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Arithmétique — Cours en autonomie — Seconde

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Seconde · Arithmétique · Cours en autonomie

Arithmétique — Comprendre les entiers, calculer et démontrer

FAIRE LES 2k\(\pi\)

ARITHMÉTIQUE

Comprendre les entiers, calculer et démontrer

Seconde générale et technologique

Cours pour apprendre en autonomie

Question de départ — Un calcul peut-il expliquer tous les cas ?

On peut vérifier que \(7+9=16\) et que \(15+21=36\). Mais ces deux calculs ne prouvent pas que la somme de deux nombres impairs quelconques est paire. L’arithmétique apprend à passer d’exemples particuliers à une explication qui fonctionne pour tous les entiers concernés.

Elle permet aussi de répondre à des questions concrètes : combien de lots identiques peut-on préparer ? À quel moment deux événements réguliers se produiront-ils ensemble ? Une fraction est-elle vraiment irréductible ? Un programme traite-t-il correctement zéro ?

Dix-huit points sont disposés en trois rangées de six dans un rectangle. Sous le rectangle, 18 = 3 × 6 relie ce groupement au produit. Une flèche conduit à l'explication : 3 et 6 sont des diviseurs de 18. Les rangées et les colonnes donnent deux groupements exacts ; le dessin illustre cette égalité, il ne prouve pas une règle universelle de divisibilité.

Description du schéma : dix-huit points sont disposés en trois rangées de six. Le même rectangle montre deux façons de grouper les points, par rangées ou par colonnes.

À retenir — Deux parcours, un même socle

Parcours principal : unités 1 à 8, puis synthèse et mini-test de l’unité 10. Les notions sur les nombres premiers et les fractions sont réenseignées, même si elles ont déjà été rencontrées au collège. Elles rendent les méthodes de seconde réellement utilisables.

Pour aller un peu plus loin : unité 9. Deux prolongements facultatifs sont démontrés avec des outils élémentaires. Aucun exercice du parcours principal n’exige leur lecture.

Comment utiliser ce cours ?

Chaque unité peut être relue séparément : elle rappelle les mots et les opérations dont elle a besoin. Les résultats encadrés servent d’accès rapide ; les démonstrations expliquent pourquoi ils sont vrais.

  1. Commence par le repérage. Essaie avant de lire sa correction. Une erreur indique un geste à reprendre, pas une incapacité.

  2. Travaille l’exemple de référence. Cache la ligne suivante et cherche à la retrouver. Demande-toi quelle condition autorise chaque opération.

  3. Fais l’essai guidé, puis la tentative. La tentative se fait d’abord sans regarder l’indice ni la correction.

  4. Explique avec tes propres mots. Compare ensuite le contenu de ton explication aux critères proposés : les mots exacts peuvent changer, pas les raisons mathématiques.

  5. Si tu bloques, utilise « Pour reprendre ». Le détour comporte un exemple plus simple, un nouvel essai et un retour à la question initiale.

  6. Reviens à la tâche différée un autre jour. Essaie avant toute relecture, puis utilise l’aide et la correction placées dans la même unité.

Vocabulaire — Que signifient les noms des encadrés ?

Une définition fixe le sens d’un mot. Une propriété, une proposition ou un théorème énonce un résultat vrai sous des hypothèses précises : ces mots ne désignent pas des degrés de certitude. Un lemme est un résultat utilisé pour en prouver un autre ; un corollaire découle d’un résultat déjà établi. Un critère permet de décider si une condition est remplie.

Une démonstration justifie tous les cas annoncés. Un exemple illustre un cas ; un contre-exemple suffit à réfuter une affirmation qui prétend être vraie dans tous les cas. Une intuition ou un dessin aide à comprendre mais ne remplace pas toujours une démonstration.

Les énoncés sont formulés avec des mots ordinaires : « pour tout entier », « il existe un entier », « si… alors… ». Un résultat admis est annoncé comme tel ; son admission n’est pas dissimulée derrière quelques exemples.

Matériel. Papier et crayon suffisent aux unités 1 à 7. Une calculatrice peut contrôler de grands calculs après le travail exact. L’unité 8 utilise Python 3, mais les tableaux d’exécution permettent aussi un travail sur papier.

Entiers et division euclidienne

Reconnaître les nombres concernés, comprendre quotient et reste, contrôler une division.

Repérage — Deux questions avant de commencer

1. Parmi \(-4\), \(0\), \(6{,}0\), \(\dfrac{15}{3}\) et \(\dfrac72\), lesquels sont des entiers ? Lesquels sont naturels ? 2. L’égalité \(58=7\times7+9\) est vraie. Donne-t-elle la division euclidienne de 58 par 7 ?

Correction expliquée.

\(15/3=5\) et \(6{,}0=6\) : leur écriture ne change pas leur valeur. Les entiers sont \(-4\), \(0\), \(6{,}0\) et \(15/3\) ; les naturels sont les mêmes sauf \(-4\). Le nombre \(7/2=3{,}5\) n’est pas entier. La seconde égalité ne donne pas la division euclidienne car le reste annoncé, 9, est supérieur à 7. On peut encore former un paquet de 7 : \(58=7\times8+2\).

Si la première question te gêne, travaille la distinction entre nombre et écriture ci-dessous. Si tu as accepté le reste 9, porte une attention particulière à la condition \(0\leq r<b\).

1. Un nombre n’est pas son écriture

Définition — Entiers naturels et entiers relatifs

Les entiers naturels sont \(0\), \(1\), \(2\), \(3\), etc. Leur ensemble est noté \(\mathbb{N}\). Les entiers relatifs sont les entiers naturels et leurs opposés : \(\ldots,-3,-2,-1,0,1,2,3,\ldots\). Leur ensemble est noté \(\mathbb{Z}\).

Notation. \(n\in\mathbb{N}\) signifie « \(n\) appartient à l’ensemble des entiers naturels ». \(x\notin\mathbb{Z}\) signifie « \(x\) n’est pas un entier relatif ». Tout naturel est un entier relatif ; la réciproque est fausse, par exemple pour \(-3\).

Le signe \(-\) devant un nombre peut indiquer son opposé. Ainsi \(-(-4)=4\). Dans \(8-3\), il désigne une soustraction. Un entier peut être écrit avec une virgule ou une fraction : \(12=12{,}000=36/3\). Inversement, une fraction n’est pas nécessairement un entier : \(13/3\) n’en est pas un, car \(3\times4=12<13<15=3\times5\) ; son quotient est strictement entre 4 et 5.

Méthode — Décider si une écriture représente un entier

Indice : on te demande un ensemble ou on veut appliquer une propriété réservée aux entiers. Premier geste : calcule ou simplifie exactement la valeur, sans arrondir.

  1. Cherche si le nombre est égal à \(0\), \(1\), \(2\), etc., ou à l’opposé d’un de ces nombres.

  2. S’il est entier et positif ou nul, il appartient à \(\mathbb{N}\) et à \(\mathbb{Z}\) ; s’il est entier négatif, il appartient à \(\mathbb{Z}\) mais pas à \(\mathbb{N}\).

  3. Ne confonds pas une valeur exacte et une valeur approchée : \(\dfrac{999}{100}=9{,}99\) est proche de 10, mais n’est pas 10.

Exemple de référence. \(\dfrac{-42}{6}=-7\), car \(6\times(-7)=-42\). Donc \(-42/6\in\mathbb{Z}\) et \(-42/6\notin\mathbb{N}\). En revanche \(\dfrac{-43}{6}=-7-\dfrac16\) n’est pas entier. On a séparé \(-43=-42-1\). Comme \(0<1/6<1\), on obtient \(-8<-7-1/6<-7\) : ce nombre est strictement entre deux entiers consécutifs.

À toi — Reconnaître, justifier, changer de représentation

Essai guidé. Simplifie \(28/4\), puis décide s’il est naturel. Écris ensuite \(-18/3\) sous forme entière et classe-le.

Correction expliquée.

\(28/4=7\) car \(4\times7=28\) ; c’est un naturel. \(-18/3=-6\) car \(3\times(-6)=-18\) ; c’est un entier relatif négatif, donc pas un naturel.

Tentative sans aide. Classe \(-0\), \(35/5\), \(35/6\) et \(2{,}50\times2\) dans \(\mathbb{N}\), dans \(\mathbb{Z}\) seulement, ou hors de \(\mathbb{Z}\).

Indice : cherche la valeur exacte et pense à l’opposé de zéro.

Correction expliquée.

\(-0=0\), \(35/5=7\) et \(2{,}50\times2=5\) sont naturels, donc aussi relatifs. Pour \(35/6\), on a \(35=6\times5+5\) : \(35/6=5+5/6\), compris strictement entre 5 et 6. Ce n’est pas un entier. Aucun des quatre nombres n’est dans \(\mathbb{Z}\) seulement.

Justification personnelle. Pourquoi la phrase « un nombre écrit avec une virgule n’est jamais entier » est-elle fausse ? Réponse possible : \(3{,}0=3\), donc la présence d’une virgule ne suffit pas pour décider. Critères : donner une égalité exacte et distinguer l’écriture de la valeur.

Variation. Une calculatrice affiche \(4{,}000\) pour une mesure arrondie. Peut-on affirmer que la mesure exacte est entière ? Non : \(4{,}0002\), arrondi au millième, produit le même affichage. L’affichage peut être arrondi, contrairement à une égalité exacte donnée.

Pour reprendre — Si la fraction te fait hésiter

Erreur typique : « \(12/3\) n’est pas entier parce qu’il y a une barre de fraction. » La barre signifie une division ; elle ne classe pas à elle seule le résultat. Exemple plus simple : \(6/2=3\) puisque \(2\times3=6\). Nouvel essai : compare \(10/2\) et \(11/2\). Le premier vaut 5 ; le second vaut \(5+1/2=5{,}5\). Seul le premier est entier. Retour : applique la même recherche de valeur exacte aux quatre nombres de la tentative précédente.

À reprendre demain, avant relecture. \(-24/(-6)\) est-il naturel ? Aide : le quotient de deux nombres négatifs est positif. Correction : \((-6)\times4=-24\), donc le quotient est 4, naturel. Il ne suffit pas de compter les signes : il faut aussi calculer la valeur.

2. Diviser en gardant une trace exacte du reste

Théorème — Division euclidienne

Pour tout entier relatif \(a\) et tout entier strictement positif \(b\), il existe un unique couple d’entiers \(q\) et \(r\) tel que \[\boxed{a=bq+r\qquad\text{et}\qquad 0\leq r<b.}\] \(a\) est le dividende, \(b\) le diviseur, \(q\) le quotient euclidien et \(r\) le reste. Lorsque \(a\) est naturel, \(q\) est naturel.

Intuition des paquets. Pour partager 173 objets en paquets de 12, on forme 14 paquets et il reste 5 objets. Les paquets correspondent au produit \(12\times14\) ; les objets isolés au reste. Le reste doit être inférieur à 12 : sinon un paquet supplémentaire est possible. Cette image convient à un nombre d’objets positif ou nul ; pour un dividende négatif, on conserve l’égalité et la condition sur le reste, sans parler d’objets négatifs.

Démonstration.

Existence pour \(a\geq0\). On part du reste provisoire \(a\) et d’un quotient égal à 0. Tant que le reste provisoire est au moins \(b\), on lui retire \(b\) et on ajoute 1 au quotient. L’égalité \(a=bq+r\) est conservée : \(b(q+1)+(r-b)=bq+b+r-b=bq+r\). Le reste reste naturel et baisse d’au moins 1 à chaque retrait ; il ne peut donc pas baisser indéfiniment. À l’arrêt, \(0\leq r<b\).

Existence pour \(a<0\). On divise le naturel \(-a\) : \(-a=bq+r\). Si \(r=0\), alors \(a=b(-q)+0\). Si \(r>0\), alors \[a=-bq-r=-bq-b+b-r=b(-q-1)+(b-r),\] et \(0<b-r<b\). On a donc aussi une division correcte.

Unicité. Supposons deux écritures \(a=bq+r=bq'+r'\) avec \(0\leq r<b\) et \(0\leq r'<b\). Si \(q'>q\), les quotients étant entiers, \(q'\geq q+1\). Alors \(bq'\geq bq+b>bq+r=a\), alors que \(a=bq'+r'\geq bq'\) : contradiction. Le cas \(q>q'\) conduit à la même contradiction en échangeant les deux écritures. Donc \(q=q'\), puis \(r=r'\) par soustraction de \(bq\) dans l’égalité.

\(\square\)

Méthode — Effectuer et contrôler une division

Conditions : dividende entier, diviseur entier strictement positif. Premier geste : encadre le dividende entre deux multiples consécutifs du diviseur.

Exemple de référence : 173 par 12. \(12\times14=168\) et \(12\times15=180\). Ainsi \(168\leq173<180\) ; le quotient est 14. Calcule le reste : \(r=173-168=5\). Écris et contrôle les deux informations : \[173=12\times14+5,\qquad 0\leq5<12.\] Le quotient exact \(173/12\) est \(14+5/12\) ; ce n’est pas le quotient euclidien 14.

Cas négatif : \(-23\) par 5. Les multiples consécutifs qui encadrent \(-23\) sont \(-25=5\times(-5)\) et \(-20=5\times(-4)\). On obtient \[-23=5\times(-5)+2,\qquad 0\leq2<5.\] L’écriture \(-23=5\times(-4)-3\) est une égalité vraie, mais son reste négatif ne convient pas.

À toi — Une division n’est pas seulement une égalité

Essai guidé. Divise 94 par 8 : compare \(8\times11\) et \(8\times12\), puis calcule le reste.

Correction expliquée.

\(8\times11=88\) et \(8\times12=96\). Donc \(88\leq94<96\), \(q=11\) et \(r=94-88=6\). La division est \(94=8\times11+6\), avec \(0\leq6<8\).

Tentative sans aide. Effectue les divisions euclidiennes de 207 par 15, de 8 par 15 et de 0 par 15. Indice : un quotient peut être nul.

Correction expliquée.

\(15\times13=195\) et \(15\times14=210\) ; \(207-195=12\), donc \(207=15\times13+12\) avec \(0\leq12<15\). Pour 8, aucun paquet complet de 15 : \(8=15\times0+8\) avec \(0\leq8<15\). Enfin \(0=15\times0+0\) et \(0\leq0<15\).

Justification personnelle. Pourquoi exige-t-on \(r<b\), et non seulement \(r\geq0\) ? Réponse possible : si \(r\geq b\), on peut retirer encore \(b\) au reste et augmenter le quotient d’une unité ; le partage n’est pas terminé. Critères : expliquer le paquet supplémentaire et la conservation de l’égalité.

Variation et contrôle. On annonce \(207=15\times12+27\). L’égalité est vraie, mais \(27\geq15\). Corrige sans tout recommencer : \(27=15+12\), donc \(207=15\times(12+1)+12=15\times13+12\).

Pour reprendre — Si tu oublies de contrôler le reste

Erreur : \(20=6\times2+8\) serait la division euclidienne. Rappel : le reste est ce qui ne permet plus un groupe complet. Exemple corrigé : \(8=6+2\), donc \(20=6\times3+2\) ; \(2<6\). Nouvel essai : répare \(31=5\times5+6\). Comme \(6=5+1\), on obtient \(31=5\times6+1\) avec \(0\leq1<5\). Retour : vérifie maintenant séparément l’égalité et l’encadrement du reste pour 207 par 15.

À reprendre plus tard. Donne le quotient et le reste de \(-17\) par 4. Aide : cherche le multiple de 4 immédiatement inférieur ou égal à \(-17\). Correction : \(-20\leq-17<-16\), soit \(4\times(-5)\leq-17<4\times(-4)\). Le reste vaut \(-17-(-20)=-17+20=3\). Ainsi \(-17=4\times(-5)+3\) et \(0\leq3<4\).

À retenir — Les deux contrôles inséparables

Un entier se reconnaît à sa valeur exacte, pas à son écriture. Pour une division euclidienne, vérifie toujours l’égalité \(a=bq+r\) et l’encadrement \(0\leq r<b\), avec \(b>0\). Le quotient euclidien est entier ; le quotient exact \(a/b\) ne l’est pas toujours.

Multiples, diviseurs et premières preuves

Traduire une phrase par une égalité, prouver une divisibilité, organiser une recherche.

Le rappel utile. Dans un produit \(d\times k\), les deux nombres sont des facteurs. Dire qu’un facteur est entier est une information essentielle. La division euclidienne par un entier \(b>0\) s’écrit \(a=bq+r\) avec \(q,r\) entiers et \(0\leq r<b\).

Repérage — Qui divise qui ?

Complète : \(42=6\times7\), donc 42 est un … de 6, et 6 est un … de 42. L’égalité \(10=4\times2{,}5\) prouve-t-elle que 4 divise 10 ?

Correction expliquée.

42 est un multiple de 6 ; 6 est un diviseur de 42. Le produit est commutatif : 7 est aussi un diviseur de 42. En revanche \(2{,}5\) n’est pas entier, donc la seconde égalité ne prouve pas une divisibilité. En fait \(10=4\times2+2\) : la division laisse un reste non nul. Si tu as inversé les mots, relis la définition en disant à voix haute « le petit groupe, puis le total », sans en faire une règle de taille valable pour zéro ou les négatifs.

1. Une définition qui donne une méthode de preuve

Définition — Multiple et diviseur dans les entiers

Soient \(d\) et \(n\) deux entiers relatifs. On dit que \(n\) est un multiple de \(d\), ou que \(d\) est un diviseur de \(n\), lorsqu’il existe un entier relatif \(k\) tel que \(n=dk\). On dit aussi que \(n\) est divisible par \(d\).

La notation \(d\mid n\) se lit « \(d\) divise \(n\) ». Elle n’est pas une fraction. Par exemple \(7\mid(-35)\), puisque \(-35=7\times(-5)\) ; mais \(7\nmid36\).

L’entier \(k\) est le témoin qui prouve l’affirmation. Pour \(12\mid84\), le témoin est 7. Pour prouver que 84 est divisible par 12, il suffit d’écrire \(84=12\times7\) et de préciser que 7 est entier.

Propriété — Les cas qu’il ne faut pas oublier

Tout entier \(d\) divise zéro ; 1 et \(-1\) divisent tout entier ; tout entier est un multiple de lui-même. Zéro ne divise que zéro, au sens de la définition par un produit. Si \(d\mid n\), alors \((-d)\mid n\) également.

Démonstration.

Les égalités \(0=d\times0\), \(n=1\times n\), \(n=(-1)\times(-n)\) et \(n=n\times1\) donnent des témoins entiers. Un produit \(0\times k\) vaut toujours 0 : l’égalité \(n=0\times k\) n’est possible que pour \(n=0\), et elle est bien possible alors. Enfin, si \(n=dk\), alors \(n=(-d)(-k)\), avec \(-k\) entier.

\(\square\)

Attention : l’affirmation \(0\mid0\) ne définit pas \(0/0\). Une divisibilité définie par un produit et une division numérique sont deux notions différentes. On ne divise jamais par zéro.

Caractérisation — Quotient entier ou reste nul

Si \(d\ne0\), \(d\mid n\) équivaut à dire que le quotient exact \(n/d\) est un entier. Si de plus \(d>0\), cela équivaut à un reste nul dans la division euclidienne de \(n\) par \(d\).

Démonstration.

Si \(n=dk\) avec \(k\) entier et \(d\ne0\), on divise l’égalité par \(d\) : \(n/d=dk/d=k\). Inversement, si \(n/d=k\) est entier, on multiplie les deux membres par \(d\) : \(n=dk\). Si le reste vaut zéro, \(n=dq+0=dq\) fournit un témoin entier. Réciproquement, si \(n=dk\), cette écriture a le reste 0, autorisé car \(0\leq0<d\) ; l’unicité de la division euclidienne impose ce reste.

\(\square\)

Propriété — Sommes, différences et produits par un entier

Si \(d\) divise \(a\) et \(b\), alors \(d\) divise \(a+b\), \(a-b\) et, plus généralement, \(ua+vb\) pour tous entiers \(u\) et \(v\).

Démonstration.

Les hypothèses donnent \(a=dk\) et \(b=d\ell\), avec \(k,\ell\) entiers. Alors \[a+b=dk+d\ell=d(k+\ell),\qquad a-b=dk-d\ell=d(k-\ell).\] Les nombres \(k+\ell\) et \(k-\ell\) sont entiers. De même, \[ua+vb=u(dk)+v(d\ell)=d(uk)+d(v\ell)=d(uk+v\ell),\] et \(uk+v\ell\) est entier. Ce sont les témoins cherchés.

\(\square\)

Exemple avec les données réelles. \(84=7\times12\) et \(35=7\times5\). Donc \[3\times84-2\times35=7(3\times12-2\times5)=7(36-10)=7\times26=182.\] Le facteur 26, entier, prouve la divisibilité par 7 ; la valeur 182 sert aussi de contrôle numérique.

Proposition — Transmettre une divisibilité

Si \(a\mid b\) et \(b\mid c\), alors \(a\mid c\).

Démonstration.

Il existe des entiers \(k\) et \(\ell\) tels que \(b=ak\) et \(c=b\ell\). En remplaçant \(b\) par \(ak\), on obtient \(c=(ak)\ell=a(k\ell)\). Le produit \(k\ell\) est entier : il prouve que \(a\mid c\).

\(\square\)

Par exemple, \(6\mid30\) et \(30\mid210\) entraînent \(6\mid210\) ; le témoin vaut \(5\times7=35\).

Méthode — Démontrer « est un multiple de »

Indice : l’énoncé porte sur un nombre construit avec un entier \(n\), sans fixer sa valeur. Premier geste : nomme le diviseur attendu et cherche à le mettre en facteur. Condition : le facteur restant doit être entier.

