’application au chiffrement si tu as utilisé une division réelle.

Correction expliquée : Question 11

\(198=126+72\), \(126=72+54\), \(72=54+18\), \(54=3\times18\), donc \(\operatorname{PGCD}(126,198)=18\). Le numérateur et le dénominateur ont le même facteur non nul 18 :

\[\frac{126}{198}=\frac{18\times7}{18\times11}=\frac7{11}.\]
Les deux entiers du couple réduit sont premiers entre eux, donc cette fraction est irréductible. Simplifier seulement par 2 donnerait \(63/99\), encore simplifiable par 9. Une simplification correcte ne garantit donc pas qu’on a terminé.

Critères : même facteur en haut et en bas, dénominateur non nul, preuve qu’il ne reste aucun facteur commun.

Je dois pouvoir produire ces raisonnements

  • Calculer un PGCD en justifiant l’arrêt et le dernier reste non nul ; retrouver tous les diviseurs communs.

  • Construire une identité de Bézout, expliquer l’intégralité des coefficients et contrôler le résultat par un calcul direct.

  • Reconnaître la coprimalité, nommer les hypothèses de Gauss et expliquer un contre-exemple lorsqu’elles manquent.

  • Décrire toutes les solutions d’une équation entière, vérifier la réciproque et filtrer les contraintes du contexte.

  • Résoudre une congruence sans division illicite et distinguer un représentant de l’ensemble des solutions.

  • Expliquer une mise à jour algorithmique, traduire un problème et vérifier que la réponse satisfait la demande initiale.

Méthode : Organiser une reprise utile

Choisis une question non réussie et repère la première ligne où tes conditions ou tes calculs diffèrent de la correction. Reprends l’unité indiquée, puis fais son nouvel essai corrigé. Plus tard, reprends la question du bilan avant de relire la solution. Note si tu as utilisé un indice : cela t’aide à distinguer ce que tu retrouves seul de ce que tu sais faire avec une aide.

Une bonne réponse numérique ne suffit pas si la justification manque ; une erreur corrigée n’est pas un verdict sur tes capacités. Le but est de pouvoir expliquer la méthode, ses conditions, le contrôle et le passage à une situation voisine.

Référence du parcours scolaire. Programme de l’enseignement optionnel de mathématiques expertes de terminale générale, arrêté du 19 juillet 2019, BO spécial no8 du 25 juillet 2019, partie « Arithmétique ». Le lemme chinois et les racines rationnelles sont proposés en approfondissements non obligatoires ; les compléments PPCM et plusieurs entiers sont distingués du noyau. Les exemples, explications, exercices et schémas du présent cours ont été rédigés pour Faire les 2kπ.