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Coordonnées de vecteurs et colinéarité — Cours en autonomie — Seconde

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Coordonnées de vecteurs et colinéarité — Cours en autonomie — Seconde

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SECONDE · GÉOMÉTRIE DU PLAN

Coordonnées de vecteurs
et colinéarité

Cours en autonomie

GEO2-03 · Faire les 2kπ

Pour commencer — Traduire un déplacement en calcul, puis revenir à la géométrie

Ce cours apprend à lire et à calculer des coordonnées, à déterminer une longueur ou un milieu, puis à démontrer un alignement ou un parallélisme. Les définitions donnent le sens ; les démonstrations expliquent pourquoi les résultats fonctionnent ; les méthodes indiquent quand et comment les employer.

Il s’adresse à la classe de Seconde générale et technologique, pour l’année scolaire 2026–2027. Le parcours suppose les premières notions de vecteur, les propriétés géométriques du collège et le calcul numérique et littéral ; chaque unité rappelle localement les outils dont elle a besoin.

Les équations et les représentations analytiques des droites relèvent de l’unité suivante : elles ne sont pas utilisées ici. Les deux prolongements de l’unité 10 sont facultatifs ; ils ne constituent pas un passage obligé pour comprendre le cours principal.

Mode d'emploi — Trois façons d’utiliser ce document

Pour apprendre : lire le rappel et faire le repérage bref ; étudier l’exemple en cachant la ligne suivante ; essayer le guidage puis la tentative avant de regarder la correction. Les corrections restent complètes même lorsque l’aide de l’énoncé diminue.

Pour réparer : identifier la première erreur, lire le rappel ciblé et l’exemple plus simple du bloc Reprise, refaire le nouvel essai, puis revenir au calcul initial.

Pour retrouver rapidement : utiliser le sommaire cliquable et la synthèse finale. Chaque grande unité rassemble son contexte, ses conditions, ses exemples et ses corrections ; les petits encadrés ne sont pas conçus comme des cours isolés.

Lors d’une autre séance, tenter la tâche « À reprendre plus tard » avant relecture. Les indications de reprise sont des propositions de travail : elles ne supposent pas que tu as déjà réussi.

Vocabulaire — Lire les noms mathématiques

Une définition fixe le sens d’un mot ou d’une notation ; on ne la démontre pas. Une propriété, une proposition ou un théorème énonce un résultat à justifier : ces noms ne correspondent pas à des degrés de certitude. Un lemme est un résultat utilisé pour une autre preuve ; un corollaire découle d’un résultat établi. Une caractérisation ou une équivalence doit fonctionner dans les deux sens.

Les résultats nouveaux sont accompagnés de leur démonstration lorsqu’elle est donnée ici. Les résultats antérieurs utilisés, comme Pythagore ou les propriétés du parallélogramme, sont identifiés comme rappels. Une intuition aide à comprendre ; elle ne remplace pas une preuve.

1 Donner des coordonnées à un déplacement

But. Passer d’une flèche dessinée à deux nombres, et revenir de ces nombres à une flèche. Un point indique où l’on est ; un vecteur indique quel déplacement effectuer.

À toi — Un premier repérage

Sur un quadrillage, on part d’un point, on avance de \(3\) carreaux vers la droite et on descend de \(2\) carreaux. Le couple \((3;-2)\) indique-t-il une position ou un déplacement ? Que donnerait le déplacement inverse ? Correction expliquée. Ici il décrit un déplacement, car aucune origine du plan n’est précisée. Le retour consiste à reculer de \(3\) vers la gauche et à monter de \(2\) : \((-3;2)\). Si les signes te gênent, associe provisoirement droite/haut à positif et gauche/bas à négatif, puis lis les flèches des axes : ce sont elles qui fixent les sens positifs.

Vocabulaire — Ce que représente une flèche

Le vecteur \(\overrightarrow{AB}\) est représenté par la flèche qui part de \(A\) et arrive en \(B\). Pour un vecteur non nul, on distingue sa direction (celle de la droite qui le porte), son sens et sa norme (sa longueur). Deux flèches ayant ces trois caractéristiques identiques représentent le même vecteur, même si elles ne partent pas du même point.

Le vecteur nul, noté \(\vec0\), est le déplacement qui ne change pas de point : \(\overrightarrow{AA}=\vec0\). Sa norme est \(0\) ; on ne lui attribue ni direction ni sens. La relation de Chasles, déjà rencontrée avec les translations, dit : \(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}\). Enchaîner un déplacement puis le suivant donne le déplacement total.

Définition — Base et repère du plan

Une base du plan est un couple ordonné \((\vec i,\vec j)\) de deux vecteurs non colinéaires : leurs directions sont différentes et les vecteurs ne sont pas nuls. L’ordre compte : le premier vecteur sert à lire la première coordonnée.

Un repère \((O;\vec i,\vec j)\) est constitué d’un point \(O\), l’origine, et d’une base. On trace par \(O\) les axes de directions \(\vec i\) et \(\vec j\), orientés dans les sens de ces vecteurs.

Une base est orthonormée lorsque les directions sont perpendiculaires et que \(\left\lVert \vec i\right\rVert=\left\lVert \vec j\right\rVert=1\) dans l’unité de longueur choisie. Le repère correspondant est orthonormé. « Ortho » indique la perpendicularité ; « normée » rappelle les vecteurs unitaires.

Ne pas confondre. Dans un repère orthogonal, les axes sont perpendiculaires, mais les deux vecteurs de base ne sont pas nécessairement unitaires. Par exemple, avec des vecteurs de longueurs \(2\) et \(1\) centimètres, le repère est orthogonal, pas orthonormé pour l’unité centimètre. Deux axes de même direction ne donnent jamais un repère du plan : on ne peut pas atteindre les points situés hors de cette direction.

Propriété — Une décomposition unique

Dans une base \((\vec i,\vec j)\), chaque vecteur \(\vec u\) s’écrit d’une seule manière

\[\vec u=x\vec i+y\vec j,\qquad\text{où $x$ et $y$ sont deux nombres réels.}\]
Démonstration. On choisit une origine \(O\) et le point \(M\) tel que \(\overrightarrow{OM}=\vec u\). La parallèle à la direction de \(\vec j\) passant par \(M\) coupe l’axe de direction \(\vec i\) en un unique point \(H\), car les deux directions sont distinctes. Sur l’axe orienté, il existe une unique abscisse \(x\) telle que \(\overrightarrow{OH}=x\vec i\). De même, le déplacement \(\overrightarrow{HM}\), parallèle à \(\vec j\), s’écrit \(y\vec j\) avec un unique réel \(y\). Chasles donne \(\overrightarrow{OM}=\overrightarrow{OH}+\overrightarrow{HM}=x\vec i+y\vec j\). Une autre décomposition ferait passer par \(M\) une autre parallèle de direction \(\vec j\) et donnerait une autre intersection \(H\) : l’unicité de la parallèle et de son intersection l’interdit. Les deux coefficients sont donc uniques. On utilise ici les propriétés des parallèles du plan, déjà établies en géométrie. \(\square\)

Définition — Coordonnées d’un vecteur et d’un point

Les coordonnées du vecteur \(\vec u\) dans la base sont les nombres \(x\) et \(y\) de son écriture \(\vec u=x\vec i+y\vec j\). On note

\[\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\quad\text{ou}\quad\vec u(x;y).\]
La première coordonnée est l’abscisse, la seconde l’ordonnée. La colonne n’est pas une fraction : aucune barre de division n’est présente. Les coordonnées du point \(M\) dans le repère sont celles de \(\overrightarrow{OM}\) : \(M(x;y)\) signifie \(\overrightarrow{OM}=x\vec i+y\vec j\).

Analogie — Une consigne de déplacement, pas une adresse

La base fournit deux déplacements de référence. Le couple \((4;2)\) signifie « quatre fois le premier déplacement, puis deux fois le second ». L’adresse du point d’arrivée dépend du départ ; la consigne, elle, ne change pas. Limites : les axes peuvent être obliques ; les coefficients peuvent être des fractions. Un déplacement en diagonale n’a pas pour longueur la somme des nombres de pas sur les deux axes. On revient toujours à l’égalité exacte \(\vec u=4\vec i+2\vec j\).

Lire la figure.

De \(A(-3;1)\) à \(B(1;3)\), les pointillés décomposent la flèche en \(4\) unités selon le premier axe et \(2\) selon le second. De \(C(-1;-3)\) à \(D(3;-1)\), le départ change, mais le déplacement reste \((4;2)\). Les points \(B\) et \(D\) ont des coordonnées différentes, contrairement aux deux vecteurs.

Méthode — Lire ou représenter un vecteur

Je reconnais : une flèche dans un repère, ou deux coordonnées à représenter. Premier geste : repérer la base, ses unités et les sens des axes, puis le départ et l’arrivée de la flèche. Pour lire, décomposer le déplacement selon les axes ; compter les unités signées, pas seulement les carreaux. Pour représenter \(\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\), choisir un point de départ \(A\), effectuer \(x\vec i\) puis \(y\vec j\), et tracer la flèche de \(A\) au point final. Contrôle : refaire les deux déplacements en suivant l’orientation des axes. Une flèche de même direction mais deux fois plus longue n’est pas le même vecteur.

Exemple — Une fraction et un déplacement nul sur un axe

\(\vec u=\begin{pmatrix}-2\\3/2\end{pmatrix}\) signifie \(\vec u=-2\vec i+\frac32\vec j\) : deux unités dans le sens opposé à \(\vec i\), puis une unité et demie dans le sens de \(\vec j\). Les coordonnées de \(\vec v=\begin{pmatrix}0\\-3\end{pmatrix}\) indiquent aucun déplacement selon \(\vec i\), puis trois unités dans le sens opposé à \(\vec j\). Le vecteur nul a pour coordonnées \(\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}\) : \(0\vec i+0\vec j=\vec0\). Par unicité de la décomposition, deux vecteurs sont égaux exactement lorsque leurs deux coordonnées sont égales. Ainsi \(\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix}\ne\begin{pmatrix}-1\\2\end{pmatrix}\), malgré les deux mêmes nombres utilisés dans un autre ordre.

À toi — Lire, construire, puis expliquer

Essai guidé. Écrire les coordonnées de \(\vec a=3\vec i-2\vec j\). Puis décrire sa construction depuis un point \(P\). À tenter avant de lire. Représenter à main levée \(\vec b=-\frac12\vec i+2\vec j\), puis \(\vec c=2\vec j\). Justifier la première coordonnée de \(\vec c\). Indice avant correction. Un coefficient absent devant \(\vec i\) vaut \(0\), et non \(1\). Correction expliquée. \(\vec a=\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}\) : depuis \(P\), trois unités selon \(\vec i\), puis deux dans le sens contraire à \(\vec j\). Pour \(\vec b=\begin{pmatrix}-1/2\\2\end{pmatrix}\), on recule d’une demi-unité sur le premier axe puis on avance de deux sur le second. Enfin \(\vec c=0\vec i+2\vec j=\begin{pmatrix}0\\2\end{pmatrix}\). Le coefficient \(0\) exprime l’absence de déplacement selon le premier axe. Critères pour te vérifier : Je respecte l’ordre des coordonnées, le sens et l’unité ; je donne un départ et une arrivée à chaque flèche ; je sais lire un coefficient nul.

Piège — Le même dessin peut changer de coordonnées

Sur un dessin, une flèche avance de quatre carreaux et monte de deux. Si \(\vec i\) vaut deux carreaux et \(\vec j\) un carreau, quelles sont ses coordonnées ? Correction expliquée. Elle vaut \(2\vec i+2\vec j\), donc \(\begin{pmatrix}2\\2\end{pmatrix}\), pas \(\begin{pmatrix}4\\2\end{pmatrix}\). Les coordonnées dépendent de la base, et non de la seule forme de la flèche. Déplacer seulement l’origine, sans changer la base, ne change pas les coordonnées des vecteurs ; cela peut changer celles des points.

Reprise — Si tu lis le point d’arrivée au lieu du déplacement

L’erreur est de donner à \(\overrightarrow{AB}\) les coordonnées de \(B\) sans tenir compte de \(A\). Rappel : les coordonnées d’un point sont le déplacement depuis l’origine. Exemple plus simple : sur un axe, de l’abscisse \(2\) à l’abscisse \(5\), on avance de \(3\), pas de \(5\). Nouvel essai : de \(P(1;1)\) à \(Q(1;4)\), décrire le déplacement. Correction : aucun changement horizontal, trois unités vers le haut, donc \(\begin{pmatrix}0\\3\end{pmatrix}\). Reviens à la figure de \(A\) à \(B\) : le départ \((-3;1)\) impose bien \(4\) et \(2\), pas \(1\) et \(3\).

À toi — À reprendre à une autre séance, avant de relire

Un vecteur correspond à \(-3\vec i+\frac12\vec j\). Donner ses coordonnées, le représenter depuis un point de ton choix et expliquer pourquoi deux départs différents peuvent convenir. Indice avant correction. Les coordonnées décrivent le déplacement, pas le départ. Correction expliquée. Les coordonnées sont \(\begin{pmatrix}-3\\1/2\end{pmatrix}\). On effectue trois unités dans le sens contraire à \(\vec i\), puis une demi-unité selon \(\vec j\). Deux flèches obtenues depuis deux départs ont la même direction, le même sens et la même longueur : elles représentent donc le même vecteur. Critères pour te vérifier : Je peux reconstruire la flèche sans confondre point et vecteur, et expliquer le rôle de la base.

2 Calculer un vecteur à partir de deux points

Rappel local. Dans un repère \((O;\vec i,\vec j)\), \(A(x_A;y_A)\) signifie \(\overrightarrow{OA}=x_A\vec i+y_A\vec j\). Un vecteur \(\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) représente le déplacement \(x\vec i+y\vec j\). Deux vecteurs sont égaux lorsque leurs deux coordonnées sont égales. La relation de Chasles s’écrit \(\overrightarrow{OA}+\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{OB}\).

À toi — Retrouver le bon sens

Sur une droite graduée, on va de \(-2\) à \(3\). Quel nombre faut-il ajouter à \(-2\) pour arriver à \(3\) ? Correction expliquée. \(5\), car \(-2+5=3\). Le calcul \(3-(-2)=3+2=5\) donne l’arrivée moins le départ. Si tu avais trouvé \(-5\), tu aurais calculé le trajet inverse ; reprends la flèche de \(-2\) vers \(3\).

Théorème — Coordonnées du vecteur allant de \(A\) à \(B\)

Dans un repère du plan, si \(A(x_A;y_A)\) et \(B(x_B;y_B)\), alors

\[\boxed{\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix}.}\]
Cette formule ne nécessite pas que le repère soit orthonormé. Démonstration. Chasles donne \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{OB}-\overrightarrow{OA}\). On remplace chaque vecteur position par sa décomposition dans la base :
\[\begin{aligned} \overrightarrow{AB}&=(x_B\vec i+y_B\vec j)-(x_A\vec i+y_A\vec j)\\ &=x_B\vec i+y_B\vec j-x_A\vec i-y_A\vec j\\ &=(x_B-x_A)\vec i+(y_B-y_A)\vec j. \end{aligned}\]
On utilise les règles de calcul vectoriel (addition et distributivité), déjà établies avec les translations. L’unicité de la décomposition dans la base donne les deux coordonnées annoncées. \(\square\)

Exemple — Un départ négatif et une arrivée négative

Dans un repère, \(A(-3;5)\) et \(B(4;-2)\). On cherche le déplacement de \(A\) vers \(B\), donc on écrit arrivée moins départ dans les deux coordonnées :

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix} =\begin{pmatrix}4-(-3)\\-2-5\end{pmatrix} =\begin{pmatrix}4+3\\-2+(-5)\end{pmatrix} =\begin{pmatrix}7\\-7\end{pmatrix}.\]
Soustraire \(-3\), c’est ajouter son opposé \(3\). Dans la seconde coordonnée, on ajoute deux nombres négatifs : \(-2+(-5)=-7\). Ainsi on avance de \(7\) unités selon le premier axe et on recule de \(7\) selon le second.

Contrôle par recomposition : départ \(+\) déplacement doit redonner l’arrivée :

\[(-3)+7=4,\qquad 5+(-7)=-2.\]
On retrouve bien les deux coordonnées de \(B\). Ce contrôle vérifie ce calcul ; il ne remplace pas la démonstration générale de la formule.

Corollaire — Déplacement inverse et vecteur nul

\(\overrightarrow{BA}=-\overrightarrow{AB}\). Ses coordonnées sont les opposées de celles de \(\overrightarrow{AB}\) : \(x_A-x_B=-(x_B-x_A)\) et \(y_A-y_B=-(y_B-y_A)\). De plus, \(\overrightarrow{AB}=\vec0\) exactement lorsque \(A=B\) : les deux différences sont nulles exactement lorsque \(x_A=x_B\) et \(y_A=y_B\). Ces deux conséquences découlent directement du théorème.

Méthode — Organiser les données et retrouver un point

Pour calculer un vecteur : écrire d’abord les deux points, puis leurs rôles départ/arrivée ; appliquer la différence dans le même ordre pour les deux coordonnées. Mettre les nombres négatifs entre parenthèses. Pour trouver l’arrivée \(B\) quand \(A\) et \(\vec u=\overrightarrow{AB}\) sont connus : le premier geste est d’écrire « départ \(+\) déplacement \(=\) arrivée ». Si \(\vec u=\begin{pmatrix}p\\q\end{pmatrix}\), alors \(B(x_A+p;y_A+q)\). Pour retrouver le départ : soustraire le déplacement à l’arrivée : \(A(x_B-p;y_B-q)\). Contrôle : recalculer le vecteur entre les deux points obtenus, dans l’ordre de la consigne.

Exemple — Construire une extrémité avec les coordonnées

On donne \(A(2;-4)\) et \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}-5\\3\end{pmatrix}\). Alors

\[x_B=2+(-5)=-3,\qquad y_B=-4+3=-1.\]
Donc \(B(-3;-1)\). Le contrôle donne \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}-3-2\\-1-(-4)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-5\\3\end{pmatrix}\). Si l’on connaissait seulement \(B(-3;-1)\) et le même déplacement, on retrouverait \(x_A=-3-(-5)=2\) et \(y_A=-1-3=-4\).