Exemple de référence. Montrons que \(15n+21\) est divisible par 3 pour tout entier \(n\) : \[15n+21=(3\times5)n+3\times7=3(5n)+3\times7=3(5n+7).\] Puisque \(n\) est entier, \(5n+7\) l’est aussi. L’expression est donc un multiple de 3. Avec \(n=-2\), on contrôle \(15(-2)+21=-30+21=-9=3\times(-3)\) ; ce contrôle illustre la preuve, sans la remplacer.

Autre voie utile. Si l’expression est un nombre fixé, une division euclidienne suffit. Pour 203 et 7 : \(203=7\times29+0\) ; le reste nul prouve la divisibilité. Il n’est pas nécessaire de chercher une formule générale.

À toi — Prouver sans se limiter à des essais

Essai guidé. Pour un entier \(n\), mets 4 en facteur dans \(12n-20\), puis nomme le témoin entier.

Correction expliquée.

\(12n-20=(4\times3)n-4\times5=4(3n)-4\times5=4(3n-5)\). Le témoin \(3n-5\) est entier, donc 4 divise \(12n-20\).

Tentative. On sait que \(a\) et \(b\) sont des multiples de 9. Prouve que \(2a-5b\) est un multiple de 9. Indice : utilise deux témoins différents, car \(a\) et \(b\) ne sont pas supposés égaux.

Correction expliquée.

Écrivons \(a=9k\) et \(b=9\ell\), avec \(k,\ell\) entiers. Alors \(2a-5b=2(9k)-5(9\ell)=9(2k)-9(5\ell)=9(2k-5\ell)\). Le facteur \(2k-5\ell\) est entier, d’où la conclusion.

Justification personnelle. Pourquoi faut-il écrire « \(2k-5\ell\) est entier » ? Réponse possible : la définition exige un facteur entier, pas seulement un facteur réel ; sinon toute division par un nombre non nul fournirait une fausse preuve. Critères : citer la condition d’intégralité et expliquer sa fonction.

Variation. Si 5 divise \(a+b\), divise-t-il forcément \(a\) et \(b\) ? Non : \(a=6\), \(b=9\) donnent \(a+b=15=5\times3\), mais ni 6 ni 9 n’est divisible par 5. Une propriété ne donne pas automatiquement sa réciproque.

Pour reprendre — Si tu ne trouves pas le facteur entier

Erreur : « \(6n+4\) est un multiple de 3 car \(6n+4=3(2n+4/3)\). » L’égalité est vraie, mais \(2n+4/3\) n’est pas entier pour \(n\) entier. Rappel : le facteur restant doit être entier. Exemple plus simple : \(6n+3=3(2n+1)\) fonctionne, car \(2n+1\) est entier. Nouvel essai : \(10n+15=5(2n+3)\) est un multiple de 5 ; \(10n+16\) ne l’est pas, puisque sa division laisse le reste 1 après \(5(2n+3)\). Retour : dans la preuve de la tentative, souligne le témoin entier plutôt que le seul chiffre 9.

Reprise différée. Prouve que \(14n+35\) est divisible par 7. Aide : réécris 14 et 35 comme produits par 7. Correction : \(14n+35=(7\times2)n+7\times5=7(2n+5)\) ; \(2n+5\) est entier. La preuve vaut aussi pour \(n\) négatif.

2. Trouver tous les diviseurs, sans en oublier

Repérage — Une liste et une borne

On propose \(1,2,3,4,6\) comme liste des diviseurs positifs de 12. Est-elle complète ? Quel est le plus grand multiple de 5 inférieur ou égal à 23 ?

Correction expliquée.

Il manque 12 lui-même, puisque \(12=12\times1\). La liste complète est \(1,2,3,4,6,12\). Pour la seconde question, \(5\times4=20\leq23\) et \(5\times5=25>23\) : le multiple cherché est 20. Si tu as oublié 12, travaille les paires de facteurs ; si tu as répondu 25, reprends le sens de « inférieur ou égal » dans la méthode des bornes.

Méthode — Les paires de facteurs

Conditions : on cherche les diviseurs positifs d’un entier \(n>0\). Premier geste : commence par \(1\times n\), puis teste les entiers dans l’ordre. Chaque division exacte donne une paire \(d\) et \(n/d\).

Exemple de référence : 72. \[72=1\times72=2\times36=3\times24=4\times18=6\times12=8\times9.\] Les tests de 5 et 7 ne sont pas exacts : \(72=5\times14+2=7\times10+2\). On s’arrête après 8, car \(9^2=81>72\) : une paire nouvelle aurait déjà son petit facteur parmi les entiers testés. Les diviseurs positifs sont donc \[1,2,3,4,6,8,9,12,18,24,36,72.\] Pourquoi cet arrêt est-il sûr ? Si \(n=de\) avec \(d,e>0\) et \(d\leq e\), alors \(d^2\leq de=n\). Chaque paire possède donc un petit facteur dont le carré ne dépasse pas \(n\). Ce raisonnement évite d’énumérer inutilement jusqu’à \(n\).

Contrôle : multiplie les termes associés et trie la liste. Pour un carré, une paire peut avoir deux facteurs égaux : \(36=6\times6\) ; le diviseur 6 ne s’écrit qu’une fois dans la liste. Pour obtenir les diviseurs relatifs d’un entier positif, on ajoute les opposés de tous les diviseurs positifs.

Propriété — Le plus grand multiple ne dépassant pas une borne

Soient \(a>0\) et \(b\geq0\) deux entiers. Si \(b=aq+r\) est la division euclidienne de \(b\) par \(a\), alors \(aq\) est le plus grand multiple de \(a\) inférieur ou égal à \(b\).

Démonstration.

Comme \(r\geq0\), on a \(aq\leq aq+r=b\). Comme \(r<a\), on a \(b=aq+r<aq+a=a(q+1)\). Le multiple suivant est donc déjà trop grand ; tous les suivants le sont aussi puisque \(a>0\).

\(\square\)

Exemple. \(113=9\times12+5\), avec \(0\leq5<9\). Le multiple cherché est \(9\times12=108\) ; le suivant, 117, dépasse 113.

Méthode — Lister des multiples dans une plage

Pour trouver les multiples de 7 compris entre 50 et 100, commence par les deux produits qui encadrent 50 : \(7\times7=49<50\) et \(7\times8=56\geq50\). Le premier est donc 56. Ajoute ensuite 7 : \(56,63,70,77,84,91,98\). Le suivant, 105, est supérieur à 100. Les deux extrémités ont été contrôlées : la liste est complète.

Si l’énoncé disait « strictement inférieur à 98 », il faudrait enlever 98. La présence ou non d’une borne change la réponse.

À toi — Liste complète et borne exacte

Essai guidé. Liste les diviseurs positifs de 40 en utilisant des paires.

Correction expliquée.

\(40=1\times40=2\times20=4\times10=5\times8\). Les tests de 3 et de 6 échouent : restes 1 et 4. Comme \(7^2>40\), tous les petits facteurs possibles ont été testés. La liste triée est \(1,2,4,5,8,10,20,40\).

Tentative. Trouve les diviseurs positifs de 49, puis les multiples de 12 compris entre 65 et 120, bornes incluses. Indice : n’écris pas deux fois un facteur égal à son partenaire.

Correction expliquée.

\(49=1\times49=7\times7\). Les autres tests donnent \(49=2\times24+1=3\times16+1=4\times12+1=5\times9+4=6\times8+1\) : aucun reste n’est nul. Après 7, le carré dépasse 49. La liste est \(1,7,49\). Pour les multiples, \(12\times5=60<65\) et \(12\times6=72\geq65\). Les valeurs sont \(72,84,96,108,120\). La borne 120 est incluse ; le produit suivant vaut 132 et dépasse la borne.

Justification personnelle. Pourquoi tester les diviseurs de 72 seulement jusqu’à 8 ne fait-il pas oublier 24 ? Réponse possible : 24 apparaît comme partenaire de 3, puisque \(3\times24=72\) ; chaque grand facteur est rencontré avec un petit facteur. Critères : nommer la paire et expliquer le rôle du petit facteur.

Variation. Zéro a-t-il une liste finie de diviseurs positifs ? Non : pour tout entier positif \(d\), \(0=d\times0\). La méthode de liste finie était donc volontairement réservée à \(n>0\).

Pour reprendre — Si « multiple » et « diviseur » s’inversent

Erreur : chercher les diviseurs de 12 en écrivant \(12,24,36,\ldots\). Ce sont ses multiples. Rappel : un diviseur positif se cherche dans une égalité \(12=d\times k\) ; les deux facteurs sont positifs. Exemple : \(12=3\times4\) donne les diviseurs 3 et 4. Nouvel essai : pour 18, les paires \(1\times18\), \(2\times9\), \(3\times6\) donnent \(1,2,3,6,9,18\). Les multiples commencent par \(0,18,36,54,\ldots\). Retour : vérifie chaque élément de la liste des diviseurs de 49 par un produit égal à 49.

À reprendre plus tard. Quel est le plus grand multiple de 8 inférieur ou égal à 150 ? Aide : calcule le reste après \(8\times18\). Correction : \(8\times18=144\), \(150-144=6\) et \(0\leq6<8\) ; le multiple est 144. Le suivant vaut \(144+8=152>150\), ce qui justifie qu’il est le plus grand.

À retenir — La preuve tient dans le facteur entier

\(d\mid n\) signifie \(n=dk\) pour un entier \(k\). Pour démontrer, fournis ce témoin. Pour réfuter, un reste non nul convient lorsque le diviseur est positif. Pour lister, utilise des paires ou des multiples consécutifs et contrôle les bornes. Une somme de multiples reste un multiple ; sa réciproque est fausse en général.

Comprendre les critères de divisibilité

Décider rapidement, expliquer le rôle des chiffres et combiner des conditions.

Rappel local. Un entier \(n\) est divisible par un entier \(d\ne0\) si \(n=dk\) pour un entier \(k\). Si deux nombres sont divisibles par \(d\), leur somme et leur différence le sont : \(du+dv=d(u+v)\) et \(du-dv=d(u-v)\). C’est ce qui permettra de justifier les critères, au lieu de les apprendre comme des recettes sans raison.

Repérage — Un raccourci, mais pas au hasard

Sans poser la division, 5832 est-il divisible par 2 ? par 9 ? par 5 ?

Correction expliquée.

Il se termine par 2, donc il est divisible par 2. La somme de ses chiffres vaut \(5+8+3+2=18\), divisible par 9 : 5832 est divisible par 9. Son dernier chiffre n’est ni 0 ni 5, donc il n’est pas divisible par 5. Si tu as utilisé seulement le dernier chiffre pour 9, les justifications ci-dessous te permettront de distinguer les critères.

1. La numération décimale explique les critères

Notation — Unités, dizaines, centaines

Pour un entier naturel, chaque chiffre indique un nombre de paquets d’une certaine taille. Ainsi \[5832=5\times1000+8\times100+3\times10+2.\] Si \(u\) est le chiffre des unités et \(q\) le nombre formé par tous les autres chiffres, \(n=10q+u\). Si \(t\) est le nombre formé par les deux derniers chiffres, on écrit \(n=100q+t\). Pour un nombre de moins de deux chiffres, on peut écrire un zéro devant : \(7=07\).

Critère — Divisibilité par 2, 5 ou 10

Un entier naturel est divisible par 2 si et seulement si son chiffre des unités est \(0,2,4,6\) ou 8. Il est divisible par 5 si et seulement si ce chiffre est 0 ou 5. Il est divisible par 10 si et seulement si ce chiffre est 0.

Démonstration.

Écrivons \(n=10q+u\). Le nombre \(10q\) est divisible par 2, par 5 et par 10. Pour chacun de ces diviseurs \(d\), si \(u\) est divisible par \(d\), la somme \(10q+u\) l’est ; inversement, si \(n\) l’est, la différence \(n-10q=u\) l’est. Il reste à lister les multiples de \(d\) parmi les chiffres de 0 à 9 : ce sont exactement les chiffres annoncés.

\(\square\)

Critère — Divisibilité par 4

Un entier naturel est divisible par 4 si et seulement si le nombre formé par ses deux derniers chiffres est divisible par 4.

Démonstration.

Écrivons \(n=100q+t=4\times25q+t\). Si \(t\) est un multiple de 4, \(n\) est une somme de multiples de 4. Si \(n\) est un multiple de 4, alors \(t=n-4\times25q\) est une différence de multiples de 4. On a bien justifié les deux sens.

\(\square\)

Exemples. 7316 est divisible par 4 car \(16=4\times4\). 7326 ne l’est pas car \(26=4\times6+2\). Le dernier chiffre 6, seul, ne permet pas de décider. Pour 7300, les deux derniers chiffres représentent 0, multiple de 4 : il est bien divisible par 4.

Lemme — Remplacer une puissance de 10 par 1

Les nombres \(10-1\), \(100-1\), \(1000-1\), etc., sont des multiples de 9, donc aussi de 3.

Démonstration.

Ils s’écrivent respectivement \(9\), \(99=9\times11\), \(999=9\times111\), etc. Plus généralement, pour un entier \(j\geq1\), le nombre constitué de \(j\) chiffres 9 est 9 fois le nombre constitué de \(j\) chiffres 1 ; c’est exactement \(10^j-1\). Ici \(10^j\) signifie le produit de \(j\) facteurs égaux à 10. La multiplication par 9 donne un 9 à chaque rang, sans retenue. Pour le rang des unités, la différence est simplement \(1-1=0\), elle aussi multiple de 9.

\(\square\)

Critère — Divisibilité par 3 ou par 9

Un entier naturel est divisible par 3 si et seulement si la somme de ses chiffres est divisible par 3. Le même énoncé est vrai avec 9 à la place de 3.

Démonstration.

Dans l’écriture décimale, remplaçons chaque puissance de 10 par 1. On obtient la somme des chiffres. La différence entre le nombre et cette somme est une somme de termes « chiffre \(\times(10^j-1)\) ». Le lemme prouve que chaque terme est un multiple de 9 ; leur somme l’est donc aussi, ainsi que de 3. Pour \(d=3\) ou \(d=9\), si la somme des chiffres est divisible par \(d\), le nombre l’est par addition de cette différence. Réciproquement, si le nombre est divisible par \(d\), la somme des chiffres l’est en soustrayant cette différence.

\(\square\)

Application détaillée à 5832. La somme des chiffres est \(s=5+8+3+2=18\) et \[\begin{align*} 5832-18 &=5(1000-1)+8(100-1)+3(10-1)+2(1-1)\\ &=5\times999+8\times99+3\times9+0\\ &=9(5\times111+8\times11+3)\\ &=9(555+88+3)=9\times646. \end{align*}\] Puisque \(18=9\times2\), on retrouve \(5832=9(646+2)=9\times648\). Le critère a donc une raison algébrique précise.

Bon réflexe — Réduire encore la somme des chiffres

Si la somme est grande, on peut lui appliquer le même critère. Pour 987654, elle vaut \(9+8+7+6+5+4=39\), puis \(3+9=12\), puis \(1+2=3\). Le nombre est divisible par 3 mais pas par 9. La justification est la succession d’équivalences données par le critère, pas une propriété magique des chiffres.

Ce raccourci concerne 3 et 9. Il ne décide pas de la divisibilité par 4, 5 ou 7. Et il ne donne pas directement le quotient de la division.

2. Croiser deux conditions sans inventer une règle

Critère — Divisibilité par 6 et par 12

Un entier est divisible par 6 si et seulement s’il est divisible par 2 et par 3. Il est divisible par 12 si et seulement s’il est divisible par 3 et par 4.

Démonstration.

Si \(n=6k\), alors \(n=2(3k)=3(2k)\) : il est divisible par 2 et par 3. Réciproquement, supposons \(n=3q\) et \(n\) divisible par 2. Le nombre \(2q\) est divisible par 2 ; donc \(q=n-2q=3q-2q\) est divisible par 2. Écrivons \(q=2t\) : \(n=3(2t)=6t\).

Si \(n=12k\), alors \(n=3(4k)=4(3k)\), ce qui donne un sens. Pour l’autre, supposons \(n=4q\) et \(n\) divisible par 3. Comme \(3q\) est divisible par 3, \(q=n-3q=4q-3q\) l’est également. Écrivons \(q=3t\) : \(n=4(3t)=12t\).

\(\square\)

Piège — Deux diviseurs ne se multiplient pas toujours

Il est faux de dire sans condition : « divisible par \(a\) et par \(b\), donc divisible par \(ab\) ». Le nombre 12 est divisible par 4 et par 6, mais pas par \(4\times6=24\). Les deux tests réutilisent ici un facteur 2. Les critères pour 6 et 12 ci-dessus sont justifiés spécifiquement ; on ne les étend pas sans preuve à n’importe quelle paire.

Méthode — Choisir les tests utiles

Indice : on veut décider d’une divisibilité ou compléter un chiffre. Premier geste : regarde le diviseur demandé, puis choisis les chiffres qui suffisent.

  • Pour 2, 5 ou 10 : regarde seulement le chiffre des unités.

  • Pour 4 : regarde le nombre formé par les deux derniers chiffres.

  • Pour 3 ou 9 : calcule la somme de tous les chiffres.

  • Pour 6 ou 12 : fais les deux tests du critère correspondant ; un seul succès ne suffit pas.

Exemple de référence. 5832 est-il divisible par 12 ? Les deux derniers chiffres donnent \(32=4\times8\) ; il est divisible par 4. La somme des chiffres vaut 18, divisible par 3. Les deux conditions sont réunies : il est divisible par 12. Contrôle : \(12\times486=12\times(400+80+6)=12\times400+12\times80+12\times6=4800+960+72=5832\).

Variante par division. Si le diviseur n’a pas de critère connu, reviens à une division euclidienne. Pour 7, \(5832=7\times833+1\) ; il n’est pas divisible par 7. Aucun critère sur la seule somme des chiffres n’a été utilisé.

À toi — Un chiffre à choisir

Essai guidé. Dans le nombre \(7\square2\), remplace le carré par un chiffre pour obtenir un multiple de 3. Commence par écrire la somme des chiffres avec une lettre \(c\).

Correction expliquée.

La somme vaut \(7+c+2=9+c\). Comme 9 est un multiple de 3, il faut que \(c\) en soit un aussi. Parmi les chiffres de 0 à 9, ce sont \(0,3,6,9\). Les quatre nombres possibles sont 702, 732, 762 et 792. Le chiffre 0 est autorisé ici : il n’est pas en tête du nombre.

Tentative sans aide. Complète \(5\square4\) pour que le nombre soit divisible à la fois par 9 et par 4. Indice : commence par la somme des chiffres, puis vérifie les deux derniers chiffres pour chaque possibilité.

Correction expliquée.

Avec le chiffre \(c\), la somme est \(5+c+4=9+c\). Pour être multiple de 9, avec \(0\leq c\leq9\), elle doit valoir 9 ou 18 ; donc \(c=0\) ou \(c=9\). Pour \(c=0\), les deux derniers chiffres donnent \(04=4\), divisible par 4. Pour \(c=9\), ils donnent \(94=4\times23+2\), non divisible par 4. Le seul nombre est donc 504. Contrôles : \(504=9\times56=4\times126\).

Justification personnelle. Pourquoi le critère par 4 utilise-t-il les deux derniers chiffres et pas les trois premiers ? Réponse possible : les autres chiffres forment un multiple de 100, lui-même multiple de 4 ; seule la partie restante peut changer la divisibilité. Critères : citer \(n=100q+t\) et \(100=4\times25\).

Variation. Les chiffres de 5832 sont réordonnés pour former 5283. La divisibilité par 9 est conservée : la somme des chiffres n’a pas changé. La divisibilité par 2 n’est pas conservée : le chiffre final est maintenant 3. Une transformation peut préserver un critère sans préserver les autres.

Pour reprendre — Si tu confonds « par 3 » et « par 9 »

Erreur : « 123 est divisible par 9 car \(1+2+3=6\) est divisible par 3. » Rappel : pour tester 9, la somme doit être un multiple de 9, pas seulement de 3. Exemple plus simple : 12 est divisible par 3 puisque \(1+2=3\), mais pas par 9. Nouvel essai : décide d’abord si 234 et 235 sont divisibles par 3 et par 9, puis contrôle. Pour 234, la somme est \(2+3+4=9\) ; 234 est divisible par 9 et par 3. Pour 235, la somme 10 n’est multiple ni de 3 ni de 9. Retour : applique exactement le diviseur demandé aux sommes \(9+c\) de l’essai et de la tentative.

À reprendre dans deux jours. Sans poser de division, indique si 4212 est divisible par 4, 6 et 9. Aide : deux derniers chiffres, somme des chiffres, chiffre final.

Correction expliquée.

\(12=4\times3\), donc 4212 est divisible par 4. Sa somme de chiffres vaut \(4+2+1+2=9\), donc il est divisible par 3 et par 9. Son chiffre final 2 le rend divisible par 2 ; avec le test par 3, cela prouve qu’il est divisible par 6. Les trois réponses sont donc positives, mais chacune repose sur son propre argument.

Remarque — Et pour un entier négatif ou pour zéro ?

Un entier \(n\) et son opposé \(-n\) ont les mêmes diviseurs non nuls : si \(n=dk\), alors \(-n=d(-k)\). Pour tester \(-5832\), on peut donc tester 5832. Zéro est divisible par chacun des diviseurs non nuls étudiés, puisque \(0=d\times0\) ; les critères donnent bien cette réponse.

À retenir — Un critère est une équivalence justifiée

Le dernier chiffre suffit pour 2, 5 et 10 ; les deux derniers pour 4 ; la somme des chiffres pour 3 et 9. Croiser des conditions demande une règle justifiée. Pour un diviseur sans critère connu, la division euclidienne reste une méthode générale.

Parité et raisonnements

Déterminer une parité, puis expliquer pourquoi le résultat est toujours vrai.

