Cours
Phénomènes aléatoires
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Phénomènes aléatoires
FAIRE LES 2k\(\pi\)
CHAPITRE 02
Phénomènes
aléatoires
Cours en autonomie
1re générale — Mathématiques tronc commun
Mathématiques intégrées à l’enseignement scientifique
Un cours que tu peux reprendre à ton rythme
Tu n’as pas besoin de te souvenir de tout pour commencer. Les fractions, les pourcentages, les tableaux et les mots du chapitre sont repris avant leur utilisation. Les explications montrent le premier geste, les calculs intermédiaires et les raisons de chaque étape.
Tu rencontreras des exemples résolus, des essais à faire sur une feuille et des corrections expliquées. Si une étape résiste, les encadrés Remédiation proposent un détour plus simple, puis te ramènent à la question de départ.
Pour travailler : ce document, une feuille et un crayon suffisent pour le parcours principal. Les activités de simulation peuvent être lues sur papier ; l’outil numérique sert ensuite à répéter les expériences.
Les situations chiffrées de ce cours sont fictives, sauf les règles mathématiques explicitement décrites, comme celles d’un dé équilibré. Elles servent à apprendre à raisonner et ne décrivent pas une enquête ou une étude réelle.
Comprendre • Essayer • Vérifier • Recommencer
Retour au sommaireComment utiliser ce cours ?
Commence par le repérage de l’étape. Il sert à choisir l’aide utile, pas à te donner une note.
Lis un exemple en refaisant ses calculs. Demande-toi ce que compte chaque nombre et pourquoi l’opération choisie convient.
Cache la correction et essaie. Une lecture qui paraît claire n’est pas encore une réponse que l’on sait produire.
Compare ta démarche, pas seulement le dernier nombre. Vérifie le groupe de référence, les conditions et la phrase de conclusion.
Reviens plus tard sur la tâche de reprise. Essaie avant de relire. En cas d’erreur, reprends l’aide indiquée puis recommence.
Trois chemins possibles
Je veux reprendre les bases. Travaille les étapes 1 à 3, puis avance dans l’ordre. Les rappels locaux restent disponibles ensuite.
Je comprends les bases mais je bloque dans le chapitre. Utilise le sommaire pour rejoindre la notion : conditionnelles, arbre, indépendance ou répétitions. Chaque étape rappelle les outils nécessaires.
Je veux réviser. Commence par les problèmes de l’étape 11 sans lire les méthodes. Utilise ensuite la fiche de décision et reprends les étapes correspondant à tes erreurs.
Quelques repères de lecture. Une définition fixe le sens d’un mot. Une propriété donne une règle utilisable sous certaines conditions. Une justification explique pourquoi elle est valable. Une méthode organise le travail. Un contre-exemple montre pourquoi une affirmation trop générale est fausse.
Au moment de conclure, une probabilité se lit entre 0 et 1 ; sa valeur en pourcentage se lit entre 0 % et 100 %. Il faut toujours préciser de quel événement et dans quel groupe ou modèle on parle.
Retrouver les calculs utiles
Le but de cette étape
Lire une proportion, passer d’une fraction à un pourcentage, multiplier ou additionner des fractions, puis comprendre un quotient de fractions. Ces outils serviront à donner du sens aux probabilités.
Repérage : de quoi as-tu besoin aujourd’hui ?
Sans calculatrice, essaie ces cinq petites questions. Tu peux laisser une réponse sous forme de fraction.
Dans un groupe de 20 personnes, 5 viennent à vélo. Quelle fraction du groupe cela représente-t-il ? Quel pourcentage ?
Écris \(30\,\%\) sous forme décimale.
Calcule \(\tfrac35\times\tfrac12\).
Calcule \(\tfrac14+\tfrac12\).
Calcule \(\tfrac{\frac{3}{10}}{\frac35}\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Le groupe contient 20 personnes, dont 5 à vélo : \(\tfrac5{20}=\tfrac{5\div5}{20\div5}=\tfrac14=\tfrac{25}{100}=25\,\%\). Si le dénominateur te pose problème, reprends « La fraction répond à une question ».
\(30\,\%=\tfrac{30}{100}=0{,}30=0{,}3\). Reprends « Trois écritures » si tu as répondu 30 ou 0,03.
\(\tfrac35\times\tfrac12=\tfrac{3\times1}{5\times2}=\tfrac3{10}\). Reprends « Une proportion d’une proportion » si tu as additionné.
\(\tfrac14+\tfrac12=\tfrac14+\tfrac{1\times2}{2\times2}=\tfrac14+\tfrac24=\tfrac34\). Reprends « Additionner » si tu as trouvé \(\tfrac26\).
Le diviseur est \(\tfrac35\), qui est non nul. Ainsi \(\tfrac{\frac3{10}}{\frac35}=\tfrac3{10}\times\tfrac53=\tfrac{15}{30}=\tfrac12\). Reprends « Diviser » si tu as inversé la première fraction.
1. La fraction répond à une question
Vocabulaire — partie et groupe de référence
Dans \(\tfrac{a}{b}\), le nombre du haut, \(a\), s’appelle le numérateur ; celui du bas, \(b\), le dénominateur. Le dénominateur doit être non nul.
Pour une proportion, on écrit : \[\text{proportion}=\frac{\text{nombre d’éléments qui conviennent}}{\text{nombre total d’éléments du groupe étudié}}.\] Le dénominateur décrit le groupe auquel on compare. On le choisit d’après la question.
Dans une association, 12 personnes sur 30 participent à un atelier. La proportion de participants est \(\tfrac{12}{30}\). Si la question porte ensuite sur les participants seulement, le groupe de référence pourra devenir 12. Le groupe de départ ne sert pas de dénominateur à toutes les questions.
Méthode — simplifier une fraction sans changer sa valeur
Divise le numérateur et le dénominateur par le même nombre non nul lorsqu’ils sont tous deux divisibles par ce nombre : \[\frac{12}{30}=\frac{12\div6}{30\div6}=\frac25.\] On ne retire aucune personne. On exprime la même proportion avec une autre écriture. Ici, les deux fractions représentent 0,4.
Contrôle : \(12\times5=60\) et \(30\times2=60\). Les produits en croix égaux confirment l’égalité des fractions, puisque les dénominateurs 30 et 5 sont non nuls.
Une proportion d’éléments d’un groupe est comprise entre 0 et 1 : le nombre d’éléments qui conviennent ne dépasse pas le nombre total. Le quotient \(\tfrac{30}{12}>1\) ne pourrait donc pas représenter la proportion des 12 participants parmi 30 personnes.
Essai guidé. Parmi 24 élèves, 18 ont rendu un travail. Écris la fraction en nommant le groupe de référence, puis simplifie par 6.
Correction expliquée
Le groupe de référence est constitué des 24 élèves. Les 18 travaux rendus correspondent aux cas qui conviennent : \[\frac{18}{24}=\frac{18\div6}{24\div6}=\frac34.\] La proportion cherchée est \(\tfrac34\). Le résultat est inférieur à 1, comme attendu.
2. Trois écritures pour la même proportion
Définition — pour cent signifie sur cent
\(x\,\%\) signifie \(\tfrac{x}{100}\). Par exemple, \[\frac34=\frac{3\times25}{4\times25}=\frac{75}{100}=0{,}75=75\,\%.\] La fraction, le nombre décimal et le pourcentage décrivent ici la même proportion.
| Fraction | \(\tfrac12\) | \(\tfrac14\) | \(\tfrac34\) | \(\tfrac15\) | \(\tfrac1{10}\) |
|---|---|---|---|---|---|
| Décimal | \(0{,}5\) | \(0{,}25\) | \(0{,}75\) | \(0{,}2\) | \(0{,}1\) |
| Pourcentage | \(50\,\%\) | \(25\,\%\) | \(75\,\%\) | \(20\,\%\) | \(10\,\%\) |
Pour convertir \(0{,}08\) en pourcentage, on lit \(0{,}08=\tfrac8{100}=8\,\%\). Pour convertir \(8\,\%\) en décimal, on effectue l’opération inverse : \(8\div100=0{,}08\).
Exact ou approché ? La fraction \(\tfrac13\) est une valeur exacte. Son écriture décimale se poursuit : \(0{,}333\ldots\). On écrit \(\tfrac13\approx0{,}333\), et non \(\tfrac13=0{,}333\). En pourcentage, \(\tfrac13\approx33{,}3\,\%\). Le signe \(\approx\) indique un arrondi. Garde une fraction exacte pendant les calculs lorsque c’est possible.
Remédiation — je confonds 0,4 et 0,4 %
L’erreur : écrire \(0{,}4=0{,}4\,\%\). Le symbole % change le nombre : \(0{,}4\,\%=\tfrac{0{,}4}{100}=0{,}004\).
Rappel et exemple plus simple : une moitié vaut \(0{,}5=\tfrac{50}{100}=50\,\%\) ; elle ne vaut pas \(0{,}5\,\%\).
Nouvel essai : écris \(0{,}07\) en pourcentage, puis \(60\,\%\) en décimal. Cache la phrase suivante.
Correction : \(0{,}07=\tfrac7{100}=7\,\%\) ; \(60\,\%=\tfrac{60}{100}=0{,}6\).
Retour à l’essai. Reprends \(0{,}4\). Comme \(0{,}4=\tfrac{40}{100}\), la réponse correcte est \(40\,\%\).
3. Une proportion d’une proportion : pourquoi multiplier ?
Exemple de référence — les ateliers de la ville
Sur 200 inscrits à une journée, \(\tfrac35\) choisissent un atelier de réparation. Parmi eux, la moitié vient le matin. Quelle proportion de tous les inscrits choisit cet atelier le matin ?
Premier geste. Identifie les deux groupes successifs : tous les inscrits, puis ceux de l’atelier.
Nombre d’inscrits à l’atelier : \[200\times\frac35=(200\div5)\times3=40\times3=120.\] Nombre venant à l’atelier le matin : \[120\times\frac12=120\div2=60.\] Proportion parmi tous les inscrits : \[\frac{60}{200}=\frac{60\div20}{200\div20}=\frac3{10}=30\,\%.\] On retrouve ce résultat en multipliant directement les proportions : \[\frac35\times\frac12=\frac{3\times1}{5\times2}=\frac3{10}.\] Pourquoi ? On prend la moitié des trois cinquièmes, et non la moitié de tout le groupe. La multiplication traduit ces deux sélections successives.
Lecture du schéma. Le rectangle représente tous les inscrits, partagés en dix parts égales. L’atelier occupe six cases ; le matin en occupe trois, soit la moitié des six cases de l’atelier. Les aires représentent des proportions, pas des places dans la salle.
Règle de calcul. Pour des dénominateurs non nuls, \[\frac ab\times\frac cd=\frac{a\times c}{b\times d}.\] Exemple avec deux pourcentages : on simplifie \(\tfrac{40}{100}\) en divisant le haut et le bas par 20, et \(\tfrac{25}{100}\) en les divisant par 25. On obtient respectivement \(\tfrac25\) et \(\tfrac14\). \[40\,\%\text{ de }25\,\% =\frac{40}{100}\times\frac{25}{100} =\frac25\times\frac14 =\frac{2\times1}{5\times4} =\frac{2}{20} =\frac1{10}=10\,\%.\] Il faut vérifier le sens des deux groupes avant de multiplier. Deux nombres écrits en pourcentage dans un énoncé ne se multiplient pas automatiquement.
À toi. Les deux tiers d’un groupe ont réservé une place. Parmi ces personnes, les trois quarts ont déjà payé. Quelle fraction du groupe a réservé et payé ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice : on prend les trois quarts des deux tiers.
Correction expliquée
La première sélection conserve \(\tfrac23\) du groupe. La seconde conserve \(\tfrac34\) de cette partie. Ainsi, \[\frac23\times\frac34=\frac{2\times3}{3\times4}=\frac6{12}=\frac12.\] La moitié du groupe a réservé et payé. Le résultat est inférieur à \(\tfrac23\), ce qui est cohérent : les personnes ayant payé font partie de celles qui ont réservé.
4. Additionner des parts de même taille
Méthode — mettre au même dénominateur
Les quarts et les demis ne sont pas initialement des parts de même taille. Pour additionner \(\tfrac14\) et \(\tfrac12\), exprime chaque terme en quarts : \[\frac14+\frac12 =\frac14+\frac{1\times2}{2\times2} =\frac14+\frac24 =\frac{1+2}{4} =\frac34.\] On additionne les nombres de quarts ; on garde la taille d’une part, donc le dénominateur 4.
Autre exemple : \[\frac23+\frac16 =\frac{2\times2}{3\times2}+\frac16 =\frac46+\frac16 =\frac56.\] Retirer une proportion à 1. Pour calculer \(1-\tfrac38\), on écrit d’abord \(1=\tfrac88\) : \[1-\frac38=\frac88-\frac38=\frac{8-3}{8}=\frac58.\] En pourcentage, le reste de \(35\,\%\) est \(100\,\%-35\,\%=65\,\%\), soit \(1-0{,}35=0{,}65\).
Remédiation — j’additionne aussi les dénominateurs
L’erreur : \(\tfrac12+\tfrac12=\tfrac24\). Deux moitiés font pourtant un entier, alors que \(\tfrac24\) vaut seulement une moitié.
Reprise simple : \(\tfrac12+\tfrac12=\tfrac{1+1}{2}=\tfrac22=1\). Si les dénominateurs diffèrent, il faut d’abord rendre les parts de même taille.
Nouvel essai : calcule \(\tfrac13+\tfrac16\).
Correction : \(\tfrac13=\tfrac{1\times2}{3\times2}=\tfrac26\), donc \(\tfrac13+\tfrac16=\tfrac26+\tfrac16=\tfrac36=\tfrac12\).
Retour à l’essai. Refais \(\tfrac14+\tfrac12\) : écris d’abord \(\tfrac12=\tfrac24\), puis additionne. Tu retrouves \(\tfrac34\).
5. Diviser par une fraction : quelle fraction faut-il inverser ?
Méthode — identifier le diviseur avant de l’inverser
Pour diviser par un nombre non nul, on multiplie par son inverse. Dans \(\tfrac{\frac3{10}}{\frac35}\), le diviseur est la fraction située sous la grande barre, soit \(\tfrac35\). Son inverse est \(\tfrac53\), car \(\tfrac35\times\tfrac53=1\). \[\frac{\frac3{10}}{\frac35} =\frac3{10}\div\frac35 =\frac3{10}\times\frac53 =\frac{3\times5}{10\times3} =\frac{15}{30} =\frac12.\] Pourquoi cette règle ? Diviser \(x\) par \(y\ne0\), c’est chercher le nombre \(q\) tel que \(yq=x\). Avec \(q=x\times\tfrac1y\), on a \(yq=y\times x\times\tfrac1y=x\).
Contrôle de l’exemple : le quotient \(\tfrac12\), multiplié par le diviseur \(\tfrac35\), donne \(\tfrac12\times\tfrac35=\tfrac{1\times3}{2\times5}=\tfrac3{10}\) : on retrouve le nombre de départ.
Interprétation. Une partie représente \(\tfrac3{10}\) d’un groupe entier et appartient à une sous-population qui en représente \(\tfrac35\). Elle occupe \(\tfrac12\) de cette sous-population. C’est l’idée de changement de référence qui sera utilisée dans les probabilités conditionnelles.
On ne divise pas par zéro. Si aucune personne n’appartient au groupe de référence, on ne peut pas calculer une proportion dans ce groupe en faisant un quotient d’effectifs.
À essayer avant de consulter. Calcule \(\tfrac{\frac18}{\frac12}\), puis vérifie ton résultat par une multiplication.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice : le diviseur est \(\tfrac12\), non \(\tfrac18\).
Correction expliquée
\(\tfrac12\ne0\) et son inverse est 2. Donc \[\frac{\frac18}{\frac12}=\frac18\times\frac21 =\frac{1\times2}{8\times1}=\frac28 =\frac{2\div2}{8\div2}=\frac14.\] Vérification : \(\tfrac14\times\tfrac12=\tfrac{1\times1}{4\times2}=\tfrac18\). Un huitième du groupe entier représente un quart d’un demi-groupe.
Remédiation — j’ai inversé le dividende
L’erreur : transformer \(\tfrac{\frac18}{\frac12}\) en \(8\times\tfrac12=4\). Le premier nombre est celui que l’on divise ; c’est le second, le diviseur, qu’il faut inverser.
Exemple plus simple : \(1\div\tfrac12=1\times2=2\) : deux moitiés tiennent dans un entier.
Nouvel essai : calcule \(\tfrac14\div\tfrac12\).
Correction : \(\tfrac14\times2=\tfrac24=\tfrac12\). Le contrôle \(\tfrac12\times\tfrac12=\tfrac14\) confirme le résultat.
Retour à l’essai. Entoure le diviseur \(\tfrac12\) dans la question précédente et refais \(\tfrac18\times2=\tfrac14\).
6. Répéter une multiplication et comparer
Notation — les petites puissances
\(a^2=a\times a\), \(a^3=a\times a\times a\) et \(a^4=a\times a\times a\times a\). L’exposant compte le nombre de facteurs égaux ; il ne demande pas une multiplication par 2, 3 ou 4. \[\left(\frac12\right)^3=\frac12\times\frac12\times\frac12=\frac1{2\times2\times2}=\frac18.\] En particulier, \(\left(\tfrac12\right)^3\ne3\times\tfrac12\). Cette écriture abrégée sera utile pour répéter une même épreuve.
Pour comparer \(\tfrac23\) et \(\tfrac35\), écris-les avec un même dénominateur positif : \[\frac23=\frac{2\times5}{3\times5}=\frac{10}{15},\qquad \frac35=\frac{3\times3}{5\times3}=\frac9{15}.\] Comme \(\tfrac{10}{15}>\tfrac9{15}\), on a \(\tfrac23>\tfrac35\). Des valeurs arrondies peuvent masquer une petite différence : garde les fractions exactes pour justifier une égalité ou une inégalité.
Expliquer avec tes mots
Une camarade affirme : « Pour trouver \(20\,\%\) de \(30\,\%\), j’additionne et j’obtiens \(50\,\%\). » Explique le problème, puis corrige son calcul.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Réponse possible. Le mot « de » indique ici que l’on prend une partie d’une partie. On ne réunit pas deux groupes. On simplifie \(\tfrac{20}{100}\) par 20 et \(\tfrac{30}{100}\) par 10, puis : \[\frac{20}{100}\times\frac{30}{100} =\frac15\times\frac3{10} =\frac{1\times3}{5\times10} =\frac3{50} =\frac{3\times2}{50\times2}=\frac6{100}=6\,\%.\]
Pour une réponse complète : Ta réponse explique le sens de l’opération, donne le produit et interprète le résultat. Le seul nombre \(6\,\%\) ne suffit pas à expliquer l’erreur.
Changer de représentation
Un rectangle est découpé en 20 cases égales. On en colorie 8. Donne la proportion coloriée sous forme de fraction simplifiée, de décimal et de pourcentage. Puis donne la proportion non coloriée.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
La proportion coloriée est : \[\frac8{20}=\frac{8\div4}{20\div4}=\frac25 =\frac{2\times20}{5\times20}=\frac{40}{100}=0{,}4=40\,\%.\] Il reste \(20-8=12\) cases, donc : \[\frac{12}{20}=\frac{12\div4}{20\div4}=\frac35 =\frac{3\times20}{5\times20}=\frac{60}{100}=0{,}6=60\,\%.\] On retrouve \(1-0{,}4=0{,}6\) et \(40\,\%+60\,\%=100\,\%\).
À reprendre plus tard, avant de relire
Dans un groupe de 40 personnes, 24 ont une carte d’adhésion. Parmi ces 24 personnes, 6 participent à un atelier. Calcule la proportion d’adhérents, la proportion de participants parmi les adhérents, puis parmi les 40 personnes. Explique pourquoi deux proportions différentes utilisent le nombre 6.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Aide si nécessaire : écris le nom du groupe de référence sous chaque fraction.
Correction expliquée
Les adhérents représentent une partie des 40 personnes : \[\frac{24}{40}=\frac{24\div8}{40\div8}=\frac35 =\frac{3\times20}{5\times20}=\frac{60}{100}=60\,\%.\] Parmi les 24 adhérents, les participants représentent : \[\frac6{24}=\frac{6\div6}{24\div6}=\frac14 =\frac{1\times25}{4\times25}=\frac{25}{100}=25\,\%.\] Parmi tous les membres, les mêmes 6 participants représentent : \[\frac6{40}=\frac{6\div2}{40\div2}=\frac3{20} =\frac{3\times5}{20\times5}=\frac{15}{100}=15\,\%.\] On vérifie la proportion d’une proportion : \(\tfrac35\times\tfrac14=\tfrac{3\times1}{5\times4}=\tfrac3{20}\).
Le numérateur 6 compte les mêmes personnes, mais les groupes de comparaison comptent 24 personnes ou 40 personnes. C’est pourquoi les quotients diffèrent. Si tu as conservé 40 au dénominateur des deux dernières fractions, reprends le début de cette étape puis recommence cet exercice sans lire sa correction.
Deux calculs courts à reprendre aussi : calcule \(\tfrac14+\tfrac18\) et \(\left(\tfrac12\right)^4\) avant de lire la suite.
Aide : transforme le quart en huitièmes ; pour la puissance, écris quatre facteurs.
Correction : \(\tfrac14+\tfrac18=\tfrac{1\times2}{4\times2}+\tfrac18=\tfrac28+\tfrac18=\tfrac38\). Puis \(\left(\tfrac12\right)^4=\tfrac12\times\tfrac12\times\tfrac12\times\tfrac12=\tfrac1{2\times2\times2\times2}=\tfrac1{16}\). Si tu as répondu \(\tfrac29\) ou 2, reprends respectivement « Additionner » ou « Les petites puissances », puis recommence ces deux calculs.
À retenir
Une proportion commence par un groupe de référence. Un pourcentage est une fraction sur 100. Pour une partie d’une partie, on multiplie ; pour additionner des fractions, on rend les dénominateurs identiques ; pour diviser par une fraction non nulle, on inverse le diviseur. Garde le sens de chaque opération et vérifie que le résultat convient à la situation.
Comprendre les événements et les probabilités
Le but de cette étape
Reconnaître ce qui est aléatoire, décrire les résultats possibles, traduire « et », « ou » et « contraire », puis calculer une probabilité dans un modèle simple.
Repérage et rappels immédiats
On lance un dé équilibré à six faces numérotées de 1 à 6.
Quels résultats peuvent apparaître ?
Quels résultats réalisent l’événement « obtenir un nombre pair » ?
Quelle est la probabilité d’obtenir un nombre pair ?
« Ne pas obtenir 6 » signifie-t-il « obtenir 1 » ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Les résultats possibles sont 1, 2, 3, 4, 5 et 6. Les résultats pairs sont 2, 4 et 6 : il y en a 3 sur 6, tous de même probabilité. On obtient donc \(\tfrac36=\tfrac{3\div3}{6\div3}=\tfrac12\). « Ne pas obtenir 6 » signifie obtenir l’un des résultats 1, 2, 3, 4 ou 5, et non seulement 1.
Si la fraction est difficile, rappelle-toi : le dénominateur compte tous les résultats équiprobables ; le numérateur compte ceux qui conviennent. Si les mots posent problème, reprends les définitions ci-dessous avant de calculer.
1. Du phénomène réel au modèle
Définitions — expérience, issue, univers
Une expérience aléatoire est une expérience dont le résultat n’est pas connu à l’avance avec certitude, dans la situation étudiée.
Une issue est un résultat possible décrit avec la précision choisie. L’univers, noté \(\Omega\) (lettre grecque « oméga »), est l’ensemble de toutes les issues retenues dans le modèle.
Un événement est un ensemble d’issues. Il est réalisé lorsque l’issue obtenue appartient à cet ensemble.
Pour le lancer du dé, \(\Omega=\{1;2;3;4;5;6\}\). Les accolades servent à écrire un ensemble. Pour l’événement \(A\) : « obtenir un nombre pair », on a \(A=\{2;4;6\}\). Obtenir 4 réalise \(A\) ; obtenir 3 ne le réalise pas.
Le calcul \(2+3\) n’est pas une expérience aléatoire : avec ces données, son résultat est 5. En revanche, le numéro d’une carte que l’on tire dans un jeu mélangé n’est pas connu avant le tirage.
Définition — un modèle de probabilités fini
On attribue à chaque issue une probabilité comprise entre 0 et 1. La somme des probabilités de toutes les issues vaut 1. La probabilité d’un événement est la somme des probabilités des issues qui le réalisent.
On note \(\mathrm{P}\left(A\right)\) la probabilité de l’événement \(A\). Ce nombre décrit le modèle ; il ne prédit pas quel résultat apparaîtra à la prochaine expérience.
Dire qu’un dé est équilibré conduit ici à choisir le modèle où chaque face a la probabilité \(\tfrac16\). La symétrie motive ce choix, mais un calcul ne prouve pas qu’un dé réel est parfaitement équilibré. Un relevé de lancers peut aider à étudier ce choix de modèle ; il ne fixe pas à lui seul une égalité exacte.
Événement impossible : l’ensemble vide, noté \(\varnothing\), ne contient aucune issue et a pour probabilité 0. Par exemple, obtenir 8 avec ce dé est impossible. Événement certain : l’univers \(\Omega\) contient toutes les issues et a pour probabilité 1. Obtenir un nombre entre 1 et 6 inclus est certain dans ce modèle.
2. Quand peut-on compter les cas favorables ?
Propriété — le cas d’équiprobabilité
Lorsque toutes les issues de l’univers fini ont la même probabilité, on parle d’équiprobabilité. Dans ce cas, la règle de comptage permet d’écrire : \[\mathrm{P}\left(A\right)=\frac{\text{nombre d’issues qui réalisent }A}{\text{nombre total d’issues}}.\] Justification. Si l’univers contient \(N\) issues de même probabilité, leur somme vaut 1 : chaque issue a donc la probabilité \(\tfrac1N\). Si \(A\) en contient \(m\), leur somme vaut \(m\times\tfrac1N=\tfrac mN\).
Exemple — deux couleurs ne donnent pas forcément une chance sur deux
Un sac contient trois jetons indiscernables au toucher : deux bleus, nommés \(B_1\) et \(B_2\) pour les distinguer, et un jaune \(J\). On suppose chaque jeton aussi susceptible d’être tiré que les autres.
Avec les jetons comme issues, \(\Omega=\{B_1;B_2;J\}\). Chaque issue a la probabilité \(\tfrac13\). L’événement « tirer du bleu » contient deux issues, donc sa probabilité est \(\tfrac13+\tfrac13=\tfrac23\).
Si on décrit seulement les couleurs, il y a deux résultats, bleu et jaune, mais ils n’ont pas la même probabilité : \(\tfrac23\) et \(\tfrac13\). Compter deux couleurs et répondre \(\tfrac12\) serait faux.
Premier geste : avant de compter, précise les issues et demande-toi pourquoi elles auraient la même probabilité. Le mot « hasard » ne prouve pas à lui seul l’équiprobabilité.
Essai guidé. On choisit uniformément une carte parmi 10 cartes numérotées de 1 à 10. Donne les issues de l’événement \(M\) : « le numéro est un multiple de 3 », puis calcule sa probabilité.
Correction expliquée
Un multiple de 3 est obtenu en multipliant 3 par un entier. Parmi 1 à 10, on trouve \(3\times1=3\), \(3\times2=6\) et \(3\times3=9\) ; \(3\times4=12\) est déjà hors de l’univers. Ainsi \(M=\{3;6;9\}\) et \(\mathrm{P}\left(M\right)=\tfrac3{10}=0{,}3=30\,\%\). Le choix uniforme justifie le quotient des effectifs.
3. Le contraire : tout ce qui ne réalise pas l’événement
Définition et propriété — l’événement contraire
Le contraire de \(A\), noté \(\overline{A}\) et lu « A barre », contient toutes les issues de \(\Omega\) qui n’appartiennent pas à \(A\). \[\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)=1-\mathrm{P}\left(A\right).\] Pourquoi ? Chaque issue appartient à \(A\) ou à son contraire, et jamais aux deux. Ensemble, ils couvrent l’univers de probabilité 1. Ainsi \(\mathrm{P}\left(A\right)+\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)=1\), d’où la formule.
Dans le dé équilibré, si \(A=\{2;4;6\}\), alors \(\overline{A}=\{1;3;5\}\). Si \(B\) est « obtenir 6 », alors \(\overline{B}=\{1;2;3;4;5\}\) et \[\mathrm{P}\left(\overline{B}\right)=1-\frac16=\frac66-\frac16=\frac56.\] Le contraire dépend de l’univers. « Ne pas obtenir 6 » ne signifie ni « obtenir un résultat plus petit que 6 » dans tout univers, ni « obtenir 1 ».
Remédiation — je ne garde qu’une seule possibilité du contraire
Erreur de départ : pour \(A=\{2;4;6\}\) dans \(\{1;2;3;4;5;6\}\), proposer \(\overline{A}=\{1\}\).
Rappel : le contraire contient toutes les issues manquantes. Dans \(\Omega=\{a;b;c\}\), si \(E=\{a\}\), alors \(\overline{E}=\{b;c\}\).
Nouvel essai : dans \(\Omega=\{1;2;3;4\}\), trouve le contraire de \(F=\{1;4\}\).
Correction : on barre 1 et 4 dans la liste complète ; il reste 2 et 3. Donc \(\overline{F}=\{2;3\}\).
Retour à l’essai. Barre 2, 4 et 6 dans l’univers du dé. Il reste 1, 3 et 5 : voilà le contraire complet de \(A\).
4. « Et » : chercher les issues communes
Définition — intersection
L’événement \(A\cap B\), lu « A inter B », signifie que \(A\) et \(B\) sont réalisés. Il contient les issues communes aux deux événements.
On lance un dé équilibré. On définit \(A\) : « obtenir un nombre pair » et \(B\) : « obtenir un nombre supérieur ou égal à 4 ». \[A=\{2;4;6\},\qquad B=\{4;5;6\},\qquad A\cap B=\{4;6\}.\] 4 et 6 satisfont les deux conditions. 2 est pair mais n’est pas supérieur ou égal à 4 ; 5 est supérieur ou égal à 4 mais n’est pas pair. \[\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\frac26=\frac{2\div2}{6\div2}=\frac13.\] Dans un modèle fini, \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\leq\mathrm{P}\left(A\right)\) et \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\leq\mathrm{P}\left(B\right)\) : satisfaire les deux conditions impose de satisfaire chacune d’elles.
5. « Ou » : au moins l’un des deux, les deux sont permis
Définition — réunion
L’événement \(A\cup B\), lu « A union B », signifie que \(A\) ou \(B\) est réalisé, éventuellement les deux. C’est le « ou » inclusif utilisé en probabilités.