Exemple — Des coordonnées fractionnaires

Pour \(P(-\frac12;\frac34)\) et \(Q(\frac56;-\frac14)\), calculons séparément les deux différences :

\[\begin{aligned} x_Q-x_P&=\frac56-\left(-\frac12\right)=\frac56+\frac12 =\frac56+\frac{1\times3}{2\times3} =\frac56+\frac36=\frac86=\frac43,\\ y_Q-y_P&=-\frac14-\frac34=\frac{-1-3}{4}=\frac{-4}{4}=-1. \end{aligned}\]
Ainsi \(\overrightarrow{PQ}=\begin{pmatrix}4/3\\-1\end{pmatrix}\). Pour additionner les fractions, les dénominateurs doivent être communs ; on multiplie le numérateur et le dénominateur de \(\frac12\) par \(3\), ce qui ne change pas sa valeur. Contrôle : \(-\frac12+\frac43=-\frac{1\times3}{2\times3}+\frac{4\times2}{3\times2}=\frac{-3+8}{6}=\frac56\) et \(\frac34-1=\frac34-\frac44=-\frac14\).

À toi — Calculer, puis reconstruire

Essai guidé. \(A(-2;4)\), \(B(3;1)\). Compléter \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3-(\ldots)\\1-(\ldots)\end{pmatrix}\), puis calculer \(\overrightarrow{BA}\). À tenter avant la correction. Trouver \(D\) tel que \(C(5;-3)\) et \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}-2\\-4\end{pmatrix}\). Indice avant correction. Pour trouver \(D\), ajouter le déplacement aux coordonnées de \(C\). Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3-(-2)\\1-4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\-3\end{pmatrix}\) ; donc \(\overrightarrow{BA}=\begin{pmatrix}-5\\3\end{pmatrix}\). Pour l’arrivée, \(x_D=5+(-2)=3\) et \(y_D=-3+(-4)=-7\) : \(D(3;-7)\). Vérification : \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}3-5\\-7-(-3)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2\\-4\end{pmatrix}\). À justifier. Pourquoi ne soustrait-on pas les coordonnées de \(C\) à celles du vecteur pour obtenir \(D\) ? Réponse possible : le vecteur donne ce qu’il faut ajouter au départ pour obtenir l’arrivée ; ce n’est pas un second point. Critères pour te vérifier : Je nomme le départ et l’arrivée, je garde le même ordre dans les deux différences et je vérifie par recomposition.

À toi — Tester une égalité sans se fier au dessin

\(A(-1;2)\), \(B(3;5)\), \(C(4;-2)\), \(D(8;1)\). Comparer \(\overrightarrow{AB}\), \(\overrightarrow{CD}\) et \(\overrightarrow{DC}\). Les points \(B\) et \(D\) sont-ils nécessairement confondus si \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{CD}\) ? Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3-(-1)\\5-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\3\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}8-4\\1-(-2)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\3\end{pmatrix}\) : ils sont égaux. En revanche \(\overrightarrow{DC}=\begin{pmatrix}-4\\-3\end{pmatrix}\) est l’opposé. Les arrivées \(B(3;5)\) et \(D(8;1)\) sont différentes : une même consigne appliquée à des départs différents ne donne pas la même arrivée.

Reprise — Réparer un double signe

Écriture erronée : \(4-(-3)=4-3=1\). La première erreur est d’avoir remplacé « soustraire un négatif » par « soustraire un positif ». Soustraire un nombre revient à ajouter son opposé : \(a-b=a+(-b)\). Exemple plus simple : \(1-(-2)=1+2=3\). Nouvel essai : calculer \(-1-(-4)\). Correction : l’opposé de \(-4\) est \(4\), donc \(-1-(-4)=-1+4=3\). Revenir au calcul initial : l’opposé de \(-3\) est \(3\), d’où \(4+3=7\). Puis refaire les deux coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\) de l’exemple de référence.

À toi — À reprendre plus tard

\(E(\frac12;-2)\) et \(F(-\frac32;1)\). Calculer \(\overrightarrow{EF}\) et vérifier son abscisse en retrouvant celle de \(F\). Indice avant correction. Les deux fractions ont déjà le même dénominateur. Correction expliquée. \(x_F-x_E=-\frac32-\frac12=\frac{-3-1}{2}=\frac{-4}{2}=-2\) et \(y_F-y_E=1-(-2)=3\). Ainsi \(\overrightarrow{EF}=\begin{pmatrix}-2\\3\end{pmatrix}\). Le retour donne \(\frac12+(-2)=\frac12-\frac42=-\frac32\) et \(-2+3=1\). Critères pour te vérifier : Je peux expliquer les signes et contrôler sans recopier la formule mécaniquement.

3 Additionner des vecteurs et multiplier par un réel

Rappel local. Dans une base \((\vec i,\vec j)\), les coordonnées \(\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) de \(\vec u\) signifient \(\vec u=x\vec i+y\vec j\). Cette décomposition est unique. On utilise les règles géométriques de calcul vectoriel : la somme enchaîne les translations ; l’opposé effectue le retour ; multiplier par un réel modifie la longueur et éventuellement le sens. Chasles : \(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}\).

À toi — Deux déplacements successifs

On effectue un déplacement de \((2;1)\), puis de \((3;-1)\). Quel est le déplacement total ? Correction expliquée. Sur le premier axe, \(2+3=5\) ; sur le second, \(1+(-1)=0\). Le total vaut \((5;0)\). Si tu additionnais les deux nombres d’une même colonne, tu mélangerais deux directions : garde une ligne de calcul pour chaque axe.

Propriété — Calcul coordonnée par coordonnée

Dans une même base, soient \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\), \(\vec v=\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix}\) et \(k\) un réel. Alors

\[\vec u+\vec v=\begin{pmatrix}x+x'\\y+y'\end{pmatrix},\qquad k\vec u=\begin{pmatrix}kx\\ky\end{pmatrix},\qquad -\vec u=\begin{pmatrix}-x\\-y\end{pmatrix},\qquad \vec u-\vec v=\begin{pmatrix}x-x'\\y-y'\end{pmatrix}.\]
Démonstration. En remplaçant par les décompositions et en regroupant selon la base,
\[\begin{aligned} \vec u+\vec v &=(x\vec i+y\vec j)+(x'\vec i+y'\vec j) =(x+x')\vec i+(y+y')\vec j,\\ k\vec u&=k(x\vec i+y\vec j)=(kx)\vec i+(ky)\vec j. \end{aligned}\]
L’unicité des coordonnées donne les deux premières formules. La troisième est le cas \(k=-1\) : \((-1)x=-x\), \((-1)y=-y\). Enfin soustraire \(\vec v\) revient à ajouter \(-\vec v\), ce qui donne la quatrième formule. La démonstration repose sur la distributivité du calcul vectoriel antérieur, non sur un dessin particulier. \(\square\)

Méthode — Dessiner une somme à partir d’une même origine

Si \(\vec u=\overrightarrow{OU}\) et \(\vec v=\overrightarrow{OV}\), on peut transporter le représentant de \(\vec v\) pour le faire partir de \(U\) : on obtient \(\overrightarrow{UW}=\vec v\). Alors \(\overrightarrow{OW}=\vec u+\vec v\) par Chasles. Pour des directions distinctes, \(OUWV\) est le parallélogramme construit sur les deux vecteurs.

Premier geste : garder la flèche \(O\to U\), puis tracer depuis \(U\) une flèche égale à \(O\to V\). La diagonale \(O\to W\) représente la somme. Si les vecteurs sont colinéaires, le chemin de Chasles fonctionne encore, même si le parallélogramme est aplati.

Lire la figure.

Les deux flèches partent de \(O\) : \(\vec u=(3;1)\) et \(\vec v=(-1;2)\). La flèche transportée \(U\to W\) est égale à \(O\to V\). L’arrivée \(W(2;3)\) donne \(\vec u+\vec v=(2;3)\). Relier simplement les deux extrémités \(U\) et \(V\) donnerait une différence, pas la somme.

Exemple — Multiplier, puis soustraire

Soient \(\vec u=\begin{pmatrix}-3\\2\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}4\\-1\end{pmatrix}\). Calculons \(2\vec u-3\vec v\). Le coefficient multiplie chaque coordonnée ; la soustraction porte sur tout le second vecteur :

\[\begin{aligned} 2\vec u-3\vec v &=\begin{pmatrix}2\times(-3)\\2\times2\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}3\times4\\3\times(-1)\end{pmatrix}\\ &=\begin{pmatrix}-6\\4\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}12\\-3\end{pmatrix} =\begin{pmatrix}-6-12\\4-(-3)\end{pmatrix} =\begin{pmatrix}-18\\7\end{pmatrix}. \end{aligned}\]
Dans la seconde coordonnée, \(4-(-3)=4+3=7\), et non \(1\). Contrôle : si \(\vec w=2\vec u-3\vec v\), alors \(\vec w+3\vec v=2\vec u\). En effet,
\[\begin{pmatrix}-18\\7\end{pmatrix}+\begin{pmatrix}12\\-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-18+12\\7+(-3)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-6\\4\end{pmatrix}=2\vec u.\]

Exemple — Une combinaison avec des fractions

Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}3/2\\-1\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}-1/3\\2\end{pmatrix}\), calculons \(\vec u+3\vec v\) :

\[\begin{aligned} 3\vec v&=\begin{pmatrix}3\times(-1/3)\\3\times2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\6\end{pmatrix},\\ \vec u+3\vec v&=\begin{pmatrix}3/2-1\\-1+6\end{pmatrix} =\begin{pmatrix}3/2-2/2\\5\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1/2\\5\end{pmatrix}. \end{aligned}\]
Dans \(\frac32-1\), on écrit \(1=\frac{1\times2}{1\times2}=\frac22\), puis \(\frac32-\frac22=\frac{3-2}{2}=\frac12\). Le contrôle \(\begin{pmatrix}1/2\\5\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}-1\\6\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1/2+1\\-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3/2\\-1\end{pmatrix}\) retrouve \(\vec u\).

Vocabulaire — Combinaison de deux vecteurs

Une expression comme \(a\vec u+b\vec v\), où \(a\) et \(b\) sont des réels, s’appelle une combinaison linéaire des deux vecteurs. Ici « linéaire » indique que l’on additionne des multiples ; cela ne signifie pas que les vecteurs sont colinéaires. Pour retrouver les coordonnées, calculer \(a\vec u\) et \(b\vec v\), puis additionner les coordonnées de même rang. Aucun produit de deux vecteurs n’est défini dans ce chapitre.

À toi — Faire les opérations dans l’ordre

Essai guidé. \(\vec a=\begin{pmatrix}2\\-3\end{pmatrix}\), \(\vec b=\begin{pmatrix}-1\\4\end{pmatrix}\). Compléter \(2\vec a=\begin{pmatrix}2\times2\\2\times(-3)\end{pmatrix}\), puis calculer \(2\vec a+\vec b\). À tenter. Avec les mêmes vecteurs, calculer \(\vec a-2\vec b\) et contrôler en ajoutant \(2\vec b\) au résultat. Indice avant correction. Multiplier d’abord, soustraire ensuite ; mettre les coordonnées négatives entre parenthèses. Correction expliquée. \(2\vec a=\begin{pmatrix}4\\-6\end{pmatrix}\), donc \(2\vec a+\vec b=\begin{pmatrix}4+(-1)\\-6+4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}\). Pour la seconde expression, \(2\vec b=\begin{pmatrix}2\times(-1)\\2\times4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2\\8\end{pmatrix}\), puis \(\vec a-2\vec b=\begin{pmatrix}2-(-2)\\-3-8\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\-11\end{pmatrix}\). Contrôle :

\[\begin{pmatrix}4\\-11\end{pmatrix}+\begin{pmatrix}-2\\8\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4-2\\-11+8\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\-3\end{pmatrix}=\vec a.\]
À justifier : pourquoi multiplie-t-on les deux coordonnées par \(2\) ? Réponse possible : \(2(x\vec i+y\vec j)=2x\vec i+2y\vec j\), par distributivité. Critères pour te vérifier : Je traite les deux coordonnées, je respecte les priorités et je peux expliquer la distributivité utilisée.

À toi — Ce que la somme ne permet pas de dire

Avec \(\vec u=\begin{pmatrix}1\\0\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}0\\1\end{pmatrix}\) dans une base orthonormée, dessiner la somme. Peut-on annoncer que sa longueur vaut \(1+1=2\) ? Correction expliquée. La somme est \(\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}\) : c’est la diagonale d’un carré de côté \(1\), pas le chemin formé par deux côtés. Pythagore donne une longueur \(\sqrt{1^2+1^2}=\sqrt2\), différente de \(2\) car \(2^2=4\ne2\). La somme des coordonnées traduit les déplacements ; elle ne commande pas l’addition des longueurs.

Reprise — Si le signe moins ne porte que sur une coordonnée

L’écriture erronée \(\begin{pmatrix}4\\2\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}1\\-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4-1\\2+(-3)\end{pmatrix}\) a oublié que l’on soustrait aussi la seconde coordonnée. Rappel : \(\vec u-\vec v=\vec u+(-\vec v)\) ; les deux coordonnées de \(-\vec v\) sont opposées. Exemple simple : \(-\begin{pmatrix}1\\-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\3\end{pmatrix}\). Nouvel essai : calculer \(\begin{pmatrix}2\\0\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}-1\\4\end{pmatrix}\). Correction : \(\begin{pmatrix}2-(-1)\\0-4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\-4\end{pmatrix}\). Retour au calcul initial : \(\begin{pmatrix}4\\2\end{pmatrix}+\begin{pmatrix}-1\\3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\5\end{pmatrix}\), et non \(\begin{pmatrix}3\\-1\end{pmatrix}\).

À toi — À reprendre plus tard avec une autre représentation

\(\vec u=2\vec i-\vec j\) et \(\vec v=-\vec i+3\vec j\). Trouver les coordonnées de \(-\vec u+2\vec v\), puis le décrire avec la base. Indice avant correction. Lire d’abord les coordonnées dans les expressions données. Correction expliquée. \(\vec u=\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}-1\\3\end{pmatrix}\). Donc \(-\vec u+2\vec v=\begin{pmatrix}-2\\1\end{pmatrix}+\begin{pmatrix}2\times(-1)\\2\times3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2-2\\1+6\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-4\\7\end{pmatrix}\). L’écriture dans la base est \(-4\vec i+7\vec j\). Le contrôle en développant \(-(2\vec i-\vec j)+2(-\vec i+3\vec j)=-2\vec i+\vec j-2\vec i+6\vec j\) donne la même décomposition. Critères pour te vérifier : Je peux passer des lettres aux coordonnées puis revenir à l’écriture dans la base.

4 Calculer une norme et une distance

Rappel local. \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) signifie \(\vec u=x\vec i+y\vec j\). Dans un repère, \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix}\). Une base orthonormée est formée de deux vecteurs perpendiculaires et de norme \(1\). Cette condition sera indispensable pour calculer les longueurs avec les formules de cette section.

À toi — Carré d’un négatif et racine carrée

Calculer \((-3)^2\) puis \(\sqrt{25}\). Pourquoi ne donne-t-on pas deux valeurs pour \(\sqrt{25}\) ? Correction expliquée. \((-3)^2=(-3)\times(-3)=9\). Par définition, \(\sqrt{25}\) est le nombre positif ou nul dont le carré vaut \(25\), donc \(5\). L’équation \(t^2=25\) a deux solutions \(-5\) et \(5\), mais le symbole \(\sqrt{25}\) désigne une seule valeur. Si ce point bloque, distinguer la question d’équation du nom d’un nombre.

Définition — Norme : la longueur d’un vecteur

La norme d’un vecteur \(\vec u=\overrightarrow{AB}\), notée \(\left\lVert \vec u\right\rVert\), est la longueur \(AB\). Tous les représentants du même vecteur ont la même longueur : cette définition ne dépend donc pas du représentant choisi. Les écritures \(\overrightarrow{AB}\), \(AB\) et \(AB^2\) désignent respectivement un vecteur, une longueur et le carré d’une longueur. Les doubles barres de \(\left\lVert \vec u\right\rVert\) ne désignent pas des coordonnées.

Théorème — Norme dans une base orthonormée

Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) dans une base orthonormée,

\[\boxed{\left\lVert \vec u\right\rVert=\sqrt{x^2+y^2}.}\]
Démonstration. On représente \(\vec u\) par \(\overrightarrow{OM}\), puis on décompose le déplacement en \(\overrightarrow{OH}=x\vec i\) et \(\overrightarrow{HM}=y\vec j\). Si \(x\) et \(y\) sont non nuls, le triangle \(OHM\) est rectangle en \(H\). Les longueurs des deux côtés sont les distances des réels \(x\) et \(y\) à \(0\) ; leurs carrés sont \(x^2\) et \(y^2\), quel que soit le signe des coordonnées. Pythagore donne \(OM^2=x^2+y^2\). Comme \(OM\) est positif ou nul, \(OM=\sqrt{x^2+y^2}\). Si une coordonnée est nulle, le déplacement suit un axe : sa longueur est la distance de l’autre coordonnée à \(0\), dont le carré donne la même formule. Si les deux sont nulles, \(\vec u=\vec0\) et les deux membres valent \(0\). Tous les cas sont donc couverts. Le théorème de Pythagore est un résultat du collège repris ici. \(\square\)

Corollaire — Distance entre deux points

Dans un repère orthonormé,

\[\boxed{AB=\sqrt{(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2}.}\]
Démonstration. La distance \(AB\) est la norme du vecteur \(\overrightarrow{AB}\), dont les coordonnées sont \(x_B-x_A\) et \(y_B-y_A\). Remplacer \(x\) et \(y\) par ces deux différences dans le théorème donne la formule. Le calcul vaut aussi si \(A=B\), auquel cas les deux différences et la distance sont nulles. \(\square\)

Lire la figure.

De \(A(-2;3)\) à \(B(4;-1)\), le déplacement est \((6;-4)\). Le point \(H(4;3)\) forme un angle droit : \(AH=6\) et \(HB=4\). Le signe \(-4\) décrit le sens du déplacement vertical ; la longueur \(HB\) reste positive.