La parité permet de répondre à certaines questions sans connaître exactement les nombres : une somme peut-elle être impaire ? Un produit est-il nécessairement pair ? Une affirmation est-elle vraie pour tous les entiers ? Dans cette unité, on apprend à transformer ces questions en raisonnements.

1. Les mots et les gestes nécessaires

Rappel — Des entiers et des calculs qui gardent leur sens

Un entier relatif est un nombre de la liste \(\ldots,-3,-2,-1,0,1,2,3,\ldots\). L’ensemble de ces nombres est noté \(\mathbb{Z}\). Les entiers naturels \(0,1,2,\ldots\) forment \(\mathbb{N}\). Une somme, une différence et un produit d’entiers sont encore des entiers. Cette précision sera essentielle : écrire \(n=2t\) ne prouve que \(n\) est pair que si \(t\) est un entier.

Distribuer, c’est multiplier chacun des termes d’une somme. Par exemple, \[3(2k+1)=3\times 2k+3\times1=6k+3.\] Pour deux sommes, il y a quatre produits : \[(a+b)(c+d)=ac+ad+bc+bd.\] Factoriser par 2, c’est effectuer le chemin inverse : \(6k+2b-2=2(3k+b-1)\), car la distribution de \(2\) redonne bien \(6k\), \(2b\) et \(-2\).

Repérage — Avant de calculer une parité

Classe \(-8\), \(-5\), \(0\), \(7\) et \(3{,}2\) en nombres pairs, impairs ou nombres auxquels ces mots ne s’appliquent pas. Puis calcule \(5+9\) et \(5\times9\) : ont-ils la même parité ?

Correction expliquée.

\(-8=2\times(-4)\) et \(0=2\times0\) sont pairs. Les nombres \(-5=2\times(-3)+1\) et \(7=2\times3+1\) sont impairs. Le nombre \(3{,}2\) n’est pas entier : il n’est ni pair ni impair. Enfin, \(5+9=14\) est pair, alors que \(5\times9=45\) est impair. Une règle concernant une somme ne se transporte donc pas à un produit.

Si le signe moins ou zéro t’a gêné, reprends la définition suivante. Si tu as confondu les deux opérations, compare les preuves de la partie 2.

Définition — Pair, impair, parité

Un entier \(n\) est pair lorsqu’il peut s’écrire \(n=2k\), avec \(k\) entier. Il est impair lorsqu’il peut s’écrire \(n=2k+1\), avec \(k\) entier. La parité d’un entier indique s’il est pair ou impair.

Le nombre \(0\) est pair. Un entier négatif peut être pair ou impair : \(-12=2\times(-6)\) et \(-11=2\times(-6)+1\). Dans la seconde écriture, le \(+1\) reste bien un \(+1\) : \(-12+1=-11\).

Propriété — Deux possibilités, sans chevauchement

Chaque entier est soit pair, soit impair, et ne peut pas être les deux.

Démonstration.

La division euclidienne d’un entier \(n\) par \(2\) donne \(n=2q+r\), où \(q\) est entier et où le reste vérifie \(0\leqslant r<2\). Le reste entier est donc \(0\) ou \(1\) : ce sont exactement les deux formes de la définition. Cela fonctionne aussi pour les nombres négatifs ; par exemple, \(-5=2\times(-3)+1\).

Si un même entier était à la fois \(2a\) et \(2b+1\), on aurait \(2a=2b+1\), puis, en soustrayant \(2b\) aux deux membres, \(2(a-b)=1\). En divisant par \(2\), on obtiendrait \(a-b=\tfrac12\), impossible puisque \(a-b\) est entier.

\(\square\)

Pour une quantité d’objets, être pair signifie pouvoir former des paires sans reste ; être impair laisse un objet isolé. Cette image explique le rôle de \(2k\) et \(2k+1\) pour les entiers positifs ou nuls. Elle ne représente pas une « quantité négative d’objets » : pour les entiers négatifs, on revient aux écritures algébriques et à la droite graduée.

Droite graduée de −4 à 5. Les entiers pairs −4, −2, 0, 2 et 4 sont représentés par des disques bleu-vert ; les impairs −3, −1, 1, 3 et 5 par des carrés ocre. Les deux formes alternent. Une flèche de −4 à −2 montre qu'ajouter 2 conserve la parité, y compris avec des entiers négatifs.

Lecture du schéma. De \(-4\) à \(5\), les deux formes alternent à chaque pas de \(1\). Avancer de \(2\) conserve la parité. Zéro appartient à la même famille que \(-4\), \(-2\), \(2\) et \(4\) ; l’alternance ne s’arrête pas lorsqu’on traverse zéro.

2. Prouver les règles de calcul sur les parités

Propriété — L’opposé conserve la parité

Un entier et son opposé ont la même parité.

Démonstration.

Si \(n=2k\), alors \(-n=-2k=2(-k)\), avec \(-k\) entier. Si \(n=2k+1\), alors \[-n=-(2k+1)=-2k-1=-2k-2+1=2(-k-1)+1.\] Le nombre \(-k-1\) est entier. Dans les deux cas, l’opposé garde donc la forme attendue.

\(\square\)

Propriété — Sommes et différences

La somme de deux entiers de même parité est paire ; celle de deux entiers de parités différentes est impaire. Ces règles restent vraies pour leur différence.

Démonstration.

On utilise \(k\) et \(\ell\), deux entiers qui ne sont pas obligés d’être égaux.

  • Deux pairs : \(2k+2\ell=2(k+\ell)\), donc leur somme est paire.

  • Un pair et un impair : \(2k+(2\ell+1)=2k+2\ell+1=2(k+\ell)+1\), donc leur somme est impaire. L’ordre des deux termes ne change pas la somme.

  • Deux impairs : \[(2k+1)+(2\ell+1)=2k+2\ell+2=2(k+\ell+1),\] donc leur somme est paire.

Les expressions entre parenthèses sont des entiers : on a bien retrouvé les définitions. Enfin, soustraire \(b\) revient à ajouter \(-b\). Puisque \(b\) et \(-b\) ont la même parité, les règles pour \(a-b=a+(-b)\) sont identiques à celles de la somme.

\(\square\)

Propriété — Produits

Un produit de deux entiers est pair dès qu’au moins un des deux facteurs est pair. Le produit de deux impairs est impair.

Démonstration.

Pour deux pairs, \((2k)(2\ell)=4k\ell=2(2k\ell)\) est pair. Pour un pair et un impair, \[(2k)(2\ell+1)=(2k)(2\ell)+(2k)\times1 =4k\ell+2k=2(2k\ell+k),\] ce qui est pair. L’ordre des facteurs n’a pas d’importance. Pour deux impairs, on montre les quatre produits avant de regrouper : \[\begin{align*} (2k+1)(2\ell+1) &=(2k)(2\ell)+(2k)\times1+1\times(2\ell)+1\times1\\ &=4k\ell+2k+2\ell+1\\ &=2(2k\ell+k+\ell)+1. \end{align*}\] Le nombre \(2k\ell+k+\ell\) étant entier, le produit est impair.

\(\square\)

Parité de \(a\) Parité de \(b\) \(a+b\) ou \(a-b\) \(ab\)
paire paire paire paire
paire impaire impaire paire
impaire paire impaire paire
impaire impaire paire impaire

Ce tableau résume les résultats démontrés. Il ne faut pas mémoriser une ligne sans regarder l’opération concernée.

3. S’entraîner à déterminer une parité

Méthode — Choisir entre les règles et l’écriture algébrique

Indices. On connaît la parité de certains entiers, mais pas leur valeur. On demande celle d’une expression.

  1. Vérifier que toutes les lettres désignent des entiers.

  2. Repérer les opérations et les traiter dans l’ordre : d’abord les parenthèses et les produits, puis les sommes.

  3. Utiliser les règles démontrées. Si une preuve algébrique est demandée, écrire chaque pair sous la forme \(2k\), chaque impair sous la forme \(2k+1\), avec des lettres distinctes pour des nombres indépendants.

  4. Obtenir \(2K\) ou \(2K+1\), en expliquant pourquoi \(K\) est entier. Conclure en une phrase.

Contrôle. Un essai numérique peut détecter une erreur de signe ou une conclusion impossible. Il ne remplace pas la preuve pour tous les entiers concernés.

Exemple — Une expression qui est toujours paire

Soient \(a\) un entier impair et \(b\) un entier quelconque. Quelle est la parité de \(3a+2b-5\) ?

Par les règles. Le produit \(3a\) est impair, car ses deux facteurs sont impairs. Le nombre \(2b\) est pair. Ainsi, \(3a+2b\) est impair ; en lui soustrayant l’impair \(5\), on obtient un pair.

Par l’écriture algébrique. Il existe un entier \(k\) tel que \(a=2k+1\). On remplace \(a\) dans l’expression : \[\begin{align*} 3a+2b-5&=3(2k+1)+2b-5\\ &=3\times2k+3\times1+2b-5\\ &=6k+3+2b-5\\ &=6k+2b-2=2(3k+b-1). \end{align*}\] Comme \(3k+b-1\) est entier, l’expression est paire. Aucune hypothèse de parité sur \(b\) n’était nécessaire.

Vérification. Avec \(a=-3\) et \(b=4\), on obtient \(-9+8-5=-6\), effectivement pair. Cet essai confirme la cohérence du calcul, pas son universalité.

À toi — Essai guidé : une somme de trois termes

Les entiers \(a\) et \(b\) sont impairs. Détermine la parité de \(a+b+1\). Guidage. Écris \(a=2k+1\) et \(b=2\ell+1\). Remplace les deux lettres, regroupe les termes pairs et conserve un \(+1\) à la fin.

Correction expliquée.

\[a+b+1=(2k+1)+(2\ell+1)+1 =2k+2\ell+3=2(k+\ell+1)+1.\] Le nombre \(k+\ell+1\) est entier ; la somme est donc impaire. Cela concorde avec les règles : les deux premiers impairs donnent un pair, puis ajouter \(1\) donne un impair.

À toi — Chercher avant de lire la correction

On sait que \(a\) est impair et que \(b\) est pair. Détermine la parité de \(a(b+1)-2b\), sans choisir de valeurs pour \(a\) et \(b\). Écris une justification pour chaque opération.

Indice, après une tentative. Commence par \(b+1\). Ne confonds pas la parité de \(b\) avec celle de cette parenthèse.

Correction expliquée.

Comme \(b\) est pair et \(1\) impair, \(b+1\) est impair. Les deux facteurs de \(a(b+1)\) sont donc impairs : leur produit est impair. Le produit \(2b\) est pair, puisqu’il contient le facteur pair \(2\). La différence d’un impair et d’un pair est impaire. Ainsi, \(a(b+1)-2b\) est impair.

Justification personnelle — Revenir de la somme vers les termes

Un élève affirme : « Si la somme de deux entiers est paire, les deux entiers sont pairs. » Est-ce exact ? Donne un contre-exemple si nécessaire, puis écris l’information que l’on peut réellement déduire sur les deux termes.

Correction expliquée.

L’affirmation est fausse : \(7+9=16\) est pair, mais \(7\) et \(9\) sont impairs. La conclusion correcte est : les deux entiers ont la même parité. En effet, s’ils avaient des parités différentes, leur somme serait impaire, contrairement à l’hypothèse.

Critères de contenu. Une justification complète vérifie l’hypothèse du contre-exemple, constate que sa conclusion est fausse, puis explique pourquoi l’autre possibilité est exclue. Le seul mot « faux » ne suffit pas.

Pour reprendre — Erreur : « produit pair » veut dire « deux facteurs pairs »

Première erreur. À partir de \(ab\) pair, on ne peut pas conclure que \(a\) et \(b\) sont pairs. Un seul facteur pair suffit.

Rappel utile. Deux facteurs impairs donnent un produit impair. Un produit pair impose donc au moins un facteur pair, pas nécessairement deux.

Micro-exemple corrigé. \(2\times5=10\) est pair ; le facteur \(5\) est pourtant impair. Les dix objets peuvent former cinq paires : le nombre de paires n’a pas besoin d’être pair.

Nouvel essai. Que montre \(9\times6\) ? Peut-on obtenir un produit pair avec deux facteurs impairs ?

Correction expliquée.

\(9\times6=54=2\times27\) est pair, avec un facteur impair et un facteur pair. Deux facteurs impairs ne conviennent jamais : la propriété des produits démontre que leur produit serait impair. Pour revenir à l’erreur initiale, remplace donc « les deux » par « au moins un ».

Reprise différée — À refaire un autre jour, avant relecture

Pour un entier \(n\), la somme \(n+(n+1)+(n+2)+(n+3)\) est-elle toujours paire ? Commence sans consulter les règles. Si tu bloques, regroupe les quatre termes contenant \(n\), puis les constantes.

Correction expliquée.

\[n+(n+1)+(n+2)+(n+3) =n+n+n+n+1+2+3=4n+6=2(2n+3).\] Le nombre \(2n+3\) est entier : la somme est paire, quelle que soit la parité de \(n\), y compris pour \(n\) négatif. La preuve attendue contient un entier quelconque ; quatre nombres choisis ne justifieraient qu’un exemple.

4. D’une observation à une démonstration

Repérage — Tester n’est pas démontrer

Un élève calcule \(1\times2\), \(2\times3\) et \(3\times4\), puis annonce : « Le produit de deux entiers consécutifs est toujours pair. » Que prouvent ses calculs ? Par ailleurs, un seul essai peut-il réfuter « \(n^2+1\) est pair pour tout entier \(n\) » ?

Correction expliquée.

Les produits \(2\), \(6\) et \(12\) établissent trois cas particuliers. Ils suggèrent la première affirmation sans prouver tous les autres cas. Pour la seconde, \(n=2\) donne \(n^2+1=4+1=5\), impair : ce seul contre-exemple suffit à réfuter une affirmation qui prétendait être vraie pour chaque entier. Si ces rôles te semblent identiques, reprends la méthode de raisonnement puis l’exemple des entiers consécutifs ci-dessous.

Vocabulaire — Implication, réciproque et contraposée

Une implication est un énoncé de la forme « si une hypothèse est vraie, alors une conclusion est vraie ». Sa réciproque échange les deux : « si la conclusion est vraie, alors l’hypothèse est vraie ». La réciproque doit être examinée ; elle n’est pas automatiquement vraie.

Par exemple, « si \(n\) est multiple de \(8\), alors \(n\) est pair » est vrai : \(n=8k=2(4k)\), avec \(k\) entier. Sa réciproque est fausse : \(10\) est pair, mais n’est pas multiple de \(8\), car il est strictement entre \(8\) et \(16\).

La contraposée dit : « si la conclusion est fausse, alors l’hypothèse est fausse ». Dans l’exemple : « si \(n\) est impair, alors \(n\) n’est pas multiple de \(8\) ». Pourquoi est-elle vraie ? Si un tel entier était multiple de \(8\), l’implication démontrée le rendrait pair, ce qui contredirait son caractère impair. Une implication et sa contraposée expriment donc la même contrainte, contrairement à une implication et sa réciproque.

Une équivalence, formulée « si et seulement si », exige que l’implication et sa réciproque soient toutes les deux établies.

Théorème — Le carré d’un entier impair est impair

Si \(n\) est un entier impair, alors \(n^2\) est impair.

Démonstration.

On écrit \(n=2k+1\), avec \(k\) entier. Le carré signifie que l’on multiplie l’expression par elle-même : \[\begin{align*} n^2&=(2k+1)(2k+1)\\ &=(2k)(2k)+(2k)\times1+1\times(2k)+1\times1\\ &=4k^2+2k+2k+1\\ &=4k^2+4k+1\\ &=2(2k^2+2k)+1. \end{align*}\] Le nombre \(2k^2+2k\) est entier. La dernière ligne a donc la forme d’un impair. Il ne s’agit pas de tester une valeur de \(k\) : le calcul vaut pour chaque entier \(k\).

\(\square\)

Piège de calcul. \((2k+1)^2\) n’est pas \(4k^2+1\) : les deux produits « croisés », \(2k\) et \(2k\), doivent être conservés.

Propriété — Le carré d’un entier pair est pair

Si \(n\) est un entier pair, alors \(n^2\) est pair.

Démonstration.

On écrit \(n=2k\), avec \(k\) entier. Ainsi, \[n^2=(2k)(2k)=4k^2=2(2k^2).\] Le nombre \(2k^2\) est entier : le carré est pair. Cette preuve inclut \(n=0\) et les entiers négatifs.

\(\square\)

Corollaire — Un entier et son carré ont la même parité

Pour un entier \(n\), \(n^2\) est pair si et seulement si \(n\) est pair ; de même, \(n^2\) est impair si et seulement si \(n\) est impair.

Démonstration.

Les sens allant de \(n\) vers son carré sont les deux résultats précédents. Pour revenir du carré pair à \(n\), raisonnons par contraposition : si \(n\) n’était pas pair, il serait impair ; le théorème donnerait alors un carré impair. Ainsi, un carré pair exclut le cas \(n\) impair, donc impose \(n\) pair.

De même, si \(n\) était pair, son carré serait pair. Un carré impair exclut donc le cas \(n\) pair, ce qui impose \(n\) impair. Les deux sens sont établis pour chacune des équivalences.

\(\square\)

Pourquoi « corollaire » ? Ce résultat découle directement du théorème sur le carré impair, de la propriété sur le carré pair et de l’existence de deux seules parités.

Méthode — Choisir un raisonnement adapté

  • Démonstration directe : partir de l’hypothèse et obtenir la forme demandée, comme \(2k+1\) pour un impair.

  • Raisonnement par cas : partager les entiers en possibilités qui couvrent toute la situation, puis traiter chacune. « Pair ou impair » est un partage complet.

  • Contraposition : pour établir une implication, montrer que la négation de sa conclusion entraîne la négation de son hypothèse. La preuve du carré pair ci-dessus en donne un modèle.

  • Contre-exemple : pour réfuter une affirmation générale, choisir un cas qui vérifie ses conditions mais contredit sa conclusion.

Premier geste. Reformuler ce qui est donné et ce qui est demandé. Ne choisir des valeurs que pour explorer ou réfuter : une preuve générale conserve un entier quelconque. Avant de conclure, vérifier qu’aucun cas autorisé n’a été oublié.

Exemple — Le produit de deux entiers consécutifs

Deux entiers sont consécutifs lorsque le second vaut le premier augmenté de \(1\). Montrons que \(n(n+1)\) est pair pour chaque entier \(n\).

Démonstration.

Premier cas : \(n\) est pair. On écrit \(n=2k\). Alors \[n(n+1)=(2k)(n+1)=2\bigl(k(n+1)\bigr),\] avec \(k(n+1)\) entier. Le produit est pair.

Second cas : \(n\) est impair. On écrit \(n=2k+1\). Alors \(n+1=2k+2=2(k+1)\), donc \[n(n+1)=n\times2(k+1)=2\bigl(n(k+1)\bigr),\] avec \(n(k+1)\) entier. Le produit est encore pair.

Tout entier étant pair ou impair, ces deux cas suffisent. Le résultat inclut par exemple \((-3)(-2)=6\) et \(0\times1=0\).

\(\square\)

À toi — Essai guidé : préparer une implication

Soit \(n\) un entier impair. Démontre que \(n^2+2n\) est impair. Commence par identifier la parité de chacun des deux termes ; aucune valeur particulière de \(n\) ne doit être choisie.

Correction expliquée.

Le carré \(n^2\) est impair d’après le théorème. Le produit \(2n\) est pair, puisque \(n\) est entier. La somme d’un impair et d’un pair est impaire. Nous avons donc établi l’implication : « si \(n\) est impair, alors \(n^2+2n\) est impair ».

À toi — Une information sur une expression

On sait que \(n\) est entier et que \(n^2+2n\) est pair. Que peut-on affirmer de \(n\) ? Rédige une preuve, puis précise si ton raisonnement établit une réciproque ou utilise une contraposée.

Indice, après une tentative. Demande-toi ce qui arriverait à l’expression si \(n\) était impair.

Correction expliquée.

Si \(n\) était impair, l’essai précédent montre que \(n^2+2n\) serait impair. Cela est incompatible avec la donnée. Le nombre \(n\) est donc pair. Nous avons utilisé la contraposée de l’implication « \(n\) impair entraîne \(n^2+2n\) impair » : nous avons nié les deux propriétés et inversé leur ordre, et non simplement échangé hypothèse et conclusion.

Justification personnelle — Une réciproque exige sa propre preuve

Nous savons que « \(n\) impair entraîne \(n^2+1\) pair ». Peut-on, pour cette seule raison, affirmer « \(n^2+1\) pair entraîne \(n\) impair » ? Explique la difficulté, puis établis ce second énoncé.

Correction expliquée.

Non : le second énoncé est la réciproque du premier, et une réciproque ne se déduit pas automatiquement d’une implication. Cependant, elle est vraie ici. Si \(n\) était pair, \(n^2\) serait pair ; en ajoutant \(1\), on obtiendrait \(n^2+1\) impair. Ainsi, lorsque \(n^2+1\) est pair, \(n\) ne peut pas être pair : il est impair.

Critères de contenu. Nommer correctement la réciproque ; ne pas la déclarer vraie sans preuve ; rappeler que \(n\) est entier ; expliquer la parité du carré puis de la somme ; conclure en excluant le cas incompatible.

Variation — Quand deux cas ne suffisent plus

Montrons que le produit de trois entiers consécutifs \(n(n+1)(n+2)\) est multiple de \(3\). Cette fois, pair/impair ne répond pas à la question : il faut regarder le reste dans la division par \(3\).

Rappel local. Tout entier \(n\) s’écrit \(3q+r\), avec \(q\) entier et \(r\) égal à \(0\), \(1\) ou \(2\). Être multiple de \(3\), c’est avoir la forme \(3K\), avec \(K\) entier.

Démonstration.

  • Si \(n=3q\), le premier facteur est multiple de \(3\).

  • Si \(n=3q+1\), alors \(n+2=3q+3=3(q+1)\) : le troisième facteur est multiple de \(3\).

