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PGCD, Bézout et Gauss — Cours en autonomie — Terminale mathématiques expertes
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PGCD, Bézout et Gauss — Cours en autonomie — Terminale mathématiques expertes
Faire les 2kπ
PGCD, Bézout et Gauss
Terminale générale • Mathématiques expertes — Cours en autonomie
Comprendre les diviseurs communs, construire des identités et résoudre dans les entiers.
À retenir : Le fil conducteur
Une quantité peut-elle être partagée exactement ? Une équation a-t-elle une solution entière ? Peut-on annuler un facteur dans une congruence ? Le même nombre, le PGCD, organise les réponses. Euclide le calcule ; Bézout fournit une identité qui le certifie ; Gauss permet de déduire de nouvelles divisibilités.
Comment lire les démonstrations ? Une définition fixe un sens ; elle ne se démontre pas. Une propriété ou un théorème est suivi de sa preuve lorsque le résultat est nouveau. Les rappels identifient ce qui vient des acquis antérieurs. Une intuition aide à comprendre, sans remplacer la preuve.
Comment utiliser les entraînements ? Essaie avant la correction. Les indices servent de deuxième départ. Les rubriques « Pour réparer une erreur » ramènent à un geste plus simple ; les tâches « À reprendre plus tard » se retentent avant de relire le modèle.
Périmètre. Le parcours principal traite le PGCD, les nombres premiers entre eux, Bézout, Gauss et leurs applications immédiates. Les approfondissements et compléments sont repérés séparément ; aucun n'est nécessaire pour comprendre le noyau.
Méthode : Choisir son parcours
Première lecture. Suis les unités dans l'ordre jusqu'aux problèmes de synthèse. Lis les exemples, puis écris les essais avant de comparer.
Une difficulté précise. Dans l'unité concernée, commence par le repérage et sa correction ; utilise le rappel local et la reprise après erreur.
Révision rapide. Repère les définitions et résultats, puis rejoins la synthèse finale et son tableau de décision. Pour vérifier une justification, reviens à la démonstration indiquée, pas seulement à la formule.
Aller plus loin. Les unités « Approfondissements » et « Compléments » offrent des prolongements distincts du parcours principal.
1 Les outils de départ : diviser et combiner
Pour avancer. Traduire une divisibilité par une égalité entière, puis fabriquer une combinaison utile.
Deux longueurs peuvent-elles être découpées en morceaux identiques sans reste ? Peut-on obtenir exactement une quantité en ajoutant et en retirant des lots ? Dans ce chapitre, les nombres entiers sont essentiels : une réponse décimale ne remplace pas une solution entière. Avant le PGCD, vérifions les gestes qui rendent ces questions calculables.
Convention : Les nombres utilisés
\(\mathbb{N}=\{0,1,2,\ldots\}\), \(\mathbb{N}^*=\{1,2,3,\ldots\}\), et \(\mathbb{Z}\) est l’ensemble des entiers relatifs. Dire \(k\in\mathbb{Z}\) autorise un nombre positif, nul ou négatif, mais pas \(\frac12\). Les lettres d’une égalité sont soumises aux conditions annoncées : une lettre n’est pas automatiquement positive.
Avant de commencer : Trois questions avant la définition
Les affirmations suivantes sont-elles vraies : \(-6\mid42\), \(8\mid22\), \(0\mid7\) ? Pour chacune, cherche s’il existe un multiplicateur entier.
Correction. \(42=(-6)\times(-7)\), donc la première est vraie. Pour la deuxième, l’unique multiplicateur possible serait \(22/8=11/4=2{,}75\), qui n’est pas entier : elle est fausse. Enfin \(0\times k=0\) pour tout entier \(k\), jamais 7 : la troisième est fausse. Si tu avais seulement calculé un quotient, le mot important à revoir dans la définition suivante est « entier ».
Définition : Diviseur et multiple
Pour \(d,a\in\mathbb{Z}\), on dit que \(d\) divise \(a\), et on écrit \(d\mid a\), lorsqu’il existe un entier \(k\) tel que
Exemple expliqué : Le sens de la barre
\(7\mid35\) signifie \(35=7\times5\). La barre se lit « divise » ; ce n’est ni une barre de fraction, ni une relation symétrique. En effet, \(35\nmid7\), car \(7/35=1/5\notin\mathbb{Z}\).
\(-4\mid28\) car \(28=(-4)\times(-7)\), et \(4\mid-28\) car \(-28=4\times(-7)\). Les signes des entiers n’empêchent pas la divisibilité. Le quotient entier change de signe lorsque l’un des facteurs change de signe.
Propriété : Zéro, signes et diviseur non nul
Tout entier divise 0. L’entier 0 ne divise que 0. Si \(d\mid a\), alors \(-d\mid a\) et \(d\mid-a\). Si \(d\mid a\) avec \(a\ne0\), alors \(d\ne0\) et \(|d|\le |a|\).
Démonstration : Revenir au multiplicateur
L’égalité \(0=d\times0\) prouve la première phrase, même pour \(d=0\). Si \(a=0\times k\), alors \(a=0\), ce qui prouve la seconde. Si \(a=dk\), alors \(a=(-d)(-k)\) et \(-a=d(-k)\), avec \(-k\) entier.
Enfin, si \(a=dk\ne0\), les deux facteurs \(d\) et \(k\) sont non nuls. Un entier non nul vérifie \(|k|\ge1\). Donc \(|a|=|d|\,|k|\ge |d|\). Cette borne permettra de chercher les diviseurs positifs d’un entier non nul dans une liste finie.
Représentation intuitive : Des pas de longueur fixe
Sur une droite graduée, les multiples de 4 sont les positions accessibles depuis 0 par des pas de longueur 4 : \(\ldots,-8,-4,0,4,8,\ldots\). Le nombre de pas, avec son signe, joue le rôle de \(k\). Cette image explique pourquoi un quotient non entier ne convient pas. Elle n’est pas une preuve générale, et un pas de longueur nulle ne permet d’atteindre que 0. Pour justifier, on revient toujours à \(a=dk\) avec \(k\in\mathbb{Z}\).
Transformer deux informations en une information utile
Définition : Combinaison linéaire entière
Si \(a,b\in\mathbb{Z}\), un entier de la forme \(ma+nb\), avec \(m,n\in\mathbb{Z}\), est une combinaison linéaire entière de \(a\) et \(b\). Les coefficients \(m\) et \(n\) peuvent être négatifs : une différence est donc aussi une combinaison.
Propriété : Un diviseur commun divise toute combinaison
Soient \(a,b,d,m,n\in\mathbb{Z}\). Si \(d\mid a\) et \(d\mid b\), alors
Démonstration : Faire apparaître le facteur commun
La première hypothèse donne \(a=du\) pour un entier \(u\), et la seconde \(b=dv\) pour un entier \(v\). On remplace donc chaque nombre par l’égalité qui lui correspond :
Méthode : Éliminer une lettre par une combinaison
Indice. Deux expressions dépendent du même entier et on cherche leurs diviseurs communs.
Premier geste. Choisir des coefficients qui rendent opposés les termes contenant cette lettre.
Développer les deux produits, distribuer le signe de soustraction, regrouper, puis conclure : tout diviseur commun divise le résultat obtenu. Une petite constante fournit une liste de possibilités. Il faut ensuite vérifier lesquelles conviennent ; une condition nécessaire n’est pas automatiquement suffisante.
Exemple expliqué : Une constante derrière deux expressions
Soit \(n\in\mathbb{Z}\). Posons \(A=2n+3\) et \(B=5n+4\). Si un entier positif \(d\) divise \(A\) et \(B\), il divise \(5A-2B\). Les coefficients 5 et 2 ont été choisis pour éliminer \(n\) :
Propriété : Transitivité
Si \(a\mid b\) et \(b\mid c\), alors \(a\mid c\).
Démonstration : Assembler les témoins
Il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(b=au\) et \(c=bv\). En remplaçant \(b\), on trouve \(c=(au)v=a(uv)\). Comme \(uv\in\mathbb{Z}\), la divisibilité est établie. Cette propriété parle de divisibilité, pas seulement de taille des nombres.
Piège à éviter : Ce que la règle ne dit pas
De \(d\mid a+b\), on ne peut pas déduire \(d\mid a\) et \(d\mid b\). Par exemple, \(6\mid(5+13)\), mais 6 ne divise ni 5 ni 13. En revanche, si l’on sait aussi que \(d\mid a\), alors \(d\mid (a+b)-a=b\).
De même, \(6\mid3\times4\), mais 6 ne divise ni 3 ni 4. Une règle permettant de retirer un facteur d’un produit nécessitera une hypothèse supplémentaire ; on ne la suppose pas vraie ici.
Chercher, justifier, puis comparer
À toi : Essai guidé : écrire puis combiner
1. Donne un témoin entier de \(-7\mid28\) et de \(5\mid-35\).
2. Un entier positif \(d\) divise \(4n+1\) et \(6n+5\), où \(n\in\mathbb{Z}\). Complète et développe la combinaison \(3(4n+1)-2(6n+5)\). Quelles valeurs peut prendre \(d\) ?
Indice, à lire seulement si nécessaire. Dans la deuxième question, les termes en \(n\) doivent s’annuler. Un diviseur positif de \(-7\) est aussi un diviseur de 7.
Correction expliquée : Essai guidé
1. \(28=(-7)\times(-4)\) et \(-35=5\times(-7)\). Les témoins sont \(-4\) et \(-7\).
2. Par la propriété des combinaisons, \(d\) divise
À toi : Tentative avant consultation
Soit \(n\in\mathbb{Z}\). Montre que le seul diviseur positif commun à \(n+2\) et \(3n+5\) est 1. Explique pourquoi ton raisonnement n’est pas seulement une vérification sur quelques valeurs de \(n\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Essaie de faire disparaître \(n\) dans une combinaison des deux expressions.
Ce que ta réponse doit montrer. Nommer un diviseur commun positif, construire une combinaison, justifier qu’il divise 1, puis vérifier que 1 convient.
Correction expliquée : Un argument valable pour tous les entiers
Soit \(d>0\) un diviseur commun. Il divise
À toi : Justification et variation de condition
Un élève écrit : « Si \(d\mid a+b\), alors \(d\mid b\). » Donne un contre-exemple, puis ajoute une hypothèse qui rend la phrase vraie. Justifie la phrase réparée en écrivant une combinaison.
Ce que ta réponse doit montrer. Un contre-exemple doit satisfaire l’hypothèse initiale et contredire sa conclusion. La nouvelle hypothèse doit être explicitement utilisée.
Correction expliquée : Réparer une implication
Avec \(d=4,a=1,b=3\), on a \(a+b=4\), donc \(4\mid(a+b)\), mais \(4\nmid3\). Ajoutons \(d\mid a\). Alors \(d\) divise \(1\times(a+b)+(-1)\times a=b\), ce qui établit la conclusion. Il ne suffit pas d’ajouter « les nombres sont entiers » : ils l’étaient déjà dans le contre-exemple.
Pour réparer une erreur : Si tu inverses diviseur et multiple
Première erreur. De \(9\mid27\), écrire \(9=27k\) inverse les rôles.
Rappel. Le nombre à droite de la barre est le produit du diviseur par un entier. Sur l’exemple plus simple \(3\mid12\), on écrit \(12=3\times4\), pas \(3=12\times4\).
Nouvel essai. Traduis \(-5\mid30\), puis contrôle le signe de ton témoin avant de lire.
Correction. \(30=(-5)\times(-6)\) ; les deux facteurs négatifs donnent bien un produit positif.
Retour. La ligne initiale devient \(27=9\times3\). Reprends maintenant la question 1 de l’essai guidé sans regarder sa correction.
Pour réparer une erreur : Si la soustraction change le mauvais signe
Première erreur. Dans l’exemple \(A=2n+3\), \(B=5n+4\), une copie écrit
Rappel sur un exemple plus simple. On distribue les deux facteurs avant de regrouper :
Correction. Les quatre produits donnent
Retour. Dans l’exemple initial, les termes sont \(10n+15-10n-8\), puis \((10n-10n)+(15-8)=7\). Retrouve maintenant cette ligne sans la copie fautive, puis explique pourquoi un diviseur commun doit diviser 7.
À toi : À reprendre plus tard, avant de relire
Soit \(n\in\mathbb{Z}\). Si un entier positif \(d\) divise \(5n+2\) et \(3n+1\), que peux-tu affirmer sur \(d\) ? Rédige sans tester de valeurs de \(n\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Les coefficients 3 et 5 permettent d’annuler les termes en \(n\).
Correction expliquée : Reprise différée
Le diviseur commun \(d\) divise \(3(5n+2)-5(3n+1)\). En développant,
À retenir : L’essentiel
Pour prouver \(d\mid a\), exhibe \(a=dk\) avec \(k\in\mathbb{Z}\). Un diviseur commun divise toute combinaison linéaire entière. Une combinaison bien choisie peut supprimer une inconnue ; il reste à contrôler les possibilités obtenues.
2 Le PGCD : un plus grand diviseur commun
Pour avancer. Définir l’objet recherché, traiter les signes et zéro, puis interpréter une réponse.
Le PGCD sert à repérer la plus grande unité entière qui mesure exactement deux quantités. Il ne donne ni leur plus grande valeur ni leur plus petit multiple. Dans toute cette unité, \(d\mid a\) signifie qu’il existe \(k\in\mathbb{Z}\) tel que \(a=dk\). Un diviseur positif d’un entier non nul \(a\) est compris entre 1 et \(|a|\).
Avant de commencer : Commun à deux nombres
Parmi \(2,3,4,6,12\), quels nombres divisent à la fois 18 et 30 ? Le plus grand nombre de cette liste est-il nécessairement la réponse ?
Correction. 2, 3 et 6 divisent les deux nombres. 4 ne divise ni 18 ni 30 ; 12 ne divise pas 18. Le plus grand diviseur commun de la liste est donc 6, pas 12. Pour affirmer que c’est le plus grand de tous les diviseurs communs, il faut une liste exhaustive ou un argument de majoration. La méthode ci-dessous explique comment ne rien oublier.
Définition : Plus grand commun diviseur
Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\), non tous les deux nuls. Le PGCD de \(a\) et \(b\), noté \(\operatorname{PGCD}(a,b)\), est le plus grand de leurs diviseurs positifs communs.
Si \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), alors \(d>0\), \(d\mid a\), \(d\mid b\), et tout diviseur positif commun à \(a\) et \(b\) est inférieur ou égal à \(d\).
Démonstration : Pourquoi ce plus grand nombre existe
1 divise tous les entiers, donc l’ensemble des diviseurs positifs communs n’est pas vide. Au moins l’un de \(a,b\) est non nul ; supposons que ce soit \(a\). Chaque diviseur positif commun est alors compris entre 1 et \(|a|\). Il n’y a qu’un nombre fini d’entiers dans cet intervalle : on peut les ranger et choisir le plus grand. Celui-ci est unique, car deux plus grands éléments seraient chacun inférieur ou égal à l’autre. Si c’est seulement \(b\) qui est non nul, le même raisonnement utilise \(|b|\).
Convention : Le couple \((0,0)\)
Dans ce cours, \(\operatorname{PGCD}(0,0)\) n’est pas défini. Tous les entiers positifs divisent 0 : ils n’ont pas de plus grand élément. On rencontre parfois, notamment en informatique, la convention supplémentaire \(\operatorname{PGCD}(0,0)=0\). Elle prolonge une notation ; elle ne signifie pas que 0 serait le plus grand des diviseurs positifs de 0. Nous n’utilisons pas ce prolongement.
Méthode : Lister les diviseurs sans trou
Pour un petit entier positif \(A\), chercher les produits \(A=u\times v\) avec \(u\le v\). Les facteurs viennent par paires. Une fois \(u^2>A\), aucune nouvelle paire ne commence : si les deux facteurs étaient plus grands que \(\sqrt A\), leur produit dépasserait \(A\).
Faire cette liste pour chacun des deux nombres, garder seulement les éléments présents dans les deux listes, puis choisir le plus grand. Cette méthode est lisible sur de petits nombres ; elle devient coûteuse pour de grands nombres. L’algorithme d’Euclide sera alors préférable.
Exemple expliqué : Deux listes, puis leur intersection
Pour 30, les paires sont \(1\times30\), \(2\times15\), \(3\times10\), \(5\times6\). Il suffit de tester 1, 2, 3, 4 et 5, car \(5<\sqrt{30}<6\) ; parmi ces entiers, seul 4 ne fournit pas de paire. Pour 42, on obtient \(1\times42\), \(2\times21\), \(3\times14\), \(6\times7\). Ainsi :
Propriété : Signes, ordre et cas immédiats
Pour \(a,b\) non simultanément nuls,
Démonstration : Les mêmes diviseurs, ou un plus grand déjà visible
Être diviseur commun de \(a,b\) ne dépend pas de l’ordre des deux nombres. De plus, \(d\mid a\) équivaut à \(d\mid-a\) : le témoin change seulement de signe. Les ensembles de diviseurs positifs sont donc inchangés par la valeur absolue.
Tous les diviseurs de \(a\) divisent 0 ; le plus grand positif est \(|a|\), qui divise \(a\) et 0. Le même argument vaut pour le couple \((a,a)\).
Enfin, si \(b\mid a\), \(|b|\) est un diviseur positif des deux nombres. Un autre diviseur commun doit diviser \(b\ne0\), donc il ne dépasse pas \(|b|\). Cela prouve à la fois qu’il convient et qu’aucun plus grand ne convient.
Exemple expliqué : Un PGCD reste positif
\(\operatorname{PGCD}(-30,42)=\operatorname{PGCD}(30,42)=6\), \(\operatorname{PGCD}(-17,0)=17\), et \(\operatorname{PGCD}(48,-12)=12\), car \(-12\mid48\). Écrire \(\operatorname{PGCD}(-17,0)=-17\) contredirait la définition, qui choisit un diviseur positif.
Question d’élève : « Plus grand » signifie-t-il « multiple des autres » ?
La définition donne une comparaison de tailles, pas encore une relation de divisibilité. Par exemple \(4\le6\) n’implique pas \(4\mid6\). Il faudra démontrer un résultat supplémentaire pour affirmer que tout diviseur commun divise le PGCD. L’algorithme d’Euclide nous le permettra ; on ne le déduit pas ici du seul mot « grand ».
Une situation concrète : la plus grande maille commune
Exemple expliqué : Découper sans reste
Une plaque rectangulaire de \(168\,\mathrm{cm}\) sur \(252\,\mathrm{cm}\) est découpée suivant une grille en carrés identiques. On cherche le plus grand côté entier en centimètres, sans chute.
Si \(c\) est ce côté, \(168/c\) et \(252/c\) doivent être des entiers : \(c\mid168\) et \(c\mid252\). Tout tel \(c>0\) divise la différence \(252-168=84\), donc \(c\le84\). Or \(168=84\times2\) et \(252=84\times3\) : 84 convient. Par conséquent, \(\operatorname{PGCD}(168,252)=84\). Le côté maximal est \(84\,\mathrm{cm}\) et on obtient \(2\times3=6\) carrés.
Lecture du schéma. Le rectangle est partagé en six carrés : la longueur porte trois côtés de carré et la largeur en porte deux. La preuve du caractère maximal vient de la divisibilité par 84, non du dessin à l’échelle.
Représentation intuitive : Une unité de mesure commune, avec une limite
Pour deux longueurs entières exprimées dans la même unité, un diviseur commun est une taille de morceau qui mesure les deux sans reste ; le PGCD est la plus grande taille entière possible. Cette lecture suppose des longueurs et des morceaux positifs, un découpage régulier et une même unité. Elle n’explique pas à elle seule les arguments négatifs du PGCD : les signes se traitent par la propriété démontrée précédemment.
À toi : Essai guidé : liste et interprétation
1. Écris toutes les paires de facteurs positifs de 24 et de 36.
2. Déduis leurs diviseurs communs et leur PGCD.
3. Quelle est la plus grande longueur entière de morceaux permettant de couper deux rubans de \(24\,\mathrm{cm}\) et \(36\,\mathrm{cm}\) sans chute ? Combien de morceaux obtient-on au total ?
Indice, à lire seulement si nécessaire. La plus grande taille et le nombre total de morceaux sont deux réponses différentes.
Correction expliquée : Essai guidé
Les paires de 24 sont \((1,24),(2,12),(3,8),(4,6)\). Celles de 36 sont \((1,36),(2,18),(3,12),(4,9),(6,6)\). Les diviseurs communs positifs sont \(1,2,3,4,6,12\). Donc \(\operatorname{PGCD}(24,36)=12\).
Les morceaux mesurent \(12\,\mathrm{cm}\). Le premier ruban en fournit \(24/12=2\), le second \(36/12=3\), soit \(2+3=5\) morceaux. Le PGCD est une longueur dans cette interprétation, pas le nombre 5.
À toi : Tentative avant consultation
Détermine \(\operatorname{PGCD}(-45,60)\), puis tous les diviseurs relatifs communs à ces deux nombres. Justifie l’exhaustivité de ta liste.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Commence par les diviseurs positifs de 45 et de 60. Chaque diviseur positif donne aussi son opposé.
Ce que ta réponse doit montrer. Traiter le signe, produire une liste complète, distinguer le PGCD positif de l’ensemble des diviseurs relatifs.
Correction expliquée : Signes et liste complète
Les diviseurs positifs de 45 sont \(1,3,5,9,15,45\). Ceux de 60 sont \(1,2,3,4,5,6,10,12,15,20,30,60\). L’intersection est \(\{1,3,5,15\}\), d’où \(\operatorname{PGCD}(-45,60)=15\).
Les diviseurs relatifs communs sont \(-15,-5,-3,-1,1,3,5,15\). Ils sont exhaustifs car tout diviseur relatif non nul donne, par valeur absolue, un diviseur positif des deux nombres. Zéro ne divise pas 45, donc il ne s’ajoute pas à la liste.
À toi : Justification : prouver un maximum
Soit \(a\in\mathbb{Z}\), \(a\ne0\). Explique pourquoi \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\). Une réponse « parce que 0 est divisible par tout » est-elle suffisante ?
Ce que ta réponse doit montrer. Montrer que \(|a|\) divise les deux nombres, puis qu’un diviseur positif commun ne peut pas le dépasser.
Correction expliquée : Les deux obligations d’une preuve de maximum
\(|a|\) divise \(a\), avec témoin 1 si \(a>0\) et \(-1\) si \(a<0\), et il divise 0 avec témoin 0. Si \(c>0\) divise \(a\ne0\), on écrit \(a=ck\) avec \(k\ne0\), donc \(|a|=c|k|\ge c\). Ainsi \(|a|\) est bien le plus grand. La phrase proposée ne disait pas pourquoi il n’existe pas de diviseur commun plus grand ; elle était incomplète.
À toi : Variation : une donnée nulle
Compare les situations \((-20,0)\), \((0,20)\) et \((0,0)\). Peut-on appliquer la même formule sans vérifier les conditions ?
Correction expliquée : La restriction ne disparaît pas
Les deux premiers PGCD valent 20, car leurs diviseurs positifs communs sont ceux de 20. Pour \((0,0)\), il n’existe pas de plus grand diviseur positif commun : quel que soit \(c>0\), \(c+1\) convient aussi. La formule avec un argument nul exige que l’autre soit non nul. Le cours laisse donc ce dernier couple hors du domaine de la définition.
Pour réparer une erreur : Si tu prends le plus grand nombre au lieu du plus grand diviseur
Erreur. « \(\operatorname{PGCD}(30,42)=42\), car 42 est plus grand. » La première condition perdue est : la réponse doit diviser les deux nombres. Or \(30/42=5/7\notin\mathbb{Z}\).
Exemple plus simple. Pour 8 et 12, les diviseurs communs sont \(1,2,4\). La réponse est 4 : \(8=4\times2\), \(12=4\times3\).
Nouvel essai. Calcule \(\operatorname{PGCD}(10,15)\), puis contrôle ta réponse par deux produits.
Correction. Les diviseurs positifs communs sont 1 et 5 ; le PGCD est 5. On vérifie \(10=5\times2\) et \(15=5\times3\).
Retour. Pour 30 et 42, reviens à la liste \(1,2,3,6\), puis à la conclusion 6. Le mot « commun » doit être contrôlé avant le mot « plus grand ».
À toi : À reprendre plus tard
On prépare des sachets identiques en utilisant exactement 54 cartes vertes et 90 cartes bleues, sans reste : chaque sachet doit avoir la même composition. Quel est le nombre maximal de sachets ? Quelle composition obtient-on ?
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le nombre de sachets doit diviser chaque effectif ; un sachet contient des cartes des deux couleurs.
Correction expliquée : Reprise différée
Si \(s\) est le nombre de sachets, chaque sachet reçoit \(54/s\) cartes vertes et \(90/s\) bleues, donc \(s\mid54\) et \(s\mid90\). Les diviseurs positifs de 54 sont \(1,2,3,6,9,18,27,54\), ceux de 90 sont \(1,2,3,5,6,9,10,15,18,30,45,90\). Leur plus grand élément commun est 18.
On obtient au maximum 18 sachets, chacun avec \(54/18=3\) cartes vertes et \(90/18=5\) cartes bleues. Contrôle : \(18\times3=54\) et \(18\times5=90\). Ici le PGCD compte les sachets ; dans le découpage de rubans, il mesurait leur longueur. Le contexte décide de l’interprétation.
À retenir : L’essentiel
Le PGCD est positif et divise les deux nombres. Pour prouver qu’un entier est ce maximum, montrer qu’il convient et qu’aucun plus grand ne convient. Les signes ne changent pas le PGCD ; le couple \((0,0)\) est exclu de notre définition.
3 L’algorithme d’Euclide et sa démonstration
Pour avancer. Calculer efficacement un PGCD et comprendre pourquoi le dernier reste non nul donne la réponse.
Pour deux entiers non simultanément nuls, le PGCD est le plus grand diviseur positif commun. Les signes ne changent pas ses diviseurs : on peut commencer par les valeurs absolues. Nous allons remplacer de grands nombres par de plus petits sans perdre aucun diviseur commun.
Avant de commencer : Lire correctement une division
Dans \(47=6\times7+5\), quel est le quotient de la division euclidienne de 47 par 6 ? Quel est le reste ? Pourquoi \(47=6\times6+11\) n’est-il pas une division euclidienne par 6 ?
Correction. Le quotient est 7, le reste 5. Une division euclidienne par un entier \(b>0\) exige \(0\le r<b\). La seconde égalité est vraie, mais son reste proposé 11 ne vérifie pas \(11<6\). Si tu avais accepté les deux écritures, c’est l’encadrement du reste qu’il faut remettre au centre de la méthode.
Propriété : Rappel : division euclidienne
Pour \(a\in\mathbb{Z}\) et \(b\in\mathbb{N}^*\), il existe un unique couple d’entiers \((q,r)\) tel que
Lemme : Conserver exactement les diviseurs communs
Soient \(a,b,q\in\mathbb{Z}\), avec \((a,b)\ne(0,0)\), et \(r=a-bq\). Un entier positif \(c\) divise \(a\) et \(b\) si et seulement s’il divise \(b\) et \(r\). Ainsi,
Démonstration : Il faut vérifier les deux sens
Du premier couple vers le second. Si \(c\mid a\) et \(c\mid b\), il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(a=cu\) et \(b=cv\). Alors
Du second couple vers le premier. Si \(c\mid b\) et \(c\mid r\), écrivons \(b=cv\) et \(r=cw\), avec \(v,w\in\mathbb{Z}\). Comme \(a=bq+r\),
Méthode : Euclide, à la main
Quand ? Pour calculer un PGCD sans énumérer une longue liste de diviseurs.
Premier geste. Prendre les valeurs absolues. Si l’une est nulle, la réponse est l’autre, non nulle. Sinon, placer le plus grand en premier.
Effectuer une division euclidienne. Remplacer le couple « dividende, diviseur » par « diviseur, reste ». Répéter jusqu’au reste 0. La réponse est le diviseur de la dernière division. On l’appelle usuellement le « dernier reste non nul », en comptant aussi le diviseur initial si la première division est exacte.
Par exemple, \(24=4\times6+0\) donne directement \(\operatorname{PGCD}(24,6)=6\). Aucun reste calculé non nul n’a été produit : la réponse est ici le diviseur initial 6.
Contrôle à chaque ligne. Vérifier \(a=bq+r\) et \(0\le r<b\). À la fin, vérifier que le résultat divise les deux nombres de départ.
Exemple expliqué : De 425 et 272 à un petit diviseur
On ne connaît pas commodément tous les diviseurs de 425 et de 272. Les divisions successives donnent :
Théorème : Pourquoi l’algorithme s’arrête et pourquoi il est correct
Pour deux entiers non simultanément nuls, l’algorithme précédent se termine. Si l’un des nombres est nul, la réponse est la valeur absolue de l’autre. Sinon, le diviseur de la dernière division est leur PGCD : c’est le dernier reste non nul, ou le diviseur initial lorsque la première division est exacte.
Démonstration : Deux questions distinctes
Après les éventuels signes et cas nuls, on travaille avec \(A\ge B>0\). Tant qu’un reste est non nul, la division suivante utilise un entier strictement plus petit que le diviseur précédent. Une suite strictement décroissante d’entiers positifs ne peut pas continuer indéfiniment : au plus \(B\) valeurs positives différentes sont possibles à partir de \(B\). Il apparaît donc un reste nul. Cela prouve la terminaison.
Notons \(d>0\) le diviseur de la dernière division. Si la première division est exacte, \(d=B\) ; sinon \(d\) est le dernier reste non nul calculé. À chaque étape, le lemme conserve l’ensemble des diviseurs communs. À l’arrêt, le couple est \((d,0)\). Ses diviseurs positifs communs sont exactement ceux de \(d\), dont le plus grand est \(d\). Ainsi, le PGCD de départ est bien \(d\). Cela prouve la correction de l’algorithme. Un programme peut terminer et pourtant calculer une mauvaise valeur : les deux arguments étaient nécessaires.
Corollaire : Tous les diviseurs communs sont les diviseurs du PGCD
Soient \((a,b)\ne(0,0)\) et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Pour tout entier positif \(c\),
Démonstration : Un résultat plus fort que le seul maximum
Le lemme, appliqué à toutes les divisions d’Euclide, donne les mêmes diviseurs communs au couple initial et au couple final \((d,0)\). Or tout entier divise 0 : être commun à \(d\) et 0 équivaut exactement à diviser \(d\). Les cas où un argument est nul au départ ont déjà cette forme. Ce raisonnement établit les deux sens.
Exemple expliqué : Finir une liste sans recommencer deux recherches
Puisque \(\operatorname{PGCD}(425,272)=17\), leurs diviseurs positifs communs sont 1 et 17. Pour obtenir les diviseurs relatifs communs, on ajoute leurs opposés : \(-17,-1,1,17\). Il n’est plus nécessaire de lister tous les diviseurs de 425 et de 272.
Méthode : Variante : des soustractions successives
Pour \(a\ge b>0\), le lemme avec \(q=1\) permet de remplacer \((a,b)\) par \((a-b,b)\), puis de remettre le plus grand en premier. La somme des deux nombres positifs diminue tant qu’ils ne sont pas égaux, donc le processus s’arrête à deux nombres égaux. Leur valeur commune est le PGCD.