Exemple — Une distance exacte, puis une approximation

Dans un repère orthonormé, \(A(-2;3)\) et \(B(4;-1)\). On calcule d’abord le déplacement, puis sa longueur :

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}4-(-2)\\-1-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}6\\-4\end{pmatrix}.\]
\[\begin{aligned} AB^2&=6^2+(-4)^2=6\times6+(-4)\times(-4)=36+16=52,\\ AB&=\sqrt{52}=\sqrt{4\times13}=\sqrt4\,\sqrt{13}=2\sqrt{13}. \end{aligned}\]
La racine carrée désigne le nombre positif ou nul dont le carré vaut \(52\). Une distance ne peut pas être négative : on ne retient pas \(-2\sqrt{13}\). La séparation de la racine est permise car \(4\) et \(13\) sont positifs. En unités du repère, \(AB=2\sqrt{13}\approx7{,}21\) (arrondi au centième). Contrôle : \((2\sqrt{13})^2=2^2(\sqrt{13})^2=4\times13=52\). De plus \(7^2=49<52<64=8^2\) : la distance est entre \(7\) et \(8\).

Méthode — Choisir la forme du calcul

Je veux une longueur : vérifier d’abord « repère orthonormé », puis calculer le vecteur, ses deux carrés, leur somme et enfin sa racine. On peut aussi substituer directement dans la formule de distance, en gardant les parenthèses autour des différences. Je veux seulement comparer des longueurs : calculer leurs carrés suffit souvent. Pour deux longueurs positives ou nulles, l’ordre est conservé par le carré : \(a<b\) exactement lorsque \(a^2<b^2\). En effet \(b^2-a^2=(b-a)(b+a)\) et \(b+a>0\) sauf si les deux longueurs sont nulles, cas immédiat. Contrôle : une longueur ne peut pas être négative ; son carré doit redonner la somme des carrés. Une valeur décimale arrondie s’écrit avec \(\approx\), pas avec \(=\).

Exemple — Utiliser les carrés pour reconnaître un triangle rectangle

Dans un repère orthonormé, \(A(0;0)\), \(B(3;1)\), \(C(2;4)\).

\[\begin{aligned} AB^2&=(3-0)^2+(1-0)^2=9+1=10,\\ BC^2&=(2-3)^2+(4-1)^2=(-1)^2+3^2=1+9=10,\\ AC^2&=(2-0)^2+(4-0)^2=4+16=20. \end{aligned}\]
Ainsi \(AB=BC\) et \(AB^2+BC^2=AC^2\). Les points sont distincts. Si les deux déplacements issus de \(B\), \((-3;-1)\) et \((-1;3)\), suivaient une même direction, un même multiplicateur transformerait les deux coordonnées du premier en celles du second. La première coordonnée imposerait \(k=\frac13\), mais la seconde donnerait alors \(\frac13\times(-1)=-\frac13\ne3\). Le triangle n’est donc pas aplati. La réciproque du théorème de Pythagore montre que \(ABC\) est rectangle en \(B\). Il est aussi isocèle en \(B\). Il n’était pas nécessaire de calculer trois approximations décimales.

Propriété — Changer le sens ne change pas la longueur

\(\left\lVert -\vec u\right\rVert=\left\lVert \vec u\right\rVert\), car les deux flèches ont même longueur et des sens contraires. Plus généralement, si \(k\geq0\), alors \(\left\lVert k\vec u\right\rVert=k\left\lVert \vec u\right\rVert\) ; si \(k<0\), alors \(\left\lVert k\vec u\right\rVert=(-k)\left\lVert \vec u\right\rVert\). Démonstration. On choisit une base orthonormée. Les coordonnées de \(k\vec u\) sont \((kx;ky)\). Le carré de sa norme est \((kx)^2+(ky)^2=k^2(x^2+y^2)\). Si \(k\geq0\), le nombre \(k\left\lVert \vec u\right\rVert\) est positif ou nul et a ce carré ; si \(k<0\), c’est le nombre \((-k)\left\lVert \vec u\right\rVert\). L’unicité de la racine positive donne les deux cas. \(\square\) Par exemple, pour \(\vec u=\begin{pmatrix}-3\\4\end{pmatrix}\), \(\left\lVert \vec u\right\rVert=5\) et \(\left\lVert -2\vec u\right\rVert=2\times5=10\), jamais \(-10\).

À toi — Norme, distance et justification

Essai guidé. Dans une base orthonormée, \(\vec u=\begin{pmatrix}-5\\12\end{pmatrix}\). Écrire les deux produits dont la somme donne \(\left\lVert \vec u\right\rVert^2\), puis la norme. À tenter avant la correction. Dans un repère orthonormé, \(P(1;-2)\) et \(Q(-2;2)\). Calculer \(PQ\) en passant par \(\overrightarrow{PQ}\), puis vérifier par substitution directe. Indice avant correction. Une soustraction négative doit rester dans ses parenthèses avant le carré. Correction expliquée. \(\left\lVert \vec u\right\rVert^2=(-5)\times(-5)+12\times12=25+144=169\) ; donc \(\left\lVert \vec u\right\rVert=13\), car \(13^2=169\). Ensuite \(\overrightarrow{PQ}=\begin{pmatrix}-2-1\\2-(-2)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-3\\4\end{pmatrix}\) ; \(PQ=\sqrt{(-3)^2+4^2}=\sqrt{9+16}=5\). Directement, \(PQ=\sqrt{(-2-1)^2+(2-(-2))^2}=\sqrt{(-3)^2+4^2}=5\). À justifier : pourquoi la coordonnée négative ne rend-elle pas la distance négative ? Réponse possible : elle indique un sens ; son carré est positif, puis la racine choisie est positive ou nulle. Critères pour te vérifier : Je vérifie le repère, je distingue coordonnée et longueur, je calcule les carrés avant la racine.

Piège — Un repère orthogonal ne suffit pas

Dans un repère orthogonal avec \(\left\lVert \vec i\right\rVert=2\) et \(\left\lVert \vec j\right\rVert=1\) centimètres, \(\vec u=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}\). Peut-on annoncer \(\left\lVert \vec u\right\rVert=\sqrt2\) centimètres ? Correction expliquée. Non : les côtés du triangle rectangle mesurent ici \(2\) et \(1\) centimètres. Pythagore donne \(\sqrt{2^2+1^2}=\sqrt5\) centimètres. La formule \(\sqrt{x^2+y^2}\) exige des vecteurs de base unitaires dans la même unité. Les coordonnées restent parfaitement valides, mais ne sont pas directement des longueurs dans cette unité.

Reprise — Réparer une fausse règle de racine

Erreur : \(\sqrt{9+16}=\sqrt9+\sqrt{16}=7\). La première égalité est fausse : la racine ne se distribue pas sur une somme. Rappel : additionner dans la racine, puis chercher le nombre positif dont le carré convient. Exemple plus simple : \(\sqrt{1+3}=\sqrt4=2\). Nouvel essai : calculer \(\sqrt{36+64}\). Correction : \(36+64=100\) et \(\sqrt{100}=10\), pas \(6+8=14\). Retour à l’erreur : \(9+16=25\), donc \(\sqrt{25}=5\) ; \(7^2=49\) aurait révélé le défaut.

À toi — À reprendre plus tard : centre et rayon

Dans un repère orthonormé, un cercle a pour centre \(S(1;2)\) et rayon \(\sqrt{10}\). Le point \(T(4;3)\) appartient-il au cercle ? Indice avant correction. Comparer \(ST^2\) au carré du rayon, sans arrondir. Correction expliquée. \(ST^2=(4-1)^2+(3-2)^2=3^2+1^2=10\) et \((\sqrt{10})^2=10\). Comme ce sont des longueurs positives, \(ST=\sqrt{10}\) : \(T\) appartient au cercle. La seule proximité sur un dessin ne suffirait pas ; ici l’égalité est exacte. Critères pour te vérifier : Je relie le calcul à la définition géométrique : être à la distance du rayon du centre.

5 Trouver un milieu, un symétrique et un quatrième sommet

Rappel local. Dans un repère, \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix}\) ; les coordonnées d’une somme s’additionnent et celles de \(k\vec u\) sont multipliées par \(k\). Deux vecteurs égaux ont les deux mêmes coordonnées. Chasles : \(\overrightarrow{AI}+\overrightarrow{IB}=\overrightarrow{AB}\). Ces calculs ne demandent pas un repère orthonormé.

À toi — Un milieu sur une droite graduée

Quel est le milieu entre les abscisses \(-3\) et \(5\) ? Justifier sans se fier seulement au dessin. Correction expliquée. La distance entre ces abscisses vaut \(5-(-3)=8\) ; sa moitié vaut \(4\). Partir de \(-3\) et avancer de \(4\) donne \(1\). On retrouve la moyenne \(\frac{-3+5}{2}=\frac22=1\). Si tu avais trouvé \(4\), tu aurais donné la demi-longueur, pas la position du milieu.

Définition — Milieu d’un segment

Le milieu du segment \([AB]\) est le point \(I\) de ce segment tel que \(IA=IB\). Si \(A=B\), le segment se réduit à ce point, qui est aussi son milieu. Attention : l’égalité de distances \(IA=IB\), sans la condition \(I\in[AB]\), ne suffit pas à reconnaître le milieu. Par exemple, dans un triangle isocèle non aplati, le sommet principal est à égale distance des deux autres sommets mais n’est pas leur milieu.

Caractérisation — Trois écritures vectorielles du milieu

Pour des points \(A,B,I\), les affirmations suivantes sont équivalentes :

\[\text{$I$ est le milieu de $[AB]$},\quad \overrightarrow{AI}=\overrightarrow{IB},\quad \overrightarrow{AI}=\tfrac12\overrightarrow{AB},\quad \overrightarrow{IA}+\overrightarrow{IB}=\vec0.\]
Démonstration. Si \(I\) est le milieu et \(A\ne B\), \(\overrightarrow{AI}\) et \(\overrightarrow{IB}\) ont même direction, même sens de \(A\) vers \(B\) et même longueur ; ils sont donc égaux. Si \(A=B\), les vecteurs sont nuls, et l’égalité reste vraie. Réciproquement, si \(\overrightarrow{AI}=\overrightarrow{IB}\), Chasles donne \(\overrightarrow{AB}=2\overrightarrow{AI}\), donc \(\overrightarrow{AI}=\frac12\overrightarrow{AB}\). Pour \(A\ne B\), ce déplacement est dans le sens de \(A\) vers \(B\) et mesure la moitié du segment : il aboutit à son milieu. Pour \(A=B\), \(\overrightarrow{AI}=\vec0\) impose \(I=A=B\). Enfin \(\overrightarrow{IA}=-\overrightarrow{AI}\) ; l’égalité \(\overrightarrow{AI}=\overrightarrow{IB}\) équivaut donc à \(\overrightarrow{IA}+\overrightarrow{IB}=\vec0\). Chacune de ces transformations est réversible. \(\square\)

Théorème — Coordonnées du milieu

Dans un repère, le milieu \(I\) de \([AB]\) a pour coordonnées

\[\boxed{I\left(\frac{x_A+x_B}{2};\frac{y_A+y_B}{2}\right).}\]
Démonstration. L’égalité \(\overrightarrow{AI}=\overrightarrow{IB}\) s’écrit coordonnée par coordonnée : \(x_I-x_A=x_B-x_I\) et \(y_I-y_A=y_B-y_I\). On ajoute \(x_A+x_I\) aux deux membres de la première égalité :
\[x_I-x_A+x_A+x_I=x_B-x_I+x_A+x_I, \quad 2x_I=x_A+x_B.\]
Puis on divise par \(2\ne0\) : \(\frac{2x_I}{2}=\frac{x_A+x_B}{2}\), soit \(x_I=\frac{x_A+x_B}{2}\). En ajoutant \(y_A+y_I\) dans la seconde égalité, on obtient de même \(2y_I=y_A+y_B\), puis \(y_I=\frac{y_A+y_B}{2}\). Réciproquement, les deux moyennes vérifient ces égalités, donc donnent bien le milieu. \(\square\)

Lire la figure.

Les points \(A(-3;2)\) et \(B(5;-2)\) ont pour milieu \(I(1;0)\). Les deux demi-segments sont parcourus dans le même sens par les vecteurs \(\overrightarrow{AI}\) et \(\overrightarrow{IB}\) ; les deux flèches sont égales.

Exemple — Moyennes et contrôle vectoriel

Pour \(A(-3;2)\) et \(B(5;-2)\),

\[x_I=\frac{-3+5}{2}=1,\qquad y_I=\frac{2+(-2)}2=0.\]
Donc \(I(1;0)\). Contrôle : \(\overrightarrow{AI}=\begin{pmatrix}1-(-3)\\0-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\-2\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{IB}=\begin{pmatrix}5-1\\-2-0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\-2\end{pmatrix}\). L’ordonnée nulle ne pose aucun problème : le milieu est simplement situé sur l’axe des abscisses.

Exemple — Retrouver l’autre extrémité

\(I(2;-1)\) est le milieu de \([AB]\) et \(A(-4;3)\). Cherchons \(B(x_B;y_B)\). La formule du milieu donne \(2=\dfrac{-4+x_B}{2}\) et \(-1=\dfrac{3+y_B}{2}\). On multiplie chaque égalité par \(2\), nombre non nul, puis on isole la coordonnée :

\[\begin{aligned} 2\times2&=2\times\frac{-4+x_B}{2}=\frac22(-4+x_B)=-4+x_B,\\ 4+4&=-4+x_B+4, & 8&=x_B;\\[2pt] 2\times(-1)&=2\times\frac{3+y_B}{2}=\frac22(3+y_B)=3+y_B,\\ -2-3&=3+y_B-3, & -5&=y_B. \end{aligned}\]
Donc \(B(8;-5)\). On n’a divisé ni par \(x_B\) ni par \(y_B\) : ces coordonnées auraient parfaitement pu être nulles. Contrôle : \(\dfrac{-4+8}{2}=\dfrac42=2\) et \(\dfrac{3+(-5)}{2}=\dfrac{-2}{2}=-1\). On retrouve \(I\).

Méthode — Milieu direct ou symétrique ?

Je connais les deux extrémités : calculer la moyenne des abscisses et celle des ordonnées, séparément. Je connais le milieu et une extrémité : écrire les deux équations du milieu, puis les résoudre. On retrouve \(x_B=2x_I-x_A\) et \(y_B=2y_I-y_A\). Le point \(B\) est alors le symétrique de \(A\) par rapport à \(I\). Cette symétrie centrale impose que \(I\) soit le milieu ; elle n’échange pas arbitrairement les coordonnées. Contrôle : refaire les moyennes avec le point obtenu. Cette vérification est particulièrement utile lorsque certaines coordonnées sont négatives.

À toi — Milieu direct, puis problème inverse

Essai guidé. \(P(-4;1)\), \(Q(2;5)\). Calculer \(\frac{-4+2}{2}\) et \(\frac{1+5}{2}\), puis nommer le milieu. À tenter. \(J(1;2)\) est le milieu de \([RS]\), avec \(R(-3;0)\). Déterminer \(S\). Indice avant correction. Le point à trouver est à la même distance du milieu, dans le sens opposé. Correction expliquée. Le milieu de \([PQ]\) est \(K(-1;3)\), car \(\frac{-2}{2}=-1\) et \(\frac62=3\). Pour \(S\), \(1=\frac{-3+x_S}{2}\) donne \(2=-3+x_S\), puis \(2+3=-3+x_S+3\), soit \(x_S=5\). De même \(2=\frac{0+y_S}{2}\) donne \(4=y_S\). Donc \(S(5;4)\) ; contrôle : \(\frac{-3+5}{2}=1\) et \(\frac{0+4}{2}=2\). À justifier. Pourquoi la moyenne \(\frac{x_A+y_A}{2}\) ne donne-t-elle pas l’abscisse du milieu ? Réponse possible : elle mélange deux axes d’un seul point ; il faut partager le déplacement entre les deux extrémités sur un même axe. Critères pour te vérifier : Je reconnais données et inconnue ; je ne mélange pas les deux axes ; je contrôle le milieu obtenu.

Propriété — Deux critères pour un parallélogramme

Pour un quadrilatère non aplati dont les sommets sont pris dans l’ordre \(A,B,C,D\), les affirmations suivantes sont équivalentes :

  • \(ABCD\) est un parallélogramme ;

  • \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{DC}\) ;

  • les diagonales \([AC]\) et \([BD]\) ont le même milieu.

Les caractérisations géométriques sont celles du collège. Voici aussi le lien calculatoire entre les deux derniers critères. Démonstration. \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{DC}\) équivaut à \(x_B-x_A=x_C-x_D\) et \(y_B-y_A=y_C-y_D\). En ajoutant \(x_A+x_D\) puis \(y_A+y_D\) aux deux membres concernés, on obtient \(x_B+x_D=x_A+x_C\) et \(y_B+y_D=y_A+y_C\). Diviser chacune par \(2\) montre précisément que les milieux des diagonales sont identiques. Les opérations sont réversibles. Le critère géométrique des diagonales de même milieu achève le lien avec le parallélogramme. La condition non aplati reste nécessaire si l’on veut un véritable quadrilatère. \(\square\)

Exemple — Trouver le quatrième sommet dans le bon ordre

\(A(0;0)\), \(B(4;0)\) et \(C(4;3)\) sont trois sommets successifs d’un rectangle. Cherchons \(D\) pour que \(ABCD\) soit un parallélogramme. Il faut \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{DC}\), donc \(\begin{pmatrix}4\\0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4-x_D\\3-y_D\end{pmatrix}\). Pour la première coordonnée, on soustrait \(4\) aux deux membres :

\[4=4-x_D\quad\Longrightarrow\quad4-4=4-x_D-4\quad\Longrightarrow\quad0=-x_D.\]
En multipliant les deux membres par \(-1\), on obtient \(x_D=0\). Pour la seconde coordonnée, on ajoute \(y_D\) aux deux membres :
\[0=3-y_D\quad\Longrightarrow\quad0+y_D=3-y_D+y_D\quad\Longrightarrow\quad y_D=3.\]
Ainsi \(D(0;3)\). Autre méthode : les milieux doivent coïncider. Le milieu de \([AC]\) est \(I(2;\frac32)\). Le symétrique de \(B(4;0)\) par rapport à \(I\) vaut \((2\times2-4;2\times\frac32-0)=(0;3)\). Contrôle : le milieu de \([BD]\) vaut aussi \((\frac{4+0}{2};\frac{0+3}{2})=(2;\frac32)\). Ici les côtés successifs sont horizontal et vertical, donc non parallèles : le quadrilatère n’est pas aplati.