  • Si \(n=3q+2\), alors \(n+1=3q+3=3(q+1)\) : le deuxième facteur est multiple de \(3\).

Dans chaque cas, un facteur vaut \(3K\) ; le produit des trois facteurs s’écrit donc \(3\) multiplié par un entier. Les trois restes possibles ayant été examinés, le résultat est démontré.

\(\square\)

Ne pas confondre. La somme des mêmes entiers vaut aussi un multiple de \(3\), mais sa preuve est différente et plus courte : \(n+(n+1)+(n+2)=3n+3=3(n+1)\). La forme de l’expression guide le choix de la méthode.

Pour reprendre — Erreur : une seule lettre pour deux entiers indépendants

Première erreur. Pour prouver que la somme de deux impairs est paire, écrire à la fois \(a=2k+1\) et \(b=2k+1\) impose \(a=b\). On n’a alors traité que la somme de deux mêmes nombres.

Rappel utile. Chaque impair possède une écriture de cette forme, mais les entiers utilisés dans les deux écritures peuvent être différents.

Micro-exemple corrigé. Pour \(a=3\) et \(b=5\), on a \(3=2\times1+1\) et \(5=2\times2+1\). Il faut bien deux valeurs, \(1\) et \(2\).

Nouvel essai. Écris \(7\) et \(11\) sous la forme attendue, puis répare la preuve pour deux impairs quelconques.

Correction expliquée.

\(7=2\times3+1\) et \(11=2\times5+1\). Pour la preuve générale, on prend deux entiers \(k\) et \(\ell\), puis \[a+b=(2k+1)+(2\ell+1)=2k+2\ell+2=2(k+\ell+1).\] Comme \(k+\ell+1\) est entier, la somme est paire. On revient ainsi à l’affirmation initiale sans exclure les nombres différents. Les deux lettres peuvent malgré tout prendre la même valeur : le cas \(a=b\) reste inclus.

Reprise différée — Reconstituer un raisonnement sans le modèle

Un autre jour, décide si \(n^2+3n+2\) est toujours pair lorsque \(n\) est entier. Écris une preuve générale avant de relire les exemples.

Aide graduée. Cherche un produit de deux entiers consécutifs. Si nécessaire, développe \((n+1)(n+2)\), puis compare avec l’expression donnée.

Correction expliquée.

On vérifie d’abord la transformation : \[\begin{align*} (n+1)(n+2)&=n\times n+n\times2+1\times n+1\times2\\ &=n^2+2n+n+2=n^2+3n+2. \end{align*}\] Les entiers \(n+1\) et \(n+2\) sont consécutifs. Leur produit est pair, d’après la démonstration de cette unité. Ainsi, \(n^2+3n+2\) est pair pour chaque entier \(n\).

Contrôle de ta rédaction. Elle doit vérifier l’identité, identifier les deux entiers consécutifs et relier explicitement le produit à sa parité. Une vérification avec \(n=1\) ne ferait que contrôler le cas donnant \(6\).

À retenir — Ce qu’il faut pouvoir reconstruire

  • « Pair » signifie \(2k\), « impair » signifie \(2k+1\), avec \(k\) entier ; zéro est pair et les nombres négatifs sont concernés.

  • Pour une somme ou une différence, même parité donne pair, parités différentes donne impair. Pour un produit, un seul facteur pair suffit ; deux impairs donnent un impair.

  • Un entier et son carré ont la même parité. La démonstration du carré impair conserve les quatre produits de \((2k+1)(2k+1)\).

  • Une implication n’autorise pas sa réciproque. La contraposée nie les deux propriétés et inverse leur ordre.

  • Une preuve générale traite chaque cas autorisé ; un contre-exemple réfute une affirmation générale ; quelques exemples favorables ne la prouvent pas.

Nombres premiers et décomposition

Réactiver des acquis du collège pour justifier une divisibilité et préparer les fractions irréductibles.

Cette unité reprend les nombres premiers et leur décomposition comme outils utiles en seconde. Deux objectifs : savoir prouver qu’un entier est premier ou ne l’est pas, puis décomposer un entier sans perdre ni ajouter de facteurs. Un entier positif \(d\) est un diviseur de \(n\) lorsque \(n=dq\) avec un quotient entier \(q\) ; une division avec un reste non nul ne fournit pas un diviseur.

Reconnaître un nombre premier

À toi — Repérage : un test court, mais révélateur

Parmi \(1\), \(2\), \(9\) et \(17\), quels nombres te semblent premiers ? Pour chacun, écris une raison avant de lire la correction.

Correction expliquée.

\(1\) n’a qu’un diviseur positif : \(1\). Les diviseurs positifs de \(2\) sont exactement \(1\) et \(2\) : il est premier. Le nombre \(9\) ne l’est pas, puisque \(9=3\times3\). Enfin, \(17\) est premier : \(17=2\times8+1=3\times5+2\) et le candidat premier suivant, \(5\), vérifie \(5^2>17\). La méthode ci-dessous justifiera cette règle d’arrêt ; « il est impair » ne serait pas une preuve. Si tu as retenu \(1\), lis attentivement « exactement deux » dans la définition ; si tu as retenu \(9\), distingue « impair » et « premier ».

Définition — Premier, composé : compter les diviseurs positifs

Un nombre premier est un entier naturel qui possède exactement deux diviseurs positifs distincts : \(1\) et lui-même. Un entier supérieur ou égal à \(2\) qui n’est pas premier est dit composé.

Ainsi, \(2\), \(3\), \(5\) et \(7\) sont premiers ; \(12\) est composé car \(12=3\times4\). Le nombre \(1\) n’est pas premier : ses deux diviseurs annoncés seraient en réalité le même. Le nombre \(0\) n’est pas premier non plus : chaque entier positif \(d\) le divise, puisque \(0=d\times0\). Ni \(0\) ni \(1\) ne sont des nombres composés dans cette convention.

Propriété — Le seul nombre premier pair

Le nombre \(2\) est le seul nombre premier pair.

Démonstration.

Ses seuls diviseurs positifs sont \(1\) et \(2\), donc \(2\) est premier. Si un entier pair \(n\) est supérieur à \(2\), il est divisible par \(2\). Ce diviseur est distinct de \(1\) et de \(n\) : \(n\) possède au moins trois diviseurs positifs et n’est donc pas premier.

\(\square\)

Tout nombre premier autre que \(2\) est donc impair. La réciproque est fausse : \(9\) est impair, mais \(9=3\times3\).

Lemme — Pourquoi peut-on arrêter les essais ?

Si un entier \(n\geq2\) est composé, il possède un diviseur premier \(p\) tel que \(p^2\leq n\).

Démonstration.

Parmi les diviseurs de \(n\) strictement supérieurs à \(1\), choisissons le plus petit et appelons-le \(p\). Cette liste n’est pas vide : elle contient \(n\).

Le nombre \(p\) est premier. En effet, s’il s’écrivait \(p=uv\) avec \(1<u<p\), alors, puisque \(n=pq\), on aurait \(n=u(vq)\). L’entier \(u\) serait un diviseur de \(n\) supérieur à \(1\) et inférieur à \(p\), contrairement au choix de \(p\).

Comme \(n\) est composé, \(p<n\) ; dans \(n=pq\), le quotient \(q\) est donc supérieur à \(1\). Il est lui aussi diviseur de \(n\). Par minimalité de \(p\), on a \(q\geq p\), d’où \(n=pq\geq p\times p=p^2\).

\(\square\)

Ce lemme transforme une recherche apparemment longue en une liste finie de tests. On peut parler de « diviseurs premiers inférieurs ou égaux à la racine carrée de \(n\) », mais le test \(p^2\leq n\) suffit, même sans calculer cette racine.

Méthode — Tester la primalité avec une borne justifiée

Pour un entier \(n\geq2\), essaye les nombres premiers \(2\), \(3\), \(5\), \(7\), \(11\), etc., dans cet ordre.

  1. Tant que \(p^2\leq n\), divise \(n\) par \(p\) et examine le reste.

  2. Un reste nul fournit \(n=pq\) avec deux facteurs supérieurs à \(1\) : \(n\) n’est pas premier. La recherche peut s’arrêter.

  3. Si aucun test n’a donné un reste nul et si le nombre premier suivant vérifie \(p^2>n\), alors \(n\) est premier, par le lemme.

On ne teste pas tous les entiers : si \(4\) divisait \(n\), son facteur premier \(2\) diviserait déjà \(n\). En revanche, oublier un nombre premier dans la liste peut rendre la conclusion fausse. Pour trouver un nombre premier suivant, on peut lui appliquer le même test avec les petits nombres premiers déjà connus.

Exemple — Une preuve pour 97 ; le cas limite 121

Pour \(97\), les premiers candidats sont \(2\), \(3\), \(5\) et \(7\) : \[\begin{aligned} 97&=2\times48+1,&97&=3\times32+1,\\ 97&=5\times19+2,&97&=7\times13+6. \end{aligned}\] Les quatre restes sont non nuls. Le nombre premier suivant est \(11\) et \(11^2=121>97\). Aucun diviseur premier de carré inférieur ou égal à \(97\) ne convient : \(97\) est premier.

Pour \(121\), on trouve \(121=2\times60+1=3\times40+1=5\times24+1=7\times17+2\). Ces essais ne donnent pas de diviseur, mais il faut encore tester \(11\), car \(11^2=121\). Or \(121=11\times11\) : \(121\) est composé. La borne est bien « inférieur ou égal », pas « strictement inférieur ».

À toi — Essai guidé, puis tentative sans le modèle

Essai guidé. Pour \(89\), complète les divisions par \(2\), \(3\), \(5\), \(7\), puis justifie l’arrêt. Tentative. Décide ensuite si \(143\) est premier, en rédigeant une preuve.

Indice à consulter après une recherche. Pour \(143\), le nombre \(11\) doit encore être essayé : \(11^2=121\leq143\).

Correction expliquée.

On obtient \(89=2\times44+1\), \(89=3\times29+2\), \(89=5\times17+4\) et \(89=7\times12+5\). Aucun reste n’est nul. Comme \(11^2=121>89\), la liste utile est épuisée : \(89\) est premier.

Pour \(143\), on trouve \(143=2\times71+1\), \(143=3\times47+2\), \(143=5\times28+3\), \(143=7\times20+3\), puis \(143=11\times13\). Cette dernière égalité suffit : \(11\) est un diviseur distinct de \(1\) et de \(143\), donc \(143\) n’est pas premier.

Justifie avec tes mots. Pourquoi plusieurs divisions infructueuses ne suffisent-elles pas toujours ? Une réponse satisfaisante dit qu’il faut avoir testé tous les premiers candidats de carré inférieur ou égal au nombre ; le lemme justifie alors l’arrêt. Elle cite \(121\) ou \(143\) comme exemple d’un diviseur tardif.

Pour reprendre — Réparer : « ni divisible par 2, ni par 3, ni par 5, donc premier »

Première erreur. Cette conclusion, écrite pour \(91\), s’arrête trop tôt. L’absence de diviseur dans une partie de la liste n’est pas l’absence de tout diviseur utile.

Rappel ciblé et exemple plus simple. Pour \(49\), les nombres \(2\), \(3\), \(5\) ne conviennent pas, mais \(7^2=49\) impose de tester \(7\). On trouve \(49=7\times7\) : il n’est pas premier.

Nouvel essai. Sans relire le modèle, cherche un diviseur de \(77\) après avoir écarté \(2\), \(3\), \(5\).

Correction expliquée.

Le candidat \(7\) reste utile, car \(7^2=49\leq77\). Puisque \(77=7\times11\), le nombre \(77\) est composé.

Retour à l’erreur. Pour \(91\), \(7^2\leq91\) et \(91=7\times13\). La bonne conclusion est donc « \(91\) est composé », accompagnée de cette égalité. Le rôle de la borne est de dire quand une liste de tests est réellement complète.

À toi — À reprendre à la prochaine séance, avant relecture

Décide si \(107\) est premier. Écris la liste des candidats, les restes et la raison de l’arrêt. Aide : compare \(7^2\) et \(11^2\) à \(107\).

Correction expliquée.

\(107=2\times53+1=3\times35+2=5\times21+2=7\times15+2\). Aucun de ces quatre premiers nombres premiers ne divise \(107\). Comme \(11^2=121>107\), aucun autre test n’est nécessaire et \(107\) est premier. Pour contrôler ta rédaction, cherche les trois éléments : candidats complets, restes non nuls, borne d’arrêt.

Décomposer pour comprendre les facteurs disponibles

À toi — Repérage : multiplication ou décomposition première ?

Les égalités \(72=8\times9\) et \(72=2^3\times3^2\) sont vraies. Laquelle donne une décomposition en facteurs premiers ? Combien de facteurs \(2\) contient-elle ?

Correction expliquée.

\(8\) et \(9\) ne sont pas premiers : la première écriture est seulement un produit de deux facteurs. Dans la seconde, les bases \(2\) et \(3\) sont premières ; \(2^3=2\times2\times2\) contient trois facteurs \(2\). Attention : \(2^3\) n’est pas \(2\times3\). Si tu as confondu les deux, le rappel suivant est indispensable avant les décompositions.

Définition — Les briques multiplicatives d’un entier

Décomposer un entier \(n\geq2\) en facteurs premiers, c’est l’écrire comme un produit dont tous les facteurs sont premiers. Les facteurs égaux peuvent être regroupés à l’aide de puissances : \[72=2\times2\times2\times3\times3=2^3\times3^2.\] L’exposant compte les répétitions de la base. Par convention, \(p^1=p\) et \(p^0=1\).

Image utile. Les facteurs premiers sont des « briques » qui s’assemblent par multiplication. L’image aide à compter les exemplaires disponibles pour construire un diviseur. Sa limite : on ne construit pas le nombre en additionnant les briques ; \(2\times3=6\), tandis que \(2+3=5\).

Théorème — Existence et unicité de la décomposition

Tout entier naturel supérieur ou égal à \(2\) possède une décomposition en facteurs premiers. Cette décomposition est unique, à l’ordre des facteurs près.

Démonstration de l’existence. Si le nombre est premier, il est déjà décomposé. Sinon, on le partage en deux facteurs supérieurs à \(1\), puis on partage de nouveau chaque facteur qui n’est pas premier. Sur chaque branche, les entiers diminuent strictement et restent au moins égaux à \(2\) : une branche ne peut pas continuer indéfiniment. Chaque étape produit seulement deux branches et leur longueur est bornée ; le découpage finit donc avec des facteurs tous premiers. Le produit reste le nombre de départ à chaque découpage.

Unicité admise ici. La démonstration complète de l’unicité demande un résultat supplémentaire sur les diviseurs premiers d’un produit, que nous n’établissons pas dans cette unité. Nous utilisons l’unicité comme résultat admis, et non comme une conséquence prouvée par quelques essais. Deux arbres différents donnent donc le même inventaire de facteurs premiers, même si leur ordre change.

Méthode — Divisions successives : un exemple entièrement contrôlé

Pour décomposer \(420\), divise par le plus petit nombre premier possible et recommence sur le quotient. Garde le même diviseur tant qu’il convient. \[\begin{array}{r|r|r} \text{entier à décomposer}&\text{diviseur premier}&\text{quotient}\\ \hline 420&2&210\\ 210&2&105\\ 105&3&35\\ 35&5&7\\ 7&7&1 \end{array}\] Chaque ligne remplace l’entier par « diviseur \(\times\) quotient ». Ainsi, \[\begin{aligned} 420&=2\times210=2\times2\times105\\ &=2\times2\times3\times35\\ &=2\times2\times3\times5\times7 =2^2\times3\times5\times7. \end{aligned}\] On s’arrête au quotient \(1\) : ce \(1\) est neutre dans le produit, il n’est pas un facteur premier à ajouter. Contrôle : \(2^2\times3\times5\times7=4\times3\times35=12\times35=420\).

Méthode — Un arbre de facteurs : même résultat, autre chemin

Si un produit vient facilement à l’esprit, pars de ce produit. Pour \(420\), on peut commencer par \(42\times10\), puis ne découper que les nombres composés.

Arbre de facteurs : 420 se décompose en 42 × 10 ; 42 en 6 × 7 ; 6 en 2 × 3 ; 10 en 2 × 5. Les feuilles premières 2, 3, 7, 2 et 5 sont entourées. Leur produit, et non celui de tous les nombres de l'arbre, donne 420 = 2² × 3 × 5 × 7.

Lecture du schéma. Chaque nombre non entouré est le produit de ses deux enfants : \(420=42\times10\), \(42=6\times7\), \(6=2\times3\), \(10=2\times5\). Les feuilles entourées sont premières. Leur produit donne \(2\times3\times7\times2\times5\), soit \(2^2\times3\times5\times7\).

Ne multiplie pas tous les nombres écrits dans l’arbre : les nombres intermédiaires ont déjà été remplacés par leurs enfants. Les divisions successives sont généralement plus systématiques ; l’arbre est pratique lorsqu’on repère immédiatement un produit.

Propriété — Lire une divisibilité dans les exposants

Pour deux entiers \(d,n\geq2\), \(d\) divise \(n\) si et seulement si chaque facteur premier de \(d\) apparaît dans \(n\) avec un exposant au moins aussi grand.

Démonstration.

Si \(d\) divise \(n\), alors \(n=dq\). Pour \(q=1\), les inventaires sont identiques. Sinon, décomposer \(d\) et \(q\) puis réunir leurs facteurs donne une décomposition de \(n\) ; l’unicité admise garantit que tous les facteurs de \(d\) se retrouvent dans celle de \(n\). Réciproquement, si ces facteurs sont disponibles, on les regroupe pour former \(d\). Les facteurs restants forment un entier \(q\), éventuellement égal à \(1\), et \(n=dq\) : \(d\) divise \(n\).

\(\square\)

Par exemple, \(1008=2^4\times3^2\times7\) et \(72=2^3\times3^2\). On peut former \(72\) et il reste \(2\times7=14\) : \(1008=72\times14\). Mais \(32=2^5\) ne divise pas \(1008\), qui ne contient que quatre facteurs \(2\). Le diviseur \(1\) est traité directement : il divise tout entier.

À toi — Deux méthodes à pratiquer ; une condition à expliquer

Guidage. Construis un arbre pour \(180\) en partant de \(18\times10\). Poursuis chaque branche jusqu’à des nombres premiers.

Tentative autonome. Décompose \(378\) par divisions successives. Décide ensuite si \(54\) divise \(378\). Indice : après avoir extrait \(2\), le quotient est \(189\) ; le facteur \(3\) peut être extrait plusieurs fois.

Correction expliquée.

\(18=2\times9=2\times3\times3\) et \(10=2\times5\). Les feuilles de l’arbre donnent \[180=2\times3\times3\times2\times5=2^2\times3^2\times5.\] Pour \(378\), les quotients successifs sont \(189\), \(63\), \(21\), \(7\), \(1\), obtenus en divisant par \(2\), \(3\), \(3\), \(3\), \(7\). Ainsi, \[378=2\times3^3\times7,\qquad54=2\times27=2\times3^3.\] Les facteurs de \(54\) sont disponibles ; il reste \(7\), donc \(378=54\times7\). Contrôle numérique : \(2\times27\times7=54\times7=378\).

Justification personnelle. Pourquoi \(12\times35\) n’est-il pas encore une décomposition en facteurs premiers de \(420\) ? Réponse attendue : le produit est exact, mais ses facteurs ne sont pas premiers ; \(12=2^2\times3\) et \(35=5\times7\). Une justification complète vérifie à la fois le produit et la nature des facteurs.

Pour reprendre — Un exposant n’est pas une décoration

Erreur à diagnostiquer. Un élève écrit \(180=2^2\times3\times5\). En recalculant, on obtient \(4\times3\times5=60\), et non \(180\) : un facteur a été perdu.

Rappel et modèle plus simple. Dans \(18=2\times3\times3\), deux facteurs \(3\) donnent \(3^2\), donc \(18=2\times3^2\).

Nouvel essai. Décompose \(90\) sans supprimer une répétition.

Correction expliquée.

\(90=2\times45=2\times3\times15=2\times3\times3\times5=2\times3^2\times5\). Le contrôle donne \(2\times9\times5=90\).

Retour. Puisque \(180=2\times90\), sa décomposition est \(2\times2\times3^2\times5=2^2\times3^2\times5\). Recalculer le produit détecte un facteur manquant ; vérifier que chaque base est première détecte une décomposition inachevée. Les deux contrôles sont nécessaires.

À toi — Reprise différée et changement de question

À la prochaine séance, sans modèle, décompose \(198\), puis décide si \(18\) et \(27\) le divisent. Aide : commence par \(198=2\times99\) ; compare ensuite les nombres de facteurs \(3\).

Correction expliquée.

\(198=2\times99=2\times3\times33=2\times3\times3\times11=2\times3^2\times11\). Le nombre \(18=2\times3^2\) divise donc \(198\) et le quotient vaut \(11\). En revanche, \(27=3^3\) demande trois facteurs \(3\), alors que \(198\) n’en contient que deux : \(27\) ne le divise pas. Il ne suffit pas que deux nombres possèdent « les mêmes bases » ; les exposants comptent.

À retenir — Deux preuves de nature différente

Pour prouver qu’un nombre n’est pas premier, un seul diviseur propre suffit. Pour prouver qu’il est premier, il faut une liste complète de tests avec une borne d’arrêt.

Pour décomposer : tous les facteurs finaux doivent être premiers, leurs répétitions doivent être conservées et leur produit doit redonner le nombre. Pour lire une divisibilité : compare les bases et les exposants.

Fractions et forme irréductible

Comprendre une écriture fractionnaire, la simplifier avec une preuve, puis calculer exactement.

Présenter une fraction sous forme irréductible est un objectif de seconde. Les opérations sur les fractions sont des acquis antérieurs réactivés ici : elles restent nécessaires pour utiliser correctement le résultat d’une simplification. Cette unité peut se lire séparément ; ses rappels précisent le sens des mots et les conditions des calculs.