Dans le même exemple, \[A\cup B=\{2;4;5;6\},\qquad \mathrm{P}\left(A\cup B\right)=\frac46=\frac23.\] On inclut 4 et 6 même s’ils réalisent les deux événements. On ne les compte qu’une fois chacun.
Lecture du schéma. Le rectangle contient les six issues du dé. La zone commune aux deux ovales contient 4 et 6 : c’est l’intersection. L’ensemble des deux ovales contient 2, 4, 5 et 6 : c’est la réunion. Les issues 1 et 3 sont en dehors des deux événements. Les surfaces ne représentent pas ici les probabilités : on compte les numéros.
Propriété — corriger le double comptage
Dans un modèle fini, \[\mathrm{P}\left(A\cup B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)+\mathrm{P}\left(B\right)-\mathrm{P}\left(A\cap B\right).\] Justification. En additionnant \(\mathrm{P}\left(A\right)\) et \(\mathrm{P}\left(B\right)\), on compte une première fois les issues communes dans \(A\), puis une seconde fois dans \(B\). On retire donc une fois la probabilité de l’intersection.
Ici, \[\frac36+\frac36-\frac26=\frac{3+3-2}{6}=\frac46=\frac23.\] Le comptage direct de la réunion et cette formule donnent le même résultat.
Cas particulier : événements incompatibles. Deux événements sont incompatibles si leur intersection est vide : ils ne peuvent pas se réaliser ensemble. Dans ce cas, \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=0\) et \(\mathrm{P}\left(A\cup B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)+\mathrm{P}\left(B\right)\). Obtenir 1 et obtenir 6 dans un seul lancer sont incompatibles.
Le mot « incompatible » concerne la possibilité de réalisation simultanée. Le mot « indépendant », étudié plus loin, concerne l’effet d’une information sur une probabilité : ils ne veulent pas dire la même chose.
À essayer avant de consulter
On tire uniformément une carte numérotée de 1 à 8. Soit \(C\) : « obtenir un nombre pair » et \(D\) : « obtenir un nombre strictement inférieur à 4 ».
Écris \(C\), \(D\), \(C\cap D\), \(C\cup D\) et \(\overline{D}\).
Calcule les probabilités de ces cinq événements.
\(C\) et \(D\) sont-ils incompatibles ? Justifie.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice : « strictement inférieur à 4 » exclut 4. Pour l’intersection, garde les numéros présents dans les deux listes.
Correction expliquée
\[\begin{aligned} C&=\{2;4;6;8\}, &D&=\{1;2;3\},\\ C\cap D&=\{2\}, &C\cup D&=\{1;2;3;4;6;8\},\\ \overline{D}&=\{4;5;6;7;8\}.&& \end{aligned}\] Chaque carte a la probabilité \(\tfrac18\). On compte donc les éléments de chaque liste et on divise par 8 : \[\mathrm{P}\left(C\right)=\frac48=\frac12,\quad \mathrm{P}\left(D\right)=\frac38,\quad \mathrm{P}\left(C\cap D\right)=\frac18,\] \[\mathrm{P}\left(C\cup D\right)=\frac68=\frac34,\qquad \mathrm{P}\left(\overline{D}\right)=\frac58.\] Les simplifications utilisent la division du numérateur et du dénominateur par 4 pour \(\tfrac48\) et par 2 pour \(\tfrac68\). Contrôle de la réunion : \(\tfrac48+\tfrac38-\tfrac18=\tfrac{4+3-1}{8}=\tfrac68\). Contrôle du contraire : \(\tfrac38+\tfrac58=\tfrac88=1\).
\(C\) et \(D\) ne sont pas incompatibles : l’issue 2 réalise les deux. Une seule issue commune suffit à montrer que l’intersection n’est pas vide.
Remédiation — j’additionne toujours quand je lis « ou »
Erreur : pour l’exercice précédent, écrire \(\mathrm{P}\left(C\cup D\right)=\tfrac48+\tfrac38=\tfrac78\) sans vérifier l’intersection. Le numéro 2 a été compté deux fois.
Exemple plus simple : dans \(\Omega=\{a;b;c\}\), \(E=\{a;b\}\) et \(F=\{b;c\}\) donnent \(E\cup F=\{a;b;c\}\). Il y a 3 issues réunies, pas \(2+2=4\) : l’issue \(b\) est commune.
Nouvel essai : réunis \(G=\{1;2\}\) et \(H=\{2;3\}\) dans un univers de quatre issues équiprobables.
Correction : la réunion est \(\{1;2;3\}\), de probabilité \(\tfrac34\). Le calcul corrigé est \(\tfrac24+\tfrac24-\tfrac14=\tfrac{2+2-1}{4}=\tfrac34\).
Retour à l’essai. Dans les huit cartes, retire le double comptage de 2 : \(\tfrac78-\tfrac18=\tfrac68=\tfrac34\).
6. Les mots « exactement », « au moins », « au plus »
On observe une série de trois essais et on compte combien ont réussi. Le nombre de réussites peut être 0, 1, 2 ou 3.
| Expression | Nombres autorisés |
|---|---|
| Exactement une réussite | 1 |
| Au moins une réussite | 1, 2 ou 3 |
| Au plus une réussite | 0 ou 1 |
| Aucune réussite | 0 |
| Au moins deux réussites | 2 ou 3 |
Le contraire de « au moins une réussite » est « aucune réussite ». Le contraire de « exactement une réussite » est « zéro, deux ou trois réussites ». Écrire le contraire en mots évite de supprimer des possibilités.
Justifier sans réciter une formule
Pourquoi la probabilité de « \(A\) ou \(B\) » peut-elle être plus grande que chacune des deux probabilités, alors que celle de « \(A\) et \(B\) » ne peut pas l’être ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Réponse possible. L’intersection ne garde que les issues communes ; elle est contenue dans chacun des événements. La réunion contient toutes les issues de \(A\) et toutes celles de \(B\), sans doublons. Elle peut donc ajouter des possibilités à chacun des événements.
Pour une réponse complète : La réponse compare les ensembles d’issues. Elle ne se limite pas à dire « c’est la formule ».
Variation : changer la façon de décrire les issues
Un sac contient 4 jetons rouges et 1 jeton bleu, tous aussi susceptibles d’être tirés. Une personne dit : « Il y a deux couleurs, donc la probabilité du bleu est \(\tfrac12\). » Identifie son hypothèse cachée et rectifie.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Elle suppose que les deux couleurs sont équiprobables, ce qui n’est pas donné. Les cinq jetons sont équiprobables. Un seul est bleu : \(\mathrm{P}\left(\text{bleu}\right)=\tfrac15\). Les quatre autres sont rouges : \(\mathrm{P}\left(\text{rouge}\right)=\tfrac45\). Leur somme vaut \(\tfrac{1+4}{5}=1\).
À reprendre plus tard, avant de relire
On choisit uniformément un nombre de 1 à 10. On note \(E\) : « le nombre est pair », \(F\) : « le nombre est strictement supérieur à 7 ». Calcule \(\mathrm{P}\left(E\cap F\right)\), \(\mathrm{P}\left(E\cup F\right)\) et \(\mathrm{P}\left(\overline{F}\right)\). Explique en une phrase chacun des événements.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Aide : reconstruis d’abord les listes ; ne commence pas par une formule.
Correction expliquée
\(E=\{2;4;6;8;10\}\) et \(F=\{8;9;10\}\). L’intersection est \(\{8;10\}\) : le nombre est pair et supérieur à 7. Donc \(\mathrm{P}\left(E\cap F\right)=\tfrac2{10}=\tfrac15\) (division par 2).
La réunion est \(\{2;4;6;8;9;10\}\) : le nombre satisfait au moins l’une des deux conditions. Donc \(\mathrm{P}\left(E\cup F\right)=\tfrac6{10}=\tfrac35\) (division par 2). Vérification : \(\tfrac5{10}+\tfrac3{10}-\tfrac2{10}=\tfrac{5+3-2}{10}=\tfrac6{10}\).
Le contraire de \(F\) est \(\{1;2;3;4;5;6;7\}\) : le nombre est inférieur ou égal à 7. Ainsi \(\mathrm{P}\left(\overline{F}\right)=\tfrac7{10}=1-\tfrac3{10}\), puisque \(1=\tfrac{10}{10}\). Si tu as oublié 7 ou exclu 8 de la réunion, relis les mots de la consigne, puis refais la liste.
À retenir
Précise les issues et le modèle avant tout calcul. \(A\cap B\) signifie les deux ; \(A\cup B\) signifie au moins l’un des deux ; \(\overline{A}\) signifie tout ce qui n’est pas dans \(A\). L’équiprobabilité justifie la règle de comptage favorable/total. Pour des événements incompatibles, on additionne leurs probabilités pour obtenir celle de leur réunion.
Lire les tableaux et les fréquences
Le but de cette étape
Organiser deux informations dans un tableau, retrouver les totaux, puis distinguer une proportion dans toute la population d’une proportion dans une sous-population.
Repérage : lire une ligne avant de calculer
Une liste contient 20 personnes. Parmi elles, 8 ont réservé une place ; parmi ces 8 personnes, 6 ont payé.
Combien de personnes n’ont pas réservé ?
Combien ont réservé mais n’ont pas payé ?
Quelle fraction des 20 personnes a réservé et payé ?
Quelle fraction des personnes ayant réservé a payé ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Il reste \(20-8=12\) personnes sans réservation. Parmi les 8 personnes ayant réservé, \(8-6=2\) n’ont pas payé. La fraction ayant réservé et payé parmi les 20 personnes est \(\tfrac6{20}=\tfrac{6\div2}{20\div2}=\tfrac3{10}\).
Parmi les personnes ayant réservé, le groupe de référence contient 8 personnes : on obtient \(\tfrac68=\tfrac{6\div2}{8\div2}=\tfrac34\). Si tu as utilisé 20 dans la dernière question, reprends « Le groupe de référence change le quotient ». Si les soustractions sont difficiles, repars du total connu : partie manquante = total moins partie connue.
1. Qu’est-ce qu’un tableau croisé d’effectifs ?
Définitions — population, caractère, effectif
La population étudiée est l’ensemble des personnes ou objets que l’on observe. Un caractère est une information relevée pour chaque individu : son quartier, le mode de transport utilisé, la possession d’une carte, etc.
Un effectif est un nombre d’individus. Un tableau croisé répartit la population selon deux caractères : l’un définit les lignes, l’autre les colonnes. Chaque case intérieure correspond à la rencontre d’une ligne et d’une colonne.
On a interrogé 120 habitants de deux quartiers sur l’utilisation d’un composteur. Chaque personne est comptée dans un seul quartier et donne une réponse « oui » ou « non ».
| Composteur : oui | Composteur : non | Total | |
|---|---|---|---|
| Quartier Nord | 36 | 24 | 60 |
| Quartier Sud | 12 | 48 | 60 |
| Total | 48 | 72 | 120 |
La case 36 signifie : « 36 personnes habitent le quartier Nord et utilisent un composteur ». Le 48 en bas de la colonne « oui » compte tous les utilisateurs, sans restriction de quartier. Le 48 situé dans la ligne Sud compte des habitants du Sud sans composteur : le même nombre peut décrire des groupes différents.
Les totaux placés sur les bords du tableau sont les effectifs marginaux. Le total 120 est l’effectif total. Le mot « marginal » indique la position dans la marge ; il ne signifie pas « peu important ».
Méthode — les contrôles d’un tableau
Vérifie les lignes : \(36+24=60\) et \(12+48=60\).
Vérifie les colonnes : \(36+12=48\) et \(24+48=72\).
Retrouve le même total général : \(60+60=120\) et \(48+72=120\).
N’additionne pas les quatre cases intérieures et les totaux : les totaux comptent déjà les mêmes personnes.
2. Compléter un tableau sans deviner
Exemple de référence — retrouver une case manquante
Dans la ligne Nord, si on connaît 60 personnes au total et 36 réponses « oui », alors les réponses « non » sont \(60-36=24\).
Pourquoi soustraire ? La ligne est partagée en deux catégories qui ne se chevauchent pas et qui contiennent tous ses individus. On a donc \(\text{oui}+\text{non}=60\). En retirant les 36 réponses « oui », on obtient la partie manquante.
Premier geste : cherche une ligne ou une colonne avec un total et une seule case inconnue. Si deux cases manquent dans la même ligne, une autre ligne ou colonne peut donner l’information nécessaire.
Essai guidé. Complète ce tableau de 50 inscriptions à deux ateliers :
| En ligne | Sur place | Total | |
|---|---|---|---|
| Atelier réparation | 18 | ? | 30 |
| Atelier jardinage | ? | 8 | ? |
| Total | ? | ? | 50 |
Commence par la ligne réparation, puis retrouve le total jardinage.
Correction expliquée
Pour la réparation, les inscriptions sur place sont \(30-18=12\). Le total jardinage est \(50-30=20\). Les inscriptions jardinage en ligne sont donc \(20-8=12\). La colonne « en ligne » totalise \(18+12=30\) ; celle « sur place » totalise \(12+8=20\).
| En ligne | Sur place | Total | |
|---|---|---|---|
| Réparation | 18 | 12 | 30 |
| Jardinage | 12 | 8 | 20 |
| Total | 30 | 20 | 50 |
Le contrôle final donne \(30+20=50\) dans les deux directions. Les quatre cases intérieures sont des effectifs entiers et positifs ; aucune ne dépasse son total de ligne ou de colonne.
3. La fréquence : une proportion dans les données observées
Définition — fréquence d’un groupe
La fréquence d’une catégorie dans une population non vide est le quotient : \[f=\frac{\text{effectif de la catégorie}}{\text{effectif de la population de référence}}.\] Une fréquence est une proportion observée. Elle peut être écrite en fraction, en décimal ou en pourcentage. Un effectif compte des personnes ; une fréquence compare ce nombre à un total.
Dans l’enquête des 120 habitants, la fréquence des utilisateurs du composteur est \[\frac{48}{120}=\frac{48\div24}{120\div24}=\frac25 =\frac{2\times20}{5\times20}=\frac{40}{100}=40\,\%.\] Il s’agit d’une fréquence marginale : elle s’appuie sur le total d’une colonne. Elle compte les utilisateurs quel que soit leur quartier.
La fréquence des habitants du Nord qui utilisent un composteur, parmi les 120 habitants interrogés, est \[\frac{36}{120}=\frac{36\div12}{120\div12}=\frac3{10} =\frac{3\times10}{10\times10}=\frac{30}{100}=30\,\%.\] Cette fois, on utilise une case intérieure : on impose les deux caractères à la fois.
4. Le groupe de référence change le quotient
Exemple — les mêmes 36 personnes, trois questions
Reprenons les 36 habitants du Nord qui utilisent un composteur.
Parmi les 120 personnes interrogées, quelle proportion habite le Nord et utilise un composteur ? Le quotient est \(\tfrac{36}{120}=\tfrac3{10}=30\,\%\).
Parmi les 60 habitants du Nord, quelle proportion utilise un composteur ? \[\frac{36}{60}=\frac{36\div12}{60\div12}=\frac35 =\frac{60}{100}=60\,\%.\]
Parmi les 48 utilisateurs du composteur, quelle proportion habite le Nord ? \[\frac{36}{48}=\frac{36\div12}{48\div12}=\frac34 =\frac{75}{100}=75\,\%.\]
Les derniers passages sur 100 multiplient numérateur et dénominateur par 20 pour \(\tfrac35\), et par 25 pour \(\tfrac34\).
Une fréquence calculée dans une sous-population précisée est appelée fréquence conditionnelle. Le mot « conditionnelle » signifie que l’on a restreint le groupe étudié à ceux qui vérifient une condition.
Bon réflexe — écris « parmi qui ? » avant le quotient
Souligne l’expression qui fixe la référence : « parmi les habitants du Nord », « sur l’ensemble des personnes », « chez les utilisateurs ». Écris son effectif au dénominateur. Dans ce groupe, compte ensuite ceux qui vérifient le caractère demandé.
Ce repère aide à choisir le total ; il ne remplace pas la lecture de la question. Un énoncé peut exprimer une restriction sans utiliser le mot « parmi ».
Remédiation — je garde toujours le total général
Erreur de départ : répondre \(\tfrac{36}{120}\) à « parmi les habitants du Nord, quelle proportion utilise un composteur ? ». Les personnes du Sud ont pourtant été exclues par la question.
Exemple plus simple : une boîte contient 10 enveloppes, dont 4 vertes. Parmi les vertes, 3 portent un timbre. La proportion d’enveloppes timbrées parmi les vertes est \(\tfrac34\), car on ne regarde plus que les 4 enveloppes vertes.
Nouvel essai : sur 15 cartes, 6 sont rondes ; parmi les rondes, 2 sont bleues. Quelle proportion des cartes rondes est bleue ?
Correction : le groupe de référence contient 6 cartes rondes. Deux conviennent : \(\tfrac26=\tfrac{2\div2}{6\div2}=\tfrac13\). Le total 15 ne répondrait pas à la question posée.
Retour à l’essai. Entoure la ligne Nord du tableau. Le total de cette ligne est 60 : le quotient correct est \(\tfrac{36}{60}=\tfrac35=60\,\%\).
5. Construire les effectifs à partir de pourcentages
Exemple — préparer une journée culturelle
Une journée accueille 150 visiteurs. \(60\,\%\) ont réservé leur venue. Parmi ceux qui ont réservé, \(40\,\%\) arrivent le matin. Parmi ceux qui n’ont pas réservé, \(30\,\%\) arrivent le matin.
Premier geste : calcule d’abord la taille de chaque groupe avant d’appliquer son pourcentage.
Visiteurs ayant réservé : \[150\times\frac{60}{100}=150\times\frac35 =(150\div5)\times3=30\times3=90.\] Sans réservation : \(150-90=60\).
Ayant réservé et arrivant le matin : \[90\times\frac{40}{100}=90\times\frac25 =(90\div5)\times2=18\times2=36.\] Sans réservation et arrivant le matin : \[60\times\frac{30}{100}=60\times\frac3{10} =(60\div10)\times3=6\times3=18.\] Les arrivées plus tardives sont \(90-36=54\) et \(60-18=42\).
| Le matin | Plus tard | Total | |
|---|---|---|---|
| Réservation | 36 | 54 | 90 |
| Sans réservation | 18 | 42 | 60 |
| Total | 54 | 96 | 150 |
Vérifications : \(36+18=54\), \(54+42=96\), \(54+96=150\). La fréquence globale des arrivées le matin est \[\frac{54}{150}=\frac{54\div6}{150\div6}=\frac9{25} =\frac{9\times4}{25\times4}=\frac{36}{100}=36\,\%.\] Elle n’est ni \(40\,\%\), ni \(30\,\%\) : ces pourcentages concernent deux groupes distincts. Elle n’est pas non plus la moyenne simple \(35\,\%\) de ces deux nombres, car les groupes ont des tailles différentes, 90 et 60.
Une limite à vérifier. Si un pourcentage donné produit un effectif non entier, l’énoncé peut avoir fourni un pourcentage arrondi. Un tableau d’effectifs exacts ne peut pas contenir une demi-personne. On ne corrige pas silencieusement les données : on vérifie si les nombres sont exacts ou approchés.
À essayer avant de consulter
Dans une population de 200 personnes, 80 sont inscrites à l’activité \(A\), 70 à l’activité \(B\), et 28 aux deux activités. Chacun peut être inscrit aux deux ou à aucune.
Construis un tableau avec lignes « \(A\) / pas \(A\) » et colonnes « \(B\) / pas \(B\) ».
Quelle proportion de toute la population est inscrite aux deux ?
Parmi les inscrits à \(A\), quelle proportion est inscrite à \(B\) ?
Parmi les inscrits à \(B\), quelle proportion est inscrite à \(A\) ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice : place 28 dans la case commune avant de compléter les lignes et les colonnes.
Correction expliquée
Dans la ligne \(A\), il reste \(80-28=52\) personnes sans \(B\). Dans la colonne \(B\), il reste \(70-28=42\) personnes sans \(A\). Le total sans \(A\) est \(200-80=120\) ; il y a donc \(120-42=78\) personnes sans aucune des deux activités.
| \(B\) | Pas \(B\) | Total | |
|---|---|---|---|
| \(A\) | 28 | 52 | 80 |
| Pas \(A\) | 42 | 78 | 120 |
| Total | 70 | 130 | 200 |
La colonne « pas \(B\) » totalise \(52+78=130=200-70\) : c’est un contrôle par une autre voie.
Parmi toute la population : \[\frac{28}{200}=\frac{28\div2}{200\div2}=\frac{14}{100}=14\,\%.\] Parmi les inscrits à \(A\) : \[\frac{28}{80}=\frac{28\div4}{80\div4}=\frac7{20} =\frac{7\times5}{20\times5}=\frac{35}{100}=35\,\%.\] Parmi les inscrits à \(B\) : \[\frac{28}{70}=\frac{28\div14}{70\div14}=\frac25 =\frac{2\times20}{5\times20}=\frac{40}{100}=40\,\%.\] Les 28 mêmes personnes sont comparées à 200, 80 ou 70 personnes selon la question.
6. Passer d’une fréquence à une probabilité
Si on choisit uniformément une personne dans la liste des 120 habitants du premier tableau, chaque personne a la probabilité \(\tfrac1{120}\) d’être choisie. La probabilité de choisir un utilisateur du composteur est donc \[48\times\frac1{120}=\frac{48}{120}=\frac25.\] Le même quotient a deux lectures : c’est la fréquence des utilisateurs dans la liste et la probabilité d’en sélectionner un lors d’un choix uniforme dans cette liste.
On ne peut pas en conclure automatiquement que chaque habitant de toute la ville, ou chaque futur répondant, a cette même probabilité. Il faudrait justifier le passage de la population interrogée à une population plus large. Les données observées et le modèle choisi restent deux objets distincts.
Expliquer avec tes mots
Comment peut-on obtenir \(14\,\%\), \(35\,\%\) et \(40\,\%\) à partir d’une seule case égale à 28 ? Pourquoi n’y a-t-il pas contradiction ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Réponse possible. La case 28 compte toujours les personnes inscrites aux deux activités. Les questions comparent ce groupe à trois populations différentes : 200 personnes au total, 80 inscrits à \(A\), 70 inscrits à \(B\). Une proportion dépend aussi de son dénominateur.
Pour une réponse complète : Cite les trois groupes de référence et explique que le numérateur reste le même. « Les formules changent » ne suffit pas.
Variation : des totaux ne déterminent pas toujours les cases
Un tableau porte sur 100 personnes. On sait que 40 font l’activité \(A\) et que 50 font l’activité \(B\). Peut-on en déduire combien font les deux ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice : cherche deux tableaux possibles avec les mêmes marges.
Correction expliquée
Non. Voici deux organisations différentes, toutes deux compatibles avec les totaux donnés :
| \(B\) | Pas \(B\) | Total | \(B\) | Pas \(B\) | Total | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(A\) | 20 | 20 | 40 | \(A\) | 30 | 10 | 40 |
| Pas \(A\) | 30 | 30 | 60 | Pas \(A\) | 20 | 40 | 60 |
| Total | 50 | 50 | 100 | Total | 50 | 50 | 100 |
Les cases communes valent 20 et 30. Les deux tableaux ont pourtant 40 inscrits à \(A\), 50 à \(B\) et 100 personnes au total. Une information supplémentaire est nécessaire : par exemple, le nombre d’inscrits aux deux activités ou une proportion dans un sous-groupe.
À reprendre plus tard, avant de relire
Un tableau recense 80 objets : 30 sont en bois, 50 en métal. Parmi ceux en bois, 12 sont réparés ; parmi ceux en métal, 20 sont réparés. Construis le tableau, puis calcule la fréquence des objets réparés dans l’ensemble et dans chacun des deux groupes.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Aide : trouve les non-réparés par soustraction, puis écris les trois groupes de référence.
Correction expliquée
Les non-réparés sont \(30-12=18\) en bois et \(50-20=30\) en métal. Les réparés totalisent \(12+20=32\), les non-réparés \(18+30=48\) et \(32+48=80\).
| Réparés | Non réparés | Total | |
|---|---|---|---|
| Bois | 12 | 18 | 30 |
| Métal | 20 | 30 | 50 |
| Total | 32 | 48 | 80 |
Les trois fréquences sont : \[\frac{32}{80}=\frac{32\div16}{80\div16}=\frac25, \quad \frac{12}{30}=\frac{12\div6}{30\div6}=\frac25, \quad \frac{20}{50}=\frac{20\div10}{50\div10}=\frac25.\] Chacune vaut \(\tfrac25=\tfrac{2\times20}{5\times20}=\tfrac{40}{100}=40\,\%\). Ici les fréquences sont égales malgré des effectifs différents. Ce sont les proportions, pas seulement les nombres 12 et 20, qu’il faut comparer. Si tu n’as pas retrouvé les mêmes marges par les deux directions, corrige le tableau avant de calculer les fréquences.
À retenir
Une case intérieure impose deux caractères. Une marge oublie l’un des deux caractères et additionne les catégories correspondantes. Pour chaque fréquence, nomme le groupe de référence avant de choisir son total. Le passage à une probabilité par quotient d’effectifs exige de préciser un choix uniforme dans la population concernée.
Probabilités conditionnelles : parmi qui ?
Le but de cette étape
Reconnaître le groupe dans lequel on choisit, calculer la part recherchée dans ce groupe et expliquer la différence entre « et » et « sachant que ». Tu apprendras aussi à lire et à écrire une probabilité conditionnelle.
Un petit repérage pour commencer
Un sac contient 20 jetons. Parmi eux, 12 portent une étoile. Parmi ces 12 jetons étoilés, 6 sont bleus.
On choisit uniquement parmi les jetons étoilés. Combien de jetons peuvent être choisis ?
Parmi les jetons étoilés, quelle est la proportion de jetons bleus ?
Quelle est la proportion de jetons à la fois étoilés et bleus dans le sac entier ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
La première question impose de se limiter aux 12 jetons étoilés. Le sac en contient 20, mais les 8 autres ne font plus partie du groupe dans lequel on choisit.
Pour la deuxième question, 6 jetons conviennent parmi les 12 encore possibles : \[\frac{6}{12}=\frac{6\div6}{12\div6}=\frac12=0{,}5=50\,\%.\] Pour la troisième question, on conserve les 20 jetons comme référence : \[\frac{6}{20}=\frac{6\div2}{20\div2}=\frac{3}{10}=0{,}3=30\,\%.\] Le numérateur reste 6 ; le dénominateur change avec la question. Si tu as utilisé 20 dans les deux cas, lis attentivement le prochain exemple et l’aide « Retrouver le groupe de référence ». Si les fractions te freinent, garde d’abord l’écriture « 6 parmi 12 » : elle donne le sens du calcul.
La même enquête, plusieurs questions
Dans un projet Ma ville de demain, 200 personnes répondent à une enquête sur un composteur collectif. Certaines ont participé à un atelier de découverte. On choisit une fiche au hasard parmi les 200 fiches ; chaque fiche a la même chance d’être choisie.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
On note les événements : \[A:\text{« la personne a participé à l'atelier »},\qquad B:\text{« la personne est favorable au projet »}.\] Un événement est ici une description que la fiche choisie vérifie ou ne vérifie pas. L’événement \(A\cap B\), lu « \(A\) et \(B\) », regroupe les personnes qui vérifient les deux descriptions. L’événement \(\overline{A}\) signifie « la personne n’a pas participé à l’atelier ».
| Favorable \(B\) | Non favorable \(\overline{B}\) | Total | |
|---|---|---|---|
| Atelier \(A\) | 60 | 20 | 80 |
| Sans atelier \(\overline{A}\) | 24 | 96 | 120 |
| Total | 84 | 116 | 200 |
Exemple expliqué — Trois questions à distinguer
1. Quelle est la probabilité que la personne ait participé à l’atelier et soit favorable ?
On choisit parmi les 200 fiches. La case commune à \(A\) et à \(B\) contient 60 fiches. Ainsi, \[\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\frac{60}{200}=\frac{60\div20}{200\div20}=\frac{3}{10}=0{,}3=30\,\%.\] Dans toute l’enquête, 30 % des personnes ont les deux caractéristiques.
2. Sachant que la personne a participé à l’atelier, quelle est la probabilité qu’elle soit favorable ?
L’information « elle a participé à l’atelier » exclut la deuxième ligne. Parmi les 80 personnes de la ligne \(A\), 60 sont favorables : \[\frac{60}{80}=\frac{60\div20}{80\div20}=\frac34=0{,}75=75\,\%.\] Parmi les participants à l’atelier, 75 % sont favorables au projet.
3. Sachant que la personne est favorable, quelle est la probabilité qu’elle ait participé à l’atelier ?
Cette fois, on conserve la colonne \(B\). Parmi les 84 personnes favorables, 60 ont participé : \[\frac{60}{84}=\frac{60\div12}{84\div12}=\frac57 \approx0{,}7143.\] Parmi les personnes favorables, environ 71,4 % ont participé à l’atelier.
Contrôle. Les trois dénominateurs sont positifs et au moins égaux à 60. Les trois quotients appartiennent donc à \([0\,;1]\). Les résultats diffèrent parce que les groupes de référence diffèrent.
Comprendre — Changer de groupe ne change pas les personnes
Imagine que tu poses sur la table uniquement les fiches qui satisfont l’information donnée. Tu demandes ensuite : « Parmi les fiches restées sur la table, quelle part satisfait aussi ce que je cherche ? »
Dans la question 2, les fiches restées sur la table sont celles de l’atelier ; dans la question 3, ce sont celles des personnes favorables. Cette image aide à choisir le dénominateur. Elle ne signifie pas que l’on modifie l’opinion des personnes, ni que leur opinion se forme après leur participation à l’atelier.
Lire et écrire la nouvelle notation
Définition — Probabilité conditionnelle
Soit \(A\) un événement de probabilité strictement positive. La probabilité de \(B\) sachant \(A\) se note \[\boxed{\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}}.\] Le petit \(A\), placé sous le \(\mathrm P\), indique l’information connue. Le \(B\), dans les parenthèses, indique ce que l’on cherche.
Dans un tirage équiprobable parmi un nombre fini d’objets, cette définition devient \[\boxed{\mathrm{P}_{A}\left(B\right) =\frac{\text{nombre d'objets vérifiant à la fois $A$ et $B$}} {\text{nombre d'objets vérifiant $A$}}}.\] La notation \(\mathrm{P}\left(B\mid A\right)\), que tu peux rencontrer ailleurs, a le même sens. Dans ce cours, on utilisera \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\).
| Notation | Lecture en français | Groupe de référence |
|---|---|---|
| \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\) | La personne vérifie \(A\) et \(B\). | Toutes les fiches. |
| \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) | La personne vérifie \(B\), sachant \(A\). | Les fiches vérifiant \(A\). |
| \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)\) | La personne vérifie \(A\), sachant \(B\). | Les fiches vérifiant \(B\). |
Dans l’enquête, \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=0{,}75\) et \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)=\frac57\). Intervertir \(A\) et \(B\) change généralement la probabilité conditionnelle. À l’inverse, \(A\cap B\) et \(B\cap A\) décrivent exactement les mêmes fiches : les deux conditions doivent être satisfaites.