Piège — L’ordre des lettres change la relation

Dans l’exemple précédent, \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}0\\-3\end{pmatrix}\) ? Non : \(C(4;3)\) et \(D(0;3)\) donnent \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}-4\\0\end{pmatrix}\). Il est l’opposé de \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}4\\0\end{pmatrix}\), pas son égal. Pour \(ABCD\), les bons sens à comparer sont \(A\to B\) et \(D\to C\). L’égalité \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{CD}\) correspondrait à l’ordre \(A,B,D,C\) lorsque les points forment un parallélogramme non aplati. Toujours dessiner l’ordre demandé avant d’écrire l’égalité.

Reprise — Si tu divises une seule coordonnée par deux

Erreur : écrire \((x_A+x_B;\frac{y_A+y_B}{2})\). Le milieu doit partager les deux déplacements, pas uniquement le déplacement vertical. Rappel et exemple simple : entre \((0;0)\) et \((2;2)\), le milieu est \((1;1)\), car chacune des coordonnées est partagée en deux. Nouvel essai : trouver le milieu entre \((2;0)\) et \((6;4)\). Correction : \((\frac{2+6}{2};\frac{0+4}{2})=(4;2)\). Les deux vecteurs successifs valent \((2;2)\). Retour au premier essai \(P(-4;1),Q(2;5)\) : les deux moyennes donnent bien \((-1;3)\), pas \((-2;3)\).

À toi — À reprendre plus tard : deux diagonales

Un quadrilatère non aplati a pour sommets successifs \(A(-2;1)\), \(B(3;2)\), \(C(4;5)\), \(D(-1;4)\). Prouver que c’est un parallélogramme de deux façons. Indice avant correction. Comparer d’abord deux vecteurs convenablement orientés, puis les milieux de ses diagonales. Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3-(-2)\\2-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\1\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{DC}=\begin{pmatrix}4-(-1)\\5-4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}5\\1\end{pmatrix}\) : premier critère satisfait. Le milieu de \([AC]\) est \((\frac{-2+4}{2};\frac{1+5}{2})=(1;3)\) ; celui de \([BD]\) est \((\frac{3+(-1)}2;\frac{2+4}2)=(1;3)\) : second critère satisfait. L’hypothèse non aplati est donnée ; les deux voies prouvent le même résultat, une seule suffit si l’énoncé n’en demande pas deux. Critères pour te vérifier : Je distingue côtés et diagonales, je garde l’ordre des sommets et je conclus avec le critère utilisé.

6 Reconnaître et démontrer la colinéarité

Deux déplacements peuvent avoir des longueurs différentes tout en suivant la même direction. Comment le vérifier à partir de leurs coordonnées, sans se fier à une figure ? Cette unité propose deux outils : rechercher un même coefficient pour les deux coordonnées, ou calculer un déterminant.

Rappel — Les outils locaux

On travaille dans une base orthonormée \((\vec i,\vec j)\). Écrire \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) signifie \(\vec u=x\vec i+y\vec j\). Deux vecteurs sont égaux exactement lorsque leurs deux coordonnées sont égales. Le vecteur nul est \(\vec 0=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}\). Pour un réel \(k\), la règle de multiplication déjà établie est

\[k\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}kx\\ky\end{pmatrix}.\]
Il faut donc multiplier les deux coordonnées par le même nombre. Pour un vecteur non nul, un coefficient positif conserve son sens ; un coefficient négatif le renverse. Le coefficient zéro donne le vecteur nul, auquel on n’attribue pas de direction.

À toi — Point de départ : multiplier deux coordonnées

Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}2\\-3\end{pmatrix}\), calcule les coordonnées de \(-2\vec u\). Essaie avant de lire la correction. Correction expliquée. Le nombre \(-2\) multiplie chaque coordonnée :

\[-2\vec u=\begin{pmatrix}(-2)\times2\\(-2)\times(-3)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-4\\6\end{pmatrix}.\]
Le premier produit est négatif ; le second est positif car ses deux facteurs sont négatifs. Si tu as obtenu \(\begin{pmatrix}-4\\-3\end{pmatrix}\), reprends la règle du rappel : les deux coordonnées changent. Si tu as obtenu \(\begin{pmatrix}-4\\-6\end{pmatrix}\), relis le produit de deux nombres négatifs ci-dessus. Ces deux gestes seront indispensables pour tester un coefficient.

Définition — Deux vecteurs colinéaires

Deux vecteurs sont colinéaires lorsque l’un est un multiple de l’autre : il existe un réel \(k\) tel que \(\vec v=k\vec u\) ou \(\vec u=k\vec v\). Pour deux vecteurs non nuls, cela signifie qu’ils ont la même direction, sans être obligés d’avoir le même sens ni la même longueur.

Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur : pour n’importe quel \(\vec v\), on a \(\vec 0=0\vec v\). Cette convention algébrique ne lui attribue pas une direction.

Intuition — Un déplacement étiré ou retourné

Imagine un déplacement qui avance de deux unités horizontalement et d’une unité verticalement. Le multiplier par \(3\) revient à effectuer trois fois ce déplacement : les deux composantes sont multipliées par \(3\). Le multiplier par \(-2\) revient à doubler sa longueur et à prendre le sens opposé. Le déplacement reste porté par la même direction.

Cette image explique le coefficient commun. Elle ne signifie pas que les flèches doivent partir du même point : on peut déplacer un représentant sans changer le vecteur. Une image seule ne décide pas non plus une colinéarité exacte ; les calculs vont la justifier.

Lire la figure.

Les trois flèches ont la même origine. Le vecteur \(\vec u=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}\) et le vecteur \(\vec v=\begin{pmatrix}-4\\-2\end{pmatrix}\) sont colinéaires : \(\vec v=-2\vec u\). Ils ont des sens opposés. Le vecteur \(\vec w=\begin{pmatrix}4\\3\end{pmatrix}\) n’est pas colinéaire à \(\vec u\) : doubler la première coordonnée de \(\vec u\) imposerait une seconde coordonnée égale à \(2\), et non à \(3\).

Propriété — Choisir le vecteur de référence

Si \(\vec u\ne\vec0\), les vecteurs \(\vec u\) et \(\vec v\) sont colinéaires si et seulement s’il existe un réel \(k\) tel que \(\vec v=k\vec u\). Ce coefficient est alors unique. Le vecteur \(\vec v\) peut être nul : dans ce cas, \(k=0\). Démonstration. L’égalité \(\vec v=k\vec u\) entraîne la colinéarité par définition. Réciproquement, si la définition donne déjà cette égalité, il n’y a rien à changer. Si elle donne \(\vec u=t\vec v\), alors \(t\ne0\) : sinon \(\vec u\) serait nul. On multiplie les deux membres par \(1/t\) et l’on obtient \(\vec v=(1/t)\vec u\).

Pour l’unicité, écrivons \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\). Au moins une de ses coordonnées est non nulle. Si \(k\vec u=\ell\vec u\) et \(x\ne0\), alors \(kx=\ell x\) ; la division des deux membres par \(x\) donne \(k=\ell\). Si \(x=0\), alors \(y\ne0\) et le même raisonnement s’effectue avec \(ky=\ell y\). Deux coefficients différents ne peuvent donc pas convenir. \(\square\)

Méthode — Tester un coefficient commun

Quand ? Cette méthode est rapide lorsqu’un rapport simple se voit entre des coordonnées. Elle explique aussi le sens et le facteur d’agrandissement.

  1. Vérifie d’abord si l’un des vecteurs est nul. S’il l’est, la colinéarité est acquise.

  2. Sinon, choisis un vecteur de référence non nul, par exemple \(\vec u\). Écris \(\vec v=k\vec u\) sous la forme de deux égalités de coordonnées.

  3. Utilise une coordonnée non nulle de \(\vec u\) pour trouver le seul coefficient possible.

  4. Teste ce coefficient dans l’autre égalité. Si elle échoue, aucun coefficient commun ne convient ; les vecteurs ne sont pas colinéaires.

Contrôle. Reconstitue les deux coordonnées de \(k\vec u\) et compare-les à celles de \(\vec v\). Un coefficient différent sur chaque ligne ne convient pas. Ne forme jamais un quotient avant d’avoir vérifié que son dénominateur n’est pas nul.

Définition — Le déterminant de deux vecteurs

Dans la base orthonormée choisie, pour \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix}\), on définit le déterminant de \(\vec u\) et \(\vec v\) par le nombre

\[\boxed{\det(\vec u,\vec v)=xy'-yx'.}\]
On multiplie la première coordonnée du premier vecteur par la seconde du deuxième, puis on soustrait le produit de la seconde coordonnée du premier par la première du deuxième. Les lettres \(x'\) et \(y'\) désignent simplement les coordonnées du second vecteur. Le résultat est un nombre, pas un vecteur.

Par exemple, pour \(\vec a=\begin{pmatrix}1\\3\end{pmatrix}\) et \(\vec b=\begin{pmatrix}2\\4\end{pmatrix}\), \(\det(\vec a,\vec b)=1\times4-3\times2=4-6=-2\).

Théorème — Le critère du déterminant

Deux vecteurs du plan sont colinéaires si et seulement si leur déterminant est nul :

\[\boxed{\vec u\text{ et }\vec v\text{ colinéaires} \quad\Longleftrightarrow\quad xy'-yx'=0.}\]
Pour deux vecteurs non nuls, cela équivaut à la proportionnalité de leurs coordonnées, c’est-à-dire à l’existence d’un même coefficient entre les deux couples. Démonstration. Le cas du vecteur nul. Si \(\vec u=\vec0\), alors \(x=y=0\) et \(xy'-yx'=0\times y'-0\times x'=0\). De plus, \(\vec u=0\vec v\) : les vecteurs sont colinéaires. Si \(\vec v=\vec0\), le déterminant est aussi nul et \(\vec v=0\vec u\).

De la colinéarité au déterminant nul. Lorsque \(\vec u\ne\vec0\), la propriété précédente donne \(\vec v=k\vec u\), donc \(x'=kx\) et \(y'=ky\). En remplaçant :

\[xy'-yx'=x(ky)-y(kx)=kxy-kyx=kxy-kxy=0.\]
L’avant-dernière égalité utilise \(yx=xy\) : le produit de réels ne dépend pas de l’ordre des facteurs.

Du déterminant nul à la colinéarité. Supposons maintenant \(xy'-yx'=0\). Le cas \(\vec u=\vec0\) est déjà traité. Sinon, au moins une des coordonnées \(x,y\) est non nulle.

  • Si \(x\ne0\), on ajoute \(yx'\) aux deux membres :

    \[xy'-yx'+yx'=0+yx',\qquad xy'=yx'.\]
    On divise ensuite par le réel non nul \(x\) :
    \[\frac{xy'}x=\frac{yx'}x,\qquad \left(\frac xx\right)y'=\frac{x'}x\,y,\qquad y'=\frac{x'}x\,y.\]
    Posons \(k=x'/x\). Alors \(kx=(x'/x)x=x'\) et \(ky=y'\). Les deux coordonnées de \(k\vec u\) sont celles de \(\vec v\) : \(\vec v=k\vec u\).

  • Si \(x=0\), le vecteur \(\vec u\) non nul impose \(y\ne0\). L’égalité \(xy'-yx'=0\) devient \(-yx'=0\). On divise par le coefficient non nul \(-y\) :

    \[\frac{(-y)x'}{-y}=\frac0{-y},\qquad \left(\frac{-y}{-y}\right)x'=0,\qquad x'=0.\]
    Posons \(k=y'/y\), ce qui est possible car \(y\ne0\). On a \(kx=k\times0=0=x'\) et \(ky=(y'/y)y=y'\). De nouveau, \(\vec v=k\vec u\).

Les deux cas couvrent tous les vecteurs \(\vec u\) non nuls, y compris ceux dont une coordonnée est nulle. Dans chaque cas, on a construit un coefficient commun : la réciproque est démontrée. \(\square\) Portée. La preuve utilise uniquement les coordonnées dans une base et les opérations sur les réels : le test de colinéarité par \(xy'-yx'=0\) reste donc valable dans une base quelconque. L’orthonormalité est nécessaire pour les formules usuelles de longueur, pas pour ce test.

Propriété — Changer l’ordre des vecteurs

Pour deux vecteurs quelconques,

\[\det(\vec v,\vec u)=-\det(\vec u,\vec v).\]
Démonstration. En échangeant les rôles des coordonnées, \(\det(\vec v,\vec u)=x'y-y'x=yx'-xy'=-(xy'-yx')\). \(\square\) Ainsi, l’ordre peut changer le signe du déterminant, mais pas le fait qu’il soit nul. C’est un contrôle utile : si un calcul donne \(-2\) dans un ordre, il doit donner \(2\) dans l’autre. Cela ne signifie pas que tous les déterminants doivent être positifs.

Méthode — Tester la nullité du déterminant

Quand ? Dès que l’on connaît les coordonnées des deux vecteurs. Cette méthode est particulièrement sûre lorsque des coordonnées sont nulles ou que le coefficient commun n’est pas évident.

Premier geste : écris les deux couples dans le même ordre, puis la formule \(xy'-yx'\). Remplace les quatre lettres par leurs valeurs en parenthésant les nombres négatifs. Calcule les deux produits avant leur différence. Un déterminant nul prouve la colinéarité ; un déterminant non nul prouve son absence.

Contrôle : si le déterminant est nul et qu’un vecteur est non nul, cherche un coefficient commun et vérifie ses deux coordonnées. Cette seconde méthode contrôle le calcul ; il n’est pas nécessaire de fournir deux méthodes dans un devoir, sauf si la consigne le demande.

Exemple — Deux méthodes sur des coordonnées fractionnaires

Les vecteurs \(\vec u=\begin{pmatrix}\frac34\\-\frac25\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}-\frac{15}8\\1\end{pmatrix}\) sont-ils colinéaires ?

Par le déterminant. Les coordonnées sont placées dans l’ordre \(x=3/4\), \(y=-2/5\), \(x'=-15/8\) et \(y'=1\). On calcule les deux produits avant de les soustraire :

\[\frac34\times1=\frac34, \qquad \left(-\frac25\right)\left(-\frac{15}8\right) =\frac{(-2)\times(-15)}{5\times8}=\frac{30}{40}.\]
Le second produit est positif : deux facteurs négatifs donnent un produit positif. La soustraction du déterminant reste une soustraction. Pour comparer les deux fractions, on écrit
\[\frac34=\frac{3\times10}{4\times10}=\frac{30}{40}.\]
Ainsi,
\[\det(\vec u,\vec v)=\frac34-\frac{30}{40} =\frac{30}{40}-\frac{30}{40} =\frac{30-30}{40}=0.\]
Les vecteurs sont colinéaires.

Par un coefficient, pour contrôler. La seconde coordonnée de \(\vec v=k\vec u\) doit vérifier \((-2/5)k=1\). Le coefficient \(-2/5\) n’est pas nul. Son inverse est \(-5/2\), car

\[\left(-\frac52\right)\left(-\frac25\right) =\frac{(-5)\times(-2)}{2\times5}=\frac{10}{10}=1.\]
On multiplie les deux membres par cet inverse :
\[\left[\left(-\frac52\right)\left(-\frac25\right)\right]k =\left(-\frac52\right)\times1, \qquad 1k=-\frac52, \qquad k=-\frac52.\]
On vérifie la première coordonnée, et l’on récapitule les deux produits :
\[\left(-\frac52\right)\frac34=\frac{(-5)\times3}{2\times4}=-\frac{15}8, \qquad \left(-\frac52\right)\left(-\frac25\right)=1.\]
Donc \(\vec v=-\frac52\vec u\). Les deux méthodes concordent. Le coefficient négatif indique que les deux vecteurs non nuls ont des sens opposés.

À toi — Essai guidé : contrôler les deux lignes

On donne \(\vec u=\begin{pmatrix}-3\\5\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}6\\-10\end{pmatrix}\).

  1. Écris les deux égalités nécessaires pour avoir \(\vec v=k\vec u\).

  2. Trouve \(k\) avec la première coordonnée, puis teste la seconde.

  3. Contrôle ta conclusion par un déterminant.

Indice avant correction. Une seule valeur de \(k\) doit satisfaire \(-3k=6\) et \(5k=-10\). Correction expliquée. Le vecteur \(\vec u\) n’est pas nul. Pour résoudre \(-3k=6\), on divise les deux membres par \(-3\ne0\) :

\[\frac{(-3)k}{-3}=\frac6{-3},\qquad \left(\frac{-3}{-3}\right)k=-2,\qquad k=-2.\]
La seconde coordonnée convient : \(5\times(-2)=-10\). Donc \(\vec v=-2\vec u\) ; les vecteurs sont colinéaires. Le déterminant confirme cette conclusion :
\[(-3)\times(-10)-5\times6=30-30=0.\]
Critères pour te vérifier : je trouve un coefficient, je le teste sur les deux coordonnées et je conclus avec le mot « colinéaires ».

À toi — À tenter avant consultation : une coordonnée nulle

Étudie la colinéarité de \(\vec a=\begin{pmatrix}0\\4\end{pmatrix}\) et \(\vec b=\begin{pmatrix}0\\-6\end{pmatrix}\). Si elle est vérifiée, donne le coefficient \(k\) tel que \(\vec b=k\vec a\). Indice avant correction. Le premier quotient \(0/0\) n’existe pas. Utilise la seconde coordonnée, qui est non nulle dans \(\vec a\). Correction expliquée. Le déterminant vaut \(0\times(-6)-4\times0=0-0=0\) : les vecteurs sont colinéaires. Le coefficient est déterminé par \(4k=-6\). Puisque \(4\ne0\),

\[\frac{4k}4=\frac{-6}4,\qquad \left(\frac44\right)k=-\frac32,\qquad k=-\frac32.\]
Contrôle : \((-3/2)\times0=0\) et \((-3/2)\times4=(-3\times4)/2=-12/2=-6\). La première coordonnée égale à zéro n’empêche donc pas la colinéarité.