Même nombre, écritures différentes

Définition — Une fraction est d’abord un quotient

Pour deux entiers \(a\) et \(b\), avec \(b\neq0\), la fraction \(\dfrac ab\) désigne le nombre qui, multiplié par \(b\), donne \(a\). Le nombre \(a\) est le numérateur, \(b\) le dénominateur.

Par exemple, \(\dfrac34\) est le nombre dont le produit par \(4\) vaut \(3\). La barre de fraction signifie une division ; \(\dfrac34\) n’est ni \(3-4\) ni une juxtaposition de deux entiers.

Une représentation possible. Pour \(\dfrac34\), partage une même unité en quatre parts égales et prends-en trois. En partageant chaque quart en deux, les trois quarts deviennent six huitièmes : le nombre n’a pas changé. Cette image aide pour les quantités positives ; les fractions négatives et les opérations générales sont justifiées par les règles de calcul, pas seulement par un dessin de parts.

Le dénominateur ne peut jamais être nul : aucun nombre multiplié par \(0\) ne donne \(3\), donc \(\dfrac30\) n’existe pas ; \(\dfrac00\) ne définit pas non plus un quotient unique. En revanche, \(\dfrac0b=0\) dès que \(b\neq0\), puisque \(b\times0=0\).

Propriété — Multiplier ou diviser les deux termes par un même nombre

Si \(b\neq0\) et si l’entier \(k\) est non nul, alors \[\frac ab=\frac{ka}{kb}.\]

Démonstration.

Posons \(x=\dfrac ab\). Par définition, \(bx=a\). En multipliant cette égalité par \(k\), on obtient \(k(bx)=ka\), donc \((kb)x=ka\). Comme \(kb\neq0\), le quotient \(\dfrac{ka}{kb}\) désigne exactement \(x\).

\(\square\)

Dans l’autre sens, si \(a=da'\) et \(b=db'\) avec un entier \(d\neq0\), la propriété donne \(\dfrac ab=\dfrac{a'}{b'}\). On simplifie la fraction en divisant le numérateur et le dénominateur par leur facteur commun \(d\).

Multiplier ou diviser un seul des deux termes change généralement le nombre. Par exemple, \(\dfrac34=\dfrac68\), mais \(\dfrac64\neq\dfrac34\).

Convention — Placer le signe et traiter zéro

On écrit habituellement la forme finale avec un dénominateur positif. La propriété précédente, appliquée à \(k=-1\), permet de changer les deux signes : \[\frac{5}{-8}=\frac{-5}{8}=-\frac58, \qquad \frac{-5}{-8}=\frac58.\] Le signe moins peut être devant la fraction ou au numérateur, mais pas être oublié. Une fraction nulle se présente simplement sous la forme \(\dfrac01\) lorsque l’on demande une écriture fractionnaire irréductible.

À toi — Repérage : simplifiée signifie-t-il irréductible ?

Un élève a écrit \(\dfrac{12}{18}=\dfrac46\) et annonce « j’ai terminé ». L’égalité est-elle juste ? Le travail est-il terminé si la consigne demande une forme irréductible ?

Correction expliquée.

L’égalité est juste : \(12=3\times4\) et \(18=3\times6\), donc les deux termes ont été divisés par \(3\). Mais \(4\) et \(6\) ont encore le diviseur commun \(2\) ; \(\dfrac46=\dfrac23\). Pour terminer, il faut justifier qu’aucune simplification par un entier supérieur à \(1\) n’est encore possible. La définition suivante donne ce critère.

Définition — Irréductible et premiers entre eux

Une fraction \(\dfrac ab\), avec \(b\neq0\), est irréductible si ses deux termes n’ont aucun diviseur commun positif autre que \(1\). On dit alors que les entiers \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux.

Ce vocabulaire ne signifie pas que chacun est premier. Par exemple, \(35=5\times7\) et \(64=2^6\) sont deux nombres composés, mais ils sont premiers entre eux ; \(\dfrac{35}{64}\) est irréductible.

L’irréductibilité concerne l’écriture, non la valeur du nombre : \(\dfrac23\) et \(\dfrac46\) représentent le même nombre, mais seule la première est irréductible. Avec un numérateur nul et un dénominateur positif \(b\), tout diviseur de \(b\) divise aussi \(0\) ; seule \(\dfrac01\) est donc irréductible.

Rappel — Les facteurs premiers nécessaires dans cette unité

Un entier positif \(d\) divise \(n\) lorsque \(n=dq\) avec \(q\) entier. Un nombre premier est un entier ayant exactement deux diviseurs positifs : \(1\) et lui-même. Tout entier au moins égal à \(2\) est un produit de nombres premiers ; l’inventaire des facteurs est unique à leur ordre près. Nous réutilisons ici ce résultat, dont l’unicité est admise dans le parcours principal.

Pour retrouver les facteurs, on divise successivement par \(2\), \(3\), \(5\), etc., jusqu’au quotient \(1\). Exemple : \[84=2\times42=2\times2\times21=2^2\times3\times7.\] \(2^2\) veut dire \(2\times2\). Pour un numérateur négatif, on décompose son opposé positif et on conserve le signe moins séparément. On ne cherche pas de décomposition première de \(0\) ou de \(1\).

Critère — Quand les décompositions prouvent-elles l’irréductibilité ?

Si le numérateur vaut \(1\) ou \(-1\), ou si le dénominateur positif vaut \(1\), la fraction est déjà irréductible : \(1\) n’a pas de diviseur positif supérieur à \(1\). Dans les autres cas de numérateur non nul, on décompose le numérateur sans son signe et le dénominateur positif, tous deux au moins égaux à \(2\). Il n’y a plus de simplification possible exactement lorsqu’aucun nombre premier ne figure à la fois dans ces deux décompositions.

Démonstration.

Un facteur premier commun est lui-même un diviseur commun supérieur à \(1\) : la fraction n’est pas irréductible. Réciproquement, s’il existait un diviseur commun \(d>1\), ce nombre aurait au moins un facteur premier \(p\). Comme \(a=du\) et \(b=dv\), ce facteur \(p\) diviserait aussi \(a\) et \(b\). Il figurerait donc dans leurs décompositions premières, par l’unicité de celles-ci. L’absence de tout facteur premier commun exclut ainsi tout diviseur commun supérieur à \(1\).

\(\square\)

Ainsi, « je ne vois plus de facteur commun » n’est pas toujours une preuve ; des décompositions complètes, elles, donnent un contrôle.

Méthode — Simplifications successives : choisir un petit diviseur commun

Pour réduire \(\dfrac{-84}{132}\), le dénominateur est déjà positif. On divise les deux termes par \(2\), puis encore par \(2\), puis par \(3\) : \[\frac{-84}{132} =\frac{-84\div2}{132\div2} =\frac{-42}{66} =\frac{-42\div2}{66\div2} =\frac{-21}{33} =\frac{-21\div3}{33\div3} =\frac{-7}{11}.\] Chaque division est exacte et porte sur les deux termes. Les nombres \(7\) et \(11\) sont deux nombres premiers distincts : leur seul diviseur commun positif est \(1\). La forme finale est donc irréductible.

Choix et contrôle. Cette méthode est commode si un petit diviseur commun se repère vite. Inutile de trouver le plus grand dès le début. En revanche, il faut continuer jusqu’au bout, puis justifier l’arrêt. Pour contrôler la valeur, on peut revenir en arrière : \(-7\times12=-84\) et \(11\times12=132\).

Méthode — Décompositions premières : enlever exactement les facteurs communs

Cette voie est plus systématique lorsque les simplifications ne sont pas évidentes. Pour la même fraction : \[84=2^2\times3\times7,\qquad 132=2\times66=2^2\times33=2^2\times3\times11.\] Le facteur commun est \(2^2\times3=12\). On réécrit le quotient en faisant apparaître ce produit entier : \[\frac{-84}{132} =\frac{12\times(-7)}{12\times11} =\frac{-7}{11}.\] Les facteurs restants, \(7\) et \(11\), sont différents : l’écriture est irréductible. Si une base apparaît avec des exposants différents, on ne retire que le nombre d’exemplaires présents des deux côtés. Par exemple, dans \(\dfrac{2^3}{2^5}\), on retire trois facteurs \(2\), pas cinq : \[\frac{2^3}{2^5}=\frac{2^3\times1}{2^3\times2^2}=\frac14.\] Un facteur entièrement retiré laisse \(1\), jamais \(0\) : \(8\div8=1\).

À toi — Essai guidé puis tentative : choisir et justifier

Essai guidé. Réduis \(\dfrac{180}{252}\) en décomposant les deux termes. Commence par \(180=18\times10\) et \(252=4\times63\).

Tentative. Réduis ensuite \(\dfrac{150}{-210}\) par la méthode de ton choix. Écris pourquoi le résultat est irréductible. Indice : place d’abord le signe ; \(10\), puis \(3\), sont des diviseurs communs utiles.

Correction expliquée.

Comme \(18=2\times3^2\) et \(10=2\times5\), on a \(180=2^2\times3^2\times5\). D’autre part, \(4=2^2\) et \(63=3^2\times7\), donc \(252=2^2\times3^2\times7\). Le facteur commun \(2^2\times3^2=36\) donne \[\frac{180}{252}=\frac{36\times5}{36\times7}=\frac57.\] Les nombres premiers \(5\) et \(7\) sont distincts, donc la fraction est irréductible.

Pour la tentative, \(\dfrac{150}{-210}=\dfrac{-150}{210}\). En divisant les deux termes par \(10\), puis par \(3\) : \[\frac{-150}{210}=\frac{-15}{21}=\frac{-5}{7}.\] Le signe est négatif car les termes initiaux sont de signes contraires. Le même argument sur \(5\) et \(7\) prouve l’irréductibilité.

Justification personnelle. Explique pourquoi \(\dfrac{35}{64}\) peut être irréductible alors que ni \(35\) ni \(64\) n’est premier. Une réponse possible est : « \(35\) utilise seulement les facteurs premiers \(5\) et \(7\), tandis que \(64\) utilise seulement \(2\). Aucun facteur premier n’est commun. » Les deux éléments attendus sont les décompositions et l’absence de facteur commun, pas la seule affirmation « ils sont différents ».

Pour reprendre — Réparer un arrêt trop tôt

Erreur initiale. Dire que \(\dfrac{12}{18}=\dfrac46\) est la forme irréductible confond « une simplification » et « la fin des simplifications ».

Rappel et exemple plus simple. Dans \(\dfrac69\), le diviseur commun \(3\) donne \(\dfrac23\). Le numérateur \(2\) et le dénominateur \(3\) n’ont plus de diviseur commun supérieur à \(1\).

Nouvel essai. Réduis \(\dfrac{20}{30}\) et justifie l’arrêt.

Correction expliquée.

Une division par \(5\) donne \(\dfrac46\), qui n’est pas irréductible. Une division supplémentaire par \(2\) donne \(\dfrac23\), irréductible puisque \(2\) et \(3\) sont premiers distincts. Diviser directement les deux termes par \(10\) aurait donné le même résultat.

Retour à la première erreur. \(\dfrac{12}{18}=\dfrac46=\dfrac23\). Si un facteur commun est encore visible, la valeur est correcte, mais la consigne « irréductible » n’est pas encore satisfaite.

À toi — Reprise différée : un cas ordinaire et le cas zéro

Lors d’une prochaine séance, réduis \(\dfrac{225}{360}\) et \(\dfrac0{-8}\) avant de relire cette unité. Aide : \(225=9\times25\) et \(360=8\times45\) ; le second cas ne se traite pas par factorisation de zéro.

Correction expliquée.

On a \(225=3^2\times5^2\) et \(360=2^3\times3^2\times5\). Leur facteur commun à retirer est \(3^2\times5=45\), d’où \[\frac{225}{360}=\frac{45\times5}{45\times8}=\frac58.\] Les facteurs de \(8\) sont uniquement des \(2\), donc aucun n’est commun avec \(5\) : le résultat est irréductible. Pour l’autre fraction, le dénominateur \(-8\) est non nul et le numérateur vaut \(0\), donc \(\dfrac0{-8}=0=\dfrac01\). Réussir comprend ici le traitement particulier de zéro, pas seulement la technique des facteurs.

Calculer : des règles différentes selon l’opération

À toi — Repérage : pourquoi ne pas additionner les dénominateurs ?

Calcule \(\dfrac23+\dfrac14\). L’écriture \(\dfrac37\) te paraît-elle possible ?

Correction expliquée.

Les tiers et les quarts ne sont pas des parts de même taille. En douzièmes, \[\frac23+\frac14 =\frac{2\times4}{3\times4}+\frac{1\times3}{4\times3} =\frac8{12}+\frac3{12} =\frac{11}{12}.\] Le dénominateur \(12\) décrit la taille commune des parts ; on additionne leur nombre, \(8+3=11\), pas leurs tailles. Le résultat \(\dfrac37\) ne correspond pas à cette somme. En cas d’erreur, utilise la propriété d’invariance pour reconstruire chaque fraction au même dénominateur.

Propriété — Addition, soustraction et multiplication

Pour \(b\neq0\) et \(d\neq0\) : \[\frac ab+\frac cd=\frac{ad+bc}{bd}, \qquad \frac ab-\frac cd=\frac{ad-bc}{bd}, \qquad \frac ab\times\frac cd=\frac{ac}{bd}.\]

Démonstration.

L’invariance donne \(\dfrac ab=\dfrac{ad}{bd}\) et \(\dfrac cd=\dfrac{bc}{bd}\). Multiplier leur somme par \(bd\) donne \(ad+bc\) ; la somme vaut donc \(\dfrac{ad+bc}{bd}\). Avec la différence, le même raisonnement donne \(ad-bc\).

Pour le produit, multiplier \(\dfrac ab\times\dfrac cd\) par \(bd\) donne \(\bigl(b\times\dfrac ab\bigr)\bigl(d\times\dfrac cd\bigr)=ac\). Ce produit est donc le quotient \(\dfrac{ac}{bd}\).

\(\square\)

Un dénominateur commun plus petit que \(bd\) peut rendre les calculs plus simples. Les formules justifient les règles ; elles n’imposent pas de choisir systématiquement le produit \(bd\).

Méthode — Additionner ou soustraire : rendre les dénominateurs égaux

Commence par chercher un multiple commun des dénominateurs, puis indique le multiplicateur de chaque fraction en haut et en bas. \[\begin{aligned} \frac5{12}+\frac7{18} &=\frac{5\times3}{12\times3}+\frac{7\times2}{18\times2}\\ &=\frac{15}{36}+\frac{14}{36} =\frac{15+14}{36}=\frac{29}{36}. \end{aligned}\] Le nombre \(36\) convient car \(36=12\times3=18\times2\). Les seuls facteurs premiers de \(36\) sont \(2\) et \(3\) ; \(29\) n’est divisible ni par \(2\) ni par \(3\), donc le résultat est irréductible.

Pour une différence, conserve le signe de chaque numérateur : \[\frac58-\frac7{12} =\frac{5\times3}{8\times3}-\frac{7\times2}{12\times2} =\frac{15-14}{24} =\frac1{24}.\] Le dénominateur reste \(24\) ; il ne devient pas \(24-24\). Un numérateur égal à \(1\) donne automatiquement une fraction irréductible.

Méthode — Multiplier : des produits, donc des simplifications possibles

Pour un produit, on multiplie les numérateurs entre eux et les dénominateurs entre eux. Il n’est pas nécessaire de rendre les dénominateurs égaux : \[\begin{aligned} \frac{14}{15}\times\frac{25}{21} &=\frac{14\times25}{15\times21}\\ &=\frac{(2\times7)\times(5\times5)} {(3\times5)\times(3\times7)}\\ &=\frac{(7\times5)\times(2\times5)} {(7\times5)\times(3\times3)} =\frac{10}{9}. \end{aligned}\] Le facteur commun \(7\times5=35\) a été divisé en haut et en bas. Le résultat est irréductible, puisque \(10=2\times5\) et \(9=3^2\). Le contrôle par le produit non simplifié donne \(\dfrac{350}{315}=\dfrac{10}{9}\). Les simplifications anticipées évitent de gros nombres, mais elles portent sur des facteurs, pas sur des termes d’une somme.

Propriété — Diviser par une fraction non nulle

Si \(b\neq0\), \(d\neq0\) et \(c\neq0\), alors \[\frac ab\div\frac cd=\frac ab\times\frac dc.\]

Démonstration.

La fraction qui joue le rôle de diviseur est \(\dfrac cd\). Elle est non nulle précisément lorsque \(c\neq0\). Son inverse est \(\dfrac dc\), car \(\dfrac cd\times\dfrac dc=\dfrac{cd}{dc}=1\). Le nombre \(\dfrac ab\times\dfrac dc\), multiplié par \(\dfrac cd\), donne donc \(\dfrac ab\) : c’est le quotient recherché.

\(\square\)

Le numérateur \(a\) du nombre que l’on divise peut être nul. C’est le diviseur, non le dividende, qui doit être non nul.

Méthode — Identifier le diviseur avant de prendre son inverse

Dans \(\dfrac{-9}{10}\div\dfrac35\), le diviseur est \(\dfrac35\), non nul puisque \(3\neq0\). Son inverse est \(\dfrac53\), et \(\dfrac35\times\dfrac53=\dfrac{15}{15}=1\). On peut alors écrire : \[\frac{-9}{10}\div\frac35 =\frac{-9}{10}\times\frac53 =\frac{-45}{30} =\frac{-45\div15}{30\div15} =-\frac32.\] Le nombre obtenu est bien le quotient : \(-\dfrac32\times\dfrac35=-\dfrac9{10}\), ce qui reconstitue le dividende. Ne retourne pas la première fraction et ne retourne pas les deux.

Propriété — Comparer avec des dénominateurs positifs

Si \(b>0\) et \(d>0\), comparer \(\dfrac ab\) et \(\dfrac cd\) revient à comparer \(ad\) et \(bc\).

Démonstration.

Les deux fractions valent \(\dfrac{ad}{bd}\) et \(\dfrac{bc}{bd}\). Leur dénominateur commun \(bd\) est positif : elles sont rangées comme leurs numérateurs. On peut aussi multiplier l’inégalité par \(bd>0\) sans changer son sens.

\(\square\)

Par exemple, \(\dfrac7{12}=\dfrac{14}{24}<\dfrac{15}{24}=\dfrac58\) ; le contrôle par produits croisés donne \(7\times8=56<60=5\times12\). Si un dénominateur est négatif, replace d’abord le signe au numérateur pour appliquer cette version du résultat.

À toi — Du guidage au choix des opérations

Essai guidé. Calcule \(\dfrac16+\dfrac59\) en choisissant le dénominateur \(18\). Écris les deux multiplicateurs.

Tentative autonome. Calcule \(\left(\dfrac34-\dfrac16\right)\div\dfrac79\) et donne une forme irréductible. Indice : effectue d’abord le calcul entre parenthèses ; identifie ensuite le diviseur avant d’utiliser son inverse.

Correction expliquée.

Pour l’essai guidé, \[\frac16+\frac59 =\frac{1\times3}{6\times3}+\frac{5\times2}{9\times2} =\frac3{18}+\frac{10}{18}=\frac{13}{18}.\] \(18=2\times3^2\) et \(13\) n’est divisible ni par \(2\) ni par \(3\), donc la fraction est irréductible.

Pour la tentative, \(\dfrac34-\dfrac16 =\dfrac{3\times3}{4\times3}-\dfrac{1\times2}{6\times2} =\dfrac9{12}-\dfrac2{12}=\dfrac7{12}\). Le diviseur \(\dfrac79\) est non nul et son inverse est \(\dfrac97\). Par conséquent, \[\left(\frac34-\frac16\right)\div\frac79 =\frac7{12}\times\frac97 =\frac{7\times9}{12\times7} =\frac9{12} =\frac34.\] La division par le facteur commun \(7\), puis par \(3\), conserve la valeur. Le contrôle \(\dfrac34\times\dfrac79=\dfrac{21}{36}=\dfrac7{12}\) retrouve le résultat de la parenthèse.

Justification personnelle. Pourquoi doit-on préciser « diviseur non nul » ? Une réponse complète cite l’inverse, explique que son dénominateur serait nul si le diviseur était nul et distingue les deux expressions suivantes : \(0\div\dfrac57=0\), tandis que \(\dfrac57\div0\) n’est pas défini.

Pour reprendre — Réparer une simplification à travers une somme

Première erreur. Dans \(\dfrac{6+9}{3}\), supprimer le facteur \(3\) uniquement dans \(6\) conduit à \(2+9=11\). Cette suppression ne divise pas tout le numérateur.

Rappel et exemple plus simple. \(\dfrac{4+2}{2}=\dfrac62=3\). Si l’on distribue la division, elle porte sur les deux termes : \(\dfrac42+\dfrac22=2+1=3\), et non \(2+2\).

Nouvel essai. Calcule \(\dfrac{10+15}{5}\) de deux façons.

Correction expliquée.

En additionnant d’abord : \(\dfrac{10+15}{5}=\dfrac{25}{5}=5\). En factorisant : \(\dfrac{5\times2+5\times3}{5} =\dfrac{5(2+3)}5=2+3=5\). Le facteur \(5\) concerne alors tout le numérateur.

Retour à l’erreur. \(\dfrac{6+9}{3}=\dfrac{3(2+3)}3=5\). On peut aussi écrire \(\dfrac63+\dfrac93=2+3=5\). Avant toute simplification, demande-toi : « Le nombre que je retire est-il un facteur de l’ensemble du numérateur et de l’ensemble du dénominateur ? »

À toi — Reprise différée : ordre, contrôle et résultat exact

Sans regarder les exemples, calcule \(\dfrac56-\dfrac34\times\dfrac29\). Puis compare le résultat à \(\dfrac58\). Aide : le produit est prioritaire ; pour comparer, trouve un dénominateur commun positif.