Pourquoi le quotient des probabilités retrouve-t-il les effectifs ?
Dans l’enquête, \[\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\frac{60}{200}=0{,}3 \quad\text{et}\quad \mathrm{P}\left(A\right)=\frac{80}{200}=0{,}4.\] La définition donne alors : \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right) =\frac{0{,}3}{0{,}4} =\frac{0{,}3\times10}{0{,}4\times10} =\frac34 =0{,}75.\] Multiplier le numérateur et le dénominateur par un même nombre non nul conserve le quotient.
On peut aussi garder les fractions. Le diviseur \(\frac{80}{200}\) est non nul. Diviser par cette fraction revient à multiplier par son inverse \(\frac{200}{80}\) : \[\frac{\dfrac{60}{200}}{\dfrac{80}{200}} =\frac{60}{200}\times\frac{200}{80} =\frac{60\times200}{200\times80} =\frac{60}{80}.\] Les deux probabilités initiales ont été calculées sur les mêmes 200 fiches. Dans leur quotient, cette référence commune disparaît ; il reste le groupe des 80 fiches de \(A\).
Méthode — Calculer une probabilité conditionnelle
Repère l’information connue. Cherche « sachant que », « parmi », « chez les », « dans le groupe des ». Écris le groupe de référence.
Repère ce qui est demandé dans ce groupe. Il faut satisfaire à la fois l’information connue et la caractéristique recherchée.
Choisis la forme du quotient. Avec un tableau d’effectifs équiprobables, utilise directement les effectifs. Avec des probabilités, utilise \(\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}\).
Vérifie le dénominateur. Le groupe n’est pas vide, ou la probabilité qui le définit est strictement positive.
Calcule et interprète. Ta phrase de réponse conserve l’information « parmi les …».
Un premier geste utile consiste à souligner le groupe connu avant d’écrire une formule.
Essai guidé — Trois écritures pour une même situation
Une association compte 120 inscrits. Parmi eux, 72 possèdent une carte d’abonnement \(A\). Au total, 48 ont réservé une sortie \(R\), dont 36 possèdent la carte. On choisit un inscrit au hasard, avec équiprobabilité.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
Pour \(\mathrm{P}_{A}\left(R\right)\), écris d’abord : « Parmi les … possesseurs de carte, … ont réservé. » Calcule.
Calcule \(\mathrm{P}_{R}\left(A\right)\) en écrivant le nouveau groupe de référence.
Calcule \(\mathrm{P}\left(A\cap R\right)\), puis explique pourquoi son dénominateur diffère de ceux des questions précédentes.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice. Les 36 personnes vérifient les deux caractéristiques ; elles forment le numérateur des trois quotients.
Correction expliquée
Parmi les 72 possesseurs de carte, 36 ont réservé. Puisque \(72>0\), \[\mathrm{P}_{A}\left(R\right)=\frac{36}{72}=\frac{36\div36}{72\div36}=\frac12=0{,}5.\] La moitié des possesseurs de carte ont réservé.
Parmi les 48 personnes ayant réservé, 36 possèdent une carte. Puisque \(48>0\), \[\mathrm{P}_{R}\left(A\right)=\frac{36}{48}=\frac{36\div12}{48\div12}=\frac34=0{,}75.\] 75 % des personnes ayant réservé possèdent une carte.
Le choix se fait maintenant parmi les 120 inscrits : \[\mathrm{P}\left(A\cap R\right)=\frac{36}{120}=\frac{36\div12}{120\div12}=\frac{3}{10}=0{,}3.\] 30 % des inscrits possèdent une carte et ont réservé. La question ne restreint pas le groupe initial par une information connue.
Contrôle. La probabilité de satisfaire les deux conditions dans toute l’association vaut \(0{,}3\), inférieure aux probabilités \(\frac{72}{120}=0{,}6\) et \(\frac{48}{120}=0{,}4\) de satisfaire chacune d’elles.
Le contraire : garder la même information
Propriété — Complément à l’intérieur d’un groupe
Si \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\), alors \[\boxed{\mathrm{P}_{A}\left(\overline{B}\right)=1-\mathrm{P}_{A}\left(B\right)}.\] L’information connue reste \(A\). Dans le groupe \(A\), chaque issue vérifie soit \(B\), soit \(\overline{B}\), jamais les deux.
Justification avec le tableau de l’enquête. Les 80 participants à l’atelier se partagent en 60 favorables et 20 non favorables. Donc \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)+\mathrm{P}_{A}\left(\overline{B}\right) =\frac{60}{80}+\frac{20}{80} =\frac{80}{80}=1.\] Ainsi, \[\mathrm{P}_{A}\left(\overline{B}\right)=1-0{,}75=0{,}25.\] On pouvait aussi lire \(\frac{20}{80}=\frac{20\div20}{80\div20}=\frac14\). Les deux méthodes donnent bien le même résultat.
Justification générale. Les événements \(A\cap B\) et \(A\cap\overline{B}\) sont disjoints et, réunis, constituent \(A\). Par addition de leurs probabilités, \[\mathrm{P}\left(A\cap B\right)+\mathrm{P}\left(A\cap\overline{B}\right)=\mathrm{P}\left(A\right).\] Comme \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\), on divise les deux membres par \(\mathrm{P}\left(A\right)\) : \[\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}+ \frac{\mathrm{P}\left(A\cap\overline{B}\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}=1.\] Ce sont précisément les deux probabilités conditionnelles annoncées.
Piège — Mettre la barre au mauvais endroit
Dans la même enquête, \(\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(B\right)=\frac{24}{120}=\frac{24\div24}{120\div24}=\frac15=0{,}20\) : parmi les personnes sans atelier, 20 % sont favorables.
Or \(1-\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=0{,}25\). Donc \[\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(B\right)\ne 1-\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\] dans cet exemple. Compléter à 1 change ce que l’on cherche, pas le groupe dans lequel on cherche.
À toi. On sait que \(\mathrm{P}_{C}\left(D\right)=0{,}68\) et que \(\mathrm{P}\left(C\right)>0\). Donne \(\mathrm{P}_{C}\left(\overline{D}\right)\). Peut-on en déduire \(\mathrm{P}_{\overline{C}}\left(D\right)\) ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Dans le groupe \(C\), la part qui ne vérifie pas \(D\) vaut \[\mathrm{P}_{C}\left(\overline{D}\right)=1-0{,}68=0{,}32.\] En revanche, aucune information n’est donnée sur la part de \(D\) dans le groupe \(\overline{C}\). On ne peut donc pas calculer \(\mathrm{P}_{\overline{C}}\left(D\right)\) avec ces seules données ; il faudrait aussi que cette condition ait une probabilité positive pour que la notation soit définie.
Et si le groupe est vide ?
La définition exige \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\). Si aucune fiche ne vérifie \(A\), la question « Quelle proportion de ces fiches vérifie \(B\) ? » n’a pas de dénominateur possible. Le quotient aurait un zéro au dénominateur : on ne le calcule pas et on ne lui donne pas arbitrairement la valeur 0.
En revanche, si \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\) mais qu’aucune issue de \(A\) ne vérifie \(B\), le numérateur est nul et \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=0\) est parfaitement défini. La réalisation de \(B\) n’est donc pas obligée d’avoir une probabilité positive pour calculer \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\).
Petit test. Une boîte contient 10 cartes, toutes vertes. Peut-on calculer la probabilité d’obtenir une carte numérotée sachant qu’elle est rouge ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
L’événement « la carte est rouge » a une probabilité nulle. La probabilité conditionnelle demandée n’est pas définie dans ce cadre. Ce n’est pas une probabilité égale à zéro.
Une vraie variation — Quand les informations ne suffisent pas
On sait que \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}6\) et \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=0{,}18\).
Calcule \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\).
Peut-on calculer \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)\) sans autre information ? Justifie.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice. Écris les deux quotients avant de remplacer leurs éléments par des nombres.
Correction expliquée
Puisque \(0{,}6>0\), \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{0{,}18}{0{,}6} =\frac{0{,}18\times100}{0{,}6\times100} =\frac{18}{60}.\] On divise ensuite le numérateur et le dénominateur par 6 : \[\frac{18}{60}=\frac{18\div6}{60\div6}=\frac3{10}=0{,}3.\] Pour l’autre sens, il faudrait \[\mathrm{P}_{B}\left(A\right)=\frac{0{,}18}{\mathrm{P}\left(B\right)}.\] La valeur \(\mathrm{P}\left(B\right)\) manque. Elle ne se déduit pas des deux seules données. Par exemple, si \(\mathrm{P}\left(B\right)=0{,}3\), le quotient serait \(0{,}6\) ; si \(\mathrm{P}\left(B\right)=0{,}5\), il serait \(0{,}36\). Ces deux cas sont possibles : les quatre parts \((A\cap B,\ A\cap\overline{B},\ \overline{A}\cap B,\ \overline{A}\cap\overline{B})\) pourraient être respectivement \[(0{,}18;\ 0{,}42;\ 0{,}12;\ 0{,}28) \quad\text{ou}\quad (0{,}18;\ 0{,}42;\ 0{,}32;\ 0{,}08).\] Dans les deux cas, les parts sont positives et leur somme vaut 1. Reconnaître une donnée manquante est une réponse mathématique.
Tentative autonome — Un compte rendu associatif
75 bénévoles participent à un projet de quartier. Parmi les 45 qui sont venus à la réunion préparatoire, 18 choisissent le chantier de plantation. Parmi les 30 autres bénévoles, 12 choisissent aussi ce chantier. Une personne est choisie au hasard parmi les 75, avec équiprobabilité.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
On note \(R\) : « la personne est venue à la réunion » et \(P\) : « elle choisit la plantation ».
Calcule \(\mathrm{P}\left(R\cap P\right)\), \(\mathrm{P}_{R}\left(P\right)\) et \(\mathrm{P}_{P}\left(R\right)\).
Calcule \(\mathrm{P}_{R}\left(\overline{P}\right)\).
Explique en deux phrases pourquoi les deux probabilités conditionnelles de la question 1 ne sont pas interchangeables.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indices, si nécessaire. Le nombre total de personnes choisissant la plantation est \(18+12\). Pour chaque quotient, annonce le groupe conservé.
Correction expliquée
Il y a \(18+12=30\) personnes qui choisissent la plantation. \[\mathrm{P}\left(R\cap P\right)=\frac{18}{75} =\frac{18\div3}{75\div3}=\frac6{25}.\] Pour obtenir un dénominateur 100, on multiplie en haut et en bas par 4 : \[\frac6{25}=\frac{6\times4}{25\times4}=\frac{24}{100}=0{,}24.\] Dans toute l’association, 24 % des bénévoles viennent à la réunion et choisissent la plantation. \[\mathrm{P}_{R}\left(P\right)=\frac{18}{45} =\frac{18\div9}{45\div9}=\frac25=0{,}4.\] Parmi les 45 présents à la réunion, 40 % choisissent la plantation. \[\mathrm{P}_{P}\left(R\right)=\frac{18}{30} =\frac{18\div6}{30\div6}=\frac35=0{,}6.\] Parmi les 30 personnes choisissant la plantation, 60 % sont venues à la réunion. Les deux groupes de référence contiennent 45 et 30 personnes : intervertir les conditions change le dénominateur.
Dans le groupe \(R\), le contraire de « choisir la plantation » est « ne pas choisir la plantation ». On obtient \[\mathrm{P}_{R}\left(\overline{P}\right)=1-\frac25=\frac55-\frac25=\frac35=0{,}6.\] Contrôle par les effectifs. \(45-18=27\) personnes de la réunion ne choisissent pas la plantation ; \(\frac{27}{45}=\frac{27\div9}{45\div9}=\frac35\), ce qui confirme le complément.
Pour une réponse complète : les trois groupes de référence sont nommés ; les quotients sont écrits avant leurs valeurs ; la phrase d’interprétation conserve « parmi ».
Savoir expliquer avec ses propres mots
Question. Un camarade affirme : « Dans \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\), il y a un \(B\) à la fin, donc je divise par \(\mathrm{P}\left(B\right)\). » Comment lui montrer précisément son erreur ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Une réponse possible : « Le \(B\) dit ce que tu recherches. L’information déjà connue est \(A\), écrit sous le \(\mathrm P\). Tu choisis donc parmi les issues de \(A\) : le dénominateur est \(\mathrm{P}\left(A\right)\). Le numérateur \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\) garde celles qui vérifient aussi \(B\). »
Pour une réponse complète : ta réponse identifie le rôle de l’indice, le groupe de référence et la double condition au numérateur. Citer seulement la formule ne suffit pas à expliquer le choix.
Retrouver le groupe de référence
Remédiation — J’ai trouvé 30 % au lieu de 75 %
L’erreur à diagnostiquer. Pour la question « favorable sachant atelier », tu as calculé \(\frac{60}{200}\). Ton numérateur 60 est bon. Ton dénominateur 200 conserve des personnes que l’information « atelier » exclut.
Le rappel. Le dénominateur compte les issues qui restent possibles après l’information connue.
Un exemple plus petit, corrigé. Sur 10 fiches, 6 portent la lettre \(A\). Parmi ces 6 fiches, 3 portent aussi \(B\). On tire une fiche avec équiprobabilité. Si l’on sait que la fiche porte \(A\), on choisit parmi 6 fiches : \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac36=\frac{3\div3}{6\div3}=\frac12.\] Le quotient \(\frac3{10}\) répondrait à la question « \(A\) et \(B\) dans tout le paquet ».
Nouvel essai. Sur 16 fiches, 8 portent \(C\), dont 6 portent aussi \(D\). On tire une fiche avec équiprobabilité. Calcule la probabilité de \(D\) sachant \(C\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction du nouvel essai. Le groupe connu compte 8 fiches et le groupe favorable dans celui-ci en compte 6 : \[\mathrm{P}_{C}\left(D\right)=\frac68=\frac{6\div2}{8\div2}=\frac34=0{,}75.\] Le résultat \(\frac6{16}\) aurait à nouveau utilisé le paquet entier.
Retour à l’essai. reprends maintenant l’enquête : parmi les 80 participants à l’atelier, 60 sont favorables. Tu dois retrouver \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{60}{80}=0{,}75\), puis écrire la phrase « Parmi les participants à l’atelier, 75 % sont favorables ».
À reprendre un autre jour, avant de relire
Dans une situation fictive, 90 demandes ont été enregistrées par une association. 30 ont été faites par téléphone, 15 ont ensuite été annulées et 6 réunissent ces deux caractéristiques. On choisit une demande au hasard, avec équiprobabilité. On note \(T\) : « faite par téléphone » et \(N\) : « annulée ».
Calcule \(\mathrm{P}_{T}\left(N\right)\) et \(\mathrm{P}_{N}\left(T\right)\).
Quelle est la probabilité qu’une demande n’ait pas été annulée, sachant qu’elle a été faite par téléphone ?
Explique pourquoi on ne divise par 90 dans aucune de ces trois questions.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Aide à consulter après une tentative. Pose la question « parmi quelles demandes ? » avant chaque quotient.
Correction expliquée
Les deux groupes de référence contiennent respectivement 30 et 15 demandes : \[\mathrm{P}_{T}\left(N\right)=\frac6{30}=\frac{6\div6}{30\div6}=\frac15=0{,}2.\] \[\mathrm{P}_{N}\left(T\right)=\frac6{15}=\frac{6\div3}{15\div3}=\frac25=0{,}4.\] 20 % des demandes téléphoniques ont été annulées ; 40 % des demandes annulées ont été faites par téléphone. Pour la deuxième question, la condition reste \(T\) : \[\mathrm{P}_{T}\left(\overline{N}\right)=1-0{,}2=0{,}8.\] On peut vérifier avec les effectifs : \(30-6=24\), puis \(\frac{24}{30}=\frac{24\div6}{30\div6}=\frac45=0{,}8\). Les 90 demandes ne sont pas toutes possibles dans ces questions : chacune impose un groupe particulier.
À retenir
La question décisive est « parmi qui ? ». Dans \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\), on connaît \(A\) et on cherche \(B\) : \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}\quad(\mathrm{P}\left(A\right)>0).\] Le contraire conserve la condition : \(\mathrm{P}_{A}\left(\overline{B}\right)=1-\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\). Une intersection, une conditionnelle et la conditionnelle dans l’autre sens sont trois questions différentes.
Construire et lire un arbre pondéré
Le but de cette étape
Organiser les informations d’une situation dans un arbre, placer chaque probabilité au bon endroit et contrôler les nombres inscrits. Le but est d’abord de comprendre les branches ; leurs produits seront expliqués dans l’étape suivante.
Un petit repérage
On partage les 100 dossiers d’une enquête en deux groupes : 35 dossiers concernent des maisons, les autres des appartements.
Quelle proportion des dossiers concerne un appartement ?
Parmi les dossiers de maisons, 20 % mentionnent un récupérateur d’eau. Ce pourcentage concerne-t-il tous les dossiers ou seulement ceux des maisons ?
Écris \(20\,\%\) sous forme décimale, puis calcule son complément à 1.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Il reste \(100-35=65\) dossiers d’appartements. Leur proportion est \(\frac{65}{100}=0{,}65\). Le mot « parmi » limite la deuxième information aux dossiers des maisons. Enfin, \[20\,\%=\frac{20}{100}=0{,}20, \qquad 1-0{,}20=0{,}80.\] Si tu as appliqué 20 % aux 100 dossiers, concentre-toi sur la lecture de chaque nœud. Si le complément te pose problème, garde l’image d’un groupe complet : \(20\,\%+80\,\%=100\,\%\).
Les mots et les notations dont on a besoin
Un événement est une description du résultat étudié. On note \(\mathrm{P}\left(A\right)\) la probabilité que l’événement \(A\) soit réalisé. Le contraire \(\overline{A}\) décrit les cas où \(A\) n’est pas réalisé ; \(\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)=1-\mathrm{P}\left(A\right)\).
La probabilité \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) se lit « probabilité de \(B\) sachant \(A\) ». On se limite aux cas vérifiant \(A\), puis on cherche la part de ceux qui vérifient aussi \(B\). Lorsque \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\), \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}.\] Dans un tableau d’effectifs avec un choix équiprobable, on peut diviser directement l’effectif de \(A\cap B\) par celui de \(A\). Le symbole \(\cap\) signifie « et » : les deux caractéristiques doivent être vérifiées.
Vocabulaire — Arbre pondéré
Un arbre pondéré est un dessin qui sépare progressivement les cas possibles.
Une branche relie un point de départ à un nouveau cas.
Un nœud est un point où l’on sépare plusieurs possibilités.
Une pondération est le nombre inscrit sur une branche : ici, une probabilité.
Un chemin complet relie le départ à une extrémité, appelée une feuille. Il décrit une combinaison de caractéristiques.
Les probabilités placées sur les branches se comprennent à partir du nœud d’où partent ces branches.
Construire un arbre à partir d’un texte
Dans une étude pédagogique de trajets, 60 % des trajets empruntent un parcours ombragé. Parmi ces trajets ombragés, 25 % comportent une pause. Parmi les autres trajets, 50 % comportent une pause. On choisit un trajet au hasard dans cette étude, avec équiprobabilité.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
On note \(O\) : « le trajet emprunte le parcours ombragé » et \(P\) : « le trajet comporte une pause ». Leurs contraires sont \(\overline{O}\) et \(\overline{P}\).
Méthode expliquée — Avant de tracer
1. Choisir la première séparation. Le texte donne la proportion de trajets ombragés dans toute l’étude : cela permet de commencer par \(O\) et \(\overline{O}\). \[\mathrm{P}\left(O\right)=0{,}60, \qquad \mathrm{P}\left(\overline{O}\right)=1-0{,}60=0{,}40.\]
2. Lire la condition du deuxième pourcentage. « Parmi les trajets ombragés, 25 % comportent une pause » signifie \[\mathrm{P}_{O}\left(P\right)=0{,}25.\] Ce nombre appartient à la branche qui part de \(O\) et arrive à \(P\). Dans le même groupe \(O\), les trajets sans pause représentent \[\mathrm{P}_{O}\left(\overline{P}\right)=1-0{,}25=0{,}75.\]
3. Traiter séparément l’autre groupe. « Parmi les autres trajets » signifie que l’on se trouve maintenant dans \(\overline{O}\) : \[\mathrm{P}_{\overline{O}}\left(P\right)=0{,}50, \qquad \mathrm{P}_{\overline{O}}\left(\overline{P}\right)=1-0{,}50=0{,}50.\] Les deux groupes ne sont pas confondus : les 25 % et les 50 % n’ont pas la même référence.
Lecture du schéma. Au départ, on sépare les trajets ombragés (60 %) des autres (40 %). Dans le groupe ombragé, les branches « pause » et « sans pause » portent 25 % et 75 %. Dans l’autre groupe, elles portent chacune 50 %. Les deux feuilles marquées \(P\) ne décrivent pas le même chemin : l’une est atteinte après \(O\), l’autre après \(\overline{O}\).
Propriété — La somme vaut 1 à chaque nœud
Les branches qui partent d’un même nœud décrivent tous les cas possibles à cet endroit, sans recouvrement. La somme de leurs probabilités est donc 1.
Ici, on vérifie trois sommes différentes : \[\underbrace{0{,}60+0{,}40}_{\text{au départ}}=1, \quad \underbrace{0{,}25+0{,}75}_{\text{après }O}=1, \quad \underbrace{0{,}50+0{,}50}_{\text{après }\overline{O}}=1.\] Ces égalités expriment trois compléments : \(O\) ou \(\overline{O}\), puis \(P\) ou \(\overline{P}\) à l’intérieur de chacun des deux groupes.
Piège — Additionner toutes les branches du deuxième niveau
Le calcul \(0{,}25+0{,}75+0{,}50+0{,}50=2\) n’indique aucun défaut. Les deux premiers nombres se rapportent au groupe \(O\) ; les deux derniers se rapportent au groupe \(\overline{O}\).
Ce serait comme additionner « 100 % du premier groupe » et « 100 % du second groupe ». Pour contrôler un arbre, entoure un nœud et vérifie seulement les branches qui en partent.
Lire précisément une branche
Pour l’arbre des trajets, complète les phrases suivantes avant de regarder la correction.
Le nombre \(0{,}60\) représente la probabilité de …
Le nombre \(0{,}25\) représente la probabilité de …, sachant que …
Le nombre \(0{,}75\) représente la probabilité de …, sachant que …
La branche inférieure portant \(0{,}50\) représente la probabilité de …, sachant que …
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
\(0{,}60=\mathrm{P}\left(O\right)\) : le trajet est ombragé.
\(0{,}25=\mathrm{P}_{O}\left(P\right)\) : le trajet comporte une pause, sachant qu’il est ombragé.
\(0{,}75=\mathrm{P}_{O}\left(\overline{P}\right)\) : le trajet ne comporte pas de pause, sachant qu’il est ombragé.
\(0{,}50=\mathrm{P}_{\overline{O}}\left(\overline{P}\right)\) : le trajet ne comporte pas de pause, sachant qu’il n’est pas ombragé.
La lettre inscrite sur une feuille ne suffit donc pas à interpréter la branche : il faut lire aussi le nœud précédent.
Question de compréhension. Peut-on lire directement \(\mathrm{P}\left(P\right)=0{,}25\) sur cet arbre ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Non. \(0{,}25\) ne concerne que les trajets ombragés. Des trajets non ombragés peuvent aussi comporter une pause. Pour trouver la probabilité d’une pause dans toute l’étude, il faudra tenir compte des deux chemins qui arrivent à \(P\). Ce calcul sera expliqué dans l’unité suivante.
Passer d’un tableau à un arbre
Un jardin pédagogique possède 120 plants. On relève leur emplacement et l’apparition ou non d’une nouvelle feuille pendant une période d’observation. On choisit un plant au hasard ; tous les plants sont équiprobables.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
On note \(S\) : « le plant est en serre » et \(F\) : « une nouvelle feuille est apparue ».
| Feuille \(F\) | Pas de feuille \(\overline{F}\) | Total | |
|---|---|---|---|
| Serre \(S\) | 32 | 8 | 40 |
| Extérieur \(\overline{S}\) | 48 | 32 | 80 |
| Total | 80 | 40 | 120 |
Premier niveau : l’emplacement. On choisit dans les 120 plants : \[\mathrm{P}\left(S\right)=\frac{40}{120}=\frac{40\div40}{120\div40}=\frac13.\] \[\mathrm{P}\left(\overline{S}\right)=\frac{80}{120}=\frac{80\div40}{120\div40}=\frac23.\] Après le nœud \(S\) : uniquement la ligne de la serre. Cette ligne contient 40 plants : \[\mathrm{P}_{S}\left(F\right)=\frac{32}{40}=\frac{32\div8}{40\div8}=\frac45=0{,}8.\] \[\mathrm{P}_{S}\left(\overline{F}\right)=\frac8{40}=\frac{8\div8}{40\div8}=\frac15=0{,}2.\] Après le nœud \(\overline{S}\) : uniquement la ligne de l’extérieur. Cette ligne contient 80 plants : \[\mathrm{P}_{\overline{S}}\left(F\right)=\frac{48}{80}=\frac{48\div16}{80\div16}=\frac35=0{,}6.\] \[\mathrm{P}_{\overline{S}}\left(\overline{F}\right)=\frac{32}{80}=\frac{32\div16}{80\div16}=\frac25=0{,}4.\]
Lecture du schéma. Le premier niveau utilise le total 120. Après le nœud serre, les deux proportions sont calculées sur les 40 plants de la serre. Après le nœud extérieur, elles sont calculées sur les 80 plants de l’extérieur.
Contrôle. \(\frac13+\frac23=1\), \(0{,}8+0{,}2=1\) et \(0{,}6+0{,}4=1\). Les proportions de plants portant une nouvelle feuille sont différentes en serre et à l’extérieur : les deux parties du deuxième niveau décrivent cette différence. Le tableau et l’arbre décrivent les mêmes données, sous deux formes.
Méthode — Choisir et contrôler sa représentation
Un tableau d’effectifs est souvent pratique quand des nombres d’objets ou de personnes sont donnés. Un arbre est souvent pratique quand le texte donne directement des probabilités « parmi les …».
Ce sont des préférences utiles, pas des interdictions : une même situation peut être représentée par les deux. Pour un arbre à deux choix binaires, vérifie :
deux possibilités complémentaires à chaque nœud ;
les probabilités globales au premier niveau ;
les probabilités conditionnelles au deuxième niveau ;
des nombres compris entre 0 et 1 ;
une somme égale à 1 pour chaque nœud.
Essai guidé — Placer les informations avant de calculer
Dans une médiathèque, 60 % des emprunts portent sur un livre papier ; les autres portent sur un livre numérique. Parmi les emprunts papier, 30 % concernent un récit d’aventure. Parmi les emprunts numériques, 10 % concernent un récit d’aventure. Un emprunt est choisi au hasard, avec équiprobabilité.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
On note \(L\) : « livre papier » et \(A\) : « récit d’aventure ».
Choisis les deux événements du premier niveau. Écris leurs probabilités.
Écris les deux probabilités qui partent du nœud \(L\).
Écris celles qui partent du nœud \(\overline{L}\).
Trace l’arbre et contrôle-le par trois sommes.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice. « Parmi les emprunts papier » signifie que l’on est déjà arrivé au nœud \(L\).
Correction expliquée
Le premier niveau est \(L/\overline{L}\), avec \(\mathrm{P}\left(L\right)=0{,}60\) et \(\mathrm{P}\left(\overline{L}\right)=1-0{,}60=0{,}40\).
Après \(L\), la probabilité d’aventure vaut \(0{,}30\) et celle de non-aventure vaut \(1-0{,}30=0{,}70\). Après \(\overline{L}\), elles valent \(0{,}10\) et \(1-0{,}10=0{,}90\).
Lecture du schéma. Les emprunts papier représentent 60 % des emprunts. Dans ce groupe, 30 % sont des aventures. Les emprunts numériques représentent 40 % des emprunts ; dans ce second groupe, 10 % sont des aventures.
Les trois contrôles sont \(0{,}60+0{,}40=1\), \(0{,}30+0{,}70=1\) et \(0{,}10+0{,}90=1\).
Une variation — Changer l’ordre des questions
Reprenons toutes les données nécessaires du jardin pédagogique :
| Feuille \(F\) | Pas de feuille \(\overline{F}\) | Total | |
|---|---|---|---|
| Serre \(S\) | 32 | 8 | 40 |
| Extérieur \(\overline{S}\) | 48 | 32 | 80 |
| Total | 80 | 40 | 120 |
Peut-on commencer l’arbre par « nouvelle feuille / pas de nouvelle feuille », puis indiquer « serre / extérieur » ? Construis les probabilités de ce nouvel arbre à partir du tableau.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice. Au deuxième niveau, tu utiliseras maintenant les colonnes du tableau.
Correction expliquée
Oui. Un arbre organise des informations ; il n’impose pas toujours un ordre chronologique. On choisit toujours un plant au hasard parmi les 120, avec équiprobabilité. Au premier niveau, \[\mathrm{P}\left(F\right)=\frac{80}{120}=\frac{80\div40}{120\div40}=\frac23.\] \[\mathrm{P}\left(\overline{F}\right)=\frac{40}{120}=\frac{40\div40}{120\div40}=\frac13.\] Parmi les 80 plants ayant une nouvelle feuille, 32 sont en serre et 48 à l’extérieur : \[\mathrm{P}_{F}\left(S\right)=\frac{32}{80}=\frac{32\div16}{80\div16}=\frac25=0{,}4.\] \[\mathrm{P}_{F}\left(\overline{S}\right)=\frac{48}{80}=\frac{48\div16}{80\div16}=\frac35=0{,}6.\] Parmi les 40 plants sans nouvelle feuille, 8 sont en serre et 32 à l’extérieur : \[\mathrm{P}_{\overline{F}}\left(S\right)=\frac8{40}=\frac{8\div8}{40\div8}=\frac15=0{,}2.\] \[\mathrm{P}_{\overline{F}}\left(\overline{S}\right)=\frac{32}{40}=\frac{32\div8}{40\div8}=\frac45=0{,}8.\]
Lecture du schéma. Le premier niveau sépare les 80 plants avec une nouvelle feuille des 40 autres. Les deuxièmes niveaux donnent ensuite l’emplacement à l’intérieur de chacun de ces groupes.
Les probabilités ont changé de place et certaines ont changé de valeur, car leur condition a changé. Les données décrites restent les mêmes.
Contrôle. Les sommes \(\frac23+\frac13\), \(0{,}4+0{,}6\) et \(0{,}2+0{,}8\) valent 1. De plus, le tableau permet de vérifier que \(\mathrm{P}_{S}\left(F\right)=0{,}8\) mais \(\mathrm{P}_{F}\left(S\right)=0{,}4\) : inverser le sens d’une conditionnelle ne conserve pas le nombre.