À toi — Justifier : un seul rapport ne suffit pas

Pour \(\vec p=\begin{pmatrix}2\\3\end{pmatrix}\) et \(\vec q=\begin{pmatrix}4\\7\end{pmatrix}\), Léa affirme : « La première coordonnée a été multipliée par \(2\), donc les vecteurs sont colinéaires. » Localise l’étape manquante et réfute sa conclusion. Correction expliquée. La première coordonnée impose \(2k=4\), donc \(k=2\) après division par \(2\ne0\). Mais ce coefficient donnerait \(2\times3=6\) pour la seconde coordonnée, alors que celle de \(\vec q\) est \(7\). Aucun coefficient commun ne convient : les vecteurs ne sont pas colinéaires. Le déterminant vaut aussi \(2\times7-3\times4=14-12=2\ne0\). Critères pour te vérifier : ma réponse mentionne le même coefficient sur les deux lignes ; elle compare \(6\) et \(7\) et ne se contente pas de dire que Léa a tort.

À toi — Variation : que change le vecteur nul ?

On donne \(\vec u=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}\). Sont-ils colinéaires ? Peut-on pourtant écrire \(\vec v=k\vec u\) ? Explique pourquoi les deux réponses ne se contredisent pas. Correction expliquée. Ils sont colinéaires puisque \(\vec u=0\vec v\). Le déterminant confirme : \(0\times(-2)-0\times3=0\). En revanche, pour tout réel \(k\), \(k\vec u=\begin{pmatrix}k\times0\\k\times0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}\), qui n’est pas \(\vec v\). Il est donc impossible d’écrire \(\vec v=k\vec u\). La caractérisation orientée par cette écriture supposait \(\vec u\ne\vec0\). La définition générale, elle, permet que l’un ou l’autre soit un multiple de son partenaire.

Reprise — Réparer une erreur de signe dans le déterminant

Erreur à examiner. Avec \(\vec u=\begin{pmatrix}2\\-3\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}-4\\6\end{pmatrix}\), un élève calcule correctement les deux produits \(12\) et \(12\), puis écrit à tort \(12+12=24\) pour leur déterminant.

Première erreur. Il a remplacé la soustraction entre les produits par une addition. Le produit \((-3)\times(-4)=12\) est positif, mais il est ensuite soustrait : le calcul attendu est \(12-12\), pas \(12+12\).

Exemple plus simple. Pour \(\vec a=\begin{pmatrix}1\\-1\end{pmatrix}\) et \(\vec b=\begin{pmatrix}-2\\2\end{pmatrix}\),

\[\det(\vec a,\vec b)=1\times2-(-1)\times(-2)=2-2=0.\]
Nouvel essai. Étudie \(\vec c=\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}\) et \(\vec d=\begin{pmatrix}-6\\4\end{pmatrix}\) en conservant une ligne séparée pour chaque produit. Correction expliquée. Le premier produit est \(3\times4=12\). Le second est \((-2)\times(-6)=12\). On les soustrait : \(\det(\vec c,\vec d)=12-12=0\). Les vecteurs sont colinéaires ; le contrôle \(\vec d=-2\vec c\) donne bien \((-2)\times3=-6\) et \((-2)\times(-2)=4\).

Retour au calcul initial. \(2\times6-(-3)\times(-4)=12-12=0\) ; les vecteurs initiaux sont eux aussi colinéaires. La multiplication des deux signes négatifs et la soustraction extérieure sont deux gestes distincts.

À toi — À reprendre plus tard, avant de relire

À une prochaine séance, étudie \(\vec u=\begin{pmatrix}-\frac23\\\frac12\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}4\\-3\end{pmatrix}\). Rédige un calcul exact, une conclusion et un contrôle par coefficient. Indice avant correction. Commence par les deux produits du déterminant. Pour le contrôle, la seconde coordonnée est commode. Correction expliquée.

\[\det(\vec u,\vec v) =\left(-\frac23\right)(-3)-\frac12\times4 =\frac{(-2)\times(-3)}3-\frac{1\times4}2 =\frac63-\frac42=2-2=0.\]
Les vecteurs sont colinéaires. Pour le coefficient, \((1/2)k=-3\) ; on multiplie les deux membres par \(2\) : \([2\times(1/2)]k=2\times(-3)\), donc \(k=-6\). On vérifie réellement les deux coordonnées :
\[(-6)\left(-\frac23\right)=\frac{(-6)\times(-2)}3=\frac{12}3=4, \qquad (-6)\frac12=\frac{-6}2=-3.\]
Critères pour te vérifier : je garde les fractions exactes, je soustrais les deux produits et je vérifie un même coefficient sur les deux coordonnées.

À retenir — Ce que dit vraiment un déterminant nul

Un déterminant nul signifie colinéarité, pas égalité des vecteurs. Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur. Si un vecteur de référence est non nul, un coefficient commun existe exactement en cas de colinéarité. Le déterminant évite toute division ; la recherche d’un coefficient permet un contrôle et renseigne sur le sens. Un déterminant non nul signifie seulement « non colinéaires » : il ne prouve pas une perpendicularité.

7 Démontrer un alignement ou un parallélisme

Un dessin peut suggérer que trois points sont alignés ou que deux droites sont parallèles. Les coordonnées permettent de le démontrer, à condition de choisir les bons vecteurs et de ne pas oublier les conditions qui rendent les droites définies. Les deux parcours de cette unité traitent ces deux objectifs séparément.

Rappel — Les outils nécessaires dans cette unité

Dans un repère orthonormé, si \(A(x_A;y_A)\) et \(B(x_B;y_B)\),

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix}.\]
On soustrait donc départ à arrivée, dans cet ordre pour les deux coordonnées. Par exemple, \(3-(-2)=3+2=5\) : soustraire un nombre négatif revient à ajouter son opposé.

Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix}\),

\[\det(\vec u,\vec v)=xy'-yx'.\]
Le critère déjà démontré est : deux vecteurs sont colinéaires exactement lorsque ce nombre est nul. Pour des vecteurs non nuls, la colinéarité signifie qu’ils ont la même direction, même si leurs sens sont opposés. Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur.

Une droite \((AB)\) est définie par deux points distincts : si \(A=B\), l’écriture \((AB)\) ne désigne pas une droite déterminée. Aucune équation de droite n’est nécessaire ici.

Premier objectif : l’alignement de trois points

À toi — Point de départ : choisir un départ commun

On donne \(A(-2;1)\) et \(B(1;3)\). Calcule \(\overrightarrow{AB}\). Que représentent les deux nombres obtenus ? Correction expliquée.

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1-(-2)\\3-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1+2\\2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix}.\]
Le déplacement de \(A\) vers \(B\) compte trois unités selon le premier axe et deux selon le second. Si tu as obtenu \(\begin{pmatrix}-3\\-2\end{pmatrix}\), tu as calculé \(\overrightarrow{BA}\) : reprends l’ordre arrivée moins départ. Si le passage \(1-(-2)=1+2\) t’arrête, reprends la règle des signes du rappel local.

Définition — Des points alignés

Des points sont alignés lorsqu’il existe une droite qui les contient tous. Pour trois points \(A,B,C\) avec \(A\ne B\), cette définition revient à dire que \(C\) appartient à \((AB)\). La position de \(C\) peut être entre \(A\) et \(B\), au-delà de l’un d’eux, ou même confondue avec l’un d’eux. « Alignés » ne veut donc pas dire « dans cet ordre ».

Théorème — Caractériser l’alignement par deux vecteurs

Si \(A\ne B\), les affirmations suivantes sont équivalentes :

\[\begin{aligned} &A,B,C\text{ sont alignés} ;\\ &\overrightarrow{AB}\text{ et }\overrightarrow{AC}\text{ sont colinéaires} ;\\ &\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=0. \end{aligned}\]
Démonstration. Si \(C=A\), alors \(\overrightarrow{AC}=\vec0\) est colinéaire à \(\overrightarrow{AB}\), et \(C\) appartient bien à \((AB)\). Supposons donc \(C\ne A\). Si les trois points sont alignés, les deux vecteurs non nuls \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) sont portés par la même droite ; ils ont la même direction et sont colinéaires. Réciproquement, s’ils sont colinéaires, les deux droites \((AB)\) et \((AC)\) ont la même direction. Comme elles passent toutes deux par \(A\), elles sont la même droite. Ainsi \(C\) appartient à \((AB)\). Enfin, l’équivalence avec l’annulation du déterminant est exactement le critère rappelé en début d’unité. \(\square\)

Méthode — Décider si trois points sont alignés

Je reconnais l’objectif : trois points sont donnés et l’on demande s’ils appartiennent à une même droite.

  1. Vérifie quels points sont distincts. Choisis deux points distincts pour définir la droite, par exemple \(A\) et \(B\).

  2. Calcule deux vecteurs qui relient les trois points, de préférence \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) : le départ commun \(A\) réduit les risques de confusion.

  3. Calcule leur déterminant. S’il est nul, les points sont alignés ; sinon ils ne le sont pas.

  4. Termine par une phrase sur les points, pas seulement sur les vecteurs.

Autre voie utile. Si un coefficient commun entre \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) est évident, vérifie-le sur les deux coordonnées. Il prouve lui aussi l’alignement. Le dessin sert à anticiper ou à repérer une erreur manifeste, pas à remplacer le calcul exact.

Exemple — Un alignement et son contrôle

On donne \(A(-2;1)\), \(B(1;3)\) et \(C(4;5)\). Les points \(A\) et \(B\) sont distincts. On choisit les vecteurs de même origine \(A\) :

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1-(-2)\\3-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix}, \qquad \overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}4-(-2)\\5-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}6\\4\end{pmatrix}.\]
Le déterminant vaut
\[\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=3\times4-2\times6=12-12=0.\]
Les vecteurs sont colinéaires ; les points \(A,B,C\) sont donc alignés.

Contrôle par coefficient. On trouve \(2\times3=6\) et \(2\times2=4\) : \(\overrightarrow{AC}=2\overrightarrow{AB}\). Les deux coordonnées confirment le même facteur \(2\). Le point \(C\) est situé dans le même sens que \(B\) depuis \(A\), deux fois plus loin.

Lire la figure.

À gauche, les points \(A(-2;1)\), \(B(1;3)\) et \(C(4;5)\) sont alignés : \(\overrightarrow{AC}=2\overrightarrow{AB}\). À droite, la configuration est différente : \(A(-2;0)\), \(B(1;2)\), \(C(-1;3)\) et \(D(2;5)\) définissent deux droites de même direction. Les deux vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{CD}\) ont pour coordonnées \(\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix}\), mais les droites sont distinctes. Le second parcours justifiera cette dernière précision.

À toi — Essai guidé : les deux produits sont négatifs

Étudie les points \(A(2;1)\), \(B(-1;5)\) et \(C(-4;9)\). Commence par \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\), puis écris séparément les deux produits du déterminant. Indice avant correction. Une soustraction de deux nombres négatifs demande de garder les parenthèses. Correction expliquée. Les points \(A\) et \(B\) sont distincts.

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}-1-2\\5-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-3\\4\end{pmatrix},\qquad \overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}-4-2\\9-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-6\\8\end{pmatrix}.\]
Le premier produit est \((-3)\times8=-24\) ; le second est \(4\times(-6)=-24\). On soustrait le second au premier :
\[\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=-24-(-24)=-24+24=0.\]
Les points sont alignés. Le contrôle donne \(2\times(-3)=-6\) et \(2\times4=8\), donc \(\overrightarrow{AC}=2\overrightarrow{AB}\). Critères pour te vérifier : j’utilise les trois points, je calcule les deux vecteurs dans un ordre constant et je distingue les produits de leur différence.

À toi — À tenter avant consultation

Les points \(A(-3;2)\), \(B(-3;-1)\) et \(C(-3;5)\) sont-ils alignés ? Donne une justification par les vecteurs. Indice avant correction. Une première coordonnée nulle n’interdit pas le déterminant. Correction expliquée. \(A\ne B\) et

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}-3-(-3)\\-1-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\-3\end{pmatrix},\qquad \overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}-3-(-3)\\5-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\3\end{pmatrix}.\]
Ainsi, \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=0\times3-(-3)\times0=0-0=0\). Les trois points sont alignés. Le contrôle \(\overrightarrow{AC}=-\overrightarrow{AB}\) donne bien \(-0=0\) et \(-(-3)=3\). La figure correspondrait à une droite verticale ; aucune division par la première coordonnée n’était nécessaire.

À toi — Justifier : les vecteurs choisis doivent concerner les trois points

On donne \(A(1;1)\), \(B(2;2)\) et \(C(1;3)\), dans un repère d’origine \(O\). Un élève observe que \(\overrightarrow{OA}\) et \(\overrightarrow{OB}\) sont colinéaires, puis affirme que \(A,B,C\) sont alignés. Pourquoi son argument ne suffit-il pas ? Vérifie ce qui se passe réellement. Correction expliquée. \(\overrightarrow{OB}=2\overrightarrow{OA}\) est vrai : cela concerne \(O,A,B\), mais ne contient aucune information sur \(C\). Pour étudier \(A,B,C\), on calcule

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}2-1\\2-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\1\end{pmatrix}, \qquad \overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}1-1\\3-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\2\end{pmatrix}.\]
Le déterminant vaut \(1\times2-1\times0=2\ne0\). Les points \(A,B,C\) ne sont donc pas alignés. Critères pour te vérifier : je nomme les points effectivement concernés par le premier argument, puis je choisis deux vecteurs qui relient les trois points demandés.

À toi — Variation : presque sur une droite n’est pas sur une droite

On donne \(A(0;0)\), \(B(2;1)\) et \(C(4;2{,}01)\). Un tracé peu précis semble aligner les points. Le calcul exact confirme-t-il cette impression ? Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}4\\2{,}01\end{pmatrix}\).

\[\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=2\times2{,}01-1\times4=4{,}02-4=0{,}02\ne0.\]
Ces décimaux sont les données exactes de l’énoncé. Le déterminant n’est pas nul : les points ne sont pas alignés. Arrondir \(2{,}01\) à \(2\) aurait changé la donnée et donc le problème. Un petit résultat non nul reste non nul ; le dessin n’a pas la précision d’une preuve.

Remarque — Points confondus

Si \(C=A\) ou \(C=B\) et \(A\ne B\), les trois points appartiennent à \((AB)\) ; le critère fonctionne encore. Si \(A=B\), on ne peut pas écrire « la droite \((AB)\) ». S’il reste deux points distincts, on les choisit pour définir la droite ; si tous les points sont confondus, n’importe quelle droite passant par ce point les contient.

Corollaire — Un autre choix possible de vecteurs

Si \(A\ne B\), on peut aussi tester la colinéarité de \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{BC}\) pour décider si \(A,B,C\) sont alignés. Démonstration. Le théorème précédent caractérise l’alignement par \(\overrightarrow{AC}=k\overrightarrow{AB}\). La relation de Chasles donne \(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}\). En soustrayant \(\overrightarrow{AB}\) aux deux membres, puis en remplaçant \(\overrightarrow{AC}\),

\[\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB} =k\overrightarrow{AB}-1\overrightarrow{AB}=(k-1)\overrightarrow{AB}.\]
Les vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{BC}\) sont donc colinéaires. Réciproquement, si \(\overrightarrow{BC}=t\overrightarrow{AB}\), alors
\[\overrightarrow{AC}=\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC} =1\overrightarrow{AB}+t\overrightarrow{AB}=(1+t)\overrightarrow{AB}.\]
Le théorème d’alignement s’applique de nouveau. \(\square\) Garder une origine commune reste souvent plus simple pour débuter.

Reprise — Réparer un vecteur dont une coordonnée est prise à l’envers

Erreur à examiner. Pour \(A(-1;2)\) et \(C(5;-4)\), une copie écrit à tort \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}5-(-1)\\2-(-4)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}6\\6\end{pmatrix}\). La première coordonnée suit arrivée moins départ ; la seconde a inversé les rôles.

Rappel ciblé. Pour \(\overrightarrow{AC}\), on soustrait dans les deux lignes la coordonnée de \(A\) à celle de \(C\) : \((x_C-x_A;y_C-y_A)\).

Exemple plus simple. Avec \(P(1;3)\) et \(Q(4;1)\), \(\overrightarrow{PQ}=\begin{pmatrix}4-1\\1-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}\) : on avance de \(3\) et on descend de \(2\).

Nouvel essai. Étudie l’alignement de \(A(0;1)\), \(B(2;0)\) et \(C(4;-1)\). Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}2-0\\0-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}4-0\\-1-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\-2\end{pmatrix}\). Le déterminant vaut \(2\times(-2)-(-1)\times4=-4-(-4)=-4+4=0\). Les points sont alignés.

Retour à l’erreur initiale. Les bonnes coordonnées sont \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}5-(-1)\\-4-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}6\\-6\end{pmatrix}\). Si l’on ajoute \(B(2;-1)\), alors \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3\\-3\end{pmatrix}\) et \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=3\times(-6)-(-3)\times6=-18-(-18)=0\). L’inversion d’une seule soustraction aurait fait conclure à tort à un non-alignement.

À toi — À reprendre plus tard : alignement avec des fractions

À une séance suivante, avant de relire, étudie \(A(\frac12;-1)\), \(B(\frac32;2)\) et \(C(\frac52;5)\). Présente les coordonnées, le test et une conclusion. Indice avant correction. Les abscisses ont déjà le même dénominateur. Correction expliquée. \(A\ne B\). Pour les différences d’abscisses, \(\frac32-\frac12=\frac{3-1}{2}=\frac22=1\) et \(\frac52-\frac12=\frac{5-1}{2}=\frac42=2\). Pour les ordonnées, \(2-(-1)=3\) et \(5-(-1)=6\). Donc \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1\\3\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}2\\6\end{pmatrix}\). Le déterminant est \(1\times6-3\times2=6-6=0\) : les points sont alignés. Le contrôle \(\overrightarrow{AC}=2\overrightarrow{AB}\) vérifie bien les deux coordonnées : \(2\times1=2\) et \(2\times3=6\). Critères pour te vérifier : je garde les fractions exactes, je choisis deux vecteurs pertinents et ma conclusion porte sur les trois points.

Second objectif : le parallélisme de deux droites

À toi — Point de départ : les droites existent-elles ?