Correction expliquée.

Le produit vaut \(\dfrac34\times\dfrac29=\dfrac{3\times2}{4\times9} =\dfrac6{36}=\dfrac16\). On effectue ensuite la soustraction : \[\frac56-\frac16=\frac{5-1}{6}=\frac46=\frac23.\] Enfin, \(\dfrac23=\dfrac{2\times8}{3\times8}=\dfrac{16}{24}\) et \(\dfrac58=\dfrac{5\times3}{8\times3}=\dfrac{15}{24}\), donc \(\dfrac23>\dfrac58\). Le résultat de la soustraction est inférieur à \(\dfrac56\), puisqu’on a retiré un nombre positif : ce contrôle de sens détecterait certaines erreurs de signe. Pour te corriger, vérifie séparément priorité, produit, soustraction, réduction et comparaison.

À retenir — Un choix de règle, puis deux contrôles

Pour \(+\) ou \(-\) : même dénominateur, puis opération sur les numérateurs. Pour \(\times\) : produits des numérateurs et des dénominateurs. Pour \(\div\) : diviseur non nul, puis multiplication par son inverse.

Premier contrôle : chaque égalité conserve-t-elle le nombre, les signes et les conditions ? Deuxième contrôle, si demandé : la fraction finale est-elle vraiment irréductible ? Une bonne valeur et une forme irréductible sont deux exigences distinctes.

Choisir une démarche dans un problème

Passer du texte à une condition mathématique, chercher puis contrôler l'optimalité.

Rappels pour travailler cette unité seule. Un entier positif \(d\) divise \(n\) si \(n=dk\) avec \(k\) entier ; pour une quantité d’objets \(n\geq0\), cela permet un partage en \(d\) groupes égaux sans reste. Pour un entier \(a>0\), un multiple positif de \(a\) s’écrit \(ak\) avec \(k\) entier positif ; il peut représenter le temps écoulé après \(k\) répétitions d’une durée \(a\).

Un nombre premier n’a que deux diviseurs positifs, 1 et lui-même. Tout entier au moins égal à 2 se décompose en facteurs premiers, avec une liste unique à l’ordre près ; l’unicité est ici un résultat admis du collège. Par exemple \(60=2^2\times3\times5\) et \(84=2^2\times3\times7\). Les facteurs d’un diviseur doivent être présents dans cette liste, sans dépasser leur nombre d’occurrences.

Repérage — Les mêmes mots ne demandent pas la même recherche

On veut partager 24 cartes en paquets identiques sans reste. Le nombre de paquets divise-t-il 24 ou est-il un multiple de 24 ? Une sonnerie retentit toutes les 6 minutes : ses instants après le départ divisent-ils 6 ou sont-ils des multiples de 6 ?

Correction expliquée.

Si \(g\) est le nombre de paquets et \(c\) le nombre de cartes par paquet, \(24=g\times c\) : \(g\) divise 24. Pour la sonnerie, les instants sont \(6,12,18,\ldots\), donc des multiples de 6. Si tu hésites, écris l’égalité décrivant la situation avant de chercher un résultat.

Méthode — Traduire avant de choisir une technique

  1. Définis l’inconnue avec son unité : nombre de lots, objets par lot, durée en minutes…

  2. Traduis chaque contrainte par un produit ou une divisibilité. « Sans reste », « identiques » et « en même temps » n’ont pas la même fonction.

  3. Repère la demande exacte : une solution, toutes les solutions, la plus grande, la plus petite positive, une solution dans un intervalle ?

  4. Choisis la voie : petites listes complètes si les nombres sont modestes ; facteurs premiers si les listes sont longues ; division euclidienne pour une borne.

  5. Contrôle dans le contexte : entiers positifs, unités, aucun reste, toutes les contraintes et justification du maximum ou du minimum.

Une réponse possible n’est pas forcément la réponse optimale. Et un résultat numérique exact ne répond pas encore au problème si l’on a mal choisi ce qu’il représente.

1. Faire le plus grand nombre de lots identiques

Exemple — Des lots de matériel

Un atelier possède 168 crayons verts et 126 crayons bleus. Il veut utiliser tous les crayons pour faire le plus grand nombre de lots identiques : même nombre de verts dans chaque lot et même nombre de bleus dans chaque lot. Combien de lots et quelle composition ?

Traduction. Si \(g\) est le nombre de lots, \(168=gv\) et \(126=gb\), où \(v\) et \(b\) sont les quantités entières par lot. Ainsi \(g\) est un diviseur commun positif de 168 et de 126. Il faut le plus grand.

Recherche par facteurs. Les divisions successives donnent \[168=2\times84=2^2\times42=2^3\times21=2^3\times3\times7,\] \[126=2\times63=2\times3\times21=2\times3^2\times7.\] Un diviseur commun ne peut prendre que les facteurs présents dans les deux nombres : au plus un 2, un 3 et un 7. Leur produit est \(2\times3\times7=42\). Il divise les deux nombres, et tout autre diviseur commun utilise une partie de ces facteurs : il ne peut pas être plus grand. Donc \(g=42\).

Retour au contexte. \(168/42=4\) et \(126/42=3\). On réalise 42 lots de 4 crayons verts et 3 crayons bleus. Contrôle : \(42\times4=168\) et \(42\times3=126\) ; tout le stock est utilisé et chaque lot contient 7 crayons.

Autre voie. Les diviseurs positifs de 168 sont \(1,2,3,4,6,7,8,12,14,21,24,28,42,56,84,168\). Ceux de 126 sont \(1,2,3,6,7,9,14,18,21,42,63,126\). Les nombres présents dans les deux listes sont \(1,2,3,6,7,14,21,42\). Le plus grand est encore 42. Cette voie donne également tous les nombres de lots possibles ; les facteurs rendent ici la recherche du maximum plus rapide.

Piège — Maximiser le nombre de lots ou leur taille ?

Dans l’exemple, plus on fait de lots, moins chacun contient de crayons. « Le plus grand nombre de lots » ne signifie donc pas « le plus grand nombre de crayons par lot ». Si l’on autorise un unique lot et qu’on veut sa plus grande taille, il suffit de garder tout le stock ensemble : c’est un autre problème.

2. Chercher une prochaine coïncidence

Exemple — Deux signaux réguliers

Deux signaux s’allument ensemble au départ. L’un revient toutes les 12 minutes, l’autre toutes les 18 minutes. Après combien de minutes s’allument-ils de nouveau ensemble ?

Traduction. Le temps \(t\) doit s’écrire \(t=12u=18v\), avec \(u,v\) entiers positifs. C’est le plus petit multiple commun strictement positif : \(t=0\) correspond au départ, pas à la prochaine coïncidence.

Recherche par listes. Pour le premier signal : \(12,24,36,48,\ldots\) ; pour le second : \(18,36,54,\ldots\). La première valeur commune est 36. Il n’y en a pas avant : les seuls multiples positifs de 12 strictement inférieurs à 36 sont 12 et 24, et aucun n’est multiple de 18.

Variante par facteurs. \(12=2^2\times3\) et \(18=2\times3^2\). Un multiple commun doit contenir au moins deux facteurs 2 et deux facteurs 3. Le plus petit positif est donc \(2^2\times3^2=36\) ; tout multiple commun positif contient ces facteurs et est lui-même un multiple positif de 36. Cette justification utilise l’unicité de la décomposition première rappelée au début de l’unité.

Contrôle. \(36=12\times3=18\times2\) : le premier signal a accompli trois périodes, l’autre deux. La réponse est 36 minutes, pas 36 événements.

Exemple — Ajouter une plage de valeurs

On cherche tous les entiers compris entre 200 et 400 qui sont divisibles à la fois par 18 et par 24.

Les décompositions \(18=2\times3^2\) et \(24=2^3\times3\) imposent à tout multiple commun les facteurs \(2^3\times3^2=72\). Réciproquement, un multiple de 72 est divisible par 18 et par 24, car \(72=18\times4=24\times3\). Il suffit donc de lister les multiples de 72 dans la plage : \[72\times2=144<200,\quad72\times3=216,\quad72\times4=288,\quad72\times5=360,\] et \(72\times6=432>400\). Les réponses sont 216, 288 et 360. Les produits voisins prouvent que la liste est complète.

À toi — Du guidage au choix personnel

Essai guidé. On prépare des sachets identiques avec 96 billes rouges et 60 billes jaunes, en utilisant tout. Cherche le plus grand nombre de sachets puis leur composition. Commence par \(96=2^5\times3\) et \(60=2^2\times3\times5\).

Correction expliquée.

Le nombre de sachets doit diviser les deux stocks. Les facteurs communs utilisables sont au plus deux 2 et un 3 : \(2^2\times3=12\). Ce nombre divise les deux stocks et tout diviseur commun en utilise une partie ; c’est donc le maximum. Chaque sachet contient \(96/12=8\) billes rouges et \(60/12=5\) billes jaunes. Contrôle : \(12\times8=96\) et \(12\times5=60\).

Tentative sans méthode annoncée.

  1. Une classe prépare des enveloppes identiques avec 132 autocollants noirs et 88 blancs, sans reste. Quel est le plus grand nombre d’enveloppes et leur contenu ?

  2. Deux rotations commencent ensemble ; l’une dure 15 minutes, l’autre 24. Après combien de minutes se terminent-elles pour la première fois de nouveau ensemble ?

Indices, à lire seulement après essai : dans la première question, le nombre recherché divise les stocks ; dans la seconde, les durées divisent le temps recherché.

Correction expliquée.

1. \(132=2\times66=2^2\times33=2^2\times3\times11\) et \(88=2\times44=2^2\times22=2^3\times11\). Le plus grand diviseur commun contient deux facteurs 2 et un facteur 11, soit \(4\times11=44\). On obtient 44 enveloppes de \(132/44=3\) noirs et \(88/44=2\) blancs. Les produits \(44\times3=132\) et \(44\times2=88\) contrôlent les deux stocks.

2. \(15=3\times5\) et \(24=2^3\times3\). Le plus petit multiple commun positif contient \(2^3\times3\times5=8\times15=120\). Le temps est 120 minutes. Cela correspond à \(120/15=8\) rotations et \(120/24=5\) rotations. Tout multiple commun positif est un multiple de 120, ce qui prouve qu’aucune coïncidence positive n’arrive plus tôt.

Justification personnelle. Pourquoi prend-on les facteurs communs avec les plus petits exposants pour les lots, mais avec les plus grands exposants pour la coïncidence ? Réponse possible : un diviseur doit tenir dans chacun des stocks, donc ne pas dépasser ce que le stock le moins riche en ce facteur permet. Un multiple doit contenir les deux durées, donc assez de facteurs pour chacune. Critères : distinguer « divise chacun » de « est divisible par chacun » et expliquer les deux contraintes sur les facteurs.

Variation de condition. Si l’on demande les coïncidences entre 0 et 250 minutes départ inclus, pour les rotations de 15 et 24 minutes, les réponses sont \(0,120,240\). Si l’on demande la prochaine après le départ, 0 doit disparaître et seule la première valeur positive est retenue.

Pour reprendre — Si tu trouves une solution mais pas le maximum

Erreur : « Avec 18 objets d’une sorte et 24 d’une autre, on peut faire 3 lots identiques, donc le maximum est 3. » Trois lots conviennent, mais il peut y en avoir davantage. Rappel : maximum signifie « convient et aucun plus grand ne convient ».

Exemple plus simple corrigé. Pour 8 et 12 objets, les diviseurs communs positifs sont 1, 2 et 4 ; le maximum est 4, avec 2 et 3 objets par lot. Nouvel essai : reprends 18 et 24. Leurs diviseurs communs sont \(1,2,3,6\) ; le maximum est 6, avec 3 et 4 objets par lot. Retour : dans le problème des enveloppes, explique pourquoi les facteurs disponibles interdisent un diviseur commun supérieur à 44.

Reprise différée, sans relire. On dispose de 70 rubans verts et 98 rubans bleus. Combien de lots identiques au maximum peut-on faire sans reste ? Aide : \(70=2\times5\times7\) et \(98=2\times7^2\).

Correction expliquée.

Le nombre de lots doit diviser les deux stocks. On ne peut prendre en commun qu’un 2 et un 7 : \(2\times7=14\). Les 14 lots contiennent \(70/14=5\) rubans verts et \(98/14=7\) rubans bleus. Tout diviseur commun utilise seulement ces facteurs, donc 14 est maximal. Le contrôle \(14\times5=70\), \(14\times7=98\) vérifie les stocks, mais c’est l’argument sur les facteurs qui justifie le maximum.

À retenir — Quatre questions à garder

Qu’est-ce que je cherche, avec quelle unité ? Qui divise qui ? Faut-il une solution, toutes, un maximum ou un minimum positif ? Ai-je vérifié les contraintes et justifié que ma réponse est complète ou optimale ?

Arithmétique avec Python

Traduire une propriété en instructions, suivre les variables et justifier le résultat.

Un programme ne devine ni le sens de la question ni les valeurs autorisées. Avant de le lancer, on précise ses entrées, le résultat attendu et les conditions sous lesquelles il est correct. Nous allons programmer deux tâches : tester une divisibilité et chercher un multiple soumis à une borne. Il n’est pas nécessaire de connaître les listes Python.

Le petit vocabulaire nécessaire

Rappel — Quotient entier et reste

Pour deux entiers naturels \(a\) et \(b\), avec \(b>0\), la division euclidienne s’écrit \[a=bq+r,\qquad 0\leq r<b,\] où \(q\) et \(r\) sont des entiers naturels. Ce couple \((q,r)\) est unique. \(q\) est le quotient entier et \(r\) le reste. Par exemple, \(157=7\times22+3\), avec \(0\leq3<7\). Les groupes complets de \(7\) correspondent à \(22\) groupes et les \(3\) unités restantes ne permettent pas de former un groupe supplémentaire. Cette image aide pour des quantités positives ; l’égalité est le contrôle exact.

En Python, 157 // 7 donne \(22\) et 157 % 7 donne \(3\). L’opérateur // calcule ici le quotient entier, tandis que % calcule le reste : il ne désigne pas un pourcentage. La division ordinaire 157 / 7 ne répond donc pas à la même question.

Notation — Lire le code sans confondre affectation et comparaison

Écriture Signification dans les programmes de cette unité
a = 24 On place la valeur entière \(24\) dans la variable a.
a == 24 On teste si la valeur de a est égale à \(24\).
True, False Valeurs booléennes : vrai, faux.
def Début de la définition d’une fonction.
return Renvoie le résultat de la fonction et termine son exécution.
while Répète les instructions indentées tant que la condition est vraie.
for Parcourt successivement des valeurs, par exemple celles d’un range.
if Exécute les instructions indentées qui suivent seulement si la condition est vraie.

L’indentation, c’est-à-dire le décalage vers la droite, indique quelles instructions appartiennent à la fonction ou à la boucle. Le signe # introduit un commentaire : cette partie de la ligne n’est pas exécutée.

Compétence 13 : écrire et interpréter un test de divisibilité

À toi — Repérer le rôle du reste

On sait que \(38=6\times6+2\). Que renvoient 38 // 6, 38 % 6, puis 38 % 6 == 0 ?

Correction expliquée.

Le quotient entier est \(6\), le reste est \(2\). Les deux premiers résultats sont donc \(6\) et \(2\). La comparaison devient 2 == 0, qui est fausse : le dernier résultat est False. Cela signifie que \(38\) n’est pas multiple de \(6\). Si tu as répondu \(6\) pour le reste, repère dans l’égalité ce qui multiplie \(6\), puis ce qui reste après ce produit.

Caractérisation — Un reste nul reconnaît exactement un multiple

Pour \(a\) entier naturel et \(b\) entier naturel strictement positif, \(a\) est multiple de \(b\) si et seulement si le reste de sa division euclidienne par \(b\) est nul.

Démonstration.

Si le reste est nul, l’égalité \(a=bq+0=bq\), avec \(q\) entier, est précisément l’écriture d’un multiple de \(b\). Réciproquement, si \(a=bk\) pour un entier \(k\), alors \(k\geq0\), car \(a\geq0\) et \(b>0\). L’écriture \(a=bk+0\) est une division euclidienne puisque \(0\leq0<b\). L’unicité du quotient et du reste donne donc un reste nul.

\(\square\)

Algorithme — Une fonction qui renvoie vrai ou faux

Contrat. Entrées : entiers \(a\geq0\) et \(b>0\). Sortie : True exactement lorsque \(a\) est multiple de \(b\).

def est_multiple(a, b):
    # Entrees : a entier >= 0 et b entier > 0.
    return a % b == 0

Le premier geste consiste à vérifier le domaine des entrées. Ensuite, la fonction calcule le reste, le compare à zéro et renvoie le booléen obtenu. Une seule comparaison suffit : il n’est pas nécessaire d’écrire une boucle.

Exemple de référence. Pour est_multiple(154, 7), on a \[154=7\times22+0.\] L’expression 154 % 7 vaut \(0\), puis 0 == 0 vaut True. Le contrôle mathématique est \(7\times22=154\). Pour est_multiple(157, 7), le reste \(3\) conduit à False. Enfin, est_multiple(0, 7) renvoie True, conformément à \(0=7\times0\).

Piège — Une entrée interdite n’est pas une réponse fausse

La fonction n’accepte pas \(b=0\) : a % 0 n’est pas défini. Il ne faut pas ajouter « si \(b=0\), renvoyer faux » en prétendant ainsi traduire toute la définition mathématique.

En effet, selon la définition « \(a=bk\) pour un entier \(k\) », \(0\) est multiple de \(0\), car \(0=0\times0\). Le programme ci-dessus a simplement un domaine plus restreint. Le lancer hors de ce domaine ne permet aucune conclusion sur la divisibilité. De même, on ne lui fournit pas de nombres décimaux non entiers.

À toi — Compléter un test puis le contrôler

Complète est_multiple(84, 12) à la main : \(84=12\times\ldots+\ldots\). Quel résultat la fonction renvoie-t-elle ? Que renvoie-t-elle avec \(85\) à la place de \(84\) ?

Indice. Cherche un produit de \(12\) voisin de \(84\).

Correction expliquée.

\(12\times7=84\), donc \(84=12\times7+0\). Le reste nul conduit à True. Pour \(85\), \(85=12\times7+1\), avec \(0\leq1<12\) : la fonction renvoie False. Le contrôle compare \(84\leq85<96=12\times8\).

À toi — Essayer avant de consulter

Sans exécuter Python, prévois les résultats de est_multiple(221, 13) et est_multiple(222, 13). Écris les divisions euclidiennes qui justifient tes réponses.

Indice. \(13\times10=130\) et \(13\times7=91\).

Correction expliquée.

\(13\times17=130+91=221\). Ainsi \(221=13\times17+0\), puis \(222=13\times17+1\). Les restes \(0\) et \(1\) sont compris entre \(0\) et \(12\). Les sorties sont respectivement True et False.

À toi — Écrire réellement une fonction

Écris une fonction est_diviseur(d, n) dont les entrées sont un entier d strictement positif et un entier naturel n. Elle doit renvoyer True exactement lorsque d divise n. Attention : l’ordre des arguments diffère de celui de est_multiple.

Avant de consulter la correction, écris ta fonction, puis prévois ses sorties pour les couples \((7,203)\), \((7,204)\) et \((7,0)\). Indice : nomme le nombre à diviser et le diviseur avant d’écrire l’opérateur %.

Correction expliquée.

Le reste à examiner est celui de la division de n par d, et non l’inverse. Le contrat d > 0 autorise ce calcul.

def est_diviseur(d, n):
    # Entrees : d entier > 0 et n entier >= 0.
    return n % d == 0

Pour \((7,203)\), \(203=7\times29+0\), donc la comparaison renvoie True. Pour \((7,204)\), \(204=7\times29+1\), donc elle renvoie False. Pour \((7,0)\), \(0=7\times0+0\), donc elle renvoie True. Cette dernière sortie rappelle qu’un dividende nul est autorisé ; c’est le diviseur nul qui est exclu.

Contrôle de ton code : bon ordre dans n % d, comparaison == 0, résultat renvoyé par return et indentation de cette ligne dans la fonction.

À expliquer toi-même. Pourquoi la commande a // b == 0 ne remplace-t-elle pas a % b == 0 ? Une réponse possible est : « Le quotient nul signifie, pour les entrées positives étudiées, que \(a<b\). Le reste nul signifie que la division est exacte. Ce ne sont pas les mêmes propriétés : \(24//6=4\), alors que \(24\) est bien multiple de \(6\). » Critères : nommer quotient et reste, distinguer les deux questions et donner un cas qui les sépare.

Pour reprendre — Si tu confonds quotient et reste

Première erreur possible : « 24 // 6 == 0 est le bon test, car on divise par \(6\). » Reviens à \(10=3\times3+1\) : le quotient compte les groupes complets ; le reste compte les unités non réparties. Un partage exact exige zéro unité restante, pas zéro groupe.

Nouvel essai. Prévois les résultats de 18 // 3 == 0 et 18 % 3 == 0.

Correction expliquée.

\(18=3\times6+0\). La première comparaison est 6 == 0, donc False. La seconde est 0 == 0, donc True. Reviens maintenant au test avec \(24\) : le reste est nul, et le quotient \(4\) ne gêne pas la divisibilité.

À toi — À reprendre un autre jour, avant de relire

Prévois est_multiple(203, 7) et est_multiple(204, 7). Explique pourquoi est_multiple(203, 0) n’est pas une troisième question recevable pour cette fonction.

Indice. Pars de \(7\times30=210\).

Correction expliquée.

\(7\times29=210-7=203\). Les restes sont \(0\) pour \(203\) et \(1\) pour \(204\) : sorties True, puis False. Le dernier appel ne respecte pas la condition \(b>0\) et ferait intervenir un reste de division par zéro. On ne doit pas lui attribuer une sortie mathématique vrai/faux.