Exemple : \((84,60)\to(60,24)\to(36,24)\to(24,12)\to(12,12)\). La réponse est 12. Une division euclidienne rassemble plusieurs soustractions identiques : pour de grands quotients, elle est plus rapide. Cette variante explique le mécanisme, mais n’est pas la méthode de calcul conseillée par défaut.
À toi : Essai guidé : suivre le bon couple
Complète les divisions pour calculer \(\operatorname{PGCD}(198,126)\) :
Indice, à lire seulement si nécessaire. Chaque nouveau couple est le diviseur et le reste de la ligne précédente.
Correction expliquée : Essai guidé
On trouve \(198=126+72\), \(126=72+54\), \(72=54+18\), puis \(54=3\times18+0\). Les restes sont bien strictement plus petits que les diviseurs. Donc \(\operatorname{PGCD}(198,126)=18\). Contrôle : \(198=18\times11\) et \(126=18\times7\).
Le lemme transforme \((a,b)\) en \((b,r)\). Garder toujours le premier dividende ne suivrait plus cette transformation et pourrait perdre le lien démontré entre les couples. Ici la chaîne est \((198,126)\), \((126,72)\), \((72,54)\), \((54,18)\), \((18,0)\).
À toi : Tentative avant consultation
Calcule \(\operatorname{PGCD}(391,221)\), puis détermine tous leurs diviseurs positifs communs. Rédige les divisions, et pas uniquement la valeur annoncée par une calculatrice.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le troisième reste se calcule en divisant 170 par 51.
Ce que ta réponse doit montrer. Chaque ligne doit être une division euclidienne valide ; le bon reste final est repéré ; la liste est reliée au corollaire.
Correction expliquée : Calcul et interprétation
À toi : Justifier les deux sens
Un élève a seulement prouvé : « Si \(c\mid a\) et \(c\mid b\), alors \(c\mid b\) et \(c\mid a-b\). » Pourquoi cela ne suffit-il pas à affirmer l’égalité des deux ensembles de diviseurs communs ? Complète le raisonnement.
Ce que ta réponse doit montrer. Nommer le sens manquant et utiliser \(a=(a-b)+b\), avec des coefficients entiers.
Correction expliquée : Une inclusion ne fait pas une égalité
La phrase prouvée dit seulement que les anciens diviseurs communs sont conservés. Elle n’exclut pas que le second couple en ait de nouveaux. Pour le sens inverse, supposons \(c\mid b\) et \(c\mid(a-b)\). Le diviseur \(c\) divise leur somme \((a-b)+b=a\). Il divise donc \(a\) et \(b\). Les deux ensembles sont désormais identiques, donc leurs plus grands éléments aussi.
À toi : Variation : signe et variante de calcul
1. Calcule \(\operatorname{PGCD}(-253,161)\) sans faire de divisions avec un diviseur négatif.
2. Retrouve \(\operatorname{PGCD}(45,30)\) par soustractions, puis par une division. Compare les résultats et explique l’accord.
Correction expliquée : Les conventions restent visibles
1. On passe à \((253,161)\). Puis \(253=161+92\), \(161=92+69\), \(92=69+23\), \(69=3\times23\). Le PGCD vaut 23. On contrôle \(-253=23\times(-11)\) et \(161=23\times7\).
2. Par soustractions : \((45,30)\to(30,15)\to(15,15)\), réponse 15. Par divisions : \(45=1\times30+15\), \(30=2\times15+0\), réponse 15. Les deux méthodes appliquent le même lemme, avec \(q=1\) à chaque soustraction ou avec le quotient euclidien pour regrouper les soustractions.
Pour réparer une erreur : Si tu annonces le dernier reste, égal à zéro
Erreur. À la ligne finale \(34=2\times17+0\), conclure « PGCD = 0 » oublie « non nul ». Zéro ne divise même pas 425.
Rappel et exemple simple. Pour 28 et 20 : \(28=20+8\), \(20=2\times8+4\), \(8=2\times4+0\). Le couple final est \((4,0)\) ; le PGCD vaut donc 4.
Nouvel essai. Fais les divisions pour 35 et 21, puis entoure le diviseur de la dernière division.
Correction. \(35=21+14\), \(21=14+7\), \(14=2\times7+0\). Le diviseur final est 7, et \(\operatorname{PGCD}(35,21)=7\).
Retour. Dans le calcul initial, le diviseur de la dernière division est 17. Le zéro signale l’arrêt ; il n’est pas la réponse.
À toi : À reprendre plus tard
Calcule \(\operatorname{PGCD}(437,299)\), puis justifie pourquoi 23 est un diviseur commun maximal et pas seulement un diviseur commun trouvé au hasard.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Après les deux premières divisions, il reste à diviser 138 par 23.
Correction expliquée : Reprise différée
\(437=1\times299+138\), \(299=2\times138+23\), \(138=6\times23+0\). Donc \(\operatorname{PGCD}(437,299)=23\). Les contrôles \(437=23\times19\) et \(299=23\times13\) montrent qu’il convient. Sa maximalité vient de la conservation de tous les diviseurs communs jusqu’à \((23,0)\) : aucun diviseur positif de 23 ne le dépasse. Pour reprendre, distingue toujours « le candidat divise les deux nombres » et « le candidat est le plus grand ».
À retenir : L’essentiel
Euclide conserve tous les diviseurs communs et fait décroître les restes positifs. À l’arrêt, le diviseur de la dernière division est le PGCD : dernier reste non nul calculé, ou diviseur initial en cas de première division exacte. Les diviseurs communs de deux entiers sont exactement les diviseurs de leur PGCD.
4 Des entiers premiers entre eux
Pour avancer. Reconnaître la coprimalité et comprendre ce qu’il reste après division par le PGCD.
Deux entiers peuvent n’avoir aucune « unité commune » plus grande que 1, même s’ils sont eux-mêmes composés. Le PGCD mesure cette absence de facteur commun. Ici, \(\operatorname{PGCD}(a,b)\) est positif, défini pour \((a,b)\ne(0,0)\). Ses diviseurs sont exactement les diviseurs communs de \(a,b\). On utilisera aussi ceci : un diviseur de deux entiers divise toute combinaison linéaire entière de ces entiers.
Avant de commencer : Une expression à ne pas lire trop vite
Les nombres 8 et 15 sont-ils premiers entre eux ? Doivent-ils être des nombres premiers pour cela ?
Correction. Les diviseurs positifs de 8 sont \(1,2,4,8\), ceux de 15 sont \(1,3,5,15\). Leur seul diviseur commun positif est 1 : ils sont premiers entre eux. Pourtant \(8=2\times4\) et \(15=3\times5\) ne sont pas premiers. La définition qui suit concerne une relation entre deux nombres, pas une propriété de chaque nombre pris isolément.
Définition : Premiers entre eux
Deux entiers \(a,b\), non simultanément nuls, sont premiers entre eux lorsque \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). On dit aussi qu’ils sont copremiers. Leur seul diviseur positif commun est alors 1 ; leurs seuls diviseurs relatifs communs sont 1 et \(-1\).
Vocabulaire : Un nombre premier, ce n’est pas la même chose
Un entier naturel \(p\) est premier lorsqu’il a exactement deux diviseurs positifs distincts : 1 et \(p\). Ainsi \(p\ge2\). Les nombres 0 et 1 ne sont pas premiers. Cette notion antérieure sert ici seulement à comparer les deux expressions « premier » et « premiers entre eux ».
Propriété : Quelques cas à connaître
1 et \(-1\) sont premiers avec tout entier.
0 est premier avec un entier \(a\) si et seulement si \(|a|=1\).
Deux nombres premiers distincts sont premiers entre eux.
Si \(p\) est premier, alors \(p\) et \(a\) sont premiers entre eux si et seulement si \(p\nmid a\).
Démonstration : Dénombrer les possibilités
Les seuls diviseurs positifs de 1 et \(-1\) sont 1. Pour \(a\ne0\), on a \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\), d’où le deuxième point ; le couple \((0,0)\) reste exclu.
Si \(p\) est premier, un diviseur positif commun à \(p\) et \(a\) vaut nécessairement 1 ou \(p\). Si \(p\mid a\), le PGCD vaut \(p\ne1\). Si \(p\nmid a\), seul 1 convient, donc le PGCD vaut 1. Cela prouve les deux sens du dernier point. Pour deux nombres premiers distincts \(p,q\), \(p\) ne divise pas \(q\), car les seuls diviseurs positifs de \(q\) sont 1 et \(q\). On obtient le troisième point.
Contre-exemple : Le mot « distincts » est indispensable
13 est premier, mais \(\operatorname{PGCD}(13,13)=13\), pas 1. La phrase « deux nombres premiers sont toujours premiers entre eux » est donc fausse sans la précision qu’ils sont distincts.
Comment démontrer que deux entiers sont premiers entre eux ?
Méthode : Trois voies, selon les données
Petits nombres. Lister les diviseurs positifs et vérifier que l’intersection est \(\{1\}\).
Nombres numériques plus grands. Appliquer Euclide : une division \(A=Bq+r\), avec \(0\le r<B\), remplace le couple par \((B,r)\). Si le dernier reste non nul est 1, le PGCD est 1.
Expressions avec une lettre. Prendre un diviseur commun positif et chercher une combinaison égale à 1 ou \(-1\). Ce diviseur doit alors valoir 1. On n’utilise ici que la règle des combinaisons ; le théorème de Bézout expliquera plus loin pourquoi on peut toujours trouver une telle combinaison pour un couple copremier.
Exemple expliqué : Deux entiers consécutifs
Soit \(n\in\mathbb{Z}\). Si \(c>0\) divise \(n\) et \(n+1\), il divise leur différence \((n+1)-n=1\). Donc \(c=1\), et 1 divise bien les deux. On a ainsi
Exemple expliqué : Deux entiers séparés par 2
Pour \(n\in\mathbb{Z}\), un diviseur positif commun à \(n\) et \(n+2\) divise \((n+2)-n=2\). Il vaut donc 1 ou 2.
Si \(n\) est pair, il s’écrit \(n=2k\), donc \(n+2=2(k+1)\) : 2 divise les deux, et le PGCD vaut 2. Si \(n\) est impair, \(n=2k+1\) et 2 ne divise pas \(n\). Seul 1 reste possible, et le PGCD vaut 1. Ainsi,
Avant de commencer : Des quotients entiers sont-ils forcément copremiers ?
On divise 12 et 18 par leur diviseur commun 3. Quels quotients obtient-on ? Sont-ils premiers entre eux ?
Correction. Les quotients sont \(12/3=4\) et \(18/3=6\). Ils sont entiers, mais 2 les divise tous deux : ils ne sont pas copremiers. En retirant plutôt le PGCD 6, on obtient 2 et 3, de PGCD 1. Si tu avais conclu à partir du seul mot « entier », la propriété suivante précise ce qu’il faut imposer au diviseur choisi.
Propriété : Réduire un couple par son PGCD
Soient \((a,b)\ne(0,0)\) et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Il existe des entiers \(a',b'\) tels que
Démonstration : S’il restait un facteur commun
Puisque \(d>0\) divise \(a\) et \(b\), les quotients \(a'=a/d\) et \(b'=b/d\) sont entiers ; ils ne sont pas simultanément nuls. Prenons un diviseur positif commun \(e\) de \(a',b'\). Écrivons \(a'=eu\) et \(b'=ev\), avec \(u,v\in\mathbb{Z}\). Alors
Exemple expliqué : Voir ce que la réduction retire
\(\operatorname{PGCD}(-84,126)=42\) : en effet, \(126=84+42\), puis \(84=2\times42\). On écrit
Question d’élève : Être premiers entre eux dépend-il du signe ?
Non : \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(|a|,|b|)\). Les couples \((8,15)\), \((-8,15)\) et \((-8,-15)\) sont donc tous copremiers. En revanche, changer une valeur de 1 peut changer la situation : \(5,8\) sont copremiers, mais \(6,9\) ont un PGCD égal à 3.
À toi : Essai guidé : calculer puis réduire
1. Calcule \(\operatorname{PGCD}(91,130)\) par Euclide, en commençant par \(130=91+39\).
2. Écris 91 et 130 comme produits du PGCD par deux entiers.
3. Vérifie directement que les deux entiers restants sont premiers entre eux.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Après la division de 91 par 39, le reste est 13.
Correction expliquée : Essai guidé
\(130=1\times91+39\), \(91=2\times39+13\), \(39=3\times13+0\). Donc le PGCD est 13. On obtient \(91=13\times7\) et \(130=13\times10\). Enfin \(10=1\times7+3\), \(7=2\times3+1\), \(3=3\times1+0\), donc \(\operatorname{PGCD}(7,10)=1\). Ce second calcul confirme concrètement la propriété du couple réduit.
À toi : Tentative avant consultation
Montre que \(n\) et \(2n+1\) sont premiers entre eux pour tout entier \(n\), y compris \(n=0\) et les entiers négatifs.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Considère un diviseur commun positif et soustrais deux fois la première expression à la seconde.
Ce que ta réponse doit montrer. Le raisonnement doit porter sur un entier quelconque, utiliser un multiplicateur entier et traiter la possibilité de zéro sans division par \(n\).
Correction expliquée : Aucune division par une lettre
Les deux nombres ne sont jamais nuls ensemble : si \(n=0\), \(2n+1=1\). Soit \(c>0\) un diviseur commun. Il divise \((2n+1)-2n=1\), donc \(c=1\). Ainsi \(\operatorname{PGCD}(n,2n+1)=1\). On n’a jamais divisé par \(n\), et aucune étape n’exige \(n>0\). Le raisonnement couvre donc les valeurs nulles et négatives annoncées.
À toi : Retirer tous les facteurs communs
Détermine le couple premier entre eux obtenu en divisant 150 et \(-210\) par leur PGCD. Vérifie les signes et les deux produits qui redonnent les nombres de départ. Un autre élève a divisé par 10 et obtenu \((15,-21)\) : explique pourquoi sa division est correcte mais sa réduction inachevée.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Prends les valeurs absolues pour Euclide ; la première division est \(210=150+60\). Ne change pas le signe du second nombre au moment de former les quotients.
Correction expliquée : Une division exacte ne retire pas toujours tout
Les divisions sont
Pour vérifier la coprimalité sans supposer que deux nombres différents suffisent, on calcule
Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit identifier le PGCD positif, conserver les signes dans les quotients, vérifier les deux produits de reconstruction et justifier qu’aucun facteur commun supérieur à 1 ne reste.
À toi : Justifier une réduction
Un élève affirme : « Si \(c\) divise \(a\) et \(b\), alors \(a/c\) et \(b/c\) sont premiers entre eux. » Donne un contre-exemple avec \(c>0\), puis précise la bonne hypothèse. Explique pourquoi elle empêche qu’il reste un facteur commun.
Ce que ta réponse doit montrer. Fournir un vrai diviseur commun qui ne retire pas tout, puis utiliser la maximalité du PGCD et non seulement son nom.
Correction expliquée : Un diviseur quelconque ne suffit pas
Prenons \(a=18,b=30,c=3\). On a bien \(3\mid18\) et \(3\mid30\), mais les quotients 6 et 10 ont encore le facteur commun 2. La bonne hypothèse est \(c=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Si un facteur commun entier \(e>1\) subsistait dans les quotients, \(ce>c\) diviserait les deux nombres de départ, ce qui contredirait le caractère maximal de \(c\).
À toi : Variation : quand une conclusion change
1. Est-il vrai que deux entiers impairs sont toujours premiers entre eux ?
2. Pour quels entiers \(n\) les nombres \(n\) et \(n+2\) sont-ils premiers entre eux ?
3. Pourquoi les deux réponses ne se contredisent-elles pas ?
Correction expliquée : Le lien entre les deux nombres compte
1. Non : 9 et 15 sont impairs mais ont le diviseur commun 3.
2. L’étude de la différence 2 donne un PGCD égal à 1 exactement quand \(n\) est impair.
3. Dans la deuxième question, les deux nombres impairs sont séparés par 2, ce qui force un éventuel diviseur commun à diviser 2. Dans la première, aucune différence n’est imposée. Une condition de parité seule n’a donc pas le même effet qu’une relation entre les nombres.
Pour réparer une erreur : Si tu confonds « premier » et « premiers entre eux »
Erreur. Dire « 8 et 15 ne sont pas premiers, donc ils ne sont pas premiers entre eux » utilise une propriété individuelle à la place d’une propriété du couple.
Exemple plus simple. 4 et 9 sont composés, mais leurs diviseurs positifs \(\{1,2,4\}\) et \(\{1,3,9\}\) n’ont que 1 en commun.
Nouvel essai. Décide si 9 et 20 sont premiers entre eux, sans tenter de les appeler premiers.
Correction. \(20=2\times9+2\), \(9=4\times2+1\), \(2=2\times1\) : leur PGCD vaut 1. Ils sont premiers entre eux, même s’ils sont tous les deux composés.
Retour. Pour 8 et 15, reprends les deux listes de diviseurs du repérage et cherche leur intersection.
Pour réparer une erreur : Si tu t’arrêtes à un diviseur commun quelconque
Première erreur. Après \(24=4\times6\) et \(40=4\times10\), une copie annonce que \((6,10)\) est réduit. Or 2 divise encore 6 et 10. Le nombre 4 est un diviseur commun, pas le PGCD de 24 et 40.
Rappel. Si les quotients ont encore un facteur commun \(e>1\), le facteur retiré n’était pas complet : \(4\times e\) divise les deux nombres de départ. Ici \(4\times2=8\) convient.
Exemple plus simple corrigé. Pour 6 et 10, on retire leur PGCD 2 : \(6=2\times3\), \(10=2\times5\). Il reste \((3,5)\), premier entre eux puisque \(5=3+2\), \(3=2+1\), puis \(2=2\times1\).
Nouvel essai. Réduis le couple \((0,-18)\) par son PGCD. Pourquoi le couple \((0,-3)\), obtenu en divisant seulement par 6, n’est-il pas réduit ?
Correction. Le PGCD de 0 et \(-18\) vaut 18. On obtient \(0/18=0\) et \((-18)/18=-1\), donc \((0,-1)\). Son PGCD vaut 1 : un diviseur positif de \(-1\) vaut nécessairement 1, et 1 divise aussi 0. Les contrôles sont \(18\times0=0\) et \(18\times(-1)=-18\). En revanche, \(\operatorname{PGCD}(0,-3)=3\) : le facteur 3 restait présent après la division par 6.
Retour. Pour 24 et 40, retire 8, et non seulement 4 : \(24=8\times3\), \(40=8\times5\). Les quotients sont bien \((3,5)\), dont la coprimalité vient d’être vérifiée. Un quotient nul est permis ; c’est le diviseur utilisé qui doit être non nul.
À toi : À reprendre plus tard
Montre que \(7n+3\) et \(2n+1\) sont premiers entre eux pour tout \(n\in\mathbb{Z}\). Puis explique en une phrase pourquoi tu n’as pas besoin de savoir si chacun de ces nombres est premier.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Calcule \(7(2n+1)-2(7n+3)\).
Correction expliquée : Reprise différée
Tout diviseur positif commun divise
À toi : À reprendre plus tard : reconstruire une réduction
Sans relire les exemples, écris 84 et \(-132\) comme le produit de leur PGCD positif par deux entiers premiers entre eux. Vérifie le couple réduit et les deux reconstructions.
Indice, à lire seulement si nécessaire. La première division sur les valeurs absolues est \(132=84+48\). Un changement de signe ne modifie pas un ensemble de diviseurs positifs.
Correction expliquée : Réduction différée, avec contrôle indépendant
Les divisions donnent
Ce que ta réponse doit montrer. Retrouver le facteur commun maximal, les deux quotients signés, leur coprimalité et les deux produits de contrôle ; la seule écriture de quotients entiers ne suffit pas.
À retenir : L’essentiel
« Premiers entre eux » signifie PGCD égal à 1. Ce n’est pas « chacun est premier ». Euclide, les listes ou une combinaison égale à 1 permettent de le prouver. Diviser les deux nombres par leur PGCD donne un couple copremier.
5 Bézout : écrire le PGCD avec les deux nombres
Pour avancer. Construire et vérifier une égalité \(au+bv=d\), où \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) et où les deux coefficients \(u,v\) sont entiers.
Le sens d’une combinaison entière
Pour deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls, leur PGCD est le plus grand entier positif qui les divise tous les deux. On le note \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\).
Définition : Combinaison linéaire entière
Une combinaison linéaire entière de deux entiers \(a,b\) est une expression \(au+bv\), avec \(u,v\in\mathbb{Z}\). Les coefficients peuvent être négatifs : une soustraction est donc permise. Pour une valeur obtenue, ils ne sont pas obligatoirement uniques.
Le résultat d’Euclide utile ici est le suivant : les divisions euclidiennes successives conservent les diviseurs communs ; le diviseur de la dernière division est le PGCD. Quand un reste non nul a été calculé, c’est le dernier de ces restes. Si la toute première division est exacte, c’est le diviseur initial. Le présent travail consiste à exprimer ce PGCD avec les deux nombres du départ, en remontant les égalités lorsqu’il le faut. On n’inverse pas une division : on remplace un reste par l’expression égale à ce reste.
Avant de commencer : Lire des coefficients sans les confondre avec les nombres
Calcule \(24\times2+15\times(-3)\). Quels sont les deux nombres combinés ? Quels sont leurs coefficients ?
Correction. Les nombres combinés sont \(24\) et \(15\) ; leurs coefficients sont \(2\) et \(-3\). Le calcul est
Théorème : Identité de Bézout pour le PGCD
Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\), non simultanément nuls, et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Il existe deux entiers \(u,v\) tels que
Démonstration : Pourquoi la remontée produit toujours des entiers
Supposons d’abord \(a>0\) et \(b>0\). Les deux premiers nombres sont déjà des combinaisons de \(a\) et \(b\) :
Si les nombres sont non nuls mais de signes quelconques, on applique ce raisonnement à \(A=|a|\) et \(B=|b|\). Leur PGCD est encore \(d\). On obtient \(d=AU+BV\), avec \(U,V\in\mathbb{Z}\). Remplacer \(|a|\) par \(a\) lorsque \(a>0\), et par \(-a\) lorsque \(a<0\), modifie seulement le signe du coefficient de \(a\) ; on fait de même pour \(b\). Les coefficients restent entiers.
Enfin, si \(b=0\) et \(a\ne0\), alors \(d=|a|\) : on prend \((u,v)=(1,0)\) si \(a>0\), et \((-1,0)\) si \(a<0\). Si \(a=0\) et \(b\ne0\), les couples \((0,1)\) ou \((0,-1)\) conviennent selon le signe de \(b\). Le couple \((0,0)\) de nombres de départ est exclu : son PGCD n’est pas défini dans les conventions de ce cours.
Remonter les divisions : un exemple de référence
Exemple expliqué : Une identité avec un PGCD différent de \(1\)
Cherchons des entiers \(u,v\) tels que \(187u+119v=\operatorname{PGCD}(187,119)\).
Premier geste : calculer le PGCD en conservant les divisions.
Deuxième geste : partir de la ligne qui a produit \(17\), et non de celle qui a produit \(0\). La troisième division donne \(17=68-51\). La deuxième donne \(51=119-68\). On remplace donc le bloc \(51\) par toute l’expression \(119-68\) :
Troisième geste : remplacer le dernier reste encore présent. La première division donne \(68=187-119\). Ainsi
Contrôle effectif :
Méthode : Fabriquer un couple de Bézout
Quand l’énoncé demande une identité \(au+bv=d\) et qu’aucun couple n’est visible, l’algorithme d’Euclide est une voie systématique.
Calcule le PGCD et conserve toutes les égalités de division.
Si la première division est exacte, le diviseur initial est le PGCD et fournit une identité immédiate. Sinon, isole le dernier reste non nul dans la division qui le produit.
Remplace, en remontant, chaque reste par son expression dans la ligne précédente. Mets les expressions remplacées entre parenthèses.
Distribue les coefficients, puis regroupe les multiples d’un même nombre avant la substitution suivante.
Arrête-toi lorsque seuls \(a\) et \(b\) figurent dans l’expression ; lis les deux coefficients dans le bon ordre.
Remplace \(u,v\) par les valeurs trouvées dans \(au+bv\) et calcule réellement le résultat.
Par exemple, \(24=6\times4\) donne directement \(\operatorname{PGCD}(24,6)=6\) et \(24\times0+6\times1=6\) : il n’y a pas de remontée à inventer. Si un nombre de départ est négatif, on peut effectuer Euclide sur les valeurs absolues, mais il faut ensuite rétablir le signe dans l’identité. Si l’un des nombres vaut zéro, le cas direct de la démonstration suffit.
Question d’élève : Pourquoi accepter des coefficients négatifs ? Sont-ils uniques ?
Pour écrire \(17\) avec \(187\) et \(119\), des coefficients tous deux positifs ou nuls ne conviendraient pas : si l’un d’eux est non nul, la somme est au moins \(119\) ; s’ils sont nuls, elle vaut \(0\). Une différence permet d’obtenir un nombre plus petit.
Les coefficients ne sont pas uniques. En plus de \((2,-3)\), le couple \((9,-14)\) convient, car
Pratiquer la remontée et expliquer les gestes
À toi : Essai guidé : organiser les substitutions
Les divisions suivantes donnent \(\operatorname{PGCD}(138,84)=6\) :
Indice, à lire seulement si nécessaire. Après le premier remplacement, \(30-(54-30)\) contient deux fois \(30\), pas zéro fois.
Correction expliquée : Essai guidé
On isole d’abord chaque reste utile : \(24=54-30\), \(30=84-54\), puis \(54=138-84\). Les substitutions donnent
À toi : À tenter avant de consulter la correction
Détermine \(\operatorname{PGCD}(119,70)\), puis un couple \((u,v)\in\mathbb{Z}^2\) vérifiant \(119u+70v=\operatorname{PGCD}(119,70)\). Conserve les divisions et vérifie le couple.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Les trois premiers restes non nuls sont \(49\), \(21\) et \(7\).
Correction expliquée : Un couple pour \(119\) et \(70\)
Les divisions sont
À toi : Justifier une décision et changer le signe d’une donnée
Pourquoi ne commence-t-on pas la remontée de l’exemple de référence par \(0=51-3\times17\) ? Explique ce que cette égalité permettrait d’obtenir.
Sans refaire Euclide, transforme l’identité \(119\times3+70\times(-5)=7\) en une identité de Bézout pour \(-119\) et \(70\).
Donne une identité de Bézout pour \(0\) et \(-26\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Dans la deuxième question, le produit par le premier nombre doit rester égal à \(357\).
Correction expliquée : L’objectif, l’ordre et les signes
1. Partir de l’égalité produisant zéro et ne faire que des substitutions correctes conserverait zéro au membre de gauche : on construirait une combinaison égale à \(0\), pas au PGCD \(17\). La remontée part donc de la ligne qui a produit le dernier reste non nul.
2. Comme \(119\times3=(-119)\times(-3)\), on obtient
3. Le PGCD de \(0\) et \(-26\) vaut \(26\). L’identité
Ce que ta réponse doit montrer. Nomme l’objectif de la remontée ; indique quel coefficient multiplie quel nombre ; conserve une égalité exacte lorsque le signe d’une donnée change. Ces justifications comptent autant que le couple final.
Pour réparer une erreur : Si un moins devant une parenthèse te fait perdre le fil
L’erreur « \(68-(119-68)=68-119-68\) » apparaît au moment où la parenthèse est supprimée. Le signe moins doit multiplier les deux termes : \((-1)\times119=-119\) et \((-1)\times(-68)=+68\).
Rappel avec un calcul plus simple. Pour \(9-(7-4)\), calculer l’intérieur donne \(9-3=6\). Distribuer le signe moins donne aussi \(9-7+4=2+4=6\). L’écriture \(9-7-4=-2\) ne conserve pas la valeur.
Nouvel essai. Développe \(11-(8-5)\) sans calculer d’abord la parenthèse ; contrôle ensuite par un calcul direct.
Correction. On obtient \(11-8+5=3+5=8\). Directement, \(8-5=3\), puis \(11-3=8\). Les deux chemins concordent.
Retour à la remontée. Il faut écrire \(68-119+68=2\times68-119=136-119=17\). C’est ce regroupement qui produit le coefficient \(2\) de l’étape suivante ; le signe n’est pas un détail de présentation.
À toi : À reprendre lors d’une prochaine séance, avant relecture
Trouve le PGCD de \(161\) et \(98\), puis des entiers \(u,v\) tels que \(161u+98v\) soit égal à ce PGCD. Explique pourquoi tes coefficients sont entiers et contrôle ton égalité.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Les restes successifs non nuls sont \(63\), \(35\), \(28\), puis \(7\).
Correction expliquée : Reprise différée
Les divisions donnent
À retenir : L’essentiel
Euclide fournit le PGCD ; la remontée construit une identité entière qui le représente avec les nombres de départ. Garde les parenthèses pendant les substitutions, distribue les signes, puis regroupe. Un couple correct se vérifie par substitution ; il n’est généralement pas unique.
6 Bézout : prouver une coprimalité ou certifier un PGCD
Pour avancer. Transformer une identité entière en preuve, puis choisir entre certificat, facteur commun et élimination d’un paramètre.
Les résultats utiles et leur portée
Pour \(a,b\in\mathbb{Z}\) non simultanément nuls, le nombre \(g=\operatorname{PGCD}(a,b)\) est positif et divise \(a\) et \(b\). Deux entiers sont premiers entre eux lorsque leur PGCD vaut \(1\). Cela ne signifie pas que chacun est un nombre premier.
Deux résultats établis dans les unités précédentes sont utilisés ici avec leur énoncé complet : tout diviseur commun de \(a,b\) divise aussi \(g\) ; l’identité de Bézout garantit des entiers \(u,v\) tels que \(au+bv=g\). De plus, un entier \(c\) qui divise \(a\) et \(b\) divise toute combinaison \(au+bv\) : en écrivant \(a=cA\), \(b=cB\), on obtient \(au+bv=c(Au+Bv)\), et \(Au+Bv\) est entier.
Avant de commencer : Que prouve une combinaison égale à \(1\) ?
Vérifie \(2\times35-3\times23=1\). Si \(c\) est un diviseur positif commun à \(35\) et \(23\), que peux-tu en déduire ?
Correction. Le calcul donne \(70-69=1\). Le nombre \(c\) divise les deux termes de la combinaison, donc il divise \(1\). Le seul diviseur positif de \(1\) est \(1\) lui-même : il n’existe aucun diviseur commun positif supérieur à \(1\). Ainsi \(35\) et \(23\) sont premiers entre eux. Si cette conclusion te bloque, reprends l’écriture \(au+bv=c(Au+Bv)\) donnée juste avant : elle explique la divisibilité employée.
Théorème : Critère de Bézout
Pour deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls,
Démonstration : Deux implications, deux rôles différents
Si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\), l’identité de Bézout appliquée au PGCD fournit des entiers \(u,v\) tels que \(au+bv=\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). Ce sens établit l’existence des coefficients.
Si \(au+bv=1\) avec \(u,v\in\mathbb{Z}\), notons \(g=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Comme \(g\mid a\) et \(g\mid b\), il existe des entiers \(A,B\) tels que \(a=gA\) et \(b=gB\). Alors
Piège à éviter : Des coefficients rationnels ne suffisent pas
L’égalité \(6\times\frac16+10\times0=1\) est exacte, mais elle ne prouve pas que \(6\) et \(10\) sont premiers entre eux : le coefficient \(\frac16\) n’est pas entier. Leur PGCD vaut \(2\). Dans la preuve, le facteur \(Au+Bv\) doit être entier pour conclure à une divisibilité ; c’est précisément ce qui échouerait avec des coefficients quelconques.
Caractérisation : Certifier un PGCD qui n’est pas forcément \(1\)
Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\) non simultanément nuls, et \(d\in\mathbb{N}^*\). Alors \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) si et seulement si les deux conditions suivantes sont réunies :
\(d\) divise \(a\) et \(b\) ;
il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(d=au+bv\).
Une combinaison égale à \(d\) ne suffit donc pas à elle seule lorsque \(d\ne1\).
Démonstration : Pourquoi les deux conditions sont nécessaires
Si \(d\) est le PGCD, il divise les deux nombres par définition, et l’identité de Bézout fournit la combinaison entière : les deux conditions sont nécessaires.
Réciproquement, supposons les deux conditions satisfaites et notons \(g=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Puisque \(d\) est un diviseur positif commun, la définition du plus grand donne \(d\leq g\). Comme \(g\) divise \(a\) et \(b\), il divise aussi \(au+bv=d\). Ainsi \(d=gt\) pour un entier \(t\). Les nombres \(d,g\) étant positifs, \(t\geq1\), donc \(g\leq d\). Les deux inégalités donnent \(g=d\). On a bien prouvé le sens réciproque, et non seulement vérifié un exemple.
Exemple expliqué : Un certificat complet, puis un faux raccourci
Pour \(84\) et \(132\), on a \(84=12\times7\) et \(132=12\times11\) : \(12\) divise les deux nombres. De plus,
En revanche, l’égalité \(30\times2-42\times1=60-42=18\) ne démontre pas que \(18\) est le PGCD de \(30\) et \(42\). Le nombre \(18\) ne divise même pas \(30\) : \(30=18\times1+12\). Une combinaison donne un multiple du PGCD, pas nécessairement le PGCD lui-même.
Sortir un facteur commun : l’homogénéité
Propriété : Homogénéité du PGCD
Pour \(a,b\in\mathbb{Z}\) non simultanément nuls et \(k\in\mathbb{Z}\setminus\{0\}\),
Démonstration : Certifier le résultat au lieu de le deviner
Supposons d’abord \(k>0\) et posons \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Comme \(a=dA\) et \(b=dB\) pour des entiers \(A,B\), on a \(ka=(kd)A\) et \(kb=(kd)B\) : \(kd\) divise les deux nombres.
De plus, il existe des entiers \(u,v\) tels que \(au+bv=d\). Multiplions les deux membres par \(k\) :
Si \(k<0\), posons \(m=-k=|k|>0\). Les nombres \(ka,kb\) sont les opposés de \(ma,mb\). Or un entier divise un nombre si et seulement s’il divise son opposé : de \(x=ct\) on déduit \(-x=c(-t)\), et réciproquement. Changer ces signes ne change donc pas le PGCD. On obtient
Corollaire : Reconnaître un couple déjà réduit
Si \(d\in\mathbb{N}^*\) divise les deux entiers \(a,b\), non simultanément nuls, alors
Démonstration : Le passage logique depuis l’homogénéité
Posons \(A=a/d\) et \(B=b/d\). Ce sont des entiers, car \(d\) divise les deux nombres, et ils ne sont pas simultanément nuls. L’homogénéité donne \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(dA,dB)=d\,\operatorname{PGCD}(A,B)\). Ainsi \(\operatorname{PGCD}(a,b)=d\) équivaut à \(d\,\operatorname{PGCD}(A,B)=d\). Diviser les deux membres par le coefficient non nul \(d\) donne \(\operatorname{PGCD}(A,B)=1\). Aucune division par \(A\) ou \(B\) n’est effectuée : l’un d’eux peut être nul.
Exemple expliqué : Réutiliser un certificat déjà obtenu
On a établi \(\operatorname{PGCD}(84,132)=12\). Puisque \(252=3\times84\) et \(396=3\times132\),
Avec un paramètre : éliminer plutôt qu’énumérer
Méthode : Chercher une combinaison qui ne dépend plus du paramètre
Quand deux nombres sont de la forme \(an+b\) et \(cn+d\), avec \(a,b,c,d\) entiers connus et \(n\in\mathbb{Z}\), les tester pour quelques valeurs de \(n\) ne prouve rien pour tous les entiers. Le premier geste utile est souvent d’éliminer les termes en \(n\) : multiplier la première expression par \(c\), la seconde par \(a\), puis soustraire.
Si la combinaison obtenue vaut \(1\) ou \(-1\), les deux nombres sont premiers entre eux. Si elle vaut un autre entier \(K\ne0\), le PGCD est un diviseur positif de \(|K|\) ; il faut encore décider lequel. Si la combinaison vaut \(0\), elle ne borne pas le PGCD : tout entier non nul divise \(0\).
Exemple expliqué : Un certificat valable pour tout entier \(n\)
Montrons que \(4n+3\) et \(3n+2\) sont premiers entre eux pour tout \(n\in\mathbb{Z}\). Les coefficients de \(n\) sont \(4\) et \(3\) ; on choisit donc la combinaison \(3(4n+3)-4(3n+2)\) :
Pour contrôler un calcul, on peut prendre \(n=2\) : les deux nombres valent \(11\) et \(8\), et \(3\times11-4\times8=33-32=1\). Ce test ne remplace pas la preuve générale, donnée par le développement précédent.
À toi : Essai guidé : certificat, facteur commun et paramètre
Montre que \(\operatorname{PGCD}(75,130)=5\) en utilisant \(7\times75-4\times130=5\). Quelles vérifications faut-il ajouter à cette égalité ? Explique ensuite pourquoi, pour une combinaison égale à \(1\), aucune recherche de diviseurs supplémentaires n’est nécessaire.
Déduis de \(\operatorname{PGCD}(84,132)=12\) la valeur de \(\operatorname{PGCD}(-5\times84,5\times132)\). Explique pourquoi la réponse ne peut pas être négative.
Pour \(n\in\mathbb{Z}\), pose \(A=5n+2\) et \(B=7n+3\). Calcule \(7A-5B\) et prouve que \(A,B\) sont premiers entre eux.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le candidat \(5\) de la première question doit aussi diviser chacun des deux nombres. Dans la troisième, une combinaison égale à \(-1\) devient un certificat égal à \(1\) en changeant les deux coefficients de signe.
Correction expliquée : Essai guidé et justification personnelle
1. On vérifie d’abord \(75=5\times15\) et \(130=5\times26\) : \(5\) est un diviseur positif commun. L’identité annoncée est exacte, car
Pour une combinaison égale à \(1\), la première condition est automatique : \(1\) divise tout entier, puisque \(a=1\times a\). Le critère de Bézout est ainsi le cas particulier du certificat pour \(d=1\).
2. Changer le signe du premier nombre ne change pas le PGCD. Le facteur commun \(5\) est positif, donc
3. La combinaison choisie élimine les termes en \(n\) :
Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse distingue « diviseur commun » et « combinaison entière », explique la positivité du PGCD et fournit une identité valable pour tout \(n\), pas seulement des tests numériques.
À toi : À tenter avant de consulter la correction
Un élève écrit : « \(2\times168-312=24\), donc \(\operatorname{PGCD}(168,312)=24\). » Sa conclusion est correcte ; sa justification est-elle complète ? Répare-la si nécessaire.
Pour \(n\in\mathbb{Z}\), détermine
\[\operatorname{PGCD}\bigl(8(7n+5),\,8(4n+3)\bigr).\]Justifie la valeur pour tous les entiers \(n\), sans te limiter à quelques essais.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Dans la deuxième question, commence par chercher une combinaison de \(7n+5\) et \(4n+3\) qui vaut \(1\).
Correction expliquée : Un facteur commun ne suffit pas : il faut contrôler le couple réduit
1. L’égalité est exacte : \(2\times168-312=336-312=24\). Mais il manque la vérification que \(24\) est un diviseur commun. Elle est vraie, puisque \(168=24\times7\) et \(312=24\times13\). Le nombre \(24\) est positif et les coefficients \(2,-1\) sont entiers : le certificat est maintenant complet, donc le PGCD vaut \(24\).
2. Posons \(A=7n+5\) et \(B=4n+3\). On calcule
À toi : Variation : quand la combinaison ne vaut pas \(1\)
Pour \(n\in\mathbb{Z}\), posons \(A=3n+1\) et \(B=5n+1\).
Calcule \(5A-3B\) et déduis les deux seules valeurs possibles de \(\operatorname{PGCD}(A,B)\).
Détermine laquelle convient selon que \(n\) est pair ou impair.
Réfute l’affirmation : « La combinaison vaut \(2\), donc le PGCD vaut toujours \(2\). »
Indice, à lire seulement si nécessaire. Un entier pair s’écrit \(2k\) ; un entier impair s’écrit \(2k+1\), avec \(k\in\mathbb{Z}\).
Correction expliquée : Une borne de divisibilité, puis une distinction de cas
On développe tous les produits :
Si \(n=2k\) est pair, alors \(A=6k+1=2(3k)+1\) et \(B=10k+1=2(5k)+1\) sont impairs. Le nombre \(2\) ne divise pas \(A\) ; ce n’est pas le PGCD. Ainsi \(g=1\).
Si \(n=2k+1\) est impair, alors
L’affirmation proposée est donc fausse. Par exemple, \(n=2\) donne \(A=7\), \(B=11\), dont le PGCD vaut \(1\) ; la combinaison reste bien \(5\times7-3\times11=35-33=2\). Elle fournit seulement un multiple du PGCD.
Pour réparer une erreur : Si tu confonds combinaison et certificat complet
La première erreur est de passer de « \(d=au+bv\) » à « \(d\) est le PGCD » sans vérifier que \(d\) divise les deux nombres.
Rappel sur un exemple plus simple. On peut écrire \(8=8\times1+12\times0\), mais \(8\) ne divise pas \(12\), puisque \(12=8+4\). Le PGCD de \(8\) et \(12\) est \(4\) : les diviseurs communs positifs sont \(1,2,4\).
Nouvel essai. L’identité \(-14+21=7\) permet-elle de prouver que le PGCD de \(14\) et \(21\) vaut \(7\) ? Écris les vérifications manquantes.
Correction. Oui, car \(14=7\times2\) et \(21=7\times3\), puis \(14\times(-1)+21\times1=7\). La divisibilité et la combinaison sont toutes deux établies.
Retour au faux raccourci. Dans \(30\times2-42=18\), la combinaison est exacte, mais \(18\) ne divise pas \(30\) ; on ne possède donc pas de certificat. En revanche, \(6\) divise \(30\) et \(42\), et \(30\times3-42\times2=90-84=6\) : le certificat complet donne le bon PGCD, \(6\).
Pour réparer une erreur : Si le signe ou le paramètre fait échouer ton raisonnement
Premier obstacle : sortir un facteur négatif. L’erreur \(\operatorname{PGCD}(-5a,5b)=-5\operatorname{PGCD}(a,b)\) donne un PGCD négatif. Rappelle-toi que changer le signe d’une donnée ne change pas ses diviseurs. Plus simplement, \(\operatorname{PGCD}(-6,10)=\operatorname{PGCD}(6,10)=2\) ; le signe moins ne sort pas comme un facteur négatif.
Nouvel essai corrigé. Quel est \(\operatorname{PGCD}(-14,21)\) ? On écrit \(-14=7(-2)\) et \(21=7\times3\). Comme \(-2+3=1\), les deux termes du couple réduit sont premiers entre eux : le PGCD vaut \(7\). De retour à \(\operatorname{PGCD}(-420,660)\), le même geste donne \(60\operatorname{PGCD}(-7,11)=60\), car \(3(-7)+2\times11=1\).
Second obstacle : perdre un signe dans l’élimination. Dans \(7(5n+2)-5(7n+3)\), écrire \(14+15\) pour les constantes est la première erreur : \(-5\) multiplie aussi le terme \(3\).
Rappel plus simple. On distribue avant de regrouper :
Correction. Les quatre produits sont \(3\times2n+3\times1-2\times3n-2\times2\), soit \(6n+3-6n-4=-1\).
Retour. Pour la combinaison de l’essai guidé, les constantes donnent bien \(7\times2-5\times3=14-15=-1\). On change les deux coefficients de signe pour obtenir un certificat égal à \(1\) ; une valeur \(-1\) n’est pas un échec.
À toi : À reprendre plus tard, avant de relire
Pour \(n\in\mathbb{Z}\), détermine \(\operatorname{PGCD}\bigl(-9(8n+3),\,9(5n+2)\bigr)\). Donne un certificat direct ou utilise un couple réduit ; une méthode correctement justifiée suffit.
Indice, à lire seulement si nécessaire. La combinaison \(8(5n+2)-5(8n+3)\) est constante.
Correction expliquée : Reprise différée : ne pas perdre le signe
Posons \(A=8n+3\) et \(B=5n+2\). Alors
À retenir : L’essentiel
Une combinaison entière égale à \(1\) prouve la coprimalité. Pour certifier un PGCD \(d>1\), vérifie aussi que \(d\) divise les deux nombres. Un facteur commun \(k\ne0\) sort du PGCD sous la forme \(|k|\). Avec un paramètre, une combinaison constante donne d’abord les diviseurs possibles ; seule une vérification complémentaire décide du PGCD exact.
7 Gauss : justifier une divisibilité et une fraction irréductible
Pour avancer. Repérer la condition qui permet d’enlever un facteur, puis appliquer ce raisonnement aux produits, aux puissances et aux fractions.
La condition qui change tout
Rappelons les outils nécessaires. L’écriture \(a\mid c\) signifie qu’il existe un entier \(k\) tel que \(c=ak\). Deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls sont premiers entre eux si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). Le critère de Bézout, déjà établi, affirme que cela équivaut à l’existence de \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(au+bv=1\). Tout diviseur commun divise une combinaison entière ; changer le signe d’un nombre ne change pas ses diviseurs.
Dans les résultats de divisibilité ci-dessous, le nombre par lequel on cherche à diviser est non nul. Un numérateur de fraction pourra être nul ; un dénominateur ne le pourra jamais.
Avant de commencer : Coprimalité et réduction d’une fraction
Calcule \(2\times8-15\). Que prouve ce calcul sur \(8\) et \(15\) ?
Divise le numérateur et le dénominateur de \(18/30\) par \(6\). Pourquoi la fraction obtenue a-t-elle la même valeur ?
Correction. On a \(16-15=1\) ; le critère de Bézout donne \(\operatorname{PGCD}(8,15)=1\). Puis
Théorème : Théorème de Gauss
Soient \(a\in\mathbb{Z}\setminus\{0\}\) et \(b,c\in\mathbb{Z}\). Si
Démonstration : Multiplier une identité de Bézout par le bon nombre
L’hypothèse \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\) donne des entiers \(u,v\) vérifiant \(au+bv=1\). Le facteur que l’on souhaite isoler est \(c\) : on multiplie les deux membres par \(c\),
Contre-exemple : Sans la coprimalité, on ne peut pas enlever le facteur
On a \(6\mid4\times3\), puisque \(4\times3=12=6\times2\). Pourtant \(6\) ne divise pas \(3\) : le quotient \(3/6=1/2\) n’est pas entier. La condition qui manque est \(\operatorname{PGCD}(6,4)=1\) ; en réalité ce PGCD vaut \(2\).
Il ne suffit donc pas que \(a\) et \(b\) soient différents ou que \(b\) soit plus petit que \(a\). C’est leur coprimalité qui autorise la conclusion.
Remarque : Le sens inverse, et les cas avec zéro
Si \(a\mid c\), alors \(c=ak\) pour un entier \(k\), donc \(bc=a(bk)\) et \(a\mid bc\). Ce sens est toujours vrai. Sous l’hypothèse \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\), on a ainsi une équivalence : \(a\mid bc\) si et seulement si \(a\mid c\).
Le nombre \(c\) peut être nul : tout entier non nul divise \(0\). Si \(b=0\), la condition \(\operatorname{PGCD}(a,0)=1\) impose \(|a|=1\) ; \(a\) divise alors tout entier. Le théorème ne nécessite donc pas une hypothèse inutile \(b\ne0\) ou \(c\ne0\).
Méthode : Appliquer Gauss sans permuter les rôles
Repère le diviseur \(a\), le produit \(bc\) et le facteur \(c\) que tu veux conserver.
Vérifie \(a\mid bc\) et \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\) ; un petit certificat de Bézout peut éviter un long calcul de PGCD.
Écris la conclusion \(a\mid c\). Si l’énoncé demande une forme pour \(c\), traduis-la par \(c=ak\), avec \(k\in\mathbb{Z}\).
S’il s’agit de résoudre une condition, vérifie aussi que toutes les valeurs proposées conviennent.
Gauss ne divise pas les trois nombres d’une relation de divisibilité. Il transforme une divisibilité grâce à une hypothèse précise.
Exemple expliqué : Trouver tous les entiers répondant à une condition
Cherchons les entiers \(m\) tels que \(21\mid8m\). Les rôles sont \(a=21\), \(b=8\) et \(c=m\). L’identité
Réciproquement, pour tout \(k\in\mathbb{Z}\), si \(m=21k\), alors \(8m=8\times21k=21(8k)\) ; le quotient \(8k\) est entier, donc \(21\mid8m\). Les solutions sont exactement les multiples de \(21\), y compris \(0\) et les multiples négatifs.
Produits et puissances : les corollaires utiles
Corollaire : Deux diviseurs premiers entre eux
Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\setminus\{0\}\) premiers entre eux, et \(N\in\mathbb{Z}\). Alors
Démonstration : Où intervient Gauss ?
Supposons \(a\mid N\) et \(b\mid N\). La première condition s’écrit \(N=ak\), avec \(k\in\mathbb{Z}\). La seconde devient donc \(b\mid ak\). Comme \(\operatorname{PGCD}(b,a)=1\), Gauss donne \(b\mid k\). Il existe alors un entier \(\ell\) tel que \(k=b\ell\), d’où \(N=a(b\ell)=(ab)\ell\) : le produit \(ab\) divise \(N\).
Réciproquement, si \(N=(ab)\ell\) avec \(\ell\in\mathbb{Z}\), on peut écrire \(N=a(b\ell)=b(a\ell)\). Les quotients \(b\ell\) et \(a\ell\) sont entiers ; chacun des deux nombres divise \(N\). Ce sens n’a pas besoin de la coprimalité.
Exemple expliqué : Combiner deux informations de divisibilité
Si \(12\mid N\) et \(25\mid N\), alors \(300\mid N\) : les nombres \(12\) et \(25\) sont premiers entre eux, puisque \(25-2\times12=25-24=1\), et leur produit vaut \(300\).
Il serait faux de multiplier deux diviseurs sans vérifier cette condition. Les nombres \(4\) et \(6\) divisent tous deux \(12\), mais leur produit \(24\) ne divise pas \(12\). Leur PGCD vaut \(2\), et non \(1\).
Lemme : Préparer le passage aux puissances
Soient \(a,b,c\in\mathbb{Z}\). Si \(a\) est premier avec \(b\) et premier avec \(c\), alors \(a\) est premier avec \(bc\).
Démonstration : Multiplier deux certificats
On dispose d’entiers \(u,v,s,t\) tels que \(au+bv=1\) et \(as+ct=1\). Le produit de ces deux égalités donne
Corollaire : Coprimalité et puissances
Pour deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls et deux entiers \(r,s\geq1\),
Démonstration : Répéter le lemme, puis prouver la réciproque
Si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\), on a d’abord \(\operatorname{PGCD}(a,b^1)=1\). Supposons, pour un entier \(j\geq1\), que \(a\) est premier avec \(b^j\). Il est aussi premier avec \(b\) par l’hypothèse initiale. Le lemme appliqué au produit \(b^j\times b\) montre qu’il est premier avec \(b^{j+1}\). L’initialisation et cette hérédité prouvent par récurrence que \(\operatorname{PGCD}(a,b^s)=1\) pour tout \(s\geq1\).
Fixons maintenant un tel \(s\). Par symétrie, \(b^s\) est premier avec \(a\). Le même raisonnement, en multipliant cette fois des facteurs égaux à \(a\), donne \(\operatorname{PGCD}(b^s,a^r)=1\) pour tout \(r\geq1\). C’est le sens direct.
Pour la réciproque, supposons \(\operatorname{PGCD}(a^r,b^s)=1\). Soit \(d\) un diviseur positif commun de \(a,b\). Écrivons \(a=dA\) et \(b=dB\), avec \(A,B\in\mathbb{Z}\). Si \(r=1\), \(d\) divise déjà \(a^r=a\). Si \(r\geq2\), on a \(a^r=d(Aa^{r-1})\) et le quotient \(Aa^{r-1}\) est entier ; donc \(d\) divise encore \(a^r\). Le même raisonnement, selon que \(s=1\) ou \(s\geq2\), montre que \(d\) divise \(b^s\). Or le plus grand diviseur positif commun de ces puissances vaut \(1\) : on a donc \(d\leq1\), puis \(d=1\). Ainsi \(a,b\) sont premiers entre eux. Cette distinction évite toute expression \(0^0\) lorsque l’une des bases vaut zéro.
Exemple expliqué : Éviter de calculer d’énormes puissances
L’identité \(2\times8-15=1\) prouve que \(8\) et \(15\) sont premiers entre eux. On en déduit \(\operatorname{PGCD}(8^5,15^7)=1\) sans calculer ces puissances.
La condition sur les exposants compte dans la réciproque. On a \(\operatorname{PGCD}(6^0,9)=\operatorname{PGCD}(1,9)=1\), alors que \(\operatorname{PGCD}(6,9)=3\). Un exposant nul efface l’information portée par la base ; il n’est donc pas inclus dans l’équivalence précédente.
Fractions irréductibles : existence et unicité
Définition : Une fraction qu’on ne peut plus simplifier
Pour \(a\in\mathbb{Z}\) et \(b\in\mathbb{N}^*\), la fraction \(a/b\) est irréductible si aucun entier supérieur ou égal à \(2\) ne divise à la fois \(a\) et \(b\). Cela équivaut à \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\).
On choisit ici un dénominateur positif. Si une fraction a un dénominateur négatif, on multiplie d’abord son numérateur et son dénominateur par \(-1\) ; cela ne change pas sa valeur.
Propriété : Réduire une fraction par le PGCD
Soient \(a\in\mathbb{Z}\), \(b\in\mathbb{N}^*\) et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Alors
Démonstration : Égalité de valeur et absence de facteur commun
Posons \(A=a/d\) et \(B=b/d\). Les nombres \(A,B\) sont entiers ; \(B>0\) et \(d>0\). Comme \(a=dA\) et \(b=dB\), on a \(a/b=(dA)/(dB)=A/B\) par simplification du facteur non nul \(d\).
Si un entier \(h\geq2\) divisait \(A\) et \(B\), on pourrait écrire \(A=hA'\) et \(B=hB'\) avec \(A',B'\in\mathbb{Z}\). Alors \(a=(dh)A'\) et \(b=(dh)B'\). Le nombre \(dh\) serait un diviseur positif commun de \(a,b\), strictement supérieur à \(d\), ce qui contredirait la définition du PGCD. La fraction \(A/B\) est donc irréductible.
Proposition : Unicité de la forme irréductible à dénominateur positif
Si \(a/b\) et \(c/e\) sont deux fractions irréductibles, avec \(a,c\in\mathbb{Z}\) et \(b,e\in\mathbb{N}^*\), et si \(a/b=c/e\), alors \(a=c\) et \(b=e\).
Démonstration : Une application de Gauss dans les deux sens
Multiplions l’égalité \(a/b=c/e\) par le même nombre non nul \(be\) :
Les deux dénominateurs sont positifs. La divisibilité \(b\mid e\) donne \(b\leq e\), et \(e\mid b\) donne \(e\leq b\) ; ainsi \(b=e\). L’égalité \(ae=bc\) devient \(ab=bc\). Divisons les deux membres par \(b\ne0\) :
Exemple expliqué : Réduire une fraction négative et vérifier la conclusion
Pour réduire \(-126/198\), on calcule le PGCD des valeurs absolues :
Pour un numérateur nul, \(\operatorname{PGCD}(0,b)=b\) avec \(b>0\), donc \(0/b=0/1\). La fraction \(0/1\) est irréductible ; \(0/7\) ne l’est pas, car \(7\) divise à la fois \(0\) et \(7\).
Bon réflexe : Prouver l’irréductibilité sans chercher tous les diviseurs
Si le numérateur et le dénominateur sont des expressions, cherche une combinaison entière égale à \(1\). C’est souvent plus court qu’une liste de diviseurs. Par exemple, pour \(n\in\mathbb{N}\), le dénominateur \(3n+2\) est strictement positif, et
S’entraîner avec les hypothèses visibles
À toi : Essai guidé : quatre usages à distinguer
Si \(28\mid9m\), utilise \(28-3\times9=1\) pour déduire une forme de \(m\).
Si \(9\mid N\) et \(14\mid N\), utilise \(2\times14-3\times9=1\) pour montrer que \(126\mid N\).
Réduis \(-84/126\) sachant que leur PGCD vaut \(42\) ; vérifie que la fraction obtenue est irréductible.
Déduis de \(2\times8-15=1\) la coprimalité de \(8^2\) et \(15^4\). Cite la condition sur les exposants ; n’effectue pas les puissances.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Dans les deux premières questions, indique d’abord les deux nombres qui doivent être premiers entre eux.
Correction expliquée : Ne pas employer un même mot pour quatre raisonnements différents
1. \(28-3\times9=28-27=1\) donne \(\operatorname{PGCD}(28,9)=1\). Avec \(28\mid9m\), Gauss donne \(28\mid m\), soit \(m=28k\) avec \(k\in\mathbb{Z}\). Toutes ces valeurs conviennent, car \(9m=9(28k)=28(9k)\).
2. \(2\times14-3\times9=28-27=1\) montre \(\operatorname{PGCD}(9,14)=1\). Le corollaire du produit donne \(9\times14=126\mid N\). Plus explicitement, \(N=9k\) et \(14\mid9k\) ; Gauss donne \(14\mid k\), donc \(k=14\ell\) et \(N=126\ell\) avec \(\ell\in\mathbb{Z}\).
3. On a \(-84=42\times(-2)\) et \(126=42\times3\), donc
4. On calcule d’abord \(2\times8-15=16-15=1\). C’est un certificat entier, donc \(\operatorname{PGCD}(8,15)=1\). Les exposants \(2\) et \(4\) sont des entiers strictement positifs : le corollaire des puissances s’applique et donne \(\operatorname{PGCD}(8^2,15^4)=1\). La condition porte sur les bases avant de passer aux puissances ; le seul fait que les exposants soient différents ne prouve rien.
À toi : À tenter avant de consulter la correction
Décris tous les entiers \(t\) tels que \(35\mid12t\).
Sans développer les puissances, justifie que \(12^3/35^2\) est irréductible.
Si \(15\mid N\) et \(28\mid N\), peut-on conclure \(420\mid N\) ? Justifie, sans supposer que deux nombres différents sont automatiquement premiers entre eux.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Pour les deux premières questions, \(3\times12-35=1\). Pour la dernière, tu peux vérifier \(15\times15-28\times8=1\).
Correction expliquée : Applications avec moins de guidage
1. \(3\times12-35=36-35=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(35,12)=1\). Gauss donne \(35\mid t\), donc \(t=35k\) avec \(k\in\mathbb{Z}\). Réciproquement, \(12(35k)=35(12k)\) ; ces valeurs satisfont toutes la condition.
2. On vient de prouver que \(12,35\) sont premiers entre eux. Les exposants \(3\) et \(2\) sont strictement positifs ; le corollaire sur les puissances donne \(\operatorname{PGCD}(12^3,35^2)=1\). Le dénominateur \(35^2\) étant positif, la fraction est irréductible. Il n’est pas nécessaire de calculer les puissances pour prouver ce résultat.
3. Le calcul \(15\times15-28\times8=225-224=1\) fournit un certificat de coprimalité. Le corollaire du produit s’applique donc à \(15\) et \(28\). Leur produit est \(15\times28=420\) ; on conclut \(420\mid N\).
À toi : Justifier et réfuter : quelles conditions sont indispensables ?
Réfute : « Si \(6\mid4t\), alors \(6\mid t\). » Propose ensuite une conclusion correcte de la forme \(d\mid t\).
Pourquoi la preuve de Gauss multiplie-t-elle l’identité de Bézout par \(c\) et non par un nombre choisi au hasard ?
Les fractions \(1/2\) et \((-1)/(-2)\) ont la même valeur. Pourquoi ne contredisent-elles pas l’unicité démontrée ?
Que manque-t-il dans : « \(4\) et \(6\) divisent \(12\), donc \(24\) divise \(12\) » ? Pourquoi \(\operatorname{PGCD}(6^0,9)=1\) ne prouve-t-il pas que \(6\) et \(9\) sont premiers entre eux ?
Indice, à lire seulement si nécessaire. Pour la première question, essaie \(t=3\). Puis écris \(4t=6k\) et divise les deux membres par \(2\).
Correction expliquée : Changer une hypothèse change la conclusion
1. Avec \(t=3\), on a \(4t=12=6\times2\), mais \(6\) ne divise pas \(3\). La coprimalité nécessaire manque : \(\operatorname{PGCD}(6,4)=2\).
Une conclusion correcte est \(3\mid t\). En effet, \(6\mid4t\) signifie \(4t=6k\) pour un entier \(k\). Divisons les deux membres par le coefficient non nul \(2\) :
2. Multiplier \(au+bv=1\) par \(c\) fait apparaître le produit \(bc\), sur lequel porte l’hypothèse de divisibilité, et le nombre \(c\) que l’on veut atteindre : \(acu+bcv=c\). Ce choix relie exactement les deux hypothèses à l’objectif.
3. La proposition d’unicité impose des dénominateurs positifs. Le dénominateur \(-2\) n’en respecte pas l’hypothèse. Après changement des deux signes, \((-1)/(-2)\) devient \(1/2\), la même forme normalisée.
4. Le produit des deux diviseurs ne peut être utilisé ici : \(\operatorname{PGCD}(4,6)=2\), et non \(1\). De fait, \(12/24=1/2\) n’est pas un entier. Quant à \(6^0=1\), l’exposant zéro est exclu de la réciproque du corollaire des puissances. Le PGCD de \(1\) et \(9\) vaut bien \(1\), mais celui de \(6\) et \(9\) vaut \(3\). Dans les deux cas, la conclusion échoue parce qu’une hypothèse précise a disparu.
Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse fournit un contre-exemple calculé, nomme l’hypothèse absente et justifie une réparation correcte. Dans la preuve, elle explique l’utilité de la multiplication ; pour l’unicité, elle identifie la condition de signe.
Pour réparer une erreur : Si tu as appliqué Gauss trop vite
La première ligne à contrôler est « \(a\mid bc\), donc \(a\mid c\) ». Demande immédiatement : a-t-on prouvé que \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux ?
Exemple plus simple. Si \(2\mid3t\), on peut conclure \(2\mid t\), car \(3-2=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(2,3)=1\).
Nouvel essai. Si \(3\mid2t\), peut-on conclure \(3\mid t\) ?
Correction. Oui : \(3-2=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(3,2)=1\). Les deux hypothèses de Gauss sont satisfaites, donc \(3\mid t\).
Retour. Pour \(6\mid4t\), le PGCD de \(6\) et \(4\) n’est pas \(1\). Le nouvel essai s’applique seulement après la réduction expliquée dans la correction précédente, qui donne \(3\mid2t\). La conclusion correcte est \(3\mid t\), pas \(6\mid t\).
Pour réparer une erreur : Si tu as soustrait au lieu de diviser dans une fraction
Le passage erroné \(14/21=(14-7)/(21-7)=7/14\) ne conserve pas la valeur d’une fraction. Une réduction simplifie un facteur commun, pas une quantité retranchée.
Rappel corrigé. \(6/9=(3\times2)/(3\times3)=2/3\) : le même facteur non nul \(3\) est simplifié.
Nouvel essai. Réduis \(10/15\) et contrôle l’égalité obtenue.
Correction. \(10/15=(5\times2)/(5\times3)=2/3\). On vérifie les produits croisés : \(10\times3=30\) et \(15\times2=30\). Comme \(3-2=1\), la fraction \(2/3\) est irréductible.
Retour. La bonne réduction est \(14/21=(7\times2)/(7\times3)=2/3\). La valeur \(7/14=1/2\) était différente : \(2\times2=4\), tandis que \(3\times1=3\).
Pour réparer une erreur : Si tu as oublié une condition d’un corollaire
Produit de diviseurs. La première erreur serait de déduire \(ab\mid N\) de deux divisibilités sans vérifier \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). Pour reprendre simplement, \(3\) et \(5\) divisent \(30\), et \(2\times3-5=1\) prouve leur coprimalité : \(15\) divise bien \(30\).
Nouvel essai corrigé. Si \(4\mid N\) et \(9\mid N\), peut-on multiplier les deux diviseurs ? Oui : \(9-2\times4=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(4,9)=1\), donc \(36\mid N\). De retour au couple \(4,6\), ce contrôle échoue puisque leur PGCD vaut \(2\) ; on ne peut pas conclure \(24\mid N\) de ces seules données.
Puissances. L’erreur serait de remonter de \(\operatorname{PGCD}(6^0,9)=1\) à la coprimalité de \(6,9\). Le rappel est précis : la réciproque utilise des exposants au moins égaux à \(1\), afin que tout diviseur d’une base divise encore sa puissance sans que la base disparaisse.
Nouvel essai corrigé. Si \(\operatorname{PGCD}(a^2,b^3)=1\), que peut-on conclure ? Les exposants \(2,3\) sont positifs : tout diviseur positif commun de \(a,b\) divise \(a^2,b^3\), donc il vaut \(1\) ; ainsi \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). De retour à l’exposant zéro, \(6^0=1\) a effacé tous les diviseurs de \(6\) ; le même raisonnement ne s’applique plus.
À toi : À reprendre plus tard, avant relecture
Un entier \(z\) vérifie \(18\mid25z\) et \(5\mid z\). Montre que \(90\mid z\).
La fraction \(18^2/25^3\) est-elle irréductible ? Justifie sans développer les puissances.
Réduis \(-195/286\) et explique pourquoi la forme obtenue est irréductible.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Tu peux vérifier \(7\times18-5\times25=1\) et \(2\times18-7\times5=1\). Pour la fraction numérique, Euclide commence par \(286=195+91\).
Correction expliquée : Reprise différée
1. Le calcul \(7\times18-5\times25=126-125=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(18,25)=1\). Avec \(18\mid25z\), Gauss donne \(18\mid z\). On sait aussi \(5\mid z\), et \(2\times18-7\times5=36-35=1\) prouve \(\operatorname{PGCD}(18,5)=1\). Le corollaire du produit donne donc \(18\times5=90\mid z\).
2. L’identité précédente montre \(\operatorname{PGCD}(18,25)=1\). Les exposants \(2,3\) sont strictement positifs : \(\operatorname{PGCD}(18^2,25^3)=1\). Le dénominateur est positif, donc la fraction est irréductible.
3. Les divisions donnent
À retenir : L’essentiel
Gauss permet d’enlever un facteur d’un produit divisible seulement après vérification de la coprimalité avec le diviseur. Deux diviseurs premiers entre eux peuvent être multipliés. La coprimalité est conservée par des puissances d’exposants positifs. Une fraction se réduit par son PGCD ; sa forme irréductible à dénominateur positif est unique.
8 Équations diophantiennes : trouver toutes les solutions
Pour avancer. Passer d’une identité de Bézout à une description complète des couples entiers, puis imposer les contraintes du problème.
Définition : Les inconnues doivent être entières
Dans cette unité, une équation diophantienne linéaire à deux inconnues est une équation
Remarque : Les outils antérieurs utilisés ici
Pour deux entiers \(a,b\) non simultanément nuls, \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) est positif et divise \(a\) et \(b\). Tout diviseur commun divise aussi \(d\). Si un argument est nul, le PGCD est directement la valeur absolue de l’autre. Sinon, on applique Euclide aux valeurs absolues : le PGCD est le diviseur de la dernière division, celle dont le reste est nul. On le décrit aussi comme le dernier reste non nul, en comptant le diviseur initial lorsque la première division est déjà exacte. L’identité de Bézout, déjà démontrée, fournit \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(au+bv=d\).
Le couple réduit \(A=a/d\), \(B=b/d\) est formé d’entiers premiers entre eux : \(\operatorname{PGCD}(A,B)=1\). Le théorème de Gauss, déjà démontré, affirme : si \(m\mid pq\) et \(\operatorname{PGCD}(m,p)=1\), alors \(m\mid q\). Enfin, \(m\mid q\) signifie qu’il existe un entier \(k\) tel que \(q=mk\). Les coefficients de Bézout et les paramètres peuvent être négatifs.
Savoir si une solution entière existe
Avant de commencer : Une obstruction que l’on peut voir avant de calculer
Les équations \(35x+21y=5\) et \(35x+21y=14\) peuvent-elles avoir des solutions entières ? Cherche d’abord un diviseur commun aux deux coefficients.
Correction expliquée : L’intégralité change la question
Pour des entiers \(x,y\), \(35x+21y=7(5x+3y)\) est divisible par \(7\). Il ne peut donc pas être égal à \(5\) : la première équation n’a aucune solution entière. La seconde en possède : \((1,-1)\) convient car \(35\times1+21\times(-1)=35-21=14\). Si tu avais choisi une valeur fractionnaire pour \(x\), reviens à la définition : ici les deux coordonnées doivent être entières.
Théorème : Critère d’existence
Soient \(a,b,c\in\mathbb{Z}\), avec \((a,b)\ne(0,0)\), et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Alors
Démonstration : Deux sens, deux rôles
Nécessité. Puisque \(d\mid a\) et \(d\mid b\), on peut écrire \(a=dA\) et \(b=dB\) avec \(A,B\in\mathbb{Z}\). Si \((x,y)\) est une solution entière,
Suffisance. Supposons \(d\mid c\), donc \(c=dh\) pour un entier \(h\). Bézout donne \(au+bv=d\) avec \(u,v\) entiers. En multipliant les deux membres par \(h\),
Exemple expliqué : Une solution particulière construite par Bézout
Cherchons d’abord une solution de \(28x+44y=12\). Euclide donne
Méthode : Décider et construire avant de chercher toutes les solutions
Calcule \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), en utilisant les valeurs absolues si les coefficients sont négatifs. Si \(d\) ne divise pas \(c\), conclus immédiatement à l’absence de solution entière. Sinon, remonte Euclide pour obtenir une combinaison égale à \(d\), puis multiplie les deux coefficients par l’entier \(c/d\). Si un coefficient de l’équation est négatif, reporte correctement son signe dans la coordonnée correspondante. Contrôle enfin le couple par substitution dans l’équation initiale. Une solution évidente déjà vérifiée peut remplacer la remontée, mais pas le contrôle.
À toi : Essai guidé : existence et construction
Pour \(24x+42y=18\) :
termine Euclide à partir de \(42=24+18\) ;
exprime le PGCD en fonction de \(24\) et \(42\) ;
construis et vérifie une solution ;
explique pourquoi remplacer \(18\) par \(20\) changerait la conclusion.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le facteur qui transforme le PGCD en \(18\) multiplie les deux coefficients de Bézout.
Correction expliquée : Les deux coefficients sont multipliés
On a \(24=18+6\) et \(18=3\times6+0\), donc le PGCD est \(6\). Puis
Ce que ta réponse doit montrer. Ta justification d’impossibilité doit mentionner le diviseur commun et le fait que toute combinaison entière des coefficients est divisible par ce nombre.
À toi : Essaie avant de lire
Décide si \(36x-60y=24\) possède des solutions entières et donne un couple solution. Que devient la réponse avec second membre \(25\) ?
Indice, à lire seulement si nécessaire. Calcule le PGCD de \(36\) et \(60\). Dans \(36x-60y\), le coefficient de \(y\) est \(-60\).
Correction expliquée : Le signe appartient au coefficient
Euclide : \(60=36+24\), \(36=24+12\), \(24=2\times12\) ; le PGCD vaut \(12\). Le nombre \(24\) est divisible par \(12\), et
Pour réparer une erreur : Une solution réelle n’est pas une solution entière
Une réponse propose \((1/14,0)\) pour \(14x+21y=1\). L’égalité est vraie, mais la première erreur est de ne plus imposer \(x\in\mathbb{Z}\).
Rappel : si les coefficients sont divisibles par \(d\), chaque combinaison à coefficients entiers est divisible par \(d\). Exemple plus simple : \(6x+10y=3\) est impossible dans \(\mathbb{Z}^2\), car \(6x+10y=2(3x+5y)\) est pair.
Nouvel essai : \(10x+15y=5\) est-il possible dans \(\mathbb{Z}^2\) ? Donne un couple et explique pourquoi l’obstruction précédente ne suffit plus.
Correction expliquée : Réparer puis revenir au départ
Le PGCD de \(10\) et \(15\) vaut \(5\), et \(5\) divise le second membre : une solution existe. Le couple \((-1,1)\) donne \(-10+15=5\). Les coefficients ne sont pas tous deux pairs ; l’argument de parité du cas \(6x+10y=3\) ne s’applique donc pas. Au problème initial, \(14\) et \(21\) sont divisibles par \(7\), mais pas \(1\) : aucune solution entière, même si des solutions réelles existent.
À toi : À reprendre plus tard, sans relire l’exemple
Retrouve si \(22x+34y=14\) est soluble dans \(\mathbb{Z}^2\), puis construis une solution à partir d’Euclide.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le dernier reste non nul est \(2\) ; le second membre vaut \(7\) fois ce reste.
Correction expliquée : Une identité puis le bon facteur
Les divisions sont \(34=22+12\), \(22=12+10\), \(12=10+2\) et \(10=5\times2\). Le PGCD est \(2\) et divise \(14\). La remontée donne
Décrire toutes les solutions, pas quelques exemples
Avant de commencer : Un seul paramètre ou deux paramètres indépendants ?
Le couple \((2,-1)\) vérifie \(3x+5y=1\). Les couples
Correction expliquée : Les variations doivent se compenser
En développant,
Théorème : Toutes les solutions à partir d’une solution particulière
Soient \(a,b\) deux entiers non nuls, \(c\in\mathbb{Z}\), \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), \(A=a/d\) et \(B=b/d\). Si \((x_0,y_0)\in\mathbb{Z}^2\) vérifie \(ax_0+by_0=c\), alors toutes les solutions entières, et seulement elles, sont
Démonstration : Pourquoi aucune solution n’est oubliée
Soit \((x,y)\) une solution entière. Soustrayons l’égalité de la solution particulière :
Réciproquement, pour tout \(k\in\mathbb{Z}\), \(x_0+Bk\) et \(y_0-Ak\) sont entiers, et
Exemple expliqué : Pourquoi le paramètre décrit toutes les solutions
Résolvons \(28x+44y=12\) dans \(\mathbb{Z}^2\). Le couple \((2,-1)\) convient, car
Réciproquement, pour tout entier \(k\), les deux coordonnées sont entières et
Méthode : Une rédaction qui établit vraiment « toutes »
Après le critère d’existence et une solution particulière :
soustrais l’équation de la solution particulière à celle d’une solution quelconque ;
réduis par le PGCD avant d’utiliser Gauss ;
justifie la divisibilité et introduis un paramètre entier ;
retrouve l’autre coordonnée avec ce même paramètre ;
vérifie réciproquement la famille dans l’équation de départ.
Le théorème permet ensuite de raccourcir une rédaction en citant ses hypothèses, mais savoir reconstruire ces étapes évite les erreurs de signe et les familles incomplètes.
À toi : Essai guidé : reprendre la solution déjà construite
On a trouvé \((6,-3)\) pour \(24x+42y=18\). Décris toutes les solutions. Écris d’abord l’équation satisfaite par \(x-6\) et \(y+3\), puis réduis par le PGCD.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Après division par \(6\), les coefficients sont \(4\) et \(7\), premiers entre eux.
Correction expliquée : Les pas ne sont ni 42 ni 24
Soustraire \(24\times6+42(-3)=18\) donne \(24(x-6)+42(y+3)=0\). La division par \(6\ne0\) conduit à \(4(x-6)=-7(y+3)\). Alors \(7\mid4(x-6)\) et \(\operatorname{PGCD}(7,4)=1\), donc \(x-6=7k\) pour un entier \(k\). En remplaçant, \(4\times7k=-7(y+3)\) ; la division par \(7\ne0\) donne \(4k=-(y+3)\), puis \(y=-3-4k\). Réciproquement,
À toi : Tentative avec un coefficient et un second membre négatifs
Résous entièrement \(18x-30y=-6\) dans \(\mathbb{Z}^2\). Tu peux chercher une petite solution après réduction. Justifie la totalité de ta famille, puis vérifie-la.
Indice, à lire seulement si nécessaire. La réduction donne \(3x-5y=-1\) ; \((3,2)\) convient.
Correction expliquée : Les deux coordonnées peuvent augmenter ensemble
Le PGCD de \(18\) et \(-30\) est celui de \(18\) et \(30\), soit \(6\) : \(30=18+12\), \(18=12+6\), \(12=2\times6\). Il divise \(-6\). Diviser les deux membres de l’équation par \(6\) donne \(3x-5y=-1\). Le couple \((3,2)\) convient car \(3\times3-5\times2=9-10=-1\).
Pour toute solution,
Ce que ta réponse doit montrer. Une preuve complète doit justifier l’existence, le coefficient réduit, l’application de Gauss, le paramètre commun et la réciproque. Le contrôle de deux valeurs de \(k\) ne remplace pas cette dernière.
Question d’élève : Deux réponses différentes peuvent-elles être correctes ?
Oui. Pour \(28x+44y=12\), les familles
Corollaire : Second membre nul
Si \(a,b\) sont non nuls et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), les solutions de \(ax+by=0\) sont
Démonstration : Une particulière immédiate
Le couple \((0,0)\) convient ; le théorème précédent s’applique avec \(x_0=y_0=0\). Par exemple, \(12x-20y=0\) a pour solutions \((5k,3k)\), \(k\in\mathbb{Z}\) : après division par \(4\), \(3x=5y\) ; Gauss impose \(x=5k\), puis \(y=3k\). La vérification donne \(12(5k)-20(3k)=12\times5k-20\times3k=60k-60k=0\).
Propriété : Quand un coefficient est nul
Les formules précédentes ont supposé \(a\) et \(b\) non nuls. Les cas restants se lisent directement :
si \(a=0\) et \(b\ne0\), l’équation est \(by=c\) : elle n’a pas de solution si \(b\nmid c\) ; sinon \(y=c/b\) et \(x\) est un entier quelconque ;
si \(a\ne0\) et \(b=0\), il faut \(a\mid c\) ; alors \(x=c/a\) et \(y\) est un entier quelconque ;
si \(a=b=0\), tous les couples entiers conviennent lorsque \(c=0\), et aucun lorsque \(c\ne0\).
Démonstration : Pourquoi il n’y a pas de division par zéro
Pour \(a=0\), on résout \(by=c\) en divisant par \(b\ne0\) : \(y=c/b\). Cette valeur est entière exactement lorsque \(b\mid c\) ; \(x\) ne figure plus dans l’égalité. Le deuxième cas échange les rôles. Dans le troisième, le membre de gauche est toujours \(0\) : l’égalité devient \(0=c\). On ne calcule pas \(\operatorname{PGCD}(0,0)\), qui n’est pas défini dans ce cours.
Exemple expliqué : Lire les cas nuls sans utiliser une formule hors de ses conditions
\(0x-7y=21\) donne \(y=21/(-7)=-3\) : les solutions sont \((k,-3)\), \(k\in\mathbb{Z}\). \(0x+0y=5\) n’a aucune solution. Pour \(0x+0y=0\), toute paire d’entiers convient ; il faut deux paramètres indépendants, \((k,\ell)\) avec \(k,\ell\in\mathbb{Z}\), car aucune relation ne lie les coordonnées.
Pour réparer une erreur : Une famille vraie mais incomplète
Pour \(6x+9y=3\), une copie annonce seulement \(x=-1+9k\), \(y=1-6k\). Les couples proposés conviennent, mais la première erreur est d’avoir utilisé les coefficients \(9\) et \(6\) au lieu des coefficients réduits \(3\) et \(2\).
Rappel : diviser les deux membres par \(3\ne0\) donne \(2x+3y=1\). Le couple \((-1,1)\) convient. Soustraire son égalité donne \(2(x+1)=-3(y-1)\) ; Gauss, avec \(\operatorname{PGCD}(2,3)=1\), impose \(x=-1+3t\), puis \(y=1-2t\). Le couple \((2,-1)\), obtenu pour \(t=1\), est perdu par la famille erronée, car \(-1+9k=2\) imposerait \(k=1/3\notin\mathbb{Z}\).
Nouvel essai : décris toutes les solutions de \(12x+18y=6\), puis vérifie que \((2,-1)\) en fait partie.
Correction expliquée : Le PGCD règle la taille du pas
La division par \(6\ne0\) redonne \(2x+3y=1\). En partant de \((-1,1)\), la différence donne \(2(x+1)=-3(y-1)\). Puisque \(3\) et \(2\) sont premiers entre eux, \(x=-1+3t\) pour \(t\in\mathbb{Z}\) ; la substitution puis la division par \(3\ne0\) donnent \(y=1-2t\). Réciproquement,
À toi : À reprendre plus tard : reconstruis toute la preuve
Résous \(15x+21y=6\) dans \(\mathbb{Z}^2\). Justifie pourquoi tes deux coordonnées utilisent un seul paramètre et contrôle la famille.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Réduis par \(3\) ; une petite particulière est \((-1,1)\).
Correction expliquée : Soustraction, Gauss, réciproque
Le PGCD vaut \(3\), car \(21=15+6\), \(15=2\times6+3\), \(6=2\times3\). La réduction donne \(5x+7y=2\), et \(5(-1)+7\times1=2\). Une solution quelconque vérifie donc \(5(x+1)=-7(y-1)\). De \(7\mid5(x+1)\) et \(\operatorname{PGCD}(7,5)=1\), on déduit \(x+1=7k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Substituer puis diviser par \(7\) donne \(5k=-(y-1)\), donc \(y=1-5k\). Réciproquement,
Garder seulement les solutions autorisées par le contexte
Avant de commencer : Entier, positif, strictement positif
Pour \(k\in\mathbb{Z}\), résous \(-3k\ge-8\), puis \(2+5k>0\). Attention : \(\mathbb{N}\) contient \(0\), tandis qu’une quantité strictement positive doit être au moins égale à \(1\) lorsqu’elle est entière.
Correction expliquée : Le sens de l’inégalité et l’arrondi entier
Diviser \(-3k\ge-8\) par \(-3<0\) renverse le sens : \(k\le8/3\). Comme \(2<8/3<3\) et \(k\) est entier, cela équivaut à \(k\le2\). Pour \(2+5k>0\), soustraire \(2\) donne \(5k>-2\), puis diviser par \(5>0\) donne \(k>-2/5\). Les entiers qui conviennent sont donc \(k\ge0\). On ne remplace pas une borne réelle par son arrondi habituel : on cherche le premier ou le dernier entier autorisé.
Méthode : Des contraintes sur les coordonnées aux contraintes sur le paramètre
Commence par la famille entière complète. Remplace \(x\) et \(y\) par leurs expressions en \(k\) dans toutes les conditions. Résous chaque inégalité, en renversant son sens si tu divises par un nombre négatif. Garde ensuite les valeurs entières communes aux intervalles obtenus. Calcule les couples correspondants et vérifie l’équation initiale ainsi que les contraintes. Des coefficients positifs et un total positif donnent souvent un nombre fini de possibilités ; des coefficients de signes opposés peuvent laisser une infinité de couples naturels.
Exemple expliqué : Deux formats de boîtes et un total imposé
Un atelier range \(330\) marqueurs dans des boîtes de \(14\) ou de \(22\) marqueurs, entièrement remplies. On note \(x\) le nombre de boîtes de \(14\) et \(y\) le nombre de boîtes de \(22\). On cherche
| \(k\) | \(x\) | \(y\) | Contrôle du total |
|---|---|---|---|
| \(0\) | \(0\) | \(15\) | \(0+330=330\) |
| \(1\) | \(11\) | \(8\) | \(154+176=330\) |
| \(2\) | \(22\) | \(1\) | \(308+22=330\) |
Si l’atelier exige au moins une boîte de chaque format, on ajoute \(x\ge1\) et \(y\ge1\) : le couple \((0,15)\) est exclu, et les deux autres restent.
Lecture du schéma. La droite représente les solutions réelles de l’équation. Les trois points marqués sont les seules solutions à coordonnées entières et non négatives, comme l’a établi le paramètre \(k\). La figure aide à voir le pas \((+11,-7)\) ; elle ne remplace pas la preuve d’exhaustivité.
À toi : Essai guidé : transformer toutes les bornes
Cherche les couples \((x,y)\in\mathbb{N}^2\) vérifiant \(8x+14y=100\). Pars de \((2,6)\), puis traite aussi la condition supplémentaire \(x\le5\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le PGCD vaut \(2\) ; les pas réduits sont \(+7\) et \(-4\).
Correction expliquée : Croiser les deux conditions
Le PGCD vaut \(2\) : \(14=8+6\), \(8=6+2\), \(6=3\times2\). La particulière est vérifiée par \(8\times2+14\times6=16+84=100\). Les solutions entières sont donc \(x=2+7k\), \(y=6-4k\), \(k\in\mathbb{Z}\). La substitution donne
Pour \(x\ge0\), on obtient \(7k\ge-2\), puis \(k\ge-2/7\), soit \(k\ge0\) pour un entier. Pour \(y\ge0\), on obtient \(-4k\ge-6\), puis \(k\le6/4=3/2\), soit \(k\le1\). Ainsi \(k=0\) ou \(1\) : les couples naturels sont \((2,6)\) et \((9,2)\). Leurs totaux sont \(16+84=100\) et \(72+28=100\). La condition supplémentaire \(x\le5\) ne garde que \((2,6)\).
À toi : Une condition supplémentaire change la sélection
Décris les solutions naturelles de \(12x+20y=160\), puis celles dont les deux coordonnées sont strictement positives. Parmi ces couples, lesquels satisfont aussi \(x+y=10\) ? Justifie chaque sélection en écrivant les bornes correspondantes sur le paramètre ; explique en particulier pourquoi un couple disparaît quand on exige des coordonnées strictement positives.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Après réduction, une particulière est \((0,8)\).
Correction expliquée : Équation, positivité, puis contrainte supplémentaire
Le PGCD est \(4\) : \(20=12+8\), \(12=8+4\), \(8=2\times4\). La réduction donne \(3x+5y=40\). Le couple \((0,8)\) convient et les coefficients \(3,5\) sont premiers entre eux. Toutes les solutions sont \(x=5k\), \(y=8-3k\), \(k\in\mathbb{Z}\) ; le contrôle initial donne
Pour \(x,y\ge1\), la première condition impose \(k\ge1\) et la seconde \(8-3k\ge1\), donc \(k\le7/3\), soit \(k\le2\). Il reste \((5,5)\) et \((10,2)\). Enfin, \(x+y=5k+8-3k=8+2k\). Imposer \(8+2k=10\), soustraire \(8\) puis diviser par \(2\ne0\) donne \(k=1\) : seul \((5,5)\) convient.
Ce que ta réponse doit montrer. Explique séparément le domaine de départ, les bornes sur le paramètre et chaque restriction nouvelle ; ne supprime pas le couple à coordonnée nulle avant d’avoir demandé une positivité stricte.
Remarque : Avec des signes opposés, la liste peut être infinie
Pour \(18x-30y=-6\), on a établi \(x=3+5k\), \(y=2+3k\). Les conditions \(x,y\ge0\) donnent
Pour réparer une erreur : Une inégalité renversée dans le mauvais sens
Dans \(15-7k\ge0\), une copie écrit \(-7k\ge-15\), puis \(k\ge15/7\). La première erreur est cette dernière ligne : diviser par \(-7\) renverse le sens.
Rappel plus simple : \(5-2k\ge0\) donne \(-2k\ge-5\), puis \(k\le5/2\) ; pour \(k\in\mathbb{Z}\), cela signifie \(k\le2\). Vérification : \(k=2\) donne \(1\ge0\) ; \(k=3\) donne \(-1\not\ge0\).
Nouvel essai : résous \(9-4k>0\) pour \(k\in\mathbb{Z}\), sans confondre borne stricte et arrondi.
Correction expliquée : Contrôler un entier juste avant et juste après la borne
On soustrait \(9\) : \(-4k>-9\). On divise par \(-4<0\) : \(k<9/4\). Comme \(2<9/4<3\), les entiers autorisés sont \(k\le2\). En effet \(9-4\times2=1>0\), tandis que \(9-4\times3=-3\) ne convient pas. Au problème des boîtes, \(15-7k\ge0\) donne donc \(k\le15/7\), puis \(k\le2\), et non \(k\ge3\).
À toi : Reprise différée : une liste finie avec positivité stricte
Sans relire l’exemple, trouve tous les couples d’entiers strictement positifs tels que \(9x+15y=180\). Justifie qu’aucun couple n’a été oublié.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le couple \((0,12)\) est utile pour résoudre dans \(\mathbb{Z}^2\), même s’il ne respecte pas ensuite la positivité stricte.
Correction expliquée : La particulière n’a pas besoin de satisfaire les contraintes finales
Le PGCD est \(3\) ; \(15=9+6\), \(9=6+3\), \(6=2\times3\). La réduction donne \(3x+5y=60\), dont \((0,12)\) est une solution. Le théorème donne toutes les solutions \(x=5k\), \(y=12-3k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Le contrôle initial est
Pour \(x\ge1\), \(5k\ge1\) impose \(k\ge1\). Pour \(y\ge1\), \(12-3k\ge1\) équivaut à \(-3k\ge-11\), puis à \(k\le11/3\) ; pour un entier, \(k\le3\). Donc \(k=1,2,3\), d’où \((5,9)\), \((10,6)\) et \((15,3)\). Les contrôles sont \(45+135=180\), \(90+90=180\) et \(135+45=180\). Le théorème décrit toutes les solutions entières, puis les inégalités ont gardé exactement tous les paramètres autorisés : c’est la justification d’exhaustivité.
À retenir : Le fil d’une résolution
Pour \(ax+by=c\), commence par le domaine et les éventuels coefficients nuls. Si \((a,b)\ne(0,0)\), calcule \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) : une solution entière existe exactement lorsque \(d\mid c\). Construis et contrôle une particulière. Si \(a,b\ne0\), la famille complète est
9 Inverses et congruences linéaires
Pour avancer. Savoir quand un coefficient peut être inversé, puis décrire toutes les solutions d’une congruence, même lorsqu’il y en a plusieurs modulo le module donné.
Remarque : Le sens d’une congruence
Pour un entier \(n\ge2\), \(s\equiv t\;[n]\) signifie \(n\mid s-t\) : il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(s-t=nq\). Les nombres \(s\) et \(t\) ont le même reste dans la division euclidienne par \(n\). La classe de \(r\) modulo \(n\) désigne ici l’ensemble des entiers \(r+kn\), \(k\in\mathbb{Z}\) ; on peut choisir son unique représentant entre \(0\) et \(n-1\).
On peut additionner les mêmes nombres ou multiplier par un même entier les deux membres d’une congruence : un multiple de \(n\) reste un multiple de \(n\). En revanche, diviser demande une condition ou un changement de module ; c’est l’un des points centraux de cette unité.
Nous utiliserons aussi deux résultats déjà démontrés : Bézout donne \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\Longleftrightarrow au+nv=1\) pour certains \(u,v\in\mathbb{Z}\) ; Gauss donne \(n\mid az\) et \(\operatorname{PGCD}(n,a)=1\Longrightarrow n\mid z\). Le PGCD est positif, et le couple \((a/\operatorname{PGCD}(a,n),n/\operatorname{PGCD}(a,n))\) est coprime.
Inverser une multiplication modulo un entier
Avant de commencer : Un produit égal à 1 à un multiple près
Pourquoi \(3\) permet-il d’inverser la multiplication par \(7\) modulo \(10\) ? Peut-on trouver un entier \(r\) tel que \(6r\equiv1\;[10]\) ?
Correction expliquée : Un succès et une impossibilité
On a \(7\times3=21=2\times10+1\), donc \(7\times3\equiv1\;[10]\). Multiplier ensuite par \(3\) permet ainsi de retrouver la valeur de départ modulo \(10\) après une multiplication par \(7\). Pour \(6r\equiv1\;[10]\), il faudrait \(6r-1=10q\) avec \(q\in\mathbb{Z}\). Le membre de gauche est impair, celui de droite pair : c’est impossible. Le fait que \(6\) soit non nul ne suffit donc pas à autoriser son inversion modulo \(10\).
Définition : Inverse modulo n
Pour \(a\in\mathbb{Z}\) et \(n\ge2\), un inverse de \(a\) modulo \(n\) est un entier \(u\) tel que
Théorème : Existence et unicité modulo n
Un entier \(a\) possède un inverse modulo \(n\ge2\) si et seulement si \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\). Lorsque c’est le cas, tous ses inverses sont congrus entre eux modulo \(n\) : il existe un unique inverse parmi \(0,1,\ldots,n-1\).
Démonstration : Bézout pour exister, Gauss pour être unique
Si \(au\equiv1\;[n]\), il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(au-1=nq\). En ajoutant \(1-nq\) aux deux membres, on obtient \(au-nq=1\), soit \(au+n(-q)=1\). Les coefficients sont entiers ; le critère de Bézout donne \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\).
Réciproquement, si ce PGCD vaut \(1\), Bézout donne \(au+nv=1\). Alors \(au-1=-nv\), multiple de \(n\), donc \(u\) est un inverse.
Si \(u\) et \(v\) sont deux inverses, \(au\equiv av\;[n]\), donc \(n\mid a(u-v)\). Comme \(\operatorname{PGCD}(n,a)=1\), Gauss donne \(n\mid u-v\), c’est-à-dire \(u\equiv v\;[n]\). Enfin, si \(u\) est un inverse, tout \(u+kn\) l’est aussi :
Exemple expliqué : Construire un inverse sans deviner
Cherchons un inverse de \(17\) modulo \(43\). Euclide donne
Méthode : Trouver et contrôler un inverse
Calcule \(\operatorname{PGCD}(a,n)\). S’il n’est pas égal à \(1\), arrête : aucun inverse n’existe. Sinon, remonte Euclide pour écrire \(au+nv=1\). Lis le coefficient de \(a\), réduis-le si tu veux entre \(0\) et \(n-1\), puis vérifie que le produit avec \(a\) a pour reste \(1\). Une petite table de produits ou un produit évident peut remplacer la remontée lorsque le module est petit ; la condition et le contrôle restent indispensables.
Représentation intuitive : Une table de restes que l’on peut ou non remonter
Voici deux tables, modulo \(8\) :
| \(x\) | \(0\) | \(1\) | \(2\) | \(3\) | \(4\) | \(5\) | \(6\) | \(7\) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| reste de \(3x\) | \(0\) | \(3\) | \(6\) | \(1\) | \(4\) | \(7\) | \(2\) | \(5\) |
| reste de \(2x\) | \(0\) | \(2\) | \(4\) | \(6\) | \(0\) | \(2\) | \(4\) | \(6\) |
Dans la ligne de \(3x\), chaque reste apparaît une seule fois ; le reste \(1\) est atteint pour \(x=3\), donc \(3\) est son propre inverse modulo \(8\). Dans la ligne de \(2x\), des entrées différentes ont la même image, et \(1\) n’apparaît jamais : \(2\) n’a pas d’inverse modulo \(8\). Le module \(8\) n’est pas premier, mais certains entiers y sont inversibles : c’est la coprimalité avec le module qui compte. Cette représentation donne du sens à « annuler une multiplication » ; pour un grand module, le théorème et Bézout remplacent la table.
À toi : Essai guidé : lis le bon coefficient
Trouve un inverse de \(13\) modulo \(29\). Commence par \(29=2\times13+3\), puis remonte jusqu’à une identité égale à \(1\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. La division suivante est \(13=4\times3+1\).
Correction expliquée : La remontée fournit directement l’inverse
Euclide se termine par \(3=3\times1+0\), donc le PGCD vaut \(1\). Puis
À toi : Tentative avec un entier négatif
Trouve un inverse de \(-9\) modulo \(26\), avec un représentant entre \(0\) et \(25\). Décide aussi si \(8\) a un inverse modulo \(20\). Justifie le coefficient choisi dans l’identité, le changement de représentant et l’impossibilité éventuelle ; une valeur annoncée seule ne suffit pas.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Une identité \(3\times9-26=1\) est utile, mais le coefficient de \(-9\) n’est pas \(3\).
Correction expliquée : Conserver le signe puis choisir un représentant
On vérifie \(3\times9-26=27-26=1\). Comme \(9=-(-9)\), cette identité s’écrit \((-3)(-9)-26=1\). Un inverse de \(-9\) est donc \(-3\) ; en ajoutant \(26\), on choisit \(23\). Le contrôle donne
Ce que ta réponse doit montrer. Explique pourquoi l’identité utilise des coefficients entiers, quel coefficient est l’inverse et pourquoi ajouter le module ne change pas son rôle.
Pour réparer une erreur : Choisir le mauvais coefficient de Bézout
À partir de \(1=2\times43-5\times17\), une copie annonce que \(2\) est un inverse de \(17\) modulo \(43\). La première erreur est de lire le coefficient de \(43\), pas celui de \(17\). Le contrôle dénonce l’erreur : \(17\times2=34\) n’a pas pour reste \(1\) modulo \(43\).
Rappel plus simple : \(5\times5-3\times8=1\) donne un inverse de \(5\) modulo \(8\) égal à \(5\), car c’est le coefficient qui multiplie \(5\).
Nouvel essai : à partir de \(1=5\times17-6\times14\), donne un inverse de \(14\) modulo \(17\) entre \(0\) et \(16\), puis contrôle-le.
Correction expliquée : Le nombre multiplié désigne le coefficient à lire
On écrit l’identité sous la forme \(14(-6)+17\times5=1\). Le coefficient de \(14\) est \(-6\) ; son représentant entre \(0\) et \(16\) est \(-6+17=11\). Contrôle : \(14\times11=154=9\times17+1\). Au problème initial, le coefficient de \(17\) est donc \(-5\), et l’inverse positif est \(38\) modulo \(43\).
À toi : Reprise différée : reconstruis sans la table
Détermine un inverse de \(19\) modulo \(50\). Donne un représentant entre \(0\) et \(49\) et vérifie-le.
Indice, à lire seulement si nécessaire. La suite des restes d’Euclide est \(12,7,5,2,1,0\).
Correction expliquée : Une remontée plus longue, avec les mêmes règles
Les divisions sont
Diviser une congruence : les deux règles à distinguer
Avant de commencer : Une simplification qui perdrait des solutions
On a \(2\times1\equiv2\times4\;[6]\), puisque \(8-2=6\). Peut-on en déduire \(1\equiv4\;[6]\) ? Que devient la conclusion modulo \(3\) ?
Correction expliquée : Le module compte autant que les nombres
Non : \(4-1=3\) n’est pas divisible par \(6\), donc \(1\not\equiv4\;[6]\). En revanche, \(3\mid4-1\), donc \(1\equiv4\;[3]\). La division des deux membres par \(2\) est ici accompagnée d’une division du module par \(2\). Le coefficient \(2\) est non nul, mais il n’est pas premier avec \(6\) : on ne pouvait pas le simplifier en gardant ce module.
Propriété : Simplifier sans changer le module
Si \(\operatorname{PGCD}(k,n)=1\), alors, pour tous \(u,v\in\mathbb{Z}\),
Démonstration : La condition de Gauss est la condition de simplification
La première congruence signifie \(n\mid k(u-v)\). Avec \(\operatorname{PGCD}(n,k)=1\), Gauss donne \(n\mid u-v\), donc \(u\equiv v\;[n]\). Réciproquement, si \(u-v=nq\) avec \(q\) entier, \(ku-kv=knq\) est multiple de \(n\) ; on retrouve la première congruence.
Propriété : Diviser aussi le module
Si \(d\) est un entier strictement positif qui divise \(s\), \(t\) et \(n\), alors
Démonstration : Revenir à une égalité
Dire \(s\equiv t\;[n]\) revient à écrire \(s-t=nq\) pour un entier \(q\). La division des deux membres par \(d\ne0\) donne \(s/d-t/d=(n/d)q\). Inversement, multiplier cette dernière égalité par \(d\) redonne \(s-t=nq\). Les deux écritures sont donc équivalentes.
Corollaire : La règle générale de simplification
Pour \(n\ge2\) et \(k\ne0\), pose \(d=\operatorname{PGCD}(k,n)\). Alors
Démonstration : Réduire puis simplifier un facteur devenu coprime
Écris \(k=dK\) et \(n=dN\). Diviser par \(d\) donne
Exemple expliqué : Même geste apparent, modules différents
Pour \(5x\equiv10\;[12]\), on écrit \(5x\equiv5\times2\;[12]\). Puisque \(\operatorname{PGCD}(5,12)=1\), on simplifie \(5\) sans changer le module : \(x\equiv2\;[12]\).
Pour \(6x\equiv12\;[18]\), on écrit \(6x\equiv6\times2\;[18]\). Cette fois \(\operatorname{PGCD}(6,18)=6\), donc
À toi : Essai guidé : justifie le nouveau module
Simplifie \(8x\equiv24\;[20]\) de deux façons : avec le corollaire général, puis en divisant d’abord par \(4\). Explique pourquoi le résultat n’est pas \(x\equiv3\;[20]\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Écris \(24=8\times3\) ; dans la seconde voie, le module devient \(5\).
Correction expliquée : Deux voies qui conservent le même ensemble
Comme \(\operatorname{PGCD}(8,20)=4\), le corollaire donne directement
À toi : Variations de condition, pas seulement de nombres
Pour des entiers \(u,v\) :
justifie si \(5u\equiv5v\;[12]\) équivaut à \(u\equiv v\;[12]\) ;
donne la conclusion correcte à partir de \(6u\equiv6v\;[15]\) ;
réfute la conclusion trop forte \(u\equiv v\;[15]\) dans le deuxième cas.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Pour réfuter une implication, une paire particulière \((u,v)\) suffit.
Correction expliquée : Le PGCD décide de ce que l’on peut conclure
Dans le premier cas, \(\operatorname{PGCD}(5,12)=1\) : Gauss autorise la simplification avec module \(12\), dans les deux sens. Dans le deuxième, \(\operatorname{PGCD}(6,15)=3\) : la conclusion équivalente est \(u\equiv v\;[5]\). Prends \(u=0\), \(v=5\). Alors \(6v-6u=30\) est divisible par \(15\), donc l’hypothèse est vraie. Mais \(v-u=5\) n’est pas divisible par \(15\), donc la conclusion trop forte est fausse.
Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit nommer la condition de coprimalité, annoncer le module conservé ou réduit, et distinguer une équivalence valide d’une implication réfutée.
Pour réparer une erreur : « Le coefficient n’est pas nul » ne suffit pas
Une copie passe de \(2x\equiv2\;[6]\) à \(x\equiv1\;[6]\), parce que \(2\ne0\). La première erreur est d’utiliser une règle des égalités sans contrôler la congruence. En réalité, \(2(x-1)=6q\) équivaut, après division par \(2\), à \(x-1=3q\). Ainsi \(x\equiv1\;[3]\) : modulo \(6\), les deux représentants \(1\) et \(4\) conviennent.
Nouvel essai : simplifie \(9x\equiv18\;[12]\) et indique les représentants modulo \(12\).
Correction expliquée : Le facteur et le module ont un PGCD
On a \(18=9\times2\) et \(\operatorname{PGCD}(9,12)=3\). Le corollaire donne \(x\equiv2\;[12/3]\), soit \(x\equiv2\;[4]\). Les représentants modulo \(12\) sont \(2,6,10\) ; leurs différences avec \(2\) sont des multiples de \(4\). Le contrôle de toute la famille est
À toi : À reprendre plus tard
Simplifie \(10x\equiv30\;[24]\). Donne les représentants modulo \(24\) et une explication permettant de retrouver le module réduit.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Écris \(30=10\times3\), puis calcule \(\operatorname{PGCD}(10,24)\).
Correction expliquée : Ne pas confondre coefficient et PGCD
Euclide donne \(24=2\times10+4\), \(10=2\times4+2\), \(4=2\times2\), donc le PGCD vaut \(2\). La congruence équivaut à \(x\equiv3\;[24/2]\), soit \(x\equiv3\;[12]\). Les représentants modulo \(24\) sont \(3\) et \(15\). Pour toute la famille \(x=3+12k\),
Résoudre une congruence linéaire complète
Avant de commencer : Une congruence peut n’avoir aucune solution
Compare \(18x\equiv30\;[42]\) et \(18x\equiv31\;[42]\). Sans chercher \(x\), montre que la seconde est impossible.
Correction expliquée : Le second membre doit respecter un diviseur commun
Si \(18x\equiv31\;[42]\), il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(18x-31=42q\). Donc \(31=18x-42q=6(3x-7q)\) devrait être divisible par \(6\), ce qui est faux : \(31=5\times6+1\). Le second membre \(30\), lui, est divisible par \(6\) ; le théorème suivant garantit alors l’existence de solutions.
Théorème : Existence, réduction et nombre de classes
Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\), \(n\ge2\), et \(d=\operatorname{PGCD}(a,n)\). La congruence \(ax\equiv b\;[n]\) admet une solution entière si et seulement si \(d\mid b\).
Supposons cette condition remplie, et posons
Démonstration : Pourquoi le PGCD mesure aussi la multiplicité
Si \(ax\equiv b\;[n]\), il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(ax-b=nq\), donc \(b=ax-nq\). Le nombre \(d\) divise \(a\) et \(n\) ; il divise donc cette combinaison et ainsi \(b\).
Réciproquement, Bézout donne \(a\alpha+n\beta=d\). Si \(b=dh\), avec \(h\in\mathbb{Z}\), multiplier l’identité par \(h\) donne \(a(h\alpha)+n(h\beta)=b\). Le choix \(x=h\alpha\) vérifie donc la congruence. Cela prouve le critère d’existence.
Pour décrire les solutions, on divise l’égalité \(ax-b=nq\) par \(d>0\) :
Pour classer ces entiers modulo \(n=dN\), divisons \(k\) par \(d\) : \(k=dh+j\), avec \(h\in\mathbb{Z}\) et \(0\le j<d\). Alors
Enfin, si \(N=1\), alors \(d=n\) ; \(n\) divise \(a\) et \(b\). Ainsi \(ax-b\) est multiple de \(n\) pour tout entier \(x\).
Méthode : L’ordre des décisions
Calcule \(d=\operatorname{PGCD}(a,n)\).
Si \(d\nmid b\), conclus : aucune solution entière.
Sinon, divise \(a,b\) et le module \(n\) par \(d\).
Si le module réduit vaut \(1\), tous les entiers conviennent. Sinon, inverse le coefficient réduit avec Bézout.
Donne la famille entière, puis, si demandé, ses \(d\) classes modulo le module initial.
Vérifie par substitution dans la congruence initiale.
Ne cherche pas un inverse de \(a\) modulo \(n\) lorsque leur PGCD dépasse \(1\) : c’est le coefficient réduit qui deviendra inversible.
Exemple expliqué : Réduire le coefficient et le module ensemble
Résolvons \(18x\equiv30\;[42]\). Comme \(\operatorname{PGCD}(18,42)=6\) et \(6\) divise \(30\), la recherche peut aboutir. La congruence signifie qu’il existe \(q\in\mathbb{Z}\) tel que \(18x-30=42q\). On divise les deux membres de cette égalité par \(6\ne0\) :
Comme \(3\times5=15=2\times7+1\), \(5\) est un inverse de \(3\) modulo \(7\). Multiplions les deux membres de la congruence réduite par \(5\) :
Exemple expliqué : Le cas coprime ne donne qu’une classe
Résolvons \(17x\equiv9\;[43]\). Nous disposons de \(17\times38=15\times43+1\), donc \(38\) est un inverse de \(17\) modulo \(43\). En multipliant les deux membres par \(38\),
À toi : Essai guidé : revenir au module de départ
Résous \(20x\equiv14\;[42]\) et donne tous les représentants entre \(0\) et \(41\). Que se passerait-il avec le second membre \(15\) ?
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le PGCD vaut \(2\) ; \(10\times19=190=9\times21+1\).
Correction expliquée : Une classe modulo 21, deux modulo 42
Euclide : \(42=2\times20+2\), \(20=10\times2\) ; le PGCD est \(2\). Comme \(2\mid14\), la congruence équivaut à \(10x\equiv7\;[21]\). Le produit fourni montre que \(19\) est un inverse de \(10\) modulo \(21\). On multiplie donc les deux membres par \(19\) :
À toi : Tentative avec un coefficient négatif
Résous \(-12x\equiv18\;[30]\). Donne une description par un paramètre, puis tous les représentants entre \(0\) et \(29\). Justifie le changement de module et explique pourquoi ta liste contient exactement six représentants ; distingue cette liste de l’ensemble infini des solutions entières.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Réduis par \(6\) ; un inverse de \(-2\) modulo \(5\) est \(2\).
Correction expliquée : L’inverse peut être positif malgré le coefficient négatif
Le PGCD de \(-12\) et \(30\) est \(6\), car \(30=2\times12+6\) et \(12=2\times6\). Il divise \(18\), et la réduction donne \(-2x\equiv3\;[5]\). Puisque \((-2)\times2=-4=-5+1\), \(2\) est bien un inverse de \(-2\) modulo \(5\). Multiplier par \(2\) donne
Ce que ta réponse doit montrer. Il faut justifier le PGCD, la réduction du module, le produit qui fournit l’inverse, la famille complète et le nombre de représentants, pas seulement afficher une liste.
Méthode : Autre voie : transformer la congruence en équation
La congruence \(ax\equiv b\;[n]\) équivaut à l’existence de \(y\in\mathbb{Z}\) tel que \(ax-ny=b\). On peut donc résoudre cette équation diophantienne : les premières coordonnées des couples solutions donnent exactement les valeurs de \(x\) cherchées.
Rappel utile : si \(AX+BY=C\), avec \(A,B\ne0\), possède une solution \((X_0,Y_0)\) et si \(d=\operatorname{PGCD}(A,B)\), toutes les solutions sont \(X=X_0+(B/d)t\), \(Y=Y_0-(A/d)t\), \(t\in\mathbb{Z}\). Ce résultat se prouve en soustrayant une particulière, puis en appliquant Gauss aux coefficients réduits, et en vérifiant la réciproque.
À toi : Changer de représentation
Résous \(14x\equiv8\;[30]\) en utilisant l’équation \(14x-30y=8\). Compare ensuite avec une réduction de la congruence.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le couple \((7,3)\) vérifie l’équation.
Correction expliquée : Les deux voies décrivent les mêmes entiers
Le PGCD de \(14\) et \(30\) est \(2\) : \(30=2\times14+2\), \(14=7\times2\). Le couple \((7,3)\) convient car \(14\times7-30\times3=98-90=8\). Soustraire son égalité et diviser par \(2\) donne
Par la voie de la congruence, on réduit d’abord en \(7x\equiv4\;[15]\). Comme \(7\times13=91=6\times15+1\), un inverse de \(7\) est \(13\). On obtient \(x\equiv52\equiv7\;[15]\), puisque \(52=3\times15+7\). Les descriptions coïncident ; le quotient entier \(y\) a simplement été rendu explicite dans la première méthode.
Pour réparer une erreur : Chercher des solutions alors que le PGCD les interdit
Une copie tente de résoudre \(18x\equiv31\;[42]\) en cherchant un inverse de \(18\). La première erreur est de sauter le calcul du PGCD et la condition sur le second membre.
Exemple plus simple : \(4x\equiv3\;[6]\) demanderait \(4x-3=6q\). Donc \(3=4x-6q=2(2x-3q)\) serait pair : impossible.
Nouvel essai : décide si \(12x\equiv8\;[18]\) possède une solution entière.
Correction expliquée : L’obstruction doit être levée avant toute inversion
Le PGCD de \(12\) et \(18\) vaut \(6\) : \(18=12+6\), \(12=2\times6\). Mais \(6\) ne divise pas \(8\) ; aucune solution n’existe. En effet, une solution donnerait \(8=12x-18q=6(2x-3q)\), contradiction. Au problème initial, \(\operatorname{PGCD}(18,42)=6\) ne divise pas \(31\), donc il n’y a pas de solution non plus. Il ne suffit pas qu’une congruence contienne une inconnue pour qu’elle soit soluble.
Propriété : Coefficient nul ou module réduit égal à 1
Si \(n\mid a\), alors \(ax\equiv b\;[n]\) est vraie pour tous les entiers \(x\) lorsque \(n\mid b\), et pour aucun sinon. Cela inclut \(a=0\). Si le module initial est \(1\), toute congruence entre entiers est vraie ; on ne parle pas ici d’inverse modulo \(1\).
Démonstration : Lire directement la divisibilité
Si \(a=nq\), alors \(ax-b=nqx-b\). Ce nombre est multiple de \(n\) exactement lorsque \(b\) est multiple de \(n\), indépendamment de \(x\). Pour le module \(1\), la différence de deux entiers est toujours divisible par \(1\).
À toi : Cas limites à reconnaître
Sans chercher d’inverse, résous :
Correction expliquée : Aucun entier ou tous les entiers
La première demanderait \(11\mid-7\), ce qui est faux : aucune solution. La deuxième demande \(11\mid0\), vrai pour tout entier \(x\) : tous les entiers conviennent. Dans la troisième, \(24x-36=12(2x-3)\) est toujours multiple de \(12\) : tous les entiers conviennent. Dans la quatrième, \(24x\) est multiple de \(12\), alors que \(5\) ne l’est pas : aucune solution. Ces cas correspondent au module réduit \(N=1\) lorsque le critère d’existence est satisfait ; il n’y a pas d’inverse à chercher.
À toi : Reprise différée : retrouver toutes les classes
Résous \(27x\equiv18\;[45]\), puis décide ce qui changerait avec second membre \(19\). Donne la famille entière et les représentants entre \(0\) et \(44\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le PGCD vaut \(9\) ; la congruence réduite porte sur le module \(5\).
Correction expliquée : Une famille courte, neuf représentants
Euclide : \(45=27+18\), \(27=18+9\), \(18=2\times9\), donc le PGCD vaut \(9\). Il divise \(18\) : on réduit en \(3x\equiv2\;[5]\). Comme \(3\times2=6=5+1\), l’inverse de \(3\) modulo \(5\) est \(2\). Ainsi \(x\equiv4\;[5]\), et toutes les solutions sont \(x=4+5k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Les neuf représentants modulo \(45\) sont
À retenir : Le PGCD commande l’existence et le bon module
Un inverse de \(a\) modulo \(n\ge2\) est un entier \(u\) tel que \(au\equiv1\;[n]\). Il existe exactement lorsque \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\), et il est unique modulo \(n\), pas comme entier.
Pour \(ax\equiv b\;[n]\), calcule \(d=\operatorname{PGCD}(a,n)\). Si \(d\nmid b\), il n’y a aucune solution. Sinon, réduis les deux membres et le module par \(d\). Pour un module réduit \(N=n/d\ge2\), inverse le coefficient réduit : tu obtiens une classe modulo \(N\), donc exactement \(d\) classes modulo \(n\). Si \(N=1\), tous les entiers conviennent.
On peut simplifier un facteur sans changer le module lorsqu’il est premier avec ce module. Une simple non-nullité ne suffit pas. Vérifie toujours la solution ou la famille dans la congruence initiale.
10 Programmer Euclide et calculer des coefficients de Bézout
Pour avancer. Lire les états d’un programme, conserver ce qui doit rester vrai et justifier pourquoi le calcul s’arrête.
Un ordinateur exécute les instructions dans l’ordre. Une formule correcte peut donc donner un programme faux si une variable est remplacée trop tôt. Nous allons distinguer trois questions : que représente l’état actuel ? pourquoi le suivant est-il correct ? pourquoi finit-on par s’arrêter ?
Les rappels utiles et un premier repérage
Remarque : Les objets manipulés dans cette unité
Les entrées \(a,b\) sont des entiers relatifs, non tous les deux nuls. Leur PGCD est le plus grand entier positif qui les divise tous les deux. Il ne dépend pas de leurs signes : \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(|a|,|b|)\). Pour \(a\ne0\), \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\) ; nous ne définissons pas \(\operatorname{PGCD}(0,0)\).
Pour des entiers \(A\geq0\) et \(B>0\), la division euclidienne écrit
\(A=qB+R\) avec \(q\in\mathbb{N}\) et \(0\leq R<B\). En Python,
A // B donne \(q\) et
A % B donne \(R\). Les
caractères // ne désignent pas une division décimale. Par
exemple, \(29=4\times6+5\) donne
29 // 6 = 4 et 29 % 6 = 5.
Une identité de Bézout est une égalité \(au+bv=d\), où \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) et \(u,v\) sont des entiers, éventuellement négatifs. On cherche ici à calculer ces coefficients en même temps que le PGCD.
Avant de commencer : Lire une affectation
Avant de lire la réponse, prends \(A=29\), \(B=6\). Calcule le reste, puis lis
successivement R = A % B, A = B,
B = R. Quelles valeurs contiennent les trois variables à la
fin ?
Réponse. \(29-4\times6=5\), donc \(R=5\) ; \(A\) reçoit ensuite l’ancienne valeur de
\(B\), soit \(6\) ; enfin \(B\) reçoit \(5\). L’état final est \(A=6\), \(B=5\), \(R=5\). En informatique, le signe
= signifie ici « reçoit la valeur calculée à droite », non
une égalité mathématique qui doit rester vraie après les lignes
suivantes. Si tu as gardé \(A=29\),
reprends cette distinction avant le programme.
Euclide : remplacer une paire par une plus petite
Propriété : La règle qui autorise la boucle
Si \(A=qB+R\) avec \(B>0\) et \(0\leq R<B\), alors \(\operatorname{PGCD}(A,B)=\operatorname{PGCD}(B,R)\).
Démonstration : Pourquoi les diviseurs communs sont conservés
Si un entier positif \(e\) divise \(A\) et \(B\), il divise \(A-qB=R\) : il divise donc \(B\) et \(R\). Réciproquement, s’il divise \(B\) et \(R\), il divise \(qB+R=A\). Les deux paires ont exactement les mêmes diviseurs positifs communs, donc le même plus grand. Cette preuve rappelle la règle établie avec Euclide ; elle justifie chacune des étapes du programme, pas seulement un exemple.
Exemple expliqué : Une étape, calculée avant toute mise à jour
Les variables contiennent \(A=323\) et \(B=187\). Le quotient entier est \(q=1\), car \(187\times1\leq323<187\times2\). Le reste vaut
A = B,
enfin B = R. Si l’on commence par A = B, le
calcul A % B porte ensuite sur \(187\) et \(187\) : il donne \(0\), et non \(136\). Ce n’est pas une erreur de division
; on a perdu la donnée \(323\) avant de
l’utiliser.
Algorithme : Calculer le PGCD, avec une variable temporaire
Entrées : deux entiers \(a,b\) non tous les deux nuls. Sortie : leur PGCD positif. On travaille sur les valeurs absolues pour que toutes les divisions de la boucle aient un dividende positif ou nul et un diviseur strictement positif.
def pgcd_euclide(a, b):
if a == 0 and b == 0:
raise ValueError("Deux entiers non tous nuls attendus")
A = abs(a)
B = abs(b)
while B != 0:
R = A % B
A = B
B = R
return A La condition
while B != 0 est vérifiée avant d’entrer dans la
boucle. Le reste A % B n’est donc jamais calculé avec \(B=0\). Les lettres minuscules \(a,b\) gardent les données de départ ; les
majuscules \(A,B\) changent à chaque
tour.
Exemple expliqué : Suivre tout le calcul pour \(323\) et \(187\)
Chaque ligne est l’état avant la division indiquée. La dernière ligne est l’état d’arrêt : on n’y effectue plus de division.
| Étape | \(A\) | \(B\) | \(R\) | Égalité utilisée |
|---|---|---|---|---|
| 0 | 323 | 187 | 136 | \(323=1\times187+136\) |
| 1 | 187 | 136 | 51 | \(187=1\times136+51\) |
| 2 | 136 | 51 | 34 | \(136=2\times51+34\) |
| 3 | 51 | 34 | 17 | \(51=1\times34+17\) |
| 4 | 34 | 17 | 0 | \(34=2\times17+0\) |
| 5 | 17 | 0 | — | Arrêt : le programme renvoie \(17\) |
Le reste nul fait arrêter le calcul, mais ce n’est pas le PGCD. À cet instant, le dernier reste non nul a été placé dans \(A\). Le contrôle donne \(323=17\times19\) et \(187=17\times11\). Cela confirme que \(17\) est un diviseur commun ; c’est la conservation démontrée des diviseurs communs qui garantit qu’il est le plus grand.
Proposition : Le programme s’arrête et donne le bon résultat
Pour toutes les entrées entières
autorisées, pgcd_euclide(a,b) termine et renvoie \(\operatorname{PGCD}(a,b)\).
Démonstration : Un invariant et une quantité qui diminue
Un invariant est une propriété vraie au départ et conservée à chaque tour. Ici, c’est
Pour l’arrêt, on suit \(B\). Tant qu’il n’est pas nul, le nouveau \(B\) est le reste \(R\), donc \(0\leq R<B\). Une suite d’entiers naturels ne peut pas décroître strictement indéfiniment : partant de la valeur initiale \(B_0\), elle baisse d’au moins \(1\) à chaque tour, donc au plus \(B_0\) tours sont possibles. À l’arrêt, \(B=0\) et \(A>0\). L’invariant donne alors
Méthode : Lire ou compléter un programme d’Euclide
Si une tâche demande un calcul répétitif de PGCD ou un tableau d’états, commence par nommer les deux valeurs actuelles. Écris \(A=qB+R\) et vérifie \(0\leq R<B\). Calcule le reste avec les anciennes valeurs ; déplace ensuite l’ancien \(B\) dans \(A\) et le reste dans \(B\). Arrête quand \(B=0\), puis lis \(A\). Pour justifier le programme, donne séparément la conservation du PGCD et la diminution du reste. Quelques essais numériques ne remplacent pas ces deux arguments.
Question d’élève : Et si la première division est déjà exacte ?
Avec \(A=42\), \(B=14\), le premier reste calculé est \(0\), car \(42=3\times14\). Il n’y a donc aucun reste calculé non nul. Le programme passe à \((14,0)\) et renvoie \(14\), le diviseur de la dernière division. L’expression courante « dernier reste non nul » inclut alors le diviseur initial dans la chaîne d’Euclide. Si \(B=0\) dès le départ, on ne fait aucune division et on renvoie directement \(|a|\).
À toi : Essai guidé : quatre divisions
Calcule le PGCD de \(221\) et \(143\) en remplissant les nouvelles paires : \((221,143)\), puis \((143,\ldots)\), \((78,\ldots)\), \((65,\ldots)\) et l’état final. Indique la valeur renvoyée et pourquoi elle n’est pas \(0\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Commence par \(221-143\), puis calcule le reste de \(143\) dans la division par \(78\).
Correction expliquée : Essai guidé
Les divisions sont
À toi : À tenter avant de consulter
Écris les états de
pgcd_euclide(299,115). Puis explique, avec les noms des
variables, pourquoi il ne faut pas renvoyer \(B\) à la fin.
Indice, à lire seulement si nécessaire. La première division utilise le quotient \(2\) ; son reste est \(299-2\times115\).
Correction expliquée : États et justification
\(299-2\times115=299-230=69\) ; puis \(115-69=46\) ; puis \(69-46=23\) ; enfin \(46-2\times23=0\). On obtient
Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit distinguer les deux variables, mentionner la condition d’arrêt et utiliser la propriété du PGCD avec zéro. Dire seulement « le dernier nombre » est ambigu.
À toi : Variation : entrées permutées, signes et zéro
Prévois les résultats pour \((187,323)\), \((-323,187)\), \((0,-35)\) et \((0,0)\). Pour le premier couple, décris la première division ; pour les deux derniers, précise si la boucle est exécutée.
Correction expliquée : Aucune hypothèse \(a>b\) n’est cachée
Pour \((187,323)\), \(187=0\times323+187\) : le premier tour donne \((323,187)\), puis le tableau de référence conduit à \(17\). Pour \((-323,187)\), la valeur absolue donne immédiatement \((323,187)\), donc \(17\).
Pour \((0,-35)\), l’initialisation donne \((0,35)\). Le reste de \(0\) par \(35\) vaut \(0\), d’où \((35,0)\) après un tour et la sortie \(35\). Avec \((0,0)\), l’exception est déclenchée avant l’initialisation de la boucle : aucune valeur n’est renvoyée comme PGCD. Le rejet est conforme à notre convention, et non un manque du programme.
Pour réparer une erreur : Si les anciennes valeurs ont disparu
Erreur proposée : avec \((A,B)=(21,15)\), écrire d’abord
A = B, puis B = A % B. La première ligne
remplace \(21\) par \(15\) ; la seconde calcule \(15\%15=0\). Le programme s’arrête avec
\(15\), alors que \(21=15+6\) et \(15=2\times6+3\) donnent un PGCD de \(3\).
Rappel ciblé. Calcule ce qui dépend des anciennes valeurs avant de les remplacer. Exemple plus simple : \((14,8)\) donne \(R=14-8=6\), puis \((A,B)=(8,6)\).
Nouvel essai. Applique le bon ordre au couple \((18,12)\), jusqu’à l’arrêt. Correction. D’abord \(R=18-12=6\), puis \((12,6)\) ; ensuite \(R=12-2\times6=0\), puis \((6,0)\) ; le PGCD est \(6\). Reviens maintenant à la première étape du tableau \(323,187\) : le calcul \(R=136\) doit précéder tout remplacement de \(A\) ou de \(B\).
Euclide étendu : conserver aussi la provenance des restes
Avant de commencer : Retrouver les deux coefficients
Dans \(R=3a-5b\), quels sont les coefficients de \(a\) et de \(b\) ? Que devient \(A-2B\) si \(A=a-b\) et \(B=-a+2b\) ?
Réponse. Les coefficients de \(R\) sont \(3\) et \(-5\). Pour la seconde question,
Représentation intuitive : Une étiquette attachée à chaque reste
On peut imaginer que chaque valeur transporte une étiquette \((u,v)\) indiquant comment elle a été fabriquée à partir des deux données de départ : \(ua+vb\). Quand on soustrait \(q\) fois une valeur, on soustrait aussi \(q\) fois son étiquette. Cette image aide à suivre la provenance ; les coefficients peuvent être négatifs, donc il ne s’agit pas de quantités d’objets physiques. Les égalités suivantes, et non l’image, justifient le calcul.
Propriété : La mise à jour des coefficients
Si \(A=ua+vb\) et \(B=sa+tb\), alors le reste \(R=A-qB\) s’écrit
Démonstration : Même opération sur les valeurs et leurs coefficients
On remplace les deux valeurs par leurs expressions, puis on distribue le facteur \(-q\) :
Algorithme : Obtenir le PGCD et un couple de Bézout
Les variables \(u,v\) décrivent \(A\), tandis que \(s,t\) décrivent \(B\). Les majuscules \(R,U,V\) reçoivent les nouveaux calculs avant les affectations. La sortie est le triplet \((d,u,v)\) satisfaisant \(au+bv=d\).
def bezout_euclide(a, b):
if a == 0 and b == 0:
raise ValueError("Deux entiers non tous nuls attendus")
A, B = abs(a), abs(b)
u = 1 if a >= 0 else -1
v = 0
s = 0
t = 1 if b >= 0 else -1
while B != 0:
q = A // B
R = A - q * B
U = u - q * s
V = v - q * t
A, B = B, R
u, s = s, U
v, t = t, V
return A, u, v Dans A, B = B, R,
Python évalue les deux expressions à droite avec leurs valeurs
actuelles, puis effectue les deux affectations. Les variables
temporaires rendent en outre tous les calculs du nouveau reste
disponibles avant de déplacer quoi que ce soit. Les trois lignes finales
ne mélangent pas une ancienne et une nouvelle valeur.
Exemple expliqué : Le tableau étendu pour \(323\) et \(187\)
Chaque ligne vérifie simultanément \(A=323u+187v\) et \(B=323s+187t\).
| Étape | \(A\) | \(B\) | \(u\) | \(v\) | \(s\) | \(t\) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 | 323 | 187 | 1 | 0 | 0 | 1 |
| 1 | 187 | 136 | 0 | 1 | 1 | \(-1\) |
| 2 | 136 | 51 | 1 | \(-1\) | \(-1\) | 2 |
| 3 | 51 | 34 | \(-1\) | 2 | 3 | \(-5\) |
| 4 | 34 | 17 | 3 | \(-5\) | \(-4\) | 7 |
| 5 | 17 | 0 | \(-4\) | 7 | 11 | \(-19\) |
Voyons la transition de l’étape \(2\) à l’étape \(3\). Le quotient est \(q=2\) et
À l’arrêt, la sortie est \((17,-4,7)\) et l’identité annoncée est
Proposition : Ce que garantit Euclide étendu
Pour deux entiers \(a,b\) non tous deux nuls,
bezout_euclide(a,b) termine et renvoie \((d,u,v)\) avec \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)>0\) et \(au+bv=d\).
Démonstration : Trois propriétés conservées
À l’initialisation, \(A=|a|=ua+vb\) : si \(a\geq0\), on a \(u=1,v=0\) ; sinon \(u=-1,v=0\). Dans les deux cas l’égalité est vraie. De même, \(B=|b|=sa+tb\), grâce à \(s=0\) et au choix du signe de \(t\).
Supposons les deux identités vraies au début d’un tour. La propriété de mise à jour établit \(R=Ua+Vb\). Le déplacement des coefficients assure ensuite que le nouveau \(A\), qui est l’ancien \(B\), a bien les coefficients de cet ancien \(B\), et que le nouveau \(B=R\) a bien \(U,V\). Les deux identités restent vraies.
Le PGCD de \(A,B\) est lui aussi conservé, puisque les restes suivent exactement Euclide. La même diminution stricte de \(B\) prouve l’arrêt. Alors \(A=d\), \(B=0\) et l’identité conservée \(A=ua+vb\) donne \(d=ua+vb\). Les autres variables ne sont plus utiles à la sortie.
Méthode : Choisir les variables à renvoyer
Si tu veux seulement un PGCD, le premier programme suffit. Si tu veux en plus une identité ou préparer un inverse modulo un entier, conserve les coefficients pendant les divisions. Commence par écrire au-dessus du tableau les deux identités \(A=ua+vb\) et \(B=sa+tb\) : elles indiquent à quoi sert chaque colonne. À l’arrêt, lis les coefficients du \(A\) final, qui est le diviseur de la dernière division lorsqu’une division a eu lieu, et vérifie l’identité avec les entrées signées d’origine. Si la boucle n’a pas été exécutée, l’initialisation fournit déjà l’identité. Un couple différent de celui d’un corrigé peut être correct ; le contrôle porte sur l’égalité, pas sur l’apparence des coefficients.
À toi : Essai guidé : compléter deux étiquettes
Pour \(a=119\), \(b=85\), commence avec \(A=119\), \(B=85\), \((u,v)=(1,0)\) et \((s,t)=(0,1)\). Les divisions sont \(119=85+34\), \(85=2\times34+17\), \(34=2\times17\). Trouve les coefficients de \(34\), puis de \(17\), et vérifie l’identité finale.
Indice, à lire seulement si nécessaire. La première étiquette est \((1-1\times0,0-1\times1)\). La seconde doit utiliser les coefficients de \(85\) et de \(34\).
Correction expliquée : Deux soustractions sur les coefficients
\(34=119-85\) a pour étiquette \((1,-1)\). Comme \(17=85-2\times34\), ses coefficients sont
À toi : À tenter avant de consulter : une entrée négative
Prévois le résultat du programme étendu pour \(a=-161\), \(b=115\). Écris l’initialisation des coefficients, puis une identité de Bézout pour ces deux entrées. Explique pourquoi changer le signe de \(a\) change aussi son coefficient.
Indice, à lire seulement si nécessaire. La boucle commence avec \(A=161\), \(B=115\), mais \(A=-1\times a+0\times b\).
Correction expliquée : Conserver l’identité avec les données d’origine
L’initialisation est \((u,v)=(-1,0)\) et \((s,t)=(0,1)\). Les divisions sont \(161=115+46\), \(115=2\times46+23\), \(46=2\times23\). Le reste \(46=A-B\) a les coefficients \((-1,-1)\) : \((-1)\times(-161)-115=46\). Le reste \(23=115-2\times46\) a les coefficients
Ce que ta réponse doit montrer. Il faut montrer l’initialisation signée, au moins une mise à jour et la substitution finale avec \(-161\) entre parenthèses. L’égalité finale seule ne montre pas que le programme a été compris.
À toi : Variation : quel certificat contrôle réellement le PGCD ?
Un programme renvoie \(d,u,v\) et l’on vérifie seulement \(au+bv=d\). Est-ce suffisant pour conclure \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) ? Examine \(a=6\), \(b=10\), \(u=v=1\), puis indique ce qu’il faut vérifier en plus si l’on ne dispose pas de la preuve du programme.
Correction expliquée : Une identité seule ne suffit pas
Ici \(6\times1+10\times1=16\), mais \(\operatorname{PGCD}(6,10)=2\). L’identité seule n’impose pas que \(d\) divise \(a\) et \(b\). Un certificat complet est : \(d>0\), \(d\mid a\), \(d\mid b\) et \(au+bv=d\). En effet, tout diviseur commun de \(a,b\) divise alors \(d\) ; comme \(d\) est lui-même un diviseur commun positif, c’est le plus grand. Pour nos programmes, la preuve d’invariance établit déjà le PGCD ; ce certificat fournit un contrôle supplémentaire d’une sortie particulière.
Pour réparer une erreur : Si une mise à jour de coefficient utilise la nouvelle valeur
Erreur proposée : écrire
u = s puis s = u - q * s. Avec les valeurs
initiales \(u=1,s=0,q=1\), la première
instruction donne \(u=0\), puis la
seconde donne \(s=0-1\times0=0\).
Pourtant le coefficient correct du premier reste de \(323,187\) est \(1-1\times0=1\). La première ligne fautive
est le remplacement prématuré de \(u\).
Rappel ciblé. Calcule \(U=u-qs\) avant les affectations. Exemple simple avec \(22=2\times8+6\) : \(U=1-2\times0=1\), \(V=0-2\times1=-2\), donc \(6=22-2\times8\). Ensuite seulement, déplace les étiquettes.
Nouvel essai. Quelle étiquette reçoit \(6\) dans \(18=1\times12+6\) ? Correction. Les étiquettes initiales sont \((1,0)\) et \((0,1)\) ; la soustraction donne \((1-1\times0,0-1\times1)=(1,-1)\), et \(18-12=6\). Reviens au cas \(323,187\) : le coefficient temporaire \(U=1\) doit être conservé avant que \(u\) reçoive \(0\).
Tester un programme, sans confondre tests et preuve
Contrôle : Des entrées choisies pour des raisons différentes
Ces tests vérifient des cas ordinaires, des signes, une permutation et zéro. Ils peuvent révéler une erreur de transcription ; leur réussite ne démontre pas le résultat pour tous les entiers, ce qui est le rôle des preuves précédentes.
assert pgcd_euclide(323, 187) == 17
assert pgcd_euclide(187, 323) == 17
assert pgcd_euclide(0, -35) == 35
assert bezout_euclide(323, 187) == (17, -4, 7)
assert bezout_euclide(-323, 187) == (17, 4, 7)
assert bezout_euclide(0, -35) == (35, 0, -1)
for a, b in [(119, 85), (-161, 115), (-35, 0)]:
d, u, v = bezout_euclide(a, b)
assert d > 0
assert a % d == 0 and b % d == 0
assert a * u + b * v == d
try:
bezout_euclide(0, 0)
except ValueError:
pass
else:
raise AssertionError("Le couple (0, 0) doit etre refuse") assert exige qu’une
condition soit vraie ; sinon Python signale une erreur. Dans le dernier
test, l’erreur attendue est au contraire ValueError : le
bloc except vérifie que le cas interdit a bien été
rejeté.
À toi : À reprendre une autre séance, avant de relire
1. Retrouve les états d’Euclide pour \(391\) et \(253\) et donne le PGCD.
2. Pour \(187\) et \(119\), trouve avec les étiquettes un couple de Bézout. Donne une phrase sur la terminaison et une phrase sur la conservation des identités.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Pour 1, le premier reste vaut \(138\). Pour 2, les restes sont \(68,51,17,0\) ; conserve le coefficient de chaque donnée d’origine.
Correction expliquée : Reprise différée
1. \(391=253+138\), \(253=138+115\), \(138=115+23\), \(115=5\times23\). Les états sont \((391,253)\), \((253,138)\), \((138,115)\), \((115,23)\), \((23,0)\) ; le PGCD est \(23\).
2. On suit \(68=187-119\), puis
Ce que ta réponse doit montrer. Écris les états dans le bon ordre, le reste non nul final, des coefficients attachés aux données d’origine et un contrôle numérique. Sépare la preuve d’arrêt de celle de la valeur calculée.
À retenir : L’essentiel
Pour programmer Euclide, on conserve le PGCD et on fait diminuer le second nombre. Pour programmer Bézout, on conserve aussi les deux identités linéaires. Les nouvelles valeurs se calculent avec les anciennes, avant leur remplacement. Un test contrôle un cas ; un invariant et un argument d’arrêt justifient le programme sur tout son domaine.
11 Choisir ses outils et étudier un chiffrement
Pour avancer. Passer d’un problème à des conditions entières, puis contrôler que la réponse résout bien le problème posé.
Cette unité rassemble plusieurs types de tâches. Le point de départ n’est plus une formule annoncée par le titre d’un exercice : il faut identifier les inconnues, leurs domaines et les contraintes.
Propriété : La boîte à outils locale
Pour \((a,b)\ne(0,0)\), le PGCD \(d>0\) est le plus grand diviseur commun. Euclide le calcule par divisions successives ; tout diviseur commun divise \(d\).
Pour \(d>0\), \(\operatorname{PGCD}(a,b)=d\) équivaut à \(a=du,b=dv\), avec \(u,v\in\mathbb{Z}\) premiers entre eux. Cette réduction retire tous les facteurs communs.
Bézout donne des coefficients entiers \(r,s\) tels que \(ar+bs=\operatorname{PGCD}(a,b)\). En particulier, une combinaison entière égale à 1 caractérise la coprimalité.
Gauss : si \(m\mid ax\) et \(\operatorname{PGCD}(m,a)=1\), alors \(m\mid x\).
Pour \(n\ge2\), \(x\equiv y\;[n]\) signifie \(n\mid(x-y)\). Si \(ua\equiv1\;[n]\), on peut multiplier \(ax\equiv b\;[n]\) par \(u\) et obtenir \(x\equiv ub\;[n]\). Un tel inverse \(u\) existe exactement lorsque \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\).
Ces résultats ont été démontrés dans le parcours principal. Leurs conditions sont reprises ici pour que les problèmes restent exploitables séparément.
Avant de commencer : Quelle inconnue ?
Pour chaque demande, précise d’abord ce que désigne l’inconnue :
1. Faire le plus grand nombre de lots identiques à partir de deux effectifs.
2. Trouver deux entiers dont on connaît le produit et le PGCD.
3. Retrouver le rang d’une lettre à partir d’une congruence.
Correction. 1 : le nombre de lots doit diviser chacun des effectifs ; on cherche un diviseur commun maximal. 2 : on cherche un couple, à réduire par le PGCD avant d’utiliser le produit. 3 : le rang est un entier dans \(\{0,\ldots,25\}\) ; on résout une congruence, puis on choisit son représentant dans cet intervalle. Si les réponses se confondaient, commence la méthode suivante en écrivant une phrase par inconnue.
Méthode : Du texte à la vérification finale
Premier geste. Nommer chaque inconnue et son domaine : entier relatif, entier naturel, entier positif, ou entier dans un intervalle.
Traduire chaque information par une égalité, une divisibilité ou une congruence. Choisir l’outil qui agit sur cette forme. Résoudre d’abord les contraintes arithmétiques, puis conserver seulement les valeurs admissibles dans le contexte. Enfin, revenir aux quantités initiales et vérifier toutes les conditions, pas seulement la dernière équation utilisée.
Deux nombres à reconstituer
Exemple expliqué : Un produit et un PGCD
On cherche les entiers positifs \(a<b\) tels que
| \(u\) | 1 | 2 | 3 | 4 | 6 | 8 |
| \(v\) | 72 | 36 | 24 | 18 | 12 | 9 |
| \(\operatorname{PGCD}(u,v)\) | 1 | 2 | 3 | 2 | 6 | 1 |
Les seules paires copremières sont \((1,72)\) et \((8,9)\). On revient aux nombres initiaux en multipliant chaque coordonnée par 12 :
À toi : Essai guidé : ne pas perdre le retour d’échelle
Trouve les entiers positifs \(a<b\) tels que \(\operatorname{PGCD}(a,b)=5\) et \(ab=150\). Pose \(a=5u,b=5v\), complète l’équation en \(u,v\), puis n’oublie pas de donner \(a,b\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Après division par \(5^2=25\), le produit réduit vaut 6.
Correction expliquée : Du couple réduit au couple demandé
On a \((5u)(5v)=150\), donc \(25uv=150\). Diviser les deux membres par 25 donne \(uv=6\). Les paires positives ordonnées sont \((1,6)\) et \((2,3)\), toutes deux copremières. Elles donnent \((a,b)=(5,30)\) et \((10,15)\). Vérification : les deux produits valent 150, et les deux PGCD valent 5. Répondre seulement \((1,6)\) et \((2,3)\) donnerait les variables intermédiaires, pas les inconnues de l’énoncé.
À toi : Tentative : une autre relation entre les inconnues
Trouve tous les couples d’entiers positifs \((a,b)\) tels que \(a<b\), \(a+b=210\) et \(\operatorname{PGCD}(a,b)=30\). Choisis ton point de départ avant de lire l’indice.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Réduis le couple par 30 ; cette fois, on obtient une somme et non un produit.
Ce que ta réponse doit montrer. Le couple réduit doit être copremier ; l’ordre borne la recherche ; la réponse doit être réécrite avec les nombres initiaux.
Correction expliquée : Somme, ordre et coprimalité
Posons \(a=30u,b=30v\), avec \(u,v>0\) entiers copremiers. L’égalité \(30u+30v=210\) devient \(30(u+v)=210\), puis \(u+v=7\) après division des deux membres par 30. Comme \(u<v\), on a \(2u<7\), donc \(u\in\{1,2,3\}\).
Les paires sont \((1,6),(2,5),(3,4)\), chacune copremière. Elles donnent \((30,180),(60,150),(90,120)\). Les sommes valent 210 et l’homogénéité du PGCD donne 30 dans chaque cas. La borne \(u<3{,}5\) justifie que la liste est complète, pas simplement une liste d’exemples.
À toi : Justification et changement de condition
1. Pourquoi faut-il vérifier \(\operatorname{PGCD}(u,v)=1\) dans la méthode précédente ?
2. Peut-il exister \(a,b\in\mathbb{N}^*\) tels que \(\operatorname{PGCD}(a,b)=10\) et \(ab=750\) ?
Ce que ta réponse doit montrer. Utiliser le carré du PGCD dans le produit, et distinguer une condition nécessaire d’une construction de solutions.
Correction expliquée : Une contrainte oubliée change le problème
1. Si \(a=du,b=dv\), alors \(\operatorname{PGCD}(a,b)=d\,\operatorname{PGCD}(u,v)\). Un facteur commun restant dans \(u,v\) rendrait le PGCD initial plus grand que \(d\).
2. La condition imposerait \(a=10u,b=10v\), donc \(ab=100uv\), multiple de 100. Or \(750/100=7{,}5\notin\mathbb{Z}\). Aucun couple ne convient. On n’a pas besoin d’une recherche de facteurs : l’intégralité de \(uv\) suffit à exclure la situation.
Pour réparer une erreur : Si tu oublies de revenir aux inconnues
Erreur. Annoncer \((u,v)=(1,6)\) comme réponse à un problème dont le PGCD demandé est 5. Le couple annoncé a un PGCD égal à 1.
Exemple plus simple. Si \(a=2u,b=2v\) et \((u,v)=(1,3)\), alors \((a,b)=(2,6)\), pas \((1,3)\).
Nouvel essai. Avec \(a=4u,b=4v\) et \((u,v)=(3,5)\), retrouve \(a,b\) et leur PGCD.
Correction. \(a=12,b=20\), et \(\operatorname{PGCD}(12,20)=4\).
Retour. Dans l’essai guidé, multiplie chaque coordonnée réduite par 5, puis contrôle le PGCD demandé.
À toi : À reprendre plus tard : un couple
Détermine les entiers positifs \(a<b\) tels que \(\operatorname{PGCD}(a,b)=7\) et \(ab=980\).
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le produit réduit est \(980/49=20\).
Correction expliquée : Reprise différée sur la réduction
Écrivons \(a=7u,b=7v\), avec \(u<v\) copremiers. Alors \(49uv=980\), donc \(uv=20\). Les paires sont \((1,20),(2,10),(4,5)\) ; celle du milieu a un PGCD égal à 2 et doit être écartée. On obtient \((a,b)=(7,140)\) ou \((28,35)\). Le produit vaut bien 980 et les PGCD valent 7. Si tu avais conservé \((14,70)\), son PGCD 14 révélerait la condition de coprimalité oubliée.
Un diviseur inconnu et des restes imposés
Exemple expliqué : Ne pas oublier que le reste est plus petit
On cherche les entiers \(m>0\) tels que la division de 259 par \(m\) ait pour reste 7 et celle de 391 par \(m\) ait pour reste 13. Une division euclidienne exige une égalité et un encadrement du reste. Les conditions deviennent donc
À toi : Essai guidé puis variation
On divise 171 et 289 par le même entier \(m>0\), avec pour restes respectifs 3 et 9. Écris les deux divisibilités et la borne sur \(m\), puis trouve toutes les valeurs possibles. Explique pourquoi le candidat 7 doit être rejeté, même s’il divise les deux différences.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Calcule \(\operatorname{PGCD}(168,280)\).
Correction expliquée : Divisibilité et borne sont cumulatives
Les conditions sont \(m\mid168\), \(m\mid280\) et \(m>9\). Comme \(280=168+112\), \(168=112+56\) et \(112=2\times56\), le PGCD vaut 56. Ses diviseurs positifs sont \(1,2,4,7,8,14,28,56\). Les valeurs admissibles sont donc \(14,28,56\), et elles conviennent toutes par les mêmes égalités et bornes.
Le nombre 7 divise bien 168 et 280, mais 9 n’est pas un reste possible dans une division par 7. L’égalité \(289=40\times7+9\) est vraie ; la division euclidienne est pourtant \(289=41\times7+2\). Voilà la première condition perdue si l’on retient seulement les diviseurs communs.
À toi : À tenter seul, puis à reprendre plus tard
Détermine tous les diviseurs positifs \(m\) pour lesquels les divisions de 103 et de 157 ont pour restes respectifs 7 et 13. Justifie que chaque candidat final convient.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Les différences avec les restes sont 96 et 144.
Ce que ta réponse doit montrer. Faire apparaître les deux différences, leur PGCD, la condition stricte sur \(m\), puis une réciproque.
Correction expliquée : Un nouvel essai pour réparer l’oubli de la borne
Il faut et il suffit que \(m\) divise 96 et 144 et que \(m>13\). Puisque \(144=96+48\) et \(96=2\times48\), le PGCD vaut 48. Ses diviseurs positifs supérieurs à 13 sont \(16,24,48\). Pour chacun, les écritures \(103=m(96/m)+7\) et \(157=m(144/m)+13\) sont des divisions euclidiennes car les quotients sont entiers et les deux restes sont strictement inférieurs à \(m\).
Si tu avais gardé 12, reviens au cas simple \(31=4\times6+7\) : cette égalité n’est pas la division euclidienne par 6, puisque le reste doit être inférieur à 6 ; on écrit en réalité \(31=5\times6+1\). Reprends ensuite la tâche en rayant tous les candidats inférieurs ou égaux à 13. Le même exercice peut être retenté plus tard, sans relire ces lignes.
Chiffrer et déchiffrer : une application des inverses
Définition : Un chiffrement affine sur 26 lettres
On associe aux lettres A à Z les rangs 0 à 25. Pour deux entiers fixés \(a,b\), on transforme un rang \(x\) en l’unique rang \(y\in\{0,\ldots,25\}\) vérifiant
| Lettre | A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M |
| Rang | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| Lettre | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z |
| Rang | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 |
Théorème : La condition pour décoder sans ambiguïté
Le chiffrement affine permet de retrouver chaque lettre de départ de façon unique si et seulement si \(\operatorname{PGCD}(a,26)=1\). Dans ce cas, si \(u\) est un inverse de \(a\) modulo 26, le décodage est
Démonstration : Existence du décodage, puis nécessité de la condition
Supposons d’abord \(\operatorname{PGCD}(a,26)=1\). Il existe \(u\) tel que \(ua\equiv1\;[26]\). De \(y\equiv ax+b\), on obtient \(y-b\equiv ax\), puis \(u(y-b)\equiv uax\equiv x\). Cette congruence donne un unique représentant dans \(0,\ldots,25\).
Réciproquement, pour un rang chiffré \(y\), prenons le reste \(x\) de \(u(y-b)\). Alors
Supposons maintenant \(d=\operatorname{PGCD}(a,26)>1\). Écrivons \(a=da'\), \(26=dm\), avec \(m=26/d\in\{1,\ldots,13\}\). Les deux rangs distincts 0 et \(m\) donnent des expressions dont la différence est
Méthode : Calculer une clé de décodage
Premier geste. Calculer \(\operatorname{PGCD}(a,26)\). S’il est différent de 1, chercher une collision plutôt qu’inventer une division. Sinon, trouver \(u\) tel que \(au\equiv1\;[26]\), par Bézout ou par une petite table de produits.
Soustraire \(b\), multiplier par \(u\), puis prendre le reste entre 0 et 25. Pour un nombre négatif, ajuster le quotient : le reste doit rester positif ou nul. Contrôler en réappliquant le chiffrement à la lettre retrouvée.
Exemple expliqué : La clé \((7,4)\)
Comme \(7\times15=105=4\times26+1\), l’entier 15 est inverse de 7 modulo 26. On chiffre avec \(y\equiv7x+4\), puis on déchiffre avec
Chiffrons le mot MATH :
| Lettre de départ | M | A | T | H |
| \(x\) | 12 | 0 | 19 | 7 |
| \(7x+4\) | 88 | 4 | 137 | 53 |
| Reste \(y\) | 10 | 4 | 7 | 1 |
| Lettre chiffrée | K | E | H | B |
Par exemple \(137=5\times26+7\) et \(53=2\times26+1\). Le message est donc KEHB.
Déchiffrons chaque rang avec \(15(y-4)\) :
À toi : Essai guidé : une nouvelle clé
On utilise \(y\equiv5x+8\;[26]\). Vérifie que 21 est inverse de 5, écris une formule de décodage, puis chiffre AXE et contrôle en déchiffrant.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Les rangs d’AXE sont 0, 23 et 4. La formule de décodage peut garder les parenthèses.
Correction expliquée : Essai guidé de chiffrement
\(5\times21=105=4\times26+1\), donc \(x\equiv21(y-8)\;[26]\). Les trois valeurs \(5x+8\) sont 8, 123 et 28. Comme \(123=4\times26+19\) et \(28=26+2\), les rangs chiffrés sont 8, 19 et 2 : le message est ITC.
Pour contrôler : \(21(8-8)=0\) donne A ; \(21(19-8)=21\times11=231=8\times26+23\) donne X ; \(21(2-8)=21\times(-6)=-126=(-5)\times26+4\) donne E. La même formule traite donc les valeurs positives et négatives, si le reste est correctement choisi.
À toi : Tentative avant consultation : retrouver le message
Le message YP a été chiffré avec \(y\equiv9x+2\;[26]\). Retrouve le message initial et vérifie ton résultat en le chiffrant à nouveau.
Indice, à lire seulement si nécessaire. \(9\times3=27\). Les rangs de Y et P sont 24 et 15.
Ce que ta réponse doit montrer. Justifier l’inverse, soustraire le décalage avant de multiplier, ramener les résultats à \(0,\ldots,25\), puis contrôler.
Correction expliquée : Une congruence par lettre
\(9\times3=27=26+1\), donc 3 est inverse de 9. Pour Y, \(x\equiv3(24-2)=66\equiv14\;[26]\), car \(66=2\times26+14\) : c’est O. Pour P, \(x\equiv3(15-2)=39\equiv13\;[26]\) : c’est N. Le message initial est ON.
Contrôle : \(9\times14+2=128=4\times26+24\) donne Y ; \(9\times13+2=119=4\times26+15\) donne P. Les deux vérifications utilisent les lettres retrouvées, pas une simple relecture de la formule.
À toi : Justification et variation : une clé qui échoue
On propose \(y\equiv8x+4\;[26]\). Explique pourquoi il n’existe pas de décodage unique. Donne deux lettres différentes donnant la même lettre chiffrée. Peut-on obtenir une lettre de rang impair ?
Ce que ta réponse doit montrer. Relier le PGCD à une collision explicite et justifier la propriété de parité des restes.
Correction expliquée : La collision n’est pas une erreur de calcul
\(\operatorname{PGCD}(8,26)=2\ne1\). Les rangs 0 et 13 donnent respectivement \(8\times0+4=4\) et \(8\times13+4=108=4\times26+4\). A et N sont donc tous deux chiffrés en E : recevoir E ne permet pas de savoir lequel était le message.
Toute valeur \(8x+4\) est paire. En soustrayant un multiple de 26, également pair, son reste reste pair. Les rangs impairs ne sont jamais obtenus. La transformation ne réarrange donc pas les 26 lettres : elle en confond certaines et en omet d’autres.
Pour réparer une erreur : Si tu divises comme dans les réels
Erreur. De \(2x\equiv1\;[5]\), déduire \(x=1/2\). On cherche ici un entier et une congruence, pas une égalité réelle.
Exemple plus simple. \(2\times3=6\equiv1\;[5]\), donc \(x\equiv3\;[5]\). Le rang 3 convient parce que \(2\times3-1=5\).
Nouvel essai. Résous \(3x\equiv4\;[7]\), sachant que \(3\times5=15\equiv1\;[7]\).
Correction. Multiplions par 5 : \(x\equiv5\times4=20\equiv6\;[7]\). Contrôle : \(3\times6-4=14\), divisible par 7.
Retour. Pour la clé \((7,4)\), le multiplicateur de décodage est 15, un inverse modulo 26, pas la fraction réelle \(1/7\).
À toi : À reprendre plus tard : un décodage
Une lettre est chiffrée avec \(y\equiv11x+3\;[26]\). On reçoit P. Retrouve la lettre initiale en utilisant \(11\times19=209\), puis vérifie.
Indice, à lire seulement si nécessaire. \(209=8\times26+1\), et P a le rang 15.
Correction expliquée : Reprise différée sur l’inverse
19 est inverse de 11 modulo 26. Donc \(x\equiv19(15-3)=19\times12=228\;[26]\). Comme \(228=8\times26+20\), le rang est 20 : la lettre est U. Contrôle : \(11\times20+3=223=8\times26+15\), qui redonne P. Les deux gestes à retrouver sont la soustraction de 3 et la multiplication par l’inverse, dans cet ordre.
À retenir : L’essentiel
Le domaine des inconnues fait partie du problème. Après une réduction par le PGCD, revenir aux variables initiales. Pour décoder \(ax+b\) modulo 26, vérifier \(\operatorname{PGCD}(a,26)=1\), soustraire \(b\), multiplier par un inverse de \(a\), puis choisir le bon reste.
12 Deux approfondissements : restes simultanés et racines rationnelles
Pour avancer. Réinvestir Bézout et Gauss dans deux problèmes proposés comme approfondissements non obligatoires.
Complément facultatif : Un parcours à choisir après le noyau
Le lemme chinois et la recherche de racines rationnelles prolongent les outils du chapitre. Ils ne sont pas nécessaires pour apprendre à calculer un PGCD, obtenir une identité de Bézout ou résoudre une équation diophantienne simple.
Deux contraintes de reste à satisfaire en même temps
Remarque : La boîte à outils locale
Pour un entier \(m\geq2\), \(x\equiv r\;[m]\) signifie \(m\mid(x-r)\), ou encore \(x=r+mk\) pour un entier \(k\). Deux entiers sont premiers entre eux lorsque leur PGCD vaut \(1\).
Le théorème de Bézout donne : si \(\operatorname{PGCD}(m,n)=1\), il existe des entiers \(u,v\) tels que \(mu+nv=1\). Le théorème de Gauss donne : si \(m\mid nz\) et \(\operatorname{PGCD}(m,n)=1\), alors \(m\mid z\). Ces résultats sont établis dans le noyau du chapitre ; ils sont rappelés ici avec leurs conditions pour que cette unité puisse être lue seule.
On utilisera également leur conséquence : si \(m\mid D\), \(n\mid D\) et \(\operatorname{PGCD}(m,n)=1\), alors \(mn\mid D\). En effet, \(D=mk\) ; comme \(n\mid mk\) et \(\operatorname{PGCD}(n,m)=1\), Gauss donne \(n\mid k\). On écrit \(k=nt\), puis \(D=mnt\).
Avant de commencer : Lire les deux conditions
Le nombre \(23\) laisse-t-il le reste \(2\) dans la division par \(7\) et le reste \(5\) dans la division par \(9\) ? Donne deux égalités, pas seulement « oui ».
Réponse. \(23=3\times7+2\) avec \(0\leq2<7\) et \(23=2\times9+5\) avec \(0\leq5<9\). Les deux conditions sont vérifiées. Une seule division ne suffirait pas. Si tu as testé \(23-2\) pour les deux modules, reprends le sens de chaque congruence : on soustrait son propre reste.
Le problème n’est plus de vérifier un nombre déjà donné, mais de le construire. Quand les deux modules sont premiers entre eux, Bézout fournit deux poids : l’un est neutre pour le premier reste et nul pour le second ; l’autre fait l’inverse. Les poids peuvent être négatifs : il ne s’agit pas d’une moyenne ni de probabilités.
Lemme : Lemme chinois pour deux modules premiers entre eux
Soient \(m,n\geq2\) deux entiers premiers entre eux et \(r,s\in\mathbb{Z}\). Choisissons \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(mu+nv=1\), puis posons
Démonstration : Construction, puis totalité des solutions
De \(mu+nv=1\), on tire \(nv\equiv1\;[m]\) et \(mu\equiv1\;[n]\). D’autre part, \(mu\) est multiple de \(m\) et \(nv\) multiple de \(n\). Les deux poids agissent donc ainsi :
| Poids | modulo \(m\) | modulo \(n\) |
|---|---|---|
| \(nv\) | \(1\) | \(0\) |
| \(mu\) | \(0\) | \(1\) |
Par conséquent, \(x_0=rnv+smu\) est congru à \(r\times1+s\times0=r\) modulo \(m\), et à \(r\times0+s\times1=s\) modulo \(n\). Il est bien solution.
Si \(x\) est une autre solution, \(x-x_0\) est multiple de \(m\) et de \(n\). Ces modules étant premiers entre eux, leur produit divise \(x-x_0\) : il existe \(k\in\mathbb{Z}\) tel que \(x-x_0=mnk\), donc \(x=x_0+mnk\).
Réciproquement, ajouter \(mnk\) à \(x_0\) ajoute un multiple de chacun des deux modules : les deux congruences restent vraies. Cela prouve que tous les nombres annoncés, et seulement eux, sont solutions.
Enfin, la division euclidienne de \(x_0\) par \(mn\) donne un reste \(R\) entre \(0\) et \(mn-1\) qui est encore solution. Si deux représentants de cet intervalle différaient, leur différence serait un multiple non nul de \(mn\), donc aurait une valeur absolue au moins \(mn\). Or deux nombres de l’intervalle ont une différence de valeur absolue strictement inférieure à \(mn\) : impossible. Le représentant est unique.
Exemple expliqué : Construire puis vérifier un entier
On cherche \(x\equiv2\;[7]\) et \(x\equiv5\;[9]\). L’identité \(4\times7-3\times9=28-27=1\) permet de construire
Méthode : Construire avec Bézout ou substituer
Méthode de référence, avec Bézout. Vérifie d’abord que les modules sont premiers entre eux. Écris une identité \(mu+nv=1\), associe le reste \(r\) au poids \(nv\) et le reste \(s\) au poids \(mu\), calcule \(x_0\), puis réduis-le modulo \(mn\). Contrôle les deux restes. Termine par la famille entière, et par les contraintes du contexte s’il y en a.
Autre voie utile, par substitution. Écris d’abord \(x=r+mk\), puis impose la seconde condition. Sur le même exemple, \(x=2+7k\) donne \(2+7k\equiv5\;[9]\), donc \(7k\equiv3\;[9]\). Comme \(4\times7=28\equiv1\;[9]\), on multiplie par \(4\) et on obtient \(k\equiv12\equiv3\;[9]\). Cette transformation est réversible : multiplier \(k\equiv3\) par \(7\) donne \(7k\equiv21\equiv3\). Ainsi \(k=3+9t\) avec \(t\in\mathbb{Z}\), puis
À toi : Essai guidé : réduire une solution négative
Résous \(x\equiv1\;[5]\) et \(x\equiv6\;[8]\). Utilise \((-3)\times5+2\times8=1\). Construis d’abord \(x_0\), puis donne un représentant entre \(0\) et \(39\) et toutes les solutions entières.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le poids à associer au reste \(1\) est \(2\times8\), pas \((-3)\times5\).
Correction expliquée : Une solution négative se normalise
Les modules \(5,8\) sont premiers entre eux, puisque l’identité donnée vaut \(-15+16=1\). On calcule
À toi : À tenter avant de consulter : deux dispositifs périodiques
Un premier dispositif émet aux instants entiers \(t\geq0\) congrus à \(5\) modulo \(8\) ; un second émet aux instants congrus à \(4\) modulo \(11\). Les temps sont exprimés en minutes. Détermine tous les instants communs, puis le premier. Choisis la construction par Bézout ou la substitution et justifie la totalité des solutions.
Indice, à lire seulement si nécessaire. \(7\times8-5\times11=1\). Vérifie les deux restes de ton représentant final.
Correction expliquée : Une famille entière, puis la contrainte du temps
Les modules sont premiers entre eux grâce à \(56-55=1\). La construction donne
Pour le contexte, \(37+88k\geq0\) équivaut à \(88k\geq-37\), puis à \(k\geq-37/88\) en divisant par \(88>0\). Comme \(-1<-37/88<0\) et \(k\) est entier, cela impose \(k\geq0\). Les instants communs sont donc \(37+88k\) minutes avec \(k\in\mathbb{N}\) ; le premier est \(37\) minutes.
Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit vérifier la coprimalité, construire ou résoudre, vérifier les deux restes, expliquer le pas \(88\) et traiter la condition \(t\geq0\). Une seule valeur correcte ne décrit pas tous les instants.
À toi : Pourquoi les deux modules doivent-ils être premiers entre eux ?
Compare les deux systèmes suivants :
Système A : \(x\equiv1\;[4]\) et \(x\equiv2\;[6]\).
Système B : \(x\equiv1\;[4]\) et \(x\equiv3\;[6]\).
Le premier a-t-il une solution ? Pour le second, vérifie \(9\) et \(21\). Pourquoi la conclusion « une unique solution modulo \(24\) » serait-elle fausse ?
Correction expliquée : L’absence de coprimalité change la situation
Dans A, \(x=1+4k\) est impair, alors que \(x=2+6\ell\) est pair. Aucun entier ne peut satisfaire les deux conditions.
Dans B, \(9=2\times4+1=1\times6+3\), et \(21=5\times4+1=3\times6+3\) : les deux sont solutions. Pourtant \(21-9=12\) n’est pas multiple de \(24\) ; ce sont donc deux représentants distincts modulo \(24\). Comme \(\operatorname{PGCD}(4,6)=2\), le lemme n’est pas applicable. Sans sa condition, il peut y avoir absence de solution ou plusieurs classes modulo le produit.
Ce que ta réponse doit montrer. Il faut exhiber la contradiction de parité pour A et les deux vérifications pour B. « Le lemme ne s’applique pas » ne prouve pas, à lui seul, qu’un système est impossible.
Pour réparer une erreur : Si les deux restes ont été intervertis
Dans l’exemple \([7],[9]\), l’expression erronée \(2\times4\times7+5\times(-3)\times9=-79\) associe chaque reste au mauvais poids. Elle donne \(-79\equiv5\;[7]\) et \(-79\equiv2\;[9]\) : les restes sont échangés.
Rappel ciblé. Le poids du premier reste doit valoir \(1\) dans son module et \(0\) dans l’autre. Exemple plus simple : \(2\times3-1\times5=1\). Pour obtenir \(x\equiv1\;[3]\) et \(x\equiv2\;[5]\), on construit \(1\times(-5)+2\times6=-5+12=7\), et \(7=2\times3+1=1\times5+2\).
Nouvel essai. Avec \((-1)\times3+1\times4=1\), construis \(x\equiv2\;[3]\), \(x\equiv1\;[4]\). Correction. Les poids sont \(4\) et \(-3\), donc \(x_0=2\times4+1\times(-3)=5\) ; \(5=1\times3+2=1\times4+1\). Reviens à l’exemple initial : le poids de \(2\) est \(-27\), celui de \(5\) est \(28\), d’où \(86\), puis \(23\) modulo \(63\).
À toi : À reprendre plus tard : deux restes proches
Avant de relire, détermine tous les entiers \(x\) tels que \(x\equiv4\;[9]\) et \(x\equiv7\;[10]\). Justifie le module final et vérifie un représentant.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Utilise \((-1)\times9+1\times10=1\), ou écris \(x=4+9k\).
Correction expliquée : Reprise différée des restes simultanés
L’identité assure la coprimalité de \(9\) et \(10\). On construit \(x_0=4\times10+7\times(-9)=40-63=-23\). Ajouter \(90\) donne \(67\). Les vérifications sont \(67=7\times9+4\) et \(67=6\times10+7\). Si \(x\) est une autre solution, \(x-67\) est multiple de \(9\) et de \(10\) ; Gauss donne qu’il est multiple de \(90\). Réciproquement, ajouter \(90k\) conserve les deux restes. Les solutions sont donc \(67+90k\), \(k\in\mathbb{Z}\).
Comment limiter la recherche de racines rationnelles ?
Un nombre \(r\) est une racine d’une expression polynomiale \(P(x)\) si \(P(r)=0\). On s’intéresse ici à des expressions de la forme \(a_dx^d+\cdots+a_1x+a_0\), avec des coefficients entiers et \(a_d\ne0\). Le coefficient \(a_d\) est dit dominant, et \(a_0\) est le terme constant. Le but n’est pas de résoudre toutes les équations possibles : on va réduire la recherche des racines rationnelles à une liste finie lorsque \(a_0\ne0\).
Avant de commencer : Une fraction doit d’abord être irréductible
Écris \(-6/9\) sous forme irréductible avec un dénominateur positif. Puis vérifie si \(2/3\) est une racine de \(3x-2\).
Réponse. Diviser numérateur et dénominateur par leur PGCD \(3\) donne \(-6/9=-2/3\) ; \(\operatorname{PGCD}(2,3)=1\) et le dénominateur est positif. Ensuite \(3\times(2/3)-2=6/3-2=2-2=0\). Si la simplification te bloque, le point essentiel est que les deux nombres \(p,q\) de la fraction utilisée dans le théorème doivent être premiers entre eux.
Théorème : Théorème des racines rationnelles
Soit \(P(x)=a_dx^d+\cdots+a_1x+a_0\), où \(d\geq1\), les \(a_i\) sont entiers et \(a_d\ne0\). Si une racine rationnelle non nulle s’écrit \(p/q\) avec \(p\in\mathbb{Z}\), \(q\in\mathbb{N}^*\) et \(\operatorname{PGCD}(p,q)=1\), alors
Démonstration : Deux applications répétées de Gauss
De \(P(p/q)=0\), on obtient, en multipliant chaque terme par \(q^d\ne0\),
Dans la même égalité, tous les termes sauf le premier sont multiples de \(q\). Donc \(q\mid a_dp^d\). Comme \(\operatorname{PGCD}(q,p)=1\), Gauss permet de retirer les \(d\) facteurs \(p\), un par un : \(q\mid a_dp^{d-1}\), puis finalement \(q\mid a_d\).
Enfin, \(P(0)=a_0\) prouve directement l’affirmation sur la racine nulle. L’hypothèse de fraction irréductible a été utilisée exactement dans les applications de Gauss.
Corollaire : Lorsque le coefficient dominant vaut \(1\) ou \(-1\)
Si \(a_d=1\) ou \(a_d=-1\), toute racine rationnelle de \(P\) est entière.
Démonstration : Le dénominateur est imposé
Pour une racine non nulle \(p/q\) irréductible, le théorème impose \(q\mid1\) et \(q>0\), donc \(q=1\). La racine est \(p\), un entier. Si la racine est \(0\), elle est aussi entière.
Méthode : Chercher toutes les racines rationnelles
Vérifie que les coefficients sont entiers, puis relève le coefficient dominant et le terme constant. Si le terme constant est non nul, dresse les diviseurs relatifs \(p\) de \(a_0\) et les diviseurs positifs \(q\) de \(a_d\). Ne garde que les fractions \(p/q\) irréductibles, sans doublons. Ce sont les candidats. Substitue chacun dans \(P\) pour sélectionner ceux qui donnent zéro.
Une factorisation vérifiée peut raccourcir la sélection, mais le fait d’être candidat ne suffit jamais. Si \(a_0=0\), commence plutôt par mettre \(x\) en facteur : la liste des diviseurs de zéro n’est pas finie et ne fournit pas le même raccourci.
Exemple expliqué : Supprimer les dénominateurs sans perdre de facteur
Si \(p/q\), avec \(p\in\mathbb{Z}\) et \(q\in\mathbb{N}^*\), est une racine de \(6x^2-x-2\), alors
Exemple expliqué : Chercher et sélectionner, sans confondre les deux
Cherchons les racines rationnelles de \(P(x)=6x^2-x-2\). Le terme constant \(-2\) n’est pas nul : \(0\) n’est pas racine. Le théorème impose \(p\in\{-2,-1,1,2\}\) et \(q\in\{1,2,3,6\}\), avec \(\operatorname{PGCD}(p,q)=1\). La liste sans doublons est
| \(p/q\) | \(6p^2-pq-2q^2\) | \(p/q\) | \(6p^2-pq-2q^2\) |
|---|---|---|---|
| \(1\) | \(6-1-2=3\) | \(-1\) | \(6+1-2=5\) |
| \(2\) | \(24-2-2=20\) | \(-2\) | \(24+2-2=24\) |
| \(1/2\) | \(6-2-8=-4\) | \(-1/2\) | \(6+2-8=0\) |
| \(1/3\) | \(6-3-18=-15\) | \(-1/3\) | \(6+3-18=-9\) |
| \(1/6\) | \(6-6-72=-72\) | \(-1/6\) | \(6+6-72=-60\) |
| \(2/3\) | \(24-6-18=0\) | \(-2/3\) | \(24+6-18=12\) |
Les signes du tableau viennent bien de \(-pq\) : pour \(p=-1,q=2\), on a \(-pq=-(-1)\times2=+2\). Les deux seules racines rationnelles sont donc \(-1/2\) et \(2/3\).
On peut contrôler par une factorisation exacte :
À toi : Essai guidé : quatre candidats
Pour \(P(x)=2x^2+x-1\), indique les diviseurs possibles de \(p\) et de \(q\), puis teste \(1,-1,1/2,-1/2\). Quels nombres sont des racines rationnelles ?
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le terme constant vaut \(-1\) ; le coefficient dominant vaut \(2\).
Correction expliquée : Le théorème réduit la recherche, le calcul décide
On doit avoir \(p=1\) ou \(-1\) et \(q=1\) ou \(2\). Les quatre fractions proposées sont irréductibles. Les substitutions donnent
À toi : À tenter avant de consulter
Détermine toutes les racines rationnelles de \(3x^2-2x-1\). Explique pourquoi tu n’as pas à tester toutes les fractions possibles.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Commence par la liste des numérateurs divisant \(-1\) et des dénominateurs positifs divisant \(3\).
Correction expliquée : Une liste finie justifiée
Les seuls candidats irréductibles sont \(1,-1,1/3,-1/3\). En posant \(P(x)=3x^2-2x-1\), on calcule
Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit préciser le caractère entier des coefficients, l’irréductibilité de la fraction testée, l’exhaustivité de la liste et les substitutions. Une liste de diviseurs n’est pas encore une liste de solutions.
À toi : Deux hypothèses à ne pas oublier
1. Le nombre \(2/4\) est racine de \(2x-1\). Pourquoi serait-il faux d’en déduire que \(4\) doit diviser \(2\) ?
2. Pour \(P(x)=4x^3-9x\), pourquoi le terme constant nul change-t-il le premier geste ? Trouve les racines rationnelles.
Correction expliquée : Fraction réduite et racine nulle
1. \(2/4=1/2\) n’est pas écrit sous forme irréductible dans la première écriture. Le théorème porte sur \(p=1,q=2\) ; \(2\) divise bien le coefficient dominant \(2\). Il ne porte pas sur n’importe quel dénominateur d’une écriture équivalente.
2. Ici \(P(0)=0\). On factorise d’abord : \(4x^3-9x=x(4x^2-9)\). Puis
Pour réparer une erreur : Si tous les candidats sont annoncés comme racines
Erreur proposée : « Pour \(x^2+1\), les candidats sont \(\pm1\), donc les racines sont \(\pm1\). » La première partie est correcte ; le mot donc est fautif. On a \((\pm1)^2+1=1+1=2\ne0\). Il n’y a donc aucune racine rationnelle.
Rappel ciblé. Une condition nécessaire élimine des possibilités sans garantir celles qui restent. Exemple plus simple : pour \(P(x)=x-2\), le théorème autorise \(\pm1,\pm2\) ; les valeurs sont \(-1,-3,0,-4\) respectivement. Seul \(2\) est racine.
Nouvel essai. Étudie les racines rationnelles de \(x^2-3\). Correction. Le coefficient dominant vaut \(1\), donc une racine rationnelle serait entière et diviserait \(-3\) : candidats \(\pm1,\pm3\). Or \(1-3=-2\) et \(9-3=6\). Aucun ne donne zéro ; il n’y a pas de racine rationnelle. Reviens au tableau de \(6x^2-x-2\) : seules les deux lignes dont le numérateur vaut zéro sont à retenir.
À toi : À reprendre plus tard : une expression de degré trois
Sans relire les exemples, trouve toutes les racines rationnelles de \(x^3-2x^2-x+2\). Justifie pourquoi les seuls candidats sont des entiers, puis contrôle-les.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le coefficient dominant vaut \(1\) et le terme constant vaut \(2\).
Correction expliquée : Reprise différée des racines rationnelles
Le corollaire impose un entier ; le théorème impose qu’il divise \(2\). Les candidats sont \(-2,-1,1,2\). Les valeurs sont
Ce que ta réponse doit montrer. Il faut distinguer la raison qui rend les candidats entiers, celle qui les limite aux diviseurs de \(2\), et les calculs qui sélectionnent les racines.
À retenir : L’essentiel
Le lemme chinois combine des contraintes de reste et décrit toutes les solutions modulo un produit de modules premiers entre eux. Le théorème des racines rationnelles fournit des candidats à vérifier. Dans les deux cas, Bézout ou Gauss donne la raison de la méthode ; les conditions déterminent ce qu’on a réellement le droit de conclure.
13 Compléments : PPCM et plusieurs entiers
Pour avancer. Distinguer des prolongements utiles du noyau du chapitre et éviter les fausses généralisations.
Complément facultatif : Hors du périmètre principal
Cette unité est facultative. Elle développe le PPCM et le PGCD de plusieurs entiers ; le parcours principal n’utilise aucun de ses résultats comme prérequis caché.
Le PPCM : chercher un multiple plutôt qu’un diviseur
Remarque : Rappels nécessaires
Pour des entiers \(a,b\) non tous deux nuls, \(\operatorname{PGCD}(a,b)\) est leur plus grand diviseur positif commun. Il vaut \(\operatorname{PGCD}(|a|,|b|)\) et, si \(a\ne0\), \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\). Le couple \((0,0)\) n’a pas de PGCD dans notre convention.
On reprend deux résultats établis dans le chapitre. Si \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), les quotients \(a/d\) et \(b/d\) sont premiers entre eux. De plus, Gauss affirme : si \(c\mid uv\) et \(\operatorname{PGCD}(c,u)=1\), alors \(c\mid v\). Enfin, tout diviseur commun de \(a,b\) divise leur PGCD ; inversement, tout diviseur du PGCD divise \(a,b\).
Avant de commencer : Le sens du mot commun
Parmi \(6\), \(24\) et \(36\), lequel est un multiple commun de \(12\) et \(18\) ? Lequel est leur PGCD ?
Réponse. \(36=3\times12=2\times18\) est un multiple commun. \(24=2\times12\) n’est pas multiple de \(18\), et \(6\) n’est multiple d’aucun des deux. En revanche, \(12=2\times6\) et \(18=3\times6\), et leur PGCD est \(6\). Pour un diviseur commun, on divise les données ; pour un multiple commun, ce sont les données qui divisent le nombre cherché. Si tu as choisi \(6\) comme multiple, garde cette différence de sens devant toi.
Définition : Plus petit commun multiple
Pour deux entiers non nuls \(a,b\), le plus petit commun multiple, noté \(\operatorname{PPCM}(a,b)\), est le plus petit entier strictement positif qui est multiple de \(a\) et de \(b\).
L’objet existe : \(|ab|\) est un multiple positif commun, donc l’ensemble des multiples positifs communs n’est pas vide et possède un plus petit élément. Les signes des données ne changent pas leurs multiples, donc \(\operatorname{PPCM}(a,b)=\operatorname{PPCM}(|a|,|b|)\).
Exemple expliqué : Une première liste de multiples
Les premiers multiples positifs de \(14\) sont \(14,28,42,56,\ldots\) ; ceux de \(21\) sont \(21,42,63,\ldots\). Le premier nombre commun est \(42\), donc \(\operatorname{PPCM}(14,21)=42\). Le produit \(14\times21=294\) est lui aussi un multiple commun, mais il n’est pas le plus petit.
Une liste est efficace pour de petits nombres. Pour de plus grands nombres, elle devient longue ; la propriété suivante permet de calculer le PPCM à partir du PGCD.
Théorème : Lien entre PGCD et PPCM
Soient \(a,b\) deux entiers non nuls et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\). Alors
Démonstration : Construire le plus petit et décrire tous les autres
Écrivons \(|a|=dA\) et \(|b|=dB\), où \(A,B\) sont positifs et premiers entre eux. Le nombre \(m=dAB\) est un multiple positif commun : \(m=|a|B=|b|A\).
Soit maintenant \(M\) un multiple commun quelconque. Il existe \(k,\ell\in\mathbb{Z}\) tels que
Si \(M>0\), l’égalité \(M=mt\) et \(m>0\) imposent \(t\geq1\), donc \(M\geq m\). Le nombre \(m\) est bien le plus petit multiple commun positif. Enfin,
Convention : Que fait-on lorsqu’une donnée vaut zéro ?
Les multiples de \(0\) sont réduits à \(0\) : il n’existe donc pas de multiple strictement positif commun à \(a\) et \(0\). Pour étendre l’usage du PPCM, on pose par convention \(\operatorname{PPCM}(a,0)=\operatorname{PPCM}(0,a)=0\), y compris pour \(a=0\).
La formule \(\operatorname{PGCD}(a,b)\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|\) reste vraie si une seule donnée est nulle : les deux membres valent \(0\). Elle n’est pas utilisée pour \((0,0)\), puisque \(\operatorname{PGCD}(0,0)\) n’est pas défini ici. La convention sur le PPCM ne change pas celle du PGCD.
Exemple expliqué : Deux longueurs qui doivent s’ajuster
Une bande doit pouvoir être partagée en segments de \(36\) cm ou en segments de \(84\) cm, sans chute. Sa longueur positive doit donc être un multiple de \(36\) et de \(84\). On cherche le plus petit.
Euclide donne \(84=2\times36+12\), puis \(36=3\times12\) ; ainsi \(d=12\). Les quotients réduits sont \(36/12=3\) et \(84/12=7\), qui sont premiers entre eux. Par le théorème,
Méthode : Choisir PGCD ou PPCM
Demande-toi dans quel sens agit la divisibilité. Pour chercher la plus grande taille qui divise deux mesures, cherche un PGCD. Pour chercher la plus petite mesure qui est divisible par chacune des deux données, cherche un PPCM. Pour celui-ci, commence par le PGCD, puis calcule \(|ab|/d\) et vérifie que le résultat est bien multiple de chaque donnée.
Bon réflexe de calcul. Effectue la division exacte \(|a|/d\) avant le produit : \((|a|/d)\times|b|\) donne la même valeur avec des nombres intermédiaires plus petits. Dans l’exemple, \(36/12=3\) avant \(3\times84\) évite le produit \(3024\). Ce raccourci utilise \(d\mid a\) et \(d>0\) ; il n’autorise aucune simplification arbitraire dans une somme.
À toi : Essai guidé : le PGCD avant le PPCM
Détermine \(\operatorname{PPCM}(18,30)\). Commence par les divisions d’Euclide, puis complète \(\operatorname{PPCM}(18,30)=(18/\ldots)\times30\). Vérifie les deux multiples.
Indice, à lire seulement si nécessaire. \(30=18+12\) et \(18=12+6\).
Correction expliquée : Deux calculs différents, liés par une formule
Les divisions se terminent par \(12=2\times6\), donc \(\operatorname{PGCD}(18,30)=6\). On obtient
À toi : À tenter avant de consulter
Deux machines effectuent un cycle toutes les \(48\) minutes et toutes les \(180\) minutes. Elles démarrent un cycle ensemble à l’instant \(0\). À quel premier instant strictement positif redémarrent-elles ensemble ? Justifie pourquoi le nombre recherché est minimal.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Les instants communs sont des multiples des deux durées. Calcule d’abord le PGCD de \(48\) et \(180\).
Correction expliquée : L’instant zéro n’est pas celui demandé
Euclide donne \(180=3\times48+36\), \(48=36+12\), \(36=3\times12\) ; le PGCD vaut \(12\). Le premier instant positif commun est le PPCM :
Ce que ta réponse doit montrer. Il faut traduire la situation en multiples, distinguer zéro du premier instant positif, calculer et justifier la minimalité. Deux divisions exactes prouvent que l’instant convient, pas à elles seules qu’il est le premier.
Corollaire : Quand le produit suffit-il ?
Pour deux entiers non nuls \(a,b\), \(\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|\) si et seulement si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\).
Démonstration : Les deux sens
Si le PGCD vaut \(1\), la formule donne immédiatement \(\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|/1=|ab|\). Réciproquement, si \(|ab|/d=|ab|\), on multiplie par \(d>0\) puis on divise par \(|ab|\ne0\) : \(|ab|=d|ab|\), donc \(1=d\).
À toi : Variation : « il suffit de multiplier » ?
Compare les couples \((8,15)\) et \((54,90)\). Pour lequel le PPCM est-il le produit ? Donne le PPCM de l’autre couple et explique ce que la multiplication oubliait.
Correction expliquée : Le facteur commun ne doit pas être compté deux fois
\(8\) et \(15\) sont premiers entre eux : \(15=8+7\), \(8=7+1\), donc leur PPCM est \(8\times15=120\). Pour \(54,90\), Euclide donne \(90=54+36\), \(54=36+18\), \(36=2\times18\) ; le PGCD est \(18\). Le PPCM vaut
Pour réparer une erreur : Si tu as cherché un diviseur au lieu d’un multiple
Erreur proposée : « le premier retour commun pour des périodes \(12\) et \(18\) a lieu après \(6\) ». Le premier défaut est la traduction : \(6\) divise les périodes, mais n’est un multiple ni de \(12\) ni de \(18\). Aucune des deux périodes n’est alors écoulée.
Rappel ciblé. Un instant de retour doit être plusieurs fois chacune des périodes. Exemple plus simple : pour \(4\) et \(6\), les multiples positifs commencent par \(4,8,12\) et \(6,12\) ; le premier retour commun est \(12\).
Nouvel essai. Trouve le premier retour pour \(6\) et \(10\). Correction. Le PGCD est \(2\) et le PPCM vaut \((6/2)\times10=30\). On a \(30=5\times6=3\times10\) ; le théorème garantit qu’il est le premier positif. Reviens aux bandes \(36,84\) : la longueur doit être divisible par les deux données, ce qui conduit à \(252\), pas à leur PGCD \(12\).
À toi : À reprendre plus tard : distinguer le résultat et son contrôle
Avant de relire, calcule le PPCM de \(45\) et \(70\), puis explique pourquoi ton contrôle par deux produits ne suffit pas, seul, à démontrer la minimalité.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Les restes d’Euclide sont \(25,20,5,0\).
Correction expliquée : Reprise différée du PPCM
\(70=45+25\), \(45=25+20\), \(25=20+5\), \(20=4\times5\). Le PGCD vaut \(5\), donc le PPCM vaut \((45/5)\times70=9\times70=630\). On vérifie aussi \(630=14\times45\). Les deux produits prouvent que \(630\) est commun ; la formule démontrée, ou la description de tous les multiples communs, prouve que c’est le plus petit positif.
Une autre méthode, si des décompositions premières sont fournies
Complément facultatif : Une voie facultative, sans prérequis caché
Euclide et la formule du PPCM suffisent pour tous les calculs précédents. Si un énoncé fournit déjà les décompositions en facteurs premiers, on peut les exploiter sans recommencer les divisions. Cette méthode ne remplace pas l’apprentissage de la factorisation première dans son chapitre propre.
Un entier premier est un entier au moins égal à \(2\) dont les seuls diviseurs positifs sont \(1\) et lui-même. Une décomposition fournie doit être complète : tous ses facteurs de base doivent être premiers. Par exemple \(12=3\times4\) n’est pas une décomposition en facteurs premiers, car \(4\) n’est pas premier. Le produit fourni doit aussi être vérifié.
Propriété : Exposants minimaux et maximaux
Supposons connues les décompositions de deux entiers positifs en puissances de nombres premiers distincts. Pour chaque nombre premier présent dans l’une des deux décompositions, on écrit les deux exposants, en mettant \(0\) s’il est absent de l’une d’elles.
Le PGCD s’obtient en prenant, pour chaque nombre premier, le plus petit des deux exposants. Le PPCM s’obtient en prenant le plus grand. Une puissance d’exposant \(0\) vaut \(1\).
Démonstration : Pourquoi retirer les exposants communs fonctionne
Appelons \(g\) le produit construit avec les plus petits exposants. Il divise les deux nombres, qui s’écrivent \(a=gA\), \(b=gB\). Après ce retrait, aucun nombre premier ne figure à la fois dans les produits restants \(A\) et \(B\) : pour chaque base, au moins un des deux exposants restants est nul.
Montrons que \(A\) et \(B\) sont premiers entre eux. Si leur PGCD était un entier \(D>1\), il aurait un diviseur premier \(p\). Pour le voir sans supposer une décomposition de \(D\), prends le plus petit diviseur de \(D\) supérieur à \(1\) : s’il était composé, un de ses diviseurs stricts supérieur à \(1\) serait un diviseur de \(D\) plus petit, contradiction.
Ce nombre premier \(p\) diviserait \(A\) et \(B\). Or si un nombre premier divise un produit de nombres premiers, Gauss impose qu’il soit égal à l’un des facteurs : s’il est différent du premier facteur, il est premier avec lui et on peut retirer ce facteur, puis recommencer. Sinon on arriverait à \(p\mid1\), impossible. Le nombre \(p\) devrait donc apparaître dans les deux produits restants, ce que nous avons exclu. Ainsi \(\operatorname{PGCD}(A,B)=1\).
Bézout donne alors \(A\alpha+B\beta=1\), et multiplier par \(g\) donne \(a\alpha+b\beta=g\). Comme \(g\) divise \(a,b\) et que tout diviseur commun divise cette combinaison, \(g\) est bien leur PGCD.
Pour le PPCM, on utilise \(ab/g\). Sur une base première dont les deux exposants sont \(\alpha,\beta\), le produit additionne les exposants et la division par \(g\) enlève le plus petit. Si \(\alpha\leq\beta\), l’exposant restant est \(\alpha+\beta-\alpha=\beta\), le plus grand ; si \(\beta\leq\alpha\), c’est \(\alpha+\beta-\beta=\alpha\). Cela démontre la règle des maxima.
Exemple expliqué : Des décompositions déjà fournies
On donne \(360=2^3\times3^2\times5\) et \(252=2^2\times3^2\times7\). Les produits sont vérifiés : \(8\times9\times5=360\) et \(4\times9\times7=252\). On aligne toutes les bases, même absentes d’un nombre :
| Base première | \(2\) | \(3\) | \(5\) | \(7\) |
|---|---|---|---|---|
| Exposant dans \(360\) | 3 | 2 | 1 | 0 |
| Exposant dans \(252\) | 2 | 2 | 0 | 1 |
| Minimum | 2 | 2 | 0 | 0 |
| Maximum | 3 | 2 | 1 | 1 |
Ainsi \(\operatorname{PGCD}(360,252)=2^2\times3^2=4\times9=36\) et
Méthode : Lire les colonnes, pas seulement les facteurs communs
Si les décompositions complètes sont données, commence par rassembler les bases premières dans un même tableau. Inscris tous les exposants, y compris les zéros. Choisis les minima pour le PGCD ou les maxima pour le PPCM, puis effectue le produit. L’oubli d’une base absente de l’un des nombres est sans effet pour le PGCD mais ferait perdre un facteur du PPCM.
À toi : Essai de cette autre voie
On donne \(144=2^4\times3^2\) et \(210=2\times3\times5\times7\). Calcule leur PGCD et leur PPCM par les exposants, puis contrôle avec Euclide et la formule produit/PGCD.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Écris les exposants de \(5\) et de \(7\) dans \(144\) : ils valent \(0\), pas \(1\).
Correction expliquée : Chaque base a son rôle
Pour les bases \(2,3,5,7\), les exposants sont \((4,2,0,0)\) dans \(144\) et \((1,1,1,1)\) dans \(210\). Les minima donnent \(2^1\times3^1=6\) ; les maxima donnent
Étendre le PGCD à une liste d’entiers
Avant de commencer : Quel nombre doit diviser toute la liste ?
Le nombre \(2\) divise \(6\) et \(10\). Est-il pour autant un diviseur commun de \(6,10,15\) ?
Réponse. Non : \(15\) est impair et n’est pas divisible par \(2\). Pour être commun à la liste, un même diviseur doit diviser chacun de ses termes. C’est ce mot « chacun » qui change le test.
Définition : PGCD de plusieurs entiers
Pour une liste d’entiers non tous nuls, le PGCD de la liste est le plus grand entier positif qui divise chacun de ses termes. Il existe : \(1\) convient et tout diviseur commun est au plus la valeur absolue d’un terme non nul. Pour trois nombres, on le note \(\operatorname{PGCD}(a,b,c)\).
La liste est première dans son ensemble, ou ses termes sont premiers entre eux dans leur ensemble, si son PGCD vaut \(1\). Pour une liste d’au moins deux termes, les termes sont premiers entre eux deux à deux si chaque paire a un PGCD défini et égal à \(1\) ; en particulier, aucune paire ne peut être formée de deux zéros.
Exemple expliqué : Un PGCD des trois différent des PGCD des paires
Les nombres \(6\), \(10\) et \(15\) n’ont pour diviseur positif commun que \(1\) :
Propriété : Calculer par regroupements
Si \(a,b\) ne sont pas tous deux nuls, alors, pour tout entier \(c\),
Démonstration : Comparer les mêmes diviseurs
Posons \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)>0\). Un entier positif \(e\) divise \(a\) et \(b\) si et seulement s’il divise \(d\). Donc \(e\) divise \(a,b,c\) si et seulement s’il divise \(d\) et \(c\). Les deux listes ont exactement les mêmes diviseurs positifs communs : leurs plus grands sont égaux.
Pour une liste plus longue, on répète ce raisonnement en ajoutant un terme à la fois. L’ordre ne change pas l’ensemble des diviseurs communs. Si les premiers termes valent zéro, on les place après un terme non nul pour ne pas faire apparaître l’expression non définie \(\operatorname{PGCD}(0,0)\).
Exemple expliqué : Calculer puis construire un certificat
Pour \(24,40,15\), on commence par \(\operatorname{PGCD}(24,40)\). Les divisions \(40=24+16\), \(24=16+8\), \(16=2\times8\) donnent \(8\). Ensuite \(15=8+7\), \(8=7+1\) donnent \(\operatorname{PGCD}(8,15)=1\). Ainsi \(\operatorname{PGCD}(24,40,15)=1\).
On peut également construire une combinaison égale à \(1\). D’abord \(8=2\times24-40\), puis \(1=2\times8-15\). La substitution donne
Proposition : Une identité de Bézout pour trois entiers
Pour trois entiers \(a,b,c\) non tous nuls, en notant \(D=\operatorname{PGCD}(a,b,c)\), il existe des entiers \(u,v,w\) tels que \(au+bv+cw=D\).
En particulier, les trois nombres sont premiers entre eux dans leur ensemble si et seulement s’il existe des entiers \(u,v,w\) tels que \(au+bv+cw=1\).
Démonstration : Deux identités à deux nombres suffisent
On peut permuter les données pour que \(a,b\) ne soient pas simultanément nuls. Posons \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\) ; Bézout donne \(a\alpha+b\beta=d\). D’après la propriété d’association, \(D=\operatorname{PGCD}(d,c)\), et Bézout donne \(ds+ct=D\). On remplace alors \(d\) :
Si \(D=1\), cette identité fournit celle annoncée. Réciproquement, si \(au+bv+cw=1\), tout diviseur positif commun des trois nombres divise le membre de gauche, donc \(1\). Le seul est \(1\), et le PGCD vaut \(1\). Les deux sens sont établis.
À toi : Essai guidé : associer deux calculs
Détermine \(\operatorname{PGCD}(30,42,70)\). Calcule d’abord \(\operatorname{PGCD}(30,42)\), puis le PGCD de ce résultat avec \(70\). Les trois nombres sont-ils premiers entre eux dans leur ensemble ?
Indice, à lire seulement si nécessaire. Le premier PGCD vaut \(6\) ; ce n’est pas encore la réponse pour les trois nombres.
Correction expliquée : Le troisième nombre doit intervenir
\(42=30+12\), \(30=2\times12+6\) et \(12=2\times6\), donc \(\operatorname{PGCD}(30,42)=6\). Puis \(70=11\times6+4\), \(6=4+2\), \(4=2\times2\), donc \(\operatorname{PGCD}(6,70)=2\). Le PGCD des trois est \(2\), et ils ne sont pas premiers entre eux dans leur ensemble. En particulier, l’arrêt au premier calcul aurait donné \(6\), qui ne divise pas \(70\).
À toi : À tenter avant de consulter
Pour \(14,21,25\), détermine le PGCD des trois nombres. Sont-ils premiers entre eux dans leur ensemble ? Deux à deux ? Construis aussi une combinaison entière des trois nombres égale à leur PGCD.
Indice, à lire seulement si nécessaire. \(7=21-14\), puis \(1=2\times25-7\times7\). Il reste à remplacer ce dernier \(7\) par une combinaison de \(14\) et \(21\).
Correction expliquée : Le calcul et le vocabulaire doivent s’accorder
Les divisions \(21=14+7\), \(14=2\times7\) donnent \(\operatorname{PGCD}(14,21)=7\). Puis \(25=3\times7+4\), \(7=4+3\), \(4=3+1\) donnent \(\operatorname{PGCD}(7,25)=1\). Les trois nombres sont donc premiers entre eux dans leur ensemble, mais pas deux à deux, puisque \(\operatorname{PGCD}(14,21)=7\).
Pour le certificat, la remontée donne \(1=4-3=4-(7-4)=2\times4-7\), puis \(4=25-3\times7\) :
Ce que ta réponse doit montrer. Il faut faire intervenir chaque nombre, distinguer les deux notions de coprimalité et vérifier la combinaison. Un PGCD de paire supérieur à \(1\) suffit à réfuter la coprimalité deux à deux, mais pas celle de l’ensemble.
À toi : Variation : des zéros dans la liste
Détermine \(\operatorname{PGCD}(0,0,-27)\) sans utiliser \(\operatorname{PGCD}(0,0)\). Explique ensuite pourquoi \(0,1,5\) sont premiers entre eux dans leur ensemble, mais pas deux à deux.
Correction expliquée : Commencer par une donnée non nulle
Tout diviseur de \(27\) divise les deux zéros, et un diviseur commun doit diviser \(-27\). Le PGCD de la liste est donc \(27\). On peut le calculer dans l’ordre \(\operatorname{PGCD}(\operatorname{PGCD}(-27,0),0)=\operatorname{PGCD}(27,0)=27\), sans expression interdite.
Pour \(0,1,5\), tout diviseur commun divise \(1\), donc le PGCD est \(1\). Mais \(\operatorname{PGCD}(0,5)=5\), ce qui réfute la condition deux à deux. La présence de zéro ne dispense pas d’examiner chaque définition.
Propriété : Deux à deux est une condition plus forte
Une liste d’au moins deux entiers premiers entre eux deux à deux est première dans son ensemble. La réciproque est fausse pour trois entiers ou davantage.
Démonstration : Un sens, puis un contre-exemple
Tout diviseur commun à toute la liste divise notamment les deux premiers nombres. Si ces deux nombres sont premiers entre eux, ce diviseur positif ne peut être que \(1\). Cela prouve le premier sens. L’exemple \(6,10,15\), déjà calculé dans cette unité, donne un PGCD commun de \(1\) mais des PGCD de paires égaux à \(2,3,5\) : il réfute la réciproque.
Pour réparer une erreur : Si « PGCD égal à un » a été appliqué aux mauvaises données
Erreur proposée : « \(\operatorname{PGCD}(6,10,15)=1\), donc \(6\) et \(10\) sont premiers entre eux. » La première ligne est vraie ; l’implication est fausse, puisque \(2\) divise \(6\) et \(10\) sans diviser \(15\).
Rappel ciblé. Une condition sur toute la liste n’impose pas la même condition à chaque sous-liste. Exemple plus simple à vérifier : \(6,10,9\) ont pour PGCD \(\operatorname{PGCD}(2,9)=1\), mais la paire \(6,10\) garde son diviseur commun \(2\).
Nouvel essai. Classe \(4,9,15\) selon les deux notions. Correction. \(\operatorname{PGCD}(4,9)=1\), donc le PGCD des trois vaut \(\operatorname{PGCD}(1,15)=1\). En revanche, \(\operatorname{PGCD}(9,15)=3\) : ils ne sont pas premiers entre eux deux à deux. Reviens à \(6,10,15\) : le diviseur doit être le même pour les trois, ce que ni \(2\), ni \(3\), ni \(5\) ne réalise.
Définition : PPCM de trois entiers positifs
Pour trois entiers strictement positifs, le PPCM est leur plus petit multiple strictement positif commun. L’ensemble concerné est non vide, puisqu’il contient leur produit, et possède donc un plus petit élément.
Propriété : Regrouper des PPCM
Pour trois entiers strictement positifs,
Démonstration : Les multiples communs, puis l’hypothèse plus forte
En effet, être multiple de \(a\) et de \(b\) équivaut, d’après le théorème démontré, à être multiple de \(\operatorname{PPCM}(a,b)\) ; on ajoute ensuite la condition d’être multiple de \(c\).
Si \(a,b,c\) sont deux à deux premiers entre eux, alors le PPCM vaut bien \(abc\). Pour le prouver, un multiple commun \(M\) est d’abord multiple de \(ab\), donc \(M=abk\). Puis \(c\mid abk\) ; Gauss retire le facteur \(a\) grâce à \(\operatorname{PGCD}(c,a)=1\), puis le facteur \(b\) grâce à \(\operatorname{PGCD}(c,b)=1\). Ainsi \(c\mid k\), donc \(abc\mid M\). Le produit \(abc\) étant lui-même un multiple commun positif, c’est le plus petit.
Contre-exemple : Une formule à deux nombres n’est pas une formule à trois
Il serait faux d’écrire en général \(\operatorname{PPCM}(a,b,c)=abc/\operatorname{PGCD}(a,b,c)\). Pour \(6,10,15\), le premier PPCM vaut \(30\), puis \(\operatorname{PPCM}(30,15)=30\), tandis que \(6\times10\times15/1=900\).
À toi : Contrôler la généralisation
Calcule le PPCM de \(4,6,9\) par regroupement. Compare avec le quotient du produit par le PGCD des trois. Puis explique pourquoi le PPCM de \(4,9,25\) est au contraire leur produit.
Correction expliquée : La coprimalité dans l’ensemble ne suffit pas
\(\operatorname{PPCM}(4,6)=12\), puis \(\operatorname{PPCM}(12,9)=12\times9/3=36\). Le PGCD de \(4,6,9\) vaut \(\operatorname{PGCD}(2,9)=1\), mais \(4\times6\times9/1=216\ne36\).
Les nombres \(4,9,25\) sont premiers entre eux deux à deux : leurs diviseurs positifs sont respectivement \(1,2,4\) ; \(1,3,9\) ; \(1,5,25\), avec seulement \(1\) en commun dans chaque paire. Le PPCM vaut donc \(4\times9\times25=36\times25=900\). L’hypothèse plus forte est exactement celle utilisée pour retirer successivement les facteurs dans la preuve.
À toi : À reprendre plus tard : calculer, distinguer, certifier
Avant de relire, étudie \(20,28,45\) : PGCD de la liste, coprimalité dans l’ensemble, coprimalité deux à deux. Trouve aussi une combinaison entière égale au PGCD.
Indice, à lire seulement si nécessaire. Commence par \(4=3\times20-2\times28\), puis utilise \(45=11\times4+1\).
Correction expliquée : Reprise différée sur trois entiers
\(28=20+8\), \(20=2\times8+4\), \(8=2\times4\) donnent un PGCD de \(4\) pour la première paire. Comme \(45=11\times4+1\), le PGCD des trois est \(1\). Ils sont premiers dans leur ensemble, mais pas deux à deux : la paire \(20,28\) a un PGCD de \(4\) (et la paire \(20,45\) a même un PGCD de \(5\)).
La substitution donne
Ce que ta réponse doit montrer. Ta réponse doit annoncer précisément les nombres concernés par chaque PGCD, justifier la distinction de vocabulaire et montrer les signes de la substitution.
À retenir : L’essentiel
Pour deux entiers non nuls, \(\operatorname{PGCD}(a,b)\operatorname{PPCM}(a,b)=|ab|\). Pour une liste, le PGCD se calcule par regroupements en commençant par un terme non nul. « Dans leur ensemble » signifie un diviseur commun à tous ; « deux à deux » exige la condition sur chaque paire. La formule produit/PGCD pour le PPCM de deux nombres ne s’étend pas ainsi à trois nombres.
14 Synthèse et bilan : savoir décider, calculer et justifier
Pour avancer. Retrouver les résultats essentiels, choisir un point de départ et vérifier une solution sans confondre essai et preuve.
Les résultats à garder disponibles
À retenir : Définitions, conditions et résultats
Divisibilité. \(d\mid a\) signifie \(a=dk\) pour un entier \(k\). Un diviseur commun à \(a,b\) divise toute combinaison \(ua+vb\) à coefficients entiers.
PGCD. Pour \((a,b)\ne(0,0)\), \(\operatorname{PGCD}(a,b)\) est le plus grand diviseur positif commun. Les signes ne le changent pas ; \(\operatorname{PGCD}(a,0)=|a|\) si \(a\ne0\). Les diviseurs communs sont exactement les diviseurs du PGCD.
Euclide. Si \(a=bq+r\), \(b>0\), \(0\le r<b\), alors \(\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(b,r)\). On répète jusqu’au reste nul ; le diviseur de la dernière division donne la réponse. C’est le dernier reste non nul, ou le diviseur initial si la première division est exacte. Un argument initial nul se traite directement par la règle du PGCD avec zéro.
Coprimalité. \(a,b\) sont premiers entre eux si \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\). Si \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), alors \(a=da',b=db'\) avec \(a',b'\) entiers premiers entre eux. Pour \(k\ne0\), \(\operatorname{PGCD}(ka,kb)=|k|\operatorname{PGCD}(a,b)\).
Bézout. Le PGCD s’écrit \(au+bv\), avec \(u,v\in\mathbb{Z}\). En particulier,
Gauss. Si \(a\ne0\), \(a\mid bc\) et \(\operatorname{PGCD}(a,b)=1\), alors \(a\mid c\). Si \(a,b\ne0\) sont premiers entre eux et divisent \(m\), alors \(ab\mid m\). Une fraction \(p/q\), avec \(p\in\mathbb{Z}\) et \(q\in\mathbb{N}^*\), est irréductible exactement lorsque \(\operatorname{PGCD}(p,q)=1\). Un dénominateur négatif se rend positif en changeant les deux signes.
Équations entières. Pour \(a,b\ne0\) et \(d=\operatorname{PGCD}(a,b)\), l’équation \(ax+by=c\) admet des solutions entières exactement lorsque \(d\mid c\). Si \((x_0,y_0)\) est une solution, toutes les solutions sont
Congruences. Pour \(n\ge2\), \(ax\equiv c\;[n]\) signifie que \(n\mid(ax-c)\). Un inverse de \(a\) modulo \(n\) existe exactement si \(\operatorname{PGCD}(a,n)=1\). Si \(d=\operatorname{PGCD}(a,n)\), la congruence est soluble exactement si \(d\mid c\). Dans ce cas on réduit simultanément \(a,c,n\) par \(d\). Si le module réduit vaut 1, tous les entiers conviennent ; sinon on inverse le coefficient réduit pour décrire les solutions.
Méthode : Je vois, je vérifie, je fais
| Je vois | Je vérifie | Mon premier geste |
|---|---|---|
| Deux nombres, PGCD demandé | Signes et cas nul | Valeurs absolues, puis divisions d’Euclide. |
| Deux expressions en \(n\) | Coefficients entiers | Combinaison pour éliminer \(n\) ; tester ensuite les diviseurs possibles. |
| Une identité \(au+bv=d\) | \(u,v\in\mathbb{Z}\), \(d>0\), \(d\mid a,b\) | Contrôler le produit-somme et les divisibilités. |
| Un facteur à retirer d’une divisibilité | Coprimalité avec le diviseur | Nommer les trois nombres de Gauss. |
| Une équation \(ax+by=c\) | Domaine et divisibilité de \(c\) par le PGCD | Calcul du PGCD, puis solution particulière. |
| Une congruence linéaire | PGCD coefficient-module | Si nécessaire réduire les trois nombres ; ne pas garder le mauvais module. |
| Des quantités positives | Unités et bornes | Résoudre dans \(\mathbb{Z}\), puis filtrer la famille. |
| Un code qui met à jour deux états | Anciennes valeurs utilisées | Écrire une ligne avant/après avant d’exécuter la boucle. |
Mini-test : essaie avant les corrections
Les questions ci-dessous portent sur le parcours principal. Les titres ne donnent pas une méthode à appliquer à chacune ; certaines questions précisent toutefois la production attendue. Pour un véritable essai sans modèle, masque la boîte à outils précédente. Les indices sont disponibles si nécessaire, mais une tentative avec indice n’est pas la même chose qu’une tentative sans aide.
À toi : Questions 1 à 4
1. Détermine \(\operatorname{PGCD}(-96,144)\), puis tous les diviseurs positifs communs. Justifie le signe de ta réponse.
2. Trouve deux entiers \(u,v\) tels que \(59u+26v=1\). Vérifie ton identité et explique ce qu’elle prouve sur 59 et 26.
3. Pour \(n\in\mathbb{Z}\), détermine \(\operatorname{PGCD}(4n+1,6n+5)\) suivant \(n\). Une liste de valeurs possibles ne suffit pas : précise quand chaque valeur est obtenue.
4. On sait que \(18\mid7x\), avec \(x\in\mathbb{Z}\). Que peut-on conclure ? La même conclusion est-elle valable si l’on remplace 7 par 6 ? Justifie ou donne un contre-exemple.
À toi : Questions 5 à 8
5. Résous dans \(\mathbb{Z}^2\) l’équation \(14x+22y=10\). Y a-t-il des solutions dans \(\mathbb{N}^2\) ?
6. Un lot contient des objets de masse \(18\,\mathrm g\) et d’autres de masse \(30\,\mathrm g\), pour une masse totale de \(186\,\mathrm g\), sans emballage. Détermine toutes les compositions possibles avec des nombres d’objets naturels.
7. Détermine un inverse de 17 modulo 31, puis résous \(17x\equiv4\;[31]\).
8. Résous \(14x\equiv8\;[20]\) et donne les représentants solutions dans \(\{0,\ldots,19\}\). Puis étudie \(14x\equiv7\;[20]\).
À toi : Questions 9 à 11
9. On exécute le programme suivant avec \(a=70,b=28\). Écris les états \((a,b)\) après chaque tour. Pourquoi la
variable ancien_b est-elle utile ?
while b != 0:
ancien_b = b
b = a % b
a = ancien_b
10. Un chiffrement utilise les rangs A=0, B=1, …, Z=25 et la règle \(y\equiv15x+1\;[26]\). On reçoit V. Retrouve la lettre de départ et vérifie.
11. Réduis \(\frac{126}{198}\) en fraction irréductible. Pourquoi « j’ai simplifié par 2 » ne prouverait-il pas à lui seul l’irréductibilité ?
Remarque : Indices à consulter seulement après un premier essai
1 : traiter \(-96\) par sa valeur absolue. 2 : partir de \(59=2\times26+7\), puis remonter la dernière égalité donnant 1. 3 : calculer \(3(4n+1)-2(6n+5)\). 4 : tester la coprimalité avec 18. 5 : diviser l’équation par le PGCD ; \((7,-4)\) est une solution particulière de l’équation initiale. 6 : après division par 6, \((2,5)\) est un point de départ. 7 : \(17\times11=187\). 8 : réduire aussi le module lorsque l’on divise par 2. 9 : \(70=2\times28+14\). 10 : \(15\times7=105\). 11 : chercher le PGCD du numérateur et du dénominateur.
Corrections expliquées et critères de reprise
Correction expliquée : Question 1
Les signes ne changent pas le PGCD. Comme \(144=96+48\) et \(96=2\times48\), on a \(\operatorname{PGCD}(-96,144)=48\). Ce nombre est positif par définition. Les diviseurs positifs communs sont les diviseurs de 48 :
À contrôler dans ta réponse : une valeur positive, un calcul du PGCD et une liste complète. En cas d’erreur sur le signe, reprends l’unité sur la définition du PGCD ; sur le dernier reste, l’unité sur Euclide.
Correction expliquée : Question 2
Les divisions sont
Critères : substitutions visibles, signes conservés, identité contrôlée, conclusion de coprimalité. Pour réparer une erreur de signe, reprends l’unité sur la construction d’une identité de Bézout.
Correction expliquée : Question 3
Soit \(d\) le PGCD des deux expressions ; elles ne peuvent pas être nulles ensemble, car la combinaison suivante vaut \(-7\) :
Réciproquement, si \(n=7k+5\), alors
Correction expliquée : Question 4
On a \(\operatorname{PGCD}(18,7)=1\), car \(18=2\times7+4\), \(7=4+3\), \(4=3+1\). Gauss appliqué à \(18\mid7x\) donne \(18\mid x\).
Avec 6, la condition est perdue : \(\operatorname{PGCD}(18,6)=6\). Pour \(x=3\), \(18\mid6x\), mais \(18\nmid3\). On peut seulement déduire \(3\mid x\) : si \(6x=18k\), diviser les deux membres par \(6\ne0\) donne \(x=3k\).
Critères : annoncer l’hypothèse de Gauss et fournir un vrai contre-exemple si elle manque. Reprends l’unité sur Gauss si tu avais simplifié sans vérifier le PGCD.
Correction expliquée : Question 5
Le PGCD de 14 et 22 est 2, qui divise 10 : des solutions entières existent. L’équation équivaut à \(7x+11y=5\), après division des deux membres par 2. Comme \(7\times7+11\times(-4)=49-44=5\), une solution est \((7,-4)\).
Si \((x,y)\) est une solution, on soustrait les deux égalités :
Réciproquement,
Critères : existence, famille exhaustive avec un seul paramètre, vérification, puis domaine naturel. Reprends l’unité sur les équations diophantiennes si tu as confondu existence entière et existence naturelle.
Correction expliquée : Question 6
Soient \(x,y\in\mathbb{N}\) les nombres d’objets de \(18\,\mathrm g\) et de \(30\,\mathrm g\). L’équation est \(18x+30y=186\). Après division des deux membres par 6, elle devient \(3x+5y=31\). Une solution particulière est \((2,5)\), car \(3\times2+5\times5=31\).
En soustrayant cette solution, \(3(x-2)+5(y-5)=0\), donc \(3(x-2)=-5(y-5)\). Comme 3 et 5 sont premiers entre eux, \(5\mid(x-2)\). On écrit \(x=2+5k\), puis \(15k=-5(y-5)\). En divisant les deux membres par \(-5\ne0\), on obtient \(-3k=y-5\), soit \(y=5-3k\), \(k\in\mathbb{Z}\). La réciproque se vérifie :
Critères : inconnues définies, même unité, contraintes naturelles, retour à deux compositions réelles. Une autre solution particulière conduit à la même liste finale, avec un paramètre décalé.
Correction expliquée : Question 7
\(17\times11=187=6\times31+1\), donc 11 est un inverse de 17 modulo 31. En multipliant \(17x\equiv4\;[31]\) par 11, on obtient \(x\equiv44\equiv13\;[31]\). Les solutions sont \(x=13+31k\), \(k\in\mathbb{Z}\). Contrôle sur le représentant : \(17\times13-4=221-4=217=7\times31\).
Critères : le produit inverse vaut 1 modulo 31, et la réponse décrit tous les entiers solutions. Pour l’inverse, reprends l’unité sur les congruences linéaires.
Correction expliquée : Question 8
\(\operatorname{PGCD}(14,20)=2\), et 2 divise 8. Écrivons la congruence comme une divisibilité :
En revanche, \(14x\equiv7\;[20]\) n’a aucune solution : \(14x-7\) est impair et ne peut pas être multiple de 20. C’est aussi le critère \(2\nmid7\).
Critères : vérifier l’existence avant d’inverser ; changer le module correctement ; ne pas perdre une classe solution.
Correction expliquée : Question 9
| avant | ancien_b |
après | |||
| Tour | \(a\) | \(b\) | \(a\) | \(b\) | |
| 1 | 70 | 28 | 28 | 28 | 14 |
| 2 | 28 | 14 | 14 | 14 | 0 |
Le premier reste est \(70\mathbin{\%}28=14\), le second \(28\mathbin{\%}14=0\). À l’arrêt, \(a=14\), qui est le PGCD. La variable temporaire conserve l’ancien diviseur avant que \(b\) ne soit remplacé par le reste.
Si l’on écrivait d’abord a = b, puis
b = a % b, le second calcul utiliserait déjà le nouveau
\(a\). Dès le premier tour, il
calculerait \(28\mathbin{\%}28=0\), et
renverrait 28, qui ne divise pas 70.
Critères : valeurs et positions exactes, lecture dans l’ordre des affectations. Reprends l’unité d’algorithmique si tu as calculé avec un mélange d’anciens et de nouveaux états.
Correction expliquée : Question 10
V a le rang 21. On a \(15\times7=105=4\times26+1\), donc 7 est un inverse de 15. Ainsi
Critères : soustraire le décalage, multiplier par l’inverse, choisir un rang de 0 à 25 et contrôler le message. Reprends l’application au chiffrement si tu as utilisé une division réelle.
Correction expliquée : Question 11
\(198=126+72\), \(126=72+54\), \(72=54+18\), \(54=3\times18\), donc \(\operatorname{PGCD}(126,198)=18\). Le numérateur et le dénominateur ont le même facteur non nul 18 :
Critères : même facteur en haut et en bas, dénominateur non nul, preuve qu’il ne reste aucun facteur commun.
Je dois pouvoir produire ces raisonnements
Calculer un PGCD en justifiant l’arrêt et le dernier reste non nul ; retrouver tous les diviseurs communs.
Construire une identité de Bézout, expliquer l’intégralité des coefficients et contrôler le résultat par un calcul direct.
Reconnaître la coprimalité, nommer les hypothèses de Gauss et expliquer un contre-exemple lorsqu’elles manquent.
Décrire toutes les solutions d’une équation entière, vérifier la réciproque et filtrer les contraintes du contexte.
Résoudre une congruence sans division illicite et distinguer un représentant de l’ensemble des solutions.
Expliquer une mise à jour algorithmique, traduire un problème et vérifier que la réponse satisfait la demande initiale.
Méthode : Organiser une reprise utile
Choisis une question non réussie et repère la première ligne où tes conditions ou tes calculs diffèrent de la correction. Reprends l’unité indiquée, puis fais son nouvel essai corrigé. Plus tard, reprends la question du bilan avant de relire la solution. Note si tu as utilisé un indice : cela t’aide à distinguer ce que tu retrouves seul de ce que tu sais faire avec une aide.
Une bonne réponse numérique ne suffit pas si la justification manque ; une erreur corrigée n’est pas un verdict sur tes capacités. Le but est de pouvoir expliquer la méthode, ses conditions, le contrôle et le passage à une situation voisine.
Référence du parcours scolaire. Programme de l’enseignement optionnel de mathématiques expertes de terminale générale, arrêté du 19 juillet 2019, BO spécial no8 du 25 juillet 2019, partie « Arithmétique ». Le lemme chinois et les racines rationnelles sont proposés en approfondissements non obligatoires ; les compléments PPCM et plusieurs entiers sont distingués du noyau. Les exemples, explications, exercices et schémas du présent cours ont été rédigés pour Faire les 2kπ.
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