Pour \(A(1;0)\), \(B(1;0)\), \(C(0;1)\) et \(D(2;1)\), peut-on parler du parallélisme des droites \((AB)\) et \((CD)\) ? Correction expliquée. Les coordonnées de \(A\) et \(B\) sont identiques, donc \(A=B\). Les deux points ne définissent pas une droite \((AB)\). On ne peut pas répondre à la question de parallélisme sous cette forme. En revanche, \(C\ne D\) et \((CD)\) est bien définie. Si tu avais commencé par un déterminant, reprends le rappel initial : il faut vérifier les objets géométriques avant de tester leurs directions.

Définition — Parallèles, confondues, strictement parallèles

Dans le plan, deux droites sont parallèles lorsqu’elles sont confondues ou n’ont aucun point commun. On emploie ici « parallèles » au sens large.

  • Deux droites confondues sont une seule et même droite : tous leurs points sont communs.

  • Deux droites strictement parallèles sont parallèles et distinctes : elles n’ont aucun point commun.

Il faut donc un argument supplémentaire pour passer de « parallèles » à « strictement parallèles ». La position des droites compte alors, et pas seulement leur direction.

Théorème — Caractériser le parallélisme par les vecteurs

Si \(A\ne B\) et \(C\ne D\), alors

\[\boxed{(AB)\parallel(CD) \quad\Longleftrightarrow\quad \overrightarrow{AB}\text{ et }\overrightarrow{CD}\text{ sont colinéaires}.}\]
On peut donc remplacer la condition de colinéarité par \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})=0\). Démonstration. Les conditions \(A\ne B\) et \(C\ne D\) assurent que les deux vecteurs sont non nuls et que les deux droites sont définies. Deux droites parallèles ont la même direction ; des vecteurs non nuls portés par ces droites ont donc la même direction et sont colinéaires.

Réciproquement, si les vecteurs sont colinéaires, leurs droites portent la même direction. On utilise la propriété géométrique antérieure : par un point donné, il passe une unique droite parallèle à une droite donnée. La droite passant par \(C\) et portant la direction de \(\overrightarrow{AB}\) est ainsi parallèle à \((AB)\). Comme \(\overrightarrow{CD}\) a cette direction, cette droite est précisément \((CD)\). Le critère du déterminant traduit ensuite cette colinéarité en un calcul de coordonnées. \(\square\)

Corollaire — Distinguer les deux cas de parallélisme

Supposons \(A\ne B\), \(C\ne D\) et \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})=0\). Les deux droites sont alors parallèles.

  • Si \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=0\), elles sont confondues.

  • Si \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})\ne0\), elles sont strictement parallèles.

Démonstration. Le théorème d’alignement montre que le second déterminant est nul exactement lorsque \(C\) appartient à \((AB)\). Si c’est le cas, \((AB)\) et \((CD)\) sont deux droites parallèles passant par \(C\) : par unicité de la parallèle, elles sont la même droite. Sinon, \(C\) est un point de \((CD)\) qui n’appartient pas à \((AB)\) ; les droites sont donc distinctes. Puisqu’elles sont déjà parallèles, elles sont strictement parallèles. \(\square\)

Méthode — Une direction, puis une position si nécessaire

Je reconnais l’objectif : deux droites sont données par des paires de points.

  1. Vérifie que chaque paire contient deux points distincts.

  2. Calcule un vecteur non nul porté par chaque droite, par exemple \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{CD}\).

  3. Teste leur colinéarité : par déterminant, ou par coefficient commun s’il se voit facilement.

  4. Si le problème demande « strictement parallèles » ou « confondues », teste ensuite l’appartenance de \(C\) à \((AB)\) grâce à \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\).

Contrôle. Ne réemploie pas le premier déterminant pour la dernière question : il ne compare que les directions. Le second compare la direction de \((AB)\) avec le déplacement jusqu’à \(C\). Une égalité \(\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{CD}\) suffit à prouver le parallélisme, mais elle n’est pas nécessaire : des vecteurs non nuls de longueurs ou de sens différents peuvent aussi être colinéaires.

Exemple — Prouver que deux droites sont strictement parallèles

On donne \(A(-2;0)\), \(B(1;2)\), \(C(-1;3)\) et \(D(2;5)\). On a \(A\ne B\) et \(C\ne D\) : les deux droites sont définies.

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1-(-2)\\2-0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix}, \qquad \overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}2-(-1)\\5-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix}.\]
Le déterminant vaut \(3\times2-2\times3=6-6=0\). Les droites sont parallèles, mais ce calcul n’écarte pas encore leur confusion.

On examine donc un point de la seconde droite :

\[\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}-1-(-2)\\3-0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\3\end{pmatrix}, \qquad \det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=3\times3-2\times1=9-2=7\ne0.\]
Ainsi, \(C\) n’appartient pas à \((AB)\). Les deux droites parallèles sont distinctes : elles sont strictement parallèles.

À toi — Essai guidé : ne pas conclure trop vite

On donne \(A(0;1)\), \(B(2;4)\), \(C(4;7)\) et \(D(6;10)\).

  1. Vérifie que \((AB)\) et \((CD)\) sont définies, puis qu’elles sont parallèles.

  2. Calcule \(\overrightarrow{AC}\) et étudie l’alignement de \(A,B,C\).

  3. Les deux droites sont-elles strictement parallèles ou confondues ?

Indice avant correction. Le mot « parallèles » autorise encore les deux possibilités. Correction expliquée. \(A\ne B\) et \(C\ne D\). \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}2-0\\4-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\3\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}6-4\\10-7\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\3\end{pmatrix}\). Le déterminant est \(2\times3-3\times2=6-6=0\) : les droites sont parallèles. De plus, \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}4-0\\7-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\6\end{pmatrix}\) et

\[\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=2\times6-3\times4=12-12=0.\]
Donc \(C\) appartient à \((AB)\). Les deux droites sont confondues, et non strictement parallèles. Critères pour te vérifier : je vérifie les deux paires de points ; je distingue le test de direction du test d’appartenance.

À toi — À tenter avant consultation

On donne \(A(-2;1)\), \(B(1;-1)\), \(C(0;4)\) et \(D(-6;8)\). Étudie le parallélisme de \((AB)\) et \((CD)\), puis précise si elles sont confondues. Indice avant correction. Deux vecteurs de sens opposés peuvent avoir la même direction. Correction expliquée. Les deux paires de points sont distinctes.

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1-(-2)\\-1-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}, \qquad \overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}-6-0\\8-4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-6\\4\end{pmatrix}.\]
Le déterminant vaut \(3\times4-(-2)\times(-6)=12-12=0\) : les droites sont parallèles. On contrôle par \(\overrightarrow{CD}=-2\overrightarrow{AB}\), car \((-2)\times3=-6\) et \((-2)\times(-2)=4\). Pour leur position, \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}0-(-2)\\4-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\3\end{pmatrix}\) et
\[\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=3\times3-(-2)\times2=9-(-4)=9+4=13\ne0.\]
Le point \(C\) est extérieur à \((AB)\) : les droites sont strictement parallèles.

À toi — Justifier : des longueurs égales ne donnent pas une direction

On donne \(A(0;0)\), \(B(3;4)\), \(C(1;0)\) et \(D(5;3)\). Les segments \([AB]\) et \([CD]\) ont la même longueur. Cela suffit-il à prouver le parallélisme des droites ? Justifie avec les coordonnées. Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3\\4\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}5-1\\3-0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\3\end{pmatrix}\). Dans ce repère orthonormé, leurs carrés de longueurs sont bien \(3^2+4^2=9+16=25\) et \(4^2+3^2=16+9=25\) ; les deux longueurs valent \(5\). Mais

\[\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})=3\times3-4\times4=9-16=-7\ne0.\]
Les vecteurs ne sont pas colinéaires : les droites ne sont pas parallèles. Une longueur mesure une taille, pas une direction. Critères pour te vérifier : je sépare l’information de longueur de l’information de direction et je produis un test de colinéarité exact.

À toi — Variation : un zéro avec une hypothèse absente

Reprends \(A(1;0)\), \(B(1;0)\), \(C(0;1)\) et \(D(2;1)\). On trouve bien \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})=0\). Pourquoi ne peut-on pas appliquer le théorème de parallélisme ? Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}2\\0\end{pmatrix}\), donc le déterminant vaut \(0\times0-0\times2=0\). Ce calcul prouve la colinéarité du vecteur nul et de \(\overrightarrow{CD}\), ce qui est toujours vrai. Mais \(A=B\) : la condition \(A\ne B\) du théorème manque, et la droite \((AB)\) n’est pas définie. Un résultat algébrique vrai ne crée pas l’objet géométrique absent.

Reprise — Réparer la confusion entre égalité et colinéarité

Erreur à examiner. Une copie dispose de deux vecteurs portés par des droites définies, \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}-4\\-2\end{pmatrix}\), puis conclut : « Ils ne sont pas égaux, donc les droites ne sont pas parallèles. »

Première erreur. Le critère demande la colinéarité, pas l’égalité. Il suffit d’un coefficient commun ; il peut être négatif. Exemple plus simple. Les vecteurs \(\begin{pmatrix}1\\0\end{pmatrix}\) et \(\begin{pmatrix}-3\\0\end{pmatrix}\) sont différents, mais le second est \(-3\) fois le premier. Ils ont la même direction.

Nouvel essai. Étudie \((AB)\) et \((CD)\) pour \(A(0;0)\), \(B(1;2)\), \(C(3;1)\) et \(D(1;-3)\). Correction expliquée. Les droites sont définies. On a \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}1-3\\-3-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2\\-4\end{pmatrix}\). Les deux produits \((-2)\times1=-2\) et \((-2)\times2=-4\) donnent \(\overrightarrow{CD}=-2\overrightarrow{AB}\) : les droites sont parallèles. Le déterminant confirme : \(1\times(-4)-2\times(-2)=-4-(-4)=0\). Si l’on veut préciser leur position, \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}3\\1\end{pmatrix}\) donne \(1\times1-2\times3=1-6=-5\ne0\) ; elles sont strictement parallèles.

Retour à l’erreur initiale. \((-2)\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-4\\-2\end{pmatrix}\) : \(\overrightarrow{CD}=-2\overrightarrow{AB}\), donc les droites initiales sont bien parallèles. Avec ces seules coordonnées de vecteurs, on ne peut pas encore décider si elles sont confondues.

À toi — À reprendre plus tard : direction et position

À une séance suivante, avant de relire, on te donne \(A(-1;-2)\), \(B(3;0)\), \(C(0;4)\) et \(D(2;5)\). Les droites \((AB)\) et \((CD)\) sont-elles strictement parallèles ? Rédige les deux vérifications nécessaires. Indice avant correction. Établis d’abord le parallélisme, puis examine le point \(C\). Correction expliquée. \(A\ne B\) et \(C\ne D\). \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3-(-1)\\0-(-2)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\2\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{CD}=\begin{pmatrix}2-0\\5-4\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}\). Le déterminant vaut \(4\times1-2\times2=4-4=0\) : les droites sont parallèles. Ensuite, on calcule le vecteur allant de \(A\) à \(C\) :

\[\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}0-(-1)\\4-(-2)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\6\end{pmatrix},\]
puis
\[\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=4\times6-2\times1=24-2=22\ne0.\]
\(C\) n’appartient pas à \((AB)\) ; les droites sont strictement parallèles. Critères pour te vérifier : je définis correctement les deux droites, je prouve leur parallélisme et je justifie qu’elles ne sont pas confondues.

À retenir — Associer chaque question aux bons vecteurs

  • Trois points alignés ? Avec \(A\ne B\), tester \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\).

  • Deux droites parallèles ? Avec \(A\ne B\) et \(C\ne D\), tester \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{CD}\).

  • Parallèles et distinctes ? Après le premier test, vérifier que \(C\) n’appartient pas à \((AB)\).

Le calcul doit déboucher sur la conclusion géométrique demandée. Le vecteur nul explique certains déterminants nuls, mais ne définit jamais une direction de droite.

8 Résoudre un problème et choisir la méthode

Outils locaux. Dans un repère, \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix}\). Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix}\), le déterminant est \(xy'-yx'\) ; son annulation caractérise la colinéarité. Si \(A\ne B\), \(A,B,M\) sont alignés exactement lorsque \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AM}\) sont colinéaires. Le milieu \(I\) de \([AB]\) vérifie \(\overrightarrow{AI}=\frac12\overrightarrow{AB}\) et a pour coordonnées \((\frac{x_A+x_B}{2};\frac{y_A+y_B}{2})\). Dans un repère orthonormé, \(AB=\sqrt{(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2}\). Chasles : \(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}\).

À toi — Choisir avant de calculer

On te demande : a) une distance ; b) si trois points sont alignés ; c) le milieu de deux points. Quel type de résultat faut-il rechercher ? Correction expliquée. a) Un nombre positif ou nul, calculé dans un repère orthonormé par Pythagore. b) Une justification d’alignement, par exemple un déterminant nul de deux vecteurs appropriés. c) Les deux moyennes des coordonnées. Si tu choisis un outil au seul mot « coordonnées », commence plutôt par la nature de la conclusion demandée.

Méthode — Une lettre dans les données n’est pas une nouvelle méthode

Je reconnais : un point ou un vecteur dépend d’un réel à déterminer, et une condition géométrique est imposée. Premier geste : écrire la propriété qui traduit exactement cette condition, avant de remplacer les lettres. Calculer ensuite, résoudre l’équation obtenue, puis contrôler chaque valeur dans les données initiales et vérifier que les droites éventuellement nommées existent. Une égalité vraie pour une valeur précise du paramètre n’est pas vraie pour toutes ses valeurs. Ici on cherche des valeurs ponctuelles ; on ne construit pas une équation ni une représentation analytique de droite.

Exemple — Déterminer une coordonnée pour imposer la colinéarité

Pour quelle valeur du réel \(t\) les vecteurs \(\vec u=\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}t\\4\end{pmatrix}\) sont-ils colinéaires ? Le vecteur \(\vec u\) est non nul. On calcule le déterminant, en gardant la lettre comme un nombre à déterminer :

\[\det(\vec u,\vec v)=3\times4-(-2)\times t=12-(-2t)=12+2t.\]
La condition cherchée équivaut à \(12+2t=0\). On soustrait \(12\) aux deux membres puis on divise par \(2\ne0\) :
\[12+2t-12=0-12,\qquad 2t=-12,\qquad \frac{2t}{2}=\frac{-12}{2},\qquad t=-6.\]
La simplification de gauche est \(\frac{2t}{2}=\frac22t=1t=t\). On n’a pas divisé par \(t\). Contrôle indépendant par un coefficient : pour \(t=-6\), \(\vec v=\begin{pmatrix}-6\\4\end{pmatrix}=(-2)\begin{pmatrix}3\\-2\end{pmatrix}=(-2)\vec u\), car \((-2)\times3=-6\) et \((-2)\times(-2)=4\). Il y a une seule solution : \(t=-6\).

Exemple — Un point à placer sous une condition d’alignement

On donne \(A(-1;0)\), \(B(2;3)\) et \(M(t+1;2t-1)\). Cherchons les valeurs de \(t\) pour lesquelles ces trois points sont alignés. Les points \(A\) et \(B\) sont distincts. On calcule \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3\\3\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AM}=\begin{pmatrix}(t+1)-(-1)\\(2t-1)-0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}t+2\\2t-1\end{pmatrix}\).

\[\begin{aligned} \det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AM}) &=3(2t-1)-3(t+2)\\ &=(3\times2t+3\times(-1))-(3\times t+3\times2)\\ &=(6t-3)-(3t+6)=6t-3-3t-6\\ &=(6-3)t+(-3-6)=3t-9. \end{aligned}\]
On résout \(3t-9=0\) : ajouter \(9\) aux deux membres donne \(3t=9\), puis diviser par \(3\ne0\) donne \(\frac{3t}{3}=\frac93\), donc \(t=3\). Pour cette valeur, \(M(4;5)\) et \(\overrightarrow{AM}=\begin{pmatrix}5\\5\end{pmatrix}=\frac53\begin{pmatrix}3\\3\end{pmatrix}\). Les deux coordonnées satisfont le même coefficient : l’alignement est confirmé.

Exemple — Une équation produit nul, sans outil de Première

Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}m\\2\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}2\\m\end{pmatrix}\), le déterminant vaut \(m\times m-2\times2=m^2-4\). On reconnaît une différence de carrés : \(m^2-4=(m-2)(m+2)\). Le contrôle par développement montre les quatre produits :

\[(m-2)(m+2)=m\times m+m\times2+(-2)\times m+(-2)\times2=m^2+2m-2m-4=m^2-4.\]
Un produit est nul exactement lorsqu’un de ses facteurs est nul : la colinéarité a donc lieu pour \(m=2\) ou \(m=-2\). Pour \(m=2\), les deux vecteurs sont \((2;2)\) ; pour \(m=-2\), \(\vec u=(-2;2)\) et \(\vec v=(2;-2)=-\vec u\). Les deux solutions sont contrôlées. Aucune division par \(m\) n’a été effectuée et aucun discriminant n’est nécessaire.

Exemple — Une configuration : comparer trois voies

Dans un triangle \(ABC\) non aplati, \(I\) est le milieu de \([AB]\) et \(J\) celui de \([AC]\). Prouvons \((IJ)\parallel(BC)\).

Voie géométrique. Le théorème des milieux, déjà établi au collège, affirme que le segment joignant les milieux de deux côtés d’un triangle est parallèle au troisième côté. Les deux hypothèses de milieu sont ici exactement données : c’est la voie la plus courte.

Voie vectorielle. Chasles et les caractérisations des milieux donnent

\[\begin{aligned} \overrightarrow{IJ}&=\overrightarrow{IA}+\overrightarrow{AJ} =-\tfrac12\overrightarrow{AB}+\tfrac12\overrightarrow{AC}\\ &=\tfrac12(\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB})=\tfrac12\overrightarrow{BC}. \end{aligned}\]
La dernière égalité vient de \(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}\). Le vecteur \(\overrightarrow{BC}\) est non nul, et la moitié est non nulle aussi ; les deux droites sont définies et leurs directions sont parallèles.

Voie repérée. On choisit le repère \((A;\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})\), possible car le triangle n’est pas aplati. On a \(A(0;0)\), \(B(1;0)\), \(C(0;1)\) ; les formules du milieu donnent \(I(\frac12;0)\), \(J(0;\frac12)\). Alors \(\overrightarrow{IJ}=\begin{pmatrix}-1/2\\1/2\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{BC}=\begin{pmatrix}-1\\1\end{pmatrix}\), donc \(\overrightarrow{IJ}=\frac12\overrightarrow{BC}\). Ce repère n’est pas nécessairement orthonormé : cela ne gêne ni le milieu ni la colinéarité. En revanche, on ne pourrait pas y utiliser sans précaution la formule usuelle de distance.