Compétence 14 : chercher le plus grand multiple sous une borne

On cherche maintenant le plus grand multiple de \(a\) qui ne dépasse pas \(b\). Dans toute cette partie, \(a\) est un entier strictement positif et \(b\) un entier naturel. Le multiple \(0=a\times0\) est autorisé. Dans est_multiple(a, b), le second argument était le diviseur. Dans les fonctions suivantes, a est le pas et b la borne : les noms des arguments se lisent avec le contrat de chaque fonction.

À toi — Ne pas confondre la borne et le résultat

Parmi \(0,8,16,24,32,40,48,56,64\), quel est le plus grand multiple de \(8\) inférieur ou égal à \(59\) ?

Correction expliquée.

\(56\) convient : il est dans la liste et \(56\leq59\). Le suivant, \(64\), dépasse \(59\). La réponse n’est donc ni \(59\), qui n’est pas multiple de \(8\), ni \(64\), qui ne respecte pas la borne. Si tu hésites, vérifie séparément les deux contraintes.

Propriété — Utiliser le quotient entier

Pour \(a>0\) et \(b\geq0\) entiers, écrivons \(b=aq+r\), avec \(0\leq r<a\). Le plus grand multiple de \(a\) inférieur ou égal à \(b\) est \(aq\).

Démonstration.

Comme \(r\geq0\), on a \(aq\leq b\). Comme \(r<a\), \[b=aq+r<aq+a=a(q+1).\] Tout multiple de \(a\) strictement supérieur à \(aq\) correspond à un coefficient entier au moins égal à \(q+1\), et vaut donc au moins \(a(q+1)>b\). Ainsi \(aq\) convient et aucun multiple plus grand ne convient.

\(\square\)

Méthode — La voie directe conseillée

Je reconnais un pas entier positif et une borne à ne pas dépasser. Je vérifie \(a>0\), \(b\geq0\), puis je calcule le quotient entier de \(b\) par \(a\) et le multiplie par \(a\).

def plus_grand_multiple(a, b):
    # Entrees : a entier > 0 et b entier >= 0.
    q = b // a
    return a * q

Exemple. Pour \(a=8\), \(b=59\), on calcule \(59=8\times7+3\), donc q vaut \(7\), puis le résultat vaut \(8\times7=56\). Le contrôle complet est \[56\text{ multiple de }8,\qquad 56\leq59<56+8.\]

Cas limites à comprendre. Pour \(a=10\), \(b=40\), le résultat est \(40\) : la borne est incluse. Pour \(a=12\), \(b=7\), le quotient vaut \(0\), donc le résultat est \(0\). Pour \(a=9\), \(b=0\), il vaut encore \(0\). Le domaine ne suppose jamais que \(b\) soit supérieur à \(a\).

Algorithme — Autre voie : avancer de multiple en multiple

def plus_grand_multiple_boucle(a, b):
    # Entrees : a entier > 0 et b entier >= 0.
    m = 0
    while m + a <= b:
        m = m + a
    return m

Pourquoi tester le prochain multiple ? La condition vérifie que l’on peut avancer encore d’un pas \(a\) sans dépasser la borne. Dans m = m + a, Python lit d’abord l’ancienne valeur de m, calcule la somme, puis range la nouvelle valeur dans m. Il ne s’agit pas d’une équation à résoudre.

Trace pour \(a=8\), \(b=59\).

\(m\) avant le test Test du prochain multiple \(m\) après la mise à jour
0 \(8\leq59\) : vrai 8
8 \(16\leq59\) : vrai 16
16 \(24\leq59\) : vrai 24
24 \(32\leq59\) : vrai 32
32 \(40\leq59\) : vrai 40
40 \(48\leq59\) : vrai 48
48 \(56\leq59\) : vrai 56
56 \(64\leq59\) : faux aucune ; sortie \(56\)

Démonstration.

Au départ, \(m=0\) est un multiple de \(a\) et \(m\leq b\). Si ces deux propriétés sont vraies avant une répétition et si \(m+a\leq b\), la nouvelle valeur \(m+a\) est encore un multiple de \(a\) et ne dépasse pas \(b\). Elles restent donc vraies à chaque étape.

La boucle s’arrête : les valeurs de \(m\) augmentent strictement d’un entier \(a\geq1\), tout en restant dans l’ensemble fini \(0,1,\ldots,b\). À l’arrêt, \(m+a>b\). On a alors \(m\leq b<m+a\) : \(m\) convient, mais le multiple suivant et tous ceux qui le dépassent ne conviennent plus. Le résultat est donc maximal.

\(\square\)

À toi — Compléter puis contrôler

Cherche le plus grand multiple de \(6\) inférieur ou égal à \(41\). Complète \(41=6\times\ldots+\ldots\), puis indique les deux derniers tests effectués par la boucle.

Indice. \(6\times6=36\).

Correction expliquée.

\(41=6\times6+5\), avec \(0\leq5<6\), donc la méthode directe renvoie \(36\). Dans la boucle, le test \(30+6\leq41\) est vrai : \(m\) devient \(36\). Le test \(36+6\leq41\), soit \(42\leq41\), est faux. La boucle renvoie \(36\). Le contrôle \(36\leq41<42\) confirme à la fois le respect de la borne et la maximalité.

À toi — Essayer avant de consulter

Prévois les résultats pour \((a,b)=(11,100)\), \((11,99)\) et \((11,5)\). Justifie chacun sans lancer le programme.

Indice. Pense à \(11\times9\), puis à la possibilité \(q=0\).

Correction expliquée.

\(100=11\times9+1\), donc le résultat est \(99\), et \(99\leq100<110\). Pour \(b=99\), \(99=11\times9+0\) : la borne elle-même convient, donc le résultat reste \(99\). Enfin, \(5=11\times0+5\), avec \(0\leq5<11\) : le résultat est \(0\), et \(0\leq5<11\).

À justifier toi-même. Pourquoi while m < b suivi de m = m + a ne suffit-il pas ? Une réponse possible est : « Le test dit que l’ancienne valeur est inférieure à la borne, mais pas que la nouvelle le sera. Pour \(a=8\), \(b=59\), on aurait \(m=56<59\), puis \(m=64>59\). » Critères : distinguer ancienne et nouvelle valeur, produire le dépassement et proposer le test \(m+a\leq b\).

Pour reprendre — Réparer un dépassement de borne

Si tu testes seulement \(m<b\), représente les multiples comme des marches : il faut regarder où mène le prochain pas. Cette image éclaire le test ; la preuve reste l’inégalité \(m+a\leq b\).

Exemple plus simple corrigé. Avec \(a=2\), \(b=5\), on part de \(m=0\). Le test \(0+2\leq5\) est vrai : \(m\) devient \(2\). Puis \(2+2\leq5\) est vrai : \(m\) devient \(4\). Enfin \(4+2\leq5\) est faux, donc on renvoie \(4\). Tester seulement \(4<5\) aurait autorisé un pas vers \(6\), trop grand.

Nouvel essai. Avec \(a=3\), \(b=8\), suis la boucle correcte.

Correction expliquée.

On part de \(m=0\). \(0+3\leq8\) est vrai : \(m=3\). Puis \(3+3\leq8\) est vrai : \(m=6\). Enfin \(6+3\leq8\) est faux : la sortie est \(6\). Le contrôle \(6\leq8<9\) exclut \(9\). Reviens au cas \(a=8\), \(b=59\) : le prochain pas depuis \(56\) est précisément celui qu’il ne faut pas effectuer.

À toi — À reprendre plus tard

Cherche le plus grand multiple de \(14\) ne dépassant pas \(120\). Puis explique ce qui change si la consigne impose de rester strictement inférieur à \(112\).

Indice. Compare \(14\times7\), \(14\times8\) et \(14\times9\).

Correction expliquée.

\(14\times7=98\), \(14\times8=112\), \(14\times9=126\). Comme \(112\leq120<126\), la première réponse est \(112\). Pour rester strictement sous \(112\), ce nombre n’est plus autorisé : la réponse est \(98\). Le programme du cours résout une consigne avec \(\leq\), pas avec \(<\). Pour des valeurs entières et une borne strictement positive \(b\), chercher sous \(b\) strictement revient à chercher sous \(b-1\) au sens large : ici sous \(111\).

À toi — Programmer une consigne qui change

Pour deux entiers \(a>0\) et \(b>0\), écris une fonction plus_grand_multiple_strict(a, b) qui renvoie le plus grand multiple naturel de \(a\) strictement inférieur à \(b\). Le multiple \(0\) reste autorisé. Prévois les résultats pour \((a,b)=(14,112)\), \((14,120)\) et \((14,1)\), puis explique ton choix de calcul.

Indice : pour des nombres entiers, être strictement inférieur à \(b\) revient à être inférieur ou égal à \(b-1\).

Correction expliquée.

On applique la méthode directe à la nouvelle borne \(b-1\). Comme \(b>0\) est entier, cette borne reste naturelle.

def plus_grand_multiple_strict(a, b):
    # Entrees : a entier > 0 et b entier > 0.
    q = (b - 1) // a
    return a * q

Pour \((14,112)\), on divise \(111\) par \(14\) : \(111=14\times7+13\), d’où \(q=7\) et la sortie \(98\). Le contrôle est \(98<112\), tandis que le multiple suivant vaut \(112\) et est exclu.

Pour \((14,120)\), \(119=14\times8+7\), donc la sortie vaut \(112\) ; on vérifie \(112<120\leq126\). Pour \((14,1)\), \(b-1=0=14\times0+0\), donc la sortie est \(0\), qui vérifie \(0<1\).

Pourquoi cela fonctionne en général. Le quotient entier donne un multiple \(m\) tel que \(m\leq b-1<m+a\). Comme \(m\), \(b\) et \(m+a\) sont entiers, cela équivaut à \(m<b\leq m+a\) : le résultat convient et le multiple suivant ne convient plus. Si l’on autorisait \(b=0\), aucun multiple naturel ne serait strictement inférieur à la borne ; cette entrée est donc exclue du contrat de cette fonction.

Réinvestir : afficher les diviseurs sans liste informatique

Pour un entier \(n\geq1\), tout diviseur positif se trouve entre \(1\) et \(n\). On peut donc parcourir ces candidats et conserver ceux dont le reste est nul.

def afficher_diviseurs(n):
    # Entree : n entier >= 1.
    for d in range(1, n + 1):
        if n % d == 0:
            print(d)

range(1, n + 1) parcourt \(1,2,\ldots,n\) : la dernière borne du range est exclue. print affiche ici chaque diviseur ; cette fonction n’a pas le même rôle qu’une fonction qui return un seul résultat.

À toi. Que voit-on avec afficher_diviseurs(12) ? Pourquoi ne pas commencer à \(0\) ?

Correction expliquée.

Les restes sont nuls pour \(d=1,2,3,4,6,12\), qui sont donc affichés, un par ligne. Par exemple, \(12=5\times2+2\) exclut \(5\). Commencer à \(0\) ferait calculer 12 % 0, opération interdite. Tester jusqu’à \(12\) est suffisant puisque, si \(12=dq\) avec \(d,q\) entiers positifs, alors \(q\geq1\), donc \(d\leq12\).

À retenir — Trois contrôles avant de faire confiance au programme

Je vérifie d’abord les entrées autorisées. Je suis ensuite au moins un exemple à la main, en distinguant les valeurs avant et après chaque affectation. Enfin, j’explique pourquoi la procédure fonctionne pour toutes les entrées de son domaine. Quelques essais réussis peuvent révéler ou éviter des erreurs ; ils ne remplacent pas cette preuve.

Pour aller un peu plus loin

Deux compléments facultatifs : aucun n'est nécessaire pour suivre le parcours principal.

Cette unité prolonge les questions du chapitre avec les mêmes outils élémentaires : produits d’entiers, division euclidienne et raisonnement. Le vocabulaire de PGCD, la méthode d’Euclide et l’infinitude des nombres premiers sont ici des compléments, non une liste supplémentaire de résultats exigés dans le noyau du cours. Les rappels nécessaires figurent ci-dessous.

Complément 1 : trouver efficacement un plus grand diviseur commun

Rappel — Divisibilité et division euclidienne

Dire qu’un entier \(d\) divise un entier \(a\) signifie que l’on peut écrire \(a=du\) avec \(u\) entier. Si \(b>0\), la division euclidienne de l’entier naturel \(a\) par \(b\) fournit \[a=bq+r,\qquad 0\leq r<b.\] Les nombres \(q\) et \(r\) sont entiers : quotient et reste. Dans ce complément, les diviseurs dont on cherche le plus grand sont toujours positifs.

Définition — Le PGCD

Pour deux entiers naturels \(a,b\), non tous deux nuls, le plus grand commun diviseur, noté \(\operatorname{PGCD}(a,b)\), est le plus grand de leurs diviseurs positifs communs.

Il existe : \(1\) est un diviseur commun et, si par exemple \(a>0\), les diviseurs positifs de \(a\) forment un ensemble fini contenu dans \(1,2,\ldots,a\). Parmi ceux qui divisent aussi \(b\), il y en a donc un plus grand.

Exemple. Les diviseurs positifs de \(18\) sont \(1,2,3,6,9,18\), ceux de \(24\) sont \(1,2,3,4,6,8,12,24\). Les diviseurs communs sont \(1,2,3,6\), donc \(\operatorname{PGCD}(18,24)=6\). La méthode par listes est excellente ici, mais devient longue avec de grands nombres. Nous cherchons un moyen de réduire les nombres sans changer leurs diviseurs communs.

Lemme — Remplacer les deux nombres par le diviseur et le reste

Si \(a=bq+r\), avec \(a\geq0\), \(b>0\) et \(0\leq r<b\), alors les diviseurs positifs communs à \(a\) et \(b\) sont exactement ceux qui sont communs à \(b\) et \(r\). Ce lemme justifie l’algorithme qui suit.

Démonstration.

Premier sens. Soit \(d\) un diviseur positif commun à \(a\) et \(b\). Il existe des entiers \(u,v\) tels que \(a=du\), \(b=dv\). Alors \[\begin{aligned} r&=a-bq\\ &=du-(dv)q\\ &=du-d(vq)\\ &=d(u-vq). \end{aligned}\] Comme \(u-vq\) est entier, \(d\) divise \(r\). Il divise donc \(b\) et \(r\).

Sens réciproque. Si \(d\) divise \(b\) et \(r\), on peut écrire \(b=dv\), \(r=dw\) avec \(v,w\) entiers. Ainsi \[a=bq+r=(dv)q+dw=d(vq)+dw=d(vq+w).\] Le nombre \(vq+w\) est entier, donc \(d\) divise \(a\). Il divise alors \(a\) et \(b\). Les deux ensembles de diviseurs communs sont bien les mêmes.

\(\square\)

Corollaire — L’égalité qui permet de recommencer

Sous les conditions du lemme, \[\operatorname{PGCD}(a,b)=\operatorname{PGCD}(b,r).\]

Démonstration.

Les ensembles de diviseurs positifs communs étant les mêmes, leurs plus grands éléments sont égaux. De plus, pour \(a>0\), \(\operatorname{PGCD}(a,0)=a\) : tout diviseur de \(a\) divise \(0\), et le plus grand diviseur positif de \(a\) est \(a\) lui-même. Cette dernière égalité donne le cas d’arrêt.

\(\square\)

Méthode — Algorithme d’Euclide

Quand l’utiliser ? Pour chercher le PGCD de deux entiers, sans dresser toutes leurs listes de diviseurs. Premier geste : effectuer la division euclidienne du premier par le second, lorsque le second n’est pas nul.

Remplacer ensuite le couple « premier, second » par le couple « ancien second, reste ». Recommencer tant que le second nombre n’est pas nul. Le premier nombre du couple final est le PGCD. Si le second nombre initial vaut déjà zéro et le premier est positif, le résultat est immédiatement le premier.

Exemple de référence : \(252\) et \(198\). \[\begin{aligned} 252&=198\times1+54, &0&\leq54<198,\\ 198&=54\times3+36, &0&\leq36<54,\\ 54&=36\times1+18, &0&\leq18<36,\\ 36&=18\times2+0, &0&\leq0<18. \end{aligned}\] Chaque ligne permet le remplacement de la suivante : \[\operatorname{PGCD}(252,198) =\operatorname{PGCD}(198,54) =\operatorname{PGCD}(54,36) =\operatorname{PGCD}(36,18) =18.\] La dernière égalité vient de la dernière division exacte, ou du couple final \((18,0)\). Contrôle : \(252=18\times14\), \(198=18\times11\). Ces deux égalités prouvent que \(18\) est un diviseur commun ; ce sont les remplacements justifiés qui prouvent qu’il est le plus grand.

Pourquoi l’algorithme s’arrête-t-il ? À chaque division, le nouveau second nombre est le reste, strictement plus petit que l’ancien second nombre. Il ne peut pas y avoir une suite infinie strictement décroissante d’entiers naturels partant de \(198\), ni d’aucun entier naturel fixé : après chaque diminution on descend d’au moins \(1\). Le second nombre finit donc par être nul. Le PGCD est conservé à chaque étape grâce au lemme : le résultat final est bien le PGCD initial.

Algorithme — Traduction Python et ordre des mises à jour

def pgcd(a, b):
    # Entrees : a, b entiers >= 0, non tous deux nuls.
    while b != 0:
        r = a % b
        a = b
        b = r
    return a

Le signe != signifie « différent de ». Le reste doit être calculé avant de remplacer a et b : il dépend des deux anciennes valeurs.

\(a\) avant \(b\) avant \(r=a\mathbin{\%}b\) couple après les mises à jour
252 198 54 \((198,54)\)
198 54 36 \((54,36)\)
54 36 18 \((36,18)\)
36 18 0 \((18,0)\)

On ne calcule jamais a % 0 : lorsque b vaut zéro, le test de la boucle est faux et le programme renvoie a. Le contrat autorise aussi un premier nombre nul : pour \((a,b)=(0,7)\), le reste \(0\mathbin{\%}7\) vaut \(0\), puis le couple devient \((7,0)\) et la fonction renvoie \(7\). En revanche, le couple \((0,0)\) reste exclu : son PGCD n’est pas défini selon la convention de cette unité.

À toi — Essayer Euclide, puis expliquer

Calcule \(\operatorname{PGCD}(168,126)\). Pourquoi le dernier reste nul n’est-il pas le PGCD ?

Indice. Commence par \(168=126+42\).

Correction expliquée.

\(168=126\times1+42\), puis \(126=42\times3+0\). Les couples deviennent \((126,42)\), puis \((42,0)\), donc \(\operatorname{PGCD}(168,126)=42\). Le reste nul indique que la dernière division est exacte ; le résultat est le dernier diviseur \(42\), et non \(0\). On vérifie \(168=42\times4\) et \(126=42\times3\). Critères : divisions exactes, restes dans les bons intervalles, explication de l’arrêt et distinction entre reste nul et dernier diviseur.

Si l’ordre des lignes te bloque. Avec \((a,b)=(15,6)\), calcule d’abord \(r=15\mathbin{\%}6=3\). Puis a = b donne \(a=6\), enfin b = r donne \(b=3\). On obtient \((6,3)\). Si l’on remplaçait d’abord \(a\) par \(6\), le calcul a % b deviendrait \(6\mathbin{\%}6=0\) : on aurait perdu les données de la division initiale.

À toi — Reprise différée

Calcule \(\operatorname{PGCD}(187,119)\), puis contrôle les divisions. Indice : le premier reste vaut \(68\).

Correction expliquée.

\[187=119+68,\quad119=68+51,\quad68=51+17,\quad51=3\times17.\] Les restes successifs \(68,51,17,0\) sont strictement inférieurs aux diviseurs \(119,68,51,17\). Le PGCD est donc \(17\). Contrôle : \(187=17\times11\) et \(119=17\times7\).

Complément 2 : pourquoi la liste des nombres premiers ne s’arrête pas

Rappel — Premier, composé et diviseur premier

Un entier naturel premier possède exactement deux diviseurs positifs : \(1\) et lui-même. Il est donc au moins égal à \(2\). Un entier au moins égal à \(2\) qui n’est pas premier est dit composé. Le nombre \(1\) n’appartient à aucune de ces deux catégories.

Exemples : \(7\) est premier ; \(21=3\times7\) est composé. Dans les deux cas, on peut trouver un diviseur premier : \(7\) pour le premier, \(3\) ou \(7\) pour le second.

Lemme — Un entier au moins égal à 2 possède un diviseur premier

Tout entier naturel \(N\geq2\) possède au moins un diviseur premier. Ce lemme suffit à la preuve qui suit ; on n’a pas besoin de supposer l’unicité d’une décomposition en facteurs premiers.

Démonstration.

Parmi les diviseurs de \(N\) supérieurs à \(1\), choisissons le plus petit, nommé \(d\). Ce choix est possible : \(N\) lui-même en fait partie, et il n’y a qu’un nombre fini de candidats entre \(2\) et \(N\).

Si \(d\) n’était pas premier, il pourrait s’écrire \(d=uv\) avec \(1<u<d\) et \(v\) entier positif. Comme \(d\) divise \(N\), il existe un entier positif \(k\) tel que \(N=dk\). Alors \[N=(uv)k=u(vk).\] Donc \(u\) diviserait \(N\), avec \(1<u<d\), contrairement au choix du plus petit diviseur \(d\). Ainsi \(d\) est premier.

\(\square\)

Théorème — Il existe une infinité de nombres premiers

Quelle que soit une liste finie de nombres premiers, on peut trouver un nombre premier qui n’y figure pas.

Démonstration.

Si la liste est vide, le nombre premier \(2\) n’y figure pas et convient. Prenons une liste finie non vide de nombres premiers \(p_1,p_2,\ldots,p_r\). Formons le produit \(P=p_1p_2\cdots p_r\), puis le nombre \(N=P+1\). Comme \(N\geq2\), le lemme précédent assure qu’il possède un diviseur premier, noté \(p\).

Aucun nombre premier de la liste ne divise \(N\). En effet, si l’un d’eux, noté \(p_i\), divisait \(N\), il diviserait aussi \(P\), puisque \(P\) contient ce facteur. Il diviserait alors \(N-P=1\) : en écrivant \(N=p_iu\) et \(P=p_iv\), on obtiendrait \(1=p_i(u-v)\). C’est impossible pour un entier \(p_i\geq2\), car aucun multiple entier d’un tel nombre n’est égal à \(1\).

Le diviseur premier \(p\) n’est donc pas dans la liste. Ainsi aucune liste finie ne contient tous les nombres premiers : il en existe une infinité.

\(\square\)

Piège — Le produit augmenté de 1 n’est pas forcément premier

La preuve ne dit pas que \(N=P+1\) est premier. Elle dit qu’il possède un diviseur premier nouveau. Par exemple, \[2\times3\times5\times7\times11\times13+1 =30031=59\times509.\] Le nombre \(30031\) est composé. Cela ne contredit pas la preuve : aucun premier \(2,3,5,7,11,13\) de la liste ne divise \(30031\). Le nombre \(59\) est un nouveau diviseur premier : il n’est divisible ni par \(2\), ni par \(3\), ni par \(5\), ni par \(7\), les seuls premiers inférieurs à \(\sqrt{59}<8\).

Pourquoi la recherche jusqu’à la racine suffit-elle ici ? Pour \(n\geq0\), \(\sqrt n\) désigne le nombre positif ou nul dont le carré vaut \(n\). Si un entier \(n\) composé s’écrit \(n=uv\) avec \(u,v>1\), au moins un des deux facteurs ne dépasse pas \(\sqrt n\) : si les deux étaient plus grands, leur produit dépasserait \(n\). Ce facteur possède lui-même un diviseur premier, par le lemme. Pour \(59\), les restes des divisions par \(2,3,5,7\) valent respectivement \(1,2,4,3\) : aucun ne le divise.

À toi — Faire vivre l’idée de la démonstration

Pars de la liste \(2,3,7\). Calcule le produit augmenté de \(1\). Trouve un nombre premier absent de la liste. Que faut-il justifier pour que l’exemple soit complet ?

Indice. Le nombre obtenu vaut \(43\).

Correction expliquée.

\(2\times3\times7+1=6\times7+1=42+1=43\). Le nombre \(43\) est premier : si ce n’était pas le cas, il aurait un diviseur premier au plus égal à \(\sqrt{43}<7\), donc \(2,3\) ou \(5\). Or \(43=2\times21+1=3\times14+1=5\times8+3\). Les trois restes sont non nuls. \(43\) est donc un nombre premier absent de la liste. Cet exemple illustre le raisonnement général ; il n’en est pas, à lui seul, une démonstration.

À toi — Reprise différée et vigilance logique

Reprends la liste \(2,5,7\). Calcule \(P+1\), puis explique en une phrase pourquoi « vérifier dix listes » ne prouverait pas l’infinitude.

Indice. \(8^2=64\) et \(9^2=81\).

Correction expliquée.

\(P+1=2\times5\times7+1=70+1=71\). Comme \(8<\sqrt{71}<9\), les premiers à tester sont \(2,3,5,7\). Les égalités \[71=2\times35+1=3\times23+2=5\times14+1=7\times10+1\] montrent des restes non nuls : \(71\) est premier et n’appartient pas à la liste. Dix vérifications ne concernent que dix listes particulières ; la démonstration doit fonctionner pour n’importe quelle liste finie.

À retenir — Deux idées de preuve à emporter

Dans l’algorithme d’Euclide, on transforme le problème en conservant exactement les diviseurs communs, puis on démontre que les nombres diminuent jusqu’à l’arrêt. Pour les nombres premiers, on construit un nombre qui échappe à toute liste finie proposée. Dans les deux cas, la conclusion porte sur une famille entière parce que le raisonnement traite les conditions générales, et non seulement quelques exemples.

Synthèse, mini-test et corrections

Retrouver les idées essentielles, choisir seul une démarche et organiser les reprises.

Cette unité rassemble les repères nécessaires pour tenter le bilan sans consulter une autre page. Elle ne remplace pas les démonstrations et les parcours précédents. Travaille d’abord les questions, puis lis seulement l’indice dont tu as besoin ; les corrections se trouvent après tous les énoncés.

1. Le noyau à savoir retrouver

À retenir — Les nombres et les égalités de base

\(\mathbb{N}=\{0,1,2,\ldots\}\) et \(\mathbb{Z}=\{\ldots,-2,-1,0,1,2,\ldots\}\). La valeur exacte, et non l’apparence de l’écriture, décide de l’appartenance : \(12/3=4\in\mathbb{N}\).

Pour un entier \(a\) et un entier \(b>0\), la division euclidienne fournit des entiers uniques \(q,r\) tels que \(a=bq+r\) et \(0\leq r<b\).

\(d\mid n\) signifie \(n=dk\) pour un entier \(k\). Si \(d>0\), c’est équivalent à un reste nul dans la division par \(d\). Tout entier divise 0, mais on ne divise jamais numériquement par 0. Des sommes et différences de multiples de \(d\) sont encore des multiples de \(d\).

Pour les critères : dernier chiffre pour 2 (0, 2, 4, 6, 8), pour 5 (0 ou 5), pour 10 (0) ; nombre formé par les deux derniers chiffres divisible par 4 pour tester 4 ; somme des chiffres divisible par 3 ou par 9 pour tester respectivement 3 ou 9. Pour 6, il faut 2 et 3 ; pour 12, il faut 3 et 4. Chaque « et » exige les deux tests.

Un entier pair s’écrit \(2k\) ; un entier impair s’écrit \(2k+1\), avec \(k\) entier relatif. Un produit est pair dès qu’un facteur est pair. Un produit de deux impairs est impair. Deux entiers de même parité ont une somme paire, deux de parités différentes une somme impaire.

À retenir — Premiers, fractions et preuves

Un nombre premier est un entier naturel ayant exactement deux diviseurs positifs : 1 et lui-même. Les nombres 0 et 1 ne sont pas premiers. Pour tester \(n\geq2\), il suffit de chercher un diviseur premier \(p\) tel que \(p^2\leq n\) : un nombre composé en possède au moins un. Une décomposition première s’arrête au quotient 1 ; chaque facteur écrit doit être premier. L’existence a été démontrée, l’unicité admise.

Pour \(b\ne0\) et \(c\ne0\), \(a/b=(ac)/(bc)\). On simplifie un facteur commun du numérateur et du dénominateur, pas un terme isolé d’une somme. Une fraction de dénominateur positif est irréductible si le seul diviseur commun positif de ses deux termes est 1. Pour zéro, la forme irréductible est \(0/1\).

Pour additionner, on écrit des dénominateurs égaux. Pour multiplier, on multiplie les numérateurs entre eux et les dénominateurs entre eux. Pour diviser par une fraction non nulle, on multiplie par son inverse.

Une preuve générale utilise des entiers quelconques et justifie la conclusion pour chacun d’eux. Un contre-exemple suffit à réfuter un « toujours ». La réciproque de « si A alors B » est « si B alors A » ; elle peut être fausse. La contraposée « si non B alors non A » a la même valeur de vérité que la proposition de départ.

Méthode — Quelle recherche commencer ?

La question demande… Un premier geste pertinent
une divisibilité numérique Choisir un critère adapté ou faire une division euclidienne.
une preuve pour tout entier Traduire pair, impair ou multiple par une égalité avec un entier.
tous les diviseurs positifs Associer les facteurs par paires ; arrêter après les petits facteurs dont le carré ne dépasse pas le nombre.
un partage maximal Chercher le plus grand diviseur commun des quantités à partager.
une coïncidence future Chercher le plus petit multiple commun strictement positif des périodes.
une fraction irréductible Diviser les deux termes par des facteurs communs, puis justifier qu’il n’en reste aucun.
un multiple maximal sous \(b\) Pour \(a>0\), diviser \(b\) par \(a\) : le résultat est \(a\times q\), où \(q\) est le quotient euclidien.

En Python, pour \(a\geq0\) et \(b>0\), a // b donne le quotient, a % b le reste et a % b == 0 le test de divisibilité. Le signe = affecte une valeur ; == compare deux valeurs. Pour un pas \(a>0\) et une borne \(b\geq0\), a * (b // a) donne le plus grand multiple autorisé.

2. Mini-test : essaie avant de lire les indices

Le but n’est pas d’obtenir un score, mais de savoir quels raisonnements tu peux reconstruire. Pour chaque question, écris aussi au moins un contrôle ou une justification.

À toi — 1 — Valeurs exactes et division

a. Classe \(-12/3\), \(14/2\), \(0\) et \(14/3\) dans \(\mathbb{N}\), dans \(\mathbb{Z}\) seulement, ou hors de \(\mathbb{Z}\). b. Donne la division euclidienne de 197 par 12, puis explique pourquoi le quotient exact \(197/12\) n’est pas entier.

À toi — 2 — Une liste et une borne

a. Donne tous les diviseurs positifs de 90. b. Quel est le plus grand multiple de 7 inférieur ou égal à 200 ? Prouve qu’il est le plus grand.

À toi — 3 — Un chiffre et une affirmation

a. Complète \(8\square4\) pour qu’il soit divisible par 9 et par 4. b. Pour un entier \(n\), démontre que \(7(2n+5)+14n\) est divisible par 7. Un essai avec \(n=0\) suffirait-il ?

À toi — 4 — Parité et raisonnement

a. Écris \(-3\) sous la forme d’un entier impair. b. Si \(n,m\) sont entiers, quelle est la parité de \((2n+1)+(4m+3)\) ? c. Démontre que le carré d’un entier impair est impair, puis utilise ce résultat pour justifier : « si le carré d’un entier est pair, cet entier est pair ».

À toi — 5 — Premiers et décomposition

a. Les nombres 91 et 101 sont-ils premiers ? Justifie l’arrêt des tests. b. Décompose 378 en facteurs premiers et décide si 63 le divise sans poser une nouvelle division. c. Pourquoi n’ajoute-t-on pas 1 à la liste des nombres premiers ?

À toi — 6 — Fractions exactes

Réduis \(-90/126\) en fraction irréductible, puis calcule exactement \[A=\frac58-\frac16,\qquad B=\frac{-3}{10}\div\frac9{25}.\] Justifie les dénominateurs choisis, la division par une fraction et l’irréductibilité des résultats.

À toi — 7 — Deux situations à distinguer

a. Avec 144 badges rouges et 180 bleus, on veut faire le plus grand nombre de pochettes identiques sans reste. Donne leur nombre et leur composition. b. Deux éclairages ont des cycles de 8 secondes et de 14 secondes. Ils démarrent ensemble. Quand se retrouvent-ils pour la première fois au début d’un cycle commun après le départ ?

À toi — 8 — Écrire et comprendre un programme

a. Écris une fonction Python qui renvoie si un entier naturel \(n\) est divisible par un entier \(d>0\). Que doit-elle renvoyer pour \(n=0\) ? b. Écris une fonction renvoyant le plus grand multiple d’un entier \(a>0\) inférieur ou égal à un entier \(b\geq0\). c. On préfère une boucle partant de m = 0. Faut-il tester m <= b ou m + a <= b avant d’ajouter a ? Explique avec \(a=6\) et \(b=20\).

Indices — À consulter après une vraie tentative

1. Cherche les multiples de 12 autour de 197. 2. Associe les diviseurs de 90 par paires ; pour la borne, contrôle le multiple suivant. 3. La somme des chiffres est \(12+c\) ; pour la preuve, laisse 7 en facteur. 4. Utilise un entier \(k\) dans \(2k+1\) et distribue les quatre produits du carré. 5. \(11^2>101\) ; quels premiers plus petits faut-il tester ? 6. 24 est un multiple commun de 8 et 6 ; identifie la fraction qui joue le rôle de diviseur. 7. Demande-toi qui divise qui. 8. Le reste et le quotient euclidien sont accessibles avec % et // ; une boucle doit contrôler la valeur après l’ajout envisagé.

3. Corrections expliquées du mini-test

Correction — 1 — Le quotient exact peut ne pas être entier

a. \(-12/3=-4\) appartient à \(\mathbb{Z}\) mais pas à \(\mathbb{N}\). \(14/2=7\) et 0 sont naturels, donc aussi entiers relatifs. \(14=3\times4+2\), donc \(14/3=4+2/3\), strictement entre 4 et 5 : il n’est pas entier.

b. \(12\times16=192\) et \(12\times17=204\) ; \(192\leq197<204\). Le quotient est 16 et le reste \(197-192=5\). Ainsi \(197=12\times16+5\) avec \(0\leq5<12\). Puis \(197/12=16+5/12\) ; comme \(0<5/12<1\), il est strictement entre 16 et 17. Le reste non nul donnait déjà ce constat.

Correction — 2 — Justifier qu’il ne manque rien

a. Les paires sont \(1\times90\), \(2\times45\), \(3\times30\), \(5\times18\), \(6\times15\), \(9\times10\). Les tests manquants avant 10 échouent : \(90=4\times22+2=7\times12+6=8\times11+2\). Comme \(10^2>90\), tout petit facteur possible a été traité. La liste triée est \(1,2,3,5,6,9,10,15,18,30,45,90\).

b. \(200=7\times28+4\) avec \(0\leq4<7\). Le multiple cherché est \(7\times28=196\). Le suivant vaut \(196+7=203>200\) ; tous les suivants sont encore plus grands. C’est donc bien le maximum, pas seulement un multiple convenable.

Correction — 3 — Contraintes et témoin entier

a. Avec le chiffre \(c\), la somme vaut \(8+c+4=12+c\). Elle est entre 12 et 21 ; son seul multiple de 9 possible est 18. Donc \(12+c=18\). On soustrait 12 aux deux membres : \(12+c-12=18-12\), puis \(c=6\). Les deux derniers chiffres donnent 64, divisible par 4 puisque \(64=4\times16\). Le nombre est 864. Contrôles : \(864=9\times96=4\times216\).

b. Pour tout entier \(n\), \[7(2n+5)+14n=7(2n+5)+7(2n)=7\bigl((2n+5)+2n\bigr)=7(4n+5).\] Le témoin \(4n+5\) est entier. La divisibilité par 7 est donc prouvée pour tous les entiers \(n\). Un essai \(n=0\) vérifierait seulement \(35=7\times5\), pas les autres valeurs de \(n\).

Correction — 4 — Démontrer puis raisonner par contraposée

a. \(-3=2\times(-2)+1\) ; l’entier témoin est \(-2\).

b. \((2n+1)+(4m+3)=2n+4m+4=2(n+2m+2)\). Le facteur \(n+2m+2\) est entier, donc la somme est paire. On peut aussi observer que \(4m+3=2(2m+1)+1\) est impair, comme \(2n+1\), puis appliquer la règle des deux impairs.

c. Soit \(a\) un entier impair. Il existe un entier \(k\) tel que \(a=2k+1\). Alors \[\begin{align*} a^2&=(2k+1)(2k+1)\\ &=(2k)(2k)+(2k)\times1+1\times(2k)+1\times1\\ &=4k^2+2k+2k+1=4k^2+4k+1\\ &=2(2k^2+2k)+1. \end{align*}\] Le nombre \(2k^2+2k\) est entier : \(a^2\) est impair. Un entier est soit pair soit impair, jamais les deux. Si \(a^2\) est pair, \(a\) ne peut pas être impair, car cela rendrait \(a^2\) impair d’après le résultat démontré. Donc \(a\) est pair. C’est le raisonnement par contraposée.

Correction — 5 — Une preuve de composition, une preuve de primalité

a. \(91=7\times13\) : il possède un diviseur positif autre que 1 et lui-même, donc n’est pas premier. Pour 101, seuls les premiers 2, 3, 5 et 7 ont leur carré inférieur ou égal à 101. Le nombre est impair, sa somme de chiffres vaut 2, il ne se termine ni par 0 ni par 5, et \(101=7\times14+3\). Aucun de ces tests ne fournit un diviseur. Comme le premier suivant est 11 et \(11^2=121>101\), 101 est premier. Les tests n’ont pas été arrêtés « parce qu’il y en a déjà assez », mais grâce à la borne démontrée.

b. \(378=2\times189=2\times3\times63=2\times3\times3\times21=2\times3^3\times7\). Tous les facteurs sont premiers. Or \(63=3^2\times7\) ; ces facteurs figurent dans la décomposition de 378. Les facteurs restants sont \(2\times3=6\), donc \(378=63\times6\) et 63 divise 378.

c. Le nombre 1 n’a qu’un diviseur positif, lui-même, alors que la définition en exige exactement deux. L’exclure évite aussi d’ajouter indéfiniment des facteurs 1 dans une décomposition première.

Correction — 6 — Conserver la valeur à chaque étape

Les deux termes de \(-90/126\) sont divisibles par 18 : \(90=18\times5\) et \(126=18\times7\). Ainsi \[\frac{-90}{126}=\frac{18\times(-5)}{18\times7}=\frac{-5}{7}.\] Les premiers 5 et 7 sont distincts, donc la fraction est irréductible. Pour la différence, \[A=\frac{5\times3}{8\times3}-\frac{1\times4}{6\times4} =\frac{15}{24}-\frac4{24}=\frac{15-4}{24}=\frac{11}{24}.\] Le dénominateur commun 24 est justifié par \(24=8\times3=6\times4\). Ses seuls facteurs premiers sont 2 et 3 ; 11 n’est divisible ni par 2 ni par 3. La fraction est irréductible.

Le diviseur de \(B\) est \(9/25\), non nul car \(9\ne0\) et \(25\ne0\). Son inverse est \(25/9\) : leur produit vaut 1. Donc \[B=\frac{-3}{10}\times\frac{25}{9} =\frac{(-3)\times25}{10\times9} =\frac{-75}{90} =\frac{15\times(-5)}{15\times6} =\frac{-5}{6}.\] Le nombre 5 ne divise pas 6, dont les facteurs premiers sont 2 et 3 : la fraction est irréductible. Contrôle de la division : \((-5/6)\times(9/25)=-45/150=-3/10\), après division des deux termes par 15.

Correction — 7 — Maximum de groupes et minimum de temps

a. Le nombre de pochettes doit diviser les deux stocks. On décompose : \[144=2\times72=2^2\times36=2^3\times18=2^4\times9=2^4\times3^2,\] \[180=2\times90=2^2\times45=2^2\times3\times15=2^2\times3^2\times5.\] Le plus grand diviseur commun utilise les facteurs communs avec leur nombre maximal autorisé dans chacun : \(2^2\times3^2=4\times9=36\). Il y a 36 pochettes, chacune avec \(144/36=4\) rouges et \(180/36=5\) bleus. Les produits \(36\times4=144\) et \(36\times5=180\) vérifient le partage ; les facteurs communs prouvent le maximum.

b. Le temps doit être divisible par 8 et par 14. Comme \(8=2^3\) et \(14=2\times7\), tout multiple commun positif contient \(2^3\times7=56\) comme facteur. Or \(56=8\times7=14\times4\). La première coïncidence positive arrive après 56 secondes. Le temps 0 est exclu par « après le départ ».

Correction — 8 — Des contrats d’entrée aux résultats

a. Pour \(n\) naturel et \(d\) entier strictement positif :

def divisible(n, d):
    return n % d == 0

Le reste est nul exactement quand \(d\) divise \(n\). Pour \(n=0\), la fonction renvoie True, puisque \(0=d\times0\). On n’appelle pas cette fonction avec \(d=0\) : son contrat ne l’autorise pas et la division Python par zéro échouerait.

b. Pour \(a>0\) et \(b\geq0\), entiers :

def dernier_multiple(a, b):
    return a * (b // a)

Si \(b=aq+r\) avec \(0\leq r<a\), alors \(aq\leq b<a(q+1)\). C’est pourquoi le quotient entier, puis le produit par le pas, donnent le résultat.

c. Il faut tester m + a <= b. Avec \(a=6\), \(b=20\), les valeurs acceptées sont \(m=0\), puis 6, puis 12, puis 18. On refuse ensuite \(18+6=24>20\). Tester seulement m <= b accepterait encore la valeur 18 et provoquerait l’ajout vers 24, trop grand. Une version correcte est :

def dernier_multiple_boucle(a, b):
    m = 0
    while m + a <= b:
        m = m + a
    return m

À chaque passage, \(m\) reste un multiple de \(a\) inférieur ou égal à \(b\) ; à l’arrêt, le multiple suivant est trop grand. Comme \(a>0\), \(m\) augmente à chaque passage et ne peut rester indéfiniment sous la borne finie \(b\).

4. Reprendre là où cela aide vraiment

Si la difficulté était… Reprise utile, puis nouvelle tentative sans le modèle
valeur exacte ou reste Unité 1 : paquets, quotient et deux contrôles.
« qui divise qui ? » Unité 2 : témoin entier et paires de facteurs.
choix d’un critère Unité 3 : place des chiffres et deux sens des critères.
preuve trop courte Unité 4 : entiers quelconques, quatre produits, conclusion.
arrêt des tests premiers Unité 5 : petit facteur et carré comparé au nombre.
fractions ou signes Unité 6 : même opération en haut/en bas, inverse du diviseur.
choix de la recherche Unité 7 : inconnue, contraintes et optimalité.
états d’un programme Unité 8 : valeurs avant/après et dernier test.

À retenir — Ce que signifie « je sais faire »

Je peux commencer sans copier un exemple, justifier mes opérations, vérifier le résultat et corriger une erreur. Pour tester ce que je reconstruis seul, je choisis deux questions où j’ai eu besoin d’aide et les refais dans deux jours, puis une semaine plus tard, avant de relire leurs indices et corrections.

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