Tentative autonome — Une commande de fruits
Une cantine étudie une commande. 70 % des lots proviennent de producteurs locaux. Parmi les lots locaux, 80 % contiennent un fruit de saison. Parmi les autres lots, 20 % contiennent un fruit de saison. On choisit un lot au hasard, avec équiprobabilité.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
Définis deux événements et construis un arbre pondéré complet.
À quelle probabilité correspond le nombre \(0{,}20\) donné dans l’énoncé ?
Vérifie ton arbre et explique pourquoi tu ne peux pas annoncer que 80 % de tous les lots sont de saison.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indices. Commence par local/non local. Il y a trois probabilités à trouver par complément à 1.
Correction expliquée
On peut noter \(L\) : « le lot est local » et \(S\) : « le lot contient un fruit de saison ». Les branches du premier niveau portent \[\mathrm{P}\left(L\right)=0{,}70,\qquad \mathrm{P}\left(\overline{L}\right)=1-0{,}70=0{,}30.\] À partir de \(L\) : \[\mathrm{P}_{L}\left(S\right)=0{,}80,\qquad \mathrm{P}_{L}\left(\overline{S}\right)=1-0{,}80=0{,}20.\] À partir de \(\overline{L}\) : \[\mathrm{P}_{\overline{L}}\left(S\right)=0{,}20,\qquad \mathrm{P}_{\overline{L}}\left(\overline{S}\right)=1-0{,}20=0{,}80.\]
Lecture du schéma. Les 70 % de lots locaux ont une proportion de fruits de saison de 80 %. Les 30 % de lots non locaux ont une proportion de fruits de saison de 20 %.
Le \(0{,}20\) donné dans l’énoncé est \(\mathrm{P}_{\overline{L}}\left(S\right)\). Un autre \(0{,}20\) apparaît par complément sur la branche \(L\to\overline{S}\) : même valeur numérique, autre signification.
Les trois sommes sont \(0{,}70+0{,}30=1\), \(0{,}80+0{,}20=1\) et \(0{,}20+0{,}80=1\). Le nombre \(0{,}80\) est une proportion parmi les lots locaux ; il ne tient pas compte des lots non locaux.
Pour une réponse complète : tes événements sont définis en français ; chaque probabilité est reliée au bon nœud ; tes trois sommes contrôlent séparément les trois séparations.
Savoir expliquer son arbre
Question. Pourquoi n’écrit-on pas le même dénominateur sur toutes les branches quand on construit un arbre à partir d’un tableau ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Une réponse possible : « Au départ, tous les objets sont possibles : je prends le total général. Après une première branche, je sais déjà dans quel groupe l’objet se trouve. Les branches suivantes donnent des proportions à l’intérieur de ce groupe : leur dénominateur est son effectif. »
Pour une réponse complète : ta réponse distingue le total général des effectifs des groupes et relie le dénominateur à l’information déjà connue.
Reprendre après une erreur de placement
Remédiation — J’ai placé une probabilité conditionnelle au départ
L’erreur. Dans le problème des trajets, tu as mis \(0{,}25\) sur une branche partant directement du départ vers \(P\).
Le rappel. Une phrase « parmi les trajets ombragés » suppose que le groupe \(O\) est déjà sélectionné. Le \(0{,}25\) se place donc après \(O\).
Un exemple plus simple, corrigé. Dans un jeu de 20 cartes, 8 portent une étoile. Parmi ces 8 cartes, 2 sont bleues. On tire une carte avec équiprobabilité. Si \(E\) signifie « étoile » et \(B\) « bleue », alors \[\mathrm{P}\left(E\right)=\frac8{20}=\frac{8\div4}{20\div4}=\frac25=0{,}4 \quad\text{au départ,}\] \[\mathrm{P}_{E}\left(B\right)=\frac28=\frac{2\div2}{8\div2}=\frac14=0{,}25 \quad\text{après }E.\] On ne connaît pas encore la proportion de cartes bleues parmi toutes les cartes : il faudrait aussi savoir ce qui se passe chez les cartes sans étoile.
Nouvel essai. 30 % des inscriptions à un atelier sont faites en ligne. Parmi celles faites en ligne, 70 % sont faites le matin. On choisit une inscription avec équiprobabilité. Où places-tu \(0{,}30\) et \(0{,}70\) si \(L\) signifie « en ligne » et \(M\) « le matin » ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction du nouvel essai. \(0{,}30=\mathrm{P}\left(L\right)\) se place au premier niveau vers \(L\). \(0{,}70=\mathrm{P}_{L}\left(M\right)\) se place sur la branche qui part de \(L\) vers \(M\). On peut compléter \(\mathrm{P}\left(\overline{L}\right)=1-0{,}30=0{,}70\) et \(\mathrm{P}_{L}\left(\overline{M}\right)=1-0{,}70=0{,}30\), mais les deux probabilités après \(\overline{L}\) ne sont pas données.
Retour à l’essai. dans l’arbre des trajets, \(0{,}60\) se place au départ vers \(O\) et \(0{,}25\) après \(O\) vers \(P\). Lis maintenant cette dernière branche à voix haute en conservant « sachant que ».
Remédiation courte — Mon contrôle donne 2 au lieu de 1
Considère deux groupes séparés. Dans le premier, les parts d’un événement et de son contraire valent \(0{,}7\) et \(0{,}3\). Dans le second, elles valent \(0{,}9\) et \(0{,}1\).
Le bon contrôle est \(0{,}7+0{,}3=1\), puis \(0{,}9+0{,}1=1\). Il ne faut pas regrouper les quatre nombres.
Nouvel essai. Deux nœuds portent respectivement les branches \(0{,}15\) et \(x\), puis \(0{,}65\) et \(y\). Trouve \(x\) et \(y\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Au premier nœud, la somme des branches donne \(0{,}15+x=1\). On soustrait \(0{,}15\) aux deux membres : \[0{,}15+x-0{,}15=1-0{,}15, \qquad x=0{,}85.\] Au second nœud, \(0{,}65+y=1\). On soustrait \(0{,}65\) aux deux membres : \[0{,}65+y-0{,}65=1-0{,}65, \qquad y=0{,}35.\] On contrôle \(0{,}15+0{,}85=1\) et \(0{,}65+0{,}35=1\). Reviens à ton arbre : entoure chaque séparation et contrôle-la individuellement.
Deux limites à connaître
Une probabilité nulle. Si un premier groupe a une probabilité nulle, on ne peut pas définir les probabilités conditionnelles sachant ce groupe par un quotient. Tout chemin passant par ce groupe a une probabilité nulle ; on n’invente pas les probabilités conditionnelles du sous-arbre. Dans nos exemples à deux groupes, les deux groupes existent.
Une probabilité égale à 1. Dans un groupe non vide, si tous les objets vérifient \(B\), la branche vers \(B\) porte 1 et celle vers \(\overline{B}\) porte 0. Cette séparation reste correcte : \(1+0=1\).
Plus de deux possibilités. Un nœud peut avoir trois branches ou davantage si les catégories sont exclusives et couvrent tous les cas. Avec trois modes de déplacement représentant \(0{,}20\), \(0{,}35\) et \(0{,}45\) des trajets, on contrôle \(0{,}20+0{,}35+0{,}45=1\). On n’utilise une barre de contraire que lorsque la seconde catégorie est exactement « tout ce qui n’est pas dans la première ».
À reprendre un autre jour, avant de relire
Dans une étude fictive, 45 % des demandes d’information arrivent par formulaire numérique. Parmi elles, 80 % reçoivent une réponse le jour même. Parmi les autres demandes, 20 % reçoivent une réponse le jour même. On choisit une demande au hasard, avec équiprobabilité.
Note \(N\) l’événement « formulaire numérique » et \(J\) l’événement « réponse le jour même ». Construis l’arbre.
Donne \(\mathrm{P}_{N}\left(\overline{J}\right)\) et \(\mathrm{P}_{\overline{N}}\left(J\right)\), puis interprète chacune.
Le premier niveau de l’arbre doit-il toujours représenter un événement antérieur dans le temps ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Aide. Recopie d’abord les trois informations directement données, avec leur notation.
Correction expliquée
Les informations sont \(\mathrm{P}\left(N\right)=0{,}45\), \(\mathrm{P}_{N}\left(J\right)=0{,}80\) et \(\mathrm{P}_{\overline{N}}\left(J\right)=0{,}20\). Les compléments sont \[\mathrm{P}\left(\overline{N}\right)=1-0{,}45=0{,}55.\] \[\mathrm{P}_{N}\left(\overline{J}\right)=1-0{,}80=0{,}20, \qquad \mathrm{P}_{\overline{N}}\left(\overline{J}\right)=1-0{,}20=0{,}80.\] L’arbre commence par \(N\) de poids \(0{,}45\) et \(\overline{N}\) de poids \(0{,}55\). Après \(N\), on trace \(J\) de poids \(0{,}80\) et \(\overline{J}\) de poids \(0{,}20\) ; après \(\overline{N}\), on trace \(J\) de poids \(0{,}20\) et \(\overline{J}\) de poids \(0{,}80\). On contrôle les trois nœuds séparément : \[0{,}45+0{,}55=1,\qquad 0{,}80+0{,}20=1,\qquad 0{,}20+0{,}80=1.\]
Le premier \(0{,}20\) signifie : parmi les demandes numériques, 20 % n’ont pas de réponse le jour même. Le second signifie : parmi les demandes non numériques, 20 % ont une réponse le jour même. Les probabilités ont la même valeur mais décrivent deux informations différentes.
L’ordre de l’arbre est un choix d’organisation des données. Avec les informations nécessaires, on pourrait séparer d’abord les demandes selon la date de réponse, puis selon le canal utilisé.
À retenir
Une branche se lit depuis son nœud de départ. Au premier niveau, on utilise les probabilités dans toute la situation ; au deuxième niveau, les probabilités sont conditionnelles au premier choix.
La somme des probabilités vaut 1 à chaque nœud. Un arbre bien rempli prépare les calculs, mais une probabilité du deuxième niveau n’est pas automatiquement une probabilité dans toute la population.
Calculer avec un arbre et changer de point de vue
Le but de cette étape
Calculer la probabilité d’un chemin, réunir les chemins qui répondent à une question, puis utiliser une information connue pour calculer une probabilité conditionnelle dans l’autre sens. Chaque résultat sera relié à une phrase et à un contrôle.
Un petit repérage
Dans un ensemble de 100 trajets fictifs, 60 empruntent un parcours ombragé. Un quart de ces 60 trajets comporte une pause. Dans les 40 autres trajets, la moitié comporte une pause.
Combien de trajets sont à la fois ombragés et avec pause ?
Combien de trajets non ombragés comportent une pause ?
Combien de trajets comportent une pause au total ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Un quart de 60 vaut \(60\div4=15\). Il y a donc 15 trajets ombragés avec pause. La moitié de 40 vaut \(40\div2=20\) : 20 trajets non ombragés comportent une pause. Les deux groupes sont distincts ; au total, \(15+20=35\) trajets comportent une pause.
Ces calculs résument l’idée essentielle de l’unité : prendre une part d’un groupe, puis réunir des groupes qui ne se recouvrent pas. Si tu as additionné \(60+25\) à la première question, lis d’abord l’aide « Pourquoi multiplier ? ».
Les outils indispensables, rappelés ici
On note \(\mathrm{P}\left(A\right)\) la probabilité d’un événement \(A\) et \(\overline{A}\) son contraire. \(A\cap B\) décrit les cas où \(A\) et \(B\) sont tous deux réalisés. La probabilité conditionnelle \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) décrit la part de \(B\) parmi les cas de \(A\) : \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)} \quad\text{si }\mathrm{P}\left(A\right)>0.\] Le contraire garde la même condition : \(\mathrm{P}_{A}\left(\overline{B}\right)=1-\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\).
Dans un arbre, la première branche donne une probabilité dans toute la situation. La branche suivante donne une probabilité dans le groupe atteint. Les probabilités des branches issues d’un même nœud ont pour somme 1.
Comprendre le produit sur un chemin
Propriété — Probabilité d’une intersection
Si \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\), alors \[\boxed{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}_{A}\left(B\right)}.\] Dans un arbre à deux niveaux, c’est le produit des probabilités du chemin qui passe par \(A\), puis par \(B\).
Justification. On part de la définition du conditionnement : \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}.\] On multiplie les deux membres par \(\mathrm{P}\left(A\right)\) : \[\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}_{A}\left(B\right) =\mathrm{P}\left(A\right)\times\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)} =\mathrm{P}\left(A\cap B\right).\] La simplification est permise parce que \(\mathrm{P}\left(A\right)\) est non nulle.
Cette règle reste valable même lorsque connaître \(A\) modifie la probabilité de \(B\). La deuxième probabilité est conditionnelle. On ne la remplace pas librement par \(\mathrm{P}\left(B\right)\).
Pourquoi multiplier ? — Prendre une part d’une part
60 % des trajets sont ombragés ; parmi eux, 25 % comportent une pause. Sur 100 trajets, cela représente 60 trajets ombragés, puis un quart de ces 60 : \[100\times0{,}60=60,\qquad 60\times0{,}25=15.\] La proportion dans l’ensemble est \(\frac{15}{100}=0{,}15\). Le même calcul s’écrit directement \[0{,}60\times0{,}25 =\frac{60}{100}\times\frac{25}{100} =\frac{1500}{10000}=0{,}15.\] Le produit exprime deux sélections successives dans des groupes emboîtés. Ajouter \(0{,}60+0{,}25\) mélangerait des proportions qui n’ont pas le même groupe de référence.
Exemple de référence — Une étude de trajets
Dans une étude fictive, 60 % des trajets empruntent un parcours ombragé. Parmi ces trajets ombragés, 25 % comportent une pause. Parmi les trajets non ombragés, 50 % comportent une pause. On choisit un trajet au hasard dans l’étude, avec équiprobabilité.
On note \(O\) : « le trajet est ombragé » et \(P\) : « il comporte une pause ». Les six probabilités de branches et les quatre probabilités de chemins sont représentées ci-dessous.
Lecture du schéma. La probabilité d’un chemin complet est indiquée à droite de sa feuille. Par exemple, le chemin du haut correspond à un trajet ombragé avec pause : \(0{,}60\times0{,}25=0{,}15\). Ces nombres à droite ne sont pas de nouvelles pondérations de branches.
Exemple expliqué — Calculer les quatre chemins
Ombragé et pause : \[\mathrm{P}\left(O\cap P\right)=\mathrm{P}\left(O\right)\times\mathrm{P}_{O}\left(P\right) =0{,}60\times0{,}25=0{,}15.\] Ombragé et sans pause : \[\mathrm{P}\left(O\cap\overline{P}\right)=\mathrm{P}\left(O\right)\times\mathrm{P}_{O}\left(\overline{P}\right) =0{,}60\times0{,}75=0{,}45.\] Non ombragé et pause : \[\mathrm{P}\left(\overline{O}\cap P\right)=\mathrm{P}\left(\overline{O}\right)\times\mathrm{P}_{\overline{O}}\left(P\right) =0{,}40\times0{,}50=0{,}20.\] Non ombragé et sans pause : \[\mathrm{P}\left(\overline{O}\cap\overline{P}\right) =\mathrm{P}\left(\overline{O}\right)\times\mathrm{P}_{\overline{O}}\left(\overline{P}\right) =0{,}40\times0{,}50=0{,}20.\] Contrôle global. Ces quatre cas sont exclusifs et couvrent tous les trajets : \[0{,}15+0{,}45+0{,}20+0{,}20=1.\] Contrôle d’une branche. Les deux chemins passant par \(O\) redonnent \(0{,}15+0{,}45=0{,}60=\mathrm{P}\left(O\right)\).
Réunir plusieurs chemins
Un trajet avec pause peut être ombragé ou non ombragé. Ces deux possibilités ne se produisent pas en même temps : \[P=(O\cap P)\ \cup\ (\overline{O}\cap P).\] Le symbole \(\cup\) signifie « ou », au sens « dans au moins l’un des cas ». Ici, les deux cas sont disjoints : aucun trajet ne peut être à la fois ombragé et non ombragé. On peut donc additionner leurs probabilités sans compter un trajet deux fois : \[\mathrm{P}\left(P\right)=\mathrm{P}\left(O\cap P\right)+\mathrm{P}\left(\overline{O}\cap P\right) =0{,}15+0{,}20 =0{,}35.\] Conclusion. 35 % des trajets de l’étude comportent une pause.
Propriété — Additionner les chemins qui conviennent
Pour calculer la probabilité d’un événement dans un arbre, on additionne les probabilités des chemins complets distincts qui réalisent cet événement.
Par exemple, lorsque les deux groupes \(A\) et \(\overline{A}\) ont une probabilité positive, \[\mathrm{P}\left(B\right) =\underbrace{\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}_{A}\left(B\right)}_{\text{chemin passant par }A} +\underbrace{\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)\times\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(B\right)}_{\text{chemin passant par }\overline{A}}.\] Cette égalité exprime le raisonnement par les deux chemins : elle évite d’oublier un groupe.
Pourquoi cette addition est-elle autorisée ? Tout cas qui vérifie \(B\) vérifie aussi soit \(A\), soit \(\overline{A}\). Les deux chemins réunis couvrent donc exactement \(B\) et ne se recouvrent pas. C’est cette séparation des cas qui justifie la somme.
Piège — Faire une moyenne non pondérée
On ne calcule pas \(\mathrm{P}\left(P\right)\) par \(\frac{0{,}25+0{,}50}{2}=0{,}375\). Ce calcul donnerait le même poids aux deux groupes, alors qu’ils représentent 60 % et 40 % des trajets.
Les nombres \(0{,}60\) et \(0{,}40\) servent précisément à tenir compte de leur taille. Le résultat \(0{,}35\) est compris entre \(0{,}25\) et \(0{,}50\), ce qui est un contrôle utile ; être dans cet intervalle ne suffit cependant pas, à lui seul, à certifier le résultat.
Une autre question — « Ombragé ou avec pause »
Dans la même étude, quelle est la probabilité d’un trajet ombragé ou comportant une pause ? Le « ou » inclut les trajets qui ont les deux caractéristiques.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice. Repère les chemins qui conviennent. Quel est le seul chemin qui ne convient pas ?
Correction expliquée
Les chemins \(O\cap P\), \(O\cap\overline{P}\) et \(\overline{O}\cap P\) conviennent. On les additionne : \[\mathrm{P}\left(O\cup P\right)=0{,}15+0{,}45+0{,}20=0{,}80.\] Le seul chemin exclu est \(\overline{O}\cap\overline{P}\), dont la probabilité vaut \(0{,}20\). Le calcul par le contraire confirme : \[\mathrm{P}\left(O\cup P\right)=1-0{,}20=0{,}80.\] On pouvait aussi utiliser \[\mathrm{P}\left(O\cup P\right)=\mathrm{P}\left(O\right)+\mathrm{P}\left(P\right)-\mathrm{P}\left(O\cap P\right) =0{,}60+0{,}35-0{,}15=0{,}80.\] La soustraction retire le double comptage des trajets qui sont à la fois ombragés et avec pause.
Changer de point de vue : une pause est maintenant connue
Toujours dans l’étude fictive, on sait désormais que le trajet choisi a comporté une pause. Quelle est la probabilité qu’il ait emprunté le parcours ombragé ?
Premier geste. écrire le groupe connu : « parmi les trajets avec pause ». On cherche donc \(\mathrm{P}_{P}\left(O\right)\), et non \(\mathrm{P}_{O}\left(P\right)\).
La définition donne, puisque \(\mathrm{P}\left(P\right)=0{,}35>0\) : \[\mathrm{P}_{P}\left(O\right)=\frac{\mathrm{P}\left(P\cap O\right)}{\mathrm{P}\left(P\right)} =\frac{0{,}15}{0{,}35}.\] On multiplie le numérateur et le dénominateur par 100, puis on simplifie par 5 : \[\frac{0{,}15}{0{,}35} =\frac{15}{35} =\frac{15\div5}{35\div5} =\frac37 \approx0{,}4286.\] Conclusion. Parmi les trajets avec pause, environ 42,9 % sont ombragés. Le nombre \(0{,}25\) inscrit sur l’arbre répondait à la question inverse : « pause sachant ombragé ».
Une deuxième représentation pour contrôler
Les proportions de l’arbre peuvent être représentées par une population fictive de 100 trajets :
| Pause \(P\) | Sans pause \(\overline{P}\) | Total | |
|---|---|---|---|
| Ombragé \(O\) | 15 | 45 | 60 |
| Non ombragé \(\overline{O}\) | 20 | 20 | 40 |
| Total | 35 | 65 | 100 |
Dans la colonne « pause », on lit 15 trajets ombragés parmi 35, donc \(\frac{15}{35}=\frac37\). Cette population fictive représente exactement les probabilités choisies ; elle ne prétend pas être une nouvelle enquête réelle.
Contrôle par le contraire, avec la même condition. Parmi les trajets avec pause, \[\mathrm{P}_{P}\left(\overline{O}\right) =\frac{0{,}20}{0{,}35} =\frac{0{,}20\times100}{0{,}35\times100} =\frac{20}{35}.\] On divise ensuite en haut et en bas par 5 : \[\frac{20}{35}=\frac{20\div5}{35\div5}=\frac47.\] On vérifie \(\frac37+\frac47=1\). Le complément a changé \(O\) en \(\overline{O}\) ; il a conservé l’information « pause ».
Méthode — Inverser le sens d’une conditionnelle
Traduis la question. Écris la condition sous le \(\mathrm P\) et l’événement recherché dans les parenthèses.
Écris le quotient de définition. Pour \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)\), le dénominateur est \(\mathrm{P}\left(B\right)\).
Calcule le numérateur. Le chemin \(A\) puis \(B\) donne \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\).
Calcule le dénominateur. Réunis tous les chemins qui réalisent \(B\).
Vérifie sa positivité, divise et interprète. Ta phrase finale commence utilement par « Parmi les cas où \(B\) …».
Il n’y a pas besoin d’apprendre une formule supplémentaire : on revient à la définition de la probabilité conditionnelle.
Essai guidé — Deux canaux d’inscription
Dans un dispositif fictif, 40 % des inscriptions sont effectuées après un atelier de présentation \(A\). Parmi celles-ci, 80 % sont confirmées \(C\). Parmi les inscriptions sans atelier, 30 % sont confirmées. On choisit une inscription au hasard, avec équiprobabilité.
Écris les probabilités des branches et leurs compléments.
Calcule \(\mathrm{P}\left(A\cap C\right)\) et \(\mathrm{P}\left(\overline{A}\cap C\right)\).
Déduis-en \(\mathrm{P}\left(C\right)\).
Sachant que l’inscription est confirmée, calcule la probabilité qu’elle fasse suite à un atelier.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indices. Les deux produits répondent à la question 2. Leur somme fournit le dénominateur nécessaire à la question 4.
Correction expliquée
Les informations donnent \[\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}40,\quad \mathrm{P}_{A}\left(C\right)=0{,}80,\quad \mathrm{P}_{\overline{A}}\left(C\right)=0{,}30.\] Les branches complémentaires se calculent dans leur groupe : \[\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)=1-0{,}40=0{,}60.\] \[\mathrm{P}_{A}\left(\overline{C}\right)=1-0{,}80=0{,}20, \qquad \mathrm{P}_{\overline{A}}\left(\overline{C}\right)=1-0{,}30=0{,}70.\] Le chemin « atelier et confirmation » a pour probabilité \[\mathrm{P}\left(A\cap C\right)=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}_{A}\left(C\right) =0{,}40\times0{,}80=0{,}32.\] Le chemin « sans atelier et confirmation » a pour probabilité \[\mathrm{P}\left(\overline{A}\cap C\right) =\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)\times\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(C\right) =0{,}60\times0{,}30=0{,}18.\] Les deux chemins sont distincts et couvrent toutes les inscriptions confirmées : \[\mathrm{P}\left(C\right)=0{,}32+0{,}18=0{,}50.\] La moitié des inscriptions sont confirmées. Pour l’inversion, le groupe connu est celui des confirmations. Sa probabilité \(0{,}50\) est strictement positive : \[\mathrm{P}_{C}\left(A\right) =\frac{\mathrm{P}\left(C\cap A\right)}{\mathrm{P}\left(C\right)} =\frac{0{,}32}{0{,}50}.\] On multiplie d’abord en haut et en bas par 100, puis par 2 : \[\frac{0{,}32}{0{,}50} =\frac{0{,}32\times100}{0{,}50\times100} =\frac{32}{50},\] \[\frac{32}{50}=\frac{32\times2}{50\times2}=\frac{64}{100}=0{,}64.\] Parmi les inscriptions confirmées, 64 % font suite à un atelier.
Contrôle. Les autres inscriptions confirmées ont une probabilité conditionnelle \[\frac{0{,}18}{0{,}50} =\frac{0{,}18\times100}{0{,}50\times100} =\frac{18}{50} =\frac{18\times2}{50\times2} =\frac{36}{100}=0{,}36.\] On retrouve \(0{,}64+0{,}36=1\). Les deux chemins sans confirmation valent \(0{,}40\times0{,}20=0{,}08\) et \(0{,}60\times0{,}70=0{,}42\). Le contrôle global donne \(0{,}32+0{,}08+0{,}18+0{,}42=1\).
Tentative autonome — Un compte rendu de trajets
Une étude fictive relève que 30 % des trajets utilisent une piste cyclable \(C\). Parmi les trajets utilisant une piste, 40 % comprennent un arrêt à une station de réparation \(R\). Parmi les autres trajets, 20 % comprennent cet arrêt. On choisit un trajet au hasard, avec équiprobabilité.
Quelle est la probabilité qu’il utilise une piste et comprenne l’arrêt ?
Quelle est la probabilité qu’il comprenne l’arrêt ?
Il comprend l’arrêt. Quelle est la probabilité qu’il ait utilisé une piste ?
Quelle est la probabilité qu’il utilise une piste ou comprenne l’arrêt ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Aide, après une tentative. Les arrêts peuvent provenir de deux groupes. La troisième question conserve uniquement les trajets avec arrêt. Pour la dernière, vérifie que tu ne comptes pas deux fois ceux qui vérifient les deux caractéristiques.
Correction expliquée
On a \(\mathrm{P}\left(C\right)=0{,}30\), \(\mathrm{P}\left(\overline{C}\right)=1-0{,}30=0{,}70\), \(\mathrm{P}_{C}\left(R\right)=0{,}40\) et \(\mathrm{P}_{\overline{C}}\left(R\right)=0{,}20\).
\[\mathrm{P}\left(C\cap R\right) =\mathrm{P}\left(C\right)\times\mathrm{P}_{C}\left(R\right) =0{,}30\times0{,}40 =0{,}12.\] 12 % des trajets réunissent les deux caractéristiques.
Le chemin « pas de piste et arrêt » vaut \[\mathrm{P}\left(\overline{C}\cap R\right) =0{,}70\times0{,}20=0{,}14.\] Les deux chemins arrivant à \(R\) sont disjoints, donc \[\mathrm{P}\left(R\right)=0{,}12+0{,}14=0{,}26.\] 26 % des trajets comprennent l’arrêt.
Puisque \(0{,}26>0\), \[\mathrm{P}_{R}\left(C\right) =\frac{\mathrm{P}\left(R\cap C\right)}{\mathrm{P}\left(R\right)} =\frac{0{,}12}{0{,}26}.\] On multiplie en haut et en bas par 100, puis on simplifie par 2 : \[\frac{0{,}12}{0{,}26} =\frac{0{,}12\times100}{0{,}26\times100} =\frac{12}{26},\] \[\frac{12}{26}=\frac{12\div2}{26\div2}=\frac6{13} \approx0{,}4615.\] Parmi les trajets avec arrêt, environ 46,2 % utilisent une piste.
Le chemin qui ne convient pas est « ni piste ni arrêt » : \[\mathrm{P}\left(\overline{C}\cap\overline{R}\right) =0{,}70\times(1-0{,}20) =0{,}70\times0{,}80 =0{,}56.\] Par complément, \[\mathrm{P}\left(C\cup R\right)=1-0{,}56=0{,}44.\]
Contrôle de la dernière question. \(\mathrm{P}\left(C\right)+\mathrm{P}\left(R\right)-\mathrm{P}\left(C\cap R\right)=0{,}30+0{,}26-0{,}12=0{,}44\). Les deux méthodes concordent.
Pour une réponse complète : les calculs de chemins comportent les bons facteurs conditionnels ; la somme regroupe tous les chemins nécessaires ; la probabilité inverse conserve le bon dénominateur ; les réponses sont interprétées.
Une variation — Retrouver une branche inconnue
Une enquête fictive donne \[\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}40,\qquad \mathrm{P}_{A}\left(B\right)=0{,}80,\qquad \mathrm{P}\left(B\right)=0{,}44.\] On cherche la probabilité \(x=\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(B\right)\).
Pourquoi ce n’est pas un simple complément. \(0{,}80\) concerne le groupe \(A\) ; \(x\) concerne le groupe \(\overline{A}\). On ne peut pas écrire \(x=1-0{,}80\) sans autre raisonnement.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice. La probabilité de \(B\) est la somme des deux chemins arrivant à \(B\).
Correction expliquée
La probabilité de \(\overline{A}\) vaut \(1-0{,}40=0{,}60\). Le chemin \(A\cap B\) vaut \(0{,}40\times0{,}80=0{,}32\). Le chemin \(\overline{A}\cap B\) doit compléter cette probabilité pour obtenir \(0{,}44\) : \[\mathrm{P}\left(\overline{A}\cap B\right)=0{,}44-0{,}32=0{,}12.\] Comme \(\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)=0{,}60>0\), la définition du conditionnement donne \[x=\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(B\right) =\frac{0{,}12}{0{,}60} =\frac{0{,}12\times100}{0{,}60\times100} =\frac{12}{60}.\] Puis on divise en haut et en bas par 12 : \[\frac{12}{60}=\frac{12\div12}{60\div12}=\frac15=0{,}20.\] On peut aussi écrire et résoudre l’équation issue de l’arbre : \[0{,}32+0{,}60x=0{,}44.\] On soustrait \(0{,}32\) aux deux membres : \[0{,}32+0{,}60x-0{,}32=0{,}44-0{,}32, \quad\text{donc}\quad 0{,}60x=0{,}12.\] Puis on divise les deux membres par le coefficient \(0{,}60\), qui est non nul : \[\frac{0{,}60x}{0{,}60}=\frac{0{,}12}{0{,}60}, \quad\text{donc}\quad x=0{,}20.\] Contrôle. Le résultat appartient à \([0\,;1]\) et \(0{,}40\times0{,}80+0{,}60\times0{,}20=0{,}32+0{,}12=0{,}44\). Ici, \(x\) a par hasard la même valeur que \(1-0{,}80\) ; c’est le calcul complet qui l’établit.
Nouvel essai de cette variation. Avec \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}50\), \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=0{,}60\) et \(\mathrm{P}\left(B\right)=0{,}40\), trouve \(\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(B\right)\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Le premier chemin vaut \(0{,}50\times0{,}60=0{,}30\). Le deuxième vaut \(0{,}40-0{,}30=0{,}10\). Comme \(\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)=1-0{,}50=0{,}50>0\), \[\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(B\right)=\frac{0{,}10}{0{,}50} =\frac{0{,}10\times100}{0{,}50\times100} =\frac{10}{50}.\] On divise en haut et en bas par 10 : \[\frac{10}{50}=\frac{10\div10}{50\div10}=\frac15=0{,}20.\] Cette fois, le résultat n’est pas \(1-0{,}60=0{,}40\). Le contrôle est \(0{,}50\times0{,}60+0{,}50\times0{,}20=0{,}40\).
Un signal ne donne pas automatiquement une certitude
Un dispositif fictif contrôle des modules électroniques destinés à des bornes de tri. On adopte le modèle suivant :
1 % des modules présentent un défaut ;
lorsqu’un module est défectueux, le dispositif émet un signal dans 90 % des cas ;
lorsqu’un module est sans défaut, le dispositif émet malgré tout un signal dans 5 % des cas.
On choisit un module au hasard, avec équiprobabilité. On note \(D\) : « défectueux » et \(S\) : « le dispositif émet un signal ». Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
Question. Sachant qu’un signal a été émis, quelle est la probabilité que le module soit défectueux ? Avant de calculer, explique pourquoi répondre immédiatement « 90 % » changerait la question.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Le \(90\,\%\) est \(\mathrm{P}_{D}\left(S\right)\) : il suppose déjà le défaut connu. Nous cherchons \(\mathrm{P}_{S}\left(D\right)\) : c’est le signal qui est connu.
La probabilité d’un module défectueux et signalé vaut \[\mathrm{P}\left(D\cap S\right)=\mathrm{P}\left(D\right)\times\mathrm{P}_{D}\left(S\right) =0{,}01\times0{,}90=0{,}009.\] La probabilité d’un module sans défaut et signalé vaut \[\mathrm{P}\left(\overline{D}\cap S\right) =(1-0{,}01)\times0{,}05 =0{,}99\times0{,}05 =0{,}0495.\] Tout signal appartient à l’un de ces deux chemins : \[\mathrm{P}\left(S\right)=0{,}009+0{,}0495=0{,}0585.\] Le dénominateur est strictement positif. On peut donc calculer \[\mathrm{P}_{S}\left(D\right)=\frac{0{,}009}{0{,}0585}.\] On multiplie le numérateur et le dénominateur par 10 000, puis on simplifie par 45 : \[\frac{0{,}009}{0{,}0585} =\frac{0{,}009\times10\,000}{0{,}0585\times10\,000} =\frac{90}{585},\] \[\frac{90}{585}=\frac{90\div45}{585\div45}=\frac2{13} \approx0{,}1538.\] Conclusion. Dans ce modèle, parmi les modules qui déclenchent un signal, environ 15,4 % sont défectueux.
Comprendre avec des effectifs représentatifs
Les probabilités choisies peuvent être représentées exactement sur 10 000 modules fictifs :
| Signal \(S\) | Pas de signal \(\overline{S}\) | Total | |
|---|---|---|---|
| Défaut \(D\) | 90 | 10 | 100 |
| Sans défaut \(\overline{D}\) | 495 | 9 405 | 9 900 |
| Total | 585 | 9 415 | 10 000 |
Il y a \(10\,000\times0{,}01=100\) modules défectueux, dont \(100\times0{,}90=90\) signalés. Les \(9\,900\) autres produisent \(9\,900\times0{,}05=495\) signaux. Parmi les \(90+495=585\) signaux, seulement 90 proviennent donc de défauts.
Le groupe sans défaut est très grand. Une petite proportion de ce groupe peut fournir plus de signaux que la grande proportion d’un petit groupe.
Ce que ce raisonnement apprend. Le taux de détection parmi les modules défectueux ne suffit pas à déterminer la proportion de défauts parmi les modules signalés. La fréquence des défauts et les signaux émis sans défaut interviennent aussi. Cette conclusion concerne le modèle chiffré donné ; elle ne décrit pas un appareil réel.
Choisir et justifier les opérations
Question. Dans un arbre, pourquoi multiplie-t-on sur un chemin mais additionne-t-on plusieurs chemins complets qui conviennent ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Une réponse possible : « Sur un chemin, la deuxième probabilité est une part du groupe déjà sélectionné par la première. Le produit donne la part qui vérifie les deux conditions dans l’ensemble. Pour plusieurs chemins complets distincts, on réunit plusieurs cas qui ne peuvent pas se produire simultanément ; leurs probabilités s’additionnent sans double comptage. »
Pour une réponse complète : ta réponse parle de la condition dans le produit et du caractère disjoint des cas dans la somme. Les seuls mots « et » et « ou » ne suffisent pas : il faut préciser ce que les facteurs et les termes représentent.
Réparer trois erreurs fréquentes
Remédiation — J’ai multiplié deux probabilités globales
L’erreur. Dans l’étude des trajets, écrire \(\mathrm{P}\left(O\cap P\right)=0{,}60\times0{,}35=0{,}21\). Le deuxième facteur \(0{,}35\) décrit toutes les pauses. Or, après \(O\), on cherche la part des pauses parmi les trajets ombragés, qui vaut \(0{,}25\).
Rappel et exemple simple. Si \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}5\) et \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=0{,}2\), alors \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=0{,}5\times0{,}2=0{,}1\). Sur 100 cas, 50 vérifient \(A\), puis 20 % de 50, soit 10, vérifient aussi \(B\).
Nouvel essai. \(\mathrm{P}\left(C\right)=0{,}4\) et \(\mathrm{P}_{C}\left(D\right)=0{,}3\). Calcule \(\mathrm{P}\left(C\cap D\right)\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. \(\mathrm{P}\left(C\cap D\right)=0{,}4\times0{,}3=0{,}12\) : 12 % des cas vérifient les deux conditions.
Retour à l’essai. dans l’étude des trajets, le produit correct est \(0{,}60\times0{,}25=0{,}15\). La probabilité \(0{,}35\) des pauses servira au dénominateur si l’information connue est « pause ».
Remédiation — J’ai oublié un chemin
L’erreur. Pour calculer \(\mathrm{P}\left(P\right)\), tu as donné seulement \(0{,}15\). Ce nombre compte les pauses des trajets ombragés ; il oublie les pauses des trajets non ombragés.
Rappel. Un événement placé en fin d’arbre peut être atteint par plusieurs chemins. Il faut examiner toutes les feuilles qui conviennent.
Exemple plus simple, corrigé. 8 personnes ont emprunté un vélo et fait une pause ; 12 ont marché et fait une pause. On sait que tous les participants ayant fait une pause appartiennent à l’un de ces deux groupes, et que les groupes vélo et marche sont distincts. Le groupe « pause » compte donc \(8+12=20\) personnes.
Nouvel essai. Dans un arbre, les deux chemins arrivant à \(B\) ont pour probabilités \(0{,}18\) et \(0{,}12\). Calcule \(\mathrm{P}\left(B\right)\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Les chemins sont distincts et réalisent tous deux \(B\) : \(\mathrm{P}\left(B\right)=0{,}18+0{,}12=0{,}30\).
Retour à l’essai. repère les deux feuilles \(P\) dans l’étude des trajets. Elles correspondent à \(0{,}15\) et \(0{,}20\), donc \(\mathrm{P}\left(P\right)=0{,}35\).
Remédiation — J’ai gardé la conditionnelle dans le mauvais sens
L’erreur. Répondre \(0{,}25\) à « ombragé sachant pause ». \(0{,}25\) répond à « pause sachant ombragé ».
Rappel. Le groupe connu est celui qui fournit le dénominateur.
Exemple plus petit, corrigé. Sur 20 cartes, 4 portent une étoile. Parmi ces 4, 3 sont bleues. Parmi les 16 autres, 5 sont bleues. On tire une carte avec équiprobabilité. Si l’on sait que la carte est bleue, il reste \(3+5=8\) cartes possibles. Parmi elles, 3 portent une étoile : \[\mathrm{P}_{\text{bleue}}\left(\text{étoile}\right)=\frac38.\] La fraction \(\frac34\) correspondrait à la question inverse.
Nouvel essai. Sur 30 tickets, 12 ont été réservés en ligne ; 6 de ces 12 sont gagnants. Parmi les 18 autres tickets, 3 sont gagnants. Un ticket gagnant est choisi au hasard, avec équiprobabilité parmi les tickets gagnants. Quelle est la probabilité qu’il ait été réservé en ligne ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Le groupe connu contient \(6+3=9\) tickets gagnants. Les tickets gagnants réservés en ligne sont au nombre de 6 : \[\frac69=\frac{6\div3}{9\div3}=\frac23.\] On ne divise ni par 12 ni par 30 : ces nombres ne comptent pas le groupe connu.
Retour à l’essai. dans l’étude des trajets, les pauses représentent \(0{,}35\) et les trajets ombragés avec pause \(0{,}15\). Le quotient demandé a pour dénominateur \(0{,}35\) : \[\frac{0{,}15}{0{,}35} =\frac{0{,}15\times100}{0{,}35\times100} =\frac{15}{35}.\] Puis \(\frac{15}{35}=\frac{15\div5}{35\div5}=\frac37\). Réécris maintenant la phrase de réponse « Parmi les trajets avec pause, \(\frac37\) sont ombragés ».
À reprendre un autre jour, avant de relire
Une association fictive prépare des envois. La moitié des colis sont confiés au service \(A\), l’autre moitié au service \(B\). 20 % des colis du service \(A\) sont livrés avant midi, contre 40 % de ceux du service \(B\). Un colis est choisi au hasard, avec équiprobabilité.
Quelle est la probabilité qu’il ait été confié au service \(A\) et livré avant midi ?
Quelle est la probabilité qu’il ait été livré avant midi ?
Il a été livré avant midi. Quelle est la probabilité qu’il provienne du service \(A\) ?
Explique pourquoi les questions 1 et 3, bien qu’elles parlent des mêmes deux caractéristiques, ne demandent pas le même calcul.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Aide à consulter après une tentative. Note \(M\) : « livré avant midi ». Écris \(\mathrm{P}\left(A\cap M\right)\), \(\mathrm{P}\left(M\right)\) et \(\mathrm{P}_{M}\left(A\right)\) avant les calculs.
Correction expliquée
Le choix du service est exclusif : ici, \(B=\overline{A}\). Les données sont \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}5\), \(\mathrm{P}_{A}\left(M\right)=0{,}2\) et \(\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(M\right)=0{,}4\). Le premier chemin donne \[\mathrm{P}\left(A\cap M\right)=0{,}5\times0{,}2=0{,}1.\] L’autre chemin arrivant à \(M\) vaut \[\mathrm{P}\left(\overline{A}\cap M\right)=0{,}5\times0{,}4=0{,}2.\] Les deux chemins s’additionnent : \[\mathrm{P}\left(M\right)=0{,}1+0{,}2=0{,}3.\] Comme \(0{,}3>0\), on calcule la conditionnelle demandée : \[\mathrm{P}_{M}\left(A\right) =\frac{\mathrm{P}\left(M\cap A\right)}{\mathrm{P}\left(M\right)} =\frac{0{,}1}{0{,}3} =\frac{0{,}1\times10}{0{,}3\times10} =\frac13.\] Un tiers des colis livrés avant midi proviennent du service \(A\).
La première question prend tous les colis comme référence et impose deux caractéristiques. La troisième connaît déjà la livraison avant midi : elle limite donc la référence aux colis livrés avant midi.
Contrôle. La part des colis du service \(B\) parmi les livraisons avant midi vaut \[\frac{0{,}2}{0{,}3}=\frac{0{,}2\times10}{0{,}3\times10}=\frac23.\] On vérifie \(\frac13+\frac23=\frac{1+2}{3}=1\).
À retenir
Un chemin : multiplier les probabilités des branches, en gardant leur condition.
Plusieurs chemins complets distincts qui conviennent : additionner leurs probabilités.
Une nouvelle information connue : revenir au quotient \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)=\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(B\right)}\), avec \(\mathrm{P}\left(B\right)>0\).
Un contrôle utile consiste à revenir à des effectifs simples, à vérifier une somme égale à 1 ou à résoudre la même question par l’événement contraire.
Reconnaître et utiliser l’indépendance
Le but de cette étape
Décider si connaître un événement change la probabilité d’un autre, justifier cette décision par un calcul et comprendre ce que l’indépendance autorise.
Les rappels dont tu auras besoin
Un événement décrit un ensemble de résultats possibles. \(A\cap B\) signifie « \(A\) et \(B\) ». Le contraire \(\overline{A}\) signifie « pas \(A\) » et vérifie \(\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)=1-\mathrm{P}\left(A\right)\).
Si \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\), la probabilité de \(B\) sachant \(A\), notée \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\), est \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}.\] Le petit \(A\) est l’information connue ; le \(B\) entre parenthèses est l’événement recherché. Dans une population finie où chaque individu a la même chance d’être choisi, le quotient se lit « nombre dans les deux groupes, divisé par nombre dans \(A\) ».
Repérage : comparer les bonnes probabilités
Un modèle donne \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}4\) et \(\mathrm{P}\left(B\right)=0{,}3\).
Dans une première situation, \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=0{,}3\). L’information \(A\) change-t-elle la probabilité de \(B\) ?
Dans une seconde situation, \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=0{,}5\). Même question.
Pour répondre, faut-il comparer \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) à \(\mathrm{P}\left(A\right)\) ou à \(\mathrm{P}\left(B\right)\) ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
Dans la première situation, on compare \(0{,}3\) à \(0{,}3\) : la probabilité de \(B\) ne change pas. Dans la seconde, elle passe de \(0{,}3\) à \(0{,}5\) : elle change.
Il faut comparer \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) à \(\mathrm{P}\left(B\right)\), car on étudie le même événement \(B\), avec et sans l’information \(A\). La valeur \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}4>0\) permet de définir le conditionnement par \(A\) ; ce n’est pas la référence de comparaison. Si tu as choisi \(\mathrm{P}\left(A\right)\), reprends la lecture de l’indice dans le rappel avant de continuer.
1. Le sens : une information qui ne change pas la probabilité
On choisit uniformément une carte parmi 12 cartes. Il y a six cartes portant un cercle, numérotées de 1 à 6, et six cartes portant un triangle, également numérotées de 1 à 6.
On note \(A\) : « la carte porte un cercle » ; \(B\) : « son numéro est un multiple de 3 ». Parmi 1 à 6, les multiples de 3 sont 3 et 6.
| Forme / numéro | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Cercle | \(\circ1\) | \(\circ2\) | \(\circ3\) | \(\circ4\) | \(\circ5\) | \(\circ6\) |
| Triangle | \(\triangle1\) | \(\triangle2\) | \(\triangle3\) | \(\triangle4\) | \(\triangle5\) | \(\triangle6\) |
Les symboles du tableau identifient les cartes ; par exemple \(\circ3\) signifie « carte cercle numérotée 3 ». Ce ne sont pas des multiplications.
Exemple de référence — regarder le numéro, puis connaître la forme
Dans le jeu entier, 4 cartes ont un numéro multiple de 3 : les numéros 3 et 6 dans chaque forme. Ainsi, \[\mathrm{P}\left(B\right)=\frac4{12}=\frac{4\div4}{12\div4}=\frac13.\] Si l’on apprend que la carte porte un cercle, seules les 6 cartes de la première ligne restent possibles. Parmi elles, les numéros 3 et 6 conviennent : \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac26=\frac{2\div2}{6\div2}=\frac13.\] L’information « cercle » ne change donc pas la probabilité d’obtenir un multiple de 3. Dans ce modèle, \(A\) et \(B\) sont indépendants.
L’idée importante : le groupe de référence a changé, mais la proportion des cartes qui vérifient \(B\) est restée la même.
2. Une définition précise et deux manières de la vérifier
Définition — indépendance de deux événements
Deux événements \(A\) et \(B\) sont indépendants lorsque \[\boxed{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right).}\] Cette définition est symétrique : échanger \(A\) et \(B\) ne change ni leur intersection ni le produit.
Propriété — formulation avec une conditionnelle
Lorsque \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\), les événements \(A\) et \(B\) sont indépendants si et seulement si \[\boxed{\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\mathrm{P}\left(B\right).}\] « Si et seulement si » signifie que l’on peut utiliser les deux sens : l’indépendance entraîne l’égalité, et l’égalité permet de conclure à l’indépendance.
Justification des deux sens. Par définition, \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\tfrac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}\).
Si \(A\) et \(B\) sont indépendants, on remplace le numérateur par le produit : \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}=\mathrm{P}\left(B\right),\] car le facteur \(\mathrm{P}\left(A\right)\) est non nul.
Inversement, si \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\mathrm{P}\left(B\right)\), on a \(\tfrac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}=\mathrm{P}\left(B\right)\). On multiplie les deux membres par \(\mathrm{P}\left(A\right)\) : \[\mathrm{P}\left(A\right)\times\frac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right),\] donc \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right)\) : c’est l’indépendance.
Lorsque \(\mathrm{P}\left(B\right)>0\), on peut aussi vérifier \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)=\mathrm{P}\left(A\right)\). Il suffit de vérifier une de ces égalités valides ; il n’est pas nécessaire de prouver trois fois la même chose.
Méthode — choisir le calcul adapté aux données
Tu disposes d’un tableau d’effectifs. Choisis le même caractère avec et sans une condition. Compare, par exemple, la proportion de \(B\) dans la ligne \(A\) à sa proportion dans le tableau entier. Vérifie que la ligne \(A\) n’est pas vide.
Tu connais \(\mathrm{P}\left(A\right)\), \(\mathrm{P}\left(B\right)\) et \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\). Calcule le produit des deux premières valeurs, puis compare-le à la troisième.
L’énoncé donne l’indépendance. Tu peux utiliser le produit pour trouver l’intersection. Tu utilises alors une hypothèse fournie ; tu n’es pas en train de la démontrer.
Premier geste. Écris les deux quantités que tu vas comparer, ou l’hypothèse qui t’autorise le produit.
Dans le jeu des 12 cartes, \(\mathrm{P}\left(A\right)=\tfrac6{12}=\tfrac12\) et l’intersection contient les deux cartes cercle 3 et cercle 6. On peut vérifier l’indépendance par l’autre méthode : \[\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right)=\frac12\times\frac13 =\frac{1\times1}{2\times3}=\frac16,\] \[\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\frac2{12}=\frac{2\div2}{12\div2}=\frac16.\] Les deux résultats sont égaux. Remarque que \(\mathrm{P}\left(A\right)=\tfrac12\) et \(\mathrm{P}\left(B\right)=\tfrac13\) sont différents : des événements indépendants n’ont pas besoin d’avoir la même probabilité.
Essai guidé — partir d’un tableau
On choisit uniformément une fiche parmi les 200 suivantes. \(C\) signifie « carte d’adhésion » et \(R\) « participation à une sortie ».
| \(R\) | \(\overline{R}\) | Total | |
|---|---|---|---|
| \(C\) | 20 | 60 | 80 |
| \(\overline{C}\) | 30 | 90 | 120 |
| Total | 50 | 150 | 200 |
Calcule \(\mathrm{P}_{C}\left(R\right)\), puis \(\mathrm{P}\left(R\right)\). Conclus sur l’indépendance en expliquant ce que tu compares.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
La ligne \(C\) compte 80 fiches, donc le conditionnement est possible. Parmi ces fiches, 20 vérifient \(R\) : \[\mathrm{P}_{C}\left(R\right)=\frac{20}{80}=\frac{20\div20}{80\div20}=\frac14.\] Dans toute la liste, 50 fiches sur 200 vérifient \(R\) : \[\mathrm{P}\left(R\right)=\frac{50}{200}=\frac{50\div50}{200\div50}=\frac14.\] Ainsi \(\mathrm{P}_{C}\left(R\right)=\mathrm{P}\left(R\right)\) : \(C\) et \(R\) sont indépendants dans ce tirage uniforme. L’information « la personne a une carte » ne change pas la probabilité qu’elle participe à la sortie.
3. Utiliser une indépendance donnée
Exemple expliqué — deux dispositifs
Deux dispositifs sont testés. On note \(F\) : « le premier fonctionne » et \(G\) : « le second fonctionne ». Le modèle suppose ces événements indépendants et donne \(\mathrm{P}\left(F\right)=\tfrac34\), \(\mathrm{P}\left(G\right)=\tfrac45\). Quelle est la probabilité que les deux fonctionnent ?
Les deux doivent fonctionner : on cherche \(\mathrm{P}\left(F\cap G\right)\). L’indépendance est une hypothèse de ce modèle, donc \[\mathrm{P}\left(F\cap G\right)=\mathrm{P}\left(F\right)\times\mathrm{P}\left(G\right) =\frac34\times\frac45 =\frac{3\times4}{4\times5} =\frac{12}{20} =\frac{12\div4}{20\div4}=\frac35.\] Le résultat vaut \(\tfrac35=\tfrac{60}{100}=60\,\%\). Il est inférieur à \(\tfrac34\) et à \(\tfrac45\), ce qui est cohérent : le bon fonctionnement des deux impose le bon fonctionnement de chacun.
Sans l’hypothèse d’indépendance, les deux probabilités seules ne suffiraient pas à calculer leur intersection. Par exemple, des dispositifs partageant une alimentation peuvent tomber en panne ensemble. La présence de deux dispositifs distincts ne prouve pas leur indépendance.
À essayer avant de consulter. On donne \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}6\), \(\mathrm{P}\left(B\right)=0{,}5\) et \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=0{,}2\). \(A\) et \(B\) sont-ils indépendants ? Donne une justification numérique, puis une lecture en termes d’information.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice : les trois probabilités sont disponibles ; compare le produit à l’intersection.
Correction expliquée
On calcule d’abord \[\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right)=0{,}6\times0{,}5 =\frac6{10}\times\frac5{10} =\frac{6\times5}{10\times10} =\frac{30}{100}=0{,}3.\] Or \(0{,}3\ne0{,}2=\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\). Les événements ne sont donc pas indépendants.
Comme \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}6>0\), on peut aussi lire : \[\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\frac{0{,}2}{0{,}6} =\frac{0{,}2\times10}{0{,}6\times10} =\frac26=\frac13,\] alors que \(\mathrm{P}\left(B\right)=\tfrac12\). Pour comparer exactement, \(\tfrac13=\tfrac26\) et \(\tfrac12=\tfrac36\) : les valeurs diffèrent. L’information \(A\) change la probabilité de \(B\).
Remédiation — je compare à la mauvaise probabilité
Erreur de départ : conclure que les événements des 12 cartes ne sont pas indépendants parce que \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\tfrac13\) est différent de \(\mathrm{P}\left(A\right)=\tfrac12\).
Rappel : la question est de savoir si la probabilité de \(B\) change. Il faut donc comparer \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) à \(\mathrm{P}\left(B\right)\), qui porte sur le même événement recherché.
Exemple plus simple : on donne \(\mathrm{P}\left(X\right)=0{,}8\), \(\mathrm{P}\left(Y\right)=0{,}2\) et \(\mathrm{P}_{X}\left(Y\right)=0{,}2\). L’égalité pertinente est \(0{,}2=0{,}2\) : les événements sont indépendants, même si \(0{,}8\ne0{,}2\).
Nouvel essai : si \(\mathrm{P}\left(U\right)=0{,}7\), \(\mathrm{P}\left(V\right)=0{,}4\) et \(\mathrm{P}_{U}\left(V\right)=0{,}3\), peut-on conclure à l’indépendance ?
Correction : on compare \(0{,}3\) à \(0{,}4\), donc les événements ne sont pas indépendants. Le conditionnement est défini car \(0{,}7>0\).
Retour à l’essai. Dans les cartes, compare \(\tfrac13\) à \(\tfrac13\), et non à \(\tfrac12\) : l’indépendance est bien vérifiée.
4. Indépendants et incompatibles : deux idées différentes
Contre-exemple — impossibles ensemble, donc une information décisive
On lance un dé équilibré. Soit \(U\) : « obtenir 1 » et \(V\) : « obtenir 6 ». Ces événements sont incompatibles : ils ne peuvent pas se réaliser ensemble, donc \(\mathrm{P}\left(U\cap V\right)=0\).
Pourtant, \[\mathrm{P}\left(U\right)\times\mathrm{P}\left(V\right)=\frac16\times\frac16 =\frac{1\times1}{6\times6}=\frac1{36}>0.\] L’égalité de l’indépendance n’est pas vérifiée. Si l’on apprend que le résultat est 1, la chance qu’il soit 6 devient 0 : elle n’est plus \(\tfrac16\).
Plus généralement, deux événements incompatibles de probabilités strictement positives ne sont pas indépendants : leur intersection a une probabilité nulle, alors que le produit de deux nombres positifs est positif.
Dans le jeu des 12 cartes, les événements \(A\) et \(B\) indépendants peuvent au contraire se réaliser ensemble : cercle 3 et cercle 6 conviennent. L’indépendance ne veut donc pas dire « séparés » ou « sans possibilité commune ».
Remédiation — le mot « indépendant » me fait penser à « séparé »
Rappel : pour l’incompatibilité, on cherche s’il existe une issue commune. Pour l’indépendance, on compare des probabilités.
Petit exemple : au dé, « obtenir 2 » et « obtenir 5 » sont incompatibles, mais connaître l’un rend l’autre impossible ; cette information change la probabilité.
Nouvel essai : dans le même lancer, « obtenir un nombre pair » et « obtenir un nombre impair » sont-ils indépendants ?
Correction : chaque événement a une probabilité \(\tfrac12\), mais leur intersection est vide. Or \(0\ne\tfrac12\times\tfrac12=\tfrac14\). Ils sont incompatibles et non indépendants.
Retour à l’essai. Reprends l’exemple « obtenir 1 » et « obtenir 6 » en écrivant séparément intersection et produit.
5. Les contraires conservent l’indépendance
Propriété et justification
Si \(A\) et \(B\) sont indépendants, alors \(A\) et \(\overline{B}\) le sont aussi. Il en va de même pour \(\overline{A}\) et \(B\), puis \(\overline{A}\) et \(\overline{B}\).
Pourquoi pour \(A\) et \(\overline{B}\) ? Dans \(A\), il y a ceux qui vérifient \(B\) et ceux qui ne le vérifient pas. Ces deux groupes sont incompatibles et couvrent \(A\). Donc \[\begin{aligned} \mathrm{P}\left(A\cap\overline{B}\right) &=\mathrm{P}\left(A\right)-\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\\ &=\mathrm{P}\left(A\right)-\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right)\\ &=\mathrm{P}\left(A\right)\times(1-\mathrm{P}\left(B\right))\\ &=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(\overline{B}\right). \end{aligned}\] La deuxième ligne utilise l’indépendance. À la troisième, on met le facteur commun \(\mathrm{P}\left(A\right)\) en évidence : le premier terme est \(\mathrm{P}\left(A\right)\times1\). La dernière ligne utilise la probabilité du contraire. On retrouve la définition de l’indépendance pour \(A\) et \(\overline{B}\).
En échangeant les rôles de \(A\) et \(B\), on obtient le résultat pour \(\overline{A}\) et \(B\). En appliquant encore la même propriété, on obtient celui pour les deux contraires.
Dans l’exemple des dispositifs, \(\mathrm{P}\left(\overline{G}\right)=1-\tfrac45=\tfrac55-\tfrac45=\tfrac15\). L’indépendance de \(F\) et \(G\) entraîne celle de \(F\) et \(\overline{G}\) : \[\mathrm{P}\left(F\cap\overline{G}\right) =\frac34\times\frac15 =\frac{3\times1}{4\times5}=\frac3{20}.\] Cela correspond au premier dispositif qui fonctionne et au second qui ne fonctionne pas. Contrôle : \(\mathrm{P}\left(F\cap G\right)+\mathrm{P}\left(F\cap\overline{G}\right)=\tfrac{12}{20}+\tfrac3{20}=\tfrac{15}{20}=\tfrac34=\mathrm{P}\left(F\right)\) ; la dernière simplification divise par 5.
6. Avec ou sans remise : examiner le modèle précis
Exemple — deux tirages dans un sac
Le sac contient 2 jetons rouges et 1 jeton bleu. À chaque tirage, les jetons présents ont la même chance d’être tirés. On note \(R_1\) « rouge au premier tirage » et \(R_2\) « rouge au second ».
Avec remise et nouveau mélange dans les mêmes conditions, on remet le jeton avant le second tirage. Le sac retrouve sa composition : le modèle prend \(\mathrm{P}_{R_1}\left(R_2\right)=\tfrac23\) et \(\mathrm{P}_{\overline{R_1}}\left(R_2\right)=\tfrac23\). Le premier résultat ne change pas la chance du second. Les tirages sont modélisés comme indépendants, et \[\mathrm{P}\left(R_1\cap R_2\right)=\frac23\times\frac23=\frac{2\times2}{3\times3}=\frac49.\]
Sans remise, si le premier jeton était rouge, le sac contient ensuite 1 rouge et 1 bleu. Ainsi \(\mathrm{P}_{R_1}\left(R_2\right)=\tfrac12\). Si le premier était bleu, les 2 jetons restants sont rouges : \(\mathrm{P}_{\overline{R_1}}\left(R_2\right)=1\).
La probabilité de deux rouges se calcule avec la proportion après le premier rouge : \[\mathrm{P}\left(R_1\cap R_2\right)=\frac23\times\frac12 =\frac{2\times1}{3\times2}=\frac26=\frac13.\] Les issues ne sont pas indépendantes dans ce modèle sans remise. Le résultat \(\tfrac49\) n’est donc pas applicable.
Une subtilité utile. Sans remise, la probabilité globale du second rouge reste pourtant \(\tfrac23\). Il y a deux chemins incompatibles : rouge puis rouge, ou bleu puis rouge. On les additionne : \[\mathrm{P}\left(R_2\right) =\frac23\times\frac12+\frac13\times1 =\frac13+\frac13=\frac23.\] Ainsi \(\mathrm{P}\left(R_1\right)=\mathrm{P}\left(R_2\right)\), mais \(\mathrm{P}_{R_1}\left(R_2\right)=\tfrac12\ne\tfrac23\). Des probabilités globales identiques ne prouvent pas l’indépendance.
La remise explique pourquoi la composition est retrouvée ; le modèle doit aussi préciser les conditions de tirage. On ne transforme pas le mot « remise » en preuve générale pour tous les dispositifs imaginables.
7. Que faire des probabilités 0 ou 1 ?
Si \(\mathrm{P}\left(A\right)=0\), \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) n’est pas définie dans ce cours : son dénominateur serait nul. On utilise la définition par le produit, qui reste valable.
Comme \(A\cap B\) est contenu dans \(A\), sa probabilité est comprise entre 0 et \(\mathrm{P}\left(A\right)=0\), donc elle vaut 0. Le produit \(\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right)\) vaut aussi 0. Ainsi un événement de probabilité nulle est indépendant de tout événement au sens de cette définition.
Un événement de probabilité 1 l’est aussi : son contraire a une probabilité nulle, et la propriété sur les contraires s’applique. Ces cas n’autorisent jamais à diviser par zéro. Dans les problèmes usuels, les probabilités sont souvent strictement entre 0 et 1, mais les conditions des formules restent à vérifier.
Justifier une conclusion et sa portée
Dans le tableau des 200 fiches, l’indépendance a été établie exactement. Peut-on en conclure que posséder une carte d’adhésion n’a jamais aucun effet sur la participation à une sortie, pour toutes les personnes et toutes les années ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Réponse possible. Non. Le calcul établit une indépendance entre deux événements dans le tirage uniforme de cette liste. Il ne démontre pas une absence de cause ou d’effet dans toutes les situations. Une étude d’une population plus large ou d’un effet causal demanderait d’autres informations.
Pour une réponse complète : Précise le modèle ou la liste concernée, puis distingue cette conclusion d’une généralisation sur toutes les personnes.
Variation : mêmes probabilités, indépendance ou non ?
Sur un dé équilibré, \(E\) signifie « nombre pair » et \(H\) « nombre au moins égal à 4 ». Vérifie que \(\mathrm{P}\left(E\right)=\mathrm{P}\left(H\right)\), puis examine l’indépendance.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice : énumère l’intersection ; l’égalité des deux probabilités ne répond pas à la deuxième question.
Correction expliquée
\(E=\{2;4;6\}\) et \(H=\{4;5;6\}\). Chacun contient 3 issues sur 6 : \(\mathrm{P}\left(E\right)=\mathrm{P}\left(H\right)=\tfrac36=\tfrac12\) (division par 3).
L’intersection \(E\cap H=\{4;6\}\) contient 2 issues : \(\mathrm{P}\left(E\cap H\right)=\tfrac26=\tfrac13\) (division par 2). Le produit vaut \(\tfrac12\times\tfrac12=\tfrac14\).
Or \(\tfrac13=\tfrac4{12}\) et \(\tfrac14=\tfrac3{12}\), en multipliant les numérateurs et dénominateurs respectivement par 4 et 3. L’intersection et le produit diffèrent : les événements ne sont pas indépendants, malgré leurs probabilités égales.
Attention aux arrondis. Une égalité de deux valeurs arrondies ne prouve pas l’égalité exacte des probabilités. Utilise les fractions exactes, ou les valeurs données comme exactes, pour justifier l’indépendance.
À reprendre plus tard, avant de relire
Un modèle donne \(\mathrm{P}\left(A\right)=\tfrac25\), \(\mathrm{P}\left(B\right)=\tfrac34\) et \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\tfrac3{10}\).
Décide si \(A\) et \(B\) sont indépendants.
Calcule \(\mathrm{P}\left(A\cap\overline{B}\right)\).
Calcule \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)\) et explique sa valeur.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Aide : compare d’abord intersection et produit. Pour le contraire, écris \(1=\tfrac44\). Pour la conditionnelle, la probabilité de \(B\) est le diviseur.
Correction expliquée
1. \(\tfrac25\times\tfrac34=\tfrac{2\times3}{5\times4}=\tfrac6{20}=\tfrac{6\div2}{20\div2}=\tfrac3{10}\). Le produit est égal à \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\) : \(A\) et \(B\) sont indépendants.
2. \(\mathrm{P}\left(\overline{B}\right)=1-\tfrac34=\tfrac44-\tfrac34=\tfrac14\). Par indépendance des contraires, \[\mathrm{P}\left(A\cap\overline{B}\right)=\frac25\times\frac14 =\frac{2\times1}{5\times4}=\frac2{20}=\frac1{10}.\] La simplification finale divise le haut et le bas par 2. Contrôle par différence : \(\tfrac25-\tfrac3{10}=\tfrac{2\times2}{5\times2}-\tfrac3{10}=\tfrac4{10}-\tfrac3{10}=\tfrac1{10}\).
3. \(\mathrm{P}\left(B\right)=\tfrac34>0\) ; le conditionnement par \(B\) est défini. Son calcul donne \[\mathrm{P}_{B}\left(A\right)=\frac{\frac3{10}}{\frac34} =\frac3{10}\times\frac43 =\frac{3\times4}{10\times3} =\frac{12}{30} =\frac{12\div6}{30\div6}=\frac25.\] On retrouve \(\mathrm{P}\left(A\right)\). L’information \(B\) n’a pas changé la probabilité de \(A\), comme l’indépendance le prévoyait. Si tu as inversé la mauvaise fraction, réécris la grande barre comme le signe \(\div\) avant de recommencer.
À retenir
Pour justifier une indépendance, compare \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\) à \(\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right)\), ou compare \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) à \(\mathrm{P}\left(B\right)\) lorsque \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\). Pour utiliser une indépendance donnée, multiplie les probabilités des deux événements. L’indépendance se distingue de l’équiprobabilité, de l’incompatibilité et d’une affirmation de causalité.
Reconnaître et répéter une épreuve de Bernoulli
Le but de cette étape
Reconnaître une expérience à deux issues, préciser ses hypothèses et calculer ce qui peut arriver lors de deux répétitions. Tu apprendras aussi pourquoi quatre chemins d’un arbre ne sont pas forcément quatre possibilités de même probabilité.
Avant de commencer : les quelques outils utiles
Une probabilité mesure les chances d’un événement dans un modèle. Elle est comprise entre \(0\) et \(1\). Une probabilité de \(\tfrac14=0{,}25=25\,\%\) ne promet pas exactement un succès tous les quatre essais. Elle décrit la chance de succès à chaque essai, dans les conditions du modèle.
Un événement et son contraire couvrent toutes les possibilités sans se produire ensemble. Si \(S\) a pour probabilité \(p\), son contraire, noté \(\overline{S}\), a pour probabilité \(1-p\). Ainsi, \[1-\frac14=\frac44-\frac14=\frac34.\] Le symbole \(\cap\) signifie « et » : \(S_1\cap S_2\) signifie un succès au premier essai et au deuxième. Pour multiplier deux fractions, on multiplie leurs numérateurs et leurs dénominateurs : \[\frac14\times\frac34=\frac{1\times3}{4\times4}=\frac3{16}.\]
Petit repérage — partir du sens
Un dé équilibré possède six faces numérotées de \(1\) à \(6\).
On appelle « succès » le fait d’obtenir \(6\). Quelle est sa probabilité ? Quelle est celle de ne pas obtenir \(6\) ?
Si l’on retient seulement « obtenir \(6\) » ou « ne pas obtenir \(6\) », combien de réponses différentes peut-on annoncer ?
Deux réponses possibles signifient-elles que chacune a une probabilité de \(\tfrac12\) ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Une face sur six donne un succès : \(p=\tfrac16\). Les cinq autres donnent un échec : \(1-p=\tfrac56\). Le résultat conservé a deux issues, mais elles ne sont pas équiprobables. Si les fractions t’ont bloqué, reprends le rappel ci-dessus. Si la troisième question t’a surpris, lis particulièrement l’exemple de l’arbre ci-dessous.
1. Deux issues : succès et échec
Définition — une épreuve de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience dont on distingue deux issues : un événement choisi, appelé succès et noté \(S\), et son contraire, appelé échec et noté \(E\) ou \(\overline{S}\).
Le nombre \(p=\mathrm{P}\left(S\right)\) est le paramètre de l’épreuve. Il indique la probabilité du succès. La probabilité de l’échec est \(1-p\).
Ces mots sont des étiquettes mathématiques. Si l’on étudie la présence d’un défaut sur un objet, on peut appeler « succès » l’événement « l’objet présente un défaut ». Le mot n’exprime aucun jugement sur ce qui est souhaitable.
Le lancer du dé, si l’on veut connaître son numéro, a six issues. Mais le même lancer, si l’on retient seulement « \(6\) » ou « pas \(6\) », fournit une épreuve de Bernoulli de paramètre \(\tfrac16\). Ce qui compte est le résultat que l’on décide de distinguer.
Exemples et non-exemple
Choisir un habitant au hasard et retenir seulement « utilise le vélo » ou « n’utilise pas le vélo » : deux issues complémentaires.
Lancer une pièce équilibrée et appeler succès « obtenir pile » : \(p=\tfrac12\).
Retenir le numéro complet d’un dé : six issues ; cette description n’est pas une épreuve de Bernoulli.
Les valeurs \(p=0\) et \(p=1\) sont des cas limites : le succès est impossible ou certain. Dans les situations usuelles du chapitre, \(0<p<1\) et les deux issues peuvent se produire.
À toi. Une roue possède cinq secteurs de même angle : deux verts et trois blancs. Le secteur désigné est supposé équiprobable parmi les cinq secteurs. On gagne lorsque la flèche s’arrête sur du vert. Nomme \(S\), son contraire et le paramètre \(p\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. \(S\) est « obtenir du vert » ; \(E\) est « obtenir du blanc ». Deux secteurs sur cinq conviennent, donc \(p=\tfrac25\) et \(\mathrm{P}\left(E\right)=\tfrac35\). Ce sont les cinq secteurs qui sont équiprobables ; les deux couleurs n’ont pas les mêmes chances.
2. Que signifient « identiques et indépendantes » ?
Pour utiliser le même arbre à chaque étape, il faut préciser deux conditions différentes.
Vocabulaire — deux conditions à vérifier
Épreuves identiques : on recommence la même expérience avec la même définition du succès et le même paramètre \(p\).
Épreuves indépendantes : connaître les résultats déjà obtenus ne modifie pas la probabilité du succès à l’essai suivant. Après n’importe quelle histoire possible, cette probabilité reste \(p\).
« Identiques » ne veut pas dire que les résultats observés seront tous égaux. « Indépendantes » ne veut pas dire que deux succès ne peuvent pas se suivre.
| Situation | Ce que l’on peut conclure |
|---|---|
| Deux lancers d’une même pièce, modélisés comme indépendants. | Même chance de pile et indépendance : les deux conditions conviennent. |
| On tire un jeton, puis on recopie son résultat une seconde fois. | Même probabilité pour chaque résultat recopié, mais dépendance totale : la deuxième réponse est imposée par la première. |
| On tire deux jetons sans remise dans une urne contenant des jetons rouges et bleus. | La composition change après le premier tirage ; en général, les probabilités du second tirage changent. |
| Une pièce équilibrée puis une roue ayant un secteur vert sur quatre ; expériences supposées indépendantes. | Indépendantes, mais paramètres \(\tfrac12\) et \(\tfrac14\) : ce ne sont pas deux répétitions identiques de la même épreuve de Bernoulli. |
Pourquoi la remise aide-t-elle ? Remettre le jeton conserve la composition de l’urne. Mélanger et réaliser à nouveau un tirage au hasard permet d’adopter un modèle de tirages indépendants. La remise explique la conservation des proportions ; les hypothèses du modèle restent à préciser.
Expliquer avec ses mots. Pourquoi la phrase « les expériences sont indépendantes parce qu’on les fait l’une après l’autre » est-elle insuffisante ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Réponse possible. Deux tirages sans remise ont lieu l’un après l’autre, alors que le premier peut changer la chance du second. L’indépendance concerne l’effet de l’information sur les probabilités, pas l’ordre dans le temps.
Pour une réponse complète : mentionner une probabilité qui change ou reste inchangée, et donner un exemple pertinent.
3. Deux répétitions : construire l’arbre
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
Une borne choisit au hasard un nombre parmi \(1\), \(2\), \(3\) et \(4\), chacun avec la probabilité \(\tfrac14\). On appelle succès l’obtention du nombre \(1\). On utilise la borne deux fois. On suppose que les deux choix sont indépendants.
Il s’agit de deux épreuves identiques de Bernoulli de paramètre \(p=\tfrac14\). À chaque étape, \(\mathrm{P}\left(S\right)=\tfrac14\) et \(\mathrm{P}\left(E\right)=\tfrac34\).
Premier geste. dessine d’abord le premier essai, puis recopie les deux mêmes branches après chacun de ses résultats.
Lecture du schéma. L’arbre possède quatre chemins : \(SS\), \(SE\), \(ES\) et \(EE\). La première lettre correspond au premier essai. Après chaque résultat du premier essai, les branches vers \(S_2\) et \(E_2\) portent encore \(\frac{1}{4}\) et \(\frac{3}{4}\). Les probabilités des chemins sont respectivement \(\frac{1}{16}\), \(\frac{3}{16}\), \(\frac{3}{16}\) et \(\frac{9}{16}\).
Propriété expliquée — multiplier le long d’un chemin
La probabilité d’un chemin est le produit des probabilités inscrites sur ses branches. Par exemple, \[\mathrm{P}\left(S_1\cap E_2\right)=\mathrm{P}\left(S_1\right)\times\mathrm{P}_{S_1}\left(E_2\right) =\frac14\times\frac34=\frac3{16}.\] La notation \(\mathrm{P}_{S_1}\left(E_2\right)\) se lit « probabilité de \(E_2\) sachant \(S_1\) ». Ici, \(\mathrm{P}\left(S_1\right)=\tfrac14>0\) : la conditionnelle est définie. L’indépendance donne \(\mathrm{P}_{S_1}\left(E_2\right)=\mathrm{P}\left(E_2\right)=\tfrac34\). On utilise donc la probabilité de l’échec au deuxième essai même après un succès au premier.
Un autre moyen de comprendre. Les deux nombres choisis forment \(4\times4=16\) couples équiprobables. Un seul couple donne \(SS\) : \((1;1)\). Trois couples donnent \(SE\) : \((1;2)\), \((1;3)\) et \((1;4)\). Neuf donnent \(EE\), car il y a trois choix autres que \(1\) à chacun des deux essais. L’arbre regroupe donc des nombres différents de couples.
Contrôle. Les quatre chemins sont disjoints et couvrent toute l’expérience. Leur somme doit être \(1\) : \[\frac1{16}+\frac3{16}+\frac3{16}+\frac9{16} =\frac{1+3+3+9}{16}=\frac{16}{16}=1.\]
4. Passer d’une phrase à des chemins
Exemple corrigé — exactement un succès
« Exactement un succès » correspond à deux possibilités : \(SE\) et \(ES\). Ces chemins sont incompatibles : une expérience ne peut pas suivre les deux à la fois. On additionne donc leurs probabilités : \[\mathrm{P}\left(\text{exactement un succès}\right)=\frac3{16}+\frac3{16} =\frac6{16}=\frac38.\] La probabilité cherchée est \(\tfrac38\). On multiplie dans un chemin ; on additionne les chemins distincts qui répondent à la question.
Essai guidé — aucun ou deux succès
Dans la situation de la borne :
Quel chemin correspond à « aucun succès » ? Calcule sa probabilité.
Quel chemin correspond à « deux succès » ? Calcule sa probabilité.
Additionne tes réponses avec \(\tfrac38\), la probabilité d’un seul succès. Explique ce que tu vérifies.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Aucun succès correspond à \(EE\), de probabilité \(\tfrac9{16}\). Deux succès correspondent à \(SS\), de probabilité \(\tfrac1{16}\). Comme \(\tfrac38=\tfrac{3\times2}{8\times2}=\tfrac6{16}\), \[\frac9{16}+\frac6{16}+\frac1{16}=1.\] On vérifie les trois nombres possibles de succès : zéro, un ou deux. Ils couvrent toutes les possibilités.
À toi — un nouveau paramètre
On répète deux fois, de façon indépendante, une épreuve de Bernoulli de paramètre \(p=\tfrac13\).
Dessine l’arbre pondéré et indique la probabilité de chaque chemin.
Calcule la probabilité d’obtenir exactement un succès.
Calcule la probabilité d’obtenir au moins un succès.
Indice si nécessaire. « Au moins un » accepte un ou deux succès ; seul \(EE\) est refusé.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
La probabilité d’échec est \(1-\tfrac13=\tfrac33-\tfrac13=\tfrac23\). L’arbre a les mêmes branches \(\tfrac13\) vers \(S\) et \(\tfrac23\) vers \(E\) à chaque étape. Ainsi, \[\begin{aligned} \mathrm{P}\left(SS\right)&=\frac13\times\frac13=\frac19,& \mathrm{P}\left(SE\right)&=\frac13\times\frac23=\frac29,\\ \mathrm{P}\left(ES\right)&=\frac23\times\frac13=\frac29,& \mathrm{P}\left(EE\right)&=\frac23\times\frac23=\frac49. \end{aligned}\] Exactement un succès : \(\tfrac29+\tfrac29=\tfrac49\). Au moins un : \(\tfrac19+\tfrac29+\tfrac29=\tfrac59\). On peut aussi retirer l’unique cas refusé : \(1-\tfrac49=\tfrac99-\tfrac49=\tfrac59\).
Pour une réponse complète : indiquer les deux branches après chaque nœud, écrire les produits et nommer les chemins retenus avant de les additionner.
5. Quand la situation change vraiment
Variation — deux expériences indépendantes, mais différentes
Le premier essai a une probabilité de succès \(\tfrac12\). Le second, indépendant du premier, a une probabilité de succès \(\tfrac14\).
Peut-on recopier \(\tfrac12\) vers toutes les branches de succès ? Quelle est la probabilité de deux succès ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Non : les épreuves n’ont pas le même paramètre. Au premier niveau, les branches portent \(\tfrac12\) et \(\tfrac12\). Au deuxième, elles portent \(\tfrac14\) et \(\tfrac34\) après chacun des deux premiers résultats. Deux succès ont pour probabilité \[\frac12\times\frac14=\frac{1\times1}{2\times4}=\frac18.\] La règle du produit reste utilisable ; c’est l’hypothèse de répétitions identiques qui manque.
Remédiation — « quatre chemins, donc un quart chacun »
Erreur à repérer. Le nombre de chemins ne suffit pas pour leur attribuer la même probabilité. L’équiprobabilité doit être justifiée.
Rappel utile. Une probabilité se lit sur les branches, puis les probabilités des branches d’un chemin se multiplient.
Petit exemple. Pour deux essais indépendants de paramètre \(\tfrac16\), deux succès ont pour probabilité \(\tfrac16\times\tfrac16=\tfrac1{36}\). Il y a toujours quatre chemins, mais celui-ci ne vaut pas \(\tfrac14\).
Nouvel essai. Pour deux essais indépendants de paramètre \(\tfrac23\), calcule les probabilités de \(SS\), \(SE\), \(ES\) et \(EE\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. L’échec vaut \(1-\tfrac23=\tfrac33-\tfrac23=\tfrac13\). On calcule chaque chemin : \[\begin{aligned} \mathrm{P}\left(SS\right)&=\frac23\times\frac23=\frac{2\times2}{3\times3}=\frac49,\\ \mathrm{P}\left(SE\right)&=\frac23\times\frac13=\frac{2\times1}{3\times3}=\frac29,\\ \mathrm{P}\left(ES\right)&=\frac13\times\frac23=\frac{1\times2}{3\times3}=\frac29,\\ \mathrm{P}\left(EE\right)&=\frac13\times\frac13=\frac{1\times1}{3\times3}=\frac19. \end{aligned}\] Leur somme vaut \(\tfrac{4+2+2+1}{9}=\tfrac99=1\), mais ces quatre probabilités ne sont pas égales.
Retour à l’essai. reprends l’essai de paramètre \(\tfrac13\) ci-dessus et explique, sans recalculer, pourquoi \(EE\) est plus probable que \(SS\). Réponse : l’échec est plus probable que le succès à chacun des deux essais ; ici \(\tfrac49>\tfrac19\).
Reprise différée — à refaire lors d’une prochaine séance
Masque le cours. Deux essais identiques et indépendants ont un succès de probabilité \(0{,}2\). Calcule la probabilité de deux succès et celle d’exactement un succès. Écris aussi les hypothèses qui t’autorisent à garder les mêmes poids au deuxième niveau.
Indice si nécessaire. Liste les deux lettres des chemins favorables ; calcule d’abord la probabilité de l’échec par \(1-0{,}2\).
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. L’échec vaut \(1-0{,}2=0{,}8\). Deux succès correspondent uniquement au chemin \(SS\) : \[\mathrm{P}\left(SS\right)=0{,}2\times0{,}2=0{,}04.\] Exactement un succès correspond à \(SE\) ou \(ES\), deux chemins distincts : \[\mathrm{P}\left(SE\right)+\mathrm{P}\left(ES\right)=0{,}2\times0{,}8+0{,}8\times0{,}2 =0{,}16+0{,}16=0{,}32.\] Les épreuves sont identiques et indépendantes. Il faut les deux conditions pour justifier la répétition des mêmes poids, quels que soient les résultats précédents.
À retenir
Une épreuve de Bernoulli distingue \(S\) et son contraire \(E\), de probabilités \(p\) et \(1-p\). Pour répéter les mêmes poids dans l’arbre, on vérifie les conditions identiques et indépendantes. On multiplie le long d’un chemin, puis on additionne les chemins distincts favorables. Le nombre de chemins ne prouve jamais, à lui seul, leur équiprobabilité.
Trois ou quatre épreuves : organiser les chemins
Le but de cette étape
Construire un arbre sans perdre de possibilité, traduire « exactement », « au moins » et « au plus », puis choisir entre un calcul direct et le passage par l’événement contraire.
Les rappels dont tu as besoin ici
Une épreuve de Bernoulli distingue un succès \(S\), de probabilité \(p\), et un échec \(E\), de probabilité \(1-p\). Les essais sont identiques si le paramètre reste le même. Ils sont indépendants si connaître les résultats précédents ne change pas la probabilité du suivant.
Un chemin donne les résultats dans l’ordre. Par exemple, \(SEE\) signifie un succès, puis deux échecs. Pour des répétitions identiques et indépendantes, sa probabilité vaut \[p\times(1-p)\times(1-p).\] On multiplie dans chaque chemin et on additionne les chemins distincts acceptés par la question. Les exposants abrègent un produit : \(p^3=p\times p\times p\). Ils ne remplacent pas un raisonnement sur les chemins.
Pour additionner des fractions de même dénominateur, on conserve ce dénominateur : \(\tfrac2{27}+\tfrac4{27}=\tfrac6{27}\). Si \(A\) est un événement, son contraire \(\overline{A}\) a pour probabilité \(1-\mathrm{P}\left(A\right)\).
Petit repérage — comprendre les mots
On effectue trois essais. Les nombres possibles de succès sont \(0\), \(1\), \(2\) et \(3\). Quels nombres acceptes-tu pour :
exactement un succès ?
au moins un succès ?
au plus un succès ?
le contraire de « au moins un succès » ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Exactement un : \(1\) seulement. Au moins un : \(1\), \(2\) ou \(3\). Au plus un : \(0\) ou \(1\). Le contraire de « au moins un » est « aucun », donc \(0\). Si tu as hésité sur une réponse, écris les nombres acceptés à côté de chaque nouvelle question avant de chercher les chemins.
1. Trois essais : huit chemins à organiser
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
Un dispositif choisit au hasard l’un des nombres \(1\), \(2\) et \(3\), équiprobables. Le succès est « obtenir \(1\) ». On répète le choix trois fois, de façon indépendante. Ainsi, \(p=\tfrac13\) et \(1-p=\tfrac23\).
Méthode — avancer d’un niveau à la fois
Au premier niveau, trace une branche \(S\) et une branche \(E\).
Après chacune, ajoute de nouveau les deux possibilités \(S\) et \(E\).
Recommence une troisième fois. Chaque chemin doit contenir trois résultats.
Inscris \(\tfrac13\) sur chaque branche de succès et \(\tfrac23\) sur chaque branche d’échec.
Le nombre de feuilles double à chaque étape : \(2\), puis \(4\), puis \(8\). Cela vérifie que l’on n’a oublié aucune suite de trois résultats.
Lecture du schéma. Les huit chemins, dans l’ordre de haut en bas, sont \(SSS\), \(SSE\), \(SES\), \(SEE\), \(ESS\), \(ESE\), \(EES\) et \(EEE\). Chaque branche de succès vaut \(\frac{1}{3}\) et chaque branche d’échec vaut \(\frac{2}{3}\). Les probabilités des chemins sont \(\frac{1}{27}\), \(\frac{2}{27}\), \(\frac{2}{27}\), \(\frac{4}{27}\), \(\frac{2}{27}\), \(\frac{4}{27}\), \(\frac{4}{27}\) et \(\frac{8}{27}\).
Deux calculs à lire vraiment. Le chemin \(SES\) comprend deux succès et un échec : \[\mathrm{P}\left(SES\right)=\frac13\times\frac23\times\frac13 =\frac{1\times2\times1}{3\times3\times3}=\frac2{27}.\] Le chemin \(SEE\) comprend un succès et deux échecs : \[\mathrm{P}\left(SEE\right)=\frac13\times\frac23\times\frac23 =\frac{1\times2\times2}{3\times3\times3}=\frac4{27}.\] Les huit chemins ne sont donc pas équiprobables. En revanche, les chemins ayant le même nombre de succès ont ici le même produit : seul l’ordre des facteurs change.
Contrôle de l’ensemble. \[\frac{1+2+2+4+2+4+4+8}{27}=\frac{27}{27}=1.\]
2. « Exactement » demande de repérer toutes les positions
Exemple corrigé — exactement deux succès en trois essais
Il faut deux lettres \(S\) et une lettre \(E\). L’échec peut être placé au troisième, au deuxième ou au premier essai. Les chemins sont donc \(SSE\), \(SES\) et \(ESS\). \[\begin{aligned} \mathrm{P}\left(\text{exactement deux succès}\right) &=\mathrm{P}\left(SSE\right)+\mathrm{P}\left(SES\right)+\mathrm{P}\left(ESS\right)\\ &=\frac2{27}+\frac2{27}+\frac2{27}\\ &=\frac6{27}=\frac29. \end{aligned}\] La simplification finale divise le numérateur et le dénominateur par \(3\) : \(6\div3=2\) et \(27\div3=9\).
Essai guidé — exactement un succès
Avec le même dispositif, calcule la probabilité d’obtenir exactement un succès en trois essais.
Place l’unique lettre \(S\) dans chacune des trois positions possibles.
Lis ou recalcule les trois probabilités.
Additionne et simplifie.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Les chemins sont \(SEE\), \(ESE\) et \(EES\). Chaque produit vaut \(\tfrac4{27}\). La probabilité cherchée est \[\frac4{27}+\frac4{27}+\frac4{27}=\frac{12}{27}=\frac49.\] La réponse contient les trois positions du succès ; une seule position ne répondrait pas à « exactement un ».
| Nombre de succès | Chemins acceptés | Probabilité |
|---|---|---|
| \(0\) | \(EEE\) | \(\tfrac8{27}\) |
| \(1\) | \(SEE\), \(ESE\), \(EES\) | \(\tfrac{12}{27}\) |
| \(2\) | \(SSE\), \(SES\), \(ESS\) | \(\tfrac6{27}\) |
| \(3\) | \(SSS\) | \(\tfrac1{27}\) |
3. « Au moins », « au plus » et événement contraire
Exemple corrigé — au moins deux succès
Au moins deux succès en trois essais signifie deux ou trois succès. Les chemins sont \(SSE\), \(SES\), \(ESS\) et \(SSS\). On obtient \[\frac6{27}+\frac1{27}=\frac7{27}.\] On pourrait aussi retirer les cas « zéro ou un succès » : \[1-\left(\frac8{27}+\frac{12}{27}\right) =\frac{27}{27}-\frac{20}{27}=\frac7{27}.\] Les deux méthodes concordent. Le calcul direct est ici particulièrement court puisque les probabilités de deux et trois succès sont déjà connues.
Propriété expliquée — au moins un succès
Le contraire de « au moins un succès » est « aucun succès ». Pour trois épreuves identiques et indépendantes de paramètre \(p\), aucun succès correspond uniquement à \(EEE\) : \[\mathrm{P}\left(EEE\right)=(1-p)\times(1-p)\times(1-p)=(1-p)^3.\] Donc \[\mathrm{P}\left(\text{au moins un succès}\right)=1-(1-p)^3.\] Pour quatre essais, on raisonne de la même manière avec le seul chemin \(EEEE\), de probabilité \((1-p)^4\). La soustraction repose sur les événements contraires ; le produit repose sur l’indépendance.
Avec \(p=\tfrac13\) et trois essais, \[1-\left(\frac23\right)^3 =1-\frac{2\times2\times2}{3\times3\times3} =\frac{27}{27}-\frac8{27}=\frac{19}{27}.\] Calculer sept chemins était possible. En reconnaître un seul, celui qui est refusé, rend ce calcul plus rapide.
Justifier un choix. Pour chercher « au plus un succès » en trois essais, pourquoi le contraire est-il « au moins deux succès », et non « trois succès » ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Réponse possible. Les nombres \(0\) et \(1\) sont acceptés. Les nombres refusés sont \(2\) et \(3\). Ils correspondent ensemble à « au moins deux ». En oubliant \(2\), on ne couvrirait plus toutes les possibilités.
Pour une réponse complète : écrire la liste des nombres acceptés et celle des nombres refusés ; elles doivent être disjointes et couvrir \(0\), \(1\), \(2\), \(3\).
4. Quatre essais : un arbre complet, en deux sous-arbres
On lance quatre fois une pièce équilibrée ; les lancers sont modélisés comme indépendants. Le succès est « pile », l’échec est « face ». Chaque branche vaut \(\tfrac12=0{,}5\) ; les dessins utilisent l’écriture décimale pour faciliter leur lecture.
Il y a \(2\times2\times2\times2=16\) chemins. Pour garder un dessin lisible, l’arbre complet est partagé en deux : les huit chemins commençant par \(S\), puis les huit commençant par \(E\). Les deux branches initiales partent du même départ.
Lecture du schéma. Première moitié : la première branche est un succès. Ses huit feuilles sont \(SSSS\), \(SSSE\), \(SSES\), \(SSEE\), \(SESS\), \(SESE\), \(SEES\) et \(SEEE\). Chaque chemin complet, y compris sa branche initiale, a quatre facteurs \(\frac{1}{2}\).
Lecture du schéma. Deuxième moitié : la première branche est un échec. Ses huit feuilles sont \(ESSS\), \(ESSE\), \(ESES\), \(ESEE\), \(EESS\), \(EESE\), \(EEES\) et \(EEEE\). Avec les huit précédentes, on a bien les seize chemins complets de quatre essais.
Dans cet exemple particulier, tous les chemins ont la même probabilité : \[\frac12\times\frac12\times\frac12\times\frac12=\frac1{16}.\] L’équiprobabilité des chemins est justifiée par les poids des branches, pas seulement par le fait que l’arbre possède seize feuilles.
Exemple corrigé — exactement deux succès en quatre essais
On retient les six chemins \(SSEE\), \(SESE\), \(SEES\), \(ESSE\), \(ESES\) et \(EESS\). Chacun contient deux succès et deux échecs. Ils sont distincts et ont chacun la probabilité \(\tfrac1{16}\). \[\mathrm{P}\left(\text{exactement deux succès}\right)=6\times\frac1{16}=\frac6{16}=\frac38.\] Le nombre \(6\) vient de la liste des six chemins ; il n’est pas deviné.
| Nombre de succès | \(0\) | \(1\) | \(2\) | \(3\) | \(4\) |
|---|---|---|---|---|---|
| Nombre de chemins | \(1\) | \(4\) | \(6\) | \(4\) | \(1\) |
| Probabilité | \(\tfrac1{16}\) | \(\tfrac4{16}\) | \(\tfrac6{16}\) | \(\tfrac4{16}\) | \(\tfrac1{16}\) |
Il y a bien \(1+4+6+4+1=16\) chemins, et la somme de leurs probabilités vaut \(1\).
À toi — choisir une méthode
Pour les quatre lancers indépendants de la pièce équilibrée, calcule les probabilités suivantes :
au moins un succès ;
au plus un succès ;
au moins deux succès.
Indice si nécessaire. Pour chaque phrase, commence par écrire les nombres de succès acceptés. Cherche ensuite si les cas refusés sont moins nombreux.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
On accepte \(1\), \(2\), \(3\) ou \(4\) succès. Seul \(EEEE\) est refusé. La probabilité est \(1-\tfrac1{16}=\tfrac{16}{16}-\tfrac1{16}=\tfrac{16-1}{16}=\tfrac{15}{16}\).
On accepte \(0\) ou \(1\) succès : \(\tfrac1{16}+\tfrac4{16}=\tfrac{1+4}{16}=\tfrac5{16}\).
On accepte \(2\), \(3\) ou \(4\) succès : \(\tfrac6{16}+\tfrac4{16}+\tfrac1{16}=\tfrac{6+4+1}{16}=\tfrac{11}{16}\). Autre méthode : retirer zéro ou un succès, soit \(1-\tfrac5{16}=\tfrac{16}{16}-\tfrac5{16}=\tfrac{16-5}{16}=\tfrac{11}{16}\).
Pour une réponse complète : nommer les cas acceptés ou refusés ; justifier l’équiprobabilité si tu comptes les chemins ; conclure par une probabilité entre \(0\) et \(1\).
5. L’ordre peut faire partie de la question
Variation — premier succès au troisième essai
On revient à trois essais identiques et indépendants de paramètre \(p=\tfrac13\).
Une élève affirme : « Obtenir son premier succès au troisième essai, c’est la même chose qu’obtenir exactement un succès. » A-t-elle raison ? Calcule les deux probabilités.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Pour que le premier succès arrive au troisième essai, les deux premiers doivent être des échecs : seul \(EES\) convient. Sa probabilité vaut \[\frac23\times\frac23\times\frac13=\frac4{27}.\] « Exactement un succès » autorise aussi \(SEE\) et \(ESE\). Sa probabilité vaut donc \(\tfrac4{27}+\tfrac4{27}+\tfrac4{27}=\tfrac{12}{27}\). Les phrases ne décrivent pas le même événement.
Remédiation — j’ai oublié des positions du succès
Erreur à repérer. Écrire uniquement \(SSE\) pour « deux succès en trois essais » oublie \(SES\) et \(ESS\).
Rappel. « Exactement » impose un nombre de succès ; leur position est libre si l’énoncé n’ajoute rien.
Petit exemple. En deux essais, exactement un succès peut arriver au début (\(SE\)) ou à la fin (\(ES\)). Avec \(p=\tfrac12\), cela donne \(\tfrac14+\tfrac14=\tfrac12\).
Nouvel essai. Quatre essais indépendants ont \(p=\tfrac12\). Écris tous les chemins correspondant à exactement trois succès, puis calcule leur probabilité totale.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. L’unique échec occupe l’une des quatre positions : \(ESSS\), \(SESS\), \(SSES\), \(SSSE\). On obtient \(4\times\tfrac1{16}=\tfrac14\).
Retour à l’essai. reprends « exactement deux succès en trois essais ». Fais déplacer l’unique échec d’une position à l’autre et vérifie que tu retrouves trois chemins, chacun de probabilité \(\tfrac2{27}\) lorsque \(p=\tfrac13\).
Reprise différée — distinguer le nombre et l’ordre
À une prochaine séance, sans regarder les exemples : on répète trois fois une épreuve de Bernoulli de paramètre \(\tfrac12\), de façon indépendante.
Calcule la probabilité d’exactement deux succès.
Calcule celle d’au moins deux succès.
Calcule celle d’un premier succès au troisième essai.
Indice si nécessaire. Pour « exactement deux », place l’unique échec dans chacune des trois positions. Pour « au moins deux », ajoute le cas de trois succès. Pour le premier succès au troisième essai, impose les deux premières lettres.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Chaque chemin vaut \[\frac12\times\frac12\times\frac12 =\frac{1\times1\times1}{2\times2\times2}=\frac18.\] Exactement deux succès : \(SSE\), \(SES\), \(ESS\), donc \[\frac18+\frac18+\frac18=\frac{1+1+1}{8}=\frac38.\] Au moins deux succès : on ajoute \(SSS\), donc \(\tfrac38+\tfrac18=\tfrac{3+1}{8}=\tfrac48=\tfrac12\) ; la dernière égalité divise le numérateur et le dénominateur par \(4\). Premier succès au troisième : les deux premiers sont des échecs, donc \(EES\) seulement, de probabilité \(\tfrac18\).
À retenir
Pour trois ou quatre essais, construis ou organise tous les chemins. Traduis les mots en nombres de succès acceptés. Exactement impose un nombre précis ; au moins fixe un minimum ; au plus fixe un maximum. Pour « au moins un », le contraire « aucun » ne comporte qu’un chemin. Si l’énoncé impose une position ou un ordre, tiens-en compte avant d’additionner.
Fréquences, simulation et modèle
Le but de cette étape
Comprendre ce qu’une série d’essais permet d’observer, calculer des fréquences et distinguer une observation de la probabilité choisie dans un modèle. Tu pourras suivre l’activité sur papier ; le programme proposé sert à prolonger l’expérience.
Les outils utiles : compter, puis diviser
Une épreuve de Bernoulli distingue un succès \(S\) et un échec \(E\). Son paramètre \(p\) est la probabilité du succès. Dans une série d’épreuves identiques et indépendantes, à chaque étape, les probabilités restent \(p\) et \(1-p\), quels que soient les résultats précédents.
Si l’on observe \(k\) succès pendant \(n\) essais, avec \(n>0\), la fréquence des succès est \[f=\frac{\text{nombre de succès}}{\text{nombre total d'essais}}=\frac{k}{n}.\] La lettre \(k\) désigne le compteur de succès, la lettre \(n\) le compteur de tous les essais. Par exemple, \(7\) succès sur \(20\) essais donnent \[f=\frac7{20}=\frac{7\times5}{20\times5}=\frac{35}{100}=0{,}35=35\,\%.\] Une fréquence, comme une probabilité, est comprise entre \(0\) et \(1\). Une fréquence n’est pas le nombre de succès : \(7\) est un effectif, \(\tfrac7{20}\) est une proportion.
Petit repérage — ne pas confondre les nombres
Une série comporte \(12\) succès en \(20\) essais. Quelle est la fréquence des succès ?
Un modèle donne \(p=\tfrac12\). Doit-on obligatoirement obtenir \(10\) succès en \(20\) essais ?
Après trois succès, un échec est-il nécessaire au quatrième essai pour rétablir l’équilibre ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. La fréquence vaut \(\tfrac{12}{20}=\tfrac35=0{,}6=60\,\%\). Le modèle ne promet pas exactement la moitié des succès dans chaque série. Si les essais sont indépendants, les trois premiers résultats ne modifient pas la chance du quatrième : elle reste \(\tfrac12\) pour chaque issue. Si la première réponse t’a bloqué, reprends le calcul de fraction précédent ; pour les deux autres, lis les sections sur la fluctuation et l’absence de compensation.
1. Probabilité et fréquence ne répondent pas à la même question
Vocabulaire — modèle et observation
La probabilité \(p\) décrit la chance d’un succès dans le modèle choisi. Par exemple, une pièce équilibrée est modélisée par \(p=\tfrac12\) pour pile.
La fréquence \(f\) est calculée après une série d’essais : elle dépend des résultats de cette série. Deux séries faites dans les mêmes conditions peuvent donner des fréquences différentes.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
Trois groupes réalisent chacun \(20\) essais, avec un même dispositif modélisé par une probabilité de succès \(\tfrac12\). Voici trois séries possibles :
| Groupe | Succès | Essais | Fréquence |
|---|---|---|---|
| A | \(8\) | \(20\) | \(\tfrac8{20}=0{,}4\) |
| B | \(12\) | \(20\) | \(\tfrac{12}{20}=0{,}6\) |
| C | \(10\) | \(20\) | \(\tfrac{10}{20}=0{,}5\) |
Ces différences sont des fluctuations : les résultats varient d’une série à l’autre. L’écart entre \(0{,}4\) et \(0{,}5\) ne suffit pas à lui seul pour décider que le modèle est faux.
Un cas où une proportion donne exactement une probabilité
Une population finie de \(200\) personnes contient exactement \(50\) personnes ayant un certain caractère. Si l’on tire uniformément une personne parmi ces \(200\), la probabilité du caractère est exactement \(\tfrac{50}{200}=\tfrac14\).
Ici, on connaît toute la population dans laquelle a lieu le tirage. C’est différent d’une petite série d’observations utilisée pour estimer une probabilité inconnue. Demande-toi donc toujours : « Est-ce toute la population du tirage, ou seulement un échantillon observé ? »
2. Suivre une fréquence au fur et à mesure
Pour voir ce qui change, on ne remet pas le compteur de succès à zéro après chaque essai. On conserve les résultats déjà obtenus : on calcule une fréquence cumulée.
Dans la simulation présentée plus loin, le résultat \(1\) code un succès et le résultat \(0\) un échec. Les dix premiers résultats obtenus sont \[1,\ 1,\ 0,\ 1,\ 0,\ 1,\ 0,\ 0,\ 0,\ 1.\] Leur suivi sur papier donne :
| Rang \(n\) | Résultat du nouvel essai | Succès cumulés \(k\) | Fréquence \(\frac{k}{n}\) |
|---|---|---|---|
| \(1\) | \(1\) | \(1\) | \(\tfrac11=1\) |
| \(2\) | \(1\) | \(2\) | \(\tfrac22=1\) |
| \(3\) | \(0\) | \(2\) | \(\tfrac23\) |
| \(4\) | \(1\) | \(3\) | \(\tfrac34\) |
| \(5\) | \(0\) | \(3\) | \(\tfrac35\) |
| \(6\) | \(1\) | \(4\) | \(\tfrac46=\tfrac23\) |
| \(7\) | \(0\) | \(4\) | \(\tfrac47\) |
| \(8\) | \(0\) | \(4\) | \(\tfrac48=\tfrac12\) |
| \(9\) | \(0\) | \(4\) | \(\tfrac49\) |
| \(10\) | \(1\) | \(5\) | \(\tfrac5{10}=\tfrac12\) |
Exemple expliqué — lire une mise à jour
Après \(8\) essais, on a \(4\) succès, donc \(f=\tfrac48=\tfrac12\).
Le neuvième essai est un échec. Le nombre de succès reste \(4\), tandis que le nombre total d’essais devient \(9\). La fréquence devient \(\tfrac49\) : elle change même si le compteur de succès n’a pas augmenté.
Le dixième essai est un succès. Le compteur de succès devient \(4+1=5\) et le nombre d’essais devient \(9+1=10\). La nouvelle fréquence est \(\tfrac5{10}=\tfrac12\).
Lecture du schéma. Les points représentent les fréquences du tableau. La ligne horizontale repère \(p=\frac{1}{2}\). La fréquence peut s’en rapprocher, puis s’en éloigner : elle vaut exactement \(\frac{1}{2}\) après huit essais, descend à \(\frac{4}{9}\) après neuf essais, puis revient à \(\frac{1}{2}\) au dixième. Les segments aident à suivre l’ordre des observations.
Essai guidé — fais fonctionner le compteur
Voici six résultats d’une nouvelle série : \(0\), \(1\), \(0\), \(0\), \(1\), \(1\). Construis un tableau avec le rang, le résultat, le nombre cumulé de succès et la fréquence cumulée.
Aide. Commence avec zéro succès. À chaque ligne, ajoute le nouveau résultat au compteur, puis divise par le rang de cette ligne.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Les nombres cumulés de succès sont \(0\), \(1\), \(1\), \(1\), \(2\), \(3\). Les fréquences correspondantes sont \[\frac01=0,\quad\frac12,\quad\frac13,\quad\frac14,\quad\frac25,\quad\frac36=\frac12.\] Par exemple, au cinquième essai, le résultat vaut \(1\) : on passe de \(1\) à \(2\) succès, mais on compte bien \(5\) essais au total.
3. Ce que dit la loi des grands nombres
Propriété admise — une version accessible de la loi des grands nombres
Dans un modèle d’épreuves identiques et indépendantes, lorsque le nombre d’essais devient grand, la fréquence observée d’un succès est généralement proche de sa probabilité \(p\).
Pour un écart fixé à l’avance, les fréquences qui s’en éloignent beaucoup deviennent plus rares quand le nombre d’essais augmente. Cela n’impose ni une égalité exacte à une étape précise, ni un rapprochement à chaque nouvel essai.
La preuve générale demande des outils qui dépassent ce chapitre. Les séries et simulations permettent d’observer ce comportement ; elles ne démontrent pas une propriété portant sur toutes les séries possibles.
Trois phrases à distinguer
Correct : une longue série permet généralement de mieux approcher \(p\) par une fréquence.
Incorrect : la fréquence se rapproche forcément de \(p\) à chaque nouvel essai. Le passage de \(8\) à \(9\) essais dans le tableau fournit un contre-exemple.
Incorrect : après un certain nombre d’essais, la fréquence sera définitivement égale à \(p\). Un nouvel essai peut de nouveau la modifier.
4. Le hasard n’a pas de retard à rattraper
Exemple expliqué — trois succès ne rendent pas l’échec « dû »
Une pièce équilibrée est lancée de façon indépendante. On a observé trois fois pile. Au quatrième lancer, la probabilité de pile reste \(\tfrac12\) et celle de face reste \(\tfrac12\).
La raison est l’hypothèse d’indépendance : les résultats précédents ne changent pas les probabilités du nouvel essai. Il n’existe aucune obligation de rétablir exactement autant de piles que de faces.
Pourquoi une fréquence peut-elle pourtant se stabiliser ? Un petit déséquilibre initial pèse de moins en moins dans une grande série. Avoir deux succès de plus que la moitié représente un écart de \(\tfrac2{10}=0{,}2\) sur dix essais, mais seulement \(\tfrac2{100}=0{,}02\) sur cent essais. Cet exemple explique comment un même écart d’effectif peut peser moins dans une proportion. Il ne prétend pas que l’écart d’effectif restera toujours fixé à deux.
Justifier. Un élève dit : « J’ai eu beaucoup de succès au début. Pour que la fréquence revienne près de \(\frac{1}{2}\), l’échec doit maintenant avoir une probabilité supérieure à \(\frac{1}{2}\). » Que lui réponds-tu ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Réponse possible. Dans le modèle indépendant, chaque nouvel essai garde les mêmes probabilités. Une proportion peut devenir moins sensible au début de la série quand le nombre total d’essais grandit ; cela n’exige pas une modification des chances du prochain essai.
Pour une réponse complète : rappeler l’indépendance, distinguer une probabilité du prochain essai de la fréquence de toute la série, et refuser l’idée d’une compensation obligatoire.
5. Une simulation que l’on peut lire sans programmer
Protocole — reproduire une épreuve dans un modèle
Choisir le modèle : deux résultats équiprobables, \(0\) et \(1\), et des essais indépendants.
Mettre le compteur de succès à \(0\).
Produire un nouveau résultat : \(1\) pour un succès, \(0\) pour un échec.
Ajouter ce résultat au compteur de succès.
Diviser le nombre cumulé de succès par le nombre d’essais effectués.
Recommencer et observer plusieurs fréquences, sans changer le modèle après un résultat surprenant.
Sur papier, on peut utiliser une liste de résultats donnée, comme dans le tableau précédent. En classe, le programme suivant peut être projeté pour prolonger l’expérience.
Outil numérique — une courte simulation en Python
from random import Random
generateur = Random(20261020)
succes = 0
for rang in range(1, 1001):
resultat = generateur.randint(0, 1)
succes = succes + resultat
frequence = succes / rang
if rang in (10, 100, 1000):
print(rang, succes, frequence)
Lire le programme. Le générateur fournit des valeurs \(0\) ou \(1\) pour la simulation. Le nombre \(20261020\), appelé graine, permet de reproduire cette même série lors d’une nouvelle exécution dans le même environnement. Il ne représente pas la probabilité.
La variable succes contient le compteur cumulé. La
boucle parcourt les rangs de \(1\) à
\(1000\) ; dans
range(1, 1001), la borne finale \(1001\) est exclue. Le programme met le
compteur à jour avant de calculer la fréquence. Il affiche
seulement les lignes de rang \(10\),
\(100\) et \(1000\).
L’exécution utilisée pour ce cours a donné :
| Nombre d’essais | Succès cumulés | Fréquence |
|---|---|---|
| \(10\) | \(5\) | \(0{,}5\) |
| \(100\) | \(46\) | \(0{,}46\) |
| \(1000\) | \(492\) | \(0{,}492\) |
On lit \(\tfrac{492}{1000}=0{,}492=49{,}2\,\%\). Ce résultat illustre une fréquence proche de \(\tfrac12\) dans une longue série. Une autre série peut donner une autre valeur.
Ce que la simulation ne prouve pas. Un générateur informatique produit une suite selon un algorithme. On l’utilise pour simuler le modèle choisi. Son résultat ne prouve pas qu’une pièce réelle est équilibrée ni que les conditions d’une expérience réelle sont indépendantes.
À toi — passer d’un compteur à une proportion
Une série donne \(2\) succès sur \(5\) essais. Calcule sa fréquence en fraction, en décimal et en pourcentage.
Une autre série donne \(11\) succès sur \(20\) essais. Même question.
Après \(50\) essais, la fréquence vaut \(0{,}46\). Combien de succès ont été comptés ?
Le résultat \(0{,}46\) suffit-il à prouver que le modèle \(p=\tfrac12\) est faux ?
Indice si nécessaire. Pour retrouver un effectif, multiplie la proportion par l’effectif total.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction expliquée
\(\tfrac25=\tfrac{2\times20}{5\times20}=\tfrac{40}{100}=0{,}4=40\,\%\).
\(\tfrac{11}{20}=\tfrac{11\times5}{20\times5}=\tfrac{55}{100}=0{,}55=55\,\%\).
Le nombre de succès vaut \[0{,}46\times50=\frac{46}{100}\times50 =\frac{46\times50}{100}=\frac{46}{2}=23.\]
Non. Une fréquence peut s’écarter de la probabilité à cause des fluctuations. On doit aussi examiner le protocole, la taille de la série et d’autres observations ; cette seule valeur ne tranche pas.
Pour une réponse complète : donner le bon dénominateur, interpréter le pourcentage comme une proportion de la série observée et ne pas transformer une fréquence en certitude sur le modèle.
6. Une fréquence stable ne prouve pas l’indépendance
Variation — une machine qui alterne
Une machine choisit sa première réponse au hasard entre \(S\) et \(E\), avec les mêmes chances. Ensuite, elle impose l’alternance : après \(S\), elle écrit \(E\) ; après \(E\), elle écrit \(S\).
Au bout de \(20\) réponses, quelle est la fréquence des succès ? Les réponses sont-elles indépendantes ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. La liste commence par \(SESE\ldots\) ou par \(ESES\ldots\). Dans les deux cas, il y a exactement \(10\) succès sur \(20\), soit une fréquence de \(\tfrac12\).
Les réponses ne sont pas indépendantes : après avoir observé \(S\), on sait que la suivante sera \(E\). La fréquence vaut pourtant exactement \(\tfrac12\) après chaque nombre pair d’essais. Une fréquence proche de \(p\) ne suffit donc pas à établir l’indépendance.
Remédiation — j’actualise mal la fréquence
Erreur à repérer. On ne modifie pas seulement le nombre de succès : le nombre total d’essais augmente toujours.
Rappel. La nouvelle fréquence est le nouveau compteur de succès divisé par le nouveau nombre d’essais.
Petit exemple. On a \(3\) succès en \(5\) essais. Si le sixième est un échec, la fréquence devient \(\tfrac36=\tfrac12\). Si le sixième est un succès, elle devient \(\tfrac46=\tfrac23\).
Nouvel essai. On a \(4\) succès en \(8\) essais. Calcule la nouvelle fréquence si le neuvième essai est un succès, puis si c’est un échec.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Correction. Avec un succès : \(\tfrac{4+1}{8+1}=\tfrac59\). Avec un échec : \(\tfrac4{8+1}=\tfrac49\). Le dénominateur vaut \(9\) dans les deux cas.
Retour à l’essai. reprends la ligne du neuvième essai dans le tableau de simulation. Explique pourquoi \(\frac{4}{9}\) est correct et pourquoi conserver \(\frac{4}{8}\) ignorerait le nouvel essai.
Reprise différée — interpréter sans surconclure
Lors d’une prochaine séance, sans lire le cours : dans un modèle de succès de probabilité \(\tfrac12\), une série de \(100\) essais contient \(54\) succès.
Donne la fréquence et son pourcentage.
Si les essais sont indépendants, quelle est la probabilité de succès au prochain essai ?
Si ce prochain essai est un échec, quelle est la nouvelle fréquence ?
Peut-on affirmer que cette nouvelle fréquence se rapprochera encore de \(\tfrac12\) à chaque essai suivant ?
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indice si nécessaire. Après un échec, lequel des deux compteurs augmente ? L’indépendance concerne-t-elle la chance du prochain essai ou impose-t-elle une fréquence à toute la série ?
Correction. La fréquence vaut \(\tfrac{54}{100}=0{,}54=54\,\%\). La probabilité du prochain succès reste \(\tfrac12\). Après un échec, il y a toujours \(54\) succès mais \(101\) essais : la fréquence est \(\tfrac{54}{101}\). Aucun rapprochement à chaque essai n’est garanti ; les fréquences continuent à fluctuer.
Pour une réponse complète : distinguer le compteur de succès du nombre total d’essais, conserver la probabilité du modèle pour le prochain essai et refuser un rapprochement obligatoire.
À retenir
La probabilité appartient au modèle ; la fréquence se calcule sur une série observée. Une longue série peut fournir une fréquence proche de la probabilité, avec des fluctuations. L’indépendance exclut une compensation obligatoire au prochain essai. Une simulation illustre le modèle qu’on lui a donné ; il faut encore examiner les hypothèses pour utiliser ce modèle dans une situation réelle.
Résoudre des problèmes en choisissant sa démarche
Le but de cette étape
Réunir les outils du chapitre dans des situations où le titre ne donne pas la méthode. L’objectif est de décider ce qu’il faut calculer, d’expliquer pourquoi, puis de contrôler la réponse.
Essaie avant de choisir une aide
Les six problèmes sont indépendants. Commence par leurs énoncés ; les indices et les corrections se trouvent après les six problèmes, dans cette même étape.
Pour chacun, écris d’abord ce que l’on choisit au hasard, l’événement demandé et le premier geste que tu proposes. Si tu bloques, consulte seulement l’indice correspondant, puis reprends ton travail. Les corrections rappellent les outils utilisés : tu peux donc réparer une erreur sans chercher une autre ressource.
Les calculs peuvent se faire à la main. Conserve une fraction exacte lorsqu’un décimal serait long. Une réponse complète associe un calcul et une phrase qui l’interprète.
Les nombres de cette situation sont fictifs et servent à apprendre.
Problème 1 — La maison de quartier
Une maison de quartier accueille \(200\) participants. Parmi eux, \(120\) habitent le centre-ville. Un atelier de réparation a accueilli \(70\) participants, dont \(30\) habitent le centre-ville.
On choisit un participant au hasard, chaque participant ayant la même probabilité d’être choisi. On note \(C\) l’événement « habiter le centre-ville » et \(R\) l’événement « avoir participé à l’atelier de réparation ».
Complète le tableau d’effectifs.
\(R\) \(\overline{R}\) Total \(C\) \(30\) \(\ldots\) \(120\) \(\overline{C}\) \(\ldots\) \(\ldots\) \(\ldots\) Total \(70\) \(\ldots\) \(200\) Calcule \(\mathrm{P}\left(C\cap R\right)\).
Calcule \(\mathrm{P}_{C}\left(R\right)\), \(\mathrm{P}_{R}\left(C\right)\) et \(\mathrm{P}_{\overline{C}}\left(R\right)\). Traduis chaque résultat par une phrase précisant le groupe de référence.
Pourquoi \(\mathrm{P}_{C}\left(R\right)\) et \(\mathrm{P}_{R}\left(C\right)\) n’ont-elles pas le même dénominateur, alors que leur numérateur provient de la même case du tableau ?
Problème 2 — Les contrôles d’un atelier
Un atelier possède un lot de \(1000\) pièces, dont exactement \(10\,\%\) sont défectueuses. Un capteur déclenche une alarme pour \(90\,\%\) des pièces défectueuses, mais aussi pour \(10\,\%\) des pièces non défectueuses.
On choisit uniformément une pièce du lot. On note \(D\) l’événement « la pièce est défectueuse » et \(A\) l’événement « le capteur déclenche une alarme ». Un faux positif est une alarme pour une pièce non défectueuse ; un faux négatif est une absence d’alarme pour une pièce défectueuse.
Organise les informations dans un tableau ou dans un arbre et détermine le nombre de pièces de chacune des quatre catégories : défectueuse avec alarme, défectueuse sans alarme, non défectueuse avec alarme, non défectueuse sans alarme.
Calcule la probabilité qu’une pièce choisie déclenche une alarme.
On sait maintenant que l’alarme a été déclenchée. Quelle est la probabilité que la pièce soit défectueuse ?
Un responsable affirme : « Le capteur repère \(90\,\%\) des pièces défectueuses, donc \(90\,\%\) des alarmes correspondent à une pièce défectueuse. » Explique son erreur.
Quelle est la proportion de faux positifs dans tout le lot ? Quelle est la proportion de faux négatifs parmi les pièces défectueuses ?
Problème 3 — Le jardin partagé
Dans un modèle portant sur le choix d’un habitant d’un quartier, on note \(C\) l’événement « la personne composte » et \(T\) l’événement « la personne participe à une rencontre du jardin partagé ». On dispose de \[\mathrm{P}\left(C\right)=\frac35,\qquad \mathrm{P}\left(T\right)=\frac14,\qquad \mathrm{P}\left(C\cap T\right)=\frac3{20}.\]
Les événements \(C\) et \(T\) sont-ils indépendants ? Justifie par des calculs exacts.
Utilise ta conclusion pour donner \(\mathrm{P}_{C}\left(T\right)\).
Calcule la probabilité qu’une personne composte et ne participe pas à la rencontre. Explique les deux facteurs de ton produit.
Les événements \(C\) et \(T\) sont-ils incompatibles ? Justifie sans confondre ce mot avec « indépendants ».
Problème 4 — Les jetons d’une exposition
Une roue possède trois secteurs de même angle, dont deux verts. À chaque utilisation, les trois secteurs ont les mêmes chances d’être désignés. Un visiteur reçoit un jeton si la roue s’arrête sur du vert. Il utilise la roue trois fois, dans les mêmes conditions ; les résultats sont supposés indépendants.
On note \(S\) l’obtention d’un jeton à un essai et \(E\) son contraire.
Indique le paramètre du modèle et organise tous les chemins possibles sous la forme d’un arbre ou d’une liste ordonnée.
Calcule la probabilité d’obtenir exactement deux jetons.
Calcule la probabilité d’obtenir au moins un jeton. Choisis une méthode courte et explique ton choix.
Calcule la probabilité que le premier jeton soit obtenu au deuxième essai. Le résultat du troisième essai est libre.
Problème 5 — Les balises du parcours
Quatre balises fonctionnent selon le même modèle. Pendant un essai, chacune émet un signal lumineux avec une probabilité de \(\tfrac14\). Les quatre fonctionnements sont supposés indépendants. On appelle \(S\) l’émission d’un signal et \(E\) l’absence de signal.
Calcule la probabilité qu’exactement deux balises émettent un signal. Écris les chemins que tu retiens.
Calcule la probabilité qu’au moins une balise émette un signal. Explique pourquoi le contraire permet ici un calcul particulièrement court.
Il y a seize chemins possibles. Peut-on en déduire que la probabilité de chaque chemin est \(\tfrac1{16}\) ? Donne un calcul qui justifie ta réponse.
Problème 6 — Le journal d’une simulation
Un programme simule des essais identiques et indépendants, avec une probabilité de succès \(p=\tfrac12\). Voici des résultats cumulés possibles pour une série :
| Nombre d’essais | \(10\) | \(20\) | \(100\) |
|---|---|---|---|
| Nombre de succès | \(5\) | \(12\) | \(49\) |
Calcule les trois fréquences et exprime-les en pourcentage.
Cette série vérifie-t-elle l’affirmation « la fréquence se rapproche de \(\tfrac12\) à chaque nouvelle étape observée » ? Justifie avec deux valeurs du tableau.
À un moment de la simulation, trois échecs viennent de se suivre. Quelle est la probabilité de succès au prochain essai, dans ce modèle ?
Après \(100\) essais, une élève affirme : « La probabilité du succès vaut maintenant \(0{,}49\). » Quelle confusion fait-elle ?
Une simulation fondée sur \(p=\tfrac12\) suffit-elle à prouver qu’une pièce réelle est équilibrée ? Explique.
Des indices à choisir seulement si tu bloques
Une petite aide par problème
Problème 1. Complète d’abord les lignes et colonnes par soustraction. Pour une probabilité conditionnelle, demande-toi : « Parmi qui le choix a-t-il lieu maintenant ? »
Problème 2. Sur \(1000\) pièces, commence par calculer les deux effectifs « défectueuses » et « non défectueuses ». Applique ensuite chaque pourcentage dans son groupe. Pour la troisième question, le groupe de référence est celui des alarmes.
Problème 3. Compare \(\mathrm{P}\left(C\cap T\right)\) avec \(\mathrm{P}\left(C\right)\times\mathrm{P}\left(T\right)\). Si tu travailles ensuite parmi les personnes qui compostent, la probabilité de ne pas participer est le contraire de celle de participer dans ce même groupe.
Problème 4. « Exactement deux » autorise trois positions différentes de l’échec. « Au moins un » refuse seulement \(EEE\). Pour la dernière question, les deux premières lettres sont imposées.
Problème 5. Liste les six positions possibles des deux succès. Les six chemins ont le même nombre de facteurs \(\tfrac14\) et \(\tfrac34\), mais cela ne rend pas les seize chemins équiprobables.
Problème 6. Une fréquence est un quotient calculé à partir des résultats. La probabilité \(p\) est celle du modèle. L’indépendance concerne la chance du prochain essai, même après une série particulière.
Correction du problème 1 — La maison de quartier
1. Reconstruire les effectifs. Une ligne et une colonne doivent chacune retrouver leur total. Parmi les \(120\) habitants du centre-ville, \(30\) ont participé ; les autres sont \(120-30=90\). Parmi les \(70\) participants à l’atelier, \(30\) habitent le centre-ville ; les autres sont \(70-30=40\).
Il y a \(200-120=80\) habitants hors du centre-ville. Parmi eux, \(40\) ont participé, donc \(80-40=40\) n’ont pas participé. Enfin, \(200-70=130\) personnes n’ont pas participé.
| \(R\) | \(\overline{R}\) | Total | |
|---|---|---|---|
| \(C\) | \(30\) | \(90\) | \(120\) |
| \(\overline{C}\) | \(40\) | \(40\) | \(80\) |
| Total | \(70\) | \(130\) | \(200\) |
Contrôle. \(30+90+40+40=200\). Les sommes de chaque ligne et de chaque colonne sont cohérentes.
2. Une intersection dans toute la population. Le symbole \(C\cap R\) signifie « habiter le centre-ville et avoir participé ». Il concerne \(30\) personnes sur les \(200\) parmi lesquelles le choix initial a lieu. Avec l’équiprobabilité du choix, \[\mathrm{P}\left(C\cap R\right)=\frac{30}{200}=\frac3{20}.\] La simplification divise le numérateur et le dénominateur par \(10\).
3. Trois groupes de référence. Pour \(\mathrm{P}_{C}\left(R\right)\), on sait que la personne habite le centre-ville. Le groupe est donc réduit aux \(120\) personnes de \(C\) : \[\mathrm{P}_{C}\left(R\right)=\frac{30}{120}=\frac14=25\,\%.\] La fraction est simplifiée en divisant les deux nombres par \(30\). Parmi les habitants du centre-ville, un quart a participé à l’atelier.
Pour \(\mathrm{P}_{R}\left(C\right)\), on sait que la personne a participé. On choisit donc parmi les \(70\) personnes de \(R\) : \[\mathrm{P}_{R}\left(C\right)=\frac{30}{70}=\frac37.\] Parmi les participants à l’atelier, trois sur sept habitent le centre-ville. La fraction exacte suffit.
Pour \(\mathrm{P}_{\overline{C}}\left(R\right)\), on sait que la personne n’habite pas le centre-ville. On travaille parmi \(80\) personnes, dont \(40\) ont participé : \[\mathrm{P}_{\overline{C}}\left(R\right)=\frac{40}{80}=\frac12=50\,\%.\] Parmi les habitants hors du centre-ville, la moitié a participé.
4. La même case peut être rapportée à des groupes différents. Les \(30\) personnes satisfont les deux critères. Mais « sachant \(C\) » impose un groupe de \(120\) personnes, tandis que « sachant \(R\) » impose un groupe de \(70\) personnes. Ce changement explique les dénominateurs différents.
Pour une réponse complète : un tableau cohérent, puis un groupe nommé avant chaque quotient. Si tu as divisé toutes les fois par \(200\), refais les deux quotients \(\frac{30}{120}\) et \(\frac{30}{70}\) en mots, puis reviens aux trois demandes. Les étape 3 et étape 4 proposent une reprise plus progressive.
Correction du problème 2 — Les contrôles d’un atelier
1. Appliquer chaque pourcentage à la bonne quantité. Dix pour cent signifie \(\tfrac{10}{100}\). Le nombre de pièces défectueuses est \[\frac{10}{100}\times1000=\frac{10\times1000}{100}=100.\] Il reste \(1000-100=900\) pièces non défectueuses.
Parmi les \(100\) pièces défectueuses, les alarmes concernent \[\frac{90}{100}\times100=90\] pièces. Les absences d’alarme sont donc \(100-90=10\).
Parmi les \(900\) pièces non défectueuses, les alarmes concernent \[\frac{10}{100}\times900=\frac{9000}{100}=90\] pièces. Les absences d’alarme sont \(900-90=810\).
| Alarme \(A\) | Sans alarme \(\overline{A}\) | Total | |
|---|---|---|---|
| Défectueuse \(D\) | \(90\) | \(10\) | \(100\) |
| Non défectueuse \(\overline{D}\) | \(90\) | \(810\) | \(900\) |
| Total | \(180\) | \(820\) | \(1000\) |
Un arbre aurait pour premières branches \(D\), de probabilité \(0{,}1\), et \(\overline{D}\), de probabilité \(0{,}9\). Après \(D\), les branches \(A\) et \(\overline{A}\) portent \(0{,}9\) et \(0{,}1\). Après \(\overline{D}\), elles portent \(0{,}1\) et \(0{,}9\). Les produits des branches donnent \[\begin{aligned} \mathrm{P}\left(D\cap A\right)&=0{,}1\times0{,}9=0{,}09, & \mathrm{P}\left(D\cap\overline{A}\right)&=0{,}1\times0{,}1=0{,}01,\\ \mathrm{P}\left(\overline{D}\cap A\right)&=0{,}9\times0{,}1=0{,}09, & \mathrm{P}\left(\overline{D}\cap\overline{A}\right)&=0{,}9\times0{,}9=0{,}81. \end{aligned}\] Leur somme vaut \(0{,}09+0{,}01+0{,}09+0{,}81=1\). On retrouve les quatre effectifs en multipliant chaque probabilité par \(1000\).
2. Revenir au lot entier. L’alarme concerne \(90+90=180\) pièces sur \(1000\). La probabilité cherchée vaut \[\mathrm{P}\left(A\right)=\frac{180}{1000}=\frac{18}{100}=0{,}18=18\,\%.\] On peut aussi additionner les deux chemins qui donnent une alarme : \[\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}1\times0{,}9+0{,}9\times0{,}1 =0{,}09+0{,}09=0{,}18.\] Les deux chemins sont disjoints : une pièce ne peut pas être simultanément défectueuse et non défectueuse.
3. Réduire maintenant le groupe aux alarmes. La condition connue est \(A\). Il y a \(180\) pièces dans ce groupe, dont \(90\) sont défectueuses. Donc \[\mathrm{P}_{A}\left(D\right)=\frac{90}{180}=\frac12=50\,\%.\] La condition est définie car \(\mathrm{P}\left(A\right)=0{,}18>0\). Parmi les pièces ayant déclenché une alarme, la moitié est défectueuse.
4. Repérer l’inversion. Le nombre \(90\,\%\) donné dans l’énoncé est \(\mathrm{P}_{D}\left(A\right)\) : parmi les défectueuses, combien déclenchent l’alarme ? La question « parmi les alarmes, combien sont défectueuses ? » demande \(\mathrm{P}_{A}\left(D\right)\), qui vaut ici \(50\,\%\). Le responsable a interverti les deux groupes de référence.
5. Lire les groupes indiqués dans la question. Les faux positifs sont les \(90\) pièces de \(\overline{D}\cap A\). Dans tout le lot, leur proportion vaut \[\frac{90}{1000}=\frac9{100}=9\,\%.\] Les faux négatifs sont les \(10\) pièces de \(D\cap\overline{A}\). Parmi les défectueuses, leur proportion vaut \[\frac{10}{100}=10\,\%.\] Le premier dénominateur est \(1000\) ; le second est \(100\). Le mot « faux » ne détermine pas à lui seul le dénominateur : c’est la question qui le fixe.
Pour une réponse complète : appliquer chaque pourcentage dans son groupe, additionner les deux catégories d’alarmes, puis employer ce nouveau total pour l’inversion. Si tu as obtenu \(90\,\%\) à la question 3, compare explicitement \(\frac{90}{100}\) et \(\frac{90}{180}\), puis réécris les deux phrases. Reprise guidée : étape 4 et étape 6.
Correction du problème 3 — Le jardin partagé
1. Vérifier l’indépendance. Le critère de l’indépendance est \[\mathrm{P}\left(C\cap T\right)=\mathrm{P}\left(C\right)\times\mathrm{P}\left(T\right).\] On ne suppose pas cette égalité : on la contrôle avec les nombres fournis. D’un côté, \(\mathrm{P}\left(C\cap T\right)=\tfrac3{20}\). De l’autre, \[\mathrm{P}\left(C\right)\times\mathrm{P}\left(T\right)=\frac35\times\frac14 =\frac{3\times1}{5\times4}=\frac3{20}.\] Les deux valeurs sont exactement égales. Les événements \(C\) et \(T\) sont donc indépendants dans le modèle donné.
2. Utiliser l’information obtenue. Comme \(\mathrm{P}\left(C\right)=\tfrac35>0\), la conditionnelle \(\mathrm{P}_{C}\left(T\right)\) est définie. L’indépendance signifie que savoir que la personne composte ne modifie pas la chance de participer : \[\mathrm{P}_{C}\left(T\right)=\mathrm{P}\left(T\right)=\frac14.\]
3. Changer l’événement recherché dans le même groupe. Parmi les personnes qui compostent, « ne pas participer » est le contraire de « participer ». Sa probabilité vaut \[\mathrm{P}_{C}\left(\overline{T}\right)=1-\mathrm{P}_{C}\left(T\right) =1-\frac14=\frac44-\frac14=\frac34.\] On cherche maintenant « composter et ne pas participer ». On choisit d’abord le groupe \(C\), puis la part de non-participants à l’intérieur de ce groupe : \[\mathrm{P}\left(C\cap\overline{T}\right)=\mathrm{P}\left(C\right)\times\mathrm{P}_{C}\left(\overline{T}\right) =\frac35\times\frac34 =\frac{3\times3}{5\times4}=\frac9{20}.\] Contrôle. Parmi les personnes qui compostent, on a séparé les participants et les non-participants : \[\mathrm{P}\left(C\cap T\right)+\mathrm{P}\left(C\cap\overline{T}\right) =\frac3{20}+\frac9{20}=\frac{12}{20}=\frac35=\mathrm{P}\left(C\right).\]
4. Distinguer incompatibilité et indépendance. Des événements incompatibles ne peuvent pas se produire ensemble. Ici, \(\mathrm{P}\left(C\cap T\right)=\tfrac3{20}>0\) : ils peuvent se produire ensemble. Ils sont indépendants mais ne sont pas incompatibles.
Pour une réponse complète : deux calculs comparés avant la conclusion d’indépendance, puis un usage explicite de cette conclusion. Si tu as conclu « incompatibles », reprends la signification de « se produire ensemble » avant de relire le critère de l’étape 7.
Correction du problème 4 — Les jetons d’une exposition
1. Définir le modèle. Deux secteurs verts sur trois donnent \[p=\mathrm{P}\left(S\right)=\frac23,\qquad \mathrm{P}\left(E\right)=1-\frac23=\frac33-\frac23=\frac13.\] Le même modèle est répété trois fois. L’indépendance permet de garder ces probabilités à chaque étape, quels que soient les résultats précédents.
Voici les huit chemins, organisés d’abord selon la première lettre, puis selon la deuxième :
| Chemin | Produit des branches | Probabilité |
|---|---|---|
| \(SSS\) | \(\tfrac23\times\tfrac23\times\tfrac23\) | \(\tfrac8{27}\) |
| \(SSE\) | \(\tfrac23\times\tfrac23\times\tfrac13\) | \(\tfrac4{27}\) |
| \(SES\) | \(\tfrac23\times\tfrac13\times\tfrac23\) | \(\tfrac4{27}\) |
| \(SEE\) | \(\tfrac23\times\tfrac13\times\tfrac13\) | \(\tfrac2{27}\) |
| \(ESS\) | \(\tfrac13\times\tfrac23\times\tfrac23\) | \(\tfrac4{27}\) |
| \(ESE\) | \(\tfrac13\times\tfrac23\times\tfrac13\) | \(\tfrac2{27}\) |
| \(EES\) | \(\tfrac13\times\tfrac13\times\tfrac23\) | \(\tfrac2{27}\) |
| \(EEE\) | \(\tfrac13\times\tfrac13\times\tfrac13\) | \(\tfrac1{27}\) |
Par exemple, le produit pour \(SSE\) vaut \(\tfrac{2\times2\times1}{3\times3\times3}=\tfrac4{27}\). On vérifie que la somme des numérateurs vaut \(8+4+4+2+4+2+2+1=27\), donc que les probabilités totalisent \(1\).
2. Exactement deux jetons. Les chemins acceptés sont \(SSE\), \(SES\) et \(ESS\). Ils sont distincts, chacun de probabilité \(\tfrac4{27}\). On additionne : \[\frac4{27}+\frac4{27}+\frac4{27} =\frac{4+4+4}{27}=\frac{12}{27}=\frac49.\] La simplification divise les deux nombres par \(3\).
3. Au moins un jeton. Le seul chemin refusé est \(EEE\), de probabilité \(\tfrac1{27}\). « Aucun jeton » et « au moins un jeton » sont contraires. On calcule donc \[1-\frac1{27}=\frac{27}{27}-\frac1{27} =\frac{27-1}{27}=\frac{26}{27}.\] Cette méthode utilise un seul chemin au lieu des sept chemins acceptés.
4. Premier jeton au deuxième essai. Le premier résultat est un échec et le deuxième un succès. Le troisième peut être \(S\) ou \(E\). Les chemins sont \(ESS\) et \(ESE\), d’où \[\frac4{27}+\frac2{27}=\frac6{27}=\frac29.\] La dernière simplification divise les deux nombres par \(3\). Un autre regard consiste à ne retenir que le début \(ES\) : \(\tfrac13\times\tfrac23=\tfrac29\), car les deux possibilités du troisième essai couvrent toute la suite.
Pour une réponse complète : garder l’ordre des trois lettres et lister toutes les positions possibles. Si tu n’as compté que \(SSE\) à la question 2, fais déplacer l’unique échec, puis recommence. Les étape 8 et étape 9 détaillent cette organisation.
Correction du problème 5 — Les balises du parcours
1. Deux signaux parmi quatre. À chaque balise, la probabilité d’absence de signal vaut \[1-\frac14=\frac44-\frac14=\frac34.\] On peut reprendre l’arbre à quatre essais de l’étape 9 : ses seize suites de lettres restent les mêmes. On remplace chaque poids de branche vers \(S\) par \(\tfrac14\) et chaque poids vers \(E\) par \(\tfrac34\). Les probabilités restent celles-ci à chaque étape, quels que soient les résultats précédents, grâce à l’indépendance supposée.
Les six chemins avec exactement deux signaux sont \(SSEE\), \(SESE\), \(SEES\), \(ESSE\), \(ESES\) et \(EESS\). Chacun comporte deux facteurs \(\tfrac14\) et deux facteurs \(\tfrac34\). Par indépendance, on multiplie ces quatre facteurs. Pour \(SSEE\), par exemple : \[\frac14\times\frac14\times\frac34\times\frac34 =\frac{1\times1\times3\times3}{4\times4\times4\times4} =\frac9{256}.\] Les cinq autres chemins ont le même produit, puisque seuls les facteurs changent d’ordre. On additionne les six probabilités : \[6\times\frac9{256}=\frac{6\times9}{256} =\frac{54}{256}=\frac{27}{128}.\] La dernière simplification divise \(54\) et \(256\) par \(2\). La réponse exacte est \(\tfrac{27}{128}\).
2. Au moins un signal. L’événement contraire est « aucun signal », qui correspond uniquement à \(EEEE\). Sa probabilité est \[\frac34\times\frac34\times\frac34\times\frac34 =\frac{3\times3\times3\times3}{4\times4\times4\times4} =\frac{81}{256}.\] Donc \[\mathrm{P}\left(\text{au moins un signal}\right) =1-\frac{81}{256} =\frac{256}{256}-\frac{81}{256} =\frac{256-81}{256}=\frac{175}{256}.\] Un seul produit suffit, car un seul chemin est refusé. On évite de calculer quinze chemins séparément.
3. Le nombre de chemins ne prouve pas leur équiprobabilité. Le chemin \(SSSS\) a pour probabilité \[\frac14\times\frac14\times\frac14\times\frac14 =\frac1{256},\] alors que \(EEEE\) a pour probabilité \(\tfrac{81}{256}\). Ces deux probabilités sont différentes : les seize chemins ne sont pas équiprobables. Diviser simplement \(6\) par \(16\) aurait donc été injustifié à la première question.
Contrôles. Les résultats \(\tfrac{27}{128}\) et \(\tfrac{175}{256}\) sont compris entre \(0\) et \(1\). L’événement « exactement deux signaux » est inclus dans « au moins un signal ». En ramenant la première fraction au dénominateur \(256\), on trouve \(\tfrac{27}{128}=\tfrac{54}{256}<\tfrac{175}{256}\), ce qui est cohérent.
Pour une réponse complète : justifier le facteur \(6\) par une liste, puis le produit par l’indépendance. Si tu as répondu \(\frac{6}{16}\), refais un chemin précis avant de compter les chemins favorables. Pour les produits, revois l’étape 1 ; pour le choix du contraire, l’étape 9.
Correction du problème 6 — Le journal d’une simulation
1. Calculer les fréquences. À chaque ligne, le dénominateur est le nombre total d’essais déjà effectués : \[\begin{aligned} f_{10}&=\frac5{10}=\frac{5\times10}{10\times10}=\frac{50}{100}=0{,}5=50\,\%,\\ f_{20}&=\frac{12}{20}=\frac{12\times5}{20\times5}=\frac{60}{100}=0{,}6=60\,\%,\\ f_{100}&=\frac{49}{100}=0{,}49=49\,\%. \end{aligned}\] On multiplie le numérateur et le dénominateur par le même nombre pour obtenir une écriture sur \(100\) : par \(10\) dans la première ligne, par \(5\) dans la deuxième. La première fréquence vaut aussi \(\tfrac12\), en simplifiant \(\tfrac5{10}\) par \(5\).
2. Un contre-exemple au rapprochement obligatoire. Après \(10\) essais, la fréquence vaut exactement \(\tfrac12\). Après \(20\) essais, elle vaut \(0{,}6\) : elle s’est donc éloignée de \(\tfrac12\). La loi des grands nombres n’affirme pas un rapprochement à chaque étape.
3. La chance du prochain essai. Elle reste \(\tfrac12\). Les essais sont indépendants : même après trois échecs, les probabilités du prochain résultat ne changent pas. Le succès n’est pas « dû ».
4. Une observation n’est pas une modification du modèle. Le nombre \(0{,}49\) est la fréquence \(\frac{49}{100}\) calculée sur cette série. Le paramètre du modèle reste \(p=\tfrac12\). Une différence peut provenir de la fluctuation des résultats ; on ne remplace pas automatiquement \(p\) par chaque fréquence observée.
5. Distinguer la simulation et une expérience réelle. Le programme utilise les hypothèses qu’on lui a données. Il peut illustrer le comportement d’un modèle de pièce équilibrée. Pour savoir si ce modèle convient à une pièce réelle, il faudrait aussi étudier cette pièce et les conditions des lancers. Une simulation construite avec \(p=\tfrac12\) ne constitue pas cette vérification.
Pour une réponse complète : distinguer le compteur, sa fréquence et le paramètre ; citer l’indépendance pour le prochain essai. Si tu as prévu une compensation, reprends l’exemple des trois succès de l’étape 10, puis reformule la question 3.
Bilan : les gestes que tu dois pouvoir refaire
Après avoir caché les corrections, vérifie que tu peux réaliser les actions suivantes :
Compléter un tableau en justifiant ses totaux, puis entourer le bon groupe avant de calculer une conditionnelle.
Dire pourquoi \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\), \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) et \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)\) répondent à trois questions différentes.
Retrouver un groupe à partir d’un arbre ou d’un tableau avant d’inverser un conditionnement.
Comparer exactement deux nombres pour vérifier l’indépendance, puis utiliser cette indépendance dans un calcul.
Organiser trois ou quatre essais, distinguer le nombre de succès de leur position et choisir les chemins favorables.
Reconnaître un contraire utile et expliquer pourquoi il évite des calculs.
Distinguer une probabilité du modèle d’une fréquence observée et expliquer pourquoi il n’y a pas de compensation obligatoire.
Si un geste reste difficile, refais seulement la question concernée après avoir lu son indice, puis invente une phrase expliquant le choix de ton dénominateur, de ton produit ou de ta somme. Une réponse juste obtenue en recopiant ne suffit pas pour savoir si tu peux refaire ce geste seul.
Reprise différée — deux questions mélangées
À une prochaine séance, sans relire les problèmes :
Dans un groupe de \(40\) personnes, \(10\) utilisent le train et, parmi ces \(10\), \(4\) utilisent aussi le vélo. On choisit uniformément une personne. Calcule la probabilité qu’elle utilise le vélo sachant qu’elle utilise le train, puis celle qu’elle utilise les deux moyens de transport.
On répète trois fois, de façon identique et indépendante, une épreuve de Bernoulli de paramètre \(\tfrac14\). Calcule la probabilité d’au moins un succès et justifie ta méthode.
Écris ta réponse sur une feuille avant de poursuivre.
Indices si nécessaire. Dans la première question, les deux groupes de référence n’ont pas le même effectif. Dans la deuxième, décris le seul chemin ne comportant aucun succès.
Correction expliquée
1. Sachant que la personne utilise le train, on se limite aux \(10\) personnes de ce groupe. Parmi elles, \(4\) utilisent le vélo : la probabilité est \(\tfrac4{10}=\tfrac25\). Pour utiliser les deux moyens de transport lors du choix initial, on compte les mêmes \(4\) personnes parmi les \(40\) : \(\tfrac4{40}=\tfrac1{10}\). Les simplifications divisent les deux nombres par \(2\), puis par \(4\).
2. La probabilité d’échec vaut \(1-\tfrac14=\tfrac44-\tfrac14=\tfrac34\). Le contraire de « au moins un succès » est « aucun succès », donc le seul chemin \(EEE\). Par indépendance, \[\mathrm{P}\left(EEE\right)=\frac34\times\frac34\times\frac34 =\frac{3\times3\times3}{4\times4\times4}=\frac{27}{64}.\] Les événements contraires ont une somme de probabilités égale à \(1\). Ainsi, \[\mathrm{P}\left(\text{au moins un succès}\right)=1-\frac{27}{64} =\frac{64}{64}-\frac{27}{64} =\frac{64-27}{64}=\frac{37}{64}.\] La méthode ne retient qu’un chemin refusé ; les probabilités des branches restent \(\tfrac14\) et \(\tfrac34\) à chaque étape grâce aux hypothèses du modèle. Pour une réponse complète : nommer les deux groupes de référence de la première question, puis écrire le chemin contraire et ses trois facteurs dans la deuxième. Si tu as obtenu \(\frac4{40}\) pour la conditionnelle, reprends le groupe des dix usagers du train avant de refaire le quotient ; si tu as calculé un seul succès dans la deuxième question, relis « au moins un », puis recommence avec le contraire.
Fiche de décision : comment commencer ?
Cette fiche sert à retrouver une démarche. Les conditions font partie de la méthode : garde-les lorsque tu passes de cette page à un exercice.
| Je repère | Mon premier geste, puis la démarche |
|---|---|
| Un tableau incomplet | Je cherche une ligne ou une colonne avec un seul effectif manquant. J’additionne ou je soustrais, puis je contrôle les deux totaux généraux. Étape 3. |
| « Parmi », « sachant que », une information déjà connue | Je nomme le groupe de référence. Pour un tirage uniforme, je divise l’effectif commun par l’effectif du groupe connu. Dans le cas général, je divise la probabilité de l’intersection par celle de la condition, strictement positive. Étape 4. |
| Deux étapes ou deux informations successives | Je place les premiers groupes, puis les possibilités dans chacun. Je complète chaque départ de branches à 1 et j’écris les conditionnelles au bon endroit. Étape 5. |
| Un scénario complet dans un arbre | Je suis son chemin depuis la racine. Je multiplie les probabilités inscrites sur ce chemin. Étape 6. |
| Plusieurs chemins réalisent ce que je cherche | Je les repère tous, sans doublons. Je calcule leurs probabilités, puis je les additionne : les chemins complets distincts sont incompatibles. Étape 6. |
| On connaît le résultat final et on cherche l’origine | Je calcule la probabilité totale du résultat connu. Je fais le quotient « chemin favorable / résultat connu », si ce dernier a une probabilité positive. Étape 6. |
| « Justifier l’indépendance » | Je choisis deux quantités exactes à comparer : intersection et produit, ou probabilité du même événement avec et sans l’information connue, si cette condition a une probabilité positive. Étape 7. |
| Un succès ou un échec à chaque essai | Je définis le succès et sa probabilité \(p\). Je vérifie les répétitions identiques et indépendantes, puis je trace les niveaux utiles, jusqu’à quatre essais ici. Étapes 8 et 9. |
| « Au moins un succès » | J’écris son contraire : aucun succès. Je calcule la probabilité du chemin des seuls échecs, puis je la retire à 1. Étape 9. |
| Une suite de résultats observés | Je compte les succès et tous les essais. Je calcule une fréquence, puis je distingue cette observation de la probabilité du modèle. Étape 10. |
Les résultats essentiels, avec leurs conditions
Vocabulaire et notations
\(\Omega\) : ensemble des issues du modèle. \(\varnothing\) : ensemble vide.
\(A\cap B\) : \(A\) et \(B\). \(A\cup B\) : \(A\) ou \(B\), éventuellement les deux.
\(\overline{A}\) : contraire de \(A\). \(\mathrm{P}\left(A\right)\) : probabilité de \(A\).
\(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) : probabilité de \(B\) sachant \(A\), définie si \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\).
Une fréquence décrit les données observées. Une probabilité décrit le modèle choisi. Dans une population finie entièrement connue et un tirage uniforme, les quotients d’effectifs donnent exactement les probabilités du tirage.
| Relation | Condition ou sens |
|---|---|
| \(0\leq\mathrm{P}\left(A\right)\leq1\), \(\mathrm{P}\left(\Omega\right)=1\), \(\mathrm{P}\left(\varnothing\right)=0\) | Probabilités d’événements dans le modèle. |
| \(\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)=1-\mathrm{P}\left(A\right)\) | \(A\) et son contraire couvrent l’univers sans chevauchement. |
| \(\mathrm{P}\left(A\cup B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)+\mathrm{P}\left(B\right)-\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\) | On retire le double comptage de l’intersection. |
| \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\tfrac{\mathrm{P}\left(A\cap B\right)}{\mathrm{P}\left(A\right)}\) | Il faut \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\). La référence devient \(A\). |
| \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) | Il faut \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\) pour écrire cette conditionnelle. C’est le produit d’un chemin. |
| \(\mathrm{P}\left(B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) \(+\mathrm{P}\left(\overline{A}\right)\times\mathrm{P}_{\overline{A}}\left(B\right)\) |
Forme à deux branches lorsque \(0<\mathrm{P}\left(A\right)<1\). Les chemins \(A\cap B\) et \(\overline{A}\cap B\) sont incompatibles et couvrent \(B\). |
| \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)=\mathrm{P}\left(A\right)\times\mathrm{P}\left(B\right)\) | C’est la définition de l’indépendance. Cette égalité n’est pas une règle valable pour toute intersection. |
| \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)=\mathrm{P}\left(B\right)\) | Critère équivalent d’indépendance lorsque \(\mathrm{P}\left(A\right)>0\). |
| \(p\) et \(1-p\) à chaque niveau | Répétitions identiques et indépendantes de Bernoulli : ces probabilités restent les mêmes, quels que soient les résultats précédents. |
Pour deux, trois ou quatre essais, un chemin se calcule en multipliant ses facteurs. Pour plusieurs chemins, on les énumère puis on additionne. « Exactement deux succès » ne désigne pas un seul ordre de résultats.
Pour une longue simulation, une fréquence a tendance à se stabiliser près de la probabilité du succès dans le modèle d’essais identiques et indépendants. Elle n’est pas forcée de s’en rapprocher à chaque essai, et les résultats futurs n’ont pas à compenser les précédents.
Retour au sommaireSi je me trompe, où reprendre ?
| Mon erreur ou mon blocage | Le geste à reprendre | Page |
|---|---|---|
| Je confonds \(0{,}4\), \(4\,\%\) et \(40\,\%\). | Écrire le pourcentage comme une fraction sur 100. | section correspondante |
| Je ne sais pas additionner ou diviser des fractions. | Même dénominateur pour une somme ; inverse du diviseur pour un quotient. | section correspondante |
| Je mélange « et », « ou » et contraire. | Reconstituer les listes d’issues ; repérer les doublons. | section correspondante |
| Mes totaux ne sont pas cohérents. | Vérifier chaque ligne, chaque colonne et le total général. | section correspondante |
| Je ne sais pas quel nombre mettre au dénominateur. | Écrire en toutes lettres le groupe connu. | section correspondante |
| Je confonds \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) et \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)\). | Lire l’indice comme l’information connue, puis nommer l’événement demandé. | section correspondante |
| Je ne sais pas où placer une donnée dans l’arbre. | Nommer ce que l’on sait au départ de la branche. | section correspondante |
| Je mélange addition et multiplication. | Un chemin : produit. Plusieurs chemins distincts : somme. | section correspondante |
| Je multiplie deux probabilités globales sans vérifier l’indépendance. | Rechercher l’hypothèse ou démontrer l’égalité nécessaire. | section correspondante |
| Je ne compte qu’un ordre de succès/échecs. | Énumérer tous les chemins qui satisfont la consigne. | section correspondante |
| Je crois que le hasard doit « rattraper » une série. | Distinguer chances futures et résultats déjà observés. | section correspondante |
Ce que je dois savoir produire seul
Nommer les événements et le groupe de référence d’une question.
Compléter un tableau et expliquer au moins une case et un total.
Distinguer \(\mathrm{P}\left(A\cap B\right)\), \(\mathrm{P}_{A}\left(B\right)\) et \(\mathrm{P}_{B}\left(A\right)\) en français et par un quotient.
Construire un arbre, justifier ses poids et calculer les chemins utiles.
Justifier ou utiliser l’indépendance sans la confondre avec l’incompatibilité.
Décrire des répétitions de Bernoulli, organiser les issues jusqu’à quatre essais et choisir entre comptage direct et contraire.
Interpréter une fréquence, expliciter une hypothèse de modèle et corriger une affirmation trop générale.
Pour vérifier ces gestes, reprends les problèmes de l’étape 11 avant de consulter leurs corrections. Une erreur identifiée te donne une tâche précise à reprendre ; elle ne résume pas ce que tu sais faire.
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