À toi — Essayer avec moins d’aide

Essai guidé. Trouver \(s\) pour que \(\begin{pmatrix}2\\-1\end{pmatrix}\) et \(\begin{pmatrix}s\\3\end{pmatrix}\) soient colinéaires : commencer par \(2\times3-(-1)\times s\). À tenter avant la correction. \(P(0;1)\), \(Q(2;3)\), \(R(t;5)\). Pour quelle valeur de \(t\) les trois points sont-ils alignés ? Indice avant correction. Le paramètre ne doit apparaître que dans les coordonnées où il est donné. Correction expliquée. Premier essai : \(6+s=0\), donc \(6+s-6=0-6\) et \(s=-6\) ; on retrouve \((-6;3)=-3(2;-1)\). Second essai : \(\overrightarrow{PQ}=\begin{pmatrix}2\\2\end{pmatrix}\), \(\overrightarrow{PR}=\begin{pmatrix}t-0\\5-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}t\\4\end{pmatrix}\) ; le déterminant est \(2\times4-2t=8-2t\). L’équation \(8-2t=0\) donne \(-2t=-8\) en soustrayant \(8\), puis \(t=\frac{-8}{-2}=4\), puisque \(-2\ne0\). Le contrôle \((4;4)=2(2;2)\) confirme l’alignement. À justifier : pourquoi faut-il garder l’équivalence entre condition géométrique et équation ? Réponse possible : cela assure que l’on ne perd pas de solution et que les valeurs obtenues réalisent bien la condition ; le contrôle final repère en outre une erreur de calcul éventuelle. Critères pour te vérifier : Je traduis avant de calculer, je résous avec les mêmes opérations aux deux membres et je reviens aux points ou vecteurs initiaux.

Reprise — Si tu développes un moins sur un seul terme

Erreur : \(3(t+2)\) devient \(3t+2\), ou \(-(3t+6)\) devient \(-3t+6\). Rappel : chaque terme reçoit le facteur extérieur. Exemple simple : \(2(a+1)=2\times a+2\times1=2a+2\) ; \(-(a+1)=-a-1\). Nouvel essai : développer \(2(t-3)-(t+4)\). Correction : \(2\times t+2\times(-3)-t-4=2t-6-t-4=(2-1)t-10=t-10\). Retour au déterminant de l’exemple : \(3(2t-1)-3(t+2)=6t-3-3t-6=3t-9\) ; les deux constantes sont négatives.

À toi — À reprendre plus tard : décider sans formule imposée

Dans un parallélogramme non aplati \(ABCD\), le milieu de \([AC]\) est \(I\). Montrer que \(I\) est aussi le milieu de \([BD]\). Faut-il nécessairement choisir un repère ? Puis traiter séparément : pour quelle valeur de \(r\), les vecteurs \((r;2)\) et \((3;6)\) sont-ils colinéaires ? Indice avant correction. La première question porte sur une propriété géométrique déjà connue ; la seconde donne directement des coordonnées. Correction expliquée. Les diagonales d’un parallélogramme ont le même milieu : la donnée de la nature du quadrilatère suffit, aucun repère n’est nécessaire. Pour les vecteurs, le déterminant vaut \(6r-2\times3=6r-6\). Il est nul pour \(6r=6\), donc \(r=1\) après division par \(6\ne0\). Le contrôle donne \((3;6)=3(1;2)\). Les données ont commandé deux choix différents : une propriété de configuration, puis un calcul coordonné. Critères pour te vérifier : Je choisis un outil adapté à ce qui est donné ; je n’ajoute pas un calcul long qui ne sert pas la preuve.

9 Programmer un test d’alignement

Un programme peut répéter les calculs d’un déterminant. Il ne dispense pas de choisir les bons vecteurs ni de comprendre ce que sa réponse signifie. Ici, les six coordonnées d’entrée sont des entiers : les soustractions et les produits de Python sont alors exacts.

Rappel — Le test mathématique à traduire

Pour \(A(a_x;a_y)\), \(B(b_x;b_y)\) et \(C(c_x;c_y)\), on calcule, dans cet ordre,

\[\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}b_x-a_x\\b_y-a_y\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}u_x\\u_y\end{pmatrix},\qquad \overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}c_x-a_x\\c_y-a_y\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}v_x\\v_y\end{pmatrix},\qquad d=u_xv_y-u_yv_x.\]
Chaque différence est arrivée moins départ. Le résultat établi dans le cours est : \(A,B,C\) sont alignés exactement lorsque \(d=0\). Si \(A\ne B\), on teste ainsi l’appartenance de \(C\) à la droite \((AB)\). Si \(A=B\), les trois points sont encore alignés : au plus deux positions distinctes peuvent être placées sur une même droite. En revanche, l’écriture \((AB)\) ne définit alors pas une droite.

À toi — Point de départ : une valeur qui change

On exécute n = 7, puis n = n - 3. Que vaut ensuite n ? Que répond le test n == 4 ? Correction expliquée. Avant la seconde instruction, n vaut \(7\). Python calcule d’abord \(7-3=4\), puis range ce résultat sous le nom n : l’ancienne valeur est remplacée. Le test n == 4 répond True, c’est-à-dire « vrai » ; il ne modifie pas n. Si tu as lu la seconde instruction comme l’équation impossible \(n=n-3\), retiens que = est ici une affectation, pas le signe d’égalité d’une équation.

Algorithme — Des coordonnées à une réponse vrai ou faux

Une fonction reçoit des valeurs, effectue des instructions, puis renvoie un résultat. Les noms entre parenthèses après def sont ses paramètres ; à l’appel, on fournit les valeurs dans le même ordre. Les lignes décalées vers la droite appartiennent à la fonction.

# Domaine annonce : les six coordonnees sont des entiers.
def coord(ax, ay, bx, by):
    return bx - ax, by - ay


def det(ax, ay, bx, by, cx, cy):
    ux, uy = coord(ax, ay, bx, by)
    vx, vy = coord(ax, ay, cx, cy)
    p = ux * vy
    q = uy * vx
    d = p - q
    return d


def alignes(ax, ay, bx, by, cx, cy):
    return det(ax, ay, bx, by, cx, cy) == 0

coord renvoie les deux coordonnées du vecteur allant du premier point au second. Dans ux, uy = coord(...), la première valeur renvoyée est affectée à ux et la seconde à uy. Les six coordonnées des points ne sont pas modifiées. * signifie multiplier. return renvoie une valeur à celui qui a appelé la fonction et termine cet appel. == compare deux valeurs et produit le booléen True ou False. Ce sont des réponses logiques, pas des noms de points.

Méthode d’utilisation. Écris les coordonnées dans l’ordre \(a_x,a_y,b_x,b_y,c_x,c_y\), appelle alignes, puis traduis sa réponse en phrase. Pour contrôler, appelle det avec les mêmes données et vérifie une fois à la main.

Propriété — Pourquoi ce programme décide l’alignement

Pour des coordonnées entières, alignes renvoie True si et seulement si les trois points sont alignés, y compris lorsque certains points sont confondus. Démonstration. Les deux appels à coord donnent exactement \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\). Les variables p, q, puis d contiennent donc respectivement \(u_xv_y\), \(u_yv_x\), puis leur différence : le déterminant. La comparaison à zéro traduit le critère rappelé ci-dessus, dans les deux sens. Si \(A=B\), les deux coordonnées de \(\overrightarrow{AB}\) sont nulles, donc \(d=0\) ; la réponse True correspond bien à l’alignement des positions présentes, sans créer une droite \((AA)\). \(\square\)

Exemple — Suivre les états du calcul

Pour \(A(-3;2)\), \(B(1;-1)\), \(C(5;-4)\), on saisit alignes(-3, 2, 1, -1, 5, -4). Voici ce qui se passe pendant cet appel.

Instruction exécutée Valeurs obtenues après l’instruction
ux, uy = coord(...) \(u_x=1-(-3)=4\) ; \(u_y=-1-2=-3\).
vx, vy = coord(...) \(v_x=5-(-3)=8\) ; \(v_y=-4-2=-6\).
p = ux * vy \(p=4\times(-6)=-24\).
q = uy * vx \(q=(-3)\times8=-24\).
d = p - q \(d=-24-(-24)=-24+24=0\).
return d Le nombre \(0\) revient à la fonction alignes.
... == 0 La comparaison \(0=0\) produit True.

Une variable telle que p n’a pas encore de valeur locale avant sa ligne d’affectation. La ligne de d doit venir après celles de p et q. Le résultat est donc : les points \(A,B,C\) sont alignés. Comme contrôle indépendant, \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}4\\-3\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}8\\-6\end{pmatrix}=2\overrightarrow{AB}\).

À toi — Essai guidé : prévoir avant d’exécuter

Pour \(A(-2;-1)\), \(B(1;5)\), \(C(2;7)\), complète d’abord les quatre coordonnées des vecteurs, puis les produits p, q. Prévois la réponse de alignes avant de lancer le code. Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1-(-2)\\5-(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\6\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}2-(-2)\\7-(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\8\end{pmatrix}\). Ainsi \(p=3\times8=24\), \(q=6\times4=24\) et \(d=24-24=0\). L’appel alignes(-2, -1, 1, 5, 2, 7) renvoie True : les points sont alignés. Critères pour te vérifier : les arguments sont dans l’ordre annoncé ; les deux produits sont calculés avant leur différence ; la réponse est interprétée.

À toi — Tentative sans modèle numérique

Sans exécuter le programme d’abord, prévois les réponses de det puis de alignes pour \(A(2;-3)\), \(B(2;4)\) et \(C(5;1)\). Écris les appels correspondants. Indice avant correction. Une première coordonnée de vecteur peut être nulle : ce programme ne fait aucune division. Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}2-2\\4-(-3)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\7\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}5-2\\1-(-3)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}3\\4\end{pmatrix}\). Le déterminant est \(0\times4-7\times3=0-21=-21\). det(2, -3, 2, 4, 5, 1) renvoie donc \(-21\) et alignes(2, -3, 2, 4, 5, 1) renvoie False : les points ne sont pas alignés.

À toi — Justifier un choix de programme

Pourquoi ne remplace-t-on pas le déterminant par le test ux / vx == uy / vy ? Et pourquoi ne renvoie-t-on pas seulement le nombre d ? Correction expliquée. Pour \(\vec u=\begin{pmatrix}0\\7\end{pmatrix}\) et \(\vec v=\begin{pmatrix}0\\-14\end{pmatrix}\), la première division serait \(0/0\), interdite, alors que \(\vec v=-2\vec u\) : les vecteurs sont colinéaires. Le déterminant \(0\times(-14)-7\times0=0\) répond sans diviser. Par ailleurs, det renvoie un nombre ; alignes doit renvoyer le résultat de la comparaison de ce nombre à zéro. Critères pour te vérifier : citer la division par zéro ; donner un cas valide que cette division empêcherait de traiter ; distinguer nombre et réponse logique.

Piège — Changer les entrées peut changer la fiabilité

Avec les coordonnées décimales exactes \(A(0;0)\), \(B(0{,}1;0{,}3)\) et \(C(0{,}3;0{,}9)\), on a \(\overrightarrow{AC}=3\overrightarrow{AB}\). Pourtant l’appel Python det(0, 0, 0.1, 0.3, 0.3, 0.9) ne donne pas exactement zéro dans le calcul flottant usuel. La raison est que certains décimaux sont stockés sous forme approchée : les deux produits, mathématiquement égaux à \(0{,}09\), peuvent être arrondis différemment.

Réparation adaptée à ces données exactes. Multiplier toutes les coordonnées par \(10\) donne \(A'(0;0)\), \(B'(1;3)\), \(C'(3;9)\). Le déterminant entier vaut \(1\times9-3\times3=9-9=0\) et alignes(0, 0, 1, 3, 3, 9) renvoie True. Cette multiplication commune conserve la colinéarité. Elle ne rend pas exactes des mesures qui étaient déjà incertaines. Remplacer « égal à zéro » par « très proche de zéro » est un autre choix de modèle ; on ne le présente pas ici comme une preuve d’alignement exact.

Reprise — Réparer une erreur de signe dans le programme

Première erreur. Une version utilise d = p + q. Pour \(A(-1;3)\), \(B(2;5)\), \(C(5;7)\), elle calcule \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}3\\2\end{pmatrix}\), \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}6\\4\end{pmatrix}\), puis \(p=3\times4=12\), \(q=2\times6=12\) et renvoie \(24\) au lieu de \(0\). Elle conclurait à tort False.

Rappel et exemple plus simple. Le déterminant est le premier produit moins le second. Avec \(A(0;0)\), \(B(1;1)\), \(C(2;2)\), il vaut \(1\times2-1\times2=2-2=0\). Les vecteurs \((1;1)\) et \((2;2)\) ont bien un coefficient commun \(2\). Il faut donc remplacer la ligne fautive par d = p - q.

Nouvel essai. Teste maintenant \(A(3;-2)\), \(B(1;4)\), \(C(0;7)\) ; prévois les états avant de lire. Indice avant correction. Les deux produits sont négatifs. Soustraire le second n’est pas l’ajouter. Correction expliquée. \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}1-3\\4-(-2)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2\\6\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}0-3\\7-(-2)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-3\\9\end{pmatrix}\). Alors \(p=(-2)\times9=-18\), \(q=6\times(-3)=-18\) et \(d=-18-(-18)=-18+18=0\) : la réponse corrigée est True. Retour à la première situation. La ligne corrigée donne \(12-12=0\), et non \(12+12\) : les trois points initiaux sont alignés. Relance les deux cas après la réparation.

À toi — À reprendre plus tard, avant de relire

Pour \(A(4;2)\), \(B(-2;5)\), \(C(0;4)\), écris l’appel, donne les quatre coordonnées vectorielles, les deux produits et les réponses des deux fonctions. Si l’on remplace \(B\) par \(A\), la réponse devient-elle fausse ? Peut-on alors parler de la droite \((AB)\) ? Indice avant correction. Le code teste l’alignement de trois positions ; il ne construit pas une droite à partir de \(A\) et \(B\). Correction expliquée. L’appel est alignes(4, 2, -2, 5, 0, 4). \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}-2-4\\5-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-6\\3\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}0-4\\4-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-4\\2\end{pmatrix}\) ; \(p=(-6)\times2=-12\), \(q=3\times(-4)=-12\), \(d=-12-(-12)=0\). La fonction det renvoie \(0\), et alignes renvoie True. Si \(B=A\), \(\overrightarrow{AB}=\vec0\) et \(d=0\times2-0\times(-4)=0\) encore. La réponse reste True, mais \((AB)\) n’est pas définie par ces deux points confondus. Critères pour te vérifier : trace dans l’ordre ; distinction entre les deux sorties ; conclusion juste même lorsque deux points sont confondus.

À retenir — Ce que le programme garantit

Coordonnées entières \(\longrightarrow\) différences arrivée-départ \(\longrightarrow\) deux produits puis leur différence \(\longrightarrow\) comparaison à zéro \(\longrightarrow\) phrase géométrique. Un test correct sur quelques exemples aide à repérer des erreurs ; la justification générale du programme vient du critère mathématique et de sa traduction fidèle.

10 Deux prolongements facultatifs : des milieux aux médianes

Cette unité est facultative. Elle approfondit les outils du chapitre sans ajouter de méthode obligatoire au parcours principal. Aucun des résultats qui suivent n’est nécessaire pour réussir les unités précédentes. On reste dans le plan, sans équation de droite ni produit scalaire.

Rappel — Tout ce qu’il faut pour ces deux preuves

Dans un repère, \(\overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix}\) et le milieu de \([AB]\) est \((\frac{x_A+x_B}{2};\frac{y_A+y_B}{2})\). Les coordonnées d’une somme s’additionnent et celles de \(k\vec u\) sont multipliées par \(k\). Chasles donne \(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}\). Deux vecteurs non nuls multiples l’un de l’autre donnent des directions parallèles. Pour un quadrilatère non aplati \(IJKL\), \(\overrightarrow{IJ}=\overrightarrow{LK}\) caractérise un parallélogramme. Dans un triangle, une médiane est la droite qui passe par un sommet et par le milieu du côté opposé. Ces outils ne demandent pas un repère orthonormé.

Lemme — Le déplacement entre deux milieux

Si \(I\) est le milieu de \([AB]\) et \(J\) celui de \([BC]\), alors

\[\overrightarrow{IJ}=\frac12\overrightarrow{AC}.\]
Démonstration. Les milieux donnent \(\overrightarrow{IB}=\frac12\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{BJ}=\frac12\overrightarrow{BC}\). Par Chasles,
\[\overrightarrow{IJ}=\overrightarrow{IB}+\overrightarrow{BJ} =\frac12\overrightarrow{AB}+\frac12\overrightarrow{BC} =\frac12(\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC})=\frac12\overrightarrow{AC}.\]
La formule reste valable lorsque certains points coïncident : les égalités de vecteurs n’exigent pas que toutes les droites soient définies. \(\square\)

Théorème — Le parallélogramme des milieux : Varignon

Soient quatre points \(A,B,C,D\). On note \(I,J,K,L\) les milieux respectifs de \([AB]\), \([BC]\), \([CD]\), \([DA]\). Si les vecteurs \(\overrightarrow{AC}\) et \(\overrightarrow{BD}\) ne sont pas colinéaires, alors \(IJKL\) est un parallélogramme non aplati. Démonstration. Le lemme appliqué aux triplets \(A,B,C\) puis \(A,D,C\) donne

\[\overrightarrow{IJ}=\tfrac12\overrightarrow{AC},\qquad \overrightarrow{LK}=\tfrac12\overrightarrow{AC}.\]
Il fournit aussi, avec \(B,C,D\), \(\overrightarrow{JK}=\frac12\overrightarrow{BD}\). Ainsi \(\overrightarrow{IJ}=\overrightarrow{LK}\), et deux côtés successifs sont dirigés par les vecteurs non colinéaires \(\overrightarrow{AC}\) et \(\overrightarrow{BD}\). Ils ne sont ni nuls ni colinéaires. Le quadrilatère des milieux n’est pas aplati ; le critère rappelé donne donc un parallélogramme. \(\square\) Pourquoi cette condition ? Si les quatre points sont sur une même droite, leurs milieux le sont aussi : on conserve les égalités vectorielles, mais on n’obtient pas un véritable parallélogramme non aplati. On ne doit pas cacher ce cas derrière le seul dessin.

Exemple — Contrôler Varignon sur un quadrilatère irrégulier

Prenons \(A(0;0)\), \(B(6;1)\), \(C(5;5)\), \(D(-1;3)\). Les milieux sont

\[I(3;\tfrac12),\quad J(\tfrac{11}2;3),\quad K(2;4),\quad L(-\tfrac12;\tfrac32).\]
Par exemple, \(x_J=(6+5)/2=11/2\) et \(y_J=(1+5)/2=3\). On calcule
\[\overrightarrow{IJ}=\begin{pmatrix}\frac{11}2-\frac62\\3-\frac12\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}\frac52\\\frac52\end{pmatrix}, \qquad \overrightarrow{LK}=\begin{pmatrix}2-(-\frac12)\\4-\frac32\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}\frac52\\\frac52\end{pmatrix}.\]
Les vecteurs diagonaux sont \(\overrightarrow{AC}=\begin{pmatrix}5\\5\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{BD}=\begin{pmatrix}-7\\2\end{pmatrix}\) ; leur déterminant vaut \(5\times2-5\times(-7)=10+35=45\ne0\). La condition non aplati est donc vérifiée : le théorème s’applique.

Lire la figure.

À gauche, les médianes du triangle \(A(0;0)\), \(B(6;0)\), \(C(0;3)\) passent par \(G(2;1)\) ; \(I(3;\frac32)\) est le milieu de \([BC]\). À droite, les quatre milieux \(I,J,K,L\) des côtés d’un quadrilatère forment un parallélogramme. Les lettres des deux dessins désignent deux configurations indépendantes.

Théorème — Concurrence et position des médianes

Dans un triangle non aplati \(ABC\), les trois médianes passent par un même point \(G\), appelé centre de gravité. Dans un repère,

\[\boxed{G\left(\frac{x_A+x_B+x_C}{3};\frac{y_A+y_B+y_C}{3}\right).}\]
Si \(I\) est le milieu de \([BC]\), alors \(\overrightarrow{AG}=\frac23\overrightarrow{AI}\). Le point \(G\) est donc situé aux deux tiers du segment \([AI]\), à partir du sommet \(A\). Démonstration. Définissons le point \(G\) par les deux moyennes écrites ci-dessus. Comme \(I\) est le milieu de \([BC]\),
\[\overrightarrow{AI}=\begin{pmatrix}\frac{x_B+x_C}{2}-x_A\\\frac{y_B+y_C}{2}-y_A\end{pmatrix} =\begin{pmatrix}\frac{x_B+x_C-2x_A}{2}\\\frac{y_B+y_C-2y_A}{2}\end{pmatrix}.\]
Pour soustraire \(x_A\), on l’a écrit \(2x_A/2\) ; pour soustraire \(y_A\), on l’a écrit \(2y_A/2\). De même, pour \(\overrightarrow{AG}\),
\[\begin{aligned} x_G-x_A&=\frac{x_A+x_B+x_C}{3}-\frac{3x_A}{3} =\frac{x_B+x_C-2x_A}{3},\\ y_G-y_A&=\frac{y_A+y_B+y_C}{3}-\frac{3y_A}{3} =\frac{y_B+y_C-2y_A}{3}. \end{aligned}\]
Or multiplier chaque coordonnée de \(\overrightarrow{AI}\) par \(2/3\) donne
\[\frac23\times\frac{x_B+x_C-2x_A}{2} =\frac{2(x_B+x_C-2x_A)}{3\times2} =\frac{x_B+x_C-2x_A}{3},\]
et, pour la seconde coordonnée,
\[\frac23\times\frac{y_B+y_C-2y_A}{2} =\frac{2(y_B+y_C-2y_A)}{3\times2} =\frac{y_B+y_C-2y_A}{3}.\]
Donc \(\overrightarrow{AG}=\frac23\overrightarrow{AI}\). Le triangle n’étant pas aplati, \(A\ne I\) : cela prouve que \(G\) appartient à la médiane \((AI)\). Le coefficient \(2/3\) est entre \(0\) et \(1\), donc \(G\in[AI]\).

Notons \(J\) le milieu de \([CA]\) et \(K\) celui de \([AB]\). Les mêmes soustractions, en partant cette fois de \(B\) puis de \(C\), donnent explicitement

\[\overrightarrow{BG}=\begin{pmatrix}\frac{x_A+x_C-2x_B}{3}\\\frac{y_A+y_C-2y_B}{3}\end{pmatrix} =\frac23\overrightarrow{BJ},\qquad \overrightarrow{CG}=\begin{pmatrix}\frac{x_A+x_B-2x_C}{3}\\\frac{y_A+y_B-2y_C}{3}\end{pmatrix} =\frac23\overrightarrow{CK}.\]
Le point \(G\) appartient donc aux trois médianes. Les médianes \((AI)\) et \((BJ)\) sont distinctes : si elles étaient la même droite, elle contiendrait \(A,B,I\), puis aussi \(C\) puisque \(I\) est le milieu de \([BC]\), ce qui contredirait le triangle non aplati. Deux droites distinctes ont au plus un point commun ; le point commun aux trois médianes est donc unique. \(\square\)

Exemple — Une moyenne de trois points, pas de trois longueurs

Pour \(A(0;0)\), \(B(6;0)\), \(C(0;3)\),

\[G\left(\frac{0+6+0}{3};\frac{0+0+3}{3}\right)=(2;1),\qquad I(3;\tfrac32).\]
On contrôle \(\overrightarrow{AG}=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}\) et \(\frac23\overrightarrow{AI}=\begin{pmatrix}\frac23\times3\\\frac23\times\frac32\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\1\end{pmatrix}\). Le mot « centre » ne signifie pas que \(G\) est à la même distance des trois sommets. Dans ce repère orthonormé, \(GA^2=2^2+1^2=5\), alors que \(GB^2=4^2+(-1)^2=17\). Il s’agit ici du point commun des médianes, pas du centre du cercle passant par les sommets.

À toi — Un prolongement à essayer, puis à reprendre

Dans un repère, \(A(-2;1)\), \(B(4;1)\) et \(C(1;7)\). Déterminer leur centre de gravité \(G\) et le milieu \(I\) de \([BC]\), puis vérifier la relation \(\overrightarrow{AG}=\frac23\overrightarrow{AI}\). Expliquer ce que cette relation dit de la position de \(G\). Indice avant correction. Commencer par deux moyennes différentes : trois coordonnées pour \(G\), deux pour \(I\). Correction expliquée. Les vecteurs \(\overrightarrow{AB}=(6;0)\) et \(\overrightarrow{AC}=(3;6)\) ont pour déterminant \(6\times6-0\times3=36\ne0\) : le triangle n’est pas aplati.

\[G\left(\frac{-2+4+1}{3};\frac{1+1+7}{3}\right)=(1;3),\qquad I\left(\frac{4+1}{2};\frac{1+7}{2}\right)=(\tfrac52;4).\]
Alors \(\overrightarrow{AG}=(1-(-2);3-1)=(3;2)\) et \(\overrightarrow{AI}=(\frac52-(-2);4-1)=(\frac52+\frac42;3)=(\frac92;3)\). Enfin \(\frac23\times\frac92=\frac{18}{6}=3\) et \(\frac23\times3=2\), donc la relation est vérifiée. Le point \(G\) est sur \([AI]\), aux deux tiers en partant de \(A\) ; il reste un tiers de \([AI]\) entre \(G\) et \(I\). Critères pour te vérifier : Je partage par le bon nombre, je vérifie deux coordonnées et je traduis le coefficient en position sur un segment. À reprendre lors d’une autre séance, sans relire ces calculs d’abord.

11 Retenir, choisir et vérifier sa compréhension

Cette synthèse ne remplace pas les preuves ni les exemples détaillés. Elle sert à retrouver rapidement un outil et à vérifier que l’on sait l’utiliser sans le titre de la méthode comme indice.

À retenir — Les formules avec leurs conditions

Dans un repère \((O;\vec i,\vec j)\), écrire \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\) signifie \(\vec u=x\vec i+y\vec j\). Pour \(A(x_A;y_A)\), \(B(x_B;y_B)\), \(\vec u=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\), \(\vec v=\begin{pmatrix}x'\\y'\end{pmatrix}\) et un réel \(k\) :

\[\begin{gathered} \overrightarrow{AB}=\begin{pmatrix}x_B-x_A\\y_B-y_A\end{pmatrix},\qquad \vec u+\vec v=\begin{pmatrix}x+x'\\y+y'\end{pmatrix},\qquad k\vec u=\begin{pmatrix}kx\\ky\end{pmatrix},\\ I\text{ milieu de }[AB]\quad\Longrightarrow\quad I\left(\frac{x_A+x_B}{2};\frac{y_A+y_B}{2}\right),\\ \det(\vec u,\vec v)=xy'-yx',\qquad \vec u,\vec v\text{ colinéaires}\quad\Longleftrightarrow\quad\det(\vec u,\vec v)=0. \end{gathered}\]
Uniquement dans une base ou un repère orthonormé, les formules de longueur sont
\[\left\lVert \vec u\right\rVert=\sqrt{x^2+y^2},\qquad AB=\sqrt{(x_B-x_A)^2+(y_B-y_A)^2}.\]
Si \(A\ne B\), l’alignement de \(A,B,C\) se teste avec \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\). Si \(A\ne B\) et \(C\ne D\), le parallélisme de \((AB)\) et \((CD)\) se teste avec \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{CD}\). Un déterminant nul de ces deux derniers vecteurs ne distingue pas deux droites strictement parallèles de deux droites confondues : il faut tester en plus l’appartenance d’un point à l’autre droite. Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur, mais ne peut pas donner la direction d’une droite.

Ce que je cherche Premier geste Contrôle utile
Un déplacement Arrivée moins départ sur les deux axes. Ajouter le déplacement au départ.
Une longueur Vérifier que le repère est orthonormé. Recarrer la réponse positive.
Un milieu Faire deux moyennes séparées. Comparer \(\overrightarrow{AI}\) et \(\overrightarrow{IB}\).
Un alignement Relier les trois points par deux vecteurs. Retrouver un coefficient commun.
Un parallélisme Vérifier les deux paires de points distincts. Distinguer direction commune et droite commune.
Une valeur inconnue Traduire la condition avant de résoudre. Remplacer dans les données initiales.
Une preuve sans coordonnées Examiner les propriétés de la configuration. Ne pas imposer un repère inutile.

Questions d'élève — Huit confusions à lever

1. Deux flèches éloignées peuvent-elles représenter le même vecteur ? Oui : les mêmes direction, sens et longueur donnent le même déplacement. L’origine de la flèche n’est pas une donnée du vecteur libre.

2. Les coordonnées sont-elles toujours des longueurs ? Non. Elles sont des coefficients selon les deux vecteurs de la base ; elles peuvent être négatives. La norme est une longueur, donc positive ou nulle.

3. Faut-il un repère orthonormé pour calculer un milieu ? Non. Les moyennes des coordonnées, les différences, les sommes et la colinéarité fonctionnent dans tout repère du plan. Les formules de longueur rappelées ici exigent, elles, un repère orthonormé.

4. Une coordonnée nulle rend-elle le vecteur nul ? Non : les deux doivent être nulles. Le vecteur \((0;5)\) est non nul et peut diriger une droite verticale.

5. Pourquoi ne pas toujours diviser les coordonnées ? Un dénominateur peut être nul. On choisit alors une coordonnée non nulle, ou l’on utilise le déterminant qui ne comporte aucune division.

6. Déterminant nul signifie-t-il vecteurs égaux ? Non : \((1;2)\) et \((-3;-6)\) sont colinéaires, mais différents. Le facteur commun est \(-3\), pas \(1\).

7. Un déterminant non nul signifie-t-il perpendiculaire ? Non : il dit seulement non colinéaire. Dans un repère orthonormé, par exemple, \((1;0)\) et \((1;1)\) ont un déterminant égal à \(1\) et ne sont pas perpendiculaires.

8. Un résultat de calculatrice ou de programme suffit-il pour une preuve ? Un calcul exact correctement justifié peut établir le résultat. Un dessin approché ou un test en nombres décimaux machine peut seulement donner un indice ; il faut comprendre les conditions et les limites du calcul.

À toi — Mini-bilan : essayer sans choisir la méthode à ta place

Toutes les coordonnées suivantes sont données dans un repère orthonormé. Tente les six questions avant de consulter les indices, puis les corrections. Écris les conclusions en français, pas uniquement des nombres.

  1. \(\vec u=2\vec i-3\vec j\) et \(\vec v=-\vec i+4\vec j\). Donner les coordonnées de \(2\vec u+\vec v\) et sa norme.

  2. \(A(-2;1)\) et \(B(4;-3)\). Trouver \(\overrightarrow{AB}\), le milieu \(I\) de \([AB]\), puis le point \(S\) tel que \(I\) soit le milieu de \([AS]\).

  3. Les points \(P(1;-1)\), \(Q(3;2)\) et \(R(5;5)\) sont-ils alignés ? Dire si \(Q\) est le milieu de \([PR]\).

  4. \(A(0;1)\), \(B(2;2)\), \(C(1;4)\), \(D(5;6)\). Les droites \((AB)\) et \((CD)\) sont-elles parallèles ? Sont-elles la même droite ?

  5. Déterminer tous les réels \(t\) pour lesquels \(\vec a=(t;2)\) et \(\vec b=(6;3)\) sont colinéaires. Contrôler avec un coefficient commun.

  6. Pour trois points \(A,B,C\), un programme a correctement calculé les coordonnées de \(\vec u=\overrightarrow{AB}\) et \(\vec v=\overrightarrow{AC}\) : \(u_x=2\), \(u_y=3\), \(v_x=4\), \(v_y=6\). Il utilise d = ux * vy + uy * vx pour tester leur alignement. Localiser l’erreur, corriger le code et donner le booléen attendu pour d == 0.

Indice avant correction. 1) Coordonner avant de chercher une longueur. 2) Dans le problème inverse, le milieu reste fixé. 3) Choisir deux vecteurs reliés aux trois points. 4) Deux tests différents sont nécessaires. 5) Écrire une équation, puis vérifier sa solution. 6) Relire le signe entre les deux produits.

Correction — Corrigé expliqué du mini-bilan

1. \(2\vec u+\vec v=(2\times2+(-1);2\times(-3)+4)=(4-1;-6+4)=(3;-2)\). Sa norme vaut \(\sqrt{3^2+(-2)^2}=\sqrt{9+4}=\sqrt{13}\). Le carré de cette longueur vaut bien \(13\) ; ne pas confondre avec \(3+(-2)=1\).

2. \(\overrightarrow{AB}=(4-(-2);-3-1)=(6;-4)\). Le milieu est \(I(({-2+4})/2;({1-3})/2)=(1;-1)\). Pour \(S\), les équations sont \(1=(-2+x_S)/2\) et \(-1=(1+y_S)/2\). Multiplier les deux membres par \(2\) donne \(2=-2+x_S\) et \(-2=1+y_S\). Ajouter \(2\) dans la première donne \(x_S=4\) ; soustraire \(1\) dans la seconde donne \(y_S=-3\). Ainsi \(S=B\), ce qui est cohérent : \(B\) était déjà le symétrique de \(A\) par rapport à \(I\).

3. \(\overrightarrow{PQ}=(3-1;2-(-1))=(2;3)\) et \(\overrightarrow{PR}=(5-1;5-(-1))=(4;6)\). Le déterminant vaut \(2\times6-3\times4=12-12=0\) et \(P\ne Q\) : les trois points sont alignés. Le milieu de \([PR]\) est \(((1+5)/2;(-1+5)/2)=(3;2)=Q\). Le contrôle \(\overrightarrow{PR}=2\overrightarrow{PQ}\) exprime aussi que \(Q\) est à mi-chemin.

4. Les deux droites sont définies par des points distincts. \(\overrightarrow{AB}=(2;1)\) et \(\overrightarrow{CD}=(5-1;6-4)=(4;2)\). Le déterminant \(2\times2-1\times4=0\) donne des droites parallèles. Pour savoir si elles sont confondues, on teste \(C\) par rapport à \((AB)\) : \(\overrightarrow{AC}=(1;3)\), et \(\det(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=2\times3-1\times1=6-1=5\ne0\). Ainsi \(C\notin(AB)\) : les deux droites sont strictement parallèles.

5. Le déterminant vaut \(3t-12\). L’équation \(3t-12=0\) équivaut à \(3t=12\) en ajoutant \(12\) aux deux membres, puis \(t=12/3=4\) en divisant par \(3\ne0\). Pour \(t=4\), \(\vec a=(4;2)\) et \(\vec b=(6;3)=\frac32\vec a\), car \(\frac32\times4=6\) et \(\frac32\times2=3\).

6. Il faut soustraire les produits : d = ux * vy - uy * vx. La mauvaise ligne donnait \(2\times6+3\times4=24\) ; la bonne donne \(12-12=0\). Le test d == 0 retourne donc True. Les coordonnées sont ici des entiers exacts ; la conclusion est justifiée par le critère du déterminant, pas par le seul mot affiché par la machine.

Méthode — Organiser une reprise utile

Si une réponse est fausse, repère la première ligne qui ne respecte plus une définition, une condition ou une règle de calcul. Ne recopie pas seulement la dernière ligne du corrigé.

  • Lecture et ordre des coordonnées : reprendre les essais de l’unité 1 et de l’unité 2.

  • Signes, sommes et produits : reprendre le bloc Reprise de l’unité 3.

  • Longueurs, racines, repère : reprendre l’unité 4 ; milieu et point inconnu : l’unité 5.

  • Déterminant et coefficient : reprendre l’unité 6 ; points et droites concernés : l’unité 7.

  • Choix de méthode et paramètre : reprendre l’unité 8 ; trace d’un programme : l’unité 9.

À une séance ultérieure, refaire la tâche « À reprendre plus tard » de l’unité concernée avant d’en relire la correction. Réussir une fois en regardant une solution et réussir de nouveau sans aide sont deux situations différentes